1 296 souris immunodéficientes, irradiées et greffées de cellules humaines dès leurs premiers jours puis tuées, pour fournir des souris humanisées.

1 296 animaux (souris) · dont 648 en souffrance sévère · tous tués

Ce document a été rédigé avant l'expérience. Les souffrances qu'il décrit sont prévues et autorisées. Les bénéfices qu'il annonce sont espérés.

Ce projet est soumis à une appréciation rétrospective, obligatoire pour les projets utilisant des primates ou comportant des procédures sévères (code rural et de la pêche maritime, article R214-120). Cette appréciation n'est pas rendue publique en France.

Ce que le laboratoire annonce, résumé par l'OXA

Tuées en fin de procédure ou dès qu’elles atteignent un point limite terminal, 1 296 souris immunodéficientes vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Âgées d’un à trois jours, elles peuvent subir une irradiation de 70 secondes au plus, puis reçoivent sans anesthésie une injection de cellules souches humaines dans le foie, avant jusqu’à trois prises de sang. L’irradiation peut endommager des organes et provoquer perte de poids et troubles digestifs dans les trois semaines qui suivent. Le porteur présente le passage aux nouveau-nés comme un moyen d’améliorer le « bien-être animal », parce que la greffe y prendrait mieux. L’un des buts déclarés est de fournir à la communauté scientifique des souris humanisées « prêtes à l’emploi », dont la production est décrite comme longue et coûteuse.

Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.

Ces résumés sont rédigés par les laboratoires à des fins de communication. Leurs affirmations scientifiques ne sont ni sourcées ni relues par les pairs. Les documents qui décrivent en détail les projets et les établissements, dossiers de demande d'autorisation et rapports d'inspection, s'obtiennent sur demande, et l'administration y occulte des passages, parfois au-delà de ce que les juridictions admettent. → Comment lire un résumé non technique


Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Ce projet vise à produire des souris dites “humanisées”, c’est-à-dire des souris dans lesquelles on introduit des cellules humaines pour mieux étudier le fonctionnement du corps humain et certaines maladies. Pour cela, on utilise des souris particulières qui n’ont pas de système immunitaire complet, ce qui leur permet d’accepter des cellules humaines sans les rejeter. On leur injecte ensuite des cellules souches humaines capables de se transformer progressivement en cellules du système immunitaire. Ainsi, au fil du temps, ces souris développent un système de défense proche de celui de l’humain, ce qui en fait des modèles très utiles pour la recherche à long terme. Aujourd’hui, cette méthode est réalisée principalement chez des souris jeunes adultes, mais elle présente certaines limites : il faut d’abord affaiblir leur moelle osseuse avec une irradiation, ce qui peut entraîner des effets indésirables et parfois la mort de l’animal, et dans certains cas la greffe de cellules humaines ne fonctionne pas ou cesse de fonctionner après quelques mois. Cela réduit le taux de succès global et implique d’utiliser davantage d’animaux pour obtenir des résultats fiables. Des travaux scientifiques montrent qu’il serait possible d’améliorer cette situation en réalisant la greffe chez des souris nouveau-nées, âgées de seulement quelques jours. À cet âge, leur organisme est encore en développement et accepte plus facilement les cellules humaines, ce qui permet d’obtenir une meilleure réussite de la greffe, avec moins de complications et une meilleure stabilité dans le temps. L’objectif de ce projet est donc de tester cette approche chez le nouveau-né afin de vérifier si elle permet non seulement d’obtenir des résultats scientifiques plus fiables, mais aussi de réduire l’impact sur les animaux. En effet, un meilleur taux de réussite signifie qu’il faut utiliser moins de souris, et une diminution des complications permet de limiter la souffrance liée aux méthodes actuelles, notamment à l’irradiation.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Ce projet apportera des bénéfices importants pour mieux comprendre de nombreuses maladies humaines, car le système immunitaire joue un rôle central dans des domaines très variés comme le cancer, les infections, les maladies métaboliques ou encore les allergies. Or, le système immunitaire des souris est différent de celui de l’être humain, ce qui limite parfois la pertinence des études. Pour dépasser cette difficulté, les chercheurs utilisent des souris dites “humanisées”, dans lesquelles on a introduit des cellules humaines : ces animaux développent alors un système immunitaire proche de celui de l’humain, ce qui permet d’obtenir des informations beaucoup plus utiles pour la recherche médicale. Ces modèles ont déjà permis des avancées importantes, par exemple pour mieux comprendre certains cancers, ou pour tester nouveaux traitements capables d’aider le corps à lutter contre les tumeurs. Ils permettent aussi d’étudier des infections humaines (comme le Sida ou certains virus) dans de bonnes conditions, ce qui est autrement impossible chez la souris classique. L’un des objectifs de ce projet est de fournir à la communauté scientifique des souris humanisées “prêtes à l’emploi”. En effet, leur production est longue, complexe et coûteuse, et nécessite un savoir-faire spécifique. En centralisant et en standardisant ce processus avec des équipes spécialisées, il devient possible d’obtenir des modèles plus fiables et comparables entre les études, tout en réduisant le nombre d’animaux nécessaires pour produire des résultats solides. Par ailleurs, le projet vise à améliorer encore cette méthode en utilisant des souris nouveau-nées plutôt que des souris plus âgées. Les données scientifiques montrent que chez les nouveau-nés, la greffe de cellules humaines fonctionne mieux, avec moins d’échecs et moins de mortalité liée aux procédures, notamment celles visant à préparer l’organisme à recevoir les cellules. Cela signifie qu’il serait possible d’obtenir les mêmes résultats avec moins d’animaux, et en réduisant les effets négatifs pour eux. Ainsi, au-delà des bénéfices scientifiques, ce projet cherche aussi à améliorer le bien-être animal en rendant les procédures plus efficaces et moins contraignantes.

Nuisances prévues, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

En fonction des modèles développés, les animaux vigiles pourront recevoir dans un premier temps un traitement de radiothérapie de maximum 70 secondes afin d’être à même de recevoir la greffe. Les cellules humaines leur seront ensuite injectées par voie intrahépatique en guise de greffe, injection unique d’une durée de maximum une minute, sur animal vigile. Une fois la greffe suffisamment développée dans l’organisme des souris, jusqu’à 3 prélèvements sanguins pourront être réalisés pour s’assurer que le niveau de greffe est suffisant, pour analyser d’autres paramètres biologiques d’intérêt ou pour suivre la greffe, prélèvements d’une durée maximale de 3 minutes.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.

Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

L’étape de radiothérapie, l’injection de cellules et les prélèvements sanguins sur animal vigile sont des sources potentielles de douleur et/ou de stress pour l’animal. Chez certains animaux, la radiothérapie peut endommager certains organes, les symptômes (perte de poids, troubles digestifs) apparaissent généralement dans les 3 premières semaines après l’irradiation. L’injection cellulaire ne nécessite pas de boîte de contention mais nécessite une contention et l’introduction d’une aiguille. Le prélèvement sanguin nécessitera une contention de l’animal. Cette contention sera réalisée de façon manuelle ou à l’aide d’une boîte de contention en fonction de la voie d’abord.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Tous les animaux de ce projet seront euthanasiés en cas d’atteinte de point limite terminal ou de fin de procédure.

Application de la règle des "3R", selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les souris humanisées permettent d’étudier le fonctionnement du système immunitaire dans son ensemble, comme il se comporte réellement dans un organisme vivant. En effet, le système immunitaire est très complexe : il repose sur de nombreuses cellules qui interagissent entre elles et avec le reste du corps, et ces interactions évoluent au fil du temps. Aujourd’hui, il n’est pas possible de reproduire fidèlement cette complexité uniquement en laboratoire, par exemple avec des cellules dans une boîte (ce qu’on appelle des études “in vitro”). De plus, de nombreux autres mécanismes du corps interviennent en même temps, comme les échanges entre organes ou les réactions de l’organisme entier, ce qui est impossible à recréer complètement sans utiliser un organisme vivant. C’est pour cette raison que les modèles de souris humanisées restent indispensables pour étudier ces phénomènes de manière globale et réaliste

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Nous anticipons un taux de succès de 90% (% de souris développant un niveau suffisant de cellules humaines dans le sang). Nous travaillerons tout le long du projet à augmenter ce taux de succès au fur et à mesure de l’expérience acquise pour atteindre une réduction maximale d’animaux utilisés.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les souris utilisées dans ce projet n’ont pas de système immunitaire fonctionnel, ce qui les rend plus sensibles aux infections. Pour les protéger, elles sont donc élevées dans un environnement très contrôlé, exempt de microbes dangereux, et manipulées sous une hotte afin d’éviter toute contamination extérieure. Tout au long de l’étude, leur état de santé est surveillé chaque jour afin de détecter rapidement le moindre signe de malaise ou de dégradation. Si nécessaire, des mesures de soutien sont mises en place, comme la mise à disposition de nourriture plus facile à consommer, une surveillance renforcée ou des soins adaptés prescrits par un vétérinaire, tels que l’hydratation, un apport nutritionnel supplémentaire ou des soins spécifiques. Si l’état de l’animal se détériore trop, des critères précis sont définis pour décider d’une euthanasie rapide afin d’éviter toute souffrance inutile. Les gestes techniques, comme les prises de sang ou les injections, sont réalisés avec beaucoup de précautions pour limiter l’inconfort. Avant un prélèvement sanguin, les animaux sont doucement réchauffés pour faciliter la circulation du sang et rendre le geste plus simple et plus rapide. Les quantités de sang prélevées et les temps de récupération respectent des recommandations strictes afin de garantir leur sécurité. Les injections et prélèvements sont effectués uniquement sur des zones saines, avec du matériel stérile et adapté, et chaque geste est suivi d’une compression pour éviter les saignements. Après chaque manipulation, les animaux sont observés pour s’assurer qu’ils récupèrent correctement, et une réhydratation systématique est réalisée pour compenser le prélèvement sanguin. L’ensemble de ces mesures vise à assurer le bien-être des animaux tout en garantissant la qualité des résultats scientifiques.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Nos modèles humanisés seront développés chez la souris. Seuls des animaux immunodéficients se prêtent à la reconstitution d’un système immunitaire humain fonctionnel. Les seuls modèles animaux immunodéficients disponibles à l’heure actuelle correspondent à des modèles souris et rats. D’autre part, la souris est, à l’heure actuelle, l’espèce la plus utilisée en recherche biomédicale. De nombreuses données expérimentales ont déjà été collectées à l’aide des modèles humanisées murins. Des nouveaux nés (de 1 à 3 jours) seront utilisés pour les greffes avec les cellules souches humaines. La littérature indique que l’humanisation sur nouveaux nés, âgés de 1 à 3 jours, amène à de meilleures prises de greffe, à moins de mortalité liée à la procédure (moins de rejet de greffe et de mortalité post myéloablation) et à de meilleurs taux de cellules immunitaires fonctionnelles. Humaniser sur nouveaux nés aurait donc des bénéfices éthiques obtenir un meilleur taux de succès permettrait de moins utiliser d’animaux pour obtenir les cohortes voulues, avoir un plus bas taux de mortalité permettrait de diminuer la sévérité liée à la procédure..