Les questions parlementaires

Application des règles et méthodes non animales

Protection

Question écrite n° 40856, Assemblée nationale, 18 mars 1991

Le résumé de l'OXA

Le député demande au ministre de la recherche comment il fera appliquer une réglementation que des laboratoires placés sous le contrôle de l'État ignoreraient, au profit de trafics d'animaux.

2 demandes : réponse partielle à 2.

  1. Ce que le ministre fera pour que la réglementation sur les méthodes substitutives, que le député juge fragmentaire et ignorée, soit appliquée.

    Réponse partielle La réponse renvoie à la CNEA, qui a inscrit le sujet à sa réunion du 20 mars 1991 et créé une sous-commission, et cite les crédits de 1988-1989 et 1991, sans mesure d'application.

  2. Ce que le ministre fera contre les responsables de laboratoires placés sous le contrôle de l'État qui n'appliquent pas la réglementation et alimentent des trafics d'animaux.

    Réponse partielle La réponse rappelle les sanctions du code pénal, laisse le signalement aux détenteurs d'informations et cite une circulaire sur l'origine des animaux, sans contrôle ni inspection annoncés.

Les erreurs de la réponse

  • "bureau de la protection sociale animale" : La réponse à la question 47992, qui reprend ce paragraphe, écrit bureau de la protection animale, comme les autres réponses du recueil qui nomment ce bureau.

La fiche

Thèmes : méthodes sans animaux, contrôles et sanctions, instances nationales

Auteur
M. Patrick Balkany (Rassemblement pour la République)
Ministère interrogé
recherche et technologie
Rubrique
Animaux
Question publiée
au Journal officiel du 18 mars 1991
Statut
Réponse publiée
Sources

La question

Texte sans accents, tel que le site de l'Assemblée nationale le sert pour les législatures de 1986 à 1997.

(Question écrite n° 40856 de M. Patrick Balkany, Assemblée nationale, JO du 18 mars 1991)

M Patrick Balkany attire l'attention de M le ministre de la recherche et de la technologie sur la situation des methodes substitutives a l'experimentation animale en France. La reglementation dans le domaine est encore tres fragmentaire, mais ce peu de dispositions a neanmoins le merite d'exister, en attendant d'etre complete. En revanche, il est affligeant de constater que ces mesures demeurent largement ignorees, lorsqu'elles ne sont pas franchement bafouees. Certains responsables de laboratoires places sous le controle de l'Etat n'appliquent pas les reglements en vigueur et refusent de le faire, offrant ainsi un marche a des trafics ou commerces dont les animaux font toujours les frais, souvent au prix de souffrances atroces. Il lui demande donc ce qu'il compte entreprendre pour que cette reglementation soit appliquee au plus vite.

La réponse

(Réponse du ministère : recherche et technologie)

Il convient de rappeler que le probleme du developpement des methodes substitutives constitue une des missions de la commission nationale de l'experimentation animale instituee dans le cadre du decret no 87-848 du 19 octobre 1987 relatif aux experiences pratiquees sur les animaux. La commission nationale a du proceder, en priorite, a l'examen des nombreux programmes de formation destines, soit aux personnes assurant la responsabilite scientifique directe d'experimentation sur animaux et pour lesquels l'obtention d'une autorisation est obligatoire, soit aux personnes amenees a participer a ces experimentations, soit aux personnes affectees aux soins des animaux, conformement au decret du 19 octobre 1987 et aux arretes du 19 avril 1988. Cette etape touchant a sa fin, la commission peut desormais aborder les differents aspects du developpement des methodes substitutives. A cet effet, cette question a ete inscrite a l'ordre du jour de la reunion de la commission qui s'est tenue le 20 mars 1991. Une sous-commission a ete creee, composee de membres de la commission nationale de l'experimentation animale et de personnalites exterieures reconnues pour leur competence dans ce domaine. Parallelement, le ministere de la recherche et de la technologie soutient de maniere active des recherches et etudes sur les techniques in vitro, de facon a favoriser leur utilisation preferentielle en tant que methodes de remplacement de l'animal. Ainsi, pendant la periode 1988-1989, une action incitative de recherche portant sur le developpement in vitro de tests de toxicite aigue a ete financee pour un montant global de 2 500 000 francs dans le cadre d'un programme associant des unites du secteur public et des laboratoires du secteur industriel. En 1991 a ete lance un nouveau programme relatif a l'evaluation in vitro de la nephrotoxicite medicamenteuse et dote de 1 000 000 de francs. S'agissant de certains responsables de laboratoire qui ne respecteraient pas les dispositions de la reglementation en vigueur, ceux-ci s'exposent, aux termes de l'article 26 du decret du 19 octobre 1987, a des sanctions prevues par les articles R 38 et R 39 du code penal. Il appartient aux detenteurs d'informations precises sur des pratiques frauduleuses d'en faire part aux services veterinaires du departement ou est situe l'etablissement, ou au bureau de la protection sociale animale du ministere de l'agriculture et de la foret. Pour sa part, le ministere de la recherche et de la technologie a diffuse a l'ensemble des etablissements publics places sous sa tutelle ou sa cotutelle une circulaire rappelant les dispositions reglementaires relatives a l'origine des animaux, ainsi qu'a la nature des garanties que les laboratoires doivent exiger des etablissements d'elevage ou de fourniture d'animaux. Il continuera ce travail d'information et d'instructions adressees aux laboratoires, tant en ce qui concerne la fourniture des animaux que les conditions de leur hebergement et les soins que requiert leur utilisation. Sur un plan plus general, il s'emploie a ce que la reglementation applicable qui, comme l'a note l'honorable parlementaire, peut encore etre completee, soit appliquee partout au plus vite et amelioree.

Les éléments concrets

Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.

  • Le développement des méthodes substitutives est une des missions de la commission nationale de l'expérimentation animale, instituée par le décret n° 87-848 du 19 octobre 1987.
  • La commission nationale de l'expérimentation animale a d'abord examiné les programmes de formation prévus par le décret du 19 octobre 1987 et les arrêtés du 19 avril 1988.
  • Le développement des méthodes substitutives a été inscrit à l'ordre du jour de la commission nationale de l'expérimentation animale du 20 mars 1991 ; une sous-commission, avec des personnalités extérieures, a été créée.
  • En 1988-1989, le ministère de la recherche et de la technologie a financé pour 2 500 000 francs une action incitative sur des tests in vitro de toxicité aiguë, avec unités publiques et laboratoires industriels.
  • En 1991, le ministère de la recherche et de la technologie a lancé un programme sur l'évaluation in vitro de la néphrotoxicité médicamenteuse, doté de 1 000 000 francs.
  • Les responsables de laboratoire en infraction encourent, selon l'article 26 du décret du 19 octobre 1987, les sanctions des articles R 38 et R 39 du code pénal.
  • Le ministère de la recherche a diffusé aux établissements publics sous sa tutelle ou sa cotutelle une circulaire sur l'origine des animaux et les garanties à exiger des éleveurs et fournisseurs.

Le détail de l'analyse

Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.