Les questions parlementaires

Action de l'ECHA pour les méthodes non animales

Promouvoir les méthodes de substitution à l’expérimentation animale au sein des agences de l’Union européenne

Question écrite E-002780/2021, Parlement européen, 26 mai 2021

Le résumé de l'OXA

Le directeur de l'ECHA ayant dit ne pas avoir donné suite à l'invitation du Parlement à réduire les essais sur les animaux, les députés demandent si la Commission interviendra.

1 demande : réponse partielle à 1.

  1. Si la Commission interviendra auprès de l'ECHA pour qu'elle agisse en faveur des méthodes non animales.

    Réponse partielle La réponse défend sans répondre : elle décrit ce que fait l'ECHA et dit que la Commission "continuera à soutenir l’ECHA", sans dire si elle interviendra ni répondre aux propos prêtés au directeur.

La fiche

Thèmes : méthodes sans animaux, substances chimiques et toxicologie, instances européennes

Auteurs
  • Annika Bruna (ID)
  • Joachim Kuhs (ID)
  • Aurélia Beigneux (ID)
  • Athanasios Konstantinou (NI)
Destinataire
Commission européenne
Date de la question
26 mai 2021
Date de la réponse
5 août 2021
Statut
Réponse publiée
Sources

La question

(Question écrite E-002780/2021 de Annika Bruna et 3 autres députés, Parlement européen, 26 mai 2021)

L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) est chargée d’évaluer la dangerosité des produits chimiques, grâce aux données qui lui sont fournies par les entreprises référencées dans le cadre du règlement concernant l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des substances chimiques, ainsi que les restrictions applicables à ces substances (REACH).

À ce titre, dans une résolution du 10 juillet 2020 sur la stratégie pour la durabilité relative aux produits chimiques[1], puis dans une résolution du 29 avril 2021 relative à la décharge 2019 de l’ECHA[2], les parlementaires européens ont clairement demandé que l’Agence prenne des mesures pour réduire le nombre d’essais sur les animaux et les remplacer par de nouvelles méthodes.

Les parlementaires ont également demandé qu’une équipe au sein de l’ECHA se consacre exclusivement à la protection des animaux et à la promotion de méthodes de substitution à l’expérimentation animale.

Toutefois, le directeur de l’ECHA, lors d’un débat en commission du contrôle budgétaire du 7 janvier 2021, a indiqué qu’il n’avait pas donné suite à l’invitation du Parlement à réduire les essais sur les animaux.

La Commission interviendra-t-elle auprès de l’ECHA pour qu’elle agisse en faveur des méthodes de substitution à l’expérimentation animale?

Soutien[3]

[1] P9_TA(2020)0201.

[2] P9_TA(2021)0194.

[3] Cette question est soutenue par un autre député que ses auteurs: Jean-Paul Garraud (ID)

La réponse

(Réponse donnée par M. Breton au nom de la Commission européenne, 5 août 2021)

L’un des objectifs du règlement REACH[1] est de promouvoir le recours à des méthodes de substitution à l’expérimentation animale. À cet effet, le règlement REACH impose que de nouveaux essais sur les animaux ne soient effectués ou proposés qu’en dernier recours, lorsque toutes les autres sources de données ont été épuisées. L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) vérifie chaque proposition d’essai de l’industrie concernant des études sur les animaux pour des substances fabriquées ou importées en quantités égales ou supérieures à 100 tonnes afin de s’assurer que l’industrie tient compte de la disponibilité éventuelle de méthodes d’expérimentation non animales. Si tel n’est pas le cas, les propositions d’essais sont rejetées. En outre, dans le cadre de ses compétences indépendantes, l’ECHA promeut des méthodes de substitution et le principe dit du «dernier recours».

La Commission continuera à soutenir l’ECHA dans la réalisation de ses tâches, au sein du cadre juridique établi par le règlement REACH, en ce qui concerne la promotion de méthodes de substitution à l’expérimentation animale. L’ECHA compte plus de 100 fonctionnaires formés qui mettent en œuvre le principe de l’expérimentation animale en dernier recours. L’ECHA publie déjà de nombreux outils de soutien aux entreprises, gère un site web consacré aux méthodes d’essai et aux solutions de substitution[2], organise des formations sur les méthodes de substitution et fournit des conseils sur leur utilisation[3]. L’ECHA soutient également les efforts déployés par la Commission pour mettre au point des méthodes d’essai internationalement reconnues à l’échelle de l’UE et de l’OCDE[4], et entretient des liens avec les autorités partenaires de pays tiers. En outre, l’agence soutient les travaux de la plateforme européenne consacrée aux méthodes de substitution à l’expérimentation animale[5] et a contribué à orienter des projets dans le cadre des programmes de recherche de l’UE afin de mettre au point des solutions de substitution adaptées aux besoins réglementaires.

[1] Règlement (CE) nº 1907/2006 du Parlement européen et du Conseil du 18 décembre 2006 concernant l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des substances chimiques, ainsi que les restrictions applicables à ces substances (REACH)

[2] https://echa.europa.eu/animal-testing-under-reach

[3] https://echa.europa.eu/documents/10162/13639/alternatives_test_animals_2020_summary_en.pdf/ec405150-fc64-a218-dc0e-6696f4aadb9f

[4] Organisation de coopération et de développement économiques

[5] https://ec.europa.eu/growth/sectors/chemicals/epaa_en - L’EPAA (European Partnership for Alternative Approaches to Animal Testing) est un partenariat public-privé unique qui comprend cinq directions générales de la Commission, 37 entreprises et huit fédérations industrielles européennes, chacune représentant un secteur industriel distinct.

Les éléments concrets

Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.

  • Le règlement (CE) nº 1907/2006 (REACH) impose que de nouveaux essais sur les animaux ne soient effectués ou proposés qu'en dernier recours, lorsque toutes les autres sources de données ont été épuisées.
  • L'ECHA examine chaque proposition d'essai sur des animaux pour les substances de 100 tonnes et plus, et rejette celles qui ne tiennent pas compte des méthodes non animales disponibles.
  • L'ECHA compte plus de 100 fonctionnaires formés qui appliquent le principe dit du "dernier recours".
  • L'ECHA gère un site web consacré aux méthodes d'essai et aux solutions de substitution, et organise des formations sur les méthodes de substitution.
  • L'EPAA réunit cinq directions générales de la Commission, 37 entreprises et huit fédérations industrielles européennes.

Le détail de l'analyse

Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.