Procédures sévères
Impact de l’obésité sur la réponse osseuse à la charge et à la décharge mécanique chez la souris femelle
- Recherche appliquée
- Troubles musculosquelettiques
- Recherche fondamentale
- Système musculosquelettique
160 souris femelles vont être utilisées dans des procédures d'un niveau de souffrance modéré à sévère, toutes tuées à l'issue. La moitié suivent un régime gras, puis toutes sont suspendues par la queue pour immobiliser leurs pattes arrière, ou centrifugées à deux fois la gravité, afin de mesurer la réaction de leurs os à l'inactivité ou à la surcharge. Le porteur situe l'intérêt de ces mesures pour la santé osseuse des personnes obèses au long terme. Il décrit la suspension et la centrifugation comme sources possibles de perte de poids, de vertiges et de baisse d'appétit.
Objectifs
Le projet vise à comprendre comment l’obésité modifie la façon dont nos os réagissent à l’activité physique ou à la sédentarité. L’obésité est un problème de santé majeur, associé à de nombreuses maladies, mais son impact sur la solidité et la régénération des os reste mal connu. Nous étudierons ce phénomène chez des souris nourries avec un régime standard ou un régime riche en graisses, soumises à deux conditions extrêmes : l’inactivité forcée (la suspension de la queue simulant la sédentarité ou la microgravité) et la surcharge mécanique (la centrifugation à 2G équivalent d’un effort intensif). Après ces expériences, nous analyserons la structure des os, ainsi que les changements cellulaires, moléculaires et génétiques. Ces travaux permettront de mieux comprendre comment l’obésité perturbe la réponse mécanique du squelette et d’identifier de possibles différences entre mâles et femelles. Les résultats constitueront une base de données pour la recherche sur la santé du squelette, avec des implications pour la prévention et les traitements adaptés à chaque profil métabolique.
Bénéfices attendus
Le projet cherche à comprendre en détail comment les cellules qui contrôlent la santé des os (les ostéocytes) réagissent aux mouvements ou au manque d’activité lorsque l’organisme est en situation d’obésité. Ces cellules jouent un rôle essentiel : elles resentent les pressions et les forces exercées sur les os et ajustent leur solidité en conséquence. En étudiant leur comportement dans un contexte d’obésité, nous espérons découvrir pourquoi les os des personnes obèses ne réagissent pas toujours de la même manière à l’exercice physique ou à l’inactivité. Les résultats de ce travail seront utiles à la communauté scientifique, en apportant de nouvelles données accessibles à tous dans les domaines de la physiologie osseuse et du métabolisme. À plus long terme, ces connaissances aideront les chercheurs et les médecins à mieux comprendre les effets de la sédentarité et de l’exercice sur le squelette des personnes obèses, et à adapter les traitements contre la perte osseuse selon le profil métabolique de chaque patient.
Procédures
Micro-tomographie aux rayons X : On réalise des images des os (tibia et fémur gauches) des souris pour observer leur structure. Les souris sont endormies, puis placées dans un appareil de scanner pendant environ 30 minutes. Ces acquisitions sont faits plusieurs fois (aux semaines 24 et 26, avant et après une contrainte mécanique). Après, les souris sont remises dans leur cage une fois réveillées. La dose de rayons X utilisée est faible et ne présente pas de danger pour leur santé ni pour leurs os. Injection de tétracycline : On injecte un produit (tétracycline) à deux moments précis (jours 7 et 12) pour marquer les zones où l’os est en train de se former. Cela permet ensuite de mieux étudier la croissance osseuse. Mesure de la glycémie : Le taux de sucre dans le sang est mesuré après 4 heures de jeûne. On prélève une petite goutte de sang au niveau de la mâchoire à l’aide d’une lancette, puis on nettoie et on comprime la zone. Ces mesures sont réalisées trois fois (semaines 18, 24 et 26).
Impact sur les animaux
Suspension : Les souris sont placées seules dans leur cage avec un aménagement simple. Cela permet de limiter l’utilisation de leurs pattes arrière pour les besoins de l’étude. On observe parfois une petite perte de poids au début, mais leur état se stabilise ensuite. Le dispositif est conçu pour éviter les blessures, notamment au niveau de la queue. Si une irritation apparaît, elle est soignée. Les souris en suspension peuvent se déplacer en utilisant leurs pattes avant et ont un accès facile à la nourriture et à l’eau. Centrifugation : La centrifugation en 2g (exposition à une force équivalente à 2 fois la gravité) ne provoque pas de stress important, mais peut entraîner des vertiges. Cela peut réduire temporairement leur appétit et leur consommation d’eau pendant 1 à 2 jours, et ralentir légèrement leur prise de poids. Les souris sont surveillées en continu (vidéo), et leur poids ainsi que leur alimentation sont régulièrement contrôlés avant, pendant et après l’expérience.
Devenir
Toutes les analyses complémentaires et les prélèvements d’échantillons sont réalisés à la fin de l’expérience. Les souris sont alors euthanasiées par du personnel qualifié, selon une procédure encadrée visant à éviter toute souffrance. Cette étape permet de prélever différents organes afin de réaliser des analyses approfondies (au niveau des cellules, des tissus et du fonctionnement de l’organisme).
Remplacement
Aujourd’hui, il n’existe pas de modèle en laboratoire (sur cellules) ni de simulation informatique capable de reproduire la complexité du fonctionnement de l’os dans un organisme vivant. L’os est influencé par de nombreuses cellules différentes et par plusieurs systèmes du corps (comme les hormones, le métabolisme ou le système immunitaire), qui interagissent en permanence. Les expériences réalisées sur des cellules permettent d’étudier certains facteurs séparément (comme l’obésité ou les contraintes mécaniques), mais elles ne reflètent pas l’ensemble des interactions qui se produisent dans un organisme entier. Dans notre étude, nous combinons ces facteurs pour observer leurs effets globaux sur l’os. Cela inclut des éléments importants comme les hormones, le métabolisme ou les molécules circulant dans le sang, qui ne peuvent pas être reproduits en laboratoire. La souris est donc utilisée comme modèle, car son fonctionnement osseux et son métabolisme sont proches de ceux de l’être humain et permet d’étudier de manière plus complète comment l’os réagit dans des conditions proches de la réalité. Enfin, les résultats obtenus chez la souris aideront à améliorer les futurs modèles en laboratoire, en apportant des données plus précises pour mieux reproduire le fonctionnement réel du corps.
Réduction
Il n’existe pas d’étude portant sur des souris femelles obèses soumises à des protocoles de suspension ou de centrifugation. Le nombre de souris utilisées a été calculé pour être le minimum nécessaire afin d’obtenir des résultats fiables. Ce calcul s’appuie à la fois sur l’expérience du laboratoire et sur des données scientifiques déjà publiées. Des analyses statistiques ont permis d’estimer le nombre d’animaux requis, en tenant compte des variations entre individus et de la précision des mesures. Ainsi, 20 souris par groupe sont nécessaires pour réaliser l’ensemble des analyses. Enfin, l’étude est organisée de manière rigoureuse (plusieurs groupes, conditions identiques, répartition équilibrée selon le poids) afin de garantir des résultats fiables tout en limitant le nombre d’animaux utilisés.
Raffinement
Pendant toute l’expérience, les souris sont suivies de près par du personnel formé afin d’assurer leur bien-être. Elles reçoivent des soins attentifs tout au long du protocole. Elles sont hébergées dans des cages adaptées aux conditions de l’étude (suspension ou centrifugation). Pour la suspension, les souris sont placées seules dans des cages aménagées de façon à empêcher l’utilisation de leurs pattes arrière. Les souris sont surveillées tous les jours, et même deux fois par jour pendant les phases les plus contraignantes. Les chercheurs vérifient leur état général (poids, pelage, comportement, alimentation, digestion) ainsi que tout signe de stress ou de souffrance. Une légère perte de poids peut apparaître au début, mais elle est temporaire et le poids se stabilise ensuite. Si un animal présente des signes importants de souffrance (par exemple une perte de poids trop importante), il est immédiatement retiré de l’étude. Les manipulations sont réalisées de manière à limiter au maximum le stress : les souris sont endormies pour certaines procédures et se réveillent dans leur cage. Des dispositifs adaptés permettent d’éviter les irritations ou blessures, et tout problème éventuel est pris en charge rapidement. Enfin, leur poids et leur alimentation sont régulièrement contrôlés tout au long de l’étude pour s’assurer que leur état reste satisfaisant.
Choix des espèces
Les modèles invertébrés ne sont pas adaptés à l'étude de la physiologie osseuse car ils possèdent un exosquelette chitineux et non un endosquelette osseux. Pour les vertébrés, les rongeurs, et en particulier la souris, représentent modèles les plus pertinents et les moins exposés aux contraintes éthiques ou logistiques. La souris est un modèle robuste pour l'étude de l’os et des effets de la charge/décharge mécanique. Elle permet l’analyse fine des mécanismes moléculaires, cellulaires et tissulaires spécifiques impliqués dans l’homéostasie osseux. Le modèle murin utilisé ici pour simuler les contraintes mécaniques de décharge et charge mécanique, est particulièrement adapté, en raison de la petite taille et le poids de la souris qui limite l’impact des manipulations expérimentales. Ce modèle permet également le suivi in vivo de la cinétique de la perte osseuse par micro-tomographie aux rayons X ainsi que la récupération post-mortem des tissus et organes nécessaires aux analyses histologiques et moléculaires. Nous utiliserons des souris femelles adultes, nous commenceront le régime riche en graisses à 8 semaine d’âge et les souris auront l’âge de 26 semaines quand protocole se termine (mise à mort et prélèvement de tissus par dissection). Le recours à des souris plus jeunes introduirait un biais de confusion important lié à la croissance active de la souris avec des retombées directes et indirectes sur le squelette. De plus, le choix est également dicté par le besoin d’utiliser des souris matures sur le plan squelettique au moment de la stimulation par charge et décharge mécanique. Concernant l’induction de l’obésité, les souris recevront un régime riche en graisses à partir de 8 semaines correspondant à 16 semaines avant la contrainte mécanique. Cette durée est nécessaire pour induire une obésité stable et reproductible. L’obésité étant un facteur clé de l’étude, ce délai est indispensable pour garantir la validité des comparaisons entre groupes et la robustesse des résultats obtenus.
Etude d’efficacité de nouveaux candidats médicaments dans deux modèles de souris de Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA), ou maladie de Charcot (MODIFICATIONS)
- Recherche appliquée
- Troubles nerveux
Génétiquement modifiées pour développer une forme de sclérose latérale amyotrophique, 3 030 souris perdent progressivement l'usage de leurs membres postérieurs, jusqu'à la paralysie pour l'une des lignées, dans des procédures d'un niveau de souffrance modéré à sévère. Elles reçoivent des administrations répétées de candidats médicaments par voie orale, intraveineuse ou intrathécale sous anesthésie, des prélèvements de sang mensuels et une pose de pompe sous-cutanée. Toutes sont tuées, une partie dès l'atteinte d'un point limite avant la fin, pour prélever leurs organes. Le porteur revendique le recours à l'animal comme "incontournable", faute de méthode évaluant les symptômes moteurs de la maladie.
Objectifs
La Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA), appelée couramment maladie de Charcot, est une maladie neurodégénérative qui se caractérise par une dégénérescence progressive des neurones du cortex moteur, des motoneurones du tronc cérébral et de la moelle épinière. On distingue des formes sporadiques et des formes familiales. Quelle que soit la forme de la maladie, les signes cliniques sont identiques. Cependant, en fonction de la région initiale d’atteinte, on distingue deux variétés de SLA : (1) une forme spinale qui affecte tout d’abord les motoneurones de la moelle épinière et qui est caractérisée par une atteinte de la motricité des membres supérieurs et inférieurs; et (2) une forme bulbaire, affectant les motoneurones du tronc cérébral et provoquant des troubles de la parole et de la déglutition. Au cours des 25 dernières années, la recherche sur les patients SLA a révélé des mutations dans plus de 20 gènes, dont 2 d’entre eux sont les plus affectés et ont été associés à des cas familiaux de la SLA. Des mutations de ces 2 gènes ont été associées à la neurodégénérescence observée dans la SLA. Par conséquent, ces deux gènes font actuellement l’objet de nombreuses recherches, notamment pour le développement de stratégies thérapeutiques. Afin d’étudier la progression de la maladie et d’aider au développement de nouveaux candidats médicaments, des modèles de souris transgéniques ont été générés pour mettre en évidence les mécanismes physiopathologiques responsables de la dégénérescence moto-neuronale observée dans la SLA. Par conséquent et pour étudier deux voies fortement représentés chez les malades de la SLA, nous utiliserons dans ce projet deux modèles de souris transgéniques dont les deux gènes d'intérêt ont été modifiés et présentant des signes pathologiques qui reprennent la pathologie humaine sous sa forme spinale avec une dégénérescence progressive des motoneurones entraînant un déficit moteur progressif. Les souris présentent, à partir de 6 semaines, des tremblements des membres inférieurs, des signes de faiblesse musculaire ainsi que des déficits moteurs qui s’aggrave avec l’âge. Ces deux modèles fournissent des outils précieux pour identifier les mécanismes sous-jacents à la pathogenèse SLA et pour étudier les stratégies thérapeutiques à mettre en place pour arrêter la maladie, et dans notre cas, d’étudier l’efficacité de nouveaux candidats médicaments.
Bénéfices attendus
La sclérose latérale amyotrophique (SLA), ou maladie de Charcot, est une maladie neurodégénérative caractérisée par une perte des motoneurones à la fois centraux et périphériques. Il s'agit de la plus fréquente des maladies du motoneurone de l'adulte (environ 2.5 malades pour 100000 habitants en France). Son diagnostic repose avant tout sur des éléments cliniques et l'exclusion d'autres pathologies. Ainsi, le délai entre l'apparition des symptômes et la pose du diagnostic est souvent long (9 à 13 mois), alors même que l'évolution de la maladie est rapide, avec un décès survenant généralement dans les 3 à 5 ans (le plus souvent par détresse respiratoire). Il s'agit d'une pathologie complexe et hétérogène dont les processus physiopathologiques sont encore mal compris. Les seuls traitements actuellement utilisés chez les patients atteints de SLA ne permettent, tout au plus, qu'une amélioration mineure de la survie, avec des résultats controversés. Ainsi, ce projet est utile pour avancer dans le traitement de cette maladie et donc le développement de nouveaux candidats médicaments.
Procédures
Dans ce projet, 2 lignées d’animaux génétiquement modifiés à phénotype dommageable sont étudiées. Les deux lignées sont des modèles de la sclérose latérale amyotrophique (ou maladie de charcot) mais ne développent pas la maladie de la même façon puisque les voies altérées dans les deux lignées sont différentes. Pour la lignée SOD1, les animaux développent des déficits moteurs qui évoluent tout au long de la vie de l’animal pour atteindre une paralysie des membres postérieurs et une diminution significative du poids (points limites définis dans le projet). Pour la lignée TDP-43, les animaux développent des déficits moteurs qui évoluent assez rapidement et se limite au bout de quelques semaines à une atteinte des membres postérieurs induisant une démarche laborieuse. Contrairement à la lignée SOD1, aucune paralysie des membres postérieurs n’est observée, les animaux ne montrent pas de perte de poids significative et il n’y a pas de mort prématurée observable sur la durée de notre projet. Des administrations seront réalisées sur animaux vigiles (1 à 2 minutes selon le type d’administration hormis pour les administrations intrathécales (MODIFICATION) ET SOUS-CUTANÉES CONTINUES PAR POMPE OSMOTIQUE. Les fréquences d'administration dépendront des caractéristiques pharmacologiques des candidats médicaments. La fréquence et la durée maximales d'administration sont définies selon le type d'administration utilisée de la façon suivante : -Administration orale, intrapéritonéale ou sous-cutanée : 1 administration par jour pendant 3 mois -Administration intraveineuse : 2 administrations par semaine pendant 3 mois -Intranasale : 1 administration par jour pendant 6 mois -Intrathécales 3 administrations maximum réalisées sous anesthésie générale à une fréquence d’une par mois (temps minimal entre chaque administration). La durée de l’administration sera de 15-20 min environ. MODIFICATION : -SOUS CUTANÉE CONTINUE PAR IMPLANTATION DE POMPE OSMOTIQUE 15 MINUTES ENVIRON PAS PLUS DE 3 RENOUVELLEMENT AVEC 2 SEMAINES ENTRE CHAQUE RENOUVELLEMENT MINIMUM. Des prélèvements de sang à la veine mandibulaire seront réalisés tous les mois (durée environ 2 min). MODIFICATION : UN PRELEVEMENT DE LIQUIDE CEPHALO-RACHIDIEN POURRA ETRE REALISE SOUS ANESTHESIE GENERALE ET ANALGESIE JUSTE AVANT LA MORT DE L’ANIMAL (DUREE DU PRELEVEMENT 20 MIN MAXIMUM).
Impact sur les animaux
Ces modèles de souris transgéniques présentent des phénotypes dommageables avec une dégénérescence progressive des motoneurones entraînant un déficit moteur. Pour une des lignées, les animaux développent des difficultés progressives de mouvements des membres postérieurs, de perte de poids significative ou de mort prématurée avant la fin de l’étude. Les animaux issus de l'autre lignée utilisée dans ce projet développent également des difficultés progressives de mouvements des membres postérieurs allant jusqu’à la paralysie complète. Chez le fournisseur, les animaux à l'âge de 10 jours sont soumis au prélèvement d'un petit morceau de queue utilisé comme matériel biologique pour le génotypage. Lors du transport des animaux par avion d'une durée maximale de 5 jours (entre le moment où les animaux sortent de l’animalerie du fournisseur et celui où ils arrivent dans nos locaux), les animaux jeunes (3-4 semaines au minimum soit après sevrage) peuvent présenter un déficit moteur précoce léger dans le cas de la première lignée. Lors de l’administration d’une nouvelle molécule, différents effets indésirables peuvent être observés tels que : l’inconfort dû à l’injection, une diminution ou une augmentation de l’activité. Dans notre projet, des études in vivo ont déjà été réalisées au préalable avec les candidats médicaments et ne montrent aucune toxicité particulière de ceux-ci. Les futurs candidats médicaments peuvent avoir différents mode d’administration. Une administration (intra-veineuse, per os, sous-cutanée, intrapéritonéale ou intranasale) d’un candidat médicament entraîne une contention de l’animal qui peut induire un stress particulier. L’administration dans la colonne vertébrale sous l'arachnoïde au niveau lombaire (intrathécale) (MODIFICATION) ET L’IMPLANTATION D’UN DISPOSITIF DE DIFFUSION DE CANDIDAT MÉDICAMENT EN SOUS-CUTANÉ seront réalisées sous anesthésie générale précédée d’une analgésie. Ces actes peuvent entrainer une perte de poids des animaux ainsi qu'une légère déshydratation durant 24 à 48h. Un risque de lésion de la moelle épinière est possible dans moins de 5% des cas (MODIFICATION) POUR L’ADMINISTRATION INTRATHÉCALE. Un stress peut également être présent lors de la manipulation des animaux pour leur passage dans les différents tests moteurs. Des prélèvements de sang au niveau de la veine submandibulaire seront réalisés avec un intervalle minimal d’un mois sur animaux anesthésiés.
Devenir
En fin d’étude, pour des analyses sérologiques, histologiques, moléculaires et immunohistochimiques, les animaux seront soumis à différents types de prélèvements (organes) post mortem. L’ensemble des animaux arrivant au point limite avant la fin de l’étude comportementale sera mis à mort.
Remplacement
L’étude du comportement animal est une étape essentielle dans le développement des médicaments actifs sur le système nerveux. L’effet de molécules sur le comportement est la conséquence de leur action au niveau de l’ensemble de l’organisme et en particulier sur le système nerveux. La mise en évidence de ces effets est réalisée sur un organisme vivant entier. Pour être valide, un modèle alternatif devrait prendre en compte l’ensemble des phénomènes pharmacologiques, biochimiques et physiologiques qui ont lieu chez l’animal. A ce jour, aucun test in vitro ou in silico ne permet de rendre compte d’un grand nombre de ces phénomènes, et en particulier ceux qui conditionnent le comportement. Les tests utilisés pour les études comportementales ne peuvent donc pas être remplacés par des méthodes alternatives. Pour le présent projet : il n’existe pas de méthode alternative permettant d’évaluer les symptômes moteurs de la Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA). Le recours à l’animal de laboratoire s’avère donc incontournable pour étudier l’efficacité de nouvelles molécules.
Réduction
Les études internes précédemment réalisée dans notre EU sur les tests moteurs utilisés dans ce projet avec d’autres lignées ont montré qu’un nombre d’animaux égal à 15 par groupe est nécessaire pour observer des effets significatifs des candidats médicaments dans les tests comportementaux utilisés dans cette étude. Pour chacune des procédures, des tests statistiques seront réalisés. Les données seront présentées en moyenne et erreurs standard à la moyenne (SEM). Les différences entre les groupes seront évaluées à l’aide de tests paramétriques. Les tests paramétriques seront utilisés car présentant une puissance statistique supérieure aux tests non paramétriques c’est-à-dire permettant la mise en évidence d’une différence avec des effectifs plus faibles. Des tests non paramétriques pourront être utilisés en deuxième intentions. Le choix des tests paramétriques ou non paramétriques sera fait en fonction des résultats obtenus dans le test de normalité. Afin de limiter le nombre d’animaux utilisés, en plus des analyses comportementales, des prélèvements de sang et d’organes seront réalisés sur les animaux pour des études complémentaires.
Raffinement
(MODIFICATION) L’éleveur des animaux a obtenu la certification AAALAC et ISO9001. La certification AAALAC oblige à suivre une réglementation internationale très stricte en matière de bien-être animal et du principe des 3R. Une période d’habituation sans expérimentation est laissée aux animaux d’au minimum une semaine après leur arrivée. Durant cette période d'habituation, les animaux sont soumis à une évaluation journalière suivant la grille scoring mais aucune pesée de sera réalisée pour éviter un stress supplémentaire lié à la préhension de l'animal en surplus du stress récent induit par le transport et le changement d'environnement. Les souris seront ensuite pesées une fois par semaine. Lorsqu’une perte de poids sera observée, la fréquence des pesée pourra être augmentée en fonction de la perte de poids et de l‘apparition des déficits moteurs. Par ailleurs, leur état général sera évalué selon notre grille de surveillance pour détecter des signes éventuels de douleurs. De ce fait, si un animal atteint à un moment donné de l'expérience, un des points limites définis, il sera immédiatement mis à mort. Des procédures particulières seront mises en place suivant l’atteinte moteur des animaux (alimentation hydratée et hydrogel placé dans le fond de la cage). Les prélèvements de sang seront réalisés sous anesthésie générale afin de réduire le stress des animaux. Pour les procédures chirurgicales, les souris sont maintenues sur des tapis chauffants et les conditions d’anesthésie générale avec analgésique sont réalisées pour une meilleure prise en compte de la douleur. Après ces chirurgies et afin de faciliter leur convalescence, de l’hydrogel sera placé dans le fond de la cage pour les premières 24h et plus si besoin. Le poids des animaux sera suivi quotidiennement pendant une période minimale de (MODIFICATION) 48 OU 72h SELON LA CHIRURGIE et jusqu’à reprise du poids initial. Des procédures particulières pourront être mise en place en cas d’altération de l’état physique des animaux après la chirurgie (mise en place d’une analgésie, alimentation hydratée et hydrogel dans le fond de la cage en concertation avec le vétérinaire). Une période d’au moins (MODIFICATION) 7 À 10 jours de récupération sera respectée (MODIFICATION) SELON la chirurgie avant que les animaux ne soient soumis à un autre test de comportement.
Choix des espèces
Le répertoire comportemental des rongeurs correspond aux domaines de recherche abordés, contrairement à des espèces présentant un système nerveux central moins développé. La souris est le modèle le plus courant en première intention pour évaluer les effets de candidats médicaments, et les données obtenues nous permettent maintenant de calculer les doses administrables à l'homme prévues dans le cadre de premiers essais cliniques nécessaires au développement de nouveaux médicaments. Dans le cas de ce projet, la proximité clinique entre le modèle animal et la maladie humaine fait de celui-ci le modèle le plus fiable pour étudier l’effet des traitements sur cette pathologie dans toute sa complexité. En effet, les animaux sont essentiels pour modéliser les mécanismes physiopathologiques de la SLA. Ils sont donc nécessaires pour évaluer l'efficacité des candidats médicaments. Au minimum 5 semaines pour la lignée TDP-43 et 12-13 semaines pour la lignée SOD1 au début de l’analyse comportementale. Dans ce projet, l’expérience et l’administration de traitements sont initiés à un moment où les animaux sont jeunes, avant le début des premiers symptômes pour pouvoir commencer à administrer le candidat médicament au moment où les premiers symptômes de la maladie apparaissent. Le génotypage est effectué chez le fournisseur à l'âge de 10 jours. Ils partiront de chez lui, après sevrage, à l'âge de 3-4 semaines pour la lignée TDP-43 (au minimum) et plus tardivement pour les souris SOD1 (au minimum 10 semaines).
Etude de la réponse thérapeutique aux chimiothérapies dans les cancers du sang chez la souris. MODIFICATION.
- Recherche appliquée
- Cancers
- Recherche fondamentale
- Oncologie
Les souris atteignant un point limite clinique sont mises à mort, les autres tuées au plus tard quatre mois après l'injection. 2228 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures d'un niveau de souffrance sévère. On leur injecte des cellules de leucémie humaine dans la veine de la queue, avec des ponctions de moelle osseuse au fémur sous anesthésie, la maladie provoquant une hypertrophie de la rate qui gêne les déplacements et peut faire souffrir. La rate et la moelle sont prélevées après la mort pour analyse cellulaire, l'objectif affiché restant de comprendre le mécanisme d'action de la chimiothérapie.
Objectifs
Les agents de chimiothérapie utilisés pour soigner les patients atteints de leucémie (cancer du sang) ont des mécanismes d’action variés, mais leur action précise et majoritaire est encore incertaine. Le projet a pour objectif de mieux comprendre les effets de la chimiothérapie classiquement utilisée pour soigner les leucémies. Nous étudierons en particulier l’importance d’un gène qui participe à la mort des cellules cancéreuses lorsque les patients sont traités avec la chimiothérapie. L’objectif est de comprendre par quels mécanismes la protéine issue de ce gène peut entrainer la mort des cellules cancéreuses.
Bénéfices attendus
Chez les patients atteints de leucémies, les rechutes sont très fréquentes après les traitements par chimiothérapie, en particulier chez les personnes âgées de plus de 60 ans. Les progrès à faire passeront par une meilleure compréhension des mécanismes d’action précis des chimiothérapies, qui pourront alors être améliorées. Ce projet permettra d’approfondir les connaissances sur la chimiothérapie et son mode d’action. Comprendre la manière dont la chimiothérapie conduit à la mort des cellules cancéreuses permet de travailler sur l’amélioration des traitements à plus long terme.
Procédures
Pour mettre en place le modèle de leucémie, les animaux seront soumis à une injection des cellules leucémiques par intraveineuse dans la queue. Cette procédure dure environ 20 secondes et se fait sans anesthésie. L’apparition de la maladie sera suivie par ponction de moelle osseuse (qui est le site d’expansion de ces cellules cancéreuses). Ce prélèvement sera fait au niveau du fémur, dans une patte arrière. Il se fait sous anesthésie et dure environ 2 à 3 minutes. Quand les souris commenceront à être malades, elles seront traitées avec une molécule administrée par injection dans l'abdomen (environ 5 à 10 secondes) et une molécule administrée en intra-veineuse dans la queue (environ 20 à 30 secondes). Ces procédures sont faites sans anesthésie. Pour une partie des souris, des séances d'imagerie seront réalisées (suivi des cellules cancéreuses dans l'animal vivant). Après injection d'une solution permettant de visualiser les cellules d'intérêt (injection dans l'abdomen; durée de 20 secondes), les souris sont anesthésiées puis placées dans un équipement d'imagerie avec maintien de l'anesthésie. Des images sont enregistrées sur une durée de 10 minutes maximum, avant l'arrêt de l'anesthésie et le réveil de l'animal.
Impact sur les animaux
La manipulation des souris pour le traitement engendre un stress, le souris pouvant être traitées quotidiennement pendant maximum 5 jours. Quand la leucémie se développe, la rate des souris grossit (splénomégalie). Cela peut gêner leur mobilité normale. On peut aussi penser qu’elle cause des douleurs même si des signes visibles de douleur ne sont que rarement présents en cas de splénomégalie faible ou modérée. Quand les souris sont traitées avec la chimiothérapie, elles peuvent perdre du poids à partir du troisième jour du traitement. Elles ont alors le poil moins régulier et parfois le dos voûté. Ces effets ont une durée de 2 à 3 jours.
Devenir
Tous les animaux seront systématiquement euthanasiés au maximum 4 mois post-injection si pas d’atteinte du point limite. Les organes cibles de la prolifération des cellules cancéreuses (rate, moelle osseuse) seront prélevés en post-mortem pour une analyse au niveau cellulaire.
Remplacement
Nous avons au préalable testé la chimiothérapie sur des modèles de cellules cancéreuses en culture. Le passage dans l’animal est maintenant nécessaire pour reproduire les conditions physiologiques d’un organisme proche de l’homme, pour confirmer et approfondir les hypothèses.
Réduction
Nous utilisons un nombre suffisant et optimal d’animaux par groupe pour avoir des différences statistiquement significatives entre les groupes. Pour réduire le nombre d’animaux utilisés, différents temps de traitement seront testés en même temps afin de comparer les différents groupes testés à un seul et unique groupe contrôle.
Raffinement
Les animaux seront hébergés en groupes pour respecter leur comportement naturel. Ils seront surveillés quotidiennement, et une grille d’évaluation, tenant compte de leur apparence de leur comportement et d’un suivi clinique, sera tenue chaque semaine de façon à définir des points limites de douleur/souffrance suffisamment précoces pour déclencher le recours à l’euthanasie si ces points limites étaient atteints. Ce suivi sera quotidien lors de la phase de traitement. En cas de perte de mobilité, l’accès à la nourriture sera facilité. Les cages seront enrichies pour améliorer le bien-être des animaux. La ponction de moelle osseuse ainsi que l'imagerie seront réalisées sous anesthésie générale avec maintien de la température corporelle (utilisation de support à 37°C).
Choix des espèces
La souris est un petit mammifère suffisamment proche de l’Homme pour les expériences menées dans ce projet. Le gène étudié ainsi que la fonction de la protéine qui en découle sont très proches entre l’homme et la souris. Les molécules testées sont à administrer par différentes voies, toutes disponibles sur l’espèce animale choisie. De plus, le contrôle de leur bien-être au quotidien est facilité car les signes de souffrance/douleur ont été bien caractérisés chez cette espèce. Les leucémies touchent des cellules à un stade précoce de leur développement, ce qui nous conduit à utiliser des souris jeunes adultes de 6 à 8 semaines pour nos expérimentations.
ANTIBIORESISTANCE ET RECALCITRANCE DE SOUCHES CLINIQUES: UTILISATION DE MODELES MURINS DANS L’ETUDE DE NOUVELLES MOLECULES ANTIMICROBIENNES.
- Recherche appliquée
- Maladies infectieuses
Pour tester quatre peptides antimicrobiens sur des bactéries résistantes, 2700 souris vont être utilisées, dont 2220 dans des procédures d'un niveau de souffrance sévère, toutes tuées à l'issue. Elles sont infectées par des bactéries injectées, ce qui peut provoquer douleur, perte de poids et affaiblissement, avec suivi de la température par voie rectale. Les organes sont prélevés après mise à mort pour mesurer l'effet et la toxicité des molécules. Le porteur qualifie l'étape animale d'"indispensable" et affirme qu'"aucune méthode alternative n'est disponible", après avoir reconnu l'efficacité déjà obtenue in vitro.
Objectifs
Chaque année, en France et dans le monde, des milliers de patients présentent une infection à bactérie multi ou hautement résistante aux antibiotiques et les patients se trouvent souvent dans une impasse thérapeutique. Deux phénomènes ont été identifiés comme responsables de l’échec de traitement : la résistance et la récalcitrance aux antibiotiques. La résistance se définit par l’acquisition bactérienne de nouveaux mécanismes permettant leur croissance en présence d’antibiotiques. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié un rapport stipulant que plus de 40 % des antibiotiques surveillés montrent une résistance accrue sur plusieurs types de bactéries . La résistance aux antimicrobiens est donc devenue un problème majeur de santé publique. Plusieurs études réalisées dans notre laboratoire ont prouvé l'efficacité in vitro de 4 nouveaux peptides anti-microbiens sur ces bactéries. Point majeur : aucune résistance bactérienne n’a pu être mise en évidence. Démontrer maintenant leur efficacité in vivo, dans un modèle murin d’infection représente une étape indispensable dans leur validation thérapeutique. La récalcitrance se définit par la capacité d’une population bactérienne, sensible à un antibiotique donné, à entrer en dormance, survivre au traitement et se remultiplier une fois le traitement arrêté, causant des rechutes infectieuses. Nous sommes capables au laboratoire d’induire de la récalcitrance et nous avons à notre disposition 10 couples isogéniques. Ces souches sont isolées de patients ayant développé une infection (souche initiale) puis une rechute (souche de rechute) après traitement antibiotique. De nouvelles données sur les changements phénotypiques transistoires dans la population bactérienne pourront être ainsi collectées et nous renseigneront sur les niches qui pendant l’infection, permettent à certaines bactéries normalement sensibles de survivre aux traitements antibiotiques, découlant sur des phénomènes de rechute et de récurrences infectieuses à l’arrêt du traitement.
Bénéfices attendus
Ce projet de recherche représente une étape indispensable dans la validation de nouvelles molécules antibiotiques. L’antibiorésistance et la récalcitrance sont des phénomènes qui concernent à la fois la santé animale et la santé humaine. En France, chaque année 125 000 infections et 5 500 décès sont attribuables aux échecs de traitement des infections. Ce projet implique des bactéries pathogènes du groupe ESKAPE qui constituent un ensemble de bactéries conduisant à des infections nosocomiales qui, selon l’organisation mondiale de la santé (OMS), représente une menace planétaire du fait de leurs multiples résistances aux antibiotiques et leur diffusion au sein des hôpitaux. Une étude chez l’animal permettra d’analyser et d’envisager, dans un second temps, une étude d’évaluation de différents protocoles thérapeuthiques chez l’Homme. La recherche préclinique sur l'animal est en effet une étape indispensable, permettant de s'assurer que les médicaments ou les protocoles de soin sont sûrs et efficaces, avant de les proposer aux malades.
Procédures
Les gestes techniques pratiqués sur animal vigile sont : injection par voie peritoneale, injection par voie intraveineuse ou injection en sous-cutané, pesée ds animaux et prise de température rectale. Ces gestes ne durent que quelques secondes chacun, les injections sont limitées à un seul par animal et par jour.
Impact sur les animaux
L'injection de bactéries chez la souris peut provoquer de la douleur et de la souffrance. Elle peut engendrer également une baisse d'activité, une perte de poids et un affaiblissement général. Les doses de bactéries injectées seront calibrées pour minimiser ces effets. Les antibiotiques que nous utilisons dans le modèle de récalcitrance ont déjà été testés sur l’animal et ne provoquent pas d’effets secondaires
Devenir
Afin de caractériser l'effet de nos traîtements, notemment l'effet biologique, nous devons récupérer en fin d'expérience les organes des animaux traîtés et non traîtés. Nous devons pour cela procéder à l'euthanasie de l'ensemble des animaux du projet. L'étude moléculaire des tissus des organes est indispensable pour évaluer les effets de nos nouvelles molécules ainsi que leur toxicité.
Remplacement
Les modèles ex vivo apportent des informations intéressantes puisqu’ils renseignent sur la capacité de ces molécules à être actives sur des bactéries cultivées in vitro. Mais ils ne permettent pas de renseigner sur l’évolution in vivo, donnée essentielle pour mesurer leur efficacité réelle. Dans cette étude, l’utilisation d’animaux est nécessaire en raison de la complexité du sepsis, qui affecte plusieurs organes en même temps. Pour bien comprendre cette maladie, il est indispensable d’étudier ses effets sur un organisme entier. Par ailleurs, les résultats obtenus chez les rongeurs, lorsqu’ils sont cohérents entre différents modèles, reflètent généralement bien ce qui se passe chez l’Homme. Aucune méthode alternative n'est disponible actuellement.
Réduction
Pour limiter le nombre d’animaux utilisés, nous nous sommes basés sur les travaux précédents menés dans notre laboratoire, ainsi que sur une analyse approfondie de la littérature scientifique sur cette maladie. Nous avons optimisé les prélèvements de tissus après l’euthanasie de chaque animal. De plus, nous avons effectué un test statistique appelé calcul de puissance (avec une puissance de 90 % et un seuil d’erreur de 5 %) pour déterminer précisément le nombre d’animaux nécessaires par groupe.
Raffinement
Les animaux sont élevés dans des conditions adaptées: locaux confinés, portoirs ventilés, eau et nourriture ad libitum avec un maximum de 5 animaux par cage (Chaque animal est identifié à l’aide d'une bague numérotée). Aucun animal ne sera maintenu seul dans sa cage sauf en cas d’agressivité ou si des soins particuliers sont nécessaires. De l'eau gélifié, du coton pour faire leur nid, des jouets type tunnel pourront être ajoutés dans la cage. Une attention particulière sera porté au bien-être des animaux tout au long de l'étude. Nous surveillerons régulièrement les rongeurs pour détecter toute douleur excessive. L’état physique, le comportement seront vérifiés visuellement. Le poids sera suivi à l’aide d’une balance. La température corporelle sera mesurée avec un thermomètre rectal adapté aux rongeurs. Le suivi quotidien, pendant 7 jours permettra d'avoir un contrôle continu sur leur état de santé.
Choix des espèces
L’utilisation du modèle souris dans l’évaluation thérapeutique de nouvelles molécules est largement détaillée dans la littérature scientifique. Ce modèle simple est facilement reproductible. Les animaux seront âgés de 4 à 8 semaines. A ce stade de développement, les animaux sont de jeunes adultes avec un système immunitaire mature et une stabilisation de la croissance et du poids. Ce qui permet d'exclure des paramètres susceptibles d'interférer avec les résultats de l'expérimentation. Depuis plusieurs années un grand nombre d'études ont été publiées sur le sepsis en utilisant des rongeurs comme modèle animal. Leur utilisation nous permet de mieux situer nos résultats dans un contexte scientifique global. Ces modèles de rongeurs ont été largement étudiés, et l’on connaît bien leur cycle de vie ainsi que leurs éventuels impacts sur les expérimentations. Les rongeurs sont compatibles avec un large éventail de techniques pour analyser différents paramètres et mécanismes, y compris ceux que nous utiliserons dans cette étude. L’utilisation de souris est donc recommandée.
Exploration fonctionnelle du rôle du microbiote et des interactions neuro-immunes dans les douleurs oro-faciales
- Recherche fondamentale
- Organes sensoriels
- Système immunitaire
- Système nerveux
Soumises à une constriction chirurgicale du nerf sous l'orbite ou à une injection d'agent inflammatoire dans la joue, 996 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures d'un niveau de souffrance allant de léger à sévère. L'intervention peut entraîner une douleur postopératoire, un œdème et une hypersensibilité de la face persistant jusqu'à 60 jours, évaluée par des stimulations répétées au filament et au jet d'air lors de séances de 30 à 45 minutes sur animaux conscients. Le projet cherche à établir si un microbiote intestinal perturbé aggrave la douleur oro-faciale chronique, les retombées thérapeutiques restant annoncées à long terme. À l'issue du suivi, tous les animaux sont tués, une partie des prélèvements servant à l'entraînement technique du personnel.
Objectifs
La douleur chronique oro-faciale constitue un enjeu clinique majeur, en particulier en raison de la difficulté à en comprendre les mécanismes de transition depuis une douleur aiguë vers une forme persistante. Des travaux récents de notre équipe ont montré qu’un microbiote intestinal perturbé (ensemble des micro-organismes présents dans l’intestin) favorise l’apparition de douleurs chroniques après chirurgie de la patte. Nos résultats suggèrent que cette influence du microbiote s’exerce en modifiant l’activité des certaines cellules immunitaires localisées à proximité des neurones qui transmettent l’information douloureuse. Ces cellules immunitaires peuvent entretenir un état inflammatoire local, qui maintient l’activation excessive des neurones impliqués dans la transmission de la douleur, favorisant ainsi sa persistance. L’objectif principal de ce projet est de déterminer si un mécanisme comparable intervient dans la chronicisation de la douleur oro-faciale. Nous chercherons à comprendre comment le microbiote intestinal influence le dialogue entre cellules immunitaires et les neurones de la douleur faciale.
Bénéfices attendus
La douleur oro-faciale chronique est une pathologie fréquente et invalidante, pour laquelle les options thérapeutiques restent limitées en raison d’une compréhension encore incomplète des mécanismes responsables de sa persistance. Ces travaux permettront d’approfondir nos connaissances sur le dialogue entre les cellules nerveuses responsables de la transmission de la douleur et les cellules du système immunitaire qui peuvent moduler leur activité. À plus long terme, ces recherches pourraient contribuer au développement de nouveaux traitements de la douleur chronique oro-faciale.
Procédures
Une partie des animaux sera soumise à une intervention chirurgicale faciale, d’une durée de 5 à 10 minutes. D’autres animaux recevront une injection sous-cutanée à proximité de la joue, d’une substance provoquant une inflammation locale, procédure d’une durée d’environ 2 minutes. Toutes ces procédures seront réalisées sous anesthésie générale administrée par injection unique. Une prise en charge de la douleur sera mise en place avant les interventions chirurgicales par injection afin de prévenir la douleur, et sera renouvelée si évalué comme nécessaire, après l’intervention. L’ensemble des animaux participera à des tests comportementaux visant à mesurer leur sensibilité mécanique au niveau de la face. Ces tests sont réalisés sur animaux conscients, préalablement habitués à la manipulation et au dispositif expérimental. Chaque séance dure en moyenne 30 à 45 minutes, et sera répétée plusieurs fois au cours du suivi expérimental. Les évaluations comportementales après chirurgie seront réalisées aux jours 1, 3, 7, 14, 21, 28, 35, 45 et 60. Les évaluations comportementales après injection d'agent inflammatoire seront réalisées aux jours 1, 2, 10, 14, 21, 28, 35 et 45. À l’issue du suivi comportemental, les animaux recevront une analgésie suivie d'une anesthésie profonde. Une perfusion sera ensuite réalisée (durée 5 minutes) afin de permettre le prélèvement des tissus nécessaires aux analyses scientifiques.
Impact sur les animaux
Toutes les procédures seront réalisées après anesthésie générale des animaux, administrée une fois par injection. Une partie des animaux subiront une intervention chirurgicale au niveau du nerf infra-orbitaire, réalisée une seule fois par animal et d’une durée d’environ 10 minutes, consistant soit en une constriction du nerf, soit en un abord simple sans constriction (environ 5 minutes). Cette intervention implique une incision cutanée et une exposition nerveuse et peut entraîner une douleur post-opératoire, une inflammation locale, un œdème, un risque d’infection ainsi qu’une hypersensibilité mécanique faciale pouvant persister jusqu’à 60 jours dans le modèle avec constriction. D’autres animaux recevront une injection sous-cutanée unique d’un agent inflammatoire dans le coussinet de moustache, d’une durée d’environ 2 minutes. Cette injection peut induire une douleur locale, une inflammation et une hypersensibilité mécanique durant plusieurs jours. Une analgésie sera administrée par injection, avant les chirurgies. L’analgésie sera renouvelée à une fréquence maximale de deux injections par jour lorsque jugé comme nécessaire durant le suivi post-opératoire. Si pas d’amélioration au lendemain de l’administration de l’analgésie, les animaux seront euthanasiés (atteinte point limite). Les tests de sensibilité mécanique seront réalisés sur animaux conscients, à l’aide de stimulations par filaments mécaniques et par jet d’air, d’une durée de 30 à 45 minutes par session, ce qui peut induire un stress lié à la contention et aux stimulations répétées. Une perte de poids transitoire peut survenir dans les jours suivant la chirurgie.
Devenir
À l’issue des procédures, tous les animaux seront euthanasiés. Les prélèvements tissulaires réalisés auront deux finalités : une partie sera utilisée pour l’entraînement technique (tutorat) du personnel; les autres lots seront destinés aux analyses expérimentales finales.
Remplacement
La thématique principale du laboratoire étant l’étude de la physiologie de la douleur, le recours à un modèle animal est indispensable et aucune méthode de remplacement ne permet de répondre aux objectifs scientifiques du projet. En effet, la douleur correspond à un processus physiologique intégré impliquant l’ensemble de l’organisme et ne peut être dissociée de son contexte systémique. L’évaluation comportementale, qui constitue le point de départ de cette étude, résulte d’une intégration complexe des informations sensorielles depuis la périphérie jusqu’au système nerveux central. L’utilisation de la souris comme modèle expérimental permet par ailleurs d’étudier le rôle des interactions entre le microbiote intestinal et les compartiments neuro-immuns dans la physiologie de la douleur, notamment grâce à l’accès à des modèles murins génétiquement modifiés. Les approches in vitro, ex vivo ou in silico ont été envisagées mais ne permettent pas de reproduire cette intégration fonctionnelle globale ni d’évaluer les réponses comportementales associées à la douleur.
Réduction
Le plan expérimental a été conçu afin de limiter au maximum le nombre d’animaux utilisés tout en garantissant la fiabilité et la reproductibilité des résultats. Le nombre d’animaux a été estimé en tenant compte principalement de la variabilité attendue des réponses comportementales ainsi que de la nécessité d’intégrer des variables biologiques pertinentes telles que le sexe et le génotype. L’organisation des groupes expérimentaux permet d’obtenir des comparaisons fiables tout en évitant toute utilisation excessive d’animaux. Lorsque cela est possible, plusieurs types d’analyses seront réalisés à partir des mêmes individus, afin d’éviter la duplication des procédures expérimentales.
Raffinement
Les animaux seront hébergés en groupes sociaux dans des cages enrichies comprenant du matériel de nidification et des abris, afin de favoriser les comportements naturels et de réduire le stress. Les conditions environnementales (température, luminosité, bruit) seront stables et contrôlées. Les procédures expérimentales seront planifiées afin de limiter le stress, notamment par une habituation quotidienne de 5 jours aux manipulations, aux dispositifs expérimentaux et à l’expérimentateur. Les tests comportementaux seront réalisés dans des pièces dédiées, calmes et adaptées. Les expérimentateurs sont formés à la manipulation douce des animaux et à la détection des signes de douleur ou de détresse. Les interventions chirurgicales seront réalisées sous anesthésie générale, avec une analgésie préemptive et post-opératoire adaptée. Une alimentation liquide sera fournie durant les 3 jours suivant la chirurgie afin de limiter la douleur liée à la mastication et prévenir la perte de poids. Un arbre décisionnel accompagne chaque procédure expérimentale. Des points limites ont été définis à l’aide d’une grille d’observation . En cas de dépassement de ces critères, les animaux seront immédiatement retirés de l’étude et euthanasiés selon les procédures réglementaires en vigueur. Les stimulations mécaniques seront réalisées dans des dispositifs adaptés, sans dépasser les seuils recommandés. Les animaux feront l’objet d’une surveillance continue afin de détecter tout signe de détresse ou de comportement anormal persistant.
Choix des espèces
Chez la souris, les populations de neurones impliquées dans l’intégration des stimuli douloureux présentent de fortes similarités avec celles décrites chez l’Homme. De nombreux modèles de douleur neuropathique et inflammatoire sont bien établis et reproductibles chez cette espèce, permettant des comparaisons fiables avec les données publiées et une intégration cohérente dans la littérature internationale. L’utilisation de la souris permet en outre l’accès à un large panel de lignées génétiquement modifiées, indispensable pour l’étude des mécanismes cellulaires et moléculaires impliqués dans la physiologie de la douleur. Les animaux seront utilisés à l’âge adulte, à partir de 8 semaines, correspondant à un stade où le système trigéminal est pleinement mature et où les réponses comportementales à la stimulation mécanique sont stables et interprétables. Ce stade est également optimal pour la réalisation des analyses cellulaires et moléculaires prévues, sans interférence liée aux processus de développement ou de vieillissement.
Approches thérapeutiques des tumeurs osseuses primitives chez la souris immunodéprimée (ostéosarcome et sarcome d’Ewing) EU2/2
- Recherche fondamentale
- Oncologie
Choisies pour leur absence de défenses immunitaires et leur jeune âge, censé reproduire les tumeurs osseuses de l'enfant et de l'adolescent, 2880 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures d'un niveau de souffrance sévère. Chaque animal reçoit une greffe de cellules tumorales humaines près du tibia, puis jusqu'à 80 gavages et 80 injections dans l'abdomen sur seize semaines, avec des séances d'IRM sous anesthésie. Le développement tumoral peut provoquer une cachexie et une perte de mobilité, le volume de la tumeur servant de seuil de mise à mort. Les cellules tumorales et la chimiothérapie interdisant toute réutilisation, tous les animaux sont tués pour analyse.
Objectifs
L’objectif scientifique est de vérifier que les résultats obtenus in vitro dans les cellules d’ostéosarcome et de sarcome d’Ewing sont applicables aux modèles de xénogreffe (greffe de cellules humaines chez des rongeurs) d’ostéosarcome ou de sarcome d’Ewing chez la souris immunodéficiente dans un contexte environnemental complexe (vascularisation, effets secondaires, microenvironnement osseux …) avant toute application clinique. Le projet se déroulera dans 2 établissements utilisateurs.
Bénéfices attendus
Le projet porte sur l’étude de molécules capables d’inhiber le développement et la progression des tumeurs osseuses primitives et/ou le développement des lésions osseuses associées. Des études préliminaires ont été réalisées in vitro sur différents types de cellules d’ostéosarcome (humaines et murines) et de sarcome d’Ewing. Suite aux résultats les plus significatifs, des modèles animaux seront utilisés pour tester l’efficacité de ces molécules thérapeutiques dans un environnement in vivo complexe (os, tumeur…) pour une application thérapeutique potentielle chez l’homme.
Procédures
EU 1/2 : 960 souris recevront maximum 5 gavages/semaine pendant 16 semaines maximum soit 80 gavages, durée du geste : 1 minute. 960 souris recevront maximum 5 injections IP/semaine pendant 16 semaines maximum soirt 80 injections IP, durée du geste : 1 minute. 960 souris recevront maximum 5 injections IP et 5 gavages/semaine pendant 16 semaines maximum soirt 80 injections IP et 80 gavages, durée du geste : 1 minute. L'ensemble des animaux recevra une injection intamusculaire de cellules tumorales (1 minute). EU 2/2 : la procédure d'imagerie IRM nécessitera une injection IV d'une minute et 20 minutes d'acquisition. 6 IRM maximum seront réalisées.
Impact sur les animaux
Les nuisances attendues pour ce projet sont un stress lié à la contention et à l'anesthésie des animaux. Une douleur modérée associée à l'injection en paratibiale (injection intramusculaire proche de l'os). Le développement tumoral chez la souris pourra à terme, être associé à des effets délétères (cachexie). Le volume tumoral, bien que contrôlé 2 à 3 fois par semaine pourra entraîner une légère perte de mobilité. Une attention particulière sera portée à la mesure du volume tumorale qui constitue un critère d'arrêt décrit dans les points limites. L'imagerie, réalisée à l'aide d'un microscanner ou d’un IRM sous anesthésie isoflurane, peut également être source de stress pour les animaux.
Devenir
Tous les animaux seront injectés avec des cellules tumorales et recevront des traitements de chimiothérapie qui ne sont pas compatibles avec une éventuelle réutilisation.
Remplacement
Dans le cadre du développement clinique de nouvelles molécules à activité anti-tumorale et impliquée dans la résorption, des études préliminaires in vitro ont déjà été réalisées avec succès. Une évaluation pré clinique est cependant indispensable pour étudier les effets de ces molécules in vivo. Le modèle murin reste le plus adapté à ce type d'étude.
Réduction
Un nombre minimal et suffisant d'animaux par groupe est utilisé afin d'analyser de façon rigoureuse et efficace les résultats des expériences et d'effectuer des analyses statistiques. Compte-tenu d’études comparables déjà publiées, le nombre d’animaux par groupe correspond au nombre minimal requis pour atteindre une significativité statistique (n=8).
Raffinement
Afin de raffiner les procédures expérimentales, les animaux seront observés quotidiennement afin de détecter le plus précocement possible tout signe de douleur. La manipulation des animaux se fera sous anesthésie générale gazeuse, sur un tapis chauffant lors de la réalisation des gestes techniques. Une analgésie sera appliquée pour l'implantation des cellules tumorales et des points limites strictes et spécifiques du projet seront établis (détaillés dans le descriptif de la procédure). Les animaux seront hébergés en groupe, à raison de 4 par cage. Le transport à pieds sera effectué dans des cages adaptées (durée : 5 minutes, distance : 300 mètres). L'environnement sera adapté afin que les animaux puissent avoir un comportement aussi naturel que possible (litière adaptée à l'espèce, frisottis, maisonnette en carton...). L'alimentation et l'eau seront fournis ad libitum.
Choix des espèces
L’utilisation de souris immunodéprimées est choisie afin d’étudier le développement de nouvelles thérapies sur des tumeurs humaines dans un environnement in vivo complexe (os et tumeur). Nous utilisons de jeunes souris afin de mimer au mieux les tumeurs osseuses qui se développent chez l’enfant, l’adolescent ou le jeune adulte chez les patients. Réception de souris âgées de 4 semaines, utilisation après une semaine d’acclimatation (âgées de 5 semaines).
Évaluation d’une thérapie cellulaire tolérogène dans un modèle de transplantation rénale dans la souris humanisée
- Recherche appliquée
- Troubles immunitaires
Souris humanisées et immunodéficientes, 100 d'entre elles sont utilisées dans des procédures d'un niveau de souffrance modéré à sévère, toutes tuées, dont dix classées sévères. Chaque animal reçoit une greffe rénale sous anesthésie, des injections de la thérapie cellulaire testée et des prélèvements sanguins répétés. Le rejet du greffon peut provoquer perte de poids, œdèmes et détresse métabolique. Le porteur aligne des chiffres sur l'insuffisance rénale humaine, le bénéfice pour les patients restant au conditionnel et à long terme.
Objectifs
L’objectif de ce projet est de mieux comprendre pourquoi le corps rejette un organe greffé et de développer des traitements pour éviter ce rejet. Nous étudions une approche thérapeutique innovante utilisant des macrophages, des cellules du système immunitaire, que nous modifions pour qu’elles aident l’organisme à accepter la greffe plutôt que de la rejeter. Notre équipe a déjà testé cette méthode en laboratoire, sur des cellules cultivées in vitro, et les premiers résultats sont encourageants. Cependant, avant d’envisager son utilisation chez l’humain, il est indispensable de la tester sur des modèles animaux. Les expériences en laboratoire ne permettent pas, en effet, de reproduire tout ce qui se passe dans un organisme vivant. Par exemple, elles ne montrent pas comment les macrophages modifiés se déplacent jusqu’au greffon, comment ils interagissent avec les autres cellules de l’organe greffé, ni comment les médicaments anti-rejet influencent ces processus. Ces tests sur des modèles animaux nous permettront donc de valider notre approche et de mieux comprendre ces mécanismes complexes, avant de pouvoir passer à des essais chez l’humain.
Bénéfices attendus
L’insuffisance rénale chronique est une des causes de décès qui augmente le plus rapidement dans le monde, touchant 850 millions de personnes en 2023. D’ici 2040, elle pourrait devenir la cinquième cause de mortalité mondiale. En France, cette maladie concerne environ 10 % de la population, dont 90 000 patients atteints d’insuffisance rénale terminale nécessitant soit une hémodialyse, soit une transplantation rénale. Bien que la transplantation rénale améliore nettement la qualité de vie des patients, son efficacité est limitée par le rejet de greffe. Pour prévenir ce rejet, les patients doivent suivre un traitement immunosuppresseur quotidien qui inhibe leur système immunitaire. Cependant, malgré ces traitements, les rejets à long terme restent fréquents. Environ 45 % des greffons cessent de fonctionner après 10 ans, et ce taux n’a pas diminué depuis 20 ans. Cela s’explique en partie par le fait que les traitements actuels présentent une toxicité rénale à long terme. Notre projet a pour objectif principal de tester in vivo une nouvelle thérapie cellulaire basée sur le macrophage dans le rejet des greffes, notamment en explorant leurs récepteurs spécifiques. À moyen terme, ce travail fournira des informations clés sur les mécanismes impliqués. En optimisant la survie des greffons, ce projet pourrait significativement améliorer la durée de vie des greffes rénales à long terme et, par conséquent, la qualité de vie des patients.
Procédures
Greffe rénale sous anesthésie générale et analgésie en condition aseptique (30 minutes). Les souris vigiles subiront une injection intraveineuse (douleur légère et de courte durée) pour recevoir la thérapie cellulaire et/ou l’immunosuppression. Un prélèvement de sang à J2, J4 et J7 et 1 fois par semaine ensuite en changeant de côté à chaque fois sera effectué au niveau mandibulaire pour suivre la fonction du greffon rénale.
Impact sur les animaux
La greffe rénale est considérée comme une procédure de gravité modérée. Le rejet du greffon rénal peut entraîner une détérioration importante de l’état général de l’animal. Cela se manifeste notamment par une perte de poids, une accumulation anormale de liquides et de sel dans l’organisme (pouvant provoquer des gonflements ou des difficultés respiratoires), des démangeaisons, ainsi que des signes de détresse métabolique, tels qu’une augmentation des déchets toxiques dans le sang (urémie) ou une déshydratation. Par ailleurs, les contentions répétées, nécessaires pour le suivi post-opératoire (injections, prélèvements sanguins, évaluation clinique), sont susceptibles d’induire un stress modéré chez les souris vigiles, pouvant aggraver leur état physiologique et comportemental.
Devenir
A la fin de la procédure, toutes les souris seront euthanasiées pour prélèvement des organes et analyses.
Remplacement
Pour étudier le fonctionnement du système immunitaire lors de greffes, de traitements contre le rejet ou de l’utilisation de médicaments qui modulent l’immunité, il est indispensable d’utiliser un modèle animal, en particulier un mammifère doté d’un système immunitaire complexe. Les expériences sur des cultures cellulaires en laboratoire apportent des informations utiles, mais elles ne suffisent pas à reproduire la complexité du système immunitaire tel qu’il fonctionne dans un organisme vivant. Le modèle animal est donc essentiel pour vérifier que les thérapies développées dans ce projet sont réellement efficaces, car il inclut tous les acteurs cellulaires qui interagissent dans des conditions naturelles.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisés dans nos expériences est calculé avec précision grâce à un outil en ligne appelé EDA (Experimental Design Assistant). Cet outil, développé par le NC3Rs, une organisation scientifique basée au Royaume-Uni, aide les chercheurs du monde entier à appliquer les principes des 3R (Remplacer, Réduire, Raffiner). En suivant les standards recommandés pour les études sur les animaux, l’EDA calcule le nombre minimum nécessaire d’animaux pour obtenir des résultats fiables. Il s’assure que nous pourrons mettre en évidence l’efficacité de nos traitements tout en limitant autant que possible l’utilisation d’animaux.
Raffinement
Les souris humanisées issues d’un fond immunodéficient seront maintenues dans des cages avec couvercles filtrants pour les protéger des infections. Toutes les manipulations sont effectuées sous un poste microbiologique stérile pour garantir leur sécurité. Lors de la greffe rénale (procédure de gravité modérée), la gestion de la douleur comprend une anesthésie générale et une analgésie pendant et après l’intervention chirurgicale. Un suivi quotidien avec des critères précis (points limites) est mis en place pour surveiller leur état durant cette période. Pour réduire le stress physique, les souris reçoivent une alimentation sous forme de gel hydraté déposé au fond de la cage pour faciliter leur accès à la nourriture et à l’eau. Les animaux sont dès que les points limites définis dans la procédure sont atteints, garantissant leur bien-être autant que possible.
Choix des espèces
La Souris est un modèle de choix dans ce projet pour plusieurs raisons. Son système physiologique est très proche de celui de l’humain, ce qui permet d’étudier les réponses immunitaires et d’évaluer des thérapies cellulaires dans des conditions représentatives. Par rapport à d’autres espèces, la Souris présente des avantages pratiques et scientifiques. Elle est petite, facile à manipuler et nécessite moins d’espace et de ressources que des modèles plus grands comme les primates ou les porcs. De plus, les modèles murins utilisés dans ce projet sont validés par la communauté scientifique internationale, garantissant leur pertinence pour des études de pointe. Ils offrent une combinaison unique de complexité biologique, accessibilité expérimentale et pertinence pour des applications cliniques, ce qui les rend particulièrement adaptés aux recherches sur les thérapies innovantes. Enfin, la Souris est l’une des espèces les mieux caractérisées génétiquement. Les outils de modification génétique disponibles pour cette espèce sont très avancés, permettant de créer des modèles sur mesure adaptés à des questions de recherche spécifiques. Par exemple, des souris immunodéficientes sont utilisées ici pour étudier les thérapies cellulaires humaines en leur injectant des cellules souches humaines. Cela permet de recréer un environnement proche du système immunitaire humain, ce qui serait difficilement réalisable chez d’autres espèces. Ici, des souris immunodéficientes âgées de 6 semaines au maximum seront utilisées pour l’injection des cellules souches car le développement du système immunitaire humain prend environ 11 semaines post injection
Le rôle de la thrombine, acteur clé de la coagulation, dans le développement des anévrismes dans les vaisseaux du cerveau 1/2
- Recherche fondamentale
- Système cardiaque
Deux chirurgies de 40 et 50 minutes, l'implantation d'une pompe et des prélèvements sanguins par voie rétro-orbitaire: 768 souris vont être utilisées dans des procédures d'un niveau de souffrance sévère, toutes tuées, pour provoquer et étudier des anévrismes cérébraux. Le porteur indique qu'environ une souris sur dix meurt après chaque chirurgie et que la rupture d'un anévrisme entraîne des troubles sérieux. Il qualifie pourtant les atteintes de légères à modérées et adopte un registre rassurant pour un protocole classé sévère. Les survivantes sont tuées en fin d'expérience pour étudier leur cerveau.
Objectifs
Un anévrisme intracrânien, c’est comme une petite « bulle fragile » qui se forme dans un vaisseau sanguin du cerveau. Cela concerne environ 1 personne sur 25, surtout les femmes. Tant que cette bulle ne se rompt pas, elle passe inaperçue, mais si elle éclate, cela provoque une hémorragie cérébrale très grave, souvent fatale ou entraînant des séquelles irréversibles. Aujourd’hui, le seul moyen de traiter ces anévrismes est une intervention chirurgicale délicate, qui vise à isoler la zone fragilisée du reste de la circulation. Il n’existe donc pas encore de traitement médicamenteux capable de prévenir leur rupture. Nos recherches, qui se déroulent dans 2 établissement de recherche, s’intéressent à un processus central du sang : la coagulation. Normalement, ce mécanisme permet de réparer un vaisseau abîmé en formant un caillot. Mais dans les anévrismes, ce processus pourrait au contraire fragiliser la paroi et favoriser leur rupture. Nous étudions plus particulièrement une molécule clé appelée thrombine, qui déclenche la coagulation, et son « frein naturel », qui limite son action. Grâce à des modèles expérimentaux innovants en laboratoire, nous cherchons à comprendre si ce duo joue un rôle dans la rupture des anévrismes. À terme, nous espérons découvrir de nouvelles pistes pour prévenir leur rupture et protéger les patients à risque.
Bénéfices attendus
Ce projet de recherche vise à trouver de nouveaux traitements contre l’anévrisme du cerveau, une maladie qui peut avoir des conséquences dramatiques, parfois mortelles. Aujourd’hui, la seule option est une opération chirurgicale lourde, qui comporte des risques importants comme des séquelles neurologiques, des hémorragies ou même le coma. Nous explorons la piste de médicaments déjà utilisés chez l’être humain pour fluidifier le sang ou limiter l’activation des plaquettes en travaillant sur le rôle du sang et des molécules qui le composent dans cette maladie. Si ces approches se révèlent efficaces dans nos modèles expérimentaux, elles pourraient être adaptées rapidement aux patients atteints d’anévrisme. À long terme, l’objectif est d’offrir de nouvelles alternatives médicamenteuses, afin de mieux protéger les patients et de réduire le recours à la chirurgie.
Procédures
À l’exception de la mesure de la pression artérielle , l’ensemble des gestes techniques est réalisé chez des souris anesthésiées par anesthésie gazeuse afin d’éviter toute douleur. Tous les animaux inclus dans ce projet suivent une procédure expérimentale visant à induire la formation d’anévrismes cérébraux, correspondant à une dilatation anormale de certains vaisseaux sanguins du cerveau. Cette procédure repose sur deux interventions chirurgicales (d’une durée approximative de 40 minutes puis 50 minutes) destinées à modifier la circulation sanguine et la pression dans les vaisseaux. Lors de ces chirurgies, les animaux reçoivent systématiquement un traitement antidouleur adapté. Une troisième intervention chirurgicale est réalisée afin d’implanter une pompe sous la peau, permettant l’administration continue d’un traitement pendant plusieurs semaines. Des prélèvements sanguins de faible volume sont réalisés chez les animaux anesthésiés par voie rétro-orbitaire (au niveau de l’œil), à trois temps distincts au cours du projet, afin d’étudier l’évolution des paramètres sanguins. Chaque prélèvement dure environ une minute. La pression artérielle est mesurée chez les animaux éveillés, à des temps définis au cours de la procédure, lors de séances d’environ 30 minutes. Afin de limiter le stress, les souris sont habituées à la manipulation avant les mesures. Le bon déroulement des chirurgies et l’évolution de la maladie sont suivis grâce à des examens d’imagerie par résonance magnétique (IRM) réalisés chez des animaux anesthésiés. Deux séances d’IRM, espacées de 7 jours, sont effectuées, chacune d’une durée d’environ 30 minutes. Enfin, certains animaux reçoivent un traitement administré par l’alimentation, intégré directement dans les croquettes, afin d’évaluer son effet sur l’évolution de la pathologie. L'ensemble des interventions décrites dans ce projet auront lieu dans le laboratoire de rattachement à l'exception des séances d'IRM qui auront lieu sur le site de la plateforme technique d'imagerie située à 5 minutes à pieds du laboratoire de où les recherches se dérouleront.
Impact sur les animaux
Lors des interventions chirurgicales, certaines souris peuvent malheureusement ne pas survivre : environ 1 sur 10 après la première chirurgie, et une proportion similaire après la deuxième. Les souris qui restent en vie peuvent présenter des effets temporaires, généralement légers à modérés : - Douleur ou gêne pendant environ 1 jour après l’opération - Perte de poids temporaire - Difficultés de déplacement liées aux interventions ou à des troubles neurologiques - Stress lors des mesures de tension artérielle, qui nécessitent une manipulation - Irritation ou inflammation locale au niveau des sutures chirurgicales - Atteinte oculaire rare suite aux prélèvements sanguins rétro-orbitaux En cas de rupture d’anévrisme, des troubles plus sérieux peuvent apparaître, comme une perte de poids importante ou des difficultés motrices. Dans toutes ces situations, l’expérience est immédiatement arrêtée pour l’animal, afin de prévenir toute souffrance inutile.
Devenir
À la fin de l’expérience ou si l'anévrymse se rompt, les souris sont euthanasiées, afin d'étudier leur cerveau.
Remplacement
Pour comprendre comment les anévrismes du cerveau apparaissent et évoluent, nous devons utiliser des souris. C’est le seul moyen, car seul un organisme vivant complet peut vraiment développer cette maladie, un peu comme chez les humains. C 'est en observant ce qui se passe dans leurs vaisseaux sanguins — par exemple l’inflammation, les changements de la paroi des vaisseaux ou la façon dont le sang circule — que nous pouvons mieux comprendre comment l’anévrisme se développe et devient dangereux.
Réduction
Pour notre expérience, nous avons besoin d’un certain nombre de souris pour être sûrs que nos résultats soient fiables. Ce nombre a été calculé grace à des test statistiques. Nous allons utiliser plusieurs types de souris, certaines modifiées génétiquement nous permettant de comprendre el rôle de certains acteurs qui nous interessent dnas la maladies et d’autres souris normales, pour comparer les différences. Certaines souris recevront un médicament spécial pour voir comment il agit sur la maladie.
Raffinement
Après les opérations, les souris peuvent ressentir un peu de douleur ou être fatiguées. Pour limiter leur inconfort, elles reçoivent des médicaments contre la douleur et sont gardées au chaud sur un petit tapis chauffant. Les souris sont observées tous les jours pour vérifier qu’elles se déplacent, mangent et se comportent normalement. Des contrôles cliniques plus détaillés sont réalisés chaque jour à l’aide d’une grille de critères incluant la posture, la mobilité, l’alimentation et le comportement social. Ces observations permettent de détecter rapidement tout problème et de décider des actions à prendre : par exemple, donner un complément de médicaments contre la douleur, placer de la nourriture facile à attraper au sol si elles ont du mal à bouger, ou arrêter l’expérience et euthanasier l’animal si la douleur ou la perte de poids dépasse les points limites définis. Avant de mesurer leur tension artérielle, les souris sont habituees à la manipulation pour réduire le stress. Dans leurs cages, elles disposent de coton pour nidifier et de tunnels ou roues pour se cacher ou se déplacer librement, ce qui améliore leur confort et leur bien-être.
Choix des espèces
Les souris sont très utiles parce que leur corps fonctionne un peu comme celui des humains : leur cœur, leur sang et leurs défenses naturelles sont très semblables. Cela permet de mieux comprendre les maladies et de tester des traitements avant de passer aux humains. En plus, nous pouvons créer des souris « sur mesure » en modifiant certains gènes pour étudier exactement certaines protéines ou parties du corps. Pour ce projet, nous travaillons sur des souris adultes, car nous voulons étudier une maladie qui touche surtout les adultes. Nous nous intéressons particulièrement à une substance dans le sang appelée thrombine et à la façon dont le corps la contrôle, pour mieux comprendre comment se forment et évoluent les anévrismes dans le cerveau.
Rôle du système nerveux autonome dans l’étiologie de la sclérose latérale amyotrophique
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Porteuses d'une mutation SOD1 reproduisant la sclérose latérale amyotrophique, 624 souris vont être utilisées, toutes tuées, dont 168 dans des procédures d'un niveau de souffrance sévère. La maladie leur impose une dégradation motrice progressive des membres, et 48 d'entre elles subissent en plus l'implantation chirurgicale d'une sonde cardiovasculaire. Le porteur décrit une nage génératrice de stress et applique des points limites pour la phase sévère. Les animaux sont tués en fin de procédure pour retirer le capteur télémétrique et prélever leurs organes.
Objectifs
La sclérose latérale amyotrophique (SLA), également connue sous le nom de maladie de Charcot, est une maladie qui entraîne une dégradation progressive des neurones moteurs, les cellules chargées de transmettre la commande motrice produite par le cerveau vers les muscles. Chez l’homme, cette maladie est fatale dans les 3 à 5 ans suivant le diagnostic. Cette demande d’autorisation de protocole concerne un projet qui vise à caractériser les atteintes du système nerveux qui contrôle nos grandes fonctions telles que la digestion, la respiration, la fréquence cardiaque et la pression artérielle, grâce à un modèle de souris génétiquement modifiées qui sont atteintes de la SLA.
Bénéfices attendus
Les recherches que nous effectuons sur ce modèle animal pourrait déboucher sur l'identification de nouvelles cibles thérapeutiques pour traiter ou ralentir la progression de la SLA.
Procédures
Certains animaux subiront une chirurgie peu invasive d’une demi-heure environ pour implanter une sonde permettant de suivre leurs paramètres cardiovasculaires (n=48). Les autres animaux seront maintenus en vieillissement pour des prélèvements d’organes et de sang.
Impact sur les animaux
La mutation portée par les animaux est similaire à celle de l'homme. Ces animaux vont présenter des altérations motrices des membres antérieurs mais surtout postérieurs. Les animaux ayant été opérés pourront présenter des signes de douleur qui seront pris en charge de manière médicamenteuse. La nage peut générer du stress.
Devenir
Les animaux porteurs de la mutation SOD1 sont en procédure modérée jusqu’à P90 puis en procédure sévère de P90 à P120. Sur la base des lots décrits plus haut, 21 x12= 264 animaux seront utilisés en procédure légère (les WT) ; 10 x 12 = 120 animaux de P60 à P80 seront utilisés en phase modérée puis 14 x 12 = 168 de P90 à P120 en phase sévère. 6 groupes de 12 souris WT seront implantés avec une sonde télémétrique et seront donc en procédure modérée donc 72 souris. Totaux : 264 (procédure légère) + (120+72) = 192 en procédure modérée + 168 en procédure sévère = 624 animaux. L’ensemble des animaux seront mis à mort en fin de procédure afin de retirer le capteur télémétrique ou pour prélèvements sur animal euthanasié.
Remplacement
Il n’existe actuellement pas de méthode alternative suffisamment prédictive qui permettrait de se passer de l’utilisation d’animaux pour étudier la maladie de Charcot. Lorsqu’on s’intéresse aux altérations physiologiques induites par la dégénérescence neuronale il est impossible de se passer d’un modèle d’étude animal mammifère et de travailler sur des invertébrés ou des cellules différenciées
Réduction
Le nombre d’animaux a été déterminé par des méthodes statistiques ainsi que sur l’expérience que nous avons acquise au laboratoire depuis de nombreuses années sur ce modèle animal dans lequel il y a une variabilité interindividuelle importante quant à l’évolution des processus neurodégénératifs.
Raffinement
Les animaux seront hébergés au sein d'un établissement utilisateur agréé dans des conditions favorisant leur bien-être (enrichissement, suivi quotidien par du personnel qualifié). Les animaux présentant un phénotype dommageable seront suivis quotidiennement. Les mâles étant agressifs entre eux (lié au fond génétique B6SJLF1), leur nombre est limité à 4 dans une cage de taille moyenne et à 6 dans une grande cage. Nous ne regroupons jamais des animaux de portées différentes. Nous maintenons les animaux par portée d’origine et ne les séparons pas en fonction du génotype afin de limiter le stress du regroupement et les bagarres. De l’enrichissement sera aussi ajouté pour permettre un maximum de cachettes (maison en carton, tunnel, sizzlenest). Des points limites ont été mis en place et seront appliqués. Les animaliers sont formés à leur détection et préviennent les chercheurs dès les premiers signes.
Choix des espèces
L’identification de mutations génétiques à l’origine des formes héréditaires de SLA chez l’humain a permis l’élaboration de modèles murins de cette pathologie qui se développe à l’âge adulte avec l’apparition des premiers symptômes moteurs autour de 90 jours après la naissance.
Maintien de colonies de souris dystrophiques à phénotype dommageable pour l’étude de la myopathie de Duchenne
- Maintien des lignées génétiquement modifiées
- Recherche fondamentale
- Système musculosquelettique
12 550 souris sur cinq ans vont être utilisées pour entretenir des lignées reproduisant la myopathie de Duchenne, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à sévère. Chaque petit de 7 à 10 jours est tatoué aux orteils et amputé d'un fragment d'oreille pour déterminer s'il porte la maladie, et les mâles atteints développent avec l'âge une fonte musculaire pouvant atteindre le stade sévère. Cet élevage sert à produire, année après année, les souris malades destinées à de futurs projets. Les géniteurs retirés, les animaux au mauvais génotype et les femelles en surnombre sont tués, la plupart des femelles étant éliminées peu après la naissance sans même être identifiées.
Objectifs
Contexte : La DMD est une maladie rare qui touche 1 garçon sur 3500 environ. Elle est causée par des mutations dans un gène du chromosome X qui code la dystrophine, une protéine essentielle aux fibres musculaires. Les patients présentent une fonte musculaire progressive. Ils perdent la marche vers l’adolescence et décèdent vers 25-30 ans. Animaux : Pour comprendre les mécanismes de la DMD et évaluer des traitements et dispositifs médicaux, nous utilisons plusieurs lignées de souris OGM modèles de la DMD, qui permettent d’étudier plusieurs facettes de la maladie. Objectif : l’objectif du projet est de prélever sur les animaux âgés de 7-10 jours un fragment de tissu de manière invasive (fragment du pavillon de l’oreille), pour génotypage par PCR. Les animaux seront identifiés en parallèle par micro-tatouage des orteils.
Bénéfices attendus
Ce projet concerne l’élevage de souris dystrophiques et le prélèvement de tissus pour déterminer si les animaux sont malades ou sains. Il va permettre de produire les individus nécessaires au renouvellement des géniteurs et aux études pour comprendre et traiter la dystrophie musculaire de Duchenne, une myopathie rare et sévère, toujours fatale à ce jour pour les garçons qui en sont atteints. Des Demandes d’Autorisations de Projet seront ensuite déposées, utilisant ces modèles pour décrire les mécanismes de la maladie, préciser les rôles de plusieurs gènes qui modulent la sévérité chez l’homme comme chez la souris, déterminer l’utilité préclinique de nouvelles procédures et outils d’exploration fonctionnelle, et évaluer l’efficacité de candidats-médicaments.
Procédures
Les animaux âgés de 7-10 jours seront systématiquement identifiés individuellement par tatouage des orteils. Ils seront manipulés pendant environ 1 minute environ pour prélever un petit fragment du pavillon de l’oreille avec du matériel stérile afin de déterminer s’ils sont sains ou malades.
Impact sur les animaux
Les animaux subiront un stress léger lors de la manipulation et une douleur légère lors du prélèvement (environ 6’270 individus sur 5 ans). Concernant les nuisances des animaux OGM, on distingue 2 catégories : Catégorie 1 : jusqu’au sevrage, les animaux n’ont aucun signe de la maladie. Jusque vers 12 mois environ, les animaux présentent des mécanismes spontanés de compensation de la maladie. Le phénotype passe lentement de normal à léger. Vers 12 mois, les reproducteurs sont retirés des accouplements. Entre 13 et 24 mois (si nécessaires dans de futurs projets), le mécanisme de compensation s’épuise et la fonte musculaire s’installe progressivement, associée à des défauts de posture (faiblesse des muscles du dos), une faiblesse respiratoire et une atteinte cardiaque. Grâce aux mesures de raffinement, le phénotype évolue lentement de léger à modéré (12-24 mois). Au-delà de 24 mois (si nécessaire dans de futurs projets), les animaux sont amaigris, voutés et moins mobiles (classe sévère). Les mesures mises en place pour assurer un hébergement en groupe et faciliter l’accès à la nourriture et à la boisson assurent une espérance de vie normale. Catégorie 2 : jusqu’au sevrage, les animaux n’ont aucun signe de la maladie. Entre 1 et 3 mois environ, les animaux présentent des mécanismes peu performants de compensation de l’atteinte musculaire. Cependant, les signes de la maladie restent imperceptibles (comme ci-dessus), associé à un phénotype léger. Entre 3 mois et 24 mois environ, les animaux montrent une fonte musculaire lentement progressive. Par rapport à la catégorie 1, la maladie est plus précoce, l’évolution plus linéaire, et la présentation clinique est plus prononcée vers la fin. Le phénotype évolue lentement de normal à sévère entre 3 et 24 mois environ.
Devenir
A la fin de chaque procédure, les géniteurs retirés de la reproduction, les animaux n’ayant pas le génotype voulu et les femelles surnuméraires non utilisées dans les protocoles seront mis à mort. Une partie des animaux seront gardés en vie pour une utilisation continue en expérimentation selon des modalités décrites dans les demandes qui seront soumises séparément.
Remplacement
Les cultures de cellules musculaires ne peuvent pas répondre aux questions que nous nous posons sur les maladies qui touchent le maintien du muscle mature. En effet, les cultures de cellules ne reproduisent pas la diversité des types cellulaires et la complexité des interactions qui existent dans le muscle après la naissance. En général, les cultures de cellules musculaires permettent de reproduire le développement initial du muscle (par exemple lors du développement embryonnaire), mais elles restent trop immatures pour servir de modèles aux maladies qui touchent le muscle des patients après la naissance. En l’absence de méthodes alternatives non-animales, nous sommes contraints d’utiliser des animaux vivants pour atteindre les objectifs du projet. A notre connaissance, il s’agit de la seule approche scientifiquement valide pour augmenter nos connaissances et pour obtenir des données précliniques pertinentes susceptibles de permettre une transition vers des essais cliniques chez l’Homme pour traiter des maladies neuromusculaires à ce jour toujours fatales.
Réduction
Nous avons développé une expertise pour maintenir des colonies de souris dystrophiques en utilisant un minimum de géniteurs. Notamment, nous utilisons des accouplements collectifs datés (2-3 mâles visitent périodiquement des groupes de 4 à 8 femelles) comme alternatives aux trios conventionnels (1 mâle et 2 femelles). Cela réduit de 30-50% le nombre de géniteurs mâles nécessaires pour l’élevage. Pour limiter la production d’animaux inutiles, la production ne se déroule pas en continu mais via des campagnes de production destinées à assurer le remplacement des géniteurs et production des cohortes expérimentales (décrites séparément). Comme la maladie DMD touche les garçons, les expériences utilisent presque exclusivement des mâles. On conserve également des mâles pour la reproduction. La production des mâles (géniteurs et expériences) s’accompagne d’une production de femelles. On prélève du tissu pour déterminer si les animaux sont sains ou malades uniquement sur certaines femelles. La plupart des femelles sont éliminées peu après la naissance sans procéder à l’identification (micro-tatouage) ni au prélèvement de tissu.
Raffinement
Des points limites prédictifs et précoces sont mis en place pour mettre en évidence tout problème ou anomalie chez nos animaux et décider des mesures à prendre pour limiter leur douleur, souffrance ou angoisse. Les accouplements collectifs datés permettent de garder ensemble les 2 mâles après qu’ils ont visité un groupe de femelles : ils ne montrent pas d’agressivité l’un envers l’autre et n’ont pas besoin de passer l’essentiel de leur vie isolés. Chez les femelles dystrophiques, la gestation et la lactation peuvent causer un stress énergétique associé à du cannibalisme et un retard de croissance des petits. On évite cette situation en pratiquant des accouplements datés, qui permettent de regrouper plusieurs femelles vers la fin de la gestation. Elles reçoivent alors des abris de grande taille et un supplément d’enrichissement pour construire un nid commun pour la fin de la gestation, la mise bas et l’allaitement. Dans ces conditions, les femelles mettent bas simultanément, et maintiennent les petits dans le nid commun, ce qui limite la perte de chaleur des petits. La faible production de lait d’une femelle peut être compensée par ses congénères. Les jeunes femelles en trop sont éliminées dès que possible. Ces procédures favorisent la survie des petits nécessaires au maintien de la colonie et aux expériences, et assurent une croissance homogène. On facilite l’accès à la nourriture et à la boisson des femelles gestantes et allaitantes en plaçant des granulés directement dans la cage et en utilisant des tétines plus longues sur les biberons. Cela profite aussi aux jeunes en croissance. Par ailleurs, pour un meilleur développement, le sevrage a lieu tardivement : les petits sont laissés avec les mères pendant 4 semaines au lieu de 3 habituellement. Comme le gène responsable de la myopathie est sur le chromosome X, on peut croiser des géniteurs cliniquement sains : on peut produire les animaux utiles aux expériences en croisant des mâles sains et des femelles porteuses d’un seul chromosome X muté (elles sont saines). La progéniture contient des mâles sains et des mâles dystrophiques selon le chromosome X hérité de la mère.
Choix des espèces
Certaines souris dystrophiques utilisées ici sont depuis presque 40 ans une référence pour étudier les mécanismes de la myopathie de Duchenne et évaluer les approches thérapeutiques pour cette maladie fatale. Certains aspects (mécanismes moléculaires et défaut de structure des muscles) représentent bien la maladie humaine. Cependant, d’un point de vue clinique (perte de fonction musculaire), ces souris ont un phénotype qui évolue progressivement d’asymptomatique à léger pendant l’essentiel de leur vie. Il faut attendre des âges avancés pour qu’elles développent un phénotype modéré. La connaissance du génome de la souris et la multitude de mutants disponibles rend cette espèce particulièrement adaptée pour combiner des facteurs génétiques impliqués dans les maladies rares. Le projet utilise : 1- des petits âgés de 7 à 10 jours : Prélèvement de tissu (un petit fragment du pavillon de l’oreille) pour déterminer si les petits issus de la reproduction sont sains ou malades. A cet âge, ils ne montrent aucun signe de la maladie. 2- des adultes entre 2 et 12 mois environ : utilisation de géniteurs mâles et femelles pour maintenir des colonies de souris dystrophiques, modèles de myopathies, et produire des animaux pour de futures études. Il concerne donc des adultes en âge de se reproduire efficacement, qu’ils soient sains ou avec un phénotype dommageable (classe légère à modéré). Le projet produit aussi : 3- des animaux de 12 à 24 mois qui seraient nécessaires pour de futurs projets qui seront décrits séparément.
Evaluation de l’impact sur le bien-être animal d’un hébergement en cage métabolique pendant 7 jours chez la souris : Preuve de principe en vue d’applications futures
- Recherche appliquée
- Bien-être animal
Placées seules en cage métabolique pendant sept jours sur une grille sans litière, 40 souris subissent un confinement classé sévère, tandis que 20 autres ne passent que des tests de comportement. Le projet mesure, par la corticostérone et des tests d'anxiété, le stress causé par ce type d'hébergement. Les 40 souris en cage métabolique sont tuées à l'issue, les 20 autres réutilisées. Présenté comme une étude sur le bien-être des animaux non-humains, il inflige ainsi à une partie d'entre eux la contrainte la plus sévère qu'il prétend documenter.
Objectifs
Dans certaines recherches biomédicales, il est nécessaire de placer les animaux en cage métabolique, permettant la récolte des urines et des fèces sur une durée déterminée. Ce type d’hébergement présente un inconfort pour l’animal impactant son bien-être et pouvant engendrer stress ou anxiété. Nous proposons dans ce projet un raffinement des conditions d’hébergement de ces cages métaboliques à différents niveaux (pièce d’hébergement et cage) ainsi qu’un suivi clinique renforcé des animaux. Ce projet permettra d’évaluer le stress et l’anxiété des animaux par la réalisation de tests de comportement lors de la fin de l’hébergement en cage métabolique soit 7 jours maximum ainsi que la récolte des fèces à différents temps au cours des 7 jours pour dosage de la corticostérone (principale hormone du stress chez les rongeurs).
Bénéfices attendus
Ce projet limité en nombre d’animaux et en durée permettra de diminuer le nombre d’animaux dans de futurs projets menés notamment sur la décorporation. En effet l’utilisation d’un même animal pour toute une étude de 7 jours sur la décorporation permet de gagner en robustesse des résultats scientifiques tout en diminuant le nombre d’animaux.
Procédures
40 animaux seront hébergés en cage métabolique (individuelle) pendant 7 jours. 60 animaux subiront 1 ou 2 tests de comportement.
Impact sur les animaux
La nuisance sera exclusivement due à l’hébergement en cage métabolique pendant 7 jour, soit un hébergement en cage individuelle sur une grille pouvant induire un inconfort pour l’animal. La nourriture en poudre pendant 7 jours peut également engendrer une perte d’appétence mais sera distribuée à volonté. Nous estimons la perte de poids que nous estimons faible à modérée (
Devenir
Les animaux qui auront été en cages métaboliques seront euthanasiés à la fin de la procédure. Ceux non placés en cages métaboliques pourront être gardés pour ré-utilisation.
Remplacement
Aucune méthode de substitution ne permet le remplacement des études in vivo de comportement qui prennent en compte la complexité physiologique et la réponse à un stress environnemental.
Réduction
Ce projet a pour objectif à long terme de réduire le nombre d’animaux par procédure pour les projets d’étude de la décorporation qui requièrent un passage en cage métabolique supérieur à 5 jours. Si l’évaluation de la contrainte d’hébergement en cage métabolisme pendant 7 jours est jugée acceptable cela permettra de diviser le nombre d’animaux pour certains projets d’étude de la décorporation d’une molécule.
Raffinement
L’inconfort de l’hébergement en cage métabolique sera contrebalancé par une augmentation de la température de la pièce 26°C (+/-2°C) et la mise à disposition d’un dôme sans base adapté à l’espèce souris dans la cage, permettant une mise à l’abri de l’animal. Les animaux auront un visu sur leurs congénères grâce aux cages transparentes. L’agression lumineuse des souris albinos sera diminuée par une lumière plus tamisée dans la pièce et la présence d’une maison rouge sans base dans les cages. Cet enrichissement permettra néanmoins la collecte d’un maximum d’urine tout en permettant à l’animal de s’y réfugier.
Choix des espèces
La souris est l’espèce qui est la plus utilisée en recherche bio médicale et au sein de notre structure. Ce projet va permettre une validation de procédure pour l’étude de la décorporation de molécules dans de futurs projets au sein de notre structure. Les animaux seront des animaux d’âge adulte, représentatifs des modèles classiquement utilisés.
Impact de l’injection multiple de nanoparticules d’Apo A1 sur la réparation cérébrale et la récupération fonctionnelle post-ischémie cérébrale chez un modèle de souris C57BL/6J
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Une chirurgie d'occlusion de l'artère cérébrale pendant une heure, puis sept injections quotidiennes et une ponction cardiaque terminale : 80 souris mâles vont être utilisées dans des procédures classées sévères, toutes tuées au troisième ou au septième jour. L'occlusion provoque une faiblesse musculaire, des troubles de la coordination et une perte de poids, suivis par un score clinique quotidien. Le projet évalue des nanoparticules censées limiter les dégâts cérébraux dans la phase qui suit l'accident vasculaire. Le porteur juge le modèle animal "indispensable", les cultures cellulaires ne reproduisant pas la complexité du tissu cérébral.
Objectifs
L’objectif principal de ce projet est d’évaluer les effets thérapeutiques des injections répétées de nanoparticules d’Apolipoprotéine A1 (A1NPs) dans un modèle murin d’accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique. Contrairement aux approches classiques centrées sur la phase hyperaiguë (0–24h), ce protocole innovant vise à intervenir pendant la phase subaiguë (de 12h à 7 jours après l’AVC), période durant laquelle la plasticité cérébrale, la neuroinflammation et les mécanismes de cicatrisation gliale deviennent prépondérants. Ce projet s’inscrit dans une perspective translationnelle, avec pour ambition d’ouvrir la voie à des stratégies thérapeutiques post-aiguës, accessibles à un plus grand nombre de patients, au-delà des fenêtres thérapeutiques actuelles. En s’appuyant sur les propriétés neuroprotectrices, anti-inflammatoires et anti-fibrotiques des A1NPs, nous visons à réduire la mort neuronale secondaire, améliorer la restauration de la barrière hémato-encéphalique (BHE), moduler la gliose réactive et stimuler la neurogenèse, afin d’optimiser la récupération fonctionnelle post-AVC. Les effets des injections seront évalués à travers des marqueurs histologiques, moléculaires et fonctionnels aux jours 3 et 7 post-AVC. En étudiant les processus clés comme la neuroinflammation, la mort cellulaire, la cicatrisation gliale et la plasticité synaptique, nous espérons mieux caractériser le potentiel thérapeutique des A1NPs et leurs mécanismes d’action dans un contexte post-lésionnel.
Bénéfices attendus
Ce projet présente un fort potentiel translationnel pour le développement d’un traitement post-ischémique innovant basé sur les A1NPs. Les bénéfices attendus sont multiples : - Bénéfices scientifiques : identification des effets des A1NPs sur les phases post-aiguës de l’AVC, en particulier la réduction de la neuroinflammation, la modulation de la cicatrice gliale et la stimulation de la plasticité cérébrale. Ces résultats combleront un vide critique dans la compréhension des processus de réparation cérébrale. - Bénéfices thérapeutiques : développement d’une approche injectable simple, applicable au-delà de la fenêtre thérapeutique actuelle, et ciblant simultanément plusieurs processus pathologiques de l’AVC. Cette stratégie pourrait significativement améliorer la prise en charge des patients n’ayant pas accès à des traitements aigus. - Bénéfices méthodologiques : validation d’un protocole rigoureux et reproductible pour tester l’efficacité de traitements combinant effets anti-inflammatoires, anti-fibrotiques et neuroprotecteurs. À terme, ce projet pourrait justifier des études cliniques sur les A1NPs et contribuer à la réduction des séquelles invalidantes de l’AVC, qui constitue une priorité de santé publique mondiale.
Procédures
Chaque animal sera soumis aux étapes suivantes : Chirurgie d’occlusion de l’artère cérébrale moyenne (MCAO) Type : procédure invasive classée « sévère » Durée : 30–45 minutes Description : occlusion transitoire (60 min) par monofilament, sous anesthésie et analgésie, suivie d’une reperfusion. Fréquence : 1 fois par animal répétées Type : procédure modérée Produit : molécule vs contrôle Durée : ~5 minutes par injection Fréquence : 1 injection/jour pendant 7 jours (12 h post-AVC à J7), soit 7 injections par animal Évaluations comportementales non invasives Tests comportementaux : score neurologique, coordination motrice, activité spontanée Durée cumulée : 15–20 minutes/jour Fréquence : 1 fois/jour pendant 7 jours Procédure terminale Type : procédure « sans réveil » Durée : 10–15 minutes Méthode : analgésie, anesthésie générale, ponction cardiaque, prélèvements cérébraux et sanguins Fréquence : 1 fois par animal, à J3 ou J7
Impact sur les animaux
Le modèle MCAO entraîne une ischémie cérébrale transitoire, responsable de déficits neurologiques modérés à sévères : faiblesse musculaire, troubles de la coordination, perte de poids. Ces effets sont suivis quotidiennement par un scoring clinique. Les principales nuisances sont : Douleur postopératoire : contrôlée par buprénorphine systématique Risque hémorragique : limité par une chirurgie microdissection sous microscope, hémostase et instruments stériles Risque infectieux : réduit par antisepsie rigoureuse et surveillance du site opératoire Déficits neurologiques : compensés par enrichissement, accès facilité à l’eau et nourriture, surveillance rapprochée Les injections IV, bien que répétées, sont brèves et réalisées sous anesthésie légère. Les tests comportementaux sont non invasifs et précédés d’une habituation. Le nombre d’animaux (80) est calculé pour assurer la puissance statistique tout en respectant les principes des 3R.
Devenir
À l’issue du protocole expérimental, l’ensemble des animaux inclus dans le projet seront euthanasiés, conformément aux objectifs scientifiques et éthiques du projet. Cette décision est justifiée par la nature même de l’expérimentation, la sévérité du modèle utilisé (AVC ischémique), et les impératifs liés aux prélèvements nécessaires pour les analyses. Le protocole repose sur l’induction d’un accident vasculaire cérébral (MCAO) suivi d’un traitement expérimental par A1NPs. Cette procédure engendre des déficits neurologiques plus ou moins marqués, une altération du comportement locomoteur, ainsi que des modifications histopathologiques cérébrales profondes. Il n’est donc pas envisageable de conserver les animaux à long terme, ni de les réutiliser dans d’autres projets, en raison de leur état clinique post-procédure et de l’impact physiologique des traitements reçus. Par ailleurs, les objectifs scientifiques exigent la réalisation de prélèvements tissulaires (cerveau) et sanguins à des fins d’analyses histologiques, moléculaires et biochimiques. Ces prélèvements ne peuvent être réalisés qu’en fin de vie, après une euthanasie conforme aux standards éthiques. Une perfusion intracardiaque pourra également être réalisée dans certains cas pour optimiser la qualité des coupes histologiques, ce qui implique obligatoirement une euthanasie terminale.
Remplacement
Il existe des modèles in vitro de déprivation en glucose et en dioxygène mimant l’AVC dans la littérature. Mais ces modèles ne miment pas les conditions complexes d’une ischémie cérébrale in vivo puisqu’ils ne prennent pas en compte la complexité physiologique du tissu cérébral. Des tests in vivo ont déjà été réalisés afin de trouver le temps d’occlusion optimale, induisant un moindre taux de mortalité chez les souris. Seul le modèle animal permet donc de reproduire des conditions mimant au mieux une ischémie cérébrale chez l’homme tout en prenant en compte la complexité des types cellulaires recrutés et activés lors d’un AVC. Il apparaît alors indispensable d’avoir recours au modèle animal pour tester nos différentes hypothèses.
Réduction
L’ensemble des expériences ont été conçues afin d’utiliser le moins d’animaux possible, permettant également de réaliser des études statistiques fiables. Les études précédentes au laboratoire, nous permettent d’estimer la variabilité de ces expérimentations et de proposer le nombre optimal d’animaux nous permettant d’avoir une puissance statistique suffisante pour pouvoir valider ou non les hypothèses testées. Un nombre maximum de 80 animaux sera utilisé dans ce projet (à savoir que ce nombre ne sera pas atteint si les points critiques établis par les règlementations éthiques étaient atteints ou si les tests statistiques sont suffisamment forts pour garantir nos résultats). Nous utiliserons des souris mâles pour cette étude car c’est un bon modèle de physiopathologie et nous avons utilisé ce modèle sur nos précédentes études
Raffinement
Les animaux seront placés dans des conditions optimales (les souris seront au nombre de 4 par cage). L’atmosphère sera contrôlée en température et humidité. Ils auront à disposition nourriture et boisson ad libidum. Un enrichissement adapté à ce type d’expérimentations sera mis en place. Une anesthésie générale est prévue avant toute manipulation invasive. Dans un souci de réduction de la douleur, toutes les mesures seront prises pendant les expérimentations (anesthésie, analgésie). Des points limites et des critères d’arrêt sont prévus suivant un tableau de scoring adapté à notre modèle. . De plus, suivant le stade du cycle œstral de la souris femelle, la taille de l'AVC peut être différente et nous avons besoin de contrôler ce paramètre facilement. Donc dans un 1er temps nous allons nous intéresser aux souris mâles dans un souci de réduction et si les résultats sont concluants nous pourrons inclure des femelles synchronisés pour les prochaines études. La souris représente une espèce validée dans ces modèles d’ischémie cérébrale, permettant de plus l’évaluation du handicap post-infarctus. Il existe aussi une similarité du réseau vasculaire cérébral avec l’anatomie humaine (polygone de Willis).
Choix des espèces
La souris a été choisie en raison de sa pertinence reconnue dans les modèles d’AVC ischémique. Son réseau vasculaire, notamment au niveau du polygone de Willis, est proche de celui de l’homme, permettant de reproduire fidèlement les infarctus corticaux humains. Ce modèle est largement validé et utilisé, ce qui facilite la comparaison des résultats et renforce la valeur translationnelle du projet. Le modèle MCAO chez cette souche permet d’analyser avec précision les processus ciblés par notre étude : neuroinflammation, gliose, fibrose et plasticité cérébrale. Notre équipe dispose d’une solide expertise avec ce modèle, ce qui assure une maîtrise technique et limite la variabilité interindividuelle. Le choix de la souris plutôt que du rat s’explique par une meilleure standardisation génétique, une variabilité moindre et une charge animale réduite. Enfin, seules des souris mâles sont utilisées afin de limiter les biais liés au cycle œstral et d’optimiser la reproductibilité. Les animaux utilisés seront exclusivement des souris mâles adultes âgées de 10 semaines, stade où le système neurologique, immunitaire et vasculaire est pleinement mature. Ce choix est scientifiquement pertinent car il permet une modélisation fidèle de l’AVC ischémique humain : les processus étudiés (neuroinflammation, mort cellulaire secondaire, gliose, plasticité) sont comparables à ceux observés chez l’adulte humain. L’emploi de souris juvéniles ou âgées introduirait une variabilité physiopathologique incompatible avec nos objectifs. L’âge de 10 semaines réduit la variabilité expérimentale : les jeunes présentent une plasticité accrue, les âgés des comorbidités influençant la réponse au traitement. Les souris adultes offrent au contraire un poids stabilisé, une immunocompétence homogène et une réponse vasculaire standardisée, assurant la reproductibilité. Enfin, ce stade présente des avantages techniques et éthiques : chirurgie plus précise et tests comportementaux fiables. Ce choix optimise la validité scientifique et le bien-être animal, conformément aux 3R.