Les questions parlementaires

Évaluation préalable des législations de précaution

Evaluation préalable des législations de précaution

Question écrite n° 12826, Sénat, 16 novembre 1995

Le résumé de l'OXA

Le sénateur demande où en est la réflexion du secrétaire d'État sur l'évaluation des mesures de précaution, dont les normes de polluants fondées sur des modèles animaux.

6 demandes : réponse partielle à 3, aucune réponse à 3.

  1. Une évaluation de tous les paramètres, notamment techniques et économiques, avant chaque décision de précaution.

    Réponse partielle La réponse admet que ces mesures doivent peser avantages et inconvénients, sans dire si une évaluation préalable sera faite.

  2. Le financement, pour chaque mesure, d'un suivi scientifique et d'une recherche de solutions plus efficaces ou moins coûteuses.

    Réponse partielle La réponse cite des taxes qui financent en partie l'évaluation des risques, l'ADEME, l'INERIS et des programmes de recherche, sans lier un financement à chaque mesure.

  3. Une date de réexamen fixée pour chaque mesure.

    Aucune réponse La réponse juge un échéancier souhaitable mais difficile à fixer en pratique, sans rien décider.

  4. Un retour d'expérience et une évaluation coût-efficacité prévus systématiquement.

    Aucune réponse La réponse n'en dit rien.

  5. Des normes de polluants argumentées pas seulement sur des modèles animaux à dose élevée, mais aussi sur des études épidémiologiques.

    Réponse partielle La réponse juge les études épidémiologiques plus précises que les modèles animaux à doses élevées, qui peuvent selon elle conduire à des normes excessives, mais les réserve aux enjeux importants.

  6. Un schéma conceptuel d'explication de l'effet nocif de chaque polluant.

    Aucune réponse La réponse n'en dit rien.

La fiche

Thèmes : substances chimiques et toxicologie, valeur scientifique, méthodes sans animaux

La question mentionne l'expérimentation animale sans en faire son sujet principal.

Auteur
M. Bernard Plasait (RI, Paris)
Ministère interrogé
Recherche
Rubrique
Recherche
Question publiée
au Journal officiel du 16 novembre 1995
Réponse publiée
au Journal officiel du 28 mars 1996
Statut
Réponse reçue
Sources

La question

(Question écrite n° 12826 de M. Bernard Plasait, Sénat, JO du 16 novembre 1995)

M. Bernard Plasait attire l'attention de M. le secrétaire d'Etat à la recherche sur les dispositions relatives aux législations de précaution. Compte tenu de la nécessité de prendre des mesures législatives de précaution en l'absence de certitude scientifique, il serait souhaitable, d'une part, qu'avant chaque décision de ce type il soit procédé à une évaluation qui prenne en compte tous les paramètres, notamment techniques et économiques, d'autre part, que chaque disposition de précaution comporte le financement d'un suivi scientifique destiné à s'assurer de son bien-fondé sur le long terme, et fixe une date de réexamen de la disposition en fonction du bilan financier et du suivi scientifique. Le cas échéant, ce financement couvrirait un programme de recherche ou au minimum de veille technologique pour rechercher des solutions plus efficaces ou moins coûteuses au risque visé par la disposition de précaution. En tout état de cause, il paraît indispensable de prévoir systématiquement un retour d'expérience et une évaluation des ratios coût-efficacité. En ce qui concerne plus particulièrement les dispositions de précaution relatives aux normes de teneurs en polluants, il serait recommandé que les décisions fassent l'objet d'un argumentaire qui ne soit pas seulement fondé sur l'utilisation criticable de modèles animaux à dose élevée, mais qui prenne aussi en compte les études épidémiologiques, ainsi que le fait que, pour de nombreuses pathologies liées à des xénobiotiques, notamment le cancer, la survenue d'une affection est multiparamétrique, avec souvent une composante génétique qui est de mieux en mieux cernée. Il conviendrait que, dans ces domaines, soit établi un schéma conceptuel d'explication scientifique de l'effet nocif du polluant, au moins sur le plan qualitatif. Il lui demande donc de bien vouloir lui indiquer l'état de ses réflexions sur ce sujet.

La réponse

(Réponse du ministère : Recherche, JO du 28 mars 1996)

Comme le rappelle l'honorable parlementaire, les mesures de précaution ont pour objet de se prémunir contre les risques induits par les activités humaines, lorsqu'on peut craindre que ces activités nuisent à la santé humaine ou à l'environnement. Ces mesures peuvent effectivement avoir des incidences économiques importantes et doivent évidemment être prises en pesant les avantages qu'elles procurent et les inconvénients qu'elles causent. Dans certains cas, les connaissances scientifiques du moment ne sont pas suffisantes pour étayer une décision politique ; il est alors nécessaire d'engager des études pour lever les incertitudes et, dans l'attente des résultats, de prendre des mesures conservatoires. Il serait évidemment souhaitable d'assortir chaque décision d'un échéancier de réexamen des mesures de précaution, mais en pratique il est souvent difficile de préjuger des délais d'aboutissement des études. Les diverses taxes qui ont été mises en place, notamment sur les déchets et la pollution de l'air, ont, pour partie, vocation à financer des travaux pour évaluer les risques ou suggérer des solutions alternatives. L'ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), qui collecte ces taxes, joue un rôle particulier dans la promotion de ces études. L'INERIS (Institut national de l'environnement industriel et des risques, établissement sous tutelle du ministère de l'environnement) a aussi mission d'apporter des réponses à ces questions. Pour sa part, le secrétariat d'Etat à la recherche veut accroître l'effort des organismes de recherche dans deux domaines : les relations entre environnement et santé humaine, et l'écotoxicologie afin de mieux comprendre les mécanismes de diffusion et de transformation des polluants dans les milieux naturels. Le CNRS contribue déjà à ces recherches dans le cadre de son programme " environnement, vie et société ", ainsi que des laboratoires des universités et d'autres organismes de recherche (CEMAGREF, INRA, IFREMER, CEA...). Une concertation avec le ministère de l'environnement est en cours afin de préciser les objectifs prioritaires qui doivent mobiliser ces équipes de recherche. Les études épidémiologiques, que recommande l'honorable parlementaire pour analyser les effets des polluants, fournissent évidemment des données plus précises que celles menées sur des modèles animaux à doses élevées, qui peuvent conduire à imposer des normes très contraignantes et parfois excessives. Il faut cependant être conscient que de telles études sont longues, coûteuses et pas toujours aisées à interpréter en présence de cofacteurs. Elles ne peuvent être engagées que pour des questions qui sous-tendent des enjeux économiques ou sociaux importants.

Les éléments concrets

Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.

  • Des taxes, notamment sur les déchets et la pollution de l'air, financent en partie l'évaluation des risques ; l'ADEME les collecte.
  • L'INERIS (Institut national de l'environnement industriel et des risques), sous tutelle du ministère de l'environnement, a mission d'apporter des réponses sur l'évaluation des risques.
  • Le CNRS contribue aux recherches sur l'environnement et la santé humaine et sur l'écotoxicologie par son programme "environnement, vie et société", comme le CEMAGREF, l'INRA, l'IFREMER et le CEA.

Le détail de l'analyse

Les sources de la réponse

  • Programme du CNRS environnement, vie et société autre

Les organismes cités

Sur le site de l'OXA

Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.