Les questions parlementaires
Vaches à hublot de la ferme de Sourches
Expérimentation sur les vaches à hublot
Question au Gouvernement n° 0861G, Sénat, 26 juin 2019
Le résumé de l'OXA
Une sénatrice demande au Gouvernement, en séance, ce qu'il répond aux Français et aux éleveurs choqués par les vaches à hublot de la ferme de Sourches.
1 demande : réponse à 1.
Ce que le Gouvernement répond aux Français et aux éleveurs choqués par la pratique des vaches à hublot de la ferme de Sourches.
Réponse La secrétaire d'État dit ne pas croire "que l'on puisse se satisfaire de cette pratique" et appelle la communauté scientifique aux méthodes non animales, sans annoncer de mesure sur ces expériences.
La fiche
Thèmes : zootechnie, "comités d'éthique en expérimentation animale", méthodes sans animaux · Espèce : bovins
- Auteur
- Mme Évelyne Perrot (UC, Aube)
- Ministère interrogé
- Transition écologique et solidaire
- Ministère attributaire
- Transition écologique et solidaire (Mme Wargon, SE auprès du ministre d'État)
- Rubrique
- Élevage
- Question publiée
- au Journal officiel du 26 juin 2019
- Séance
- 25 juin 2019
- Réponse publiée
- au Journal officiel du 26 juin 2019
- Statut
- Réponse reçue
- Sources
La question
(Question au Gouvernement n° 0861G de Mme Évelyne Perrot, Sénat, JO du 26 juin 2019)
Mme Évelyne Perrot. Madame la secrétaire d'État, depuis jeudi dernier, l'association de défense des animaux L214 a mis en ligne une vidéo qui dénonce les conditions de vie des bêtes dans la ferme expérimentale de Sourches. Ce centre privé européen de recherches en nutrition animale et conduite d'élevage y mène des expérimentations, afin d'élaborer et de tester les aliments pour animaux de la marque Sanders, leader français en nutrition animale et filiale du groupe Avril.
L'association pointe du doigt l'utilisation de hublots implantés dans le ventre des vaches, afin de permettre un accès direct à leur estomac et, ainsi, d'étudier leur digestion, et ce pour optimiser leur performance et leur productivité.
Sur la chaîne Public Sénat, Mme Poirson a affirmé que cette pratique était choquante, mais restait scientifiquement utile et ne faisait en rien souffrir les animaux, eu égard à l'absence de stress, même s'il faudrait mieux l'encadrer à l'avenir.
L'Institut national de la recherche agronomique, l'INRA, saisie de cette affaire, rendra ses conclusions d'ici à 2025. (Exclamations ironiques sur des travées du groupe Les Républicains.)
Ce reportage sur la condition animale et la manière dont on traite les bêtes au nom du sacro-saint rendement est, hélas, loin d'être le premier. J'espère que la pétition que j'ai personnellement signée aura une incidence sur le devenir de ce centre de recherches, dont la cruauté dépasse l'entendement. (Mme Jacqueline Eustache-Brinio proteste.) Le législateur doit faire entendre sa voix pour que l'animal ne soit pas qu'un maillon commercial.
Madame la secrétaire d'État, que pouvez-vous répondre aux Français choqués par cette nouvelle affaire d'animaux bafoués, ainsi qu'aux éleveurs qui sont l'élément clé de cette filière et qui découvrent, comme moi, cette pratique ? (Applaudissements sur les travées du groupe Union Centriste. – Mme Mireille Jouve applaudit également.)
La réponse
(Réponse en séance, Sénat, séance du 25 juin 2019)
Mme Emmanuelle Wargon, secrétaire d'État auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire. Madame la sénatrice Évelyne Perrot, la recherche sur les animaux, y compris les ruminants, est encadrée par la loi et par des interventions de comités d'éthique. Elle est permise au cas par cas, les autorisations étant accordées par le ministère chargé de la recherche.
La situation que vous relevez concerne la ferme de Sourches. Cette expérimentation a été spécifiquement autorisée par ce ministère en 2014 après un avis favorable du comité d'éthique des Pays de la Loire. Il s'agit d'une pratique de recherche sur les ruminants qui existe depuis plusieurs dizaines d'années, avec comme objectif la réduction des antibiotiques et des émissions de nitrate et de méthane. (M. Joël Labbé proteste.)
Je ne crois pas que l'on puisse se satisfaire de cette pratique, même si elle est ancienne et menée à des fins scientifiques. La communauté scientifique a le devoir de recourir à des méthodes alternatives, telles que le rumen artificiel ou la modélisation des processus digestifs, avec pour objectif de ne plus opérer de prélèvements sur les animaux.
Au-delà des questions liées à la recherche, le respect du bien-être animal, qui est défendu par François de Rugy et par Didier Guillaume, est une cause très importante. La stratégie gouvernementale dans ce domaine se renforce notamment pour l'élevage, mais également en ce qui concerne la faune sauvage, puisque le ministère de la transition écologique et solidaire a lancé il y a quelques semaines une grande concertation sur le sujet, et un plan d'action dédié sera effectif dès la rentrée 2019. (Applaudissements sur des travées du groupe La République En Marche. – MM. Joël Labbé et Jean-Marc Gabouty applaudissent également.)
M. le président. La parole est à Mme Évelyne Perrot, pour la réplique.
Mme Évelyne Perrot. Madame la secrétaire d'État, l'élevage français souffre et les éleveurs reçoivent de plein fouet la réaction des Français qui découvrent ces images. La filière viande est excessivement attaquée, notre agriculture est incomprise : nous devons aider le monde agricole à rester digne ! (Applaudissements sur les travées du groupe Union Centriste.)
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- La recherche sur les animaux est permise au cas par cas, les autorisations étant accordées par le ministère chargé de la recherche.
- L'expérimentation sur les ruminants de la ferme de Sourches a été autorisée par le ministère chargé de la recherche en 2014, après avis favorable du comité d'éthique des Pays de la Loire.
- L'expérimentation sur les ruminants de la ferme de Sourches a pour objectif déclaré la réduction des antibiotiques et des émissions de nitrate et de méthane.
- Faune sauvage : le ministère de la transition écologique et solidaire a lancé une concertation, et un plan d'action dédié sera effectif dès la rentrée 2019.
Le détail de l'analyse
Les organismes cités
- L214
- Sanders
- Groupe Avril
- Institut national de la recherche agronomique (INRA)
- Public Sénat
- Comité d'éthique des Pays de la Loire
- Ministère chargé de la recherche
Sur le site de l'OXA
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
Les méthodes non animales remplacent l'utilisation d'animaux par d'autres moyens. Par contraste avec l'expérimentation in vivo, sur des animaux vivants, elles forment trois familles, qui se combinent ou fonctionnent séparément : in vitro (organes sur puce, organoïdes, cultures de cellules), in silico (algorithmes prédictifs, jumeaux numériques) et in humano (épidémiologie, participation de volontaires consentants à des recherches et à des essais cliniques).
Le ministère chargé de la recherche (direction générale de la recherche et de l'innovation) délivre les autorisations de projet sur la base des avis des "comités d'éthique en expérimentation animale" (CEEA), publie les résumés non techniques (RNT) des projets autorisés, et recueille et diffuse les chiffres annuels de l'expérimentation animale en France.
En France, l'évaluation des projets que la réglementation européenne impose avant leur autorisation revient aux "comités d'éthique en expérimentation animale" (CEEA ou C2EA). Ce sont des groupes locaux créés à l'initiative des laboratoires, qui examinent leurs demandes d'autorisation de projet avant leur envoi au ministère chargé de la recherche. Ils doivent réunir cinq "compétences" : conception de projet, réalisation de projet, soins et mise à mort des animaux, pratique vétérinaire, et un membre "non-spécialiste". Ils n'ont aucune obligation de compétence en méthodes n'utilisant pas d'animaux, en biostatistiques, en droit, ni même en éthique, et sont majoritairement composés de personnes qui travaillent pour les laboratoires dont ils évaluent les projets.