Les questions parlementaires
Rôle de l'ECVAM et révision de la directive 93/35/CEE
Méthodes alternatives à l'expérimentation sur animaux
Question écrite E-2428/98, Parlement européen, 30 juillet 1998
Le résumé de l'OXA
Le député interroge la Commission sur ses demandes à l'ECVAM pour contrôler les expériences sur des animaux avant autorisation, et sur les modifications prévues de la directive 93/35/CEE.
2 demandes : réponse partielle à 1, aucune réponse à 1.
Ce que la Commission demande à l'ECVAM pour le contrôle des expériences sur des animaux avant leur autorisation.
Réponse partielle La réponse décrit le rôle de l'ECVAM, valider les tests nouveaux avant leur acceptation, sans dire ce que la Commission lui demande sur les expériences avant autorisation.
Les modifications que la Commission envisage de proposer à la directive 93/35/CEE.
Aucune réponse La réponse n'évoque aucune modification.
La fiche
Thèmes : méthodes sans animaux, cosmétiques, instances européennes
- Auteur
- Ben Fayot (PSE)
- Destinataire
- Commission européenne
- Date de la question
- 30 juillet 1998
- Date de la réponse
- 30 octobre 1998
- Statut
- Réponse publiée
- Référence du Journal officiel
- JO C 182 du 28/06/1999, p. 6
- Sources
La question
(Question écrite E-2428/98 de Ben Fayot, Parlement européen, 30 juillet 1998)
Suivant la directive 93/35/CEE(1), l'interdiction du recours à des expérimentations sur animaux pour les produits cosmétiques devait intervenir au 1er janvier 1998. Or, jusqu'ici, ni les États membres ni la Commission n'ont vraiment essayé sérieusement de développer et de valider des alternatives aux expérimentations sur animaux. De la sorte, ladite interdiction a été reportée au 1er juin 2000, alors qu'il existe bel et bien des moyens de tester des produits sans recourir à des essais avec des animaux.
La Commission peut-elle dire quelles sont les demandes qu'elle adresse au ECVAM en matière de contrôle des expérimentations animales avant leur autorisation et quelles modifications elle envisage de proposer à la directive 93/35/CEE sur les cosmétiques?
La réponse
(Réponse donnée par Mme Cresson au nom de la Commission, 30 octobre 1998)
La directive 93/35/CEE stipulait que les expérimentations sur les animaux des ingrédients destinés à être utilisés dans les produits cosmétiques conformément aux dispositions de la directive 76/768/CEE ne seraient pas autorisées après le 1er janvier 1998, si des méthodes de substitution, offrant un niveau équivalent de protection du consommateur, avaient été mises au point, en tenant compte des lignes directrices en matière d'expérimentation de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Malgré des efforts considérables et une importante coopération, aucune expérimentation de cette nature n'avait été mise au point au 1er janvier 1997, date à laquelle il avait été envisagé de reporter l'interdiction des expérimentations sur des animaux: l'interdiction a donc été reportée jusqu'en juin 2000.
Depuis 1986, la Commission finance des recherches visant à remplacer les expériences sur les animaux par des méthodes de substitution. Des programmes successifs dans les domaines de la biotechnologie, de la biomédecine et de la santé ont notamment considérablement contribué à l'élaboration de méthodes de substitution en pharmaco-toxicologie. Des efforts considérables ont été consacrés par la Commission et toutes les autres organisations impliquées, y compris l'industrie cosmétique, à la mise au point et à la validation de méthodes de substitution, et le degré de coopération entre ces partenaires est très élevé. Néanmoins, la validation scientifique des méthodes de substitution à des fins particulières est un processus long et complexe et les personnes chargées d'en accepter l'application portent une lourde responsabilité en matière de santé des travailleurs et des consommateurs.
Néanmoins, des progrès ont été réalisés pour accroître la vitesse et l'efficacité du processus de validation ainsi que pour les expérimentations particulières. Trois tests in vitro portant sur la corrosion cutanée et le potentiel de phototoxicité ont été scientifiquement validés et ces validations ont reçu l'aval de la Commission. L'application de ces méthodes à l'industrie cosmétique est actuellement étudiée par le "Scientific Committee on Cosmetics and non-food Products" (comité scientifique des produits cosmétiques et des produits non alimentaires) comme faisant partie de l'acceptation juridique de ces tests à l'intérieur d'un cadre réglementaire.
Entre-temps, on assiste à des progrès dans la mise au point et la validation des tests in vitro et des stratégies d'expérimentations ayant trait à l'irritation oculaire, à l'irritation et à la sensibilisation cutanée, et à l'absorption percutanée, qui constituent tous des aspects importants de la sécurité des ingrédients cosmétiques. Il faut reconnaître que les méthodes d'expérimentation sont généralement conçues pour fournir des informations sur des types particuliers de risques toxiques, plutôt que pour être utilisées avec des produits spécifiques.
La directive 86/609/CEE établit clairement qu'aucune expérience sur des animaux ne doit être entreprise ni menée à moins qu'il ne soit prouvé qu'elle est scientifiquement nécessaire et présente des avantages sur les méthodes de substitution. La Commission a mis en place le Centre européen pour la validation des méthodes alternatives (CEVMA) afin d'appliquer le critère stipulant qu'il faut démontrer que tous les tests nouveaux ou considérablement modifiés sont fiables et appropriés à l'objectif affiché avant de pouvoir les accepter et les utiliser conformément aux directives communautaires.
Le principal critère pour remplacer une expérience effectuée sur des animaux, comme le stipule la direc-tive 93/35/CEE, est que la méthode de substitution doit offrir une protection au moins aussi élevée que la procédure d'expérience précédemment pratiquée. De nombreux efforts sont axés sur des méthodes de substitution qui auront une base scientifique plus solide et emploieront des cellules et des tissus humains afin d'éviter de devoir extrapoler les données obtenues à l'être humain.
(1) JO L 151 du 23.6.1993, p. 32.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- La directive 93/35/CEE excluait après le 1er janvier 1998 les essais sur animaux d'ingrédients cosmétiques, si des méthodes de substitution protégeant autant le consommateur étaient mises au point.
- Aucune méthode de substitution n'était mise au point au 1er janvier 1997 ; l'interdiction des expérimentations animales d'ingrédients cosmétiques a été reportée jusqu'en juin 2000.
- Depuis 1986, la Commission finance des recherches visant à remplacer les expériences sur animaux, dans des programmes de biotechnologie, de biomédecine et de santé.
- Trois tests in vitro sur la corrosion cutanée et la phototoxicité ont été validés et approuvés par la Commission.
- Le comité scientifique des produits cosmétiques et des produits non alimentaires étudie l'application aux cosmétiques des trois tests in vitro validés, en vue de leur acceptation juridique.
- Selon la directive 86/609/CEE, une expérience sur animaux n'est menée que s'il est prouvé qu'elle est scientifiquement "nécessaire" et présente des avantages sur les méthodes de substitution.
- La Commission a mis en place le Centre européen pour la validation des méthodes alternatives (CEVMA) pour vérifier que tout test nouveau ou très modifié est fiable et approprié avant son acceptation.
- Selon la directive 93/35/CEE, une méthode de substitution doit offrir une protection au moins aussi élevée que l'expérience sur animaux qu'elle remplace.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Directive 93/35/CEE, JO L 151 du 23.6.1993 texte juridique
- Directive 76/768/CEE texte juridique
- Directive 86/609/CEE texte juridique
Les organismes cités
- Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)
- Centre européen pour la validation des méthodes alternatives (CEVMA, ECVAM)
- Comité scientifique des produits cosmétiques et des produits non alimentaires
Sur le site de l'OXA
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.