120 souris greffées d'un cancer du sein humain puis tuées, pour étudier la résistance aux antiestrogènes de l'hormonothérapie.

120 animaux (souris) · souffrance modérée

Ce document a été rédigé avant l'expérience. Les souffrances qu'il décrit sont prévues et autorisées. Les bénéfices qu'il annonce sont espérés.

Les résumés non techniques ne rendent jamais compte des résultats obtenus, et aucune appréciation rétrospective n'est publiée en France. Rien ne permet donc de savoir si les bénéfices annoncés ont été atteints.

Ce que le laboratoire annonce, résumé par l'OXA

120 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue par dislocation cervicale pour prélever les tumeurs, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Immunodéficientes, elles reçoivent une greffe de cellules de cancer du sein humain sous les flancs et de l’estradiol dans l’eau de boisson, puis des antiestrogènes, pour étudier une protéine liée à la résistance à l’hormonothérapie chez les patientes. Le porteur indique que la tumeur constitue le point limite, son volume au-delà de 500 mm3 déclenchant l’arrêt du protocole et le prélèvement. Il affirme que les travaux in vitro ne reproduisent pas l’activité de cette protéine et présente la xénogreffe comme « nécessaire ».

Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.

Ces résumés sont rédigés par les laboratoires à des fins de communication. Leurs affirmations scientifiques ne sont ni sourcées ni relues par les pairs. Les documents qui décrivent en détail les projets et les établissements, dossiers de demande d'autorisation et rapports d'inspection, s'obtiennent sur demande, et l'administration y occulte des passages, parfois au-delà de ce que les juridictions admettent. → Comment lire un résumé non technique


NTS-FR-660807v1
Types de recherche
· Oncologie · Recherche fondamentale ·
Mots-clés
cancer du sein, récepteur aux estrogènes, hormono sensibilité, résistance, Xénogreffe
Souris : 120

Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les patientes atteintes de cancer du sein présentent une tumeur exprimant le récepteur aux estrogènes ERalpha et sont traitées par hormonothérapie. En clinique les traitements de ces patientes par les antiestrogènes (Tamoxifen et Fulvestrant) diminuent le taux de rechute et améliorent la survie des patientes. Le Tamoxifen est administré chez les patientes pré-ménopausées et en seconde ligne, le Fulvestrant est utilisé dans le traitement du cancer du sein lorsqu’il est localement avancé. L’efficacité de ces thérapies est limitée par la résistance à ces traitements, car jusqu’à 40% de ces tumeurs rechutent après les traitements. Ceci rend nécessaire les études cliniques qui évaluent les bénéfices des traitements sur les rechutes tardives. Nous avons montré qu’une protéine fortement présente dans les tumeurs mammaires module l’activité du récepteur ERalpha dans ces tumeurs et affecte ainsi la réponse des patientes aux traitements. Le traitement par les antiestrogènes induirait l’activité bénéfique de cette protéine chez les patientes sensibles mais pas chez les patientes résistantes. Le modèle murin reproduit la réponse tumorale observée chez les patientes sensibles aux traitements. Ceci permet l’étude des mécanismes de la sensibilité aux antiestrogènes après prélèvement de la tumeur murine. L’objectif du projet est de comprendre le rôle de cette protéine dans la réponse des patientes aux antiestrogènes.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

L’utilisation de ce modèle murin de xénogreffes qui mime la tumeur des patientes hormonosensibles permettra de mieux comprendre la résistance au traitement par le Tamoxifen et par le Fulvestrant et donc d’identifier des biomarqueurs de la sensibilité des patientes à l’hormonothérapie, d’adapter les traitements des patientes ayant un cancer du sein hormonosensible et donc d’entrevoir de nouvelles thérapies.

Nuisances prévues, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les animaux sont inoculés avec des cellules tumorales sous la peau des flancs en début des études et sont supplémentés par de l’estradiol dans l’eau de boisson, pour la durée de l’étude. L’injection des cellules tumorales sur les 2 flancs de la souris nécessite 1 minute d’endormissement de l’animal, placé sous anesthésie gazeuse (isoflurane/air). Aucun prélèvement ne sera réalisé sur les animaux vivants. En fin de protocole, après sédation de la souris et dislocation cervicale, les tumeurs seront prélevées post-mortem. Le temps d’endormissement pour la sédation des souris par anesthésie chimique (Kétamine/)Rompun) est de 5 à 10 minutes.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.

Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les effets indésirables attendus sur les souris sont ceux dus à l’inoculation de cellules tumorales chez des animaux immunodéficients. Le volume tumoral est un point limite (>500 mm3 ) déterminant l’arrêt du protocole et le prélèvement des tumeurs. Les souris sont également supplémentées par des antiestrogènes et par des inhibiteurs de leur activité. Les traitements par les antiestrogènes sont donnés dans l’eau de boisson des souris ou par une injection hebdomadaire sous la peau de l’animal, ce qui limite les interventions par injection.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Aucun prélèvement ne sera réalisé sur les animaux vivants. En fin de protocole, après sédation de la souris, les tumeurs seront prélevées post-mortem après dislocation cervicale, afin d’étudier les modifications induites dans les tumeurs des souris recevant les traitements comparativement aux souris non traitées.

Application de la règle des "3R", selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Nos travaux menés in vitro dans des cellules de cancer du sein suggèrent l’activité bénéfique d’une protéine dans la réponse aux antiestrogènes chez les patientes atteintes d’un cancer du sein hormonosensible. Ces travaux in vitro ne permettant pas de reproduire l’activité de la protéine telle qu’elle est observée dans les tumeurs chez les patientes, des études in vivo seront faites grâce à un modèle de greffe de cellules humaines de cancer du sein, chez la souris. Ce modèle murin dit de « xénogreffe » mime ainsi la tumeur mammaire humaine et est nécessaire à l’observation des caractères de la tumeur chez les patientes.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les études menées au préalable dans des lignées de cellules de cancer du sein ont permis d’étudier l’effet antitumoral des antiestrogènes. Cependant, ces travaux in vitro n’ont pas reproduit l’activité de la protéine telle qu’elle a été observée dans les tumeurs des patientes. Le recours au modèle de xénogreffe de cellules de cancer du sein chez la souris est nécessaire. La formation de tumeur chez les souris est d’environ 80% dans ce modèle de xénogreffe murin de cellules de cancer du sein hormonosensible. Nous étudierons l’inhibition de la croissance tumorale chez les souris par les traitements aux antiestrogènes et comparerons cette croissance entre les souris traitées et non traitées. Pour mesurer une différence significative des traitements sur la croissance des tumeurs, entre les groupes de souris traitées et celles ne recevant pas le traitement, il faut 10 souris Balbc/Nude par groupe. L’étude comporte 12 groupes et nécessite donc 120 souris.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les souris cohabitent dans des cages à couvercle filtrant, dans des conditions d’humidité, de lumière et de ventilation adéquates avec un environnement enrichi par les petites cabanes-niches et du coton. sous surveillance journalière. Tout élément rentrant en contact avec la souris est stérile. Le change de la litière et de la cage s’effectue une fois par semaine par le personnel compétent de l’animalerie. Lors de l’injection des cellules tumorales, les souris seront anesthésiées sous isoflurane. Les traitements par les inhibiteurs des antiestrogènes sont adaptés d’après des études de la littérature scientifique qui préconisent l’inoculation de ces inhibiteurs dans l’huile de maïs stérile pour limiter les effets irritants et allergisants. L’observation de signes de douleur ou de mal être (prostration, perte de poids, morsure) entraînera la sortie du protocole de l’animal. En cas de signes de stress associés à un des points limites, les animaux seront mis à mort par dislocation cervicale avec une sédation préalable.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

La souris Balbc/Nude est couramment utilisée en oncologie car l’inoculation de cellules tumorales humaines n’induit pas le rejet de la xénogreffe dans cette espèce. Les études seront réalisées avec des souris femelles car elles portent sur le cancer du sein et chez des animaux de 8 semaines, car à cet âge, l’ensemble des fonctions est mature.