Les questions parlementaires

Origine et suivi de l'objectif de réduction de 50 %

Objectif de l'Union européenne en matière de limitation des expérimentations sur les animaux

Question écrite E-0039/01, Parlement européen, 18 janvier 2001

Le résumé de l'OXA

Le député demande à la Commission quand et par qui l'objectif de 50 % d'expériences en moins a été fixé, son délai, son contrôle, son avancement et les suites.

6 demandes : réponse à 4, réponse partielle à 2.

  1. La date à laquelle l'objectif de réduction de 50 % a été annoncé.

    Réponse La réponse le rattache au 5e programme d'action pour l'environnement, présenté par la Commission en 1992.

  2. Le comité de la Commission qui l'a annoncé.

    Réponse La réponse attribue l'objectif à la Commission elle-même, dans ce programme, et précise que le Conseil ne l'a jamais adopté.

  3. Le délai fixé pour atteindre la réduction de 50 %.

    Réponse La réponse situe l'objectif en l'an 2000, dans une formule ambiguë, et ajoute que sa base de calcul n'a jamais été précisée.

  4. Les mesures de contrôle mises en place dans les quinze États membres.

    Réponse partielle La réponse cite les obligations statistiques des articles 13 et 26 de la directive de 1986, qui ne sont pas un contrôle de l'objectif.

  5. L'état d'avancement de la réduction dans chaque État membre, Royaume-Uni compris.

    Réponse partielle La réponse donne deux totaux pour l'Union, 11,8 millions d'animaux en 1991-1992 pour 10 États et 11,6 millions en 1996 pour 15, sans aucun chiffre par État.

  6. L'action que l'Union prendra si l'objectif n'est pas atteint.

    Réponse La Commission dit ne pas pouvoir agir formellement contre les États membres, faute d'objectif adopté, et préférer promouvoir les méthodes non animales.

Les erreurs de la réponse

  • "directive 86/606/CEE du Conseil du 24 novembre 1986" : La directive du 24 novembre 1986 relative à la protection des animaux utilisés à des fins expérimentales est la 86/609/CEE, publiée au JO L 358 du 18.12.1986 que cite la note, comme l'écrivent les autres réponses du recueil (E-1483/01).

La fiche

Thèmes : statistiques, droit européen, méthodes sans animaux

Auteur
Jeffrey Titford (EDD)
Destinataire
Commission européenne
Date de la question
18 janvier 2001
Date de la réponse
26 mars 2001
Statut
Réponse publiée
Référence du Journal officiel
JO C 235 E du 21/08/2001, p. 98
Sources

La question

(Question écrite E-0039/01 de Jeffrey Titford, Parlement européen, 18 janvier 2001)

Michelle Thew, directrice exécutive de l'Union britannique en faveur de l'abolition de la vivisection a récemment déclaré. Les autorités du Royaume-Uni devraient avoir honte du résultat actuel des expérimentations animales car elles n'ont à ce jour pas tenu leurs engagements pré-électoraux visant à réduire, de manière significative, le nombre d'expérimentations au Royaume-Uni; elles ne sont pas parvenues à la mise en oeuvre de la moindre stratégie visant à réaliser l'objectif adopté par la Communauté européenne de recherche à hauteur de 50 % quant au nombre d'expérimentations animales, et ont failli aux promesses faites à un public britannique de plus en plus frusté quant à l'absence d'action gouvernementale.

1. Quand cette réduction à hauteur de 50 % a-t-elle été annoncée?

2. Par quel comité de la Commission européenne l'aurait-elle été?

3. Dans quels délais la réduction à hauteur de 50 % des expérimentations animales est-elle sensée être réalisée?

4. Quelles ont été les mesures de contrôle mises en place dans les quinze États membres de l'Union européenne?

5. Quel est l'état d'avancement de la réduction, à hauteur de 50 %, dans chacun des États membres de l'Union européenne, y compris le Royaume-Uni?

6. Quelle action l'Union européenne se propose-t-elle de prendre lorsque l'objectif de réduction n'aboutit pas aux résultats escompés?

La réponse

(Réponse donnée par Mme Wallström au nom de la Commission, 26 mars 2001)

Le 5e Programme d'action sur l'environnement présenté par la Commission en 1992 s'est donné comme objectif de réduire de 50 % le nombre d'animaux employés à des fins expérimentales, par rapport à l'an 2000. Il n'a jamais été précisé par rapport à quelle base ces 50 % de réduction devaient être mesurés. En outre, cet objectif particulier n'a jamais été adopté par le Conseil. La Commission considère toutefois que cet objectif indicatif est un outil pour encourager les intéressés à réduire activement le nombre d'animaux employés à des fins expérimentales dans la Communauté, même au-delà de l'an 2000.

En ce qui concerne la surveillance et l'évolution, l'article 13, paragraphe 1 de la directive 86/606/CEE du Conseil du 24 novembre 1986, relative à la protection des animaux utilisés à des fins expérimentales ou à d'autres fins scientifiques(1), précise que sur la base des demandes d'autorisation, des modifications reçues et des rapports présentés, l'autorité de chaque État membre recueille et, dans la mesure du possible, publie périodiquement des informations statistiques concernant l'utilisation d'animaux à des fins expérimentales .

De plus, l'article 26, précise que à des intervalles réguliers ne dépassant pas trois ans, et pour la première fois cinq ans suivant la notification de la présente directive, les États membres informent la Commission des mesures prises dans ce domaine et fournissent un résumé approprié des informations recueillies conformément à l'article 13; la Commission établit un rapport destiné au Conseil et à l'Assemblée.

Selon le Deuxième rapport de la Commission au Conseil et au Parlement européen sur les statistiques concernant le nombre d'animaux utilisés à des fins expérimentales et à d'autres fins scientifiques dans les États membres de l'Union européenne(2), le nombre total d'animaux employés pour des expériences dans la Communauté était de 11,6 millions en 1996. En comparaison, le premier rapport(3) (couvrant la période 1991-1992) indiquait un nombre total d'animaux employés de 11,8 millions, mais ces chiffres ne représentaient que 10 États membres au lieu de 15 aujourd'hui. Ceci démontre que les États membres font de gros efforts pour réduire le nombre d'animaux employés à des fins expérimentales.

Puisqu'il n'y a eu ni adoption de l'objectif de 50 % ni accord sur la ligne de base, la Commission n'est pas en mesure d'agir formellement contre les États membres. Conjointement à ces derniers, elle préfère au contraire promouvoir le développement et la validation de méthodes alternatives comme un moyen de réduire le nombre d'animaux employés dans des expériences.

Le 5e programme-cadre de la Communauté européenne pour des actions de recherche, de développement technologique et de démonstration 1998-2002(4) contient des dispositions au sujet de cette recherche. En particulier, parmi les trois actions clés du programme spécifique sur la qualité de la vie et la gestion des ressources du vivant (Alimentation, nutrition et santé, L'usine cellulaire et Environnement et santé), la Commission encourage le développement de solutions de remplacement à l'expérimentation animale.

En 1991, ella a créé un Centre européen pour la validation des méthodes alternatives (CEVMA) dépendant de l'Institut pour la santé et la protection des consommateurs du Centre Commun de Recherche de la Commission implanté à Ispra, Italie. La tâche principale de ce centre est de coordonner au niveau communautaire l'évaluation de méthodes d'essai non animales avancées, c'est-à-dire d'établir leur pertinence et leur fiabilité aux fins déclarées.

Trois méthodes in vitro, validées par le CEVMA, ont été récemment classées à l'annexe V de la directive 67/548/CEE du Conseil du 27 juin 1967 concernant le rapprochement des dispositions législatives, réglementaires et administratives relatives à la classification, l'emballage et l'étiquetage des substances dangereuses(5). La Commission accorde une grande importance à ce travail et s'efforce activement de faire adopter ces méthodes dans le programme d'orientations de l'Organisation de coopération et développement économiques (OCDE) de manière à assurer leur application partout dans le monde.

(1) JO L 358 du 18.12.1986.

(2) COM(1999) 191 final.

(3) COM(94) 195 final.

(4) JO L 26 du 1.2.1999.

(5) JO B 196 du 16.8.1967.

Les éléments concrets

Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.

  • Le 5e Programme d'action sur l'environnement de la Commission (1992) visait à réduire de 50 % le nombre d'animaux utilisés à des fins expérimentales, objectif sans base précisée et jamais adopté par le Conseil.
  • Selon l'article 13 de la directive du Conseil du 24 novembre 1986, l'autorité de chaque État membre recueille et, si possible, publie périodiquement des statistiques sur l'utilisation d'animaux.
  • Selon l'article 26 de la directive du Conseil du 24 novembre 1986, les États membres informent la Commission au moins tous les trois ans, et la Commission établit un rapport pour le Conseil et l'Assemblée.
  • 11,6 millions d'animaux utilisés dans l'Union en 1996 selon le deuxième rapport statistique, COM(1999) 191 final.
  • Le premier rapport statistique de la Commission, COM(94) 195 final, comptait 11,8 millions d'animaux employés en 1991-1992, pour 10 États membres seulement.
  • Le 5e programme-cadre de RDT (1998-2002) contient des dispositions sur la recherche de "méthodes alternatives".
  • Créé en 1991 par la Commission, le Centre européen pour la validation des méthodes alternatives (CEVMA), au Centre Commun de Recherche à Ispra, coordonne l'évaluation communautaire des méthodes d'essai non animales.
  • Trois méthodes in vitro validées par le Centre européen pour la validation des méthodes alternatives (CEVMA) ont été récemment classées à l'annexe V de la directive 67/548/CEE.

Le détail de l'analyse

Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.