Les questions parlementaires
Recours contre la directive 2003/15/CE, Fouché
Tests pratiqués sur les animaux par l'industrie cosmétique française
Question écrite n° 10939, Sénat, 12 février 2004
Le résumé de l'OXA
Le sénateur demande au ministre de l'économie ses intentions sur le recours contre la directive 2003/15/CE et sur les statistiques contestées des tests cosmétiques.
2 demandes : réponse à 1, réponse partielle à 1.
Les intentions du ministre sur le recours contre la directive 2003/15/CE.
Réponse La Cour a rejeté le recours le 24 mai 2005 pour irrecevabilité ; la France appliquera la directive au 11 mars 2009 et suit déjà l'échéancier publié par la Commission en octobre 2004.
Les intentions du ministre sur les statistiques du ministère de la recherche, que One Voice accuse de masquer un reclassement des tests cosmétiques.
Réponse partielle La réponse cite seulement un sous-groupe de la Commission chargé d'harmoniser la collecte des données ; rien sur les statistiques françaises ni sur le reclassement allégué.
La fiche
Thèmes : cosmétiques, droit européen, statistiques
- Auteur
- M. Alain Fouché (UMP, Vienne)
- Ministère interrogé
- Économie
- Rubrique
- Recherche et innovation
- Question publiée
- au Journal officiel du 12 février 2004
- Réponse publiée
- au Journal officiel du 27 avril 2006
- Statut
- Réponse reçue
- Sources
La question
(Question écrite n° 10939 de M. Alain Fouché, Sénat, JO du 12 février 2004)
M. Alain Fouché appelle l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie sur l'émotion suscitée par le recours qu'il a déposé à l'encontre de la Commission européenne à propos de la directive 2003/15/CE visant à interdire les tests et la vente des produits cosmétiques testés sur les animaux à partir de 2009. Les associations de protection des animaux, soutenues par de nombreux Français, sont consternées par cette action qui tend à remettre en cause un consensus obtenu entre les pays membres après des années de travail. D'une part, elles contestent la nécessité des tests pratiqués sur les animaux. Il existe des méthodes alternatives d'évaluation qui sont d'ailleurs d'ores et déjà couramment employées en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas. D'autre part, elles dénoncent l'exactitude des statistiques publiées par le ministère de la recherche concernant la part de l'expérimentation animale en cosmétologie. Selon une étude de l'association One Voice, les laboratoires auraient procédé à un reclassement des tests cosmétiques en tests d'évaluation de la toxicité des produits chimiques. Par conséquent, il lui demande de bien vouloir lui faire connaître ses intentions sur ce dossier.
La réponse
(Réponse du ministère : Économie, JO du 27 avril 2006)
La question concerne les tests sur les animaux dans le secteur cosmétique et le recours en annulation de la directive 2003/15 engagé par la République française contre le Parlement européen et le Conseil de l'Union européenne. Le recours introduit par la France était fondé sur un calendrier de fin de tests non réaliste au vu des avancées de la science et une manifeste incompatibilité de l'article 4 bis de la directive avec les règles de fonctionnement de l'Organisation mondiale du commerce. En effet, la directive 2003/15/ CE cosmétiques (7e modification de la directive de base n° 76/768 du Conseil du 27 juillet 1976) interdit de tester sur l'animal les ingrédients utilisés en cosmétique et de mettre sur le marché tout produit contenant ces ingrédients à partir de 2009 (à partir de 2013 pour trois catégories de tests), et cela même en l'absence de méthodes alternatives aux tests sur animaux, validées au niveau européen. Dans son arrêt du 24 mai 2005, la Cour de justice des Communautés européennes a rejeté le recours de la France pour non-recevabilité. Ce sont donc des raisons purement juridiques qui ont justifié l'échec de la démarche française : en effet, la Cour n'a pas tranché sur le fond du recours et les arguments avancés par la France pour fonder le recours n'ont pas été mis en cause. Les produits cosmétiques finis ne sont d'ores et déjà plus testés sur l'animal et la France appliquera les dispositions de la directive 2003/15, concernant les tests sur ingrédients ou combinaison d'ingrédients, qui seront applicables au 11 mars 2009. Dès à présent, la France se conforme à l'échéancier de l'arrêt des tests sur les animaux publié en octobre 2004 par la Commission européenne. De plus pour développer efficacement de nouvelles méthodes alternatives à l'expérimentation animale, la France a fortement soutenu l'initiative prise, en ce sens par la Commission européenne. Ainsi, en novembre 2005, un partenariat a été conclu entre la Commission européenne et les principales organisations professionnelles européennes (chimie, pharmacie, cosmétique) afin de mettre en commun leurs moyens de recherche et d'aboutir le plus rapidement possible à l'élaboration de méthodes de substitution. Des sociétés françaises sont activement engagées dans ce partenariat. Enfin, la Commission européenne a mis en place un sous-groupe de travail « méthodes alternatives » dont le premier objectif consiste à harmoniser dans les différents Etats-membres les méthodes de collecte des données relatives à l'expérimentation animale.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- Le 24 mai 2005, la Cour de justice des Communautés européennes a rejeté pour non-recevabilité le recours de la France en annulation de la directive 2003/15/CE, sans trancher le fond.
- Le recours de la France contre la directive 2003/15/CE invoquait un calendrier de fin des tests non réaliste et l'incompatibilité de son article 4 bis avec les règles de l'Organisation mondiale du commerce.
- La directive 2003/15/CE interdit de tester sur l'animal les ingrédients cosmétiques et de vendre les produits qui en contiennent à partir de 2009, et de 2013 pour trois catégories de tests.
- Les produits cosmétiques finis ne sont plus testés sur l'animal.
- La France appliquera les dispositions de la directive 2003/15 sur les tests d'ingrédients ou de combinaisons d'ingrédients, applicables au 11 mars 2009.
- La Commission européenne a publié en octobre 2004 un échéancier de l'arrêt des tests sur les animaux.
- Un partenariat entre la Commission et les organisations professionnelles européennes de la chimie, de la pharmacie et de la cosmétique a été conclu en novembre 2005.
- La Commission européenne a mis en place un sous-groupe de travail "méthodes alternatives", chargé d'abord d'harmoniser entre États membres la collecte des données sur l'expérimentation animale.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Directive 2003/15/CE, article 4 bis texte juridique
- Directive 76/768/CEE du Conseil du 27 juillet 1976 texte juridique
- Arrêt de la Cour de justice des Communautés européennes du 24 mai 2005, recours de la France contre la directive 2003/15/CE texte juridique
- Échéancier de l'arrêt des tests sur les animaux publié par la Commission en octobre 2004 texte non contraignant
Les organismes cités
Sur le site de l'OXA
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
L'association One Voice consacre une campagne à l'expérimentation animale. Elle demande davantage de transparence, promeut le développement des méthodes non animales et a mené plusieurs enquêtes, notamment sur l'utilisation des primates.
L'expression "expérimentation animale", employée au cours du XXe siècle et encore largement répandue, désigne toutes les utilisations des animaux susceptibles de leur nuire dans le cadre de recherches, de tests ou d'enseignements. L'OXA la retient parce qu'elle n'est ni complaisante, ni concentrée sur les pratiques qui infligent les plus grandes souffrances. La réglementation parle d'"utilisation des animaux à des fins scientifiques" : toute utilisation susceptible de causer à l'animal "une douleur, une souffrance, une angoisse ou des dommages durables équivalents ou supérieurs à ceux causés par l'introduction d'une aiguille effectuée conformément aux bonnes pratiques vétérinaires".