Les questions parlementaires
Diffusion des méthodes non animales et harmonisation
Développement des méthodes substitutives à l'expérimentation animale
Question écrite n° 05681, Sénat, 29 janvier 1998
Le résumé de l'OXA
Le sénateur demande au ministre de la recherche s'il agira pour harmoniser les législations européennes, et comment il fera connaître et appliquer les méthodes substitutives.
2 demandes : aucune réponse à 2.
Si le ministre interviendra auprès du ministre chargé des affaires européennes pour obtenir une harmonisation des législations des pays concernés.
Aucune réponse La réponse ne dit rien d'une intervention ni d'une harmonisation ; elle rappelle le décret de 1987 et l'ECVAM.
Les moyens prévus pour diffuser plus largement les informations sur les méthodes substitutives et en assurer l'application.
Aucune réponse Aucun moyen de diffusion n'est nommé ; la réponse dit que les chercheurs utiliseront les méthodes une fois validées, puis que l'expérimentation animale ne peut être totalement abolie.
La fiche
Thèmes : méthodes sans animaux, droit européen, réglementation
- Auteur
- M. Philippe Richert (UC, Bas-Rhin)
- Ministère interrogé
- Éducation
- Rubrique
- Animaux
- Question publiée
- au Journal officiel du 29 janvier 1998
- Réponse publiée
- au Journal officiel du 19 mars 1998
- Statut
- Réponse reçue
- Sources
La question
(Question écrite n° 05681 de M. Philippe Richert, Sénat, JO du 29 janvier 1998)
M. Philippe Richert attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie sur les méthodes substitutives à l'expérimentation animale. Il semble qu'elles ne soient que trop rarement mises en oeuvre en France pour deux raisons essentiellement : le retard de la législation française par rapprt aux législations anglaise ou allemande et la mauvaise circulation des informations les concernant. Aussi, il souhaiterait savoir s'il envisage d'intervenir dans un premier temps auprès de son collègue chargé des affaires européennes pour qu'une harmonisation des législations des pays concernés aboutisse, puis quels moyens il envisage de mettre en oeuvre pour que les informations relatives aux méthodes substitutives à l'expérimentation animale soient diffusées plus largement et suivies d'application.
La réponse
(Réponse du ministère : Éducation, JO du 19 mars 1998)
Le décret no 87-848 du 19 octobre 1987 relatif aux expériences pratiquées sur les animaux et ses trois arrêtés d'application du 19 avril 1988, transcrivent en droit français la directive 86/609/CEE du 24 novembre 1986 relative à la protection des animaux utilisés à des fins expérimentales ou à d'autres fins scientifiques. L'article premier du décret sus-mentionné limite la pratique des expériences sur animaux vivants, dans la mesure où seules sont licites celles qui, d'une part revêtent un caractère de nécessité sans que puissent y être utilement substituées d'autres méthodes expérimentales et qui, d'autre part, sont effectuées dans des domaines déterminés. Depuis plusieurs années, un effort scientifique et financier très conséquent a été consacré, aussi bien au niveau national qu'international, au développement et à l'évaluation de méthodes in vitro, alternatives à l'expérimentation animale. Ces méthodes sont déjà employées sur une large échelle dans le criblage et la mise au point de produits, permettant de réduire de façon importante le nombre d'animaux utilisés. Cette réduction peut être évaluée lors des enquêtes sur l'utilisation d'animaux vertébrés à des fins expérimentales réalisées périodiquement par le ministère de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie. La création d'un centre européen pour la validation des méthodes alternatives (ECVAM), implanté au sein de l'institut de l'environnement à Ispra en Italie, est un atout considérable pour accélérer les travaux de validation de ces méthodes. Il s'agit là de la mise en place d'une politique communautaire ambitieuse qui exige des moyens importants visant à coordonner ces travaux de validation, de façon à aboutir aussi rapidement que possible à la reconnaissance de méthodes ou de batteries de méthodes alternatives à l'expérimentation animale, au moins au niveau de l'Union européenne et, de préférence, au niveau international. Dès lors que ces dernières auront été correctement validées, les chercheurs les utiliseront, non seulement parce que la réglementation les y contraint, mais également pour des raisons évidentes de simplification du modèle étudié et de moindre coût. Il n'en demeure pas moins que, dans l'état actuel de nos connaissances, les méthodes alternatives ne peuvent se substituer à l'animal lorsque les études portent sur les réactions d'un organisme entier, dans la mesure où les organismes supérieurs possèdent des mécanismes de régulation et d'interaction (nerveux, cardiovasculaires, endocriniens, métaboliques) entre cellules et organes, multiples et complexes, qu'il est impossible de reproduire dans des systèmes in vitro. C'est la raison pour laquelle l'expérimentation animale ne peut être totalement abolie.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- Le décret n° 87-848 du 19 octobre 1987 et ses trois arrêtés du 19 avril 1988 transposent la directive 86/609/CEE.
- Selon l'article premier du décret n° 87-848, seules sont licites les expériences qui revêtent un caractère de "nécessité", sans méthode substituable, dans des domaines déterminés.
- Le ministère de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie réalise périodiquement des enquêtes sur l'utilisation d'animaux vertébrés à des fins expérimentales.
- Le centre européen pour la validation des méthodes alternatives (ECVAM) est implanté au sein de l'institut de l'environnement à Ispra, en Italie.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Décret n° 87-848 du 19 octobre 1987 relatif aux expériences pratiquées sur les animaux, article 1er texte juridique
- Trois arrêtés d'application du 19 avril 1988 texte juridique
- Arrêté du 19 avril 1988 fixant les conditions d'attribution de l'autorisation de pratiquer des expériences…
- Arrêté du 19 avril 1988 fixant les conditions d'agrément, d'aménagement et de fonctionnement des…
- Arrêté du 19 avril 1988 fixant les conditions de fourniture aux laboratoires agréés des animaux utilisés à…
- Directive 86/609/CEE du 24 novembre 1986 texte juridique
- Enquêtes périodiques du ministère de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie sur l'utilisation d'animaux vertébrés à des fins expérimentales rapport
Les organismes cités
Sur le site de l'OXA
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
L'expression "expérimentation animale", employée au cours du XXe siècle et encore largement répandue, désigne toutes les utilisations des animaux susceptibles de leur nuire dans le cadre de recherches, de tests ou d'enseignements. L'OXA la retient parce qu'elle n'est ni complaisante, ni concentrée sur les pratiques qui infligent les plus grandes souffrances. La réglementation parle d'"utilisation des animaux à des fins scientifiques" : toute utilisation susceptible de causer à l'animal "une douleur, une souffrance, une angoisse ou des dommages durables équivalents ou supérieurs à ceux causés par l'introduction d'une aiguille effectuée conformément aux bonnes pratiques vétérinaires".