Procédures sévères
Impact de l’immunité sur l’invasion intratumorale des bactéries dans le cancer du pancréas [MODIFICATION]
- Recherche fondamentale
- Oncologie
576 souris vont être utilisées dans des procédures d'un niveau de souffrance sévère, toutes tuées pour mettre leurs tumeurs en culture et y chercher des bactéries. Chacune peut subir une greffe de cellules tumorales pancréatiques par chirurgie, une à cinq prises de sang sous anesthésie, jusqu'à huit gavages, sept injections et quinze séances d'imagerie de vingt minutes. Le porteur reconnaît que la croissance d'un adénocarcinome pancréatique peut entraîner douleurs, troubles digestifs et ascite, et que la déplétion des cellules immunitaires augmente les risques d'infection. Sur le remplacement, il écrit ne disposer d'aucune alternative parce que le modèle est encore trop récent dans son laboratoire, en évoquant des organoïdes pour de futures expériences.
Objectifs
Le cancer du pancréas est généralement associé à un taux de survie relativement bas par rapport à d'autres types de cancer. Cette situation s'explique par plusieurs facteurs, notamment le diagnostic tardif, la nature agressive de la maladie et le manque de traitements efficaces dans les stades avancés. Le pancréas joue un rôle clé dans la digestion, en libérant des enzymes digestives, et dans la régulation de la glycémie, un élément crucial du métabolisme des glucides. Les traitements actuels pour le cancer du pancréas incluent la chirurgie, la chimiothérapie, la radiothérapie, les thérapies ciblées et l'immunothérapie, mais leur efficacité dépend du stade de la maladie. L'immunité innée et acquise protège généralement l'organisme, y compris contre les bactéries qui peuvent envahir les tumeurs. Dans ce projet, des bactéries ont été trouvées dans des tumeurs pancréatiques, même si elles étaient en petit nombre, suggérant qu'elles ont survécu aux divers composants du système immunitaire (cellules dendritiques, macrophages, neutrophiles, cellules NK, lymphocytes B et T). L'analyse métagénomique a révélé la présence de plusieurs ADN bactériens (impactant négativement le traitement contre le cancer) non détectés en culture, suggérant que ces bactéries ont pu être éliminées par le système immunitaire du patient, affaibli par le cancer. Deux études utilisant la transplantation de microbiote fécal (FMT) chez des souris ont montré que la modulation du microbiote influence la réponse immunitaire et la progression tumorale. FMT a permis d'améliorer la réponse à l'immunothérapie et de réduire la croissance tumorale dans un modèle de cancer du pancréas. Cela renforce l'hypothèse selon laquelle les bactéries intratumorales jouent un rôle dans la progression du cancer. L'objectif n°1 du projet est de démontrer que, dans un modèle de souris où l'immunité est complètement déplétée, la tumeur sera plus envahie par les bactéries par rapport à une souris immunocompétente. La validation de la 1ère expérience nous a permis d’observer une invasion bactérienne plus importante au niveau de la tumeur, notamment d’une prénommée Staphylococcus epidermidis dont certaines souches sont commensales comme pathogènes. Alors, l’objectif de la 2ème partie de ce projet est de déterminer comment cette bactérie parvient de l’intestin jusqu’à la tumeur et d’étudier son impact sur le dévelopement tumoral et l’immunité associée.
Bénéfices attendus
Nous essayerons de comprendre ici si l’immunosurveillance, même affaiblie, empêche l’invasion bactérienne dans la tumeur. De plus, cela nous permettrait de mieux comprendre le rôle de l’invasion bactérienne dans le microenvironnement tumoral et son rôle dans la progression du cancer. Cela pourrait aider à identifier des biomarqueurs du statut immunitaire et orienter le développement de nouvelles thérapies, notamment en modulant le microbiome tumoral. Cette compréhension permettrait également d’optimiser l’utilisation de l’immunothérapie et de réduire les risques de complications infectieuses chez les patients. De plus, cela éclaire les interactions entre l’immunité et les bactéries, pouvant ainsi influencer la réponse aux traitements et les décisions cliniques.
Procédures
Les souris pourront avoir entre 1 et 5 prises de sang, sous anesthésie générale (durée 5 minutes). La greffe des cellules tumorales se fera par chirurgie sous anesthésie générale et analgésie et durera environ 5 min par souris. Le gavage oral dure moins d'une minute par souris et se renouvelle tous les 2 jours (nombre maximal = 8) . Des injections seront faites 7, 3 et 1 jour avant l'implantation de la tumeur et à 5, 9, 13 jours après l'injection de la tumeur, par injection (anesthésie locale, durée 10 secondes). Des animaux auront des séances d'imagerie sous anesthésie générale (n maximal = 15, durée 20 minutes).
Impact sur les animaux
Douleur post-opératoires : l'ouverture de la cavité abdominale peut entraîner des douleurs post-opératoires modérées. Le prélèvement des fecès implique d'isoler l'animal pour une très courte durée, cela peut provoquer un léger stress temporaire (inférieur à 3 minutes). Le gavage oral est un geste technique car il nécessite de faire passer une sonde jusqu'à l'estomac, une gêne légère sera ressentie par l'animal mais sera très passagère (durée inférieure à 10 secondes). La déplétion des monocytes, macrophages et neutrophiles accroît légèrement les risques d'infections, altère la réponse immunitaire, entraîne des perturbations métaboliques (sasn effet clinique) et augmente modérément les risques d'inflammation intestinale. La croissance d'un adénocarcinome pancréatique peut éventuellement entraîner des conséquences sévères (douleurs, problèmes digestifs, ascite).
Devenir
Les souris seront euthanasiées à l'issue de la procédure, le but étant de cultiver les tumeurs pour évaluer la présence de bactéries intratumorales.
Remplacement
Nous n'avons pas de modèle de remplacement pour le moment, car ce modèle est encore trop récent dans notre laboratoire. Il est possible qu'à l'avenir, si le projet apporte des éclaircissements pertinents sur les cancers pancréatiques chez la souris (PDAC), nous générions des organoïdes afin de perfectionner les expériences futures. Actuellement, nous utilisons des anticorps déplétants, et dans ces conditions, un système vivant complet est nécessaire pour obtenir une déplétion efficace et observer les changements dans le comportement tumoral. Le principal problème étant que nous voulons savoir s'il y a également des bactéries communes dans l'intestin et les bactéries que nous trouverons dans le pancréas, dans ce cas-là, il est impossible à l'heure actuelle d'avoir un modèle nous permettant d'étudier cette possible interaction in vitro.
Réduction
Pour ces études, nous utilisons un modèle tumoral validé et déjà publié. Afin de mener à bien cette étude, nous avons prévu de regrouper les expérimentations de manière à minimiser le nombre d’animaux témoins. Le nombre d’animaux est rigoureusement contrôlé pour optimiser les ressources tout en garantissant des résultats fiables. Pour garantir la fiabilité des données, les expériences seront réalisées en triplicata indépendants, avec des groupes de 4 souris chacun. Cependant, si des différences très significatives sont observées lors de la première répétition, les groupes suivants seront réduits, ce qui permettra de limiter l'utilisation d'animaux, tout en maintenant la robustesse statistique des résultats. Ce plan d'étude concilie l'exigence éthique et scientifique en optimisant le nombre d'animaux utilisés.
Raffinement
Les animaux seront hébergés dans des conditions garantissant leur bien-être avec enrichissement environnemental adapté. Une période d'acclimatation d'une semaine sera respectée avant le début de l’expérimentation afin de réduire le stress des animaux et d'assurer leur adaptation à l'environnement de laboratoire. Une surveillance quotidienne permettra d’observer tout changement comportemental et, si nécessaire, de mettre en place des adaptations ou des traitements. Toutes les injections seront administrées sous anesthésie locale afin de minimiser la douleur. Les souris seront pesées régulièrement, au moins une fois par semaine. Les points limites précoces seront strictement respectés et des soins adaptés seront prodigués, en consultation avec le vétérinaire, pour garantir le bien-être des animaux tout au long de l'étude.
Choix des espèces
Le choix de la souris pour la réalisation de ce projet se justifie par des raisons d’ordres scientifiques, pratiques et éthiques. La génétique est proche de celle de l’Homme et bien connue. La souris est l’animal de laboratoire le plus couramment utilisé par la communauté scientifique internationale et pour les études précliniques, la plus susceptible d’apporter les résultats satisfaisants pour nous au vu des objectifs du projet. La méthodologie envisagée est d’une mise en place relativement aisée sur ce type d’animal et nous avons acquis une pratique expérimentale sur cette espèce. Les modèles de tumeur existants sont issus de lignées cellulaires murines et leur implantation dans la souris est indispensable pour étudier l’immunité, l’effet des traitements sur la réponse antitumorale dans leur globalité et les effets des antibiotiques ou bactéries associées à ces antibiotiques sur le microbiote et l’immunité intestinales. Les animaux utilisés seront âgés de 7 à 8 semaines, ce qui correspond à leur maturité sexuelle et assure une stabilité hormonale. Cet âge est optimal pour garantir une réponse biologique cohérente et réduire les variations liées aux fluctuations hormonales. De plus, leur système immunitaire est pleinement développé, ce qui est essentiel pour l’étude de la progression tumorale et des réponses aux traitements, tout en permettant des interventions expérimentales sur une période prolongée.
Cinétique et sites d’expression en modèles murins des facteurs de Salmonella impliqués dans le double stress Cuivre/stress oxydatif
- Recherche appliquée
- Maladies animales
- Maladies infectieuses
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
Inoculées par voie orale avec Salmonella après mise à jeun, les souris de ce projet peuvent ressentir de la douleur dès le troisième ou le quatrième jour, avec prostration, yeux fermés et difficultés motrices. 855 souris vont être utilisées dans des procédures d'un niveau de souffrance sévère, l'un des deux modèles reproduisant une infection systémique létale, l'autre une gastroentérite après prétraitement à la streptomycine. Toutes sont tuées pour prélever des organes, mesurer la luminescence bactérienne et compter les bactéries, l'objet étant de localiser où et quand Salmonella exprime ses facteurs de résistance au cuivre et au stress oxydatif. Au chapitre du raffinement, le porteur indique que réduire la douleur liée à l'infection n'est pas possible sans modifier la cinétique des symptômes, que les cages ne contiennent que du papier absorbant et que les souris ne recevront pas de récompenses.
Objectifs
Salmonella enterica serovar Typhimurium est un microorganisme pathogène à large spectre qui est responsable de gastroentérites ou de fièvre typhoïde en fonction de l’hôte infecté. Le principal mode de contamination passe par l’ingestion d’aliments d’origine animale contaminés (viande, poisson, œufs, lait). Cette entérobactérie colonise l’intestin et elle est capable de franchir la barrière intestinale. Ensuite, elle va circuler dans le sang jusqu’aux organes systémiques, la rate et le foie. Tout au long de ce processus infectieux, Salmonella va pouvoir entrer dans les cellules du système de défense de l’organisme (système immunitaire). Ces acteurs de l’immunité vont mettre en place différents mécanismes pour éliminer cet agent infectieux. Parmi ces mécanismes, on retrouve (i) l’import de cuivre, (ii) la production de molécules oxydantes, (iii) l’acidification ou encore (iv) la production de peptides antimicrobiens (lysozyme). Le cuivre, bien qu’étant un métal de transition essentiel pour différents processus biochimiques, devient toxique à fortes concentrations. Les molécules oxydantes produites sont quant à elles capables d’endommager les composants cellulaires des bactéries comme l’ADN, les protéines ou les lipides, pouvant alors causer un dysfonctionnement cellulaire ou un ralentissement de la croissance, voire la mort cellulaire dans certains cas. Récemment, un mécanisme de régulation original dépendant de la présence concomitante de cuivre et d’une molécule oxydante a été identifié chez Salmonella. Ce mécanisme permet l'acheminement du cuivre vers des protéines cibles de la cellule. Cela laisse entrevoir la possibilité d'une action simultanée des deux stress durant l'interaction hôte-pathogène et une réponse concertée du pathogène. Le projet présenté ici vise à déchiffrer l'orchestration du double stress cuivre et stress oxydatif en modèles souris reproduisant la gastroentérite à Salmonella ou la fièvre typhoïde, ainsi que les mécanismes d'adaptation utilisés par Salmonella pour faire face à ces stress pendant le processus infectieux.
Bénéfices attendus
Les stress métallique et oxydatif font partie des principaux mécanismes antibactériens utilisés par les cellules immunitaires de l'hôte pour combattre les infections bactériennes. En général, chacune de ces contraintes est étudiée individuellement, soit du côté hôte pour identifier les systèmes impliqués dans leur production, soit du côté pathogène pour comprendre les systèmes moléculaires utilisés pour éviter, assimiler ou dégrader ces composés. Dans ce projet, nous proposons d'étudier deux stress dont la concomitance n’a jamais été décrite, ce qui est un projet ambitieux et original. Cette approche intégrée et unificatrice vise à équilibrer durablement et à optimiser la santé des personnes, des animaux et des écosystèmes. Elle tient compte du fait que la santé des humains, des animaux domestiques et sauvages, des plantes, et de l'environnement au sens large (y compris les écosystèmes) sont étroitement liés et interdépendants. La complémentarité des expertises des partenaires (microbiologie moléculaire et infection/biologie cellulaire) nous offre une occasion unique de caractériser et de déchiffrer la voie du double stress Cu/stress oxydatif in vitro et in vivo. A court terme, nos résultats permettront de mieux comprendre l'importance du cuivre et du stress oxydatif durant la réponse immunitaire innée de l'hôte et auront un impact sur une grande communauté de biologistes. Ce projet produira des résultats directs sous forme de nouvelles données scientifiques et de nouveaux outils. A plus long terme, notre projet fondamental ouvrira également la voie à l'élaboration de stratégies nouvelles pour cibler différentes grandes questions de santé publique [virulence bactérienne ; action biocide ; biocapteurs Cu et ROS (Reactive Oxygen Species) ; physiologie des neutrophiles et macrophages].
Procédures
- Mises à jeun : 2 x 4h à 24h d’intervalle pour le modèle gastroentérite et 1 x 2h pour le modèle d’infection systémique létale. - Traitement antibiotique : sur animal vigile – une partie des animaux – 1 fois – durée = 10 sec maxi - Inoculation de Salmonella : sur animal vigile – tous les animaux – 1 fois – durée = 10 sec maxi - Anesthésie : tous les animaux de la procédure 1 – plusieurs fois pour certains animaux – durée = 5 min maxi par anesthésie - Imagerie in vivo : sur animal anesthésié – tous les animaux de la procédure 1 – plusieurs fois pour certains animaux – durée = 5 min maxi - Euthanasie : tous les animaux
Impact sur les animaux
Les animaux sont susceptibles de ressentir de la douleur à partir du jour 4 p.i. dans le modèle d’infection systémique létale et au bout de 3 jours p.i. dans le modèle gastroentérite. Les nuisances possibles liées à l’infection sont : prostation, yeux fermés et difficultés motrices. Autres nuisances (stress) liées à l’expérimentation : contention, dépilation, mise à jeun de 2 ou 4h et gavage.
Devenir
Pour les 3 procédures, tous les animaux sont euthanasiés en fin d’expérimentation afin de pouvoir prélever différents organes, pour mesure de la luminescence, purification de cellules ou numération bactérienne.
Remplacement
Nous travaillons sur des interactions pathogènes/hôte visant à comprendre l’arsenal dont dispose Salmonella pour infecter ses hôtes. La caractérisation phénotypique d’un gène de virulence in vitro est essentielle mais elle ne permet pas de comprendre le rôle de ce gène dans la pathogénie. Par exemple, in vitro, le gène cueP est important pour la prolifération intracellulaire de Salmonella au moins dans le macrophage et la régulation de son expression suggère un rôle fort pour que Salmonella résiste à la réponse immunitaire mise en place par les cellules de l’hôte. Cependant, in vivo, nous n’avons aucune idée du/des organes dans lesquels il est exprimé, de sa cinétique d’expression chez les hôtes de Salmonella, des cellules qu’il cible. Il est donc important de connaître ces informations. Il n’y a pas de modèle de remplacement qui reproduise à la fois l’environnement rencontré par la bactérie dans chacun des organes et la réponse de l’hôte à l’infection qui sont des facteurs influençant l’expression des facteurs de virulence.
Réduction
Stratégie pour réduire le nombre d’animaux - Gènes étudiés : Tous les gènes d’intérêt ont fait l’objet d’une caractérisation in vitro avant de passer à l’expérimentation animale (études de prévalence des gènes chez des souches de Salmonella, caractérisation biochimique de la protéine, caractérisation phénotypique d’un mutant de ce gène). Le choix des gènes d’intérêt à tester in vivo est déterminé en fonction de cette caractérisation in vitro. - Choix de la voie d’inoculation : La voie orale est la seule qui est testée systématiquement car c’est la voie d’infection naturelle utilisée par Salmonella pour contaminer ses hôtes. De plus, nous regroupons chaque fois que cela est possible les gènes à tester dans une même expérience pour qu’un seul lot témoin négatif soit utilisé, et cela afin de réduire le nombre d’animaux. Etude statistique : pour la procédure 1, tout signal luminescent détecté chez un animal reflète l’expression du facteur de virulence testé chez cet animal à cet instant. Aucun test statistique n’est donc nécessaire ni pertinent. Pour la procédure 2, les données d’expression du gène d’intérêt par les bactéries dans les différents types cellulaires présents pour chaque organe étudié seront soustraites avec les données d’expression obtenues pour le lot témoin. Tout comme pour l’axe I, aucun test statistique ne sera effectué ici, le but étant d’identifier dans quel type cellulaire le gène d’intérêt est le plus exprimé. Pour la procédure 3, le nombre d’animaux a été calculé afin d’utiliser le minimum d’animaux permettant de mettre en évidence une différence significative entre les lots testés.
Raffinement
Dès l'arrivée des animaux à l’animalerie, une semaine d’acclimatation est prévue pour permettre l'adaptation des animaux à leur nouvel environnement. Les animaux seront surveillés 2 fois par jour. Les animaux sont hébergés selon les conditions de l’établissement utilisateur agréé, en tenant compte de l’état physiologique des animaux et enregistrement de la température ambiante. Pour éviter les problèmes de luminescence parasite, uniquement du papier absorbant est utilisé dans les cages de souris comme raffinement au cours de l’expérimentation. Pour la même raison, les souris ne recevront pas de récompenses. L’utilisation de méthode pour réduire la douleur liée à l’infection par Salmonella n’est pas possible car elle modifierait la cinétique d’apparition des symptômes et ne reproduirait donc plus la maladie. En revanche, après imagerie sous anesthésie gazeuse, chaque souris est placée individuellement sous une lampe infra-rouge pour optimiser son bien-être lors du réveil et surveillée jusqu’à sa remise en cage avec ses congénères uniquement lorsqu’elle a retrouvé son activité normale.
Choix des espèces
Salmonella est responsable chez l’homme et les animaux de la fièvre typhoïde qui est une infection systémique létale en l’absence de traitement et de gastroentérites. Nous disposons de modèles murins reproduisant ces deux syndromes. Le modèle en souris sensibles à l’infection par Salmonella est un modèle d’infection systémique létale naturel qui reproduit la fièvre typhoïde. Le modèle de gastro-entérite en souris prétraitées à la streptomycine reproduit la colite observée naturellement chez le veau et la réponse immunitaire associée. Les modèles murins utilisés sont donc particulièrement pertinents pour étudier les infections à Salmonella en choisissant la bonne lignée de souris et le prétraitement adapté en fonction de la pathologie ciblée. Les souris utilisées sont adultes, elles ont entre 6 et 8 semaines d’âge dans le modèle d’infection systémique létale et entre 8 et 10 semaines dans le modèle de gastroentérite et ce, conformément aux modèles établis dans la littérature. Les souris sont réparties en cages dès leur réception, et au minimum 7 jours avant l’inoculation.
Développement de l’imagerie couleur (K-edge) des processus fonctionnels des maladies pulmonaires en combinaison avec des agents de contraste dédiés dans les modèles animaux rats, lapins et porcs. (MODIFICATION)
- Recherche fondamentale
- Système respiratoire
Lapins : 220
Cochons : 84
Une chirurgie sous anesthésie de quarante-cinq minutes à une heure trente, puis cinq à huit administrations de produit de contraste, puis quatre à neuf séances d'imagerie de deux heures trente chacune. 336 rats, lapins et porcs vont être utilisés dans ces protocoles, dans des procédures allant du sans réveil au niveau de souffrance sévère. Deux des modèles se déroulent entièrement sous anesthésie sur quatre heures, sans reprise de conscience, pour mettre au point l'imagerie couleur K-edge de l'embolie et de la fibrose pulmonaires, le porteur indiquant que la création de ces modèles pathologiques se fait sans ajout d'animaux. Tous sont tués pour que leurs organes passent en microscopie et en histologie.
Objectifs
Certaines maladies pulmonaires, comme l'embolie pulmonaire et la fibrose pulmonaire, altèrent la respiration et peuvent mettre en danger la vie des patients. Pour mieux comprendre ces maladies et améliorer leur diagnostic, ce projet utilise un scanner médical avancé capable d’analyser la composition des tissus pulmonaires avec une grande précision. Cette nouvelle technologie nécessite la mise au point de nouveaux agents de contraste innovants. Pour cela, des études seront menées sur des modèles animaux dont l’anatomie pulmonaire est proche de celle des humains. La création des modèles animaux de pathologies pulmonaires nécessite une modification du projet initial sans ajout d’animaux.
Bénéfices attendus
Ce projet vise à améliorer les techniques d’imagerie médicale pour mieux détecter certaines maladies pulmonaires. Grâce à l’utilisation de nouveaux produits de contraste, il pourrait permettre d’identifier plus précisément les zones touchées et d’obtenir des informations plus détaillées sur l’évolution de ces maladies. En apportant une meilleure visibilité des atteintes pulmonaires, cette avancée pourrait améliorer le diagnostic et le suivi des patients à l’avenir.
Procédures
Rats : 32 animaux ont subi 1 administration de produit sous anesthésie et 9 séances d’imagerie sous anesthésie (MODIFICATION 1h à J0 et 15 minutes à J1 et J7 ). Lapin : Modèle 1 (4h sans réveil) 101 animaux ont subi 1 intervention chirurgicale sous anesthésie (durée 1h30), 5 administrations de produit sous anesthésie, et (MODIFICATION) 7 séances d’imagerie sous anesthésie (2h30). Modèle 2 J0 (3h) 119 animaux ont subi 1 intervention chirurgicale sous anesthésie (45 minutes), 5 administrations de produit sous anesthésie, et (MODIFICATION) 6 séances d’imagerie sous anesthésie (2h30). Modèle 2 J21 (3h) : 119 animaux ont subi 1 intervention chirurgicale sous anesthésie (45 minutes) 8 administrations de produit sous anesthésie, et (MODIFICATION) 5 séances d’imagerie sous anesthésie (2h30). Porcs : Modèle (MODIFICATION 4h sans réveil) 33 animaux ont subi 1 intervention chirurgicale sous anesthésie (durée 1h30) 5 administrations de produit sous anesthésie, et 7 séances d’imagerie sous anesthésie (2h30). (MODIFICATION) Modèle 2 J0 (3h) 51 animaux ont subi 1 intervention chirurgicale sous anesthésie (45 minutes), 8 administrations de produit sous anesthésie, et 5 séances d’imagerie sous anesthésie (2h30). (MODIFICATION) Modèle 2 J21 (3h) : 51 animaux ont subi 1 intervention chirurgicale sous anesthésie (45 minutes) 5 administrations de produit sous anesthésie, et 4 séances d’imagerie sous anesthésie (2h30).
Impact sur les animaux
Certaines étapes du projet peuvent entraîner un inconfort temporaire pour les animaux. Les injections et prises de sang peuvent provoquer une légère douleur passagère. La préparation de la peau pour la tonte peut générer un stress léger de courte durée. L’anesthésie et la chirurgie peuvent causer un stress modéré, parfois accompagné d’effets secondaires légers, comme une gêne respiratoire passagère. L'administration de certains traitements peut aussi entraîner une fatigue ou une diminution temporaire de l’appétit. 5.7. Quelles espèces est-il prévu d’utiliser? Quels sont le degré
Devenir
Tous les animaux sont euthanasiés car des organes doivent être prélevés pour analyse en microscopie, histologie.
Remplacement
Le projet se fonde sur l'imagerie du poumon grâce à de nouveaux agents de contraste. La faisabilité de ces agents de contraste à interagir avec l'organisme in vivo ainsi que de marquer les processus recherchés du projet (ventilation, perfusion, inflammation) est à ce jour inconnue. Avant d'utiliser des animaux vivants, des tests sont faits sur des poumons provenant de l'industrie alimentaire (lapins, cochons). Cela permet d'améliorer la précision des tests sur les animaux vivants et de réduire leur nombre nécessaire pour l’étude.
Réduction
Ce projet implique l'utilisation de 336 animaux dont une phase pilote sur la biodistribution et la biotolérances de 8 agents de contraste chez les rats. Pour les lapins, le nombre d'animaux a été calculé pour s'assurer qu'on puisse détecter des différences significatives dans les images, comme celles entre un animal malade et un animal en bonne santé. Cela permet de garantir que les résultats soient fiables. Pour les porcs un effort de réduction est entrepris puisque un certain nombre seront utilisés pour les 4 agents de contrastes et les 2 voies d’administration. Le nombre d’animaux a été déterminé en tenant compte de deux contraintes : la quantité d’agent de contraste nécessaire et les différences naturelles entre chaque individu observées dans les études précédentes. Les techniques d’imagerie non invasive, permettent de suivre les mêmes animaux dans le temps, réduisant le besoin de grands effectifs pour des études distinctes.
Raffinement
Les animaux seront hébergés en collectivité, au sol dans des boxes (lapins et porcs) et des cages (rats) dédiés avec alimentation et eau ad libitum. Les animaux seront suivis de manière quotidienne, manipulés par le personnel de zootechnie pour réduire toute forme de stress. Ils seront pesés pour un suivi de gain de poids qui permettra le bon calcul des doses à administrées le jour de l’expérimentation. Les paramètres environnementaux de la pièce seront également relevés quotidiennement. Le raffinement est appliqué, par l’utilisation de boxes/cages enrichis : foin, abris, bâton et bloc de cellulose à ronger pour les lapins. Foin et jouets de différentes textures pour les cochons. Tunnel, abri, nid et bloc de bois à ronger pour les rats. Ceux-ci leur permettent d’exprimer au mieux leur comportement naturel. La règle de raffinement est aussi mise en place au cours de la procédure via des traitements analgésiques, anti-inflammatoires et une grille de suivi adaptés.
Choix des espèces
• Rat : stade adultes, 300 à 450 g, Choisi dans un premier temps pour les tests initiaux de faisabilité et pour sa taille qui est adaptée à la résolution du scanner. Ils permettent d’obtenir des données préliminaires avant de passer à des espèces plus proches de l'Homme. • Lapin : stade jeunes adultes, d’environ 3 à 6 mois, de 3-4 kg Choisi pour sa physiologie pulmonaire proche de celle de l'Homme, ce qui permet de simuler des conditions humaines avec des volumes respiratoires et sanguins comparables à ceux d'un enfant de 4kg. • Porc : stade jeunes adultes, d’environ 3 mois, ayant un poids entre 30 et 40 kg. Le porc est un modèle adapté pour la recherche clinique, car sa taille, son poids et son anatomie, notamment le système respiratoire, sont proches de ceux de l’Homme. C’est une espèce clé pour les tests précliniques qui visent à transposer les résultats chez l'Homme.
Création d’un modèle murin pour l’étude du rôle de la protéine CD276 dans la survenue du cancer de la surrénale et le développement de métastases.
- Recherche fondamentale
- Oncologie
Aucun acte n'est prévu sur ces souris avant leur mise à mort, la souffrance venant du cancer que leur génome modifié doit produire. 67 souris vont être utilisées dans des procédures d'un niveau de souffrance modéré à sévère, avec des douleurs attendues entre la seizième et la vingt-quatrième semaine, liées au développement du corticosurrénalome et de ses métastases. Il s'agit de créer une lignée invalidée pour une protéine dans les surrénales afin d'évaluer son rôle dans l'agressivité de ce cancer, les animaux des trois premières générations étant tués faute de porter le génotype recherché. Le porteur retient la souris parce que son génome et l'expression de ses gènes sont bien connus, et parce qu'il dispose déjà d'un modèle reposant sur l'invalidation surrénalienne de deux gènes suppresseurs de tumeurs.
Objectifs
Le corticosurrénalome est un cancer agressif avec environ 35 % des patients présentant des métastases au diagnostic. Le mauvais pronostic de ce cancer peut être attribué au manque de thérapies efficaces. En effet, un traitement curatif n'existe que pour les patients porteurs d’un corticosurrénalome de faible agressivité qui subissent une résection chirurgicale complète. Malgré des traitements lourds, les patients présentant une récidive ou une maladie métastatique, pour lesquels la chirurgie n’est pas une option, ont de faibles chances de survie à long terme. Des analyses préliminaires ont permis de mettre en évidence qu’une protéine est surexprimée dans les corticosurrénalomes de patients et que cette surexpression est associée à une diminution de la survie globale. Ainsi, l’objectif de ce projet est d’analyser l’implication de cette protéine dans la survenue et la progression métastatique des corticosurrénalomes. Pour répondre à cette question nous créerons une nouvelle lignée de souris présentant une invalidation de cette protéine dans les surrénales de notre modèle préclinique murin de corticosurrénalome métastatique et évaluerons l’impact sur le bien-être animal, le développement de tumeurs et de métastases.
Bénéfices attendus
La réalisation de ce projet nous permettra de développer une lignée unique d’animaux génétiquement modifiés et cliniquement pertinente afin d’évaluer l’implication d’une protéine dans la survenue et la progression métastatique des corticosurrénalomes. Ainsi les résultats pourraient permettre de développer à terme des approches thérapeutiques ciblées et améliorer le traitement et la survie des patients.
Procédures
Aucune intervention n’est prévue sur les animaux avant leur mise à mort.
Impact sur les animaux
Des analyses préliminaires ont permis de mettre en évidence que la protéine d’intérêt est surexprimée dans les tumeurs avancées du modèle de souris étudié précédemment. Notre hypothèse de travail étant que la protéine joue un rôle dans l’agressivité et la progression tumorale nous attendons dans les souris de cette étude un phénotype dommageable moindre que celui du modèle précédent. Les nuisances suivantes sont à envisager entre 16 et 24 semaines : Douleurs liées au développement tumoral associé à des métastases. Tous les animaux seront étroitement surveillés par du personnel qualifié et sortis de l’expérience lorsqu’un point limite sera atteint.
Devenir
Les animaux des générations 1 à 3 permettant l’établissement de la lignée ne possèdent pas de génotype d’intérêt pour notre étude. Ils seront donc mis à mort à la fin de la procédure et différents organes prélevés pour faire des mises au point de techniques utilisées par la suite. Tous les animaux avec un génotype d'intérêt seront mis à mort à la fin de l’expérience pour la réalisation de différentes analyses histologiques et biochimiques permettant d’évaluer le rôle de la surexpression d’une protéine dans le développement du corticosurrénalome.
Remplacement
Afin d’éviter la douleur et l’inconfort à l’animal, nous souhaitons remplacer autant que possible les manipulations in vivo par des expériences de culture in vitro. Ainsi, le rôle de la protéine d’intérêt dans la prolifération et la survie des cellules tumorales sera évalué in vitro sur une lignée cellulaire de corticosurrénalome invalidé ou non pour la protéine. Cependant, le développement et la progression du cancer vers des stades avancés sont fortement dépendants de l’environnement cellulaire (vascularisation, facteurs de croissance, système immunitaire périphérique…), et ne peuvent pas être reproduits in vitro. Ainsi, la nécessité d’avoir recours à des animaux se justifie in fine par le fait que le développement tumoral est un processus complexe impliquant de nombreux types cellulaires dont les interactions sont cruciales pour favoriser la progression de la tumeur. Pour ces raisons, des méthodes expérimentales n’impliquant pas l’utilisation d’animaux vivants n’apportent pas le même niveau d’information.
Réduction
Dans l’optique de réduire le nombre d’individus, les croisements pour générer les souris génétiquement modifiées déletées pour la protéine d’intérêt dans notre modèle murin de corticosurrénalome seront optimisés. De plus, les individus utilisés pour l’évaluation du bien-être animal seront réutilisés. Enfin pour chaque expérience, nous planifions systématiquement plusieurs analyses simultanées, de sorte que les deux glandes surrénales de chaque individu soient utilisées. De même, le sang des animaux sacrifiés sera systématiquement recueilli afin de réaliser les analyses hormonales. Le nombre d’animaux par groupe correspond au minimum nécessaire pour une démonstration convaincante des principes scientifiques étudiés, sur la base d’arguments statistiques valides.
Raffinement
Les animaux seront élevés dans un environnement contrôlé et enrichi. Durant la procédure, nous veillerons au bien-être des animaux par l’ajout de plaques de papier à ronger et de maisons en carton ou polycarbonate, de tunnels en plastique ou de billes en inox. Le choix de l’enrichissement sera réalisé en fonction de l’état général de l’animal, par exemple en cas de développement d’une tumeur importante l’ajout de plaques de papier à ronger ou de bâtons en bois sera choisi à la place de tunnels qui pourraient blesser l’animal. De plus, du coton sera ajouté dans les cages pour faciliter le maintien de la température corporelle. Les animaux seront hébergés par groupes de 4 individus pour permettre le maintien d’un bien-être social. Les animaux seront surveillés quotidiennement par du personnel qualifié, des points limites précis seront établis et les expériences seront arrêtées en conséquence.
Choix des espèces
Les rongeurs sont les animaux couramment utilisés comme modèles de pathologies humaines, y compris dans le domaine de l’oncologie. Il existe en effet de nombreux modèles murins tumoraux mimant les cancers humains, incluant les corticosurrénalomes. La connaissance approfondie du génome et de l’expression des gènes chez la souris, ainsi que l’existence de nombreux animaux transgéniques en font un modèle de choix. La lignée murine utilisée pour générer notre lignée déficiente pour la protéine d’intérêt dans la surrénale est un modèle préclinique murin pertinent de corticosurrénalome métastatique reposant sur l’invalidation surrénalienne de deux gènes suppresseurs de tumeurs mutés chez les patients portant les corticosurrénalomes les plus agressifs. Nous réaliserons nos analyses aux 3 stades de développement tumoral identifiés dans le modèle de corticosurrénalome métastatique. Un stade d’hyperplasie à 2 mois, un stade de corticosurrénalome agressif à 4 mois et un stade de corticosurrénalome métastatique à 6 mois.
Etude du comportement et de l’activité cérébrale dans des modèles de souris pour l’étude d’un syndrome de retard mental d’origine génétique – EU2/2
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Génétiquement modifiées, les souris de ce projet ne peuvent pas être placées ailleurs selon le porteur, qui prévoit leur mise à mort tout en indiquant que les génotypes en excès pourront servir à maintenir la colonie ou passer dans d'autres projets. Elles sont 1 282, dans des procédures allant d'un niveau de souffrance léger à sévère, une partie tuée par perfusion intracardiaque sous anesthésie terminale. Toutes subissent une biopsie de la queue pour génotypage, décrite dans le RNT comme provoquant une douleur aiguë et un stress de contention. Le porteur annonce quatre tests d'exploration des fonctions comportementales par animal, étalés sur plusieurs semaines et qualifiés de non invasifs et non douloureux, sans préciser lesquels.
Objectifs
Les troubles du neurodéveloppement (TND) concernent près d’une naissance sur 10 dans les pays développés. Ils constituent un groupe hétérogène d’atteintes du développement du système nerveux qui regroupe des maladies souvent invalidantes et avec peu de perspectives thérapeutiques, tels que des syndromes de retard mental, ou des déficits musculo-squelettiques. Ce projet a pour finalité l’étude en parallèle de trois gènes impliqués dans les TNDs. Notre objectif est 1) d'étudier les déficits comportementaux dans une lignée de souris porteuse d'une mutation inactivant un de ces gènes, pour mimer la pathologie humaine, et 2) de réaliser une cartographie de l’activité cérébrale dans les souris modèles pour ces trois gènes, au moyen de marquages histologiques validés lors d'une étude préalable. Cela nous permettra d’identifier les convergences de mécanismes pathologiques dans trois modèles de TND et donc de mieux comprendre la pathologie.
Bénéfices attendus
Les résultats de ces travaux permettront dans un premier temps de mieux comprendre les fonctions des gènes de notre étude, ce qui renforcera la connaissance des liens entre des perturbations au niveau cellulaire et les altérations comportementales chez la souris. En particulier, ce projet sera la première étude visant à étudier en profondeur les altérations cérébrales liées à un nouveau gène associé aux troubles du neurodéveloppement, imitant ce qui se passe chez les patients atteints d'un syndrome de déficience intellectuelle et autisme. Cette étude permettra également de mieux comprendre les troubles du neurodéveloppement et d'améliorer le conseil génétique aux familles.
Procédures
Les animaux subiront une biopsie avant le sevrage pour le génotypage (une seule fois, durée 1 minute environ). Les animaux seront soumis à des tests d’exploration des fonctions comportementales, non invasifs, et non douloureux, mais qui nécessiteront de manipuler régulièrement les animaux (4 tests prévus par animal, chaque test dure quelques minutes, les tests sont étalés sur plusieurs semaines). Ces procédures peuvent entraîner un stress léger. Certains animaux subiront une procédure sans réveil, sous anesthésie générale, d’une durée de 5 minutes environ.
Impact sur les animaux
Tous les animaux subiront une biopsie à la queue qui entraine une douleur aiguë et un stress au moment de la contention. Certains animaux reproducteurs pourront être isolés pour éviter les bagarres, entraînant un stress d’isolement social. Certains animaux seront soumis à des tests de comportement non invasifs mais qui entraînent un stress lié à la contention et la manipulation répétée. Certaines souris subiront une mise-à-mort par perfusion intra-cardiaque. Cette procédure est faite sous anesthésie gazeuse terminale, et est sans réveil.
Devenir
Les animaux sont des souris génétiquement modifiées, nous ne pouvons donc pas les replacer à l’issue de ce projet. Par conséquent les animaux seront mis à mort.
Remplacement
Ce projet a pour objectif de mieux caractériser les altérations comportementales dans des modèles animaux mimant un trouble du neurodéveloppement d'origine génétique, et d’identifier des égions différentes du cerveau qui répondent de façon anormale à la stimulation. En préalable à ce projet, nous avons réalisé des expériences in vitro validant notre hypothèse sur les gènes impliqués ce qui permet de nous assurer que l’étude est pertinente. L’approche in vivo est une nécessité afin d’aborder des troubles complexes de la cognition et du comportement. Nos modèles permettent de réaliser des expériences qui ne peuvent pas être reproduites in vitro telles que des tests des fonctions cognitives ou du comportement social.
Réduction
Les accouplements seront optimisés afin de produire strictement le nombre nécessaire d’animaux et dans la mesure du possible pour que tous les génotypes puissent être utilisés dans les études ultérieures, soit dans le groupe expérimental, soit dans le groupe contrôle. Il y a toujours une possibilité que certains génotypes soient retrouvés en excès, dans ce cas les animaux pourront être utilisés pour maintenir la colonie ou pour d’autres projets avec les mêmes lignées. Nous pourrons utiliser certains animaux qui ont subi uniquement des tests de comportement non invasifs pour réaliser une autre procédure, complémentaire, ce qui permettra de réduire le nombre d’animaux. Le nombre d’animaux utilisés dans les procédures est limité au minimum nécessaire pour déterminer la significativité statistique des résultats, et a été choisi par un test de puissance statistique sur la base de notre expérience préalable. Pour le test de sociabilité, utilisant en plus des congénères étrangers, nous aurons recours si possible à des animaux déjà présents dans l’animalerie, dans le but de ne pas utiliser d’animaux supplémentaires.
Raffinement
Pour l'ensemble des procédures, nous avons défini des points limites prédictifs et précoces afin de prédire au mieux et le plus tôt possible des manifestations conduisant à la mise en place de traitements ou à l’arrêt de la procédure. Les animaux sujets aux tests de comportement seront acclimatés à la salle de test au préalable afin de réduire le stress causé par un nouvel environnement. Les différents tests seront réalisés avec un temps de pause suffisant entre chaque test pour limiter un stress éventuel des animaux. A noter que les tests de comportement ne sont pas invasifs et ne portent pas atteinte à l’intégrité de l’animal.
Choix des espèces
Le cerveau de la souris est très proche du cerveau humain dans sa structure et son fonctionnement. Le modèle murin est un modèle animal reconnu dans le cadre des études des pathologies neurodéveloppementales tels l’autisme et/ou les déficiences mentales. Les tests seront réalisés chez des animaux jeunes adultes, idéalement entre 60 et 90 jours mais cet âge peut différer légèrement selon la disponibilité des animaux et la composition des cohortes. En effet, cet âge correspond à l’âge auquel nous avons préalablement identifié des altérations du comportement des souris dans d'autres lignées.
Caractérisation du rôle de la Vasorine dans le maintien des fonctions cardiovasculaires, de l’hémostase et implication dans le sepsis, à l’aide de trois modèles de souris Vasorine KO conditionnel
- Recherche fondamentale
- Système cardiaque
Issues de l'élevage du laboratoire pour les lignées génétiquement modifiées, achetées à un fournisseur pour les témoins, 775 souris vont être utilisées et toutes tuées pour analyse. 320 subissent des procédures d'un niveau de souffrance léger, 245 un niveau modéré et 210 un niveau sévère. 210 souris reçoivent une injection ou subissent une chirurgie destinée à provoquer un choc septique qui dure jusqu'à cinq jours et peut les tuer, 245 autres sont opérées pour un test de coagulation sous anesthésie sans jamais se réveiller, et le génotypage se fait sur des souriceaux d'une semaine. Sur le remplacement, le porteur affirme que les études in silico ou in vitro ne peuvent répondre aux questions posées et que le recours au modèle animal reste "indispensable".
Objectifs
La vasorine (Vasn) est une protéine impliquée dans diverses signalisations cellulaires. Une forme circulante peut se retrouver dans la circulation sanguine. La Vasn pourrait être impliquée dans des syndromes rénaux, des troubles osseux ou plus généralement des maladies cardiovasculaires. Récemment, l’utilisation de deux modèles de souris génétiquement altérés pour la vasorine a permis de mieux comprendre le rôle de la Vasn sur la fonction et la structure vasculaire. L’un des modèles permet l’extinction de l’expression de la Vasn dans l’ensemble des tissus et l’autre modèle uniquement au niveau des cellules musculaires lisses vasculaires. En complément, nous renforcerons notre étude par la mise en place d'un 3e modèle Vasn dans les cellules endothéliales afin d’étudier son rôle dans la dysfonction endothéliale. Il est important de continuer à caractériser le rôle de la Vasn et sa fonction physiologique dans le système cardiovasculaire. D’autre part, des analyses sur l'expression de l'ensemble des gènes, l'expression de l'ensemble des protéines de nos modèles ainsi que l’analyse de sérum de patient en choc septique nous indiquent que la Vasn pourrait être impliquée dans le maintien de la fonction vasculaire, de la coagulation et d’empêcher ainsi la dysfonction d’autres organes au cours du sepsis. Brièvement, nous avions observé dans nos modèles des signes assimilables au syndrôme vasoplégique (baisse de la pression artérielle, de la vasoréactivité), une implication de la Vasn dans les processus de coagulation et le maintien du métabolisme . Ces divers éléments sont rencontrés dans le choc septique et nous ont conduit parallèlement à créer une cohorte clinique dont les premiers résultats semblent indiquer une modulation de synthèse de la Vasn circulante au cours de ce dernier. Nous souhaiterions étudier quels mécanismes seraient en jeu au cours de ces phénomènes dans des modèles murins de sepsis exprimant ou non la Vasn. Nos objectifs sont donc : 1-continuer d’étudier plus profondément l’impact de la délétion de la Vasn dans la physiologie cardiovasculaire; 2-d’étudier le rôle de la Vasn dans l’hémostase; 3- appliquer un choc septique aux souris afin d’y évaluer l’implication de la Vasn et le potentiel thérapeutique que pourrait représenter l’injection de la Vasn soluble après induction du sepsis.
Bénéfices attendus
Nos espérances pour ce projet sont multiples. En effet, nous souhaitons confirmer et approfondir des résultats générés à l’aide des autorisations précédentes. Nos précédents résultats ont donné plusieurs pistes qui sont désormais à l’étude (stress oxydatif, métabolisme, troubles de l’hémostase…) qui donneront à plus long terme des solutions potentielles à mettre en place en clinique humaine, dans le sepsis notamment, afin d’améliorer la survie des patients.
Procédures
Toutes les souris génétiquement altérées (402) auront une injection quotidienne d'une molécule pendant 3 jours afin d'induire la délétion de la Vasn (arrêt de la production naturelle). 80 souris auront une injection de Vasn (60 contrôles, 20 animaux génétiquement altérés) et seront euthanasiées pour prélèvement. 245 souris subiront un test de coagulation sous anesthésie générale gazeuse sans réveil (115 contrôles, 130 animaux génétiquement altérés). Pour l'induction du choc septique, 105 souris auront une injection de molécules induisant un sepsis et 105 autres souris subiront une chirurgie. Le choc septique sera d'une durée maximum de 5 jours. En dehors des souris insérées dans les volets d'étude concernant la coagulation et le sepsis, les autres souris pourraient être évaluées en échographie sous anesthésie gazeuse.
Impact sur les animaux
Le génotypage peut engendrer du stress et une douleur le temps du geste (quelques secondes). Il est fait sur des souriceaux d'une semaine pour limiter la douleur. La mesure de pression artérielle contraint l'animal dans un tube de contention pour une durée d'environ 15 minutes. La mise en place de l'anesthésie gazeuse (pour l'échographie, l'injection de tamoxifène et l'induction du sepsis) peut générer du stress chez l'animal. Toutes les injections (tamoxifène, LPS, vasorine, anesthésiques et analgésiques) peuvent provoquer une douleur transitoire. Dans cette étude, les nuisances principales concernent les animaux dont on va provoquer le choc septique (chirurgie ou injection). Ces animaux vont développer une réponse immunitaire aigüe qui pourra conduire à une douleur et au décès de l’animal. Néanmoins, les souffrances générées par ces procédures seront contenues dans un temps restreint (maximum 5 jours).
Devenir
Tous les animaux entrés en procédure seront euthanasiés pour analyse post-mortem.
Remplacement
La sévérité et la complexité des désordres cardiovasculaires causés par la délétion de la Vasn ne sont pas encore totalement décrits et les mécanismes à la base de ces désordres ne sont pas encore clairement élucidés. La vasorine ayant un rôle très complexe et étant exprimée dans de nombreux tissus et organes, les répercussions de sa délétion sont nombreuses et restent à étudier. En conséquence, les études in silico ou in vitro ne peuvent à l’heure actuelle répondre aux questions fondamentales et l’utilisation de modèles animaux reste indispensable.
Réduction
Le nombre d’animaux alloués dans chaque protocole a été calculé sur la base de la variabilité interindividuelle observée dans diverses études publiées par notre équipe. Un effectif minimum de 10 à 15 animaux par groupe est nécessaire afin de rendre les données statistiquement exploitables. Nos tests statistiques comparent les différences générées entre tous les groupes d'une expérience, une sous-analyse groupe à groupe est réalisée grâce au test non paramétrique. Cependant, le design de l’étude permet dans les protocoles envisagés de cumuler plusieurs types d’évaluation sur les mêmes animaux. Pour l'étape 1, mesures de pression non-invasive, échocardiographies réalisées à divers temps après induction de la délétion de la Vasn des animaux et suite à la mise à mort en fin de protocole, une banque de sérum et de tissus sera constituée afin de pouvoir développer des projets annexes sans nécessité supplémentaire de générer de nouveaux animaux. L’incorporation des animaux selon la reproduction et le génotypage permettra de générer analyses statistiques régulières afin de limiter le nombre d’animaux par groupe lorsque la significativité sera atteinte. Pour les étapes 2 et 3, des analyses statistiques intermédiaires, lorsque les groupes auront cumulé 5 animaux chacun, permettront si les statistiques sont significatives de stopper l’inclusion de nouveaux animaux et de réduire ainsi par 2 les animaux nécessaires à ces études. De même, de nombreuses expérimentations seront réalisées sur les mêmes animaux, limitant ainsi le recours à des animaux supplémentaires. En fin d'étapes 2 et 3, le plasma et les organes de ces animaux nourriront la banque de prélèvements biologiques de cette étude.
Raffinement
Les animaux génétiquement altérés proviendront de notre élevage et seront incorporés dans les procédures au fil des portées. Selon les besoins, des souris contrôles proviendront d’un fournisseur. Dès lors, une période d'acclimatation de 7 jours sera mise en place à l'arrivée des souris, avant leur entrée dans le protocole. Les conditions d'élevages seront optimisées afin d'offrir aux animaux un maximum d'éléments environnementaux leur permettant de reproduire la majorité de leurs comportements naturels qu'ils soient hébergés en groupe (enrichissement du milieu de stabulation avec des frisettes pour la confection de nids, des cylindres en cartons pour se cacher, et des bûchettes) ou seuls (cas envisagé uniquement s’il est impossible de réintroduire l'individu dans un autre groupe). Les chirurgies seront réalisées sur des souris anesthésiées par injection anesthésiante et analgésiante. L'analgésie sera maintenue suite à l’induction du sepsis par chirurgie et pourra être renouvelé quotidiennement si l'état de l'animal le nécessite. L’état général des souris est surveillé jusqu'au sacrifice (5ème jour après l'injection) par une pesée quotidienne et la recherche de signes de souffrance (observation visuelle, de signe de fuite ou de défense à la manipulation, automutilation, posture inhabituelle). Toute perte de poids supérieure aux limites fixées entraîne le sacrifice de l’animal. Des nids végétaux seront placés pour permettre à l'animal de s'isoler s'il le désire. Les animaux montrant des signes de souffrance recevront des soins adaptés. Les animaux ayant atteint les points limites définis dans les procédures seront euthanasiés.
Choix des espèces
Notre choix s’est porté sur un modèle de souris car c’est le modèle le plus utilisé, le plus accessible et reconnu par l’ensemble de la communauté scientifique pour la génération d’animaux génétiquement alterés. La délétion de la Vasn sera induite avec des animaux au stade adulte (dès 8 semaines) comme lors de nos études ayant obtenues les autorisations précédentes. L’objectif est de poursuivre ces études et de les mettre en lien. L'induction de la délétion pourra être faite jusqu'à 1 an de vie.
Le rôle des astrocytes dans le sommeil
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Une partie des souris utilisées est immunodéprimée pour accepter la greffe d'astrocytes humains, et le porteur indique que 15 % d'entre elles développent spontanément un lymphome du thymus, avec compression des voies respiratoires ou de l'œsophage, amaigrissement, anémie et hypoactivité. 630 souris vont être utilisées, 480 dans des procédures d'un niveau de souffrance modérée et 150 dans des procédures sévères. Entre 25 et 30 jours de vie, 600 d'entre elles reçoivent une injection dans une région profonde du cerveau sous anesthésie pendant 30 à 45 minutes, quinze se voient implanter des électrodes, trente subissent six injections d'un agent bloquant la division cellulaire, et une partie est privée de sommeil pendant quatre heures. Toutes sont tuées une fois les mesures de sommeil terminées, pour prélever leur cerveau.
Objectifs
L'objectif de ce projet est d'élucider le rôle fonctionnel des astrocytes, cellules gliales non neuronales, dans la régulation du sommeil. Une meilleure compréhension de ces mécanismes est essentielle pour identifier de nouvelles cibles thérapeutiques et permettre à terme le développement de nouveaux traitements visant à améliorer le sommeil sur le plan qualitatif et quantitatif. Environ une personne sur trois souffre de troubles du sommeil, pour lesquels il n’existe encore aucun traitement ciblé et efficace sur le long terme. Le noyau préoptique ventrolatéral (VLPO) est une région du cerveau qui joue un rôle central dans l’induction et le maintien du sommeil. Cette région contient des neurones, qui inhibent les centres de l’éveil, et d’autres cellules, des astrocytes, en forme d’étoiles, qui régulent la transmission de l’information entre les neurones. Récemment, nous avons observé que ces astrocytes grandissent au cours du sommeil et se rétrécissent au cours de l’éveil. Leurs changements de forme modifient leurs contacts avec les neurones et leurs synapses et ainsi participent à la régulation de leur activité et donc du sommeil. Chez l’humain, les astrocytes sont beaucoup plus grands et complexes que chez les rongeurs. Ainsi, ils réalisent jusqu’à dix fois plus de contacts synaptiques, ce qui les rend plus efficaces. Récemment, il a été montré qu’une greffe d’astrocytes humains dans un cerveau murin accélère la maturation corticale et améliore ses performances d’apprentissage. Nous avons donc émis l'hypothèse qu’en modifiant le nombre d’astrocytes, ou leurs propriétés dans le VLPO, nous pourrions impacter le sommeil pour l’altérer ou le renforcer. Pour tester cette hypothèse, nous réaliserons soit une réduction du nombre d’astrocytes, par des approches virales ou pharmacologiques, ou alors nous en augmenterons le nombre, en réalisant des greffes d’astrocytes de souris, ou nous augmenterons leur efficacité, en réalisant des greffes d’astrocytes humains. Cette approche permettra d’étudier l’impact fonctionnel de l'augmentation du nombre ou de la complexité des astrocytes sur l’activité neuronale, la dynamique des réseaux et le sommeil.
Bénéfices attendus
La mise en œuvre de ce projet permettra de mieux comprendre le rôle fonctionnel des astrocytes dans la régulation du sommeil. De plus, il permettra d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques, ce qui permettra le développement de nouveaux traitements pour améliorer le sommeil, dont les troubles affectent une personne sur trois. Plus largement, ce projet permettra de mieux comprendre comment les interactions entre astrocytes et les neurones, ce qui pourrait permettre de mieux comprendre d’autres comportements que le sommeil.
Procédures
Au cours du projet, chaque animal sera exposé à un maximum de deux actes sous anesthésie : (i) une injection spécifique et contrôlée dans le noyau préoptique ventrolatéral (greffe de cellules ou vecteur viral) d’une durée moyenne de 30–45 minutes (600 souris concernées) ; (ii) pour un sous-groupe restreint destiné aux enregistrements polysomnographiques, l’implantation d’électrodes, réalisée une seule fois et durant environ 60 minutes (~ 15 souris concernées). Un lot de 30 souris recevra en outre six injections systémiques d’un agent bloquant la division des cellules < 1 minute chacune) réparties sur deux semaines. Les autres interventions sont non invasives : enregistrements du sommeil (10 jours au total) et une session unique de privation douce de sommeil de 4 heures, suivie d’un rebond de 2 heures.
Impact sur les animaux
1. douleur ou inconfort post-opératoire 2. risques liés à l'anesthésie 3. réactions immunitaires et rejet de la greffe 4. altération du comportement et stress 6. altération négative du sommeil. 6. Il est possible que les souris immunodéprimée développe spontanément un lymphome thymique (dans 15 % des cas) dû à l’absence de système immunitaire. Cela peut induire des nuisances à l’échelle locale, telles que la compression des voies respiratoires, du péricarde ou de la veine cave, ainsi que la compression de l’œsophage. À l’échelle systémique, cela peut se manifester par un amaigrissement progressif, de l’anémie, de la fatigue, de l’hypoactivité et de l’hypercalcémie.
Devenir
À la fin de chaque étape, les animaux sont traités de façon adaptée à la fois aux besoins scientifiques et à leur bien-être. Les souris qui reçoivent une injection cérébrale locale, un traitement médicamenteux ou une greffe ne subissent qu’une seule intervention majeure ; une fois les mesures de sommeil terminées, une mise à mort est effectuée pour prélèvement du cerveau pour des études post-mortem. Ainsi, chaque souris contribue pleinement à nos objectifs scientifiques tout en étant protégée d’un stress ou d’une douleur superflue. Ces procédures sont essentielles car elles représentent la seule façon d’obtenir une meilleure compréhension du fonctionnement du sommeil, étape essentielle au développement de nouveaux traitements pour l’améliorer.
Remplacement
À ce jour, aucun modèle in vitro ou in silico ne permet d’étudier la dynamique du sommeil, en particulier les interactions fonctionnelles entre astrocytes et neurones au sein du VLPO, une région clé dans l’initiation du sommeil. Le recours à l’animal est donc indispensable. Le modèle murin a été choisi, car il constitue un modèle de choix pour les études de sommeil. En effet, la souris présente du sommeil lent et du sommeil paradoxal, comme chez l’humain. De plus, cette région est très profondément enfouie dans le cerveau, et est donc plus accessible chez la souris. Enfin, ce modèle permet l’utilisation de lignées transgéniques essentielle à la mise en œuvre de notre projet pour la réalisation de greffes cellulaires, dans un environnement immunodéprimé, et offre des outils génétiques spécifiques permettant l’identification précise des circuits neuronaux impliqués dans le sommeil lent. Notre objectif est d’explorer le rôle des astrocytes dans la modulation du sommeil. Cette approche expérimentale ne peut pas être abordée par d’autres méthodes disponibles à ce jour.
Réduction
Le nombre d'animaux utilisés sera minimisé autant que possible et correspond au minimum nécessaire pour obtenir des résultats scientifiques significatifs. Nous utiliserons les mêmes souris pour les expériences de polysomnographie que pour les analyses de morphologies afin de réduire le plus possible le nombre d’animaux utilisés.
Raffinement
Nous avons mis en place des opérations aussi courtes et douces que possible, combinées à une anesthésie et des antidouleurs efficaces ; chaque souris est vérifiée tous les jours, logée dans une cage confortable avec nid et jouets, et protégée par des critères d’arrêt très stricts.
Choix des espèces
Nous travaillons chez la souris, un modèle de référence pour l’étude du sommeil, car elle possède, comme l’humain, des phases de sommeil profond et de sommeil paradoxal. Elle offre aussi une grande palette de lignées spécialisées : des souris fluorescentes pour localiser la région d’intérêt, des souris immunodéficientes qui ne provoquent pas de rejet de greffes, et des souris ayant un fond génétique permettant des techniques spécifiques et ciblées. De plus, la petite taille des souris limite les volumes de produit injecter, ces animaux se reproduisent rapidement et en nombre. Toutes les manipulations intracérébrales sont réalisées sur des jeunes animaux âgés de 25 à 30 jours. À cet âge, le cerveau a déjà atteint sa structure définitive, mais il reste suffisamment plastique pour que les cellules greffées s’y intègrent efficacement ; la fenêtre est donc idéale pour tester nos hypothèses. Enfin, travailler sur un âge unique réduit le nombre total d’animaux requis.
Effet d’un traitement préalable par l’halofuginone sur l’intégrité mitochondriale musculaire chez des souris lors de l’inactivité physique
- Recherche fondamentale
- Système musculosquelettique
Suspendues par l'arrière-train pendant trois jours pour que leurs pattes ne portent plus leur poids, 640 souris vont être utilisées dans des procédures d'un niveau de souffrance sévère, toutes tuées à l'issue. Elles passent quatre semaines et demie seules en cage, reçoivent un gavage trois fois par semaine pendant trois semaines, puis une injection trente minutes avant la mise à mort. Le porteur veut savoir si l'halofuginone protège les mitochondries du muscle pendant l'inactivité, et décrit comme modérés les bouchons urinaires du début de suspension et la perte de poids d'environ 15 %. Sur le remplacement, il conclut que l'animal vivant est "la seule option possible", l'expérimentation sur des humains en situation d'inactivité étant selon lui éthiquement difficile.
Objectifs
Le muscle squelettique joue un rôle central dans le mouvement, le maintien de la posture, la thermorégulation et les processus de défenses contre les agressions. Maintenir la masse et la fonction musculaire est essentiel pour préserver l'autonomie, prévenir les blessures et favoriser une bonne qualité de vie, notamment avec l'âge ou en cas de maladie. Les mécanismes impliqués dans le maintien de la masse musculaire ont été beaucoup étudié avec l’identification de nombreux processus intracellulaires, dont le maintien de l’intégrité mitochondriale. Pourtant, à l’heure actuelle, il n’existe toujours pas de traitement pour lutter efficacement contre la perte de masse musculaire (atrophie) qui s’installe dans diverses situations physiologiques ou pathologiques. La lutte contre l’atrophie musculaire reste donc un enjeu majeur de santé publique. L’halofuginone est un composé dérivé d’une plante chinoise qui inhibe la fibrose et l'inflammation dans différentes pathologies musculaires et qui peut retarder l’atrophie musculaire induite par l'inactivité physique chez des souris ayant été préalablement traitées par l’halofuginone pendant 3 semaines. Le projet a pour but d’étudier les effets de l’halofuginone sur le maintien de l’intégrité mitochondriale dans le muscle lors de l'inactivité physique, notamment sur les aspects structuraux et métaboliques d’une part et sur les conséquences sur la fonction musculaire d’autre part.
Bénéfices attendus
L’halofuginone est une molécule utilisée dans des études cliniques (notamment dans le cadre du traitement de dystrophies musculaires, ou de la malaria…) et possède diverses propriétés. Son rôle potentiel sur la préservation de l’intégrité mitochondriale dans le muscle en situation d’atrophie n’est pas cependant pas documenté. Ce projet apportera donc des connaissances sur des mécanismes additionnels par lesquels l’halofuginone exerce ses effets bénéfiques sur la préservation de la masse musculaire, et pourrait donc permettre à terme d’élargir son utilisation en clinique humaine.
Procédures
4 types d'intervention: (1) Hebergement individuel : durée = 4,5 semaines. (2) Suspension anti-orthostatique : durée = 3 jours. (3) Gavages : 3 fois par semaine ; durée = 3 semaines. (4) injection : 1 seule fois. 30 min. avant la mise à mort.
Impact sur les animaux
(1) Protocole de suspension anti-orthostatique (3 jours) : les animaux peuvent présenter des bouchons urinaires surtout au début de la suspension. Les animaux sont donc observés deux fois par jour pendant les 3 jours de suspension. Si un bouchon est observé, l’expérimentateur l’élimine à l’aide d’une compresse humide. La suspension des animaux entraine de fait un stress lié à la restriction de leur mobilité. Cependant, les effets sur la prise alimentaire et sur le poids corporel restent modérés avec une baisse de l’ordre de 15% les 2-3 premiers jours sont normalisés ensuite. (2) Administration par gavage (3 fois par semaine pendant 3 semaines) : Ce mode d'administration peut entrainer dans certains cas du stress lié à la contention avec une irritation et/ou un incorfort. Les animaux seront observés quotidiennement pour évaluer tout comportement pouvant témoigner de douleur et la prise alimentaire mesurée tous les jours pour s'assurer qu'elle reste stable. (3) Injection (1 fois) : Ce mode d'administration peut entrainer dans certains cas du stress lié à la contention.
Devenir
Tous les animaux seront euthanasiés à la fin de chaque protocole expérimental, les prélèvements nécessitant une procédure terminale sans réveil.
Remplacement
Les fontes musculaires lors de pathologies sont caractérisées par une atteinte simultanée de plusieurs tissus et/ou fonctions. Cette complexité des interactions entre tissus et organes n’existe que chez les animaux vivants. L’inactivité physique est impossible à reproduire sur des modèles expérimentaux plus simples (culture de tissus ou de cellules, organoïdes). Enfin, les situations d’inactivité physique chez l’Homme sont retrouvées lors de maladies ou de grande fatigue rendant éthiquement difficile ce type d’expérimentation chez l’Homme. L’utilisation d’animaux vivants placés en situation d’inactivité physique est la seule option possible.
Réduction
Nous avons planifié le nombre d'animaux nécessaires afin de garantir une puissance statistique adéquate tout en anticipant les éventuelles exclusions de certaines souris. Les procédures seront chacune réalisées en 2 étapes. Un premier protocole expérimental sera réalisé avec un effectif de 10 animaux par groupe, puis répété pour valider les observations dans 2 expériences indépendantes. Ces protocoles ne seront répétés que si les données initiales le justifient, dans le but de limiter autant que possible le nombre de souris utilisées dans chaque procédure.
Raffinement
Les contraintes que les animaux subissent au cours des procédures seront prises en compte par la mise en place de différentes mesures : (i) aménagement du milieu est prévu notamment par des ouates de cellulose pour augmenter le bien-être des souris pendant l’expérimentation. (ii) suivi quotidien des souris pour identifier des signes de stress ou de souffrance, caractrisés par l'état du pelage, le comportement de la souris (agressivité/apathie), mobilité, alimentation... Le poids corporel et la prise alimentaire seront donc mesurés tous les jours. (iii) soins spécifiques pendant la période de suspension (elimination des bouchons urinaires) (iv) mise en place de points limites. En cas d'atteinte d'un point limite l'animal sera exclu des procédures expérimentales.
Choix des espèces
Choix de l'espèce : Nous avons choisi d'utiliser des souris . La souris nous permet d'étudier les mécanismes par lesquels l'halofugionone permet de retarder l'atrophie musculaire lors de l'inactivité physique car cette espèce montre une bonne concordance avec l'atrophie musculaire observée chez l'homme en situation d'inactivité physique (bed rest, immobilisation), rendant les données obtenues particulièrement pertinentes pour une transposition potentielle des résultats. De plus, nous étudions ces phénomènes à un stade dé développement adulte pour s'affranchir des facteurs confondants liés à la croissance des animaux. Choix du stade de développement : Les souris seront matures âgées de 8-12 semaines, afin qu'elles soient matures d’un point de vue sexuel, ce qui permet d’éviter les modifications hormonales observées durant la croissance. De plus, la croissance musculaire est stabilisée ce qui permet d’observer les pertes de masse musculaire per se en réponse à la suspension, indépendamment d’un effet éventuel lié à un retard de croissance.
Etude d’un gène impliqué dans la régulation de la thermogenèse chez la souris
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
27 jours seules en cage, dont cinq jours à 14 °C après cinq jours à 30 °C : c'est le protocole imposé à des souris porteuses d'une mutation qui les rend résistantes à la prise de poids. 96 souris vont être utilisées dans des procédures classées au niveau de souffrance le plus élevé, sévère. Le porteur qualifie pourtant ses mesures de non invasives et affirme qu'elles se font "sans impact négatif sur les animaux", ne retenant comme nuisances que l'isolement social et un stress physiologique transitoire au passage au froid. Toutes seront tuées pour les prélèvements.
Objectifs
L'obésité et le surpoids ont atteint des proportions épidémiques dans le monde, touchant 1,9 milliard d’adultes en surpoids et plus de 650 millions d’obèses en 2016. Des études montrent que l'immunité innée, activée par les bactéries du microbiote intestinal, joue un rôle clé dans ces troubles. Une nouvelle voie impliquant un récepteur a récemment été découverte. Des mutations du gène de ce récepteur ont été associées à l'obésité et au diabète de type 2. Pour mieux comprendre cette voie, une lignée de souris mutées a été développée. Ces souris prennent moins de poids sous régime riche en graisses et expriment davantage de gènes liés à la régulation de la température corporelle. Nous émettons donc l'hypothèse que ces souris ont une capacité adaptative accrue à un changement de température qui expliquerait leur phénotype de résistance à l'obésité. Cependant, l'effet de la température et du type de régime sur leur balance énergétique reste à étudier. Afin d'obtenir ces données, des mesures précises seront collectées de manière non invasive grâce à des cages de calorimétrie indirecte dans un environnement à température contrôlée.
Bénéfices attendus
Ce projet vise à mieux comprendre comment le corps régule son équilibre énergétique et sa température, des processus essentiels dans le développement de l'obésité, un problème de santé majeur avec des conséquences médicales et socio-économiques importantes. En étudiant un récepteur dont les mutations sont associées à l'obésité et au diabète de type 2 chez l'homme, cette recherche pourrait révéler de nouvelles cibles thérapeutiques. L’analyse de souris mutées pour ce récepteur, résistantes à la prise de poids sous régime riche en graisses et présentant une activation accrue des gènes liés à la production de chaleur, permettra d'explorer l'impact des régimes alimentaires et des variations de température sur le métabolisme. Des mesures non invasives, comme la calorimétrie indirecte et l'imagerie thermique, fourniront des informations précises sur l’équilibre énergétique et la composition corporelle. Les résultats obtenus pourraient ouvrir la voie à des stratégies innovantes pour prévenir et traiter l'obésité et les troubles métaboliques associés.
Procédures
La mesure de la balance énergétique sera effectuée durant 20 jours et donc les animaux seront individualisés pendant 27 jours. La température d'hébergement variera entre 30°C (5 jours) et 14°C (5 Jours) avec une transition à 22°C (5 jours).
Impact sur les animaux
Les effets indésirables potentiels liés à ce protocole concernent principalement l’hébergement individuel, les manipulations ponctuelles lors de l’analyse corporelle, ainsi que l’exposition à des températures non standard, en particulier en raison de l’alternance des conditions environnementales. Les animaux seront placés en cage individuelle, ce qui peut générer un stress modéré, notamment lié à l’absence d’interactions sociales. Ce stress est susceptible de persister tout au long de la période d’isolement, qui n’excèdera pas 27 jours. Enfin, les animaux seront soumis à une alternance de conditions environnementales : une phase à 30 °C (température de thermoneutralité) suivie, après une période de transition de cinq jours à 22 °C, d’une phase à 14 °C (froid modéré). Ce changement de température, nécessaire pour étudier les capacités adaptatives des souris, nécessitera une adaptation de la souris à ce nouvel environnement, il peut entraîner un stress physiologique transitoire, notamment lors du passage au froid.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort, afin de réaliser les prélévements nécessaires à l'étude.
Remplacement
Le recours à l’expérimentation animale est justifié, car il est impossible de modéliser in vitro ou in silico les interactions complexes entre le régime alimentaire, l’immunité innée, la dépense énergétique, la composition corporelle et l’effet de la température ambiante. L’étude du métabolisme énergétique et des comportements associés nécessite un organisme entier, où les tissus métaboliquement actifs coopèrent de manière intégrée pour réguler ces processus.
Réduction
Afin de réduire le nombre d’animaux, cette étude combine l’analyse du comportement alimentaire, de la dépense énergétique, de la composition corporelle et des paramètres d’exposition à différentes températures sur les mêmes individus pendant 5 jours par palier. Douze souris par groupe expérimental sont nécessaires pour garantir des résultats statistiquement significatifs en tenant compte de la variabilité connue des paramètres mesurés. Les relevés métaboliques réalisés sur plusieurs jours réduisent cette variabilité intrinsèque et interindividuelle. De plus, les méthodes, non invasives utilisées, permettent d’obtenir des données précises sans impact négatif sur les animaux. L’évaluation des capacités adaptatives sera également optimisée par le changement de régime sur les mêmes souris. Enfin, des analyses statistiques adaptées permettront de maximiser la robustesse des résultats tout en minimisant le nombre d’animaux requis.
Raffinement
Pendant la phase d’individualisation, le poids et la consommation alimentaire seront enregistrés. La mesure de la balance énergétique et de la composition corporelle sont deux analyses non invasives. L’animal est hébergé dans une cage classique au sein des dispositifs de mesure de la dépense énergétique. Les animaux bénéficieront d’un enrichissement, avec un abri en plastique rouge, deux carrés de coton, et une nacelle pour construire leur nid. Les capteurs, encastrés dans le couvercle de la cage, ne perturbent pas l'animal. Les mesures de la balance énergétique sont effectuées automatiquement, de jour comme de nuit, sans intervention de l’opérateur. Une attention particulière est portée afin que les animaux aient suffisament de matériel de nidification pour s'adapter à la baisse de la température ambiante. Les souris seront surveillées quotidiennement pendant toute la durée du protocole afin de détecter et signaler rapidement tout signe de changement de comportement ou d'état de santé. Des points limites stricts et spécifiques au projet ont été définis. En cas d'anomalie comportementale et/ou de détérioration de l'état de santé des souris, le protocole sera interrompu.
Choix des espèces
L’espèce souris Mus musculus a été choisie car c’est un excellent modèle pour l’étude de la physiologie des mammifères dans une population homogène d’animaux. C’est également un modèle de choix pour l'étude des dysfonctionnements métaboliques, car de nombreuses voies de régulation métabolique sont conservées entre la souris et l’homme, ce qui permet d’extrapoler les résultats obtenus. Enfin, la souris est le modèle de choix et de référence pour l'étude des intéractions entre la réponse immunitaire et le métabolisme énergétique. Pour cette, les souris seront utilisées à l’âge adulte. Ce choix est justifié par plusieurs facteurs : (1) l’âge adulte garantit que toutes les structures cérébrales sont stabilisées, ce qui évite d'impacter leurs comportements alimentaires et locomoteurs au fil du temps; (2) le poids de l’animal est plus stable à cet âge, permettant une analyse fiable et robuste durant toute la durée de l’expérimentation.
Etude du comportement et de l’activité cérébrale dans des modèles de souris pour l’étude d’un syndrome de retard mental d’origine génétique – EU1/2
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Toutes les souris du projet subissent une biopsie de la queue avant le sevrage, un geste qui entraîne une douleur aiguë et un stress de contention. 1 282 souris vont être utilisées, 754 dans des procédures d'un niveau de souffrance léger et 528 dans des procédures sévères, toutes tuées à l'issue, une partie par perfusion intracardiaque sous anesthésie terminale. L'objectif est de cartographier l'activité cérébrale de trois lignées porteuses de mutations liées aux troubles du neurodéveloppement et de mesurer leurs déficits de comportement. Quatre tests comportementaux sont annoncés par animal, qualifiés de non invasifs et non douloureux, sans qu'aucun soit nommé.
Objectifs
Les troubles du neurodéveloppement (TND) concernent près d’une naissance sur 10 dans les pays développés. Ils constituent un groupe hétérogène d’atteintes du développement du système nerveux qui regroupe des maladies souvent invalidantes et avec peu de perspectives thérapeutiques, tels que des syndromes de retard mental, ou des déficits musculo-squelettiques. Ce projet a pour finalité l’étude en parallèle de trois gènes impliqués dans les TNDs. Notre objectif est 1) d'étudier les déficits comportementaux dans une lignée de souris porteuse d'une mutation inactivant un de ces gènes, pour mimer la pathologie humaine, et 2) de réaliser une cartographie de l’activité cérébrale dans les souris modèles pour ces trois gènes, au moyen de marquages histologiques validés lors d'une étude préalable. Cela nous permettra d’identifier les convergences de mécanismes pathologiques dans trois modèles de TND et donc de mieux comprendre la pathologie.
Bénéfices attendus
Les résultats de ces travaux permettront dans un premier temps de mieux comprendre les fonctions des gènes de notre étude, ce qui renforcera la connaissance des liens entre des perturbations au niveau cellulaire et les altérations comportementales chez la souris. En particulier, ce projet sera la première étude visant à étudier en profondeur les altérations cérébrales liées à un nouveau gène associé aux troubles du neurodéveloppement, imitant ce qui se passe chez les patients atteints d'un syndrome de déficience intellectuelle et autisme. Cette étude permettra également de mieux comprendre les troubles du neurodéveloppement et d'améliorer le conseil génétique aux familles.
Procédures
Les animaux subiront une biopsie avant le sevrage pour le génotypage (une seule fois, durée 1 minute environ). Les animaux seront soumis à des tests d’exploration des fonctions comportementales, non invasifs, et non douloureux, mais qui nécessiteront de manipuler régulièrement les animaux (4 tests prévus par animal, chaque test dure quelques minutes, les tests sont étalés sur plusieurs semaines). Ces procédures peuvent entraîner un stress léger. Certains animaux subiront une procédure sans réveil, sous anesthésie générale, d’une durée de 5 minutes environ.
Impact sur les animaux
Tous les animaux subiront une biopsie à la queue qui entraine une douleur aiguë et un stress au moment de la contention. Certains animaux reproducteurs pourront être isolés pour éviter les bagarres, entraînant un stress d’isolement social. Certains animaux seront soumis à des tests de comportement non invasifs mais qui entraînent un stress lié à la contention et la manipulation répétée. Certaines souris subiront une mise-à-mort par perfusion intra-cardiaque. Cette procédure est faite sous anesthésie gazeuse terminale, et est sans réveil.
Devenir
Les animaux sont des souris génétiquement modifiées, nous ne pouvons donc pas les replacer à l’issue de ce projet. Par conséquent les animaux seront mis à mort.
Remplacement
Ce projet a pour objectif de mieux caractériser les altérations comportementales dans des modèles animaux mimant un trouble du neurodéveloppement d'origine génétique, et d’identifier des égions différentes du cerveau qui répondent de façon anormale à la stimulation. En préalable à ce projet, nous avons réalisé des expériences in vitro validant notre hypothèse sur les gènes impliqués ce qui permet de nous assurer que l’étude est pertinente. L’approche in vivo est une nécessité afin d’aborder des troubles complexes de la cognition et du comportement. Nos modèles permettent de réaliser des expériences qui ne peuvent pas être reproduites in vitro telles que des tests des fonctions cognitives ou du comportement social.
Réduction
Les accouplements seront optimisés afin de produire strictement le nombre nécessaire d’animaux et dans la mesure du possible pour que tous les génotypes puissent être utilisés dans les études ultérieures, soit dans le groupe expérimental, soit dans le groupe contrôle. Il y a toujours une possibilité que certains génotypes soient retrouvés en excès, dans ce cas les animaux pourront être utilisés pour maintenir la colonie ou pour d’autres projets avec les mêmes lignées. Nous pourrons utiliser certains animaux qui ont subi uniquement des tests de comportement non invasifs pour réaliser une autre procédure, complémentaire, ce qui permettra de réduire le nombre d’animaux. Le nombre d’animaux utilisés dans les procédures est limité au minimum nécessaire pour déterminer la significativité statistique des résultats, et a été choisi par un test de puissance statistique sur la base de notre expérience préalable. Pour le test de sociabilité, utilisant en plus des congénères étrangers, nous aurons recours si possible à des animaux déjà présents dans l’animalerie, dans le but de ne pas utiliser d’animaux supplémentaires.
Raffinement
Pour l'ensemble des procédures, nous avons défini des points limites prédictifs et précoces afin de prédire au mieux et le plus tôt possible des manifestations conduisant à la mise en place de traitements ou à l’arrêt de la procédure. Les animaux sujets aux tests de comportement seront acclimatés à la salle de test au préalable afin de réduire le stress causé par un nouvel environnement. Les différents tests seront réalisés avec un temps de pause suffisant entre chaque test pour limiter un stress éventuel des animaux. A noter que les tests de comportement ne sont pas invasifs et ne portent pas atteinte à l’intégrité de l’animal.
Choix des espèces
Le cerveau de la souris est très proche du cerveau humain dans sa structure et son fonctionnement. Le modèle murin est un modèle animal reconnu dans le cadre des études des pathologies neurodéveloppementales tels l’autisme et/ou les déficiences mentales. Les tests seront réalisés chez des animaux jeunes adultes, idéalement entre 60 et 90 jours mais cet âge peut différer légèrement selon la disponibilité des animaux et la composition des cohortes. En effet, cet âge correspond à l’âge auquel nous avons préalablement identifié des altérations du comportement des souris dans d'autres lignées.
Crises épileptiques induites par un stimulus externe
- Recherche appliquée
- Troubles nerveux
Rats : 2525
Tester des candidats médicaments avant leur mise sur le marché suppose ici de provoquer des crises d'épilepsie chez des rongeurs par stimulation externe. 9 750 souris et 2 525 rats vont être utilisés, tous tués, dans des procédures d'un niveau de souffrance sévère. Chaque animal est exposé à un stimulus de 3 à 60 secondes qui déclenche contractions toniques et secousses cloniques, la crise pouvant entraîner sa mort, et une partie subit en plus l'implantation d'un guide-canule sous anesthésie pendant une heure puis sept jours d'isolement. L'effectif de 12 275 rongeurs n'est adossé à aucun calcul détaillé, le porteur indiquant seulement qu'il ajuste le nombre selon la nature des données recueillies.
Objectifs
Le présent projet a pour objectif d’évaluer l’innocuité et/ou l’efficacité de nouveaux candidats médicaments dans le traitement des épilepsies généralisées et partielles. Bien que plusieurs traitements médicamenteux soient actuellement disponibles, environ 30 % des patients présentent une résistance aux traitements, rendant la recherche de nouvelles thérapies indispensable pour améliorer leur qualité et espérance de vie. Les épilepsies généralisées sont caractérisées par des activités neuronales anormales affectant les deux hémisphères cérébraux, et peuvent notamment se manifester par des crises tonico-cloniques. Ces dernières se traduisent par des contractions musculaires soudaines (toniques), des secousses involontaires (cloniques) et, dans certains cas, un arrêt respiratoire temporaire ou définitif. Des signes avant-coureurs tels qu’une hypersalivation ou une respiration bruyante peuvent précéder ces épisodes. Les crises partielles, quant à elles, résultent d’une activité neuronale anormale localisée dans une région spécifique du cerveau. Les manifestations cliniques varient selon la zone atteinte et peuvent inclure des fourmillements, des mouvements involontaires d’un membre, des mouvements anormaux de la tête ou des yeux, ou encore des signes émotionnels comme la peur ou le rire. Afin d’évaluer les effets des substances pharmacologiques en développement, le projet repose sur l’utilisation de modèles expérimentaux dans lesquels des crises épileptiques sont induites par stimulations externes. Ces tests permettent de recueillir des données essentielles sur le potentiel thérapeutique des molécules étudiées.
Bénéfices attendus
Les modèles expérimentaux de crises d’épilepsie généralisée et partielle induites par des stimulations externes sont actuellement recommandés pour l’évaluation préclinique de l’efficacité de nouveaux candidats médicaments avant leur mise sur le marché. La recherche de nouveaux traitements antiépileptiques constitue un enjeu de santé publique majeur. En effet, les traitements disponibles aujourd’hui sont uniquement symptomatiques et ne permettent pas de soigner la maladie. De plus, une proportion significative de patients (environ 10 à 30 %) doit interrompre leur traitement en raison d’effets secondaires indésirables ou d’une absence d’efficacité, liée à une résistance aux médicaments. Ce projet s’inscrit dans cette dynamique de développement de thérapies innovantes, à la fois pour améliorer le contrôle des crises chez les patients pharmaco-résistants, mais également pour réduire les effets indésirables des traitements actuels. Un autre objectif essentiel est de mettre au point des traitements qui pourraient empêcher la maladie de se développer chez les personnes identifiées comme à risque. À ce jour, aucun traitement de ce type n’est disponible. Ainsi, les résultats attendus de ce projet pourraient contribuer à l’identification de nouvelles approches thérapeutiques permettant d’améliorer la qualité et l’espérance de vie des patients atteints d’épilepsie.
Procédures
Pour chaque procédure décrite, les candidats médicaments seront administrés par un bolus rapide qui dure quelques secondes ou par perfusion de quelques minutes. Les administrations peuvent être uniques ou répétées une fois par jour, pendant 7 jours au maximum, en fonction des spécificités du candidat traitement. Si applicable, l'implantation d'un guide canule est réalisée sous anesthésie générale sur environ 60 minutes. Dans chacune des procédures décrites, le rongeur sera exposé à un stimulus externe, d'un durée maximale de 3 à 60 secondes. Des prélèvements sanguins peuvent également être envisagés avant le test (à minima 24 heures avant la stimulation, durée de l'ordre de la minute) pour compléter les données in vivo par des données biochimiques ou histologiques. Pour les études nécessitant une chirurgie, les animaux seront hébergés individuellement pendant 7 jours au maximum.
Impact sur les animaux
Dans ce projet, les tests modélisant des crises peuvent induire un certain inconfort ou un stress physique chez les rongeurs, se manifestant notamment par l'apparition de mouvements involontaires saccadés ou un raidissement des membres ou du corps. Ce stress est principalement lié à l’application de signaux externes de courte durée, qui entraînent l’apparition de manifestations convulsives. Dans certains cas, la survenue de crises tonico-cloniques peut entraîner le décès de l’animal. Lorsqu’ils sont implantés avec un guide canule, les animaux sont placés en cage de réveil et maintenus en hébergement individualisé pendant 7 jours maximum après la chirurgie, afin d’éviter toute dégradation du dispositif par les congénères. Enfin, le prélèvement de sang réalisé sur animal vigile au cours de certaines expérimentations peut également engendrer un stress transitoire.
Devenir
Les animaux seront euthanasiés immédiatement après la stimulation si une convulsion tonique est observée ou à la fin du test en l'absence de convulsion tonique car ces procédures ne permettent pas le maintien en vie des animaux dans de bonnes conditions.
Remplacement
Il existe des techniques alternatives in silico ou in vitro permettant d'évaluer les traitements sur des cultures primaires de neurones ou des tranches cérébrales afin de sélectionner les meilleurs candidats médicaments et donc de limiter le nombre d'animaux utilisés. Néanmoins, l'efficacité de nouveaux traitements doit également être démontrée sur des modèles plus complexes (modèles animaux) permettant ainsi l’observation des effets de substances pharmacologiques sur le comportement des animaux.
Réduction
Le nombre d'animaux est ajusté afin de pouvoir évaluer l'effet d'un composé en réalisant une seule étude et en fonction des analyses statistiques réalisées dépendant de la nature des données : variables dichotomiques, données paramétriques ou non paramétriques. Il est possible de tester plusieurs composés et doses dans une même expérience. Ceci permet de limiter le nombre d'animaux contrôles et le nombre d'animaux testés avec une substance connue.
Raffinement
Les procédures décrites ont été optimisées pour limiter la douleur chez l'animal. Une solution anesthésiante sera appliquée avant chaque stimulation. Les animaux seront anesthésiés et/ou euthanasiés, immédiatement après l'apparition d'une convulsion tonique. Pour les études incluant une chirurgie pour administrer le candidat médicament, une analgésie est assurée par l’administration d'un analgésique systémique et l'utilisation d'un analgésique local. Enfin, un gel ophtalmique est appliqué pendant la chirurgie pour éviter le dessèchement de l'oeil. Un système de suivi des points limites a été mis en place afin de garantir le bien être animal.
Choix des espèces
Les modèles de convulsions induites par une stimulation externe sont largement décrits dans la littérature chez le rongeur (souris et rats). Les procédures décrites dans ce projet sont recommandées pour évaluer de nouveaux candidats médicaments (efficacité) et/ou l'innocuité d'un composé dans le cadre de l'épilepsie. Les rongeurs utilisés sont testés une fois sevrés, l’âge peut varier entre 3 semaines et 2 ans, conformément aux données historiques et à la bibliographie scientifique.
Développement d’une nouvelle méthode non invasive d’évaluation de la sensibilité colique chez la souris
- Recherche fondamentale
- Système gastrointestinal
- Système nerveux
Une distension nocive de la paroi intestinale, quatre fois de suite, vingt secondes à chaque fois : 112 souris vont subir cette série dans des procédures d'un niveau de souffrance sévère. Douze d'entre elles reçoivent en plus des électrodes implantées dans l'abdomen sous anesthésie, vingt minutes d'opération, pour comparer la méthode existante à celle que le porteur veut mettre au point. Cette nouvelle méthode consiste à filmer la posture des souris pendant la distension, et le porteur la présente comme une avancée de raffinement. La distension reste infligée, décrite comme une source d'inconfort voire de douleur aiguë, et toutes les souris sont tuées à la fin pour prélever des échantillons.
Objectifs
L'objectif de ce projet est de développer une nouvelle technique d'évaluation de la sensibilité colique chez la souris de laboratoire. Les standards actuels font appel à des gestes chirurgicaux invasifs associés à des nuisances pour les animaux. Dans ce projet, nous souhaitons entrainer, valider et utiliser des algorithmes permettant d'évaluer la force des contractions abdominales en réponse à une stimulation de la paroi intestinale uniquement au moyen de l'enregistrement vidéo de la posture des animaux. Ce procédé, s'il est validé au cours de ce projet, s'intégrerait parfaitement dans une stratégie de raffinement pour l'étude de la sensibilité colique de l'animal de laboratoire.
Bénéfices attendus
Si cette nouvelle méthode de mesure apporte des résultats satisfaisants, les autres méthodes actuellement employées pourraient être remplacées par un protocole beaucoup moins invasif. Ce protocole d'étude pourrait par la suite permettre l'évaluation de candidats médicaments chez l'Homme pour le traitement de la douleur colique qui demeure, encore à l'heure actuelle, difficile à prendre en charge du fait de la faible efficacité des molécules actuellement disponibles et/ou des effets indésirables gastro-intestinaux associés aux antalgiques classiques.
Procédures
Les animaux seront soumis à une distension nocive de la paroi intestinale, procédé indispensable à l'étude de la sensibilité colique. Chaque lot d'animaux sera soumis à une série de 4 distensions coliques, chaque stimulation durant 20 secondes. De plus, afin de comparer cette nouvelle méthode d'étude aux standards actuellement employés, il sera nécessaire de réaliser des chirurgies d'implantation d'électrodes abdominales chez certains animaux. Douze animaux seront utilisés pour cette partie du projet et l'acte chirurgical dure une vingtaine de minutes pour chaque animal.
Impact sur les animaux
L'implantation d'électrodes au niveau abdominal réalisée sous anesthésie générale, peut induire un stress chez l'animal au moment de l'induction de l'anesthésie. La distension colorectale, source d'inconfort voire de douleur aiguë pour les animaux, est nécessaire afin d'évaluer efficacement la sensibilité des animaux. Le modèle d'hypersensibilité proposé induit une inflammation transitoire de la paroi intestinale dont la sévérité sera évaluée quotidiennement par les expérimentateurs.
Devenir
Les animaux seront mis à mort à la fin des procédures dans le but de collecter des échantillons biologiques afin de mettre en relation le niveau de sensibilité colique des animaux avec des marqueurs biochimiques et moléculaires de l'activation des voies nerveuses transmettant l'information douloureuse.
Remplacement
L’utilisation d’animaux pour les tests d'efficacité d’analgésiques/antalgiques est rendue nécessaire par le fait que les mécanismes d'action des candidats-médicaments sont des processus complexes impliquant la totalité du système nerveux (de manière imagée, des communications réciproques entre le cerveau, la moelle épinière, et les tissus périphériques). C’est seulement chez l’animal entier que l’impact de ces traitements peut être évalué. En régle général, la sensation douloureuse fait intervenir des processus complexes et des interactions multiples entre différents grands systèmes de l'organisme qui sont impossibles à appréhender uniquement in vitro.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisé sera réduit par le soin apporté à chaque expérience conjugué à plus de 15 ans de pratique dans le domaine d'étude de la sensibilité viscérale par le personnel du laboratoire limitant ainsi les pertes liées à l'acte chirurgical. Afin d'assurer la qualité scientifique du projet le nombre d'animaux sera calculé selon le test présentant la plus grande variabilité et qui est la mesure de la pression intracolique en réponse à la distension colorectale.
Raffinement
Afin de déceler l'apparition de souffrance ou de comportements anormaux, les animaux seront surveillés quotidiennement (Week-end et jours fériés compris) par l'expérimentateur mais aussi par le personnel de l'animalerie. Si l'un des points limites mis en place est atteint pour un animal, celui-ci sera euthanasié par le personnel de l’unité de stabulation animale. Ces animaux seront au maximum 5 par cage (5 mâles ou 5 femelles). De plus, ces cages contiendront des milieux d'enrichissements structurels de type petite maisonnette ainsi que du coton pour la nidification. La manipulation des animaux sera réalisée selon les protocoles de contention "low stress" auxquels les personnels impliqués dans ce projet ont été récemment formés.
Choix des espèces
Le choix de la souris comme modèle expérimental est appuyé par sa pertinence pour l’étude des pathologies intestinales in vivo ainsi que par la disponibilité de lignées d’animaux génétiquement modifiés et l’existence de nombreux outils d’analyse développés pour cette espèce. Des animaux adultes seront utilisés au cours de toutes les expérimentations. Il est impossible de réaliser des distensions colorectales sur des animaux plus jeunes au risque de léser la paroi intestinale.