Les questions parlementaires
Report à 2000 de l'interdiction cosmétique, Kaklamanis
Tests de produits cosmétiques sur les animaux
Question écrite E-2043/98, Parlement européen, 7 juillet 1998
Le résumé de l'OXA
Le député demande à la Commission pourquoi elle a reporté à 2000 l'interdiction des tests de cosmétiques sur des animaux, et quelles mesures elle a prises en contrepartie.
2 demandes : réponse à 1, réponse partielle à 1.
Les raisons du report de l'entrée en vigueur de l'interdiction.
Réponse La réponse invoque la protection de la santé publique, l'absence de méthode validée et l'absence de ligne directrice de l'OCDE pour un test non animal.
Les mesures prises en contrepartie pour que l'industrie cosmétique cesse de soumettre des animaux à ces tests.
Réponse partielle La réponse cite un engagement à favoriser la recherche, le financement de programmes et de l'ECVAM, et le respect de la directive 86/609/CEE, sans mesure propre ni montant.
Les erreurs de la réponse
- "la directive 86/609/CEE du Conseil, du 24 novembre 1984" : La directive 86/609/CEE est du 24 novembre 1986, comme le disent son numéro, la note (4) de la réponse, JO L 358 du 18.12.1986, et la réponse à E-1834/98.
La fiche
Thèmes : cosmétiques, interdiction, méthodes sans animaux
- Auteur
- Nikitas Kaklamanis (UPE)
- Destinataire
- Commission européenne
- Date de la question
- 7 juillet 1998
- Date de la réponse
- 21 septembre 1998
- Statut
- Réponse publiée
- Référence du Journal officiel
- JO C 96 du 08/04/1999, p. 27
- Sources
La question
(Question écrite E-2043/98 de Nikitas Kaklamanis, Parlement européen, 7 juillet 1998)
La Commission, en une démarche réellement incompréhensible, a reporté à l'an 2000 l'entrée en vigueur de la directive interdisant d'expérimenter les produits cosmétiques sur les animaux. Approuvée par le Parlement européen, la directive faisait prendre effet à cette interdiction au mois de janvier 1998. La question est très grave, car les animaux souffrent atrocement alors que les autres moyens d'expérimentation dont dispose désormais l'industrie des cosmétiques rendent plus que douteuse l'utilité de tels tests.
La Commission pourrait-elle indiquer les raisons du report de l'entrée en vigueur de la directive précitée et faire connaître les mesures qu'elle a prises en contrepartie pour éviter la poursuite des traitements sadiques auxquels l'industrie des cosmétiques soumet les animaux?
La réponse
(Réponse donnée par M. Bangemann au nom de la Commission, 21 septembre 1998)
La sixième modification de la directive sur les cosmétiques (directive 93/35/CE du Conseil du 14 juin 1993 modifiant pour la sixième fois la directive 76/768/CEE concernant le rapprochement des législations des États membres relatives aux produits cosmétiques(1) prévoit l'interdiction de mettre sur le marché, après le 1er janvier 1998, des produits cosmétiques contenant des ingrédients ou des combinaisons d'ingrédients testés sur des animaux. Mais la directive attire également l'attention sur la nécessité d'offrir aux consommateurs un degré de protection équivalant à celui d'une expérimentation animale et invite la Commission à proposer un report de cette échéance au cas où aucune méthode de rechange n'aurait été mise au point et légalement acceptée.
Après avoir passé en revue l'état d'avancement des méthodes de rechange, la Commission a proposé de reporter la date de prise d'effet de l'interdiction. La raison première est que l'objectif principal de la directive du Conseil 76/768 sur les produits cosmétiques(2) est de protéger la santé publique et qu'il est, de ce fait, indispensable d'effectuer un certain nombre d'essais toxicologiques pour évaluer l'inocuité, pour la santé humaine, des ingrédients et combinaisons d'ingrédients entrant dans la formulation des cosmétiques. Le développement, la validation et l'acceptation de méthodes de rechange se sont avérés être un défi scientifique extrêmement complexe. En particulier, le calendrier initial des différentes étapes du processus de développement et de validation a été sous-estimé. Des progrès marquants ont été accomplis dans la recherche de méthodes de remplacement à l'expérimentation animale, en particulier sur les effets toxicologiques des produits cosmétiques. Aucune méthode d'essai de rechange n'a pourtant été scientifiquement validée et l'organisation de coopération et développement économiques n'a adopté aucune orientation pour quelque test de toxicité que ce soit, basé sur des méthodes non animales.
Alors qu'il était impossible de se prononcer sur la date à laquelle des méthodes de rechange pour l'expérimentation d'ingrédients et de combinaisons d'ingrédients présentant un risque pour la santé humaine deviendraient disponibles pour tous les effets toxicologiques, il était tout aussi important de ne pas retarder la réévaluation scientifique de la situation. C'est pourquoi la directive de la Commission 97/18/CE du 17 avril 1997(3) a suspendu jusqu'au 30 juin 2000 l'interdiction de tester sur les animaux des produits cosmétiques et leurs combinaisons. Mais le plus important est que la publication de cette directive n'a pas remis en question l'objectif d'une réduction du nombre d'expériences sur les animaux et leurs souffrances. À ce sujet, la Commission s'est engagée à favoriser la recherche et la validation de méthodes de rechange. Elle continue de financer différents programmes de recherche en vue de développer d'autres méthodes d'expérimentation animale ainsi que les efforts et les travaux du Centre européen pour la validation des méthodes alternatives (CEVMA).
Une faible proportion d'expériences continuent d'être effectuées sur les animaux dans le secteur des cosmétiques afin de garantir la sécurité du consommateur, mais elles n'en doivent pas moins respecter les dispositions de la directive 86/609/CEE du Conseil, du 24 novembre 1984(4), relative à la protection des animaux utilisés à des fins expérimentales ou à d'autres fins scientifiques. Cette directive vise à réduire les essais à un minimum et à faire le nécessaire pour atténuer le plus possible les souffrances endurées lorsqu'elles sont inévitables.
(1) JO L 151 du 23.6.1993.
(2) JO L 262 du 27.9.1976.
(3) JO L 114 du 1.5.1997.
(4) JO L 358 du 18.12.1986.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- La directive 93/35/CE prévoit d'interdire après le 1er janvier 1998 les cosmétiques contenant des ingrédients testés sur des animaux, et invite la Commission à proposer un report faute de méthode de rechange acceptée.
- Aucune méthode d'essai de rechange à l'expérimentation animale n'avait été scientifiquement validée.
- L'OCDE n'avait adopté aucune ligne directrice pour un test de toxicité non animal.
- La directive 97/18/CE de la Commission du 17 avril 1997 suspend jusqu'au 30 juin 2000 l'interdiction de tester sur les animaux des produits cosmétiques et leurs combinaisons.
- Les expériences sur animaux pour les cosmétiques restent soumises à la directive 86/609/CEE, qui vise à réduire les essais à un minimum.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Directive 93/35/CEE du Conseil du 14 juin 1993, écrite 93/35/CE dans la réponse, JO L 151 du 23.6.1993 texte juridique
- Directive 76/768/CEE concernant les produits cosmétiques, JO L 262 du 27.9.1976 texte juridique
- Directive 97/18/CE de la Commission du 17 avril 1997, JO L 114 du 1.5.1997 texte juridique
- Directive 86/609/CEE, datée du 24 novembre 1984 dans la réponse, JO L 358 du 18.12.1986 texte juridique
Les organismes cités
Sur le site de l'OXA
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
L'expression "expérimentation animale", employée au cours du XXe siècle et encore largement répandue, désigne toutes les utilisations des animaux susceptibles de leur nuire dans le cadre de recherches, de tests ou d'enseignements. L'OXA la retient parce qu'elle n'est ni complaisante, ni concentrée sur les pratiques qui infligent les plus grandes souffrances. La réglementation parle d'"utilisation des animaux à des fins scientifiques" : toute utilisation susceptible de causer à l'animal "une douleur, une souffrance, une angoisse ou des dommages durables équivalents ou supérieurs à ceux causés par l'introduction d'une aiguille effectuée conformément aux bonnes pratiques vétérinaires".