Les questions parlementaires

Méthodes non animales pour les substances chimiques

Expériences sur les animaux

Question écrite E-61/95, Parlement européen, 30 janvier 1995

Le résumé de l'OXA

La députée demande à la Commission quels essais sur les animaux ont des méthodes non animales reconnues, si l'on pourra y renoncer pour les substances chimiques, et comment garantir l'équivalence.

3 demandes : réponse à 2, réponse partielle à 1.

  1. Les expériences sur les animaux pour lesquelles existent des méthodes non animales reconnues et normalisées.

    Réponse La réponse cite les seuls tests in vitro reconnus : génotoxicité et certaines données toxicologiques, dont la détection d'endotoxines sans lapins.

  2. La possibilité de renoncer à l'avenir à toute expérimentation animale pour l'étude des nouvelles substances chimiques.

    Réponse partielle La réponse dit qu'il est difficile de le savoir et que seuls les modèles animaux et les études cliniques permettent à ce jour d'étudier les effets systémiques et chroniques ; elle ne prend pas position.

  3. Les moyens d'assurer l'équivalence entre les méthodes non animales et les essais sur les animaux.

    Réponse La réponse désigne la validation de la fiabilité et de la justification scientifique, confiée au CEVMA créé à Ispra, dont elle énumère les tâches.

La fiche

Thèmes : méthodes sans animaux, substances chimiques et toxicologie, droit européen

Auteur
Ursula Schleicher (PPE)
Destinataire
Commission européenne
Date de la question
30 janvier 1995
Date de la réponse
16 mars 1995
Statut
Réponse publiée
Référence du Journal officiel
JO C 196 de 1995, p. 8
Sources

La question

Textes lus par reconnaissance optique des caractères (OCR) sur les pages du Journal officiel des Communautés européennes. Les fautes relevées sont corrigées ; une faute qui forme un mot existant peut rester. Les appels de note, que l'OCR lit "(!)" ou "(?)", sont rétablis en chiffres.

(Question écrite E-61/95 de Ursula Schleicher, Parlement européen, 30 janvier 1995)

La loi dite «sur les substances chimiques», c’est-à-dire la Sixième directive modificative concernant la classification, le conditionnement et l’étiquetage des substances et préparations dangereuses, prescrit, obligatoirement, l’expérimentation animale pour l’évaluation de nouvelles substances chimiques. En revanche, la directive sur les produits cosmétiques prescrivait à partir de 1989 l’abandon total de l’expérimentation animale pour la fabrication de produits cosmétiques.

La Commission sait-elle pour quelles expériences sur les animaux il existe des méthodes alternatives «reconnues et normalisées» ?

La Commission estime-t-elle qu’il sera possible à l’avenir de renoncer totalement à l’expérimentation animale pour l’étude de nouvelles substances chimiques?

Comment assurer l’équivalence entre les méthodes alternatives et l’expérimentation animale traditionnelle?

La réponse

(Réponse donnée par Mme Bjerregaard au nom de la Commission, 16 mars 1995)

La Commission a demandé que soit réalisée une étude afin de voir si les directives sur les substances et les préparations dangereuses et les autres directives qui prescrivent des expériences animales sont en contradiction avec la directive 86/609/CEE (protection des animaux de laboratoire). Cette étude sera bientôt prête et servira de base à l’évaluation de la Commission.

Pour ce qui est des produits cosmétiques, nous renvoyons l’honorable parlementaire au rapport annuel 1994 présenté par la Commission au Parlement et au Conseil le 15 décembre 1994 «Développement, validation et acceptation légale des méthodes alternatives à l’expérimentation animale», (1) (et notamment aux observations sur les produits cosmétiques et l’application de la directive 93/35/CEE du Conseil).

Alors que tous les efforts sont actuellement axés sur le développement, l’évaluation et la validation de méthodes d’essai alternatives, seuls sont reconnus et validés pour l’instant des tests in vitro servant à mesurer la génotoxicité et certaines données toxicologiques (certaines endotoxines sont détectées par test / vitro et non plus par test in vivo sur des lapins). On a, cependant, progressé dans la mise au point de protocoles d’essais moins douloureux demandant moins d’animaux. Par exemple, la méthode de toxicité aiguë à dose fixe a remplacé la LDs9 pour déterminer la toxicité aiguë par voie orale des substances chimiques. Plusieurs évaluations à grande échelle sont en cours à travers le monde afin de valider des méthodes permettant de remplacer le test d’irritation oculaire de Draize et les essais de phototoxicité. Dans d’autres domaines recourant à l’expérimentation animale (mis à part les tests de toxicité imposés par la réglementation) on constate depuis quelques années un recours croissant aux tests in vitro (en pharmacologie par exemple) et par conséquent une diminution du nombre des expériences animales. Dans l’industrie chimique, cosmétique et pharmaceutique les méthodes alternatives servent souvent de tests préliminaires, l’expérience animale n’étant pratiquée que lorsqu'elle est jugée nécessaire. En général, ces essais sont normalisés au sein de l’entreprise mais leur justification scientifique, leur applicabilité ou leur reproductibilité ne sont pas évaluées à plus grande échelle.

La baisse de l’expérimentation animale constatée ces dernières années va se poursuivre. La Commission est entièrement acquise à l’objectif 2000 qui vise à réduire de moitié l’utilisation d’animaux de laboratoire dans les États membres d’ici à l’an 2000. Pour l'instant, les priorités sont doubles: diminuer le nombre d’animaux utilisés enévitant les expériences inutiles et affiner les protocoles expérimentaux scientifiquement justifiables. Il est difficile de savoir pour l’instant si la modélisation informatique et les techniques de biologie cellulaire seront un jour suffisamment au point pour permettre de développer et de commercialiser de nouvelles substances chimiques sans recourir à l’experimentation animale et donc sans accroître les risques pourla santé humaine et l’environnement. À l’heure actuelle, seuls les modèles animaux et les études cliniques sur l’homme permettent d’étudier les effets systémiques et chroniques de certaines substances chimiques.

Les méthodes alternatives devraient être plus «efficaces» que certaines expériences animales classiques du fait qu’elles reposent sur une meilleure connaissance des processus in vivo. Certaines méthodes en cours de développement utilisent des tissus humains, p. ex., et sont donc tout à fait adaptées à l’évaluation de la sécurité chez l’homme. Pour que ces méthodes alternatives soient utilisées un jour à grande échelle et fassent l’objet de lignes directrices, il est

31.795 absolument indispensable d’évaluer leur justification scientifique et leur fiabilité, c’est-à-dire de les valider. C’est pourquoi la Commission a créé au sein du Centre commun de recherche d’Ispra (Italie) le Centre européen pour la validation des méthodes alternatives (CEVMA). Dans sa communication au Conseil et au Parlement en octobre 1991, la Commission a présenté ainsi les tâches du CEVMA (*):

— coordonner la validation des méthodes alternatives au niveau communautaire

— servir de lieu d’échange pour les informations sur le développement des méthodes alternatives

— créer, alimenter et gérer une banque de données sur les méthodes alternatives

— mettre en contact les pouvoirs législatifs, les entreprises, les personnes travaillant dans le domaine de la biomédicine, les associations de consommateurs et les associations de défense des animaux afin de mettre au point, de valider et de faire connaître dans le monde les méthodes alternatives.

(t) Doc. COM(94) 606 final. (2) Doc. SEC(91)1794 final.

Les éléments concrets

Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.

  • La Commission a commandé une étude sur la compatibilité avec la directive 86/609/CEE des directives qui prescrivent des expériences animales.
  • Le rapport annuel 1994 de la Commission "Développement, validation et acceptation légale des méthodes alternatives à l’expérimentation animale", COM(94) 606, a été présenté le 15 décembre 1994.
  • Seuls des tests in vitro de génotoxicité et de certaines données toxicologiques sont alors reconnus et validés.
  • Certaines endotoxines sont détectées par un test in vitro et non plus par un test in vivo sur des lapins.
  • La méthode de toxicité aiguë à dose fixe sert désormais à déterminer la toxicité aiguë par voie orale des substances chimiques.
  • Des évaluations sont en cours pour valider le remplacement du test d'irritation oculaire de Draize et des essais de phototoxicité.
  • L'objectif 2000 vise à réduire de moitié l'utilisation d'animaux dans les États membres d'ici à l'an 2000.
  • La Commission a créé le CEVMA au Centre commun de recherche d'Ispra pour coordonner la validation des "méthodes alternatives" ; ses tâches figurent dans sa communication d'octobre 1991, SEC(91) 1794.

Le détail de l'analyse

Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.