Les questions parlementaires
Méthodes non animales pour les échéances cosmétiques
État des programmes de recherche communautaires sur le développement de méthodes et de stratégies alternatives de remplacement total de l'expérimentation animale en vue de faire face aux interdictions contenues dans le septième amendement à la directive "cosmétiques"
Question écrite E-4366/07, Parlement européen, 4 septembre 2007
Le résumé de l'OXA
La députée demande à la Commission quels programmes et quelles méthodes permettront de remplacer les essais sur des animaux pour les cosmétiques aux échéances de 2009 et 2013.
3 demandes : réponse à 3.
Les programmes actuels qui visent à remplacer, dans les délais, les tests sur des animaux par des méthodes entièrement non animales.
Réponse La réponse détaille les 6e et 7e programmes-cadres avec leurs montants, cite le 5e sans montant, et présente le partenariat EPAA.
Au-delà des tests mis au point par l'industrie, les méthodes issues des programmes de recherche communautaires qui remplaceront les tests de sécurité en 2009 et en 2013.
Réponse La réponse fait le point domaine par domaine, et dit qu'un remplacement complet pour 2013 est difficile à envisager pour la toxicité par administration réitérée et la reprotoxicité.
Les efforts de remplacement soutenus par la Commission pour la toxicité systémique aiguë, visée par l'échéance de 2009.
Réponse La réponse cite le projet A-Cute-Tox, 9 millions d'euros, une étude avec l'ICCVAM et un atelier de l'EPAA en avril 2008, et envisage un test validé d'ici 2009.
La fiche
Thèmes : méthodes sans animaux, cosmétiques, financement
- Auteur
- Nicole Fontaine (PPE-DE)
- Destinataire
- Commission européenne
- Date de la question
- 4 septembre 2007
- Date de la réponse
- 23 octobre 2007
- Statut
- Réponse publiée
- Sources
La question
(Question écrite E-4366/07 de Nicole Fontaine, Parlement européen, 4 septembre 2007)
Conformément aux principes éthiques définis dans le protocole annexé au traité d'Amsterdam en vue d'assurer une plus grande protection et un meilleur respect du bien‑être des animaux en tant qu'êtres sensibles, le septième amendement de 2003 à la directive "cosmétiques" (directive 2003/15/CE[1] du 27 février 2003) prévoit l'interdiction totale de la commercialisation, dans l'ensemble de l'Union, des produits cosmétiques ayant fait l'objet d'expérimentations animales.
Cette interdiction prendra tout son effet en 2009, hormis pour trois domaines de toxicité bénéficiant d'un report à 2013.
Bien que le secteur des cosmétiques ne participe que pour un pourcentage infime au total des expérimentations animales effectuées en Europe à d'autres fins, notamment médicales et de recherche, les professionnels concernés poursuivent activement des recherches de substitution.
À deux ans de l'échéance de 2009, et pour accompagner leurs efforts, nous nous devons, en tant que parlementaires européens, de demander à la Commission européenne de faire le point sur l'état des recherches en cours:
- Quels sont les programmes actuels qui visent à permettre le remplacement, dans les délais impartis, des tests sur les animaux par des méthodes ou des stratégies totalement "non animales"?
- Au‑delà des tests alternatifs mis au point par l'industrie, notamment en matière de phototoxicité, de corrosion et d'irritation cutanée, validés par l'ECVAM, et dont certains sont désormais acceptés par la Commission et l'OCDE, quelles sont les méthodes issues des programmes de recherche communautaires qui permettront le remplacement des tests d'évaluation de la sécurité sanitaire à l'horizon 2009 et 2013?
- Dans des domaines très complexes et cruciaux, tels que ceux de la toxicité systémique aigüe, qui requièrent la détection d'effets toxiques éventuels dans l'organisme tout entier, après exposition orale, respiratoire ou cutanée à une substance, et qui sont concernés à ce jour par l'interdiction de 2009, quels sont les efforts de remplacement soutenus par la Commission, aux fins d'assurer à cette échéance la sécurité sanitaire des consommateurs?
[1] JO L 66 du 11.3.2003, p. 26.
La réponse
(Réponse donnée par M. Verheugen au nom de la Commission, 23 octobre 2007)
La Commission s'emploie pleinement à mettre en pratique une plus grande protection du bien-être des animaux, comme le reflète la directive 2003/15/CE[1], le "septième amendement à la directive Cosmétiques". Elle a pris un grand nombre de mesures pour soutenir l'industrie dans ses efforts visant à développer des méthodes de test alternatives à temps pour respecter les délais de 2009 et 2013 qui fixent un calendrier très ambitieux.
La mise au point de méthodes de remplacement a été l'une des priorités des programmes cadres de l'UE pour la recherche et le développement:
- le cinquième et le sixième programmes cadres ont tous deux financé un grand nombre de projets de recherche qui ont développé ou encore amélioré des méthodes de test in vitro pour, par exemple, les produits chimiques de perturbation endocrinienne[2];
- de plus, le sixième programme cadre a permis de financer 20 projets à hauteur de quasiment 64 millions d'euros au titre du programme de santé. Deux autres projets, l'un sur les "stratégies d’essai intelligentes pour les produits chimiques" et l'autre sur les "relations quantitatives structure-activité" (QSAR - Quantitative Structure-Activity Relationships) ont reçu 12 millions d'euros dans le cadre du programme pour le changement planétaire et les écosystèmes;
- des activités de recherche se poursuivent au titre du septième programme cadre (2007-2013) en matière de santé, nanosciences, nanotechnologies, matériaux et nouvelles technologies de production ainsi que d'environnement. Suite au premier appel à propositions du thème Environnement, 5 millions d'euros seront alloués au développement de techniques in silico pour évaluer les dangers, ainsi que le risque pour la sécurité et l'environnement des toxines et produits chimiques industriels sans recourir à des tests sur les animaux. Le thème Santé soutiendra le développement de nouvelles stratégies de test alternatives en leur accordant 24 millions d'euros. 3 millions d'euros de ce thème sont en outre attribués au développement de la méthode QSAR pour la toxicologie et 3 millions d'euros pour des méthodes de remplacement afin de déterminer la toxicité des nanoparticules utilisées pour le diagnostic médical.
En novembre 2005, le "Partenariat européen visant à promouvoir les alternatives aux essais sur les animaux" (EPAA) a été mis en place. Ce partenariat, initiative conjointe de la Commission et des industriels de différents secteurs, vise à promouvoir le développement de méthodes de substitution. Il a été instauré pour permettre l'échange de connaissances, le partage de compétences et pour promouvoir la synergie entre les secteurs industriels. La Commission assure le secrétariat du partenariat et encourage les diverses industries participantes à unir leurs forces.
Une importante activité du groupe de travail sur la recherche de l'EPAA consiste à organiser un atelier de haut niveau sur les "méthodes alternatives d'évaluation de la toxicité systémique sans recourir à des tests sur les animaux". Cet atelier, qui se tiendra les 28 et 29 avril 2008 à Bruxelles, devrait imprimer un nouvel élan au programme cadre ainsi qu'aux programmes nationaux de recherche et de développement technologique en fixant un agenda stratégique de recherche à moyen et long terme pour l'après 2009.
Comme l'indique l'honorable parlementaire, la législation communautaire reconnaît des tests de substitution pour la photo-toxicité aiguë et la corrosion cutanée. Ils devraient être reconnus prochainement pour la pénétration cutanée et l'irritation cutanée aiguë. Un nouveau test pour déterminer la non-génotoxicité et la non-mutagénicité des substances a également été validé par l'ECVAM en 2006 et mis en œuvre dans la législation REACH; d'autres résultats de mise en œuvre sont attendus d'ici 2008-2009.
Bien que des progrès significatifs aient été accomplis, l'irritation oculaire et la toxicité aiguë sont les deux domaines qui requièrent des efforts concernant le délai de 2009. D'autres travaux s'imposent pour que les tests sur les animaux soient entièrement remplacés dans ces deux cas.
Pour ce qui est de la toxicité aiguë, les résultats du projet A-Cute Toxe de 9 millions d'euros, au titre du sixième programme cadre, permettent de penser que, dans un futur proche, le pourcentage de substances pour lesquelles la toxicité aiguë peut être établie sans recourir à des tests sur les animaux va augmenter. En prolongement de la première étude de validation entre l'ECVAM et son interlocuteur américain, l'ICCVAM/NICEATM, une étude a en outre été lancée pour déterminer les produits chimiques ne présentant pas une toxicité aiguë (d'après certains résultats d'étude, ils constitueraient 70 à 80% de l'ensemble des produits chimiques, la majorité étant utilisée en cosmétique). La combinaison de ces deux projets pourrait permettre, d'ici 2009, de disposer d'un test validé pour cet effet sur la santé.
En ce qui concerne l'irritation oculaire, douze méthodes sont actuellement en cours de validation à l'ECVAM et des résultats sont attendus dans les trois prochaines années, ouvrant des perspectives au remplacement de ce test sur les animaux. D'ailleurs, même si aucune de ces méthodes ne devait permettre un remplacement intégral en soi, une utilisation combinée pourrait remplacer les tests sur les animaux.
En ce qui concerne le délai de 2013, diverses activités dans le domaine de la sensibilisation (un projet Sens-it-i.v. intégré ainsi que diverses activités de l'ECVAM et du COLIPA) promettent de fournir des méthodes de remplacement avant 2013. Pour ce qui est de la cancérogénicité, la validation en cours de deux essais de transformation de cellules parallèlement à l'élaboration de lignes directrices pour les tests par l'Organisation de coopération et de développement économiques pourraient offrir de nouvelles opportunités. Dans les domaines de la toxicité par administration réitérée et la toxicité pour la reproduction, malgré deux grands projets intégrés (ReproTect de 2004 à 2009 et Predictiv en cours de négociation), il est cependant difficile, à l'heure actuelle, d'envisager un remplacement complet pour 2013.
[1] Directive 2003/15/CE du Parlement européen et du Conseil du 27 février 2003 modifiant la directive 76/768/CEE du Conseil concernant le rapprochement des législations des États membres relatives aux produits cosmétiques (JO L 66 du 11.3.2003, p. 26).
[2] http://ec.europa.eu/research/environment/themes/projects_en.htm;
http://ec.europa.eu/research/environment/pdf/env_health_projects/env_health_brochure.pdf; http://ec.europa.eu/research/endocrine/index_en.html.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- La directive 2003/15/CE du 27 février 2003 est le septième amendement à la directive 76/768/CEE sur les produits cosmétiques.
- Le sixième programme-cadre a financé 20 projets pour près de 64 millions d'euros au titre du programme de santé.
- Au sixième programme-cadre, deux projets, sur les stratégies d'essai intelligentes et les QSAR, ont reçu 12 millions d'euros au titre du programme pour le changement planétaire et les écosystèmes.
- Au septième programme-cadre, le thème Environnement allouera 5 millions d'euros aux techniques in silico d'évaluation des dangers des produits chimiques sans tests sur les animaux.
- Au septième programme-cadre, le thème Santé accordera 24 millions d'euros aux stratégies de test alternatives ; 3 millions vont aux QSAR en toxicologie et 3 à la toxicité des nanoparticules de diagnostic médical.
- L'EPAA, initiative conjointe de la Commission et des industriels, a été mis en place en novembre 2005 ; la Commission en assure le secrétariat.
- Un atelier de l'EPAA sur les "méthodes alternatives d'évaluation de la toxicité systémique sans recourir à des tests sur les animaux" est prévu les 28 et 29 avril 2008 à Bruxelles.
- La législation communautaire reconnaît des tests de substitution pour la photo-toxicité aiguë et la corrosion cutanée.
- Un test de non-génotoxicité et de non-mutagénicité des substances a été validé par l'ECVAM en 2006 et mis en œuvre dans la législation REACH.
- Le projet A-Cute Toxe du sixième programme-cadre est doté de 9 millions d'euros.
- Après une première étude de validation entre l'ECVAM et l'ICCVAM/NICEATM, une étude a été lancée pour déterminer les produits chimiques sans toxicité aiguë.
- Douze méthodes pour l'irritation oculaire sont en cours de validation à l'ECVAM, avec des résultats attendus dans les trois ans.
- Le projet intégré Sens-it-i.v., l'ECVAM et le COLIPA mènent des activités dans le domaine de la sensibilisation.
- Pour la cancérogénicité, deux essais de transformation de cellules sont en cours de validation, et l'Organisation de coopération et de développement économiques élabore des lignes directrices.
- Dans les domaines de la toxicité par administration réitérée et pour la reproduction, le projet intégré ReproTect court de 2004 à 2009 et le projet Predictiv est en cours de négociation.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Directive 2003/15/CE du 27 février 2003 modifiant la directive 76/768/CEE, JO L 66 du 11.3.2003, p. 26 texte juridique
- 5e, 6e et 7e programmes-cadres de recherche et de développement de l'Union texte juridique
- Décision n° 182/1999/CE du Parlement européen et du Conseil du 22 décembre 1998 relative au cinquième…
- Décision n° 1513/2002/CE du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2002 relative au sixième…
- Décision n° 1982/2006/CE du Parlement européen et du Conseil du 18 décembre 2006 relative au septième…
- Projets A-Cute-Tox, Sens-it-i.v., ReproTect et Predictiv autre
- A-CUTE-TOX : Optimisation and pre-validation of an in vitro test strategy for predicting human acute toxicity…
- SENS-IT-IV : Novel testing strategies for in vitro assessment of allergens (FP6, 2005-2011)
- REPROTECT : Development of a novel approach in hazard and risk assessment or reproductive toxicity... (FP6,…
- PREDICT-IV : Profiling the toxicity of new drugs: a non animal-based approach integrating toxicodynamics and…
- http://ec.europa.eu/research/environment/themes/projects_en.htm lien, copie archivée
- http://ec.europa.eu/research/endocrine/index_en.html lien, copie archivée
Les organismes cités
Sur le site de l'OXA
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.