Procédures sévères
Étude du système vasculaire intra-nerveux et des effets de molécules vasodilatatrices dans le cas d’une neuropathie périphérique chimiquement induite à des souris développant une carcinose péritonéale, une tumeur intra-caecale ou sous-cutanée.
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Le nerf sciatique est mis à nu par incision cutanée trois à huit fois par animal, une vingtaine de minutes à chaque fois. 1 530 souris porteuses d'une tumeur du colon reçoivent une chimiothérapie qui provoque une neuropathie périphérique, 1 440 d'entre elles dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Le porteur qualifie les douleurs des pattes de "sensations d'inconfort", tout en précisant qu'elles peuvent apparaître dès les premiers jours et "ne disparaîtront pas". Toutes sont tuées pour prélever cerveau, nerfs sciatiques, peau des pattes, ganglions et tumeur, et les tests censés évaluer leur douleur, environ trois fois par semaine pendant deux à huit semaines, ne sont pas nommés.
Objectifs
Nous avons mis au point un modèle murin de neuropathie périphérique induite par la chimiothérapie sur des souris. Nos résultats suggèrent que l’administration de molécules vasodilatatrices améliore les symptômes d’une neuropathie périphérique chimiquement induite. Afin d’évaluer cette piste thérapeutique, il est important de vérifier qu’elle n’interfère pas avec l’efficacité antitumorale de la chimiothérapie. Pour ce faire, nous souhaitons induire une neuropathie périphérique chez des souris présentant une tumeur abdominale provoquée par une injection de cellules cancéreuses du colon murin. Ce projet permettra donc de statuer sur l’utilisation de ces molécules vasodilatatrices dans le traitement des symptômes neuropathiques induits par la chimiothérapie aux stades aigus et chroniques.
Bénéfices attendus
Si nous prouvons dans ces expériences que l’administration conjointe d’une chimiothérapie et de molécules vasodilatatrices, seules ou en combinaison, n’interfère pas avec l’efficacité du traitement anti-cancéreux, alors l’utilisation de ces molécules vasodilatatrices dans le traitement des symptômes neuropathiques induits par une chimiothérapie aux stades aigus et chroniques pourra être envisagée. Cela permettra aux patients de mieux supporté les traitements anti cancéreux et pourra éventuellement, en évitant l’abandon des soins, augmenter le pronostic des patients.
Procédures
Les animaux recevront une injection de cellules tumorales par 3 voies différentes. Pour deux d’entre elles, une seule injection rapide dans l’abdomen de l’animal sera suffisante. Pour la dernière, la procédure nécessitera l’endormissement de l’animal et une petite procédure chirurgicale d’environ 20 minutes. Ensuite, les animaux recevront différentes molécules d’intérêt dans le traitement des douleurs. Ces injections sont rapides, tous les jours ou tous les deux jours pendant 2 à 8 semaines. Enfin, l’administration de chimiothérapie sera effectuée une fois tous les deux jours pendant 2 semaines ou une fois par semaine pendant 8 semaines. Afin de suivre la progression tumorale, les animaux recevront entre 3 et 8 injections d’un produit permettant la visualisation de la tumeur. Les animaux seront soumis à une incision cutanée afin d’exposer le nerf sciatique 3 à 8 fois pendant une vingtaine de minutes. Enfin, les animaux seront soumis à différents tests comportementaux permettant d’évaluer leur douleur. Ces tests seront effectués en moyenne 3 fois par semaine pendant 2 à 8 semaines et auront une durée d'environ 15 minutes pour chaque animal.
Impact sur les animaux
Les souris recevant une dose cumulée de chimiothérapie, nous pouvons nous attendre à une petite perte de poids de nos animaux. Les souris traitées à la chimiothérapie développeront une neuropathie périphérique avec des sensations d’inconfort au niveau des pattes notamment. Ces sensations douloureuses pourront être ressenties dès les premiers jours de la procédure et ne disparaitront pas. Une sensation d’inconfort pourra être ressentie après l’incision cutanée nécessaire à la réalisation du laser doppler. La manipulation des animaux lors des différentes administrations pourra engendrer un léger stress chez les animaux. Le développement des tumeurs pourra, en fonction du modèle, engendrer une gêne causée par la présence d’une masse tumorale au niveau de l’abdomen ou une gêne post-chirurgicale au niveau des sutures au niveau de l’abdomen. Les tests comportementaux utilisés pour évaluer la douleur pourront également engendrer du stress et de la gêne chez les animaux.
Devenir
Les animaux seront mis à mort à l’issue de chacune des procédures et nous prélèverons les organes (cerveaux, nerfs sciatiques, peaux de pattes, ganglions dorsaux, tumeur) afin de conduire des études post mortem.
Remplacement
Ce projet modélise une pathologie humaine, la neuropathie périphérique chimiquement induite à un stade chronique et l’effet d’une potentielle solution thérapeutique. Ce projet nécessite la mesure de différents paramètres comportementaux et physiologiques ; il n’est pas possible de s’affranchir de l’expérimentation animale.
Réduction
Le nombre d’animaux a été dimensionné pour permettre l’obtention de résultats statistiquement valides en prenant en compte les différents risques inhérents aux types d’expériences réalisées.
Raffinement
Les animaux bénéficieront d’une période d’acclimatation d’une semaine ou plus. Les incisions nécessaires seront effectuées avec une analgésie et une anesthésie appropriées. Les animaux seront suivis grâce à une grille de score permettant la mise en place de points limites précoces permettant la prise en charge de toute douleur ou souffrance de façon rapide. Certaines expériences ont été raffinées grâce à un suivi par fluorescence non invasif.
Choix des espèces
Nous utiliserons pour ces expériences des souris males immunocompétents, espèces largement utilisées dans la recherche en cancérologie pour sa capacité d’incrémenter l’incidence tumorale après injection des cellules cancéreuses. La neuropathie périphérique chimiquement induite est un effet secondaire de nombreux traitement anti-cancéreux. C’est donc une pathologie qui touche majoritairement les adultes. Nous travaillons alors chez la souris adulte, âgée entre de 3 et 6 mois.
Etude des mécanismes régulant la formation et la survie des lymphocytes T résidents mémoires dans le cerveau lors de l’infection par Toxoplasma gondii chez la souris
- Recherche appliquée
- Maladies infectieuses
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
- Système nerveux
Exposées sept minutes aux rayons X, infectées par Toxoplasma gondii, gavées une fois par jour pendant deux semaines et soumises à des injections hebdomadaires, les souris de ce projet subissent aussi jusqu'à deux prélèvements sanguins. 1 680 souris vont être utilisées, dont 1 605 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, toutes tuées pour prélever leur cerveau et leurs organes lymphoïdes. Le projet porte sur les lymphocytes T résidents mémoires qui contrôlent la persistance du parasite dans le cerveau, avec des retombées annoncées pour les personnes immunodéprimées exposées à une encéphalite toxoplasmique. Pour décrire ce que subissent ces souris, le porteur retient une perte de poids pouvant atteindre 20 % entre le septième et le quinzième jour, puis une phase chronique qu'il qualifie de généralement asymptomatique, sans expliquer ce qui justifie de classer 1 605 d'entre elles en souffrance sévère.
Objectifs
Le parasite Toxoplasma gondii (Toxo) peut infecter une large gamme d’animaux , dont la souris (hôte dit naturel) et l’homme (hôte dit accidentel). Chez l’Homme, il est responsable d’encéphalites (inflammation du système nerveux central) chez les sujets immunodéprimés et de malformations chez le fœtus. Les lymphocytes T (LT) CD8 jouent un rôle primordial dans la lutte contre les pathogènes intracellulaires tels que Toxo. Nous avons récemment demontré que la différenciation des LT CD8 en LT dit résidents mémoires des tissus, aussi appelés Trm, était requise pour contrôler la persistence du parasite au sein du cerveau lors de la phase chronique de l’infection. La compréhension de la réponse immunitaire médiée par les Trm contre Toxo est donc essentielle au developpement de nouvelles thérapies contre ce type de pathogène chronique qui établit une latence à long-terme chez son hôte et peut se ré-activer de manière souvent fatale chez les sujets immunodéprimés. Nos résultats préliminaires ont identifié des voies de signalisation qui pourraient contribuer à la persistence et aux fonctions protectrices des Trm dans le cerveau. Dans ce projet, nous utiliserons l’infection chez la souris par le parasite Toxo pour étudier le rôle de molécules impliquées dans le developpement et la persistance des Trm dans le système nerveux central. En particulier nous déterminerons les conséquences de l’élimination de molécules cibles dans les Trm sur le contrôle de l’infection. Ainsi, les résultats attendus de notre étude aideront au développement de nouvelles thérapies ciblées et plus efficaces contre de nombreuses infections chroniques, mais aussi potentiellement dans le cancer où la présence de Trm a été montrée comme étant un indicateur de bon prognostic et de réponse à l’immunothérapie du cancer.
Bénéfices attendus
Sous sa forme latente, le parasite Toxo présent dans le cerveau d'une personne exposée peut se réactiver et causer une encéphalite en cas de défaillance immunitaire. Notre projet permettra d'identifier des mécanismes de protection immunitaire contre l'infection chronique du cerveau par T. gondii et de mieux comprendre comment les réactions immunitaires influencent le fonctionnement cérébral. Ainsi ce projet pourrait améliorer la prise en charge de personnes à risque d'encéphalite toxoplasmique en cas d'immunodépression (SIDA, cancer...) mais aussi plus généralement les résultats attendus de notre étude aideront au développement de nouvelles thérapies contre les infections chroniques.
Procédures
Les souris recevront une exposition aux rayons X pendant environ 7 minutes. Elles subiront des injections intraveineuses et/ou intrapéritonéales (1 injection toutes les semaines pour un maximum de 4 semaines), des administrations orales (gavage) de médicaments une fois par jour pour un maximum deux semaines, et des prélèvements de sang (maximum 2 prélèvements espacés de 4 semaines). Toutes les injections ne durent que quelques secondes et s'effectuent sur animaux anesthesiés à l'exception des injections d'anticorps et des gavages qui s’effectuent sur animaux vigiles.
Impact sur les animaux
La phase aiguë de l'infection par T. gondii est habituellement symptomatique entre Jour 7 et Jour 15 (phase aiguë de la toxoplasmose) et les souris peuvent perdre jusqu’à 20% de leur poids initial. S’en suit la phase chronique qui est généralement asymptomatique avec le parasite latent.
Devenir
Tous les animaux intégrés dans chaque procédure expérimentale seront mis à mort en fin d’étude afin de prélever les organes (Cerveau, organes lymphoides secondaires) nécessaires aux analyses phénotypique et fonctionnelles des cellules immunitaires et en particulier des Trm mais aussi des mesures de charges parasitaires et d'inflammation.
Remplacement
Le recours à l’expérimentation animale dans le cadre de cette étude se fait après de nombreuses études in vitro dans des modèles cellulaires. Lorsque cela est possible, des expériences in vitro utilisant des lymphocytes T et des lignées cellulaires infectées par T. gondii sont réalisées. De plus, au lieu d'être propagé in vivo dans des souris comme c'était le cas historiquement, le parasite est cultivé sur des fibroblastes humains. Cependant, ces techniques ne permettent pas d’étudier l’impact des lymphocytes T sur le contrôle du parasite et la neuroinflammation, et n’interviennent qu’en complément de l’expérimentation animale. La complexité des systèmes immunitaires et nerveux, et du tissu cérébral, autant dans sa composition cellulaire que son architecture, fait qu’il est impossible de simuler (sous forme de modélisation informatique ou d’expériences en culture cellulaire) la ‘connectique’ des populations cellulaires mises en jeu. Il n’est donc actuellement pas possible de répondre aux objectifs proposés dans ce projet par des méthodes excluant totalement l’utilisation du modèle animal.
Réduction
Les expériences sont organisées de manière à réduire au maximum le nombre d’animaux. Nous avons également pu valider certaines approches expérimentales in vitro permettant d’optimiser l’utilisation des animaux. Afin d’assurer la fiabilité de nos résultats, nous travaillerons avec des groupes tests et contrôles d’au minimum 5 animaux et répéterons nos expériences 3 fois. Le nombre d’animaux utilisés correspond dans nos expériences et dans celles des groupes travaillant sur des modèles équivalents au nombre minimal permettant une interprétation sans ambiguïté des résultats. Ceci garantira la valeur statistique de l'étude en intégrant les variations expérimentales et les variations inter-individus. Les tests statistiques varient suivant les expériences et sont réalisés avec un logiciel de statistique adapté.
Raffinement
Le bien-être de l’animal est un facteur de variabilité expérimentale. Nous prenons ceci en compte grâce au suivi rapproché quotidien des animaux qui évaluera leur état général (prise de nourriture, toilettage, mouvements), l’aide à l’alimentation en cas de besoin, l’enrichissement de leur environnement et le respect de l’aspect social du groupe (pas d’isolement ni de changement de cage). L’expérimentation sera arrêtée en cas de dégradation trop importante de la santé d’un animal selon les points limites d’arrêt de la procédure définis dans notre fiche de scoring pour limiter la douleur, la souffrance ou l’angoisse de l’animal. Les signes cliniques attendus de l’infection sont : - En phase aiguë (J7-15) : perte de poids et mobilité réduite. Les animaux seront mis à mort sous 24h si ils atteignent un des score limite défini sur notre fiche de scoring. Il sera nécessaire de respecter un délai de 24h car le développement d’une réponse immunitaire permet dans bon nombre de cas une amélioration rapide de l’état général et la transition vers la phase chronique moins symptomatique. - En phase chronique (>J15) : ataxie / syndrome vestibulaire. Les animaux seront euthanasiés en cas de présence de l’un de ces signes. La procédure ne prévoit pas l’utilisation d’analgésiques ou anti-inflammatoires, car ils risquent d’interférer avec les processus inflammatoires au cours de notre expérimentation.
Choix des espèces
T. gondii peut infecter tout animal homéotherme mais les rongeurs sont des hôtes naturels du parasite. Compte-tenu des nombreux outils d'analyse de la réponse immunitaire qui existent chez la souris, cette espèce est pertinente pour disséquer les mécanismes cellulaires et moléculaires des interactions hôte-parasite. De plus, la physiopathologie de la toxoplasmose chronique chez la souris reproduit plusieurs caractéristiques retrouvées chez l’homme : rôle protecteur de l’immunité cellulaire médiée par les lymphocytes T, kystes persistant dans le cerveau, phénomène d’encéphalite, modifications comportementales. Des souris adultes, âgées de 2 à 5 mois (afin de participer à l’effort de réduction car la susceptibilité à l’infection varie peu à ces âges), seront utilisées afin de pouvoir étudier les effets des manipulations sur un système nerveux central et immunitaire mature. Dans le cas des transferts de moelle osseuse, la reconstitution du système hématopoïétique prend 8 à 10 semaines, puis les souris subiront la procédure d'infection par Toxo et seront suivies 11 semaines après infection, donc l’âge maximal d’utilisation des souris sera de 30 semaines.
Étude du renouvellement intestinal au cours du développement et en conditions inflammatoires chez la souris – MODIFICATION
- Formation professionnelle
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Système gastrointestinal
Séparés de leur mère, gavés de lait artificiel quatre fois par jour et exposés à un manque d'oxygène dix minutes trois fois par jour pendant trois jours, des souriceaux de huit jours comptent parmi les 699 souris de ce projet, toutes tuées, dont 371 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Les adultes reçoivent pendant cinq jours, sur trois cycles, un composé dans l'eau de boisson sucrée qui provoque une inflammation intestinale, une perte de poids et des diarrhées, ou un gavage unique après quatre heures de jeûne. Le porteur qualifie le gavage d'inconfortable mais non douloureux, et les épisodes d'hypoxie de sources de stress bien que courts. L'objectif reste fondamental, comprendre le rôle des cellules souches dans le renouvellement de l'intestin, les applications pour les patients étant qualifiées de potentielles.
Objectifs
La régénération et le renouvellement tissulaire sont orchestrés par les cellules souches, qui se différencient et s'auto-renouvellent. L'équilibre entre l'auto-renouvellement, la prolifération et la différentiation dépend du microenvironnement des cellules souches. Ici, nous utilisons un tissu à fort renouvellement, l'intestin et ses cellules souches résidentes, comme modèle pour étudier la régénération.
Bénéfices attendus
Les découvertes issues de ce projet de recherche fera progresser significativement notre compréhension de la biologie intestinale et d'offrir des applications translationnelles potentielles pour améliorer les résultats pour les patients dans divers contextes médicaux.
Procédures
Les souris seront soumises à un traitement dans l'eau de boisson sucrée pendant 5 jours sur 3 cycles, une seule courte injection d'un composé chimique pendant 15 secondes ou un seul gavage d'une minute d'un composé chimique après un jeun de 4 heures. Une petite quantité de sang sera prélevée quelques minutes avant la fin de la procédure sous analgésie et anesthésie générale Les jeunes souris seront nourries de lait artificiel par gavage 4 fois par jour (1 minute) pendant 3 jours consécutifs et exposées à de l'hypoxie (10 min) 3 fois par jour pendant 3 jours.
Impact sur les animaux
La séparation de la mère et les épisodes d'hypoxie bien que courts peuvent être source de stress pour les souris. Le gavage par sonde adaptée à la taille de l'animal est considéré comme inconfortable mais non douloureux. Les souris seront soumises à un protocole induisant une légère perte de poids et des potentielles diarrhées. L'injection peut engendrer une douleur modérée mais locale. Le sang sera prélevé sous analgésie et anesthésie générale.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure pour prélèvement d'intestin et analyses dans le cadre de notre étude.
Remplacement
L'intestin est un organe complexe impliquant de nombreux composants : bactéries, circulation sanguine et lymphatique, neurones, muscles et système immunitaire. Le but de ce projet est d'identifier le rôle des cellules souches dans l'homéostasie, le développement et la régénaration de l’intestin. Réduire le projet à un système in vitro pourrait nous priver de découvertes pertinentes liées à la complexité des interactions systémique présentes dans l'intestin et il est donc essentiel d'étudier les cellules dans leurs conditions physiologiques.
Réduction
Nous utilisons autant que possible des animaux de mêmes portées afin de limiter la variabilité. Chaque souris fera l'objet de multiples analyses et les tissus prélevés seront exploités pour plusieurs types d'expériences, maximisant ainsi les données obtenues par animal. Nous utilisons des modèles cellulaire qui permettent de reproduire partiellement l'intestin en culture. Enfin, des outils statistiques seront systématiquement appliqués pour déterminer le nombre minimal de souris nécessaire et assurer la signification statistique de nos résultats.
Raffinement
L'introduction par voie orale de composé chimique ou de lait est fait avec une sonde et un volume adapté à la taille de l'animal. Les injections sont faites avec une aiguille adaptée à la taille de l'animal. Le sang sera prélevé sous analgésie et anesthésie générale. Pour limiter la perte de poids, les souris ont à disposition de la nourriture humidifiées pendant toute la durée du traitement. Les jeunes souris sont gardées dans un incubateur pour maintenir leur température corporelle à 37°C. Les épisodes d'hypoxie sont courts et limités au minimum et se font en présence de poches de gel chaudes. Les animaux sont gardés en groupe dans un environnement enrichi, surveillés et pesés tous les jours et manipulés par des zootechniciens et manipulateurs formés. Une grille de score pour évaluer l'état général des souris est mise en place et en cas d'atteinte de points limites irréversible, l'animal sera immédiatement mis à mort.
Choix des espèces
La souris de laboratoire est un modèle largement reconnu et particulièrement avantageux pour nos recherches car des protocoles mimant la régénération tissulaire et les maladies inflammatoires de l'intestin ont été établis et validés. Enfin, la grande similarité génétique, métabolique et immunitaire de la souris avec l'Homme, notamment au niveau de son système intestinal, en fait un excellent modèle translationnel, promettant des avancées inestimables pour la compréhension des fonctions intestinales en santé comme en maladie. Nous utiliserons des souris adultes de 8 à 14 semaines pour étudier les maladies chroniques intestinales affectant les adultes et des jeunes souris de 8 jours pour étudier les maladies inflammatoires touchant les jeunes enfants.
Etude du role des vaisseaux sanguins sur les cancers du sang chez la souris 1/3
- Maintien des lignées génétiquement modifiées
- Recherche appliquée
- Cancers
- Recherche fondamentale
- Oncologie
4 296 souris vont être utilisées, toutes tuées, dont 312 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, chacune pouvant subir jusqu'à six séances de microscopie de deux heures et trois semaines d'isolement en cage individuelle. Elles reçoivent une injection de cellules leucémiques, une implantation de tissu sous la peau, des prélèvements de sang ou de moelle osseuse chaque semaine jusqu'à la fin de l'expérience, et des traitements par gavage ou injection quotidienne. Le porteur reconnaît qu'aux stades avancés les animaux perdent leur tonicité et présentent des difficultés de locomotion, et demande une dérogation à l'hébergement en groupe qu'il justifie par la "nécessité" d'éviter blessures et stress. Les bénéfices annoncés, des traitements plus ciblés et mieux tolérés contre certaines leucémies, restent au conditionnel.
Objectifs
Ce projet vise à comprendre comment certains cancers du sang, comme les leucémies, interagissent avec les vaisseaux sanguins dans leur tissu. L’objectif est d’identifier les anomalies présentes dans cet environnement lors du développement de la maladie. En utilisant des modèles de souris et des outils d’imagerie avancés, on veut repérer les mécanismes qui favorisent la croissance des cellules cancéreuses et tester de nouvelles approches pour les bloquer. Le projet sera réalisé dans 3 établissements utilisateurs.
Bénéfices attendus
Les résultats attendus de ce projet pourraient permettre d’améliorer l’efficacité des traitements contre certaines leucémies, en ciblant l’environnement tumoral. Comprendre comment l'environnement vasculaire influence la progression de la maladie pourrait conduire à de nouvelles stratégies thérapeutiques, plus ciblées et mieux tolérées par les patients.
Procédures
Les animaux seront soumis à des injections de cellules leucémiques (1 fois, duree:
Impact sur les animaux
Les seances d'imagerie répétées peuvent entraîner un stress modéré chez les animaux, notamment en raison des manipulations et du transport associés aux séances d’imagerie. L’implantation des systèmes utilisés pour l’imagerie peut gêner légèrement le comportement de l’animal, sans toutefois compromettre sa mobilité ou son alimentation. L'hébergement individuel pendant une durée maximale de trois semaines peut induire un stress lié à l’isolement. À un stade avancé de la maladie, les animaux peuvent présenter des signes de souffrance (perte de tonicité, difficultés de locomotion, altération de l’état général). Les injections en sous-cutané, intra-vein, intra-peritoné peuvent cause une gene legere aux souris.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort pour prélèvement
Remplacement
Pour « Remplacer », nous avons mis en place un système de culture 3D qui reproduit le tissu leucemique humain et permet certaines expériences sans utiliser d’animaux. Afin de limiter le nombre de souris utilisées, nous veillons à ce que toutes les expériences possiblement réalisables in vitro sur système de culture 3D le soient. Cependant, celui-ci ne mimant que les interactions locales et pas systemiques, le développement de modèle in vivo reste nécessaire.
Réduction
L’étude directe des tumeurs humaines étant très limitée, nous utilisons des souris immunodéficientes pour mieux comprendre les leucémies humaines. Ce modèle est aujourd’hui le seul qui permette d’étudier ces maladies de manière fiable. Afin de réduire le nombre d’animaux utilisés, nous avons développé des modèles d’organoïdes de leucémie humaine greffés chez ces souris. Ces greffes sont plus efficaces et plus reproductibles que les méthodes classiques, ce qui permet d’utiliser moins de souris par expérience. Nous utilisons également des techniques d’imagerie qui permettent de suivre l’évolution de la leucémie au cours du temps chez un même animal. Cela évite de devoir euthanasier les souris à chaque étape de l’étude. Les expériences sont réalisées avec des souris mâles et femelles, car le sexe n’influence pas le développement de la leucémie dans nos modèles. Enfin, le nombre de souris nécessaires est calculé à l’avance à l’aide d’outils statistiques afin d’obtenir des résultats fiables tout en limitant au maximum l’utilisation des animaux.
Raffinement
Pour éviter toute souffrance, les procédures d’imagerie et l’implantation d’organoïdes se feront sous anesthésie générale et avec administration d’analgésique. De plus, afin de limiter au maximum la souffrance et l’angoisse infligée aux souris, leur état fera l’objet d’une surveillance continue. Les souris seront hébergées dans des cages adaptées, incluant des éléments d’enrichissement appropriés. Enfin des points limites spécifiques ont été mis en place. Une dérogation à l’hébergement en groupe est demandée pour certains animaux. Cette dérogation est scientifiquement justifiée par la nécessité d’éviter toute blessure ou stress. Des mesures compensatoires seront mises en œuvre pour limiter l’impact de l’isolement sur le bien-être des animaux.
Choix des espèces
La souris est l'espèce de choix pour les expériences menées pour la recherche en oncologie thérapeutique du cancer. En effet, la connaissance complète du génome de la souris permet d'utiliser de nombreux outils bien caractérisés, dont les souris génétiquement modifiées pour des protéines spécifiques d’intérêt, ainsi qu’un grand nombre de modèles de cancers. De plus, la grande homologie avec l’Homme permet d’envisager de transposer les résultats obtenus chez la souris vers des applications cliniques. Nous utiliserons des souris adultes de 6-12 semaines. Cela représente l’âge permettant une bonne prise de greffe, et qui laisse le temps a la maladie de se développer sans que la souris vieillisse.
Etude des mécanismes conduisant au développement de la cachexie rénale (EU 2/2)
- Recherche fondamentale
- Multisystémique
- Oncologie
- Système endocrinien
- Système urogénital
Une partie des souris porte une mutation qui détruit progressivement leur fonction rénale et les fait maigrir, l'autre reçoit un régime qui produit le même effet. 1 636 souris au total vont être utilisées, toutes tuées, dont 512 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Elles subissent des mesures toutes les deux semaines, des prélèvements sanguins sous anesthésie, jusqu'à sept jours d'isolement en cage métabolique et, pour certaines, deux injections par jour pendant quinze jours. Le porteur qualifie chacune de ces nuisances de légère et affirme que l'insuffisance rénale ne provoque ni douleur ni stress avant les stades avancés, tout en indiquant que les animaux seront gardés plusieurs mois, jusqu'à ce qu'ils aient développé cette insuffisance accompagnée d'une cachexie.
Objectifs
La cachexie est un syndrome d’amaigrissement sévère et involontaire qui ne peut pas être corrigé simplement par une approche nutritionnelle, et qui réduit fortement la qualité et l’espérance de vie des patients. Elle touche souvent les patients à des stades avancés de maladies chroniques telles que le cancer, les maladies rénales, cardiaques et pulmonaires ou maladies infectieuses. Jusqu'à présent la plupart des études se sont concentrées sur la cachexie associée au cancer, les autres types de cachexie, et en particulier celle associée aux maladies rénales chroniques (MRC), ont été peu étudiées. Les maladies rénales constituent un grave problème de santé publique, puisqu'elles touchent plus de 850 millions de personnes et représentent l'une des dix principales causes de décès prématurés dans le monde. À un stade avancé de la maladie rénale, notamment chez les patients sous dialyse, un syndrome appelé cachexie rénale peut apparaître. Elle se caractérise par une perte de masse maigre et/ou grasse menant à une altération fonctionnelle des patients. Il n’existe aujourd’hui aucune norme de soin pour la cachexie rénale et une meilleure compréhension des altérations métaboliques menant à son développement représente un enjeu crucial. L’objectif de ce projet est d'identifier de nouveaux biomarqueurs pour la détection précoce et de nouvelles cibles thérapeutiques pour une meilleure prise en charge de la cachexie rénale. A l’heure actuelle, il n’existe aucun modèle in vitro qui permette de reproduire la complexité de la physiopathologie de la cachexie rénale, ce qui rend indispensable le recours à des modèles animaux pour appréhender les interactions biologiques complexes associées à cette pathologie. Le projet se déroule dans deux Établissements Utilisateurs.
Bénéfices attendus
La cachexie rénale est un syndrome grave qui touche de nombreux patients atteints d’insuffisance rénale chronique. Elle réduit l’espérance de vie, entraîne une fatigue importante, des hospitalisations fréquentes, et rend difficile une vie sociale et professionnelle normale. Elle contribue donc au très fort impact économique des maladies rénales en Europe, qui est à la hauteur de 140 milliards d’euros par an. Ce projet de recherche vise à court terme à mieux comprendre la cachexie rénale et à développer des outils de diagnostic. À plus long terme, il pourrait mener à de nouveaux traitements, et ainsi améliorer la qualité de vie et la survie des patients.
Procédures
Dans le premier établissement utilisateur, les animaux subiront des mesures de composition corporelle (3 minutes/animal), de force musculaire (5 minutes/ animal) et de fonction rénale (45 minutes/animal) au maximum toutes les 2 semaines à partir de l’âge de 6 semaines. Ces mesures se font chez les animaux vigiles et sont non-invasives, les animaux pourront cependant être anesthésiés pendant quelques minutes pour certains gestes techniques. Des prélèvements sanguins (2 minutes) seront réalisés sous anesthésie toutes les 2 semaines également. Les animaux seront mis en cages métaboliques une fois pendant une durée maximum de 7 jours. Certains lots d’animaux recevront des traitements : soit 3 injections par semaine pendant une durée maximale de 2 mois ; soit 2 injections par jour pendant une durée maximale de 15 jours ; soit une injection unique. Certains animaux seront mis sous régime particulier. Dans le second établissement utilisateur, seules les procédures terminales seront réalisées.
Impact sur les animaux
Certains animaux de sont porteurs d’une mutation génétique responsable du développement d’une maladie rénale chronique. Celle-ci provoque une détérioration de leur fonction rénale et un amaigrissement, qui sont les critères recherchés dans notre projet. D’autres groupes d’animaux sont soumis à un régime alimentaire qui induit également une détérioration de leur fonction rénale et un amaigrissement. Le poids des animaux et leur état général seront suivis attentivement. L’insuffisance rénale ne provoque pas de douleur, ni de stress avant des stades avancés au cours desquels une baisse de l’alimentation et une altération de l’état général peuvent apparaitre. Tous les animaux seront soumis à : (1) suivi régulier de leur poids : léger stress lié à leur manipulation de la cage à la balance et vice-versa (2) prise de sang à la queue : léger stress et risque de saignement (3) mesure de leur composition corporelle: léger stress lié à leur contention transitoire (3 minutes) (4) mesures du métabolisme : léger stress lié à l'isolement (7 jours au maximum) dans une cage individuelle (5) mesure de la fonction rénale: légère douleur liée à l’injection, et léger stress lié à la présence du capteur pendant 1h maximum (6) traitements pharmacologiques : léger stress dû à la contention + légère douleur liée à l’injection
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de chaque procédure en vus de l'analyse de leur sang, leur urine et leurs organes.
Remplacement
La cachexie est un syndrôme multifactoriel, initiée par le tissu affecté (ici le rein), qui va conduire à l’altération métabolique et à la dysfonction de nombreux tissus vitaux. Ces tissus vont à leur tour sécréter de nombreux médiateurs pro-cachectiques, initiant un cercle vicieux qui aggrave la fonte des tissus musculaires et adipeux. De telles interactions inter-tissulaires dans un contexte d’insuffisance rénale sont donc impossibles à reproduire in vitro. Une approche complémentaire ex vivo sur des cellules primaires en culture est également utilisée, elle permet d’obtenir une grande quantité de cellules à partir d’un nombre restreint d’animaux
Réduction
Le nombre d’animaux utilisé est calculé au plus juste d’après notre connaissance du modèle pour permettre d’identifier statistiquement des différences intergroupes scientifiquement interprétables pour chaque paramètre et chaque modèle. Il est prévu d’utiliser un maximum de 1636 souris. Les résultats seront interprétés en utilisant des tests statistiques.
Raffinement
Les études sont optimisées d’après la littérature et les observations réalisées au laboratoire (doses injectées, durée du traitement). Les animaux seront hébergés, par groupes de 2 à 5 dans des cages comprenant des éléments d’enrichissement (papier, tunnels...), avec alimentation et eau ad libitum. Ils seront observés quotidiennement par les zootechniciens et plusieurs fois par semaine par les expérimentateurs afin de s’assurer de leur bien-être . Une grille de scoring et des points limites ont été établis. Pour les changes et les manipulations, les animaux sont tenus dans la main de l’expérimentateur mais jamais suspendus par la queue. Les procédures sont optimisées de façon à limiter au maximum la souffrance des animaux (des anesthésiques et antalgiques seront utilisés pour les gestes qui le nécessitent, suivi attentif des animaux tout au long des différentes procédures). Les animaux seront transportés entre les deux établissements suivant une procédure de transport déclarée lors de l’agrément de l’établissement (cheminement et conditions de transport validés par signature d’une charte de transport). Les animaux sont transportés dans leur cage d'origine afin de minimiser le stress, pour un transport d'une durée de moins de 10 minutes.
Choix des espèces
Nous utilisons la souris car elle est à l’origine d’un grand nombre de données dans la littérature et qu’il existe un nombre important de modèles de souris mutantes et transgéniques ciblant des protéines d’intérêt dans la régulation de la fonction rénale et la cachexie. Pour l’un des 2 modèles, nous utiliserons des souris âgées de 6 semaines au début de l'expérience, afin d’effectuer des mesures en conditions basales avant tout amaigrissement et perte de fonction rénale. Pour l’autre modèle, nous utiliserons des animaux âgés de 8 semaines au début du protocole. A cet âge les reins sont pleinement développés, ce qui permet de modéliser au mieux les conditions cliniques chez l’adulte. Nous garderons les animaux jusqu’à ce qu’ils aient développé une insuffisance rénale accompagnée d’une cachexie (processus se mettant en place sur plusieurs mois).
Optimisation des formulations d’appâts et essais d’homologation
- Protection de l’environnement
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
- Tests réglementaires
- Autres tests de tolérance et d’efficacité
Rats : 1000
Autres rongeurs : 1000
1 000 souris, 1 000 rats et 1 000 autres rongeurs ingèrent des appâts rodenticides jusqu'à la mort, dans des procédures dont 400 par espèce relèvent d'un niveau de souffrance sévère. L'objet est réglementaire, produire les données d'efficacité exigées pour homologuer des appâts commerciaux, avec un seuil de 90 % de mortalité. Le porteur qualifie pourtant ces essais d'"aucune intervention", tout en écrivant que l'effet toxique doit rester asymptomatique pendant l'exposition puis tuer rapidement dès les premiers signes cliniques, pour éviter l'aversion conditionnée. Les survivants exposés aux appâts actifs sont tués, ceux nourris au placebo pouvant être réutilisés ou relâchés dans leurs enclos extérieurs.
Objectifs
Le présent projet a pour objectif d’évaluer, dans des conditions expérimentales contrôlées, l’efficacité, la palatabilité et la sécurité environnementale de différents appâts rodenticides, en vue d’optimiser leur formulation et d’améliorer la performance des substances actives incorporées. L’enjeu principal est de concevoir des appâts capables de maximiser l’ingestion par les rongeurs cibles tout en minimisant les risques de contamination secondaire et d’impact sur les organismes non ciblés. Les travaux porteront sur la sélection et la caractérisation de matrices porteuses (grains, pâtes, blocs, gels, mousses, etc.) présentant une appétence élevée et une attractivité suffisante pour surmonter la néophobie naturelle des rongeurs. Ces formulations viseront à assurer une consommation rapide et complète, sans rejet ni dispersion de la matière active dans l’environnement (matières fécales, eau ou sol). Une attention particulière sera portée à la cinétique d’action : l’effet toxique devra demeurer différé et asymptomatique durant la phase d’exposition, afin d’éviter tout phénomène d’aversion conditionnée, mais induire une mortalité rapide dès l’apparition des premiers signes cliniques. Les appâts seront conçus pour offrir une stabilité physico-chimique élevée et une résistance accrue aux conditions environnementales extrêmes (humidité, chaleur, gel), garantissant une efficacité constante sur une période minimale de deux ans. Les données obtenues contribueront à démontrer l’efficacité de ces appâts sur les principales espèces cibles (Rattus norvegicus, Rattus rattus, Mus musculus), conformément aux exigences du guide de l’ECHA “Guidance on the Biocidal Products Regulation – Volume II: Efficacy – Assessment and Evaluation”, et à constituer les dossiers techniques nécessaires à leur homologation. Ce projet s’inscrit dans une démarche de recherche intégrée visant le développement de rodenticides de nouvelle génération, plus sélectifs, plus écocompatibles et répondant aux exigences actuelles de durabilité et de protection de l’environnement.
Bénéfices attendus
Chaque année, les rongeurs causent des pertes considérables dans les cultures céréalières, estimées à environ 10 % de la production mondiale, par consommation directe ou dégradation des récoltes liée à leurs excrétas. Au‑delà des pertes agricoles, les rongeurs représentent un réservoir de plus de 60 zoonoses, responsables de milliers de décès chaque année dans le monde. Le contrôle de leur prolifération constitue donc un enjeu majeur de santé publique. En Europe, ce contrôle repose actuellement sur des appâts contenant des molécules rodenticides. Cependant, les rongeurs étant des animaux néophobes, ces appâts doivent être hautement appétents, surtout lorsqu’ils sont utilisés dans des environnements où la concurrence alimentaire est forte. Avant leur mise sur le marché, ces appâts doivent être homologués par les autorités compétentes, et les dossiers d’homologation exigent des données d’efficacité en laboratoire sur les espèces ciblées. Le projet permettra de : -Produire les données expérimentales nécessaires pour l’homologation des appâts rodenticides, conformément aux exigences européennes. -Acquérir des connaissances essentielles sur la formulation des appâts, notamment la composition optimale permettant de contourner la néophobie des rongeurs et d’améliorer leur appétence. -Éviter la mise sur le marché d’appâts inefficaces ou peu appétents, garantissant des formulations véritablement opérationnelles sur le terrain. -Faciliter une lutte ciblée et efficace contre les rongeurs commensaux, réduisant à la fois les dégâts aux infrastructures et les risques sanitaires pour les populations humaines et animales. -Soutenir des stratégies de lutte plus responsables, en offrant aux acteurs industriels et aux collectivités des outils fiables et sécurisés pour la gestion des populations de rongeurs.
Procédures
aucune intervention
Impact sur les animaux
Les manipulations par l'experimentateur peut induire un stress. La capture en terrarium peut induire un stress. L'isolement peut induire un stress
Devenir
les animaux exposés à des appâts rodenticides survivants au terme de la procédure seront euthanasiés Les animaux exposés à des appâts placebo ne contenant pas de substances actives pourront être réutilisés (tous) ou pourront être libérés dans leurs enclos extérieurs d'origine (rats noirs et rats bruns à phénotype sauvage)
Remplacement
Il n’est pas actuellement possible de substituer l’utilisation d’animaux pour évaluer l'efficacité et l'appétence d'appats rodenticides; les appâts avant commercialisation doivent être testés chez les espèces cibles pour démontrer qu'ils sont suffisamment appétents en raison de la néophobie des rongeurs et qu'ils sont suffisamment efficaces (>90% d'efficacité) afin d'éviter d'appliquer des produits biocides inutilement dans l'environneement. ces essais sont requis dans les dossiers d'homologation.
Réduction
le nombre d'animaux par essai a été réduit au minimum (5 mâles et 5 femelles). Des tests in vitro ont de plus été développés pour mesurer la capacité de substances anticoagulants (principales molécules actuellement utilisée comme substancee active rodenticide) à inhiber l'activité vitamine K époxyde réductase (activité cible des molécules abticoagulantes antivitamine k). Le nombre d’essais a été défini en concertation avec les partenaires industriels afin de garantir des résultats fiables tout en minimisant le recours aux animaux.
Raffinement
Les animaux sont soumis à des phases d’acclimatation adéquates afin de minimiser le stress lié à leur transfert en animalerie. Leur hébergement est conçu pour reproduire au mieux leur habitat naturel : les cages, placées dans la pénombre, comprennent des cachettes et du matériel permettant aux rongeurs de construire leur nid et d’adopter une activité normale. Même lorsqu’ils sont hébergés de manière isolée, les cages sont transparentes ou grillagées, permettant aux animaux de voir et de percevoir leurs congénères, réduisant ainsi l’isolement social. Les manipulations sont réalisées avec précaution par un personnel formé à l’élevage et à la manipulation d’animaux de faune sauvage. Des points limites ont été définis et, dès leur apparition, les animaux sont euthanasiés pour éviter toute souffrance inutile. Par ailleurs, le recours aux tests d’efficacité est réduit au strict minimum, privilégiant les tests d’appétence afin de limiter l’exposition des animaux aux substances actives.
Choix des espèces
LLe choix des espèces étudiées repose sur le fait qu’il s’agit des espèces cibles des appâts rodenticides. Les expérimentations doivent être réalisées sur les mêmes espèces que celles faisant l’objet du contrôle en conditions naturelles, afin de garantir la pertinence et la transposabilité des résultats. Cette approche permet de démontrer que les appâts présentent une appétence suffisante pour les espèces ciblées et qu’ils assurent une efficacité complète dans les conditions d’utilisation prévues. L’utilisation de ces espèces spécifiques est donc essentielle pour obtenir des données fiables et directement exploitables pour la mise sur le marché et l’homologation des appâts rodenticides. Par ailleurs, pour les appâts revendiqués comme efficaces chez le rat, leur efficacité doit être démontrée à la fois chez le rat brun et chez le rat noir en conditions de laboratoire, conformément aux exigences réglementaires. Les animaux doivent être utilisés à différents stades de développement. En effet les réponses en termes d’efficacité et de résidus peuvent varier en fonction du stade de développement, l’équipement métabolique évoluant en fonction de l’âge
Impact du traitement combiné des agonistes du GLP-1R et de l’électrostimulation des voies nerveuses sympathiques chez la souris rendue obèse par un régime riche en graisses
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
- Système nerveux
Rendues obèses par un régime riche en graisses, 340 souris subissent l'implantation d'une électrode reliée à un stimulateur, puis une électrostimulation des nerfs sympathiques dont la connexion aux générateurs externes entrave leurs mouvements. Toutes les procédures sont classées en niveau de souffrance sévère et toutes les souris seront tuées pour des analyses anatomopathologiques. Elles reçoivent en parallèle, tous les trois jours pendant 41 ou 70 jours, des médicaments amaigrissants utilisés chez l'être humain, avec dix jours d'isolement en cage individuelle. Le porteur affirme qu'aucune méthode in vitro ou in silico validée ne peut remplacer l'animal ici, et rappelle qu'un modèle murin est de toute façon exigé par les autorités qui autorisent la mise sur le marché des dispositifs médicaux.
Objectifs
L’objectif général de ce projet est d’évaluer les effets d’une stimulation électrique, seule ou combinée à un traitement avec des médicaments, sur la réduction de la masse corporelle. Les traitements - récents de l’obésité ont été profondément transformés par l’introduction des médicaments qui permettent une réduction moyenne d’environ 18 % du poids corporel après deux ans de traitement. Cependant, ces traitements présentent certaines limites : • la perte de poids observée reste inférieure à l’objectif de 30 % de perte de poids, • l’arrêt du traitement s’accompagne généralement d’une reprise de poids, • l’administration prolongée de ces molécules peut entraîner des effets indésirables. Dans ce contexte, l'électrostimulation des nerfs pourrait constituer une approche complémentaire ou associable au traitement par les médicaments. Les travaux préliminaires réalisés dans notre laboratoire ont montré qu’une électrostimulation induit chez la souris obèse une réduction du poids et une amélioration de son métabolisme. L'objectif du projet est donc d'évaluer l'éfficacité des traitements actuels en association avec l'électrostimulation des nerfs suite à l'implantation d'une électrode connectée à un électrostimulateur.
Bénéfices attendus
Les traitements actuels ne permettent pas de lutter de manière optimale contre l'obésité. Le traitement le plus efficace reste la chirurgie des voies digestives, qui est toutefois lourde, irréversible et entraîne de nombreux effets secondaires. Il est donc impératif de développer des traitements moins invasifs, plus efficaces et dépourvus d'effets secondaires pour lutter contre l'obésité. Nous proposons d'associer des traitements par des médicaments à l'électrostimulation des nerfs sympathiques. En cas de résultat positif, ce projet permettra de démontrer le concept selon lequel la stimulation du système nerveux sympathique, associée à des traitements par des médicaments à efficacité limitée, peut réduire la prise alimentaire et le poids des animaux obèses.
Procédures
Tous les animaux recevront des traitements utilisés chez l'homme pour réduire le poids tous les trois jours pendant 41 (procédure 1) ou 70 (procédure 2) jours. Ils subiront une procédure chirurgicale unique de moins de 30 minutes ainsi qu'une injection de glucose. Un prélèvement sanguin terminal sera effectué sous anesthésie au moment de l’euthanasie.
Impact sur les animaux
Toutes les procédures comportent une phase chirurgicale incluant les éléments suivants : • Injection d'analgésique préopératoire ; • Perte de poids et douleur durant les 2 à 3 premiers jours chez les animaux après l'intervention chirurgicale ; • Surveillance et manipulation des animaux durant les 4 jours de récupération post-chirurgicale (pesée, palpation) ; • Risques chirurgicaux inhérents à toute opération chirurgicale, tels que risques d'infection ou de rupture des fils de suture ; • Mobilité entravée par la connection aux générateurs externes pendant la période d'électrostimulation. Enfin, bien que les animaux soient en général hébergés avec leurs congénères, des périodes d'isolement (hébergement individuel) seront nécessaires lors du suivi métabolique dans des cages dédiées (10 jours en tout).
Devenir
Pour toutes les procédures, tous les animaux seront mis à mort dès la fin de la procédure expérimentale pour des analyses anatomopathologiques et histologiques.
Remplacement
Il n'existe actuellement aucune méthode in vitro ou in silico scientifiquement validée pouvant servir d'alternative à l'expérimentation animale pour aborder les questions soulevées par ce projet. L'étude de l'obésité ne peut en effet pas être adéquatement réalisée in vitro en raison de sa nature complexe. Elle requiert une approche in vivo prenant en compte l'ensemble de la biologie d'un organisme vivant. L'utilisation d'une espèce aussi proche que possible de l'espèce humaine s'avère donc nécessaire, car la physiologie digestive est caractéristique de chaque groupe phylogénétique. L'utilisation d'animaux modèles de type insectes ou nématodes n'est pas réaliste pour de telles études. En revanche, le système digestif de la souris est proche de celui de l'homme, même s'il présente des spécificités dont nous devrons tenir compte. Par ailleurs, l'utilisation d'un modèle expérimental in vivo murin est essentielle en tant que prérequis pour la phase de développement préclinique, selon les autorités régulant la mise sur le marché de dispositifs médicaux.
Réduction
En nous basant sur les résultats obtenus précédemment dans notre laboratoire, nous avons déterminé le nombre d'animaux à l'aide d'une approche statistique reconnue. Notre stratégie expérimentale consiste en effet à comparer les pertes de poids des animaux traités ou non, et électrostimulés ou non. Un caclul statistique, nous a permis de déterminer le nombre d'animaux minimal nécessaire pour obtenir des résultats significatifs, en fonction des hypothèses avancées.
Raffinement
• Les chirurgies seront menées par du personnel formé à ce type d'intervention. Les animaux seront sous anesthésie et analgésie afin de prévenir toute souffrance. Nous utilisons du gel ophtalmique pendant l’anesthésie. Nous maintiendrons de la température corporelle après la chirurgie en placant les animaux dans une enceinte thermostatée à 26°C. Durant les trois jours qui suivent la chirurgie nous leur mettons à diposition du gel nutritif et hydratant. Une surveillance sera assurée deux fois par jour durant les quatre jours suivant l'opération. Les soins postopératoires incluront notamment l'administration d'analgésique pendant trois jours, ainsi que l'administration d'un traitement anti-inflammatoire dans l'eau de boisson, maintenu pendant les deux jours suivants. Les impacts sur la prise de poids seront évalués sur un nombre strictement suffisant d'animaux afin d'analyser les effets de l'électrostimulation à long terme. Enfin, des critères limites ont été définis pour anticiper toute détérioration de l'état de santé général des animaux sous anesthésie ou conscients, et pour mettre en œuvre, si nécessaire, des protocoles de soins appropriés. En cas de détérioration de la santé d'un animal, une euthanasie sera effectuée immédiatement, sur décision du responsable de l'étude.
Choix des espèces
L’espèce murine sera utilisée en raison des données de la littérature démontrant les effets des médicaments sur l'obésité et l'implication du système nerveux sympathique dans la prise alimentaire sur ce modèle.
Vaccination ARNm contre la tuberculose: étude préclinique chez la souris
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
- Système respiratoire
6 192 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dont 5 040 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère et 1 152 un niveau modéré. Elles reçoivent deux injections de vaccin à ARNm à trois semaines d'intervalle sous anesthésie, une partie recevant en plus un anticorps trois fois par semaine pendant quatre semaines à l'état vigile, avant une exposition à la bactérie de la tuberculose par aérosol. Le porteur décrit des effets indésirables "légers" liés aux injections, et pour les souris infectées une perte de poids, une baisse d'activité et des troubles respiratoires chez les individus "insuffisamment protégés par la vaccination". L'effectif est présenté comme un maximum, réduit en cours de route par un schéma "en entonnoir", sans que le nombre de souris par groupe soit indiqué.
Objectifs
Le projet vise à développer des stratégies de vaccination à base d’ARNm pour lutter contre la tuberculose (TB), une maladie qui reste un défi majeur de santé publique mondiale. Actuellement, la TB est responsable de près de 1,5 millions de décès chaque année, en particulier dans les pays à faible et moyen revenu. Le vaccin BCG existant offre une protection partielle chez les jeunes enfants mais montre une efficacité limitée contre la TB pulmonaire chez les adolescents et les adultes. Ce projet repose sur l’exploitation de la plateforme vaccinale d’ARNm et de ses succès récents pour concevoir un vaccin plus efficace contre la TB. L’objectif principal du projet est d’explorer le potentiel de la vaccination ARNm pour stimuler des réponses robustes des cellules T, essentielles pour combattre l'infection par Mycobacterium tuberculosis (Mtb). Les vaccins à ARNm, bien qu'ayant prouvé leur efficacité contre des agents pathogènes viraux tels que le SARS-CoV-2, n'ont pas encore été pleinement exploités contre les bactéries et notamment Mtb. Le projet innove en adaptant cette technologie pour cibler spécifiquement la TB, en utilisant des antigènes de Mtb identifiés pour leur capacité à déclencher des réponses immunitaires protectrices chez les personnes ayant contrôlé l'infection.
Bénéfices attendus
Les résultats de ce projet pourraient contribuer à des avancées majeures dans la lutte contre la TB, en offrant une alternative vaccinale capable d’induire une immunité. Les données obtenues permettront non seulement d’évaluer l’immunogénicité et l’efficacité protectrice des candidats vaccins ARNm, mais aussi d’identifier des corrélats de protection, essentiels pour guider les essais cliniques futurs. Ce projet se distingue par son approche collaborative entre équipes sud-africaines et françaises, avec des expertises complémentaires en conception et formulation de vaccins à ARNm et en études d’immunogénicité et de protection en modèles murins. En outre, le projet prévoit une large diffusion des résultats, notamment par des publications scientifiques et des présentations lors de conférences. La collaboration avec des institutions de renommée internationale assurera la transition des candidats vaccins les plus prometteurs vers des essais précliniques ou cliniques.
Procédures
Les animaux recevront une vaccination (deux injections à 3 semaines d'intervalle dans une étape qui dure quelques minutes et qui est réalisée chez l’animal endormi). Une partie des souris recevra en addition l’administration répétée d'un anticorps thérapeutique, réalisée sur des animaux vigiles de façon répétée (3 fois par semaine) pendant 4 semaines. Certaines souris seront exposées à la bactérie responsable de la tuberculose : ceci se produit sur des animaux vigiles par l’utilisation d’aérosol et se déroule en une fois en quelques minutes.
Impact sur les animaux
Chez les animaux recevant une vaccination, des effets indésirables légers sont attendus, principalement liés à l’injection et à l’anesthésie, pouvant inclure un stress transitoire et une irritation locale au point d’injection. L’administration d’anticorps peut également provoquer un stress léger lié à la contention nécessaire. Chez les animaux infectés par Mycobacterium tuberculosis, les nuisances attendues sont principalement liées au développement progressif de la pathologie pulmonaire expérimentale. Elles peuvent inclure une perte pondérale, une diminution d’activité ou des troubles respiratoires chez certains individus sensibles ou insuffisamment protégés par la vaccination. De manière générale, les animaux peuvent présenter un stress léger lors des manipulations nécessaires aux différentes étapes du protocole.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort en fin de procédure ou si leur état le nécessite, conformément à la réglementation en vigueur. Cette intervention sera réalisée par du personnel formé, dans des conditions garantissant une prise en charge rapide et sans souffrance. Cette étape est nécessaire pour permettre la collecte de tissus et d’organes dans des conditions optimales en vue des analyses prévues à l’étude. Aucune réutilisation n’est envisagée, car les procédures mises en œuvre ne permettent pas un nouvel usage des animaux.
Remplacement
Nous nous intéressons dans ces procédures à l’impact de la vaccination dans la tuberculose. La vaccination nécessite un système intégré dans lequel la circulation sanguine, la présence de ganglions lymphatiques et les poumons sont nécessaires (ce qui exclu les modèles multicellulaires du type "organoïde"). Il n’existe aucun modèle cellulaire de culture ex vivo à ce jour qui recapitule cette complexité d’interactions. De ce fait, afin de répondre à nos questions biologiques, nous avons besoin de travailler sur des organismes vivants ayant une réponse immunitaire et un tissu pulmonaire suffisamment proche de l’homme. Ainsi notre projet l’utilisation d’un organisme entier telles les souris vivantes.
Réduction
Le nombre d’animaux a été déterminé sur la base des données préliminaires afin de garantir des résultats fiables tout en limitant leur utilisation au strict minimum. Le nombre utilisé est un nombre maximal dans la mesure où nous appliquons un schéma en entonnoir qui permet de ne sélectionner que les conditions expérimentales les plus pertinentes au fur et à mesure de l’avancement du projet. Des analyses multiples sur un même animal réduisent la variabilité et le nombre total de souris nécessaires. Nos expériences antérieures ont permis d’affiner les tailles de groupe et d’ajuster les procédures afin de garantir la puissance statistique tout en limitant strictement le nombre d’animaux.
Raffinement
Dans ce projet, plusieurs mesures spécifiques sont mises en place pour réduire au maximum la douleur, le stress et l’inconfort des animaux. Les injections de vaccin et les procédures nécessitant une immobilisation sont réalisées sous anesthésie adaptée pour éviter la douleur et limiter l’angoisse. Après chaque vaccination, les animaux bénéficient d’une surveillance renforcée du point d’injection et de leur état général, afin de détecter rapidement toute réaction inhabituelle. Pour les phases d’infection expérimentale, une attention particulière est portée à la respiration, au comportement et au poids des souris, car ces paramètres peuvent refléter l’évolution de la maladie. Des points limites stricts, définis spécifiquement pour ce projet, permettent d’interrompre immédiatement la participation d’un animal si des signes de souffrance sont détectés. Cette approche garantit qu’aucun animal ne poursuit une procédure s’il présente un état incompatible avec son bien-être
Choix des espèces
Il existe de nombreux modèles de tuberculose chez l'animal : du primate non-humain au poisson zèbre en passantpar les rongeurs. Nous utilisons la souris car ce modèle est prédictif de ce qui se passe chez l'homme en termes d'immunité et de pathologie. En effet, depuis l'identification d'une mutation, on y trouve des lésions pulmonaires plus proches de celles trouvées chez l’Homme. C'est ainsi que notre projet utilisera des souris sensibles ou résistantes qui pourront être analysées avec les mêmes outils moléculaires établis, très performants et informatifs tout en présentant des lésions et une sensibilité différentielle à l'infection. Nous n’utiliserons pour ce projet que des souris adultes âgées entre 6 et 12 semaines au début des procédures. Ace stade de développement, les souris ont un système immunitaire suffisamment mature.
Étude du rôle d’un régulateur épigénétique dans la différenciation d’une population de cellules immunitaires du poumon chez la souris lors de l’infection avec le virus de la grippe
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
Anesthésiées puis infectées par le virus de la grippe au moyen d'une instillation dans le nez, 204 souris subissent une maladie qui dure environ vingt jours. Les procédures sont classées en niveau de souffrance sévère et toutes les souris seront tuées pour prélever leurs poumons. Le porteur écrit que "les activations induites du système immunitaire ne sont pas douloureuses pour l'animal" et ne détaille comme nuisances que les piqûres et le réveil d'anesthésie. Les souris reçoivent aussi une injection dans la veine située derrière l'œil, et les doses de virus ont été calibrées lors d'expériences antérieures pour, selon lui, éviter d'atteindre les points limites.
Objectifs
Parmi les cellules du système immunitaire, on trouve les lymphocytes T qui jouent un rôle majeur lors d’une infection ou dans la réponse anti-tumorale. Lors d’une infection ou d’un processus tumoral, les lymphocytes T se multiplient et migrent vers le site de l’infection ou la tumeur afin d’éliminer l’agent responsable. Aux premiers stades de la réponse immunitaire, après avoir exercé leur fonction, ces cellules vont être éliminées. Une partie minoritaire de cellules T, cependant, vont pouvoir survivre, se différencier en cellules mémoires et rester dans les tissus pendant des dizaines d’années pour protéger contre les réinfections. Les cellules mémoires, assureront une protection contre de nouvelles infections par ce même pathogène en permettant une deuxième réponse immunitaire plus rapide. Dans certaines circonstances, les cellules mémoires vont aussi pouvoir jouer un rôle contre le cancer. Les mécanismes de contrôle épigénétique régulent l'expression des gènes et sont très importants pendant la différenciation des cellules immunes, par exemple lors de la différenciation des cellules T en cellules mémoires. Lors des études précédentes de notre équipe, nous avons trouvé que l’absence d’un facteur épigénétique dans des souris génétiquement modifiées, augmentait la quantité des cellules mémoires dans le tissu du poumon après une infection par le virus de la grippe. Le projet va porter sur l’étude des mécanismes par lesquels ce facteur épigénétique contrôle la différenciation des lymphocytes T en cellules de type mémoire dans le tissu pulmonaire. Cette compréhension pourra aider à améliorer les vaccins pour protéger aussi bien des infections que du cancer.
Bénéfices attendus
Nous cherchons à comprendre comment les lymphocytes T se transforment en cellules mémoire. Nos résultats pourraient aider à développer des vaccins plus efficaces et durables contre des maladies actuellement difficiles à prévenir comme la tuberculose, le HIV ou le cancer, ce qui pourrait, à long terme, amener à une réduction des épidémies et des traitements coûteux.
Procédures
Les animaux seront soumis à une anesthésie générale de courte durée (environ 1 minute) et une anesthésie locale sera appliqué sur l’œil avant la réalisation d’une injection intraveineuse d’une durée de moins de 30 secondes. Un jour plus tard ou avant, les souris seront soumises à une anesthésie générale d’environ 1 heure par injection intrapéritonéale (durée de moins de 15 secondes) et elles seront infectées par le virus de la grippe par instillation intranasale (durée d’environ 30 secondes). L’infection grippale tendra une durée d’environs 20 jours jusqu’à récupération. Certaines souris seront mises à mort 9 jours après l’infection.
Impact sur les animaux
Les nuisances attendues lors de l’administration des virus, de l’infusion de cellules T, ou de l’anesthésie seront celles liées aux injections elles-mêmes. Lors de l’injection des cellules T, une douleur légère immédiate et de courte durée (moins d’une minute) liée à la piqûre est attendue. À la suite de l'injection d’anesthésique dans l'abdomen, une douleur légère immédiate de courte durée (moins d’une minute) liée à la piqûre est attendue. Au réveil de l’anesthésie, une douleur légère de courte durée (quelques minutes) pourrait être ressentie par les animaux après l’administration du virus. Il est important de souligner que les activations induites du système immunitaire ne sont pas douloureuses pour l’animal.
Devenir
Tous les animaux (204) seront mis à mort à la fin de chaque expérience pour récupérer leurs poumons afin d'analyzer la quantité et qualité des cellules par cytométrie en flux.
Remplacement
Des expériences in vitro à partir de cellules isolées de souris ont été réalisées pour permettre d’affiner les hypothèses et de réduire le nombre de souris utilisées. Toutefois, le fonctionnement du système immunitaire repose sur des interactions tridimensionnelles et des flux de cellules finement régulés entre organes. De plus, les cellules résidant dans le poumon sont adaptées à cette localisation et à leur microenvironnement. Enfin, l’infection virale entraîne la réaction de différentes sous-populations cellulaires qui interagissent entre elles, ces cellules étant à la fois déjà dans le poumon ou recrutées à des temps variables à la suite de l’infection. Ces phénomènes ne peuvent pas être reproduits in vitro.
Réduction
Le nombre d’animaux à utiliser par groupe expérimental se base sur des expériences déjà réalisées au laboratoire en utilisant ce modèle. Ces nombres sont ajustés pour limiter le nombre d’animaux à utiliser tout en surmontant les effets liés à la variabilité biologique entre les souris ainsi qu’aux variations intrinsèques liées à nos modèles. Notre modèle permet d'obtenir des groupes d'animaux très homogènes, ce qui réduit le nombre d'animaux nécessaire par expérience. De plus, ce modèle permet de transférer simultanément les cellules contrôles et les cellules modifiées dans le même animal, ce qui réduit encore par deux le nombre d'animaux nécessaires. Enfin, nous allons utiliser les mêmes souris pour évaluer l’expression de protéines et pour trier des populations T différentes pendant la première expérience, et si la coordination des expériences suivantes le permet, réduisant encore le nombre de souris utilisées.
Raffinement
Avant l’infection, les souris seront manipulées sur plusieurs jours dans les mêmes conditions expérimentales afin de limiter leur stress. Suite à l’infection grippale, les animaux seront suivis périodiquement (tous les 2/3 jours) afin d’assurer leur bien-être et de surveiller les éventuels signes de souffrance ou de stress. Les souris infectées par le virus seront pesées tous les jours au pic de la maladie pour contrôler l’amplitude de l’infection (les pesées sont espacées de 2/3 jours en dehors du pic, afin de limiter le stress des animaux). Une grille de score a été établie afin d’évaluer périodiquement (tous les 2/3 jours) l’état des animaux de manière objective. Des points limites ont été définis, qui, s'ils sont atteints, marquent la fin de l'expérimentation pour l'animal concerné. Les doses de virus ont été déterminées lors d'expériences précédentes afin d'éviter que les animaux n'atteignent les points limites. De même, de la nourriture/eau en gel est placée dans la cage (en amont des symptômes grippaux, afin de permettre une habituation). Afin de limiter au maximum les douleurs et souffrances liées aux injections intra orbitales, les animaux seront anesthésiés et une anesthésie locale sera utilisé. Afin de limiter au maximum les douleurs et souffrances liées à l’instillation intranasale, les animaux seront anesthésiés et placés sur tapis chauffant jusqu’au réveil. De la crème vaseline oculaire sera déposée à l’aide d’un coton tige pour éviter l’assèchement de l’œil durant et après l’anesthésie.
Choix des espèces
La souris est ici le modèle de choix du fait de la forte similitude des systèmes immunitaires humains et murins. Plus particulièrement, nos cellules d’intérêt sont présentes à la fois chez l’homme et la souris, espèces entre lesquelles leurs caractéristiques et propriétés sont très fortement conservées. Par ailleurs, la disponibilité de souches de souris génétiquement modifiées parfaitement définies nous permet d’affiner les mécanismes de manière très précise. Les souris seront utilisées à l’âge adulte (8 à 16 semaines après la naissance, afin que les populations immunitaires étudiées soient installées). Nous n’attendons pas d’effet lié à l’âge des souris. Nous utiliserons des souris adultes possédant un système immunitaire mature.
Interventions d’urgences en cas de survenue d’épidémies ou d’évènements sanitaires majeurs dans les élevages de poissons ou dans le milieu sauvage aquatique
- Recherche appliquée
- Maladies animales
Saumons : 4000
Loups de mer : 2000
Autres poissons : 2000
Prélevés vivants, parfois moribonds, dans les élevages ou les zones touchées par une mortalité anormale, des poissons sont transportés jusqu'à 36 heures vers le laboratoire. Le projet prévoit un maximum de 8 500 poissons d'eau douce et de mer, saumons, bars, guppys ou carpes koï, dans des procédures classées en niveau de souffrance sévère, tous tués au terme des essais. Ils sont infectés pour évaluer la virulence d'un agent suspecté ou tester un vaccin, avec trois prélèvements de sang au maximum sous anesthésie et une grille de notation qui déclenche la mise à mort lorsque le point limite est atteint. Le porteur reconnaît ne pas pouvoir projeter précisément les effectifs, évoquant une cinquantaine d'individus pour confirmer un agent et jusqu'à 500 pour évaluer un traitement.
Objectifs
Ce projet a pour objectif de mettre en place les conditions de réactions rapides des autorités sanitaires en cas de pathologies infectieuses en élevages aquacoles et/ou au niveau de la faune sauvage aquatique, associées à un tableau clinique atypique. Il englobe l'ensemble des expérimentations à mettre en place de manière urgente pour isoler, identifier, caractériser et développer des outils de diagnostic spécifiques et sensibles de première génération, mais également pour tester rapidement des solutions thérapeutiques ou vaccinales. Cette demande s'adresse potentiellement à l'ensemble des espèces de poissons d'eau douce et d'eau de mer. Les recherches plus spécifiques associées aux agents infectieux détectés feront l'objet de saisines distinctes. La quantité d’animaux et les espèces utilisées seront fonction des urgences sanitaires et il est complexe d’en avoir une projection précise. Nous estimons néanmoins qu’un maximum de 8 500 animaux sera utilisé sur la durée totale de l’autorisation.
Bénéfices attendus
Une identification rapide des agents infectieux associés dans les cas atypiques observés et une gestion sanitaire améliorée au niveau de la filière aquacole et/ou de la faune aquatique sauvage.
Procédures
La durée de transport sera fonction de la distance entre les sites mais ne dépassera pas 36h. Des prises de sang pourront être pratiquées chez certains animaux en expérimentation (3 prélèvements maximum, opération durant 1 minute). Les prélèvements d'organes seront réalisés sur animaux morts.
Impact sur les animaux
Les animaux infectés par un virus à étudier pourraient présenter des signes cliniques évocateurs de maladie. Une grille de notation permettra de suivre l'évolution de ces signes et le cas échéant, de procéder à la mise à mort de l'animal si le point limite est atteint. Les prélèvements d'organes seront réalisés sur animaux morts, donc sans nuisance pour les animaux. Seuls les prélèvements de sang seront opérés sur animaux anesthésiés, cet acte pouvant entraîner une légère douleur lors de la piqûre de l'aiguille.
Devenir
Au regard du contexte sanitaire, tous les animaux seront mis à mort au terme des procédures.
Remplacement
Un diagnostic in vitro est engagé systématiquement, avec différentes approches analytiques, en amont des essais in vivo mais il ne se substitue pas à des essais in vivo qui eux seuls pourront permettre d’évaluer la virulence d’un agent pathogène suspecté ou l’efficacité d’un traitement vaccinal. Il est également nécessaire dans de nombreux cas, pour faciliter le diagnostic initial, de travailler sur des poissons vivants (asymptomatiques et/ou moribonds) issus de l’élevage ou de la zone impactée et susceptibles d'être contaminés par l'agent à identifier afin de mettre en place l'ensemble des approches analytiques et de caractérisation possibles dans les meilleures conditions.
Réduction
Le nombre de poissons utilisé sera fonction de l’objectif. Il pourra être relativement limité (qqs individus) pour la confirmation de l’agent incriminé et aller jusqu’à plusieurs centaines pour le développement et l’évaluation d’un traitement. Le nombre d’individus qui pourra être utilisé dans cette procédure est très variable, et dépendra de la clinique et de la mortalité observée sur le terrain. En règle générale, il est commun de réaliser des tests de pathogénicité sur une cinquantaine d’individus (justification statistique pour mettre en évidence un effet significatif du virus testé), mais selon les cas, il peut être nécessaire de mettre en œuvre des essais sur 500 individus.
Raffinement
Un enrichissement des bassins est effectué (couvercles pour permettre aux poissons d'avoir une zone d'ombre et de se cacher, bullage, circuit d’eau ouvert en continu, paramètres de qualité d’eau contrôlé, …). Au cours des tests, une surveillance accrue est réalisée. Elle permet d’évaluer quotidiennement la présence de signes cliniques pour chaque animal et d’en quantifier l’importance en utilisant une grille de notation. Si une souffrance importante est constatée, elle donne lieu à une mise à mort compassionnelle.
Choix des espèces
Espèces d'eau douce ou de mer faisant l'objet d'un élevage économiquement important sur le territoire (truites arc en ciel, saumons, bars, daurades, turbots, carpes, esturgeons, perches, ...), espèces de poissons d’ornement (carpes Koi, carassins…), espèces faisant l'objet de plans de repeuplement (civelles, ...), espèces fortement présentes dans les écosystèmes naturels et/ou élevées en mode extensif. Tous les stades pourront être étudiés (en fonction du contexte propre à chaque épidémie / évènement sanitaire atypique
Évaluation d’une approche thérapeutique combinée dans un modèle de tumeur cérébrale chez le rat
- Recherche appliquée
- Cancers
- Recherche fondamentale
- Oncologie
2 016 rats vont être utilisés, chacun recevant l'implantation d'une tumeur cérébrale puis deux à cinq interventions sous anesthésie générale. Toutes les procédures sont classées en niveau de souffrance sévère et tous les rats seront tués pour prélever le cerveau. Le porteur indique que la tumeur provoque, à partir de trois semaines, des troubles du mouvement et une perte d'appétit liés à l'effet de masse en phase terminale, certains groupes étant suivis dans le temps pour établir des courbes de survie. Les bénéfices annoncés restent scientifiques et précliniques, une meilleure prise en charge des patients atteints de glioblastome étant renvoyée au moyen et au long terme.
Objectifs
Le gliome est le cancer du cerveau le plus fréquent et le plus grave chez l’adulte. Il se développe rapidement, s’étend dans le tissu cérébral voisin et reste très difficile à traiter. Chaque année, environ 3 personnes sur 100 000 sont diagnostiquées avec un glioblastome. Malgré les traitements actuels, l’évolution de la maladie est défavorable : la moitié des patients vivent environ 15 mois après le diagnostic, et moins de 5 % sont encore en vie cinq ans plus tard. La radiothérapie consiste à utiliser des rayons pour abîmer les cellules de la tumeur et freiner sa croissance, tout en préservant au maximum les tissus sains. Elle est un pilier essentiel des stratégies thérapeutiques, notamment pour les cancers localisés ou en complément d'autres traitements comme la chirurgie et la chimiothérapie. Un développement prometteur pour renforcer l'efficacité de la radiothérapie est l'utilisation de particules de très petite taille appelées nanoparticules : des nanoparticules remplies avec une drogue anticancéreuse qui peuvent s'ouvrir avec la radiothérapie permettant de libérer la drogue anticancéreuse localement dans la tumeur. L'intégration des nanoparticules dans les traitements de radiothérapie pourrait ainsi représenter une avancée majeure dans l'optimisation des soins du cancer, permettant d’améliorer la précision des traitements, et de réduire les effets secondaires. L’objectif de ce projet est de tester si l’utilisation de ce type de nanoparticules, chargées en drogue anticancéreuse, améliore la radiothérapie. Cette étude utilisera des rats porteurs de gliomes et testera l’hypothèse selon laquelle des nanoparticules peuvent augmenter la réponse à l’irradiation et permettre une meilleure survie des animaux traités. Les résultats attendus pourraient fournir des preuves expérimentales robustes pour de futures stratégies thérapeutiques directement transposables chez l’homme.
Bénéfices attendus
Le glioblastome reste aujourd’hui une maladie de très mauvais pronostic, malgré l’association des traitements standards incluant la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie. L’un des principaux obstacles à l’efficacité de la radiothérapie est la capacité des cellules tumorales à réparer les dommages induits par l’irradiation, ce qui limite l’effet du traitement et favorise les récidives locales. Le bénéfice attendu de ce projet est avant tout scientifique et préclinique. Cette étude vise à améliorer la compréhension des effets biologiques de nanoparticules contenant un agent chimiothérapeutique administrées en association avec une irradiation, dans un modèle de glioblastome chez le rat. Elle permettra d’évaluer si cette approche combinée peut renforcer l’effet de la radiothérapie en limitant la capacité des cellules tumorales à se réparer après irradiation. À moyen terme, les résultats de ce projet pourraient contribuer à : 1/ identifier des stratégies thérapeutiques innovantes combinant l’utilisation de la radiothérapie et de nanoparticules qui augmentent son effet, 2/fournir des données expérimentales robustes pour optimiser les traitements combinés en soin du cancer , 3/réduire, à terme la résistance tumorale aux traitements actuels. À plus long terme, ces travaux pourraient servir de base au développement de nouvelles approches thérapeutiques plus efficaces et potentiellement mieux tolérées, susceptibles d’améliorer la prise en charge des patients atteints de glioblastome.
Procédures
Les animaux seront placés sous anesthésie générale pendant l’implantation des tumeurs et pendant les traitements. Ils recevront également des médicaments anti douleurs si nécessaire. Ils recevront un traitement de chimiothérapie et un traitement de radiothérapie ou la combinaison des deux traitements. Comme c’est le cas pour les humains, les animaux seront suivis par imagerie médicale. Le nombre d’interventions sera de 2 à 5 selon les groupes auxquels les animaux appartiennent. La durée des procédures varie de quelques minutes à 1h maximum.
Impact sur les animaux
L’imagerie sur animl vivant, la pose de cathéter dans la veine de la queue et la procédure de radiothérapie, qui seront réalisées sous anesthésie générale, présentent des contraintes légère pour les animaux. La chirurgie pour implanter les tumeurs cérébrales peut induire des douleurs, elle sera conduite sous anesthésie générale avec délivrance d’antalgiques. Le développement de la tumeur peut engendrer l’apparition de troubles neurologiques dus à l'effet de masse induit par la tumeur en phase terminale, c'est-à-dire à partir de 3 semaines après l'implantation de la tumeur (troubles du mouvement, perte d'appétit). Les autres effets indésirables attendus sont les douleurs induites des effets indésirables possibles des chimiothérapies (pertes d’appétit, toxicité rénale).
Devenir
A l’issue des procédures, les animaux seront mis à mort pour obtenir un prélèvement cérébral. Différentes analyses seront réalisées sur ces prélèvements. Certains groupes de rats seront suivis dans le temps pour évaluer l’efficacité des traitements.
Remplacement
Il n'existe pas à ce jour de méthodes alternatives (n'impliquant pas d'animaux vivants) qui permettent l'étude de l’efficacité thérapeutique en combinaison avec la radiothérapie. En effet, l’appréciation de l’efficacité d’une technique de thérapie anticancéreuse nécessite le passage par un organisme reflétant la complexité des interactions entre le tissu sain et le tissu tumoral, la présence d’une vascularisation tumorale, d’un système immunitaire et le microenvironnement tumoral. Les modèles de tumeurs les plus reproductibles et à croissance rapide ont été développés chez les rongeurs. L’un des outils permettant de mesurer l’efficacité thérapeutique, que nous utiliserons dans le cadre de cette étude, est le suivi de la régression ou progression tumorales dans le temps. Les agents de chimiothérapie qui seront testés ont déjà été utilisés dans le cadre d’études précliniques ou cliniques. L’étape d’expérimentation animale que nous proposons permettra de progresser dans la mise au point de ces nouvelles thérapies antitumorales et de procéder à leur évaluation pré-clinique avant de réaliser des essais cliniques chez l’homme. Il n'existe pas de méthodes alternatives pour réaliser ce travail.
Réduction
Le nombre d’animaux par groupe a été dimensionné avec un logiciel dédié et sur la base de notre expérience, et prend en en compte la variabilité biologique inhérente aux modèles tumoraux. Il garantit une puissance statistique suffisante pour mettre en évidence des différences de faibles amplitudes entre les groupes traités avec les particules chargées avec une drogue anticancéreuse + radiothérapie et les groupes injectés avec la chimiothérapie de référence + radiothérapie. Afin de réduire le nombre de composés à évaluer, beaucoup d'essais ont déjà été réalisés sur des cellules en culture. Les chimiothérapies (ou nanoparticules) qui seront testées sur l’animal auront été préalablement testées et validées sur des cultures de cellules tumorales (2D et/ou 3D). Seuls les composés les plus performants seront testés chez l’animal. Dans la mesure du possible, les différentes particules seront testées en parallèle, afin de mutualiser les groupes contrôles et d'éviter de constituer des groupes contrôles redondants. Les expériences seront répétées en faisant varier les paramètres liés à l’agent thérapeutique (concentration en nanoparticules, taux de charge en chimiothérapie). Le nombre d’animaux par groupes contrôles sera alors réduit à 5. Approche statistique : La significativité des courbes de survie et celle des résultats obtenus pour l'analyse histologique seront testées. Pour les études IRM, les groupes seront comparés en utilisant des tests dédiés.
Raffinement
Des mesures de raffinement ont été adoptées afin de réduire la douleur, notamment en mettant en place des points limites. Les animaux arriveront à l’animalerie une semaine avant l’implantation tumorale pour acclimatation et seront hébergés en groupes. Nous utiliserons la procédure d’enrichissement définie par la SBEA et l’animalerie rongeur. Afin de réduire le stress et la douleur des procédures chirurgicales, de l’imagerie et de la radiothérapie, ces procédures sont réalisées sous anesthésie générale, en utilisant pour chacune des étapes les analgésiques et anesthésiques les plus adaptés à chacune des situations L’état de santé des animaux sera surveillé tout au long de l’expérience et évalué grâce à une grille codifiant les symptômes observés lors de l’examen clinique. Pendant la première phase de l’expérience (durant les 13 jours entre l’implantation des cellules tumorales et le premier examen IRM), l’examen clinique sera réalisé tous les 2 jours, car l’état général des animaux n’est pas affecté à ce stade. Après traitement, les animaux seront examinés 1 fois par jour pendant les 6 premières semaines, puis un jour sur 2 ou 3 en cas de bonne santé générale jusqu'à la fin de l’étude. Le suivi sera intensifié si un l’état de santé d’un animal se dégrade. Cela nous permettra d’intervenir immédiatement et de manière appropriée dès le moindre signe de souffrance. Les animaux sont mis à mort lorsque les points limites seront atteints. Toutes les mesures nécessaires seront prises pour réduire la souffrance des animaux. L’ensemble des expérimentations seront réalisées sous anesthésie adaptée, les animaux seront maintenus en température et un suivi de la fréquence cardiaque et respiratoire sera effectué lors des séances d'IRM. L'administration d’antalgiques sera considérée pour soulager la douleur.
Choix des espèces
Le rat est une espèce adéquate car il existe un degré de similitude important avec le cerveau humain. De plus, le cerveau du rat est suffisamment gros pour permettre d’obtenir des images IRM assez résolues et de réaliser des irradiations dans de bonnes conditions de préservation des tissus sains. Les modèles tumoraux les plus reproductibles et les plus rapides, conduisant à une utilisation optimisée, plus efficace et sur un plus petit nombre d’animaux, sont disponibles essentiellement chez la souris et le rat. Cela concerne en particulier la littérature abondante des irradiations comparables à nos expériences. Les lignées de cellules tumorales chez le rat que nous utiliserons sont bien adaptées pour étudier les effets de la radiothérapie sur le microenvironnement tumoral. L’ensemble des animaux sera utilisé à l'âge adulte (6 à 8 semaines pour le rat). Les protocoles sont optimisés pour des animaux de cet âge, ce qui permettra un transfert sans difficulté pour ces expérimentations.
Etude des processus sensorimoteurs chez la souris en condition physiologique et dans un modèle de la maladie de Parkinson
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Une lésion cérébrale prive des souris de leur autonomie à se nourrir et à s'hydrater pendant dix jours, avec troubles moteurs et perte de poids, pour reproduire la maladie de Parkinson. 317 souris vont être utilisées, toutes tuées pour prélever le cerveau, 154 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, 143 un niveau modéré et 20 sous anesthésie sans réveil. Elles subissent une chirurgie d'implantation de deux à quatre heures, une trépanation, puis des séances d'enregistrement de quatre à six heures, la tête maintenue par un système de contention sur un tapis roulant, avec jusqu'à un mois d'entraînement quotidien. Le porteur écrit qu'aucune manipulation douloureuse n'est pratiquée sur un animal éveillé et que la prise en charge de la douleur est optimisée "pour que les animaux ne ressentent aucune douleur", tout en classant son modèle lésionnel en gravité sévère.
Objectifs
Les patients atteints de la maladie de Parkinson présentent des troubles sensorimoteurs ainsi qu’une détérioration de la qualité de leur sommeil. Ce projet propose d’étudier les mécanismes neuronaux responsables de ces troubles dans un modèle murin de la maladie de Parkinson par une approche anatomique, comparative, comportementale et électrophysiologique. Ce projet est focalisé sur la Zona Incerta, une aire cérébrale qui apparaît en clinique comme une nouvelle cible thérapeutique des symptômes moteurs dans la maladie de Parkinson.
Bénéfices attendus
Le traitement actuel des troubles moteurs engendrés par la maladie de Parkinson repose sur la stimulation cérébrale profonde qui requiert une chirurgie lourde et ne permet pas l’arrêt de la progression de la maladie. En clinique, la Zona Incerta apparaît comme une cible prometteuse de la stimulation cérébrale profonde pour soulager les symptômes moteurs de la maladie de Parkinson. Toutefois, les types cellulaires et les circuits de la ZI responsables de ces effets restent mal définis. La cartographie fonctionnelle complète de la ZI reste encore à établir pour comprendre son rôle dans l’intégration sensorimotrice en conditions physiologiques et pathologiques. Notamment, une meilleure compréhension de l’anatomie et la fonction de la Zona Incerta permettra d’établir plus précisément le rôle de celle-ci dans la suppression d’informations motrices et sensorielles non pertinentes pour l’exécution fluide des mouvements dans un modèle murin de la maladie, et ainsi d’ouvrir la voie à des traitements plus ciblés pour les patients.
Procédures
Aucun prélèvement, aucune manipulation douloureuse ne sera réalisée sur un animal éveillé. A- Interventions sous anesthésie : 1- Une chirurgie d’implantation (2-4h). 2- Une trépanation (1-2h). 3- Enregistrements de l’activité cérébrale et injection intracérébrale de traceurs neuronaux ou d’agents inducteur de la maladie de Parkinson (4-6h). L'ensemble des trois interventions seront réalisées sur moins de la moitié des souris. B- Interventions comportementales : 4- Manipulation et habituation (sessions quotidiennes de 10 minutes, sur plusieurs semaines). 5- Entraînement comportemental (1 session par jour, maximum 4h par session pendant un mois avec pauses régulières). 6- Enregistrements de l'activité cérébrale (1 session par jour pendant 1 à 5 jours consécutifs, durée maximale par session : 4h). C- Interventions terminales : 7- Prélèvement du cerveau pour analyses anatomiques et moléculaires ou pour des enregistrements d’activité in vitro. Durée moyenne d’une procédure complète : 10 minutes à 3 mois maximum par animal.
Impact sur les animaux
A- Ce projet nécessite des enregistrements électrophysiologiques sur la souris vigile. L’immobilisation est une source de stress pour la plupart des animaux. Dans ce projet, la souris est partiellement immobilisée : elle est placée sur un tapis roulant qu’elle peut mouvoir ou non, sa tête maintenue de manière indolore par un système de contention. Contrairement aux protocoles de contention utilisés pour induire un stress, le corps et les pattes de la souris ne sont ici pas contenus ou immobilisés : elle est libre de bouger, ajuster sa posture, se toiletter. B- Aucun prélèvement ni manipulation douloureuse n’est réalisé sur un animal éveillé ; toutes les interventions chirurgicales sont effectuées sous anesthésie générale profonde, avec analgésie appropriée. Après une intervention chirurgicale, une souris pourrait présenter une perte de poids, une hypothermie, des signes de douleur tels qu'une posture et/ou une mobilité anormale(s), des comportements anormaux, une absence de toilettage, la cicatrisation de la plaie pourrait ne pas être parfaite. Les animaux seront temporairement isolés pendant 24h suite à une chirurgie, ce qui peut entraîner un stress. C- Ce projet implique de travailler avec un modèle murin de la maladie de Parkinson. Ce modèle lésionnel est sévère puisqu’il implique une perte de poids conséquente sur un maximum de 10 jours ainsi que le développement de problèmes moteurs et un possible trouble de la motivation..
Devenir
Les animaux seront mis à mort pour prélever le cerveau en vue d’effectuer des analyses anatomiques et moléculaires ou pour des enregistrements d’activité in vitro.
Remplacement
Il n’existe actuellement pas d’alternative à l’utilisation de modèles animaux pour l’approche des mécanismes sensorimoteurs et l’étude des maladies neurodégénératives. La neuropsychologie humaine, la modélisation théorique des fonctions cognitives de haut niveau, ainsi que les cultures de neurones ne constituent pas actuellement une alternative pour l’étude des processus moteurs et de perception sensorielle à l’échelle cellulaire. L’étude des mécanismes neurophysiologiques des processus cognitifs se faisait jusqu’à maintenant essentiellement chez des modèles primates non-humains. Avec cette étude nous voulons profiter des avantages qu’apporte la souris (modèles génétiques et identification des neurones plus aisée) pour raffiner notre compréhension des processus sensorimoteurs à un niveau cellulaire.
Réduction
Notre modèle d’étude permet de réduire considérablement le nombre de souris nécessaires pour une étude donnée : - un même animal participe à plusieurs sessions d’enregistrements, jusqu’à 5 jours consécutifs ; - les différents tests comportementaux que nous proposons pourront être réalisés sur chacune des souris, évitant la multiplication des groupes d’animaux ; - les données recueillies sur chaque animal sont multiples : activité de plusieurs régions cérébrales, au cours de différents états de vigilance et comportements, et partagées avec la communauté scientifique ; - chaque souris est son propre contrôle, divisant par deux le nombre d’animaux nécessaires et permettant d'appliquer des tests statistiques pour mesures répétées. Ensuite, les injections de traceurs sont réalisées sous contrôle électrophysiologique limitant ainsi drastiquement les erreurs de localisation.
Raffinement
Dans ce projet, les enregistrements électrophysiologiques seront combinés à des tâches comportementales ce qui permettra de réduire le nombre d'animaux et d'obtenir des données riches. La prise en charge de la douleur pendant la chirurgie et en post-opératoire est optimisée pour que les animaux ne ressentent aucune douleur. Le projet implique la mise en place d’un état pathologique de classe sévère affectant l’autonomie des souris à s’hydrater et se nourrir pendant 10 jours, donc une perte de poids. L’état de santé des souris (poids, poil, signes éventuels de douleur) sera surveillé tout au long de l’expérience. Une grille de score est utilisée pendant toute la durée post-opératoire afin d'avoir une mesure objective de la récupération de l'animal et de son bien-être. Des jouets sont placés dans la cage afin que les animaux disposent d’un environnement enrichi. Des points limites clairs et objectifs ont été définis afin de limiter au maximum toute souffrance. Plus spécifiquement, notre modèle d’étude a été développé avec une attention particulière au bien-être de nos souris : 1- pour réaliser des enregistrements au cours du cycle veille-sommeil naturel de l'animal ; 2- sans générer de douleur, toutes les interventions chirurgicales étant réalisées sous anesthésie ; 3- en prenant soin de juguler le stress de l’animal par une habituation adaptée, douce et très progressive à la contention ; 4- avec de nombreuses périodes de "handling" de l'animal ; 5- après chaque manipulation (habituation ou handling), l’animal retourne dans sa cage et est récompensé : la répétition des manipulations, toujours récompensées, permet à l’animal d’appréhender le caractère prédictif, récompensé, et non douloureux de la contention.
Choix des espèces
La souris a été choisie comme modèle d'étude car il existe présentement des outils moléculaires et génétiques développés chez la souris uniquement, donc non disponibles à ce jour pour d’autres espèces animales. Par exemple, la technique d’optogénétique permet d’activer ou d’inactiver de manière spécifique une région cérébrale. L’impact d’une telle manipulation sur l’activité des régions cérébrales étudiées peut être quantifié, et le rôle fonctionnel de ces régions peut être élucidé. Nous travaillons avec des animaux de 8 à 20 semaines c'est-à-dire de jeunes adultes ayant atteint leur maturité cérébrale. Le stade de développement jeune adulte/adulte (autour de 2-4 mois d'âge) est essentiel pour étudier un système mature stable (croissance terminée) mais non vieillissant. De surcroît, ce projet se place au niveau de l’étude des circuits neuronaux (enregistrement d’activité neuronale). Les populations de neurones étudiées sont à 90% similaires à celle de l’Homme assurant une bonne transférabilité des résultats pour le niveau d’étude considéré.