Les questions parlementaires
Nouvelles méthodes de toxicologie dans REACH
Recherche en toxicologie et REACH
Question écrite E-0995/08, Parlement européen, 18 février 2008
Le résumé de l'OXA
Les citations de la réponse sont données dans notre traduction.
La députée demande à la Commission son avis sur une affirmation de Jeremy Rifkin : REACH doit adopter les nouvelles méthodes d'essai, sinon il risque de devenir coûteux et inefficace.
1 demande : réponse partielle à 1.
L'avis de la Commission sur l'affirmation selon laquelle REACH doit s'approprier progressivement les nouvelles méthodes d'essai, sous peine d'être coûteux et inefficace.
Réponse partielle La réponse juge ces technologies prometteuses mais renvoie leur usage réglementaire au moyen et au long terme, sans dire si REACH risque d'être coûteux et inefficace.
La fiche
Thèmes : méthodes sans animaux, substances chimiques et toxicologie, valeur scientifique
- Auteur
- Cristiana Muscardini (UEN)
- Destinataire
- Commission européenne
- Date de la question
- 18 février 2008
- Date de la réponse
- 5 mai 2008
- Statut
- Réponse publiée
- Sources
La question
(Question écrite E-0995/08 de Cristiana Muscardini, Parlement européen, 18 février 2008)
Les spécialistes constatent un progrès extraordinaire de la recherche en toxicologie et signalent des avancées dans des disciplines comme la toxicogénomique, la bioinformatique, l'épigénétique, la toxicologie informatisée ou l'utilisation des systèmes biologiques. Ces progrès font dire à Jeremy Rifkin qu'il est désormais possible de déterminer la toxicité de substances chimiques de manière rigoureuse et fiable, plus rapidement et plus économiquement, à l'opposé de ce qui se passe avec les essais sur animaux, encore pratiqués quoique ils soient de plus en plus remis en cause par la communauté scientifique internationale.
La Commission pourrait-elle donner son avis sur l'affirmation suivante de l'éminent économiste: "Si le projet européen d'enregistrement, d'évaluation et d'autorisation des substances chimiques (REACH) veut servir d'exemple au reste du monde, alors il faut qu'il s'approprie progressivement les nouvelles méthodes d'expérimentation. Sinon, il risque de se muer en un système couteux, inefficace et dépourvu du moindre impact bénéfique."
La réponse
(Réponse donnée par M. Dimas, au nom de la Commission, 5 mai 2008. Traduction de l'OXA, non officielle.)
Il importe tout d'abord de souligner l'engagement de la Commission en faveur du développement et de l'utilisation de méthodes alternatives à l'expérimentation animale. Plus précisément, la Commission considère que la toxicogénomique, la bio-informatique, l'épigénétique et d'autres technologies nouvelles pourraient devenir très importantes pour l'évaluation future des risques des produits chimiques. Toutefois, la recherche n'en étant qu'à ses débuts, les méthodes d'essai issues de ces technologies ne pourront être disponibles à des fins réglementaires au titre de REACH qu'à moyen et à long terme. Il convient en effet de rappeler que la validation scientifique des méthodes d'essai n'entraîne pas automatiquement leur acceptation réglementaire, laquelle doit tenir compte de considérations liées, par exemple, à l'applicabilité de l'essai dans un domaine réglementaire donné et à l'effet global sur l'utilisation d'animaux. L'un des objectifs de REACH est de réduire au minimum l'expérimentation animale, et la législation comporte plusieurs dispositions en ce sens. Plus précisément, REACH offre déjà la possibilité d'utiliser des informations issues de méthodes alternatives telles que les QSAR, les méthodes in vitro et les références croisées. Des orientations détaillées ont été élaborées pour expliquer comment ces méthodes peuvent déjà être appliquées.
En outre, la Commission finance, au titre des 6e et 7e programmes-cadres de recherche et de développement, des programmes qui mènent des recherches dans différents domaines de la toxicologie, dont la toxicogénomique et la toxicologie computationnelle. Le Centre européen pour la validation de méthodes alternatives (ECVAM) du Centre commun de recherche (JRC) de la Commission participe à plusieurs de ces projets européens, comme CarcinoGenomics, qui porte sur des approches fondées sur la toxicogénomique. À titre d'exemple, ce projet vise à mettre au point des méthodes in vitro permettant d'évaluer le potentiel génotoxique et cancérogène de composés, comme alternative aux essais actuels sur les rongeurs. Ce projet devrait déboucher sur une plateforme permettant d'étudier le potentiel génotoxique et cancérogène d'un grand nombre de composés. Il sera ainsi possible d'identifier rapidement les substances potentiellement nocives pour l'être humain, tout en réduisant les délais, les coûts et les essais sur les animaux.
La mise au point de méthodes visant à réduire au minimum le recours aux essais sur les animaux et à développer des méthodes non animales, y compris au moyen de technologies nouvelles, est également une priorité du programme des lignes directrices pour les essais de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). La Commission travaille activement avec le programme de l'OCDE afin de garantir l'application de ces méthodes dans le monde entier.
Enfin, la directive 86/609/CEE[1] relative à la protection des animaux utilisés à des fins expérimentales ou à d'autres fins scientifiques prévoit en outre qu'"il ne sera pas effectué d'expérience s'il existe une possibilité raisonnable et pratique d'avoir recours à une autre méthode scientifiquement acceptable et n'impliquant pas l'utilisation d'un animal pour obtenir le résultat recherché". Il est donc dans l'esprit de la directive d'encourager les méthodes qui remplaceront à terme l'utilisation d'animaux dans les expériences. Les essais réalisés au titre de REACH doivent respecter les exigences de la directive 86/609/CEE.
[1] JO L 358 du 18.12.1986.
Texte original (anglais)
(Réponse donnée par M. Dimas, au nom de la Commission, 5 mai 2008)
At the outset, it is important to underline the Commission's commitment to the development and use of alternatives to animal testing. Specifically, the Commission considers the area of toxicogenomics, bioinformatics, epigenetics and other novel technologies to be potentially very important in the future risk assessment for chemicals. However, as research is still at the early stages, test methods derived from these technologies may become available for regulatory purposes under REACH only in the medium and long-term. In fact, it is important to recall that the scientific validation of test methods does not lead automatically to regulatory acceptance which has to take into account concerns related e.g. to the applicability of the test in a specific regulatory area and the overall impact on the use of animals. It is one of the aims of REACH to minimise animal testing and the legislation includes several provisions to that effect. More specifically, REACH already provides the possibility to use information derived from alternative methods such as QSARs, in vitro methods and read-across. Detailed guidance has been developed explaining how such methods can already be applied.
Furthermore, the Commission is funding programmes that conduct research in different toxicological research areas including toxicogenomics and computational toxicology under the 6th and 7th Framework Programme for Research and Development. The European Centre for the Validation of Alternative Methods (ECVAM) of the Commission Joint Research Centre (JRC) is involved in several of these European projects such as CarcincoGenomics dealing with toxicogenomics-based approaches. As an example, the aim of this project is to develop in vitro methods to assess the genotoxic and carcinogenic potential of compounds as an alternative to current rodent-based tests. It is expected that the outcome of this project will generate a platform enabling the investigation of large numbers of compounds for their genotoxic and carcinogenic potential. This will enable swift identification of potential harmful substances to humans, while lowering time and costs and reducing animal tests.
Development of methods to minimise the use of animal tests and develop non-animal methods is also a priority of the Organisation for Economic Cooperation and Development (OECD) Test Guidelines Programme, including novel technologies. The Commission is working actively with the OECD Programme in order to secure the world-wide application of these methods.
Finally, Directive 86/609/EEC[1] on the protection of animals used for experimental and other scientific purposes further provides that “an experiment shall not be performed if another scientifically satisfactory method of obtaining the result sought, not entailing the use of an animal, is reasonably and practicably available.” It is therefore in the spirit of the Directive to encourage methods which will ultimately replace the use of animals in experiments. Testing under REACH has to comply with the requirements of Directive 86/609/EEC.
[1] OJ L 358, 18.12.1986.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- REACH permet déjà d'utiliser des QSAR, des méthodes in vitro et des références croisées, avec des orientations détaillées.
- Le Centre européen pour la validation de méthodes alternatives (ECVAM) participe au projet CarcinoGenomics, qui vise des méthodes in vitro pour la génotoxicité et la cancérogénicité à la place des essais sur rongeurs.
- La directive 86/609/CEE exclut une expérience s'il existe une possibilité raisonnable et pratique de recourir à une autre méthode scientifiquement acceptable sans animal.
- Les essais réalisés au titre de REACH doivent respecter les exigences de la directive 86/609/CEE.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Règlement REACH texte juridique
- Orientations sur l'utilisation des méthodes alternatives au titre de REACH texte non contraignant
- 6e et 7e programmes-cadres de recherche et de développement texte juridique
- Projet CarcinoGenomics autre
- Programme des lignes directrices pour les essais de l'OCDE texte non contraignant
- Directive 86/609/CEE, article 7, JO L 358 du 18.12.1986 texte juridique
Les organismes cités
Sur le site de l'OXA
Les sources ouvertes ne donnent la réponse qu'en anglais. La traduction est de l'OXA et n'a rien d'officiel. L'original se déplie sous la traduction.
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.