Les questions parlementaires
Tests cosmétiques, contrôles et méthodes non animales
Protection
Question écrite n° 64210, Assemblée nationale, 16 novembre 1992
Le résumé de l'OXA
Le député demande au ministre de la recherche la position du gouvernement sur l'interdiction des tests de cosmétiques, ses mesures de contrôle et son action pour les méthodes substitutives.
3 demandes : réponse à 1, réponse partielle à 2.
La place que le gouvernement entend réserver à la directive interdisant les tests sur des animaux en cosmétologie.
Réponse Le gouvernement se dit favorable à l'interdiction au 1er janvier 1998 pour les produits dont des méthodes non animales auront été validées au plan international à cette date.
Les dispositions que le ministre compte prendre pour contrôler efficacement l'expérimentation animale.
Réponse partielle La réponse renvoie au décret du 19 octobre 1987 et à ses trois arrêtés, qu'elle dit suffisants, sans annoncer aucune disposition ni donner de chiffre sur les contrôles.
Les dispositions que le ministre compte prendre pour développer les méthodes substitutives.
Réponse partielle La réponse détaille les actions de 1988 à 1992, 4,5 millions de francs au total, et un protocole avec le Laboratoire national de la santé, sans rien annoncer au-delà de 1992.
La fiche
Thèmes : cosmétiques, droit européen, méthodes sans animaux
- Auteur
- M. Marc Dolez (Socialiste)
- Ministère interrogé
- recherche et espace
- Rubrique
- Animaux
- Question publiée
- au Journal officiel du 16 novembre 1992
- Statut
- Réponse publiée
- Sources
La question
Texte sans accents, tel que le site de l'Assemblée nationale le sert pour les législatures de 1986 à 1997.
(Question écrite n° 64210 de M. Marc Dolez, Assemblée nationale, JO du 16 novembre 1992)
M Marc Dolez demande a M le ministre de la recherche et de l'espace de bien vouloir lui indiquer la place que le gouvernement francais entend reserver a la directive europeenne relative a l'interdiction des tests animaux en cosmetologie. Il lui demande egalement de lui preciser les dispositions qu'il compte prendre pour controler efficacement l'experimentation animale et developper les methodes substitutives.
La réponse
(Réponse du ministère : recherche et espace)
Les produits cosmetiques et d'hygiene corporelle sont distribues librement aupres d'un tres large public. Il est donc necessaire pour la securite du consommateur d'effectuer un certain nombre de tests permettant de faire la preuve de leur innocuite. Pour l'essentiel, ces tests doivent demontrer l'absence de toxicite transcutanee et la bonne tolerance cutanee et muqueuse. Depuis plusieurs annees un enorme effort scientifique et financier a ete consacre au developpement et a l'evaluation des methodes alternatives susceptibles de donner des informations pertimentes quant a la securite des produits cosmetiques, tout en s'efforcant de reduire au maximum le recours a l'animal. Cependant aucune de ces methodes in vitro n'a ete validee a ce jour par la communaute scientifique internationale. A la lumiere des connaissances actuelles, il apparait qu'une seule methode in vitro ne pourra remplacer un essai sur animal. Il s'agit donc d'etudier et de constituer d'urgence les batteries de methodes, complementaires les unes des autres, qui permettront d'evaluer, avec le maximum de fiabilite, l'innocuite des produits testes. S'agissant des modifications de la directive (CEE) no 76-768 relative aux produits cosmetiques, proposees par la commission des communautes europeennes, et des amendements du Parlement europeen visant, notamment, a interdire l'experimentation animale dans l'industrie consmetique a compter du 1er janvier 1998, le Gouvernement francais y est favorable pour les produits ou les categories de produits pour lesquels des methodes alternatives auront ete correctement validees au plan international a cette date. D'autre part, il convient de rappeler que la reglementation en matiere d'experimentation animale limite l'utilisation des animaux aux experiences qui presentent un caractere de necessite et pour lesquelles il n'existe pas de modeles de remplacement connus et fiables. L'ensemble des dispositions instaurees par le decret no 87-848 du 19 octobre 1987, complete par trois arretes d'application du 19 avril 1988, permet un controle efficace de l'experimentation animale. Pour ce qui concerne les methodes substitutives, le ministere de la recherche et de l'espace soutient regulierement et de maniere active des recherches et etudes sur les techniques in vitro, de facon a favoriser leur utilisation preferentielle en tant que methodes de remplacement de l'animal. Pour la periode 1988-1989, le ministere a lance une action incitative de recherche sur le developpement de methodes in vitro, alternatives aux tests de toxicite aigue effectues sur l'animal, pour un budget global de 2 500 000 francs. Deux reseaux de laboratoires ont ete crees, regroupant dix unites de recherche du secteur public et des laboratoires du secteur industriel. Chaque reseau a aborde ces etudes multicentriques selon des axes differents, le premier sur le theme Amelioration des modeles cellulaires et mise au point de nouvelles methodes d'evaluation du « signal toxique », et le deuxieme sur L'Etude de l'hepatotoxicite aigue in vitro. En 1991 le ministere a initie un nouveau programme de recherche intitule Evaluation in vitro de la nephrotoxite medicamenteuse par l'utilisation de cultures primaires tubulaires proximales de lapin exposees a differents xenobiotiques pour un budget de 1 000 000 de francs. Participent a ce programme en cours de developpement des laboratoires du secteur public et du secteur prive. Pour 1992 une nouvelle action incitative portant sur Les approches in vitro de l'etude de la toxicite d l'appareil respiratoire a ete lancee pour un montant de 1 000 000 de francs. En outre le ministere de la recherche et de l'espace a signe un protocole d'accord avec le laboratoire national de la sante afin d'accelerer l'evaluation et la validation des methodes in vitro alternatives a l'experimentation animale.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- Les amendements du Parlement européen à la directive (CEE) n° 76-768 relative aux produits cosmétiques visent notamment à interdire l'expérimentation animale dans l'industrie cosmétique au 1er janvier 1998.
- Le décret n° 87-848 du 19 octobre 1987 est complété par trois arrêtés d'application du 19 avril 1988.
- Action incitative 1988-1989 du ministère de la recherche et de l'espace sur les méthodes in vitro de toxicité aiguë : 2 500 000 francs, deux réseaux, dix unités publiques et des laboratoires industriels.
- Programme de recherche 1991 du ministère de la recherche et de l'espace sur la néphrotoxicité médicamenteuse in vitro, sur cultures primaires de cellules rénales de lapin : 1 000 000 de francs.
- Action incitative 1992 du ministère de la recherche et de l'espace sur l'étude in vitro de la toxicité de l'appareil respiratoire : 1 000 000 de francs.
- Le ministère de la recherche et de l'espace a signé avec le Laboratoire national de la santé un protocole d'accord pour accélérer l'évaluation et la validation des méthodes in vitro.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Directive 76/768/CEE relative aux produits cosmétiques, écrite directive (CEE) no 76-768 texte juridique
- Proposition de modification de la directive 76/768/CEE par la Commission des Communautés européennes, et amendements du Parlement européen texte en préparation
- Décret n° 87-848 du 19 octobre 1987 texte juridique
- Trois arrêtés d'application du 19 avril 1988 texte juridique
- Arrêté du 19 avril 1988 fixant les conditions d'attribution de l'autorisation de pratiquer des expériences…
- Arrêté du 19 avril 1988 fixant les conditions d'agrément, d'aménagement et de fonctionnement des…
- Arrêté du 19 avril 1988 fixant les conditions de fourniture aux laboratoires agréés des animaux utilisés à…
- Protocole d'accord entre le ministère de la recherche et de l'espace et le Laboratoire national de la santé autre
Les organismes cités
Sur le site de l'OXA
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
Les méthodes non animales remplacent l'utilisation d'animaux par d'autres moyens. Par contraste avec l'expérimentation in vivo, sur des animaux vivants, elles forment trois familles, qui se combinent ou fonctionnent séparément : in vitro (organes sur puce, organoïdes, cultures de cellules), in silico (algorithmes prédictifs, jumeaux numériques) et in humano (épidémiologie, participation de volontaires consentants à des recherches et à des essais cliniques).
L'expression "expérimentation animale", employée au cours du XXe siècle et encore largement répandue, désigne toutes les utilisations des animaux susceptibles de leur nuire dans le cadre de recherches, de tests ou d'enseignements. L'OXA la retient parce qu'elle n'est ni complaisante, ni concentrée sur les pratiques qui infligent les plus grandes souffrances. La réglementation parle d'"utilisation des animaux à des fins scientifiques" : toute utilisation susceptible de causer à l'animal "une douleur, une souffrance, une angoisse ou des dommages durables équivalents ou supérieurs à ceux causés par l'introduction d'une aiguille effectuée conformément aux bonnes pratiques vétérinaires".