Les questions parlementaires
Chiens et chats en laboratoire, Peyrat
Expérimentation animale sur les chats et les chiens
Question écrite n° 08562, Sénat, 24 juillet 2003
Le résumé de l'OXA
Le sénateur demande à la ministre de la recherche ses mesures pour la conformité aux exigences européennes et une meilleure protection des chiens et des chats.
2 demandes : réponse à 1, réponse partielle à 1.
Les mesures pour se mettre en conformité avec les exigences européennes.
Réponse La réponse dit les manquements corrigés par le décret du 29 mai 2001 et annonce un arrêté, après l'été 2004, pour actualiser le dispositif de 1988 ; elle ne répond pas à la déclaration de l'avocat général de 2002.
Une meilleure protection des chiens et des chats.
Réponse partielle La réponse conteste que des animaux domestiques soient concernés, les animaux venant tous d'élevages déclarés, et rattache l'arrêté annoncé au bien-être des animaux en général, sans mesure propre aux chiens et aux chats.
La fiche
Thèmes : élevages et provenance des animaux, statistiques, droit européen · Espèces : chiens, chats
- Auteur
- M. Jacques Peyrat (UMP, Alpes-Maritimes)
- Ministère interrogé
- Recherche
- Rubrique
- Animaux
- Question publiée
- au Journal officiel du 24 juillet 2003
- Réponse publiée
- au Journal officiel du 1er avril 2004
- Statut
- Réponse reçue
- Sources
La question
(Question écrite n° 08562 de M. Jacques Peyrat, Sénat, JO du 24 juillet 2003)
M. Jacques Peyrat souhaite appeler l'attention de Mme la ministre déléguée à la recherche et aux nouvelles technologies et aux nouvelles technologies sur le problème de l'expérimentation animale sur les chiens et les chats en France. En effet, malgré les progrès considérables réalisés dans le domaine de la recherche n'impliquant pas le recours à des animaux, un récent rapport traitant des expériences menées sur les chiens et chats en France entre 1999 et 2002 constate que la France pratique davantage d'expériences sur les chats que les autres Etats membres de l'Union européenne et qu'elle se classe en troisième position par le nombre de chiens utilisés dans les laboratoires. Ce rapport souligne par ailleurs le manque de transparence concernant l'utilisation de produits anesthésiants et analgésiques qui permettrait pourtant de limiter la souffrance des animaux. Enfin, ce rapport fait état des graves manquements de la France concernant l'application de la directive européenne 86/609 transposée dans le droit français par le biais du décret du 19 octobre 1987. La Commission européenne a déjà formellement averti le Gouvernement, en 1998, de son intention de sanctionner les manquements de la France et l'avocat général a déclaré, en 2002, que les exigences de la Commission étaient maintenues. En conséquence, il la remercie de bien vouloir lui faire connaître les mesures envisagées par le Gouvernement pour se mettre en conformité avec les exigences européennes en matière d'expérimentations animales et pour garantir une meilleure protection de ces animaux domestiques.
La réponse
(Réponse du ministère : Recherche, JO du 1er avril 2004)
Le rapport établi en mars 2003 à la demande d'une association abolitionniste, One Voice, par deux experts britanniques sur l'utilisation des chiens et des chats en expérimentation animale rappelle que, " en France, des centaines de milliers de gens partagent leur existence avec des chats ou des chiens bien aimés et que nous les avons trahis en permettant que des chats et des chiens par dizaines ou par centaines de milliers soient soumis à des expériences qui leur causent de la douleur et les affolent ". Cette introduction et certaines affirmations sur les pratiques des laboratoires fragilisent l'objectivité de l'ensemble du rapport. En effet, d'après les chiffres cités, ce ne sont que 1 855 chats et 5 203 chiens qui ont été utilisés en 1999 (1 383 et 5 516 en 2001). Tous les pays développés sont tenus de recourir à l'expérimentation animale aussi bien dans le domaine de la recherche fondamentale, dans celui de la recherche appliquée que dans le domaine des expertises toxicologiques et sanitaires. En effet, si, déjà actuellement, de nombreuses investigations sont menées sur des systèmes biologiques artificiels qui évitent d'utiliser des animaux, de nombreux résultats ne peuvent être encore acquis qu'au travers d'expérimentations sur les animaux vivants. La France, comme tous les pays développés, protège les animaux en encadrant de façon très étroite les pratiques expérimentales. Les manquements qui ont été relevés à l'encontre de la France par la Commission européenne ont été corrigés dans le décret du 29 mai 2001. Il s'agissait en l'occurrence de transcriptions incomplètes de la directive 86/609, sans que ces nuances ne menacent en rien le bien-être des animaux. D'autre part, les animaux domestiques ne sont en aucun cas concernés par l'expérimentation animale car, depuis l'arrêté du 19 avril 1988 fixant les conditions de fournitures des animaux aux laboratoires agréés, tous les animaux doivent provenir d'élevages spécialisés et déclarés, et être identifiés. Continuer à faire croire que des trafics scandaleux perdurent est inexact et malhonnête. Actuellement, notre réglementation nationale garantit dans les moindres détails que les expérimentations se déroulent de façon satisfaisante tant sur le plan technique que sur le plan éthique dans les laboratoires où il est encore nécessaire de recourir à des expérimentations utiles pour l'homme, et tous les expérimentateurs, qui sont contrôlés, compétents et bien formés, sont très attentifs à leurs animaux dont dépend le résultat de leur travail. Néanmoins, après l'été 2004, dans le souci de toujours mieux garantir le bien-être des animaux expérimentaux, un arrêté est en préparation pour actualiser le dispositif réglementaire de 1988 et rendre encore plus opérationnels les termes de la directive européenne à laquelle la France adhère sans réserve.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- Un rapport sur l'utilisation des chiens et des chats en expérimentation animale a été établi en mars 2003 par deux experts britanniques, à la demande de One Voice.
- En France, 1 855 chats et 5 203 chiens ont été utilisés en 1999, et 1 383 chats et 5 516 chiens en 2001.
- Le décret du 29 mai 2001 a modifié la transposition de la directive 86/609, que la Commission européenne jugeait incomplète.
- Depuis l'arrêté du 19 avril 1988 fixant les conditions de fournitures des animaux aux laboratoires agréés, tous les animaux doivent venir d'élevages spécialisés et déclarés, et être identifiés.
- Un arrêté est en préparation, après l'été 2004, pour actualiser le dispositif réglementaire de 1988.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Rapport de mars 2003 établi pour One Voice par deux experts britanniques sur l'utilisation des chiens et des chats en expérimentation animale rapport
- Décret du 29 mai 2001 (n° 2001-464) texte juridique
- Arrêté du 19 avril 1988 fixant les conditions de fourniture des animaux aux laboratoires agréés texte juridique
- Directive 86/609/CEE texte juridique
- Arrêté actualisant le dispositif réglementaire de 1988, annoncé pour après l'été 2004 texte en préparation
Les organismes cités
Sur le site de l'OXA
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
L'expression "expérimentation animale", employée au cours du XXe siècle et encore largement répandue, désigne toutes les utilisations des animaux susceptibles de leur nuire dans le cadre de recherches, de tests ou d'enseignements. L'OXA la retient parce qu'elle n'est ni complaisante, ni concentrée sur les pratiques qui infligent les plus grandes souffrances. La réglementation parle d'"utilisation des animaux à des fins scientifiques" : toute utilisation susceptible de causer à l'animal "une douleur, une souffrance, une angoisse ou des dommages durables équivalents ou supérieurs à ceux causés par l'introduction d'une aiguille effectuée conformément aux bonnes pratiques vétérinaires".
L'association One Voice consacre une campagne à l'expérimentation animale. Elle demande davantage de transparence, promeut le développement des méthodes non animales et a mené plusieurs enquêtes, notamment sur l'utilisation des primates.