Les questions parlementaires

Programme européen et méthodes non animales, Raoult

Protection

Question écrite n° 15699, Assemblée nationale, 10 juillet 1989

Le résumé de l'OXA

Le député demande au ministre de la recherche quelles dispositions il prendra sur cinq propositions : enseignement, crédits, tests cosmétiques, décret de 1987, parité à la commission.

5 demandes : réponse à 2, réponse partielle à 3.

  1. Inscrire obligatoirement l'étude des méthodes non animales dans tous les enseignements médicaux et pharmaceutiques.

    Réponse partielle La réponse parle de la formation exigée pour l'autorisation d'expérimenter, pas des cursus de médecine et de pharmacie.

  2. Affecter des crédits substantiels aux méthodes non animales au lieu d'entretenir élevages et animaleries.

    Réponse partielle La réponse cite une action incitative et des aides spécifiques sans montant, et ne dit rien des élevages ni des animaleries.

  3. Décider l'arrêt immédiat des tests de toxicité en cosmétologie.

    Réponse Réponse négative, qui tranche : les pouvoirs publics ne peuvent condamner les contrôles d'innocuité des substances utilisées par l'homme, la consommation de cosmétiques étant présentée comme un choix individuel.

  4. Réviser le décret n° 87-848 pour supprimer toutes les dérogations qui permettent des expériences douloureuses.

    Réponse partielle La réponse cite l'article 1er du décret, qui limite l'utilisation d'animaux, sans parler de révision ni des expériences douloureuses.

  5. Instituer rapidement la parité entre l'administration et les associations de protection des animaux à la commission nationale de l'expérimentation animale.

    Réponse Réponse négative, qui tranche : la réponse décrit une commission consultative de 21 membres, dont 3 pour la protection des animaux et de la nature, et écarte la parité.

La fiche

Thèmes : méthodes sans animaux, cosmétiques, instances nationales

Auteur
M. Éric Raoult (Rassemblement pour la République)
Ministère interrogé
recherche et technologie
Rubrique
Animaux
Question publiée
au Journal officiel du 10 juillet 1989
Statut
Réponse publiée
Sources

La question

Texte sans accents, tel que le site de l'Assemblée nationale le sert pour les législatures de 1986 à 1997.

(Question écrite n° 15699 de M. Éric Raoult, Assemblée nationale, JO du 10 juillet 1989)

M Eric Raoult attire l'attention de M le ministre de la recherche et de la technologie sur les problemes poses par la recherche et l'ethique medicale et scientifique. En effet, la France prend une part active au probleme europeen de recherche. L'etude des methodes substitutives devrait etre obligatoirement inscrite a tous les programmes d'enseignement medicaux et pharmaceutiques. Des credits substantiels seraient affectes aux methodes de substitution, au lieu de continuer a developper et entretenir des elevages et animaleries, signes manifestes d'une science qui est deja consideree comme perimee. Il serait egalement necessaire de decider l'arret immediat des tests de toxicite en cosmetologie, domaine ou les methodes de substitution actuellement existantes sont tout a fait fiables et ou seule la legislation fut un blocage au progres. De plus, le decret no 87-848 du 19 octobre 1987 devrait etre revise dans le sens d'une suppression de toutes les derogations qui permettent des experiences douloureuses, ce qui reste une pratique inhumaine et indigne. Enfin, il serait necessaire qu'une parite, entre les representants, de l'administration et ceux des associations de protection des betes a la commission nationale de l'experimentation animale puisse etre rapidement instituee. Il lui demande donc quelles dispositions il compte prendre pour repondre a ces propositions.

La réponse

(Réponse du ministère : recherche et technologie)

Les interventions chirurgicales, les explorations biologiques a des fins diagnostiques sont nombreuses, la consommation de medicaments et de divers produits chimiques va croissant. Il en est de meme pour la consommation de produits cosmetiques qui releve d'un choix volontaire individuel. Dans l'etat actuel des connaissances biologiques et medicales, les pouvoirs publics responsables de la sante de la population ne peuvent condamner les recherches, les controles d'efficacite, d'innocuite relatifs aux substances utilisees par l'homme. Les protocoles mis en oeuvre a cet effet repondent souvent a des exigences reglementaires et impliquent encore, dans leur majorite l'experimentation sur animal. Il est neanmoins possible de reduire le nombre d'animaux utilises, d'ameliorer la qualite des soins, les conditions d'obtention et d'hebergement des animaux et de mieux controler les conditions de realisation des experimentations. C'est precisement ce a quoi vise la nouvelle reglementation en matiere d'experimentation animale qui vient d'etre renforcee apres la publication du decret du 19 octobre 1987 et de ses trois arretes d'application du 19 avril 1988. L'article 1er du decret du 19 octobre 1987 limite l'utilisation d'animaux aux experimentations qui presentent un caractere de necessite et pour lesquelles n'existe pas de modele de remplacement connu fiable. Par ailleurs, des recherches et des etudes sont en cours afin de favoriser l'utilisation preferentielle de methodes de remplacement de l'animal dont plusieurs sont deja en application dans quelques domaines tels que la fabrication de vaccins ou certains tests de toxicite. La recherche sur les methodes permettant d'eviter l'utilisation d'animaux vivants est vivement encouragee par le ministere de la recherche et de la technologie qui a lance une action incitative de recherche sur les methodes alternatives aux tests de toxicite aigue effectues sur l'animal. Des reseaux de laboratoires ont ete crees, regroupant des unites de recherche du secteur public et des laboratoires du secteur industriel. L'objectif est d'etudier, selon des axes de recherche differents, le developpement de tests de toxicite in vitro. Des aides specifiques ont ete degagees. Le bilan de l'action 1988-1989 est actuellement en cours d'evaluation. Un groupe de reflexion a ete mis en place avec la mission de definir, pour la periode 1990-1991, les domaines prioritaires sur lesquels devront porter de nouvelles actions. S'agissant de la formation des etudiants aux methodes de remplacement de l'animal, il convient de rappeler qu'une formation speciale a l'experimentation animale est exigee pour l'attribution de l'autorisation de pratiquer des experiences sur les animaux. Le programme de cette formation, fixe par l'arrete du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'attribution de l'autorisation, prevoit notamment un enseignement sur « le developpement des methodes substitutives a l'experimentation animale ». Les programmes de formation speciale a l'experimentation animale doivent etre approuves par le ministre de l'agriculture et de la foret. La procedure d'examen de ces programmes est actuellement en cours. Par ailleurs, une commission nationale de l'experimentation animale a ete instituee aupres du ministre de la recherche et de la technologie et du ministre de l'agriculture et de la foret. Cette commission n'est pas une juridiction, elle n'est pas non plus une autorite administrative autonome, ni une commission paritaire. Elle a vocation consultative et peut etre consultee par les ministres sur les divers points enumeres a l'article 27 du decret du 19 octobre 1987. Elle peut, en particulier, donner son avis et faire toute proposition sur des projets visant a l'etude des methodes de remplacement de l'animal qui est un des themes de reflexion prioritaires de sa mission. Ses conclusions pourraient contribuer aux reflexions menees dans le cadre europeen. La commission doit etre obligatoirement consultee sur tout projet de modification legislative ou reglementaire ayant trait a l'experimentation animale. Elle a, par ailleurs, un pouvoir d'autosaisine. La composition de cette commission fait l'objet de l'arrete publie au Journal officiel du 5 juillet 1989. Les vingt et un membres qui la composent sont repartis comme suit : 1 president conseiller d'Etat ; 8 membres de l'administration, representants des ministres concernes ; 12 personnalites choisies en fonction de leurs competences scientifiques, representant les quatre secteurs concernes par l'experimentation animale : recherche publique - 3 membres ; secteur industriel prive - 3 membres ; professionnels de l'experimentation animale - 3 membres ; protection des animaux et de la nature - 3 membres. Ce dernier domaine est represente comme chacun des trois autres. Mais dans ce groupe de douze personnalites, priorite est accordee a la competence scientifique, le Gouvernement ayant estime qu'il s'agissait la du critere principal a retenir pour garantir un examen approfondi et objectif des problemes souleves par l'experimentation animale. Il ne doute pas a cet egard que le domaine de la protection des animaux et de la nature puisse beneficier d'une representation de qualite sans etre pour autant a parite avec l'ensemble des autres secteurs economiques, sociaux ou culturels concernes par le sujet.

Les éléments concrets

Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.

  • L'article 1er du décret du 19 octobre 1987 limite l'utilisation d'animaux aux expériences qu'il juge nécessaires et pour lesquelles n'existe pas de modèle de remplacement connu fiable.
  • Action incitative du ministère de la recherche et de la technologie sur les "méthodes alternatives" aux tests de toxicité aiguë : réseaux de laboratoires publics et industriels, bilan 1988-1989 en cours d'évaluation.
  • Un groupe de réflexion a été mis en place pour définir les domaines prioritaires de nouvelles actions pour 1990-1991, à la suite de l'action incitative sur les "méthodes alternatives" aux tests de toxicité aiguë.
  • Arrêté du 19 avril 1988 : la formation exigée pour l'autorisation d'expérimenter comprend un enseignement sur les méthodes substitutives.
  • Commission nationale de l'expérimentation animale : consultative, ni juridiction ni commission paritaire, consultée obligatoirement sur tout projet de texte sur l'expérimentation animale, avec un pouvoir d'autosaisine.
  • La Commission nationale de l'expérimentation animale peut être consultée par les ministres sur les points énumérés à l'article 27 du décret du 19 octobre 1987.
  • Commission nationale de l'expérimentation animale (arrêté publié au JO du 5 juillet 1989) : vingt et un membres, dont 1 président conseiller d'État, 8 de l'administration, 12 personnalités, 3 par secteur.

Le détail de l'analyse

Les questions liées

Les questions qui ont reçu la même réponse

Le site de l'Assemblée nationale sert le nom de l'auteur avec un caractère illisible : il est rétabli d'après AMO30, acteur Éric Raoult.

Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.