Autres poissons
Développement d’épreuves infectieuses expérimentales chez le médaka, un outil modèle alternatif dans le domaine de la santé des poissons d’élevages
- Recherche appliquée
- Diagnostic des maladies
2 266 médakas vont être utilisés, dont 1 990 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, tous tués à l'issue. Répartis par bassins de 23 pour huit pathogènes différents, ils sont infectés par des virus et des bactéries, certains par micro-injection sous anesthésie, et deux d'entre eux sont mis à mort à 3, 7, 10 et 15 jours après chaque infection pour prélèvement. Le porteur indique que plusieurs de ces pathogènes provoquent des mortalités significatives et qu'il est impossible de prédire les effets des virus émergents testés. Ce dispositif est présenté comme un modèle alternatif destiné à réduire à terme l'utilisation de poissons d'élevage, la réduction annoncée portant donc sur d'autres espèces que celles tuées ici.
Objectifs
Ce projet a pour finalité de mettre en place des infections expérimentales (virus et bactéries) chez un poisson modèle, le médaka, afin de pouvoir évaluer l’efficacité de stratégies anti-infectieuses et déterminer le potentiel de ce modèle alternatif dans l’aide au diagnostic et la caractérisation de pathogènes émergents. Les espèces de médakas Oryzias latipes et melastigma sont des poissons de petite taille dont le génome a été entièrement séquencé, qui s’élèvent et se reproduisent facilement toute l’année. Extrêmement tolérants, ils peuvent vivre en eau douce ou en eau de mer dans des plages de température relativement larges. Plusieurs études ont démontré qu’ils étaient permissifs à une grande diversité de pathogènes viraux ou bactériens. Dans un contexte de remplacement et de raffinement de l’expérimentation animale en santé des poissons d’élevage et de la mise à disposition de nouveaux outils en infectiologie, nos objectifs détaillés consistent à i) mettre en place un élevage pérenne de ces 2 espèces de médaka (melastigma, qui présente une affinité particulière pour les milieux marins ou saumâtres et latipes, plus retrouvé en eau douce) ; ii) développer des modèles infectieux (virus/bactéries connus) adaptés aux milieux marin ou d'eau douce et des outils d’analyses de l'ensemble des microorganismes vivant dans un hôte donné ; iii) explorer l’utilisation du médaka comme outil de diagnostic complémentaire aux méthodes d'analyses sur cellules pour la caractérisation de plusieurs pathogènes émergents décrits récemment et disponibles au sein de notre structure.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra à terme une réduction du nombre d’animaux d’élevages utilisés en expérimentations en donnant la possibilité de mener des évaluations rapides de solutions thérapeutiques et de sélectionner celles présentant les meilleures potentialités pour des tests sur espèces cibles. L’apport au diagnostic sera un autre bénéfice important, en proposant une facilitation de l’identification et de la caractérisation d’agents infectieux émergents.
Procédures
Les infections par micro-injections, si elles sont réalisées, seront faites sous anesthésie générale (durée de l'intervention inférieure à 5 minutes entre l'endormissement, l'injection, et la phase de réveil ; moins de 30 secondes pour l'opération d'injection). Au cours des infections, 2 animaux seront mis à mort dans les bacs dédiés aux prélèvements pour chaque pathogène testé à 3, 7, 10 et 15 jours post-infection. Les poissons survivants des bacs de prélèvements seront analysés au terme des essais après mise à mort.
Impact sur les animaux
Les médakas sont des animaux très adaptables et faciles à maintenir en aquariums à une température optimale de 26 à 28°C. Un léger stress pourrait être induit du fait des différentes conditions d’essais testées (différentes températures). Certains pathogènes ont été rapportés comme induisant des mortalités significatives. Il est par contre impossible de prédire les effets potentiellement induits par les virus émergents qui seront utilisés.
Devenir
Les animaux survivants au terme des procédures seront mis à mort, pesés/mesurés et conservés à -80°C pour analyses.
Remplacement
Cette étude vise à développer un modèle alternatif qui permettra à moyen terme de limiter l’utilisation de poissons d’élevages cibles pour la caractérisation d’agents infectieux émergents, le développement et la validation d’outils de diagnostic, et l’évaluation de stratégies de lutte. Les modèles in vitro disponibles sont limités par la diversité des pathogènes présents chez les différentes espèces de poissons d’élevage et il n’est pas possible d’évaluer la virulence ou l’efficacité d’un traitement sans passer par un système permettant d’appréhender la complexité d’un modèle hôte/pathogène.
Réduction
Des prétests seront nécessaires pour les pathogènes bactériens afin de définir les bonnes concentrations à utiliser pour les épreuves infectieuses. Elles nécessiteront l'utilisation de 25 poissons / pathogène (5 poissons, 4 concentrations + 1 groupe témoin), soit 75 poissons au total / espèce de médaka. Le suivi de mortalité sera réalisé sur 3 bassins de 23 poissons par pathogène afin d’intégrer la variabilité fréquemment observée en infectiologie sur modèles poissons. Un bassin supplémentaire de 23 poissons / pathogène est prévu afin de pouvoir réaliser des prélèvements en cinétique sans perturber les animaux des bassins destinés au suivi de mortalité. Au regard du nombre de pathogènes connus (n=6) ou émergents (n=2) à tester, des pré-tests pour les pathogènes bactériens et en intégrant le fait qu'un essai pourrait être réitéré avec une infection par micro-injection, le nombre total maximum de poissons utilisés sera de 1133 médaka / espèce, soit 2266 poissons au total.
Raffinement
Les mesures de raffinement viseront : - à assurer des conditions optimales d’hébergement des animaux afin de s’assurer de leur bien-être : une biomasse (nombre d’animaux par bassin) contrôlée permettant l'expression des comportements alimentaires et natatoires attendus, un volume d'eau adapté et renouvelé régulièrement, une saturation en oxygène suffisante, un rythme jour/nuit naturel, et une alimentation adaptée à leur stade de développement et la biomasse. - à réaliser des observations quotidiennes de l’état de santé général des poissons et de leur comportement natatoire et alimentaire. - à mettre à mort de façon compassionnelle les animaux qui présenteraient des signes de mal-être, en accord avec une grille de points limites définie.
Choix des espèces
Le médaka (Oryzia latipes et melastigma) est une espèce idéale facile à entretenir en raison de sa petite taille, de ses exigences simples en matière d’alimentation et d’habitat (eau douce/saumâtre/de mer) et de sa grande adaptabilité aux variations de température, ainsi qu’un temps de génération court (3 mois pour un cycle complet). Son génome, de taille réduite, est disponible et il possède une immunité innée et adaptive déjà bien documentées, ainsi qu’une sensibilité avérée à des agents viraux d’importance pour la filière piscicole, comme les virus de la nécrose nerveuse (VNN), de la septicémie hémorragique virale (VSHV) et de la nécrose pancréatique infectieuse (VNPI) ou à des agents bactériens comme Aeromonas hydrophila ou Vibrio harveyi. Les données de la littérature sur la sensibilité du médaka aux virus précédemment citées concernent en majorité le stade adulte ; les animaux utilisés dans le cadre de ces procédures seront donc au stade adulte.
Suivi des déplacements post-lâchers de sub-adultes d’esturgeons européens Acipenser sturio
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
4 esturgeons européens, des poissons d'une espèce protégée nés et élevés en captivité depuis 17 ans, vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, puis relâchés dans le milieu naturel. Chacun subit sous anesthésie, couché sur le dos, une opération de moins de 10 minutes pour placer dans son abdomen une marque acoustique prévue pour émettre environ cinq ans, entre des transferts de bassin en bassin et un transport jusqu'au site de lâcher. Le suivi par hydrophones doit montrer si des esturgeons lâchés aussi tard rejoignent les frayères, et le porteur envisage lui-même l'issue où aucun déplacement ne serait détecté. Il écarte tout remplacement au motif que "l'expérience porte sur l'espèce considérée", et juge l'effectif de 4, qu'il reconnaît faible, "acceptable" au vu de la rareté de l'espèce.
Objectifs
Dans le cadre des programmes de repeuplement, on relâche de préférence des poissons jeunes afin que leur temps passé en captivité (où il y a des risques de domestication) soit limité, facilitant ainsi leur adaptation au milieu naturel. Toutefois, la survie des jeunes poissons, issus de relâchés ou sauvages, peut être très faible, car ils sont plus sensibles aux conditions environnementales et à la prédation. Afin d’améliorer la survie post-lâcher, des individus plus âgés et plus grands peuvent être déversés mais la question se pose de savoir si ces individus vont adopter un comportement adapté au milieu naturel et s’ils vont savoir rejoindre les frayères pour se reproduire et ainsi participer à relancer la dynamique de la population. Pour ce projet, dédié au suivi du programme de repeuplement de l’esturgeon européen, nous avons l’opportunité de relâcher des individus nés et élevés en captivité à un âge avancé afin de documenter leurs déplacements vers les zones de frayères potentielles et ainsi identifier si un lâcher tardif est pertinent ou non. Nous prévoyons donc de lâcher dans le milieu naturel 4 individus subadultes nés et élevés en captivité. Il s’agit d’équiper ces individus avec des marques acoustiques longues durées (env. 5 ans) et de détecter leurs déplacements grâce à un réseau d’hydrophones qui sera mis en place dans le milieu naturel pendant cette durée pour documenter la période de migration de reproduction. La marque acoustique sera placée dans leur abdomen, sous anesthésie générale. Ce projet de recherche est complémentaire à un précédent dans lequel la même pose de marques est autorisée sur des esturgeons européens capturés dans leur milieu naturel et libérés ensuite.
Bénéfices attendus
Le suivi dans le milieu naturel du devenir de ces individus lâchés à un âge avancé (géniteurs potentiels) nous permettra de tester s’il est pertinent de relâcher des individus à ce stade (déplacements avérés et fréquentation des frayères) ou si ce n’est pas pertinent (aucune détection des déplacements, pas de retour dans les fleuves) pour participer à relancer une dynamique de population en milieu naturel.
Procédures
Il sera procédé à un marquage intrapéritonéale de chacun des poissons,sous anesthésie ; la durée de cette opération est inférieure à 10 minutes.
Impact sur les animaux
Pendant la procédure expérimentale correspondant à la chirurgie, les individus peuvent subir un stress dû à la manipulation : transfert du bassin d’élevage au bassin d’anesthésie puis du bassin d’anesthésie vers la civière de marquage. La procédure de marquage étant réalisée sous anesthésie, nous nous attendons à un stress très limité. De même, pendant le transport et la phase d’acclimatation au site de lâcher, les individus peuvent subir un stress.
Devenir
Les poissons seront relâchés dans le milieu naturel, le but du projet étant de caractériser leur comportement post-lâcher
Remplacement
Aucun remplacement ne peut être envisagé car l’expérience porte sur l’espèce considérée.
Réduction
Durant les 3 prochains mois, nous prévoyons de marquer 4 individus en captivité avant de les relâcher dans le milieu naturel. Il s’agit d’une opportunité de documenter le devenir de poissons lâchés à un âge avancé. Ce nombre est faible, cependant, au vu de la rareté de l’espèce, il nous semble acceptable pour avoir de premiers éléments de réponses et décider s’il y a un intérêt à équiper et relâcher d’autres individus de grande taille dans le futur.
Raffinement
Pour la manipulation entre les bassins (élevage/anesthésie/réveil) les individus seront maintenus et transportés dans des civières spécifiques adaptées à la taille des animaux. Le marquage se déroulera à proximité du bassin d’élevage afin de limiter la durée et la distance de manipulation. Les individus seront anesthésiés et surveillés de l’anesthésie au réveil (surveillance des différentes étapes de l’endormissement, des battements operculaires, du comportement de nage). Pendant la chirurgie, les individus seront placés sur le dos dans une civière en V dotée d’un matelas humide, et une dose sédative d’anesthésique sera diffusée au travers des branchies ; leur corps sera maintenu humide. Les manipulations seront effectuées par du personnel qui est habitué à travailler avec l’espèce en question et qui dispose des formations adaptées en terme d’expérimentation animale et de chirurgie sur les poissons en général et cette espèce en particulier.
Choix des espèces
L’étude porte sur l’esturgeon européen (Acipenser sturio), une espèce protégée qui bénéficie d’un programme national d’actions en faveur de sa restauration. Les poissons impliqués sont des subadultes ; l’objet du projet étant de suivre le comportement des individus de cette catégorie lâchés après de nombreuses années en captivité dans le milieu naturel, il s’agit de caractériser leur devenir, notamment leurs déplacements pendant plusieurs années (5 ans) et d’identifier s’ils effectuent une migration de reproduction vers les fleuves où ils ont été relâchés. Les 4 individus sont âgés de 17 ans, car il s’agit de l’âge auquel l’espèce peut commencer à se reproduire et donc initier une migration de reproduction en milieu naturel.
MEGAMAR_EMR Etude des patrons d’occupation des poissons à proximité d’une structure d’énergie marine renouvelable utilisant le marquage en milieu naturel
- Conservation des espèces
Autres poissons : 160
Capturés à la ligne, à la palangre ou au chalut, placés en vivier, anesthésiés puis ouverts pour l'implantation chirurgicale d'un émetteur, 200 poissons dont 40 bars subissent des procédures d'un niveau de souffrance modéré. Les poissons plats reçoivent un marquage externe, les requins sont maintenus en immobilité tonique, et l'ensemble des manipulations tient en moins de trente minutes par individu. Le porteur reconnaît que la littérature manque de points limites objectifs et quantitatifs pour les poissons marins sauvages, les réponses à la douleur variant selon les espèces, et signale des mortalités directes ou indirectes possibles. Tous les individus marqués sont remis à l'eau au lieu de capture, pour suivre par télémétrie acoustique leur fréquentation d'un mât de mesure implanté dans un parc éolien en mer.
Objectifs
Le développement des parcs éoliens en mer (PEM) est aujourd’hui en plein essor en France et en Europe. Ces infrastructures génèrent des modifications d’habitat des écosystèmes marins et peuvent avoir un impact potentiel sur les communautés biologiques. Les espèces marines, telles que les poissons, sont susceptibles d’être impactées par les PEM, dans leur distribution, leur abondance et leur comportement, en raison d'effets directs potentiels, mais aussi d'un large éventail d'effets écologiques sous-jacents - y compris l' « effet de récif », l' « effet d’agrégation temporaire d’espèces mobiles», l’ « effet barrière », la « perte d'habitat » et les « perturbations acoustiques » - qui peuvent, à terme, affecter la dynamique de la population . Ces effets doivent être identifiés et quantifiés grâce à un suivi exhaustif et à long terme, compte tenu des fonctions écologiques et de l'importance socio-économique des poissons. Actuellement, les preuves empiriques sont rares, car le plan d'échantillonnage des études traditionnelles utilisées dans l'évaluation de l'impact réglementaire des PEM n'est généralement pas suffisant ou adapté pour détecter et quantifier ces différents effets. Dans ce contexte, ce projet vise à caractériser les variations temporelles des patrons d’occupation des peuplements de poissons autour d’une structure de PEM pour mieux appréhender le fonctionnement de l'écosystème en relation avec les structures EMR. Pour cela, ce projet emploie la télémétrie acoustique passive pour suivre et évaluer la dynamique des peuplements de poissons à enjeu de conservation et/ou commercial autour d’un mât de mesure implanté au sein d’un PEM. La télémétrie acoustique est un outil de plus en plus utilisé pour étudier les patrons d’occupation et les déplacements de nombreuses espèces de poissons à grande échelle. Cette méthode permet de déterminer différents processus écologiques et de comprendre comment une espèce utilise un habitat spécifique et connecte au niveau régional dans l’espace et dans le temps. Ces informations sont essentielles pour mieux comprendre son rôle dans l’écosystème ou l’effet d’une modification d’habitat comme l’implantation d’un PEM.
Bénéfices attendus
L’implantation d’un parc éolien offshore entraine une modification de l’habitat. Au vu de la forte croissance de ces projets de développement, il est nécessaire de mieux connaitre les effets de leurs structures sur les écosystèmes marins. A terme, les résultats de ce projet permettront de comprendre plus précisément l’écologie du mouvement des espèces suivies et ainsi répondre aux questions suivantes: comment ces espèces réagissent-elles à l’implantation d’une structure physique en mer ? Quelle est la fidélité dans le temps de ces espèces à la zone PEM ? Comment occupent-elles spatialement les fondations des éoliennes, d’un point de vue horizontal mais aussi vertical ? Est-ce que ces mouvements sont liés à la disponibilité et distribution de proies ? Quel est le degré de connectivité entre cette zone PEM et les autres habitats marins de la région par ces espèces, au cours des années, et d’une année à l’autre ? Les espèces font-elles preuve d’une fidélité pluriannuelle au site ? Si oui, à quelle saison ? Comment les conditions environnementales influencent-elles ces tendances ? Il existe très peu de connaissances à ce sujet sur les espèces de téléostéen (ex. bar, sole, plie) et d’élasmobranches (raies et requins) fréquentant la zone hauturière normande. Ces connaissances relatives à l'écologie du mouvement de ces espèces d’intérêt, que le marquage en milieu naturel rend possible, serviront de cas concrets pour la mise en place de suivis pérennes des populations aux sein des PEM à venir afin d’atteindre le double objectif de conservation et d'exploitation durable des espèces marines.
Procédures
Les espèces de poissons de ce projet seront capturées par des pratiques de pêche les moins impactantes possible sur la condition physique des animaux et permettant un taux de survie optimale (ex. pêche à la ligne, palangre, court trait de chalut). Les espèces de poissons d’intérêt dans ce projet seront marquées chirurgicalement sous anesthésie générale, sauf les poissons plats.
Impact sur les animaux
Au niveau individuel, cette étude nécessite un marquage (chirurgical ou externe). Même si cela reste rare, ces procédures peuvent occasionner des mortalités directes ou indirectes. Le stress à la capture est probablement l’effet indésirable principal. Les espèces cibles ont été sélectionnées car elles présentaient un haut degré de survie post capture et ont été les espèces modèles d’autres projets de marquage. L’ensemble des manipulations (capture, mise en vivier, anesthésie, acte chirurgical, réveil) seront réalisées sur une période de temps limitée (
Devenir
Tous les animaux marqués seront replacés dans leur milieu naturel, au lieu de capture.
Remplacement
Dans le cadre d’une étude destinée à caractériser les mouvements individuels en milieu naturel, il n’est pas possible de faire appel à des méthodes de remplacement. L’apport de la télémétrie acoustique (détection de la présence de poissons marqués à proximité d’un récepteur) permet l’amélioration de connaissance sur les habitats essentiels occupés par les espèces et de leurs mouvements entre ces habitats. Ces informations sont centrales pour l’identification des effets des parcs éoliens en mer sur ces peuplements. Pour atteindre le double objectif de conservation et d'exploitation durable des espèces marines, l’évaluation de l’état écologique de l’écosystème marin doit pouvoir s'appuyer sur des connaissances relatives à l'écologie du mouvement des espèces et à la fréquentation des habitats essentiels, que le marquage en milieu naturel rend possible.
Réduction
Le nombre d’individus a été réduit au minimum d’après les préconisations de la littérature pour la télémétrie acoustique. En télémétrie acoustique passive, la probabilité de détection des individus permettant d’analyser le comportement dépend grandement du réseau de récepteurs déployé sur le milieu ainsi que du nombre d’individu marqués. De plus, cette probabilité de détection peut diminuer avec plusieurs facteurs environnementaux tels que la turbidité de l’eau, le bruit ambiant, etc. En prenant en compte les contraintes de la télémétrie acoustique (ex: probabilité de détection) et la littérature existante, un nombre minimum de 30 individus par espèce est conseillé afin d’intégrer une variabilité naturelle représentative et ainsi garantir la robustesse des analyses statistiques et des résultats associées aux populations concernées et la publication de ces résultats dans des revues scientifiques. En l’absence de connaissance sur le niveau de fréquentation spécifique du site ciblé par cette étude, le nombre de 40 individus maximum par espèce a été décidé afin de capturer la majorité des comportements spatiaux à l’échelle d’un site spécifique. En se basant sur la biomasse de ces espèces péchées en Manche (plusieurs dizaines à centaines de tonnes débarquées), l’impact de ce projet sur les populations semble extrêmement limité.
Raffinement
Dans le cadre des procédures, des mesures ont été mises en place afin de limiter la souffrance et le stress des individus lors du marquage. Celles-ci incluent la capture (engins sélectifs en direct, l’hameçon ou traits de chalut courts), pour limiter au maximum le temps où l’animal est en phase « capture », ainsi que des procédures d’anesthésie optimales durant les phases pré opératoire, opératoire et post opératoire. Les individus seront surveillés de manière régulière avec une attention particulière à la respiration branchiale afin de s’assurer de la bonne oxygénation des animaux. Lors de la manipulation de requins, en plus de l’utilisation d’anesthésiant, chaque individu sera placé en immobilité tonique afin de limiter son stress et potentiellement sa douleur. Les individus seront surveillés de manière régulière durant toute la période de détention. Après avoir subi un marquage externe ou une intervention chirurgicale (selon l’espèce), les individus seront maintenus dans un bac de réveil et surveillés individuellement avant d’être relâchés. La remise à l’eau s’effectuera quand l’animal aura retrouvé tous ses réflexes et sa mobilité. L’eau sera directement prélevée en milieu naturel en flux constant avec système de surverse. Ceci permet de garder une température ambiante proche du milieu naturel, un niveau d’oxygénation optimale et d’évacuer les eaux ‘usées’ rapidement. Aucune sortie de l’eau sans anesthésie ne sera effectuée de manière prolongée (supérieur à quelques secondes). Lors des sorties de l’eau pour chirurgie, les poissons resteront en permanence en milieu humide (dos dans l’eau, flux d’eau dans la bouche). Les individus seront retirés de la procédure si les points limites préalablement établis sont atteints. Les points limites sont identifiables à travers le comportement des poissons (Activité de nage anormale, absence de réaction) ou des signes extérieurs de stress (ex. couleur de peau, plaies). La taille et le poids des marques pour chaque espèce sont choisies bien en dessous des critères normalement appliqués (>2% du poids des individus).
Choix des espèces
Le nombre d’espèces capturables sur la zone d’étude étant extrêmement variée, il est proposé dans cette étude de ne pas cibler d’espèces particulières, mais de 1/ fournir une liste d’espèces potentielles, 2/ limiter le nombre d’individus rentrant dans une procédure à N= 40 et 3/ de limiter le nombre de marque maximum déployé dans le projet à N= 200, ou à 5 espèces à N=40, 6 espèces à N=30, (ou 12 espèces à N=15 si les prises ne permette pas d’atteindre un effectif optimale pour toutes les espèces) . Ces espèces ont aussi été choisies pour leur taux de survie important post-capture et leur forte capacité de résilience après un traumatisme Une partie des espèces de cette liste sont des espèces de premier plan en Manche, tant pour l'importance de leur volume d’exploitation et leur valeur commerciale (ex : le bar et la plie ). De nombreux aspects du cycle de vie de ces espèces restent inconnus, limitant la capacité des scientifiques à fournir un appui aux gestionnaires et ce, notamment en lien avec l’impact de l’implantation d’éoliennes dans leur milieu naturel. Pour la majorité de ces espèces, l’acquisition de connaissances sur leur dynamique spatiale est une première étape primordiale pour améliorer nos connaissances sur l’impact potentiel de l’implantation de ces structures offshores sur ces populations. Les élasmobranches sont des espèces vulnérables dont la connaissance écologique reste parcellaire et qui ont des statuts de conservation préoccupants. L’importante méconnaissance de l’écologie de ces espèces limite notre capacité d’évaluation de leur statut de conservation.
Etude télémétrique de l’écologie des poissons migrateurs en mer
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Capturées, anesthésiées, ouvertes pour recevoir un capteur et un émetteur en moins de cinq minutes, 50 truites de mer adultes subissent des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles sont gardées en observation dans un vivier placé dans la rivière, puis relâchées quand elles ont retrouvé une nage normale. Le projet suit leurs trajets en mer pour estimer leur exposition aux parcs éoliens en mer et aux captures accidentelles. Le porteur indique que l'extraction de l'enregistreur ne permet pas la survie de l'animal, les truites recapturées à leur retour de mer seront donc tuées, et il table sur la récupération d'environ un quart des appareils.
Objectifs
Les poissons migrateurs sont pour la plupart en déclin en raison notamment de l’impact des activités anthropiques qui interviennent sur l’ensemble des habitats du continuum terre/mer. Dans les eaux côtières, les captures accidentelles et la présence des parcs éoliens offshores sont autant de pressions qui sont susceptibles de fragiliser un peu plus ces espèces en causant des mortalités et/ou modifications de leurs parcours migratoires. La connaissance de l’utilisation des eaux marines côtières par ces espèces est cruciale pour déterminer les zones et périodes où elles sont susceptibles d’être en interaction avec ces pressions, mais elle reste à ce jour très incomplète. Un programme de recherche précédent a toutefois permis des avancées notables dans la compréhension des trajets migratoires des salmonidés. Entre 2018 et 2020, 124 truites de mer post-reproductrices ont été équipées de marques archives DST (Data Storage Tag). Les données environnementales (température et pression) enregistrées ont permis de reconstruire, avec parfois des incertitudes importantes, les trajectoires individuelles des individus équipés. Les résultats montrent qu’une majorité d’individus pouvaient parcourir plusieurs centaines de kilomètres en mer tandis que d’autres restaient dans la bande côtière où plusieurs parcs éoliens offshores ont été installés depuis. Les hydrophones acoustiques déployés au sein des parcs éoliens offshores et plus largement ceux disponibles dans le cadre d'un réseau européen offrent l’opportunité de mettre en place un suivi par télémétrie acoustique combiné à une approche par DST pour notamment confirmer ou affiner les trajectoires de migration des truites de mer et d’évaluer le niveau d’exposition de l’espèce aux parcs éoliens offshores .
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus sont les suivants : Les phase marines des populations de poissons migrateurs amphihalins, populations globalement menacées par différentes pressions d’origine anthropique, restent très mal connues. Cette méconnaissance complique leur gestion. Ce projet vise à produire des connaissances sur les trajectoires de migration marine des truites de mer à large échelle. Par ailleurs, dans le contexte de développement des énergies marines renouvelables (parcs éoliens offshore), les données permettront une première évaluation du recouvrement des trajectoires des truites de mer et des parcs éoliens. Compte-tenu de sa dépendance au milieu côtier, la truite de mer pourrait être fortement exposée aux nombreuses pressions (bruit, modification des champs électro-magnétiques, etc.) exercées des parcs éoliens offshore. Les impacts de ces pressions récentes, qui s’additionnent aux autres, doivent être évaluées dans le cadre des politiques publiques.
Procédures
Procédure chirurgicale: Insertion par chirurgie du capteur et de l'émetteur (réalisée sous anesthésie). Durée
Impact sur les animaux
Insertion par chirurgie du capteur et de l'émetteur (réalisée sous anesthésie) : les nuisances potentielles (douleurs, saignements, infection) sont limitées par l'utilisation de mesures prophylactiques et des traitements adaptés et définis avec la collaboration d'un vétérinaire spécialisé. Cette intervention est considérée comme « modérée ». Les individus sélectionnés auront une gamme de poids (min-max) qui leur permettra de supporter l'insertion du matériel scientifique. Ce dernier ne dépassera pas 2% du poids de l'animal comme recommandé dans la littérature.
Devenir
Après la procédure chirurgicale, les individus sont relâchés dans leur milieu naturel pour être suivi. La récupération des biologgers lors de leur recapture quelques mois plus tard est indispensable pour acquérir les données enregistrées pendant le suivi. Cependant comme les individus développent un tissu conjonctif autour du matériel lors du processus de cicatrisation, leur extraction ne permet pas la survie de l’animal. C’est pourquoi, les truites de mer adultes recapturées lors de leur retour de mer seront mises à mort. Une partie des individus ne pourra pas être recapturée et finira sa vie dans le milieu naturel.
Remplacement
L'objectif de l'étude est de produire des connaissances sur l’écologie de la truite de mer (comportement dans le milieu naturel). Le modèle biologique ne peut être substitué par des alternatives non animales.
Réduction
L’effectif de truites de mer adultes à marquer (50) est établi en fonctoin du taux de retour des DST. D’après l’expérience acquise pendant au cours d'un progamme précédent, nous tablons sur la récupération d’environ 25% des DST. Une bonne partie sera issus d’individus recapturés au piège lors de leur retour, et des DST supplémentaires pourraient être découverts soit par des promeneurs sur la côte (suite à mort des individus en mer) ou bien via des pêcheurs. Les données de géolocalisation des poissons par les hydrophones permettront de retracer les trajectoires et l’histoire de l’ensemble des poissons marqués qui pourront être analysées seules ou en combinaison avec les données issues des DST. Les données attendues sont jugées suffisantes pour produire des connaissances nouvelles. La taille d’échantillon résultant d’un équilibre entre minimisation de l’impact sur la population de truite de mer et qualité et quantité de données acquises. L’échantillon recueilli au final sera de taille modeste, mais les données haute-fréquence acquises seront très informatives.
Raffinement
Les principales mesures de raffinement concernent la limitation des nuisances (angoisse et douleur) lors de la manipulation des animaux avant, pendant et après la chirurgie et la limitation des risques d'infection postopératoire. La combinaison d'utilisation de produits anesthésiques de concentration adaptée (1- concentration pour l'anesthésie pré-opératoire et 2- pour le maintien de l'anesthésie pendant l'opération) et d'antalgiques limitent directement l'angoisse et la douleur pendant et après l'opération et l'administration d'antibiotiques limite les risques d'infections liés à l'opération. Les mesures prophylactiques classiques (désinfection du matériel) limitent également les sources d'infection pouvant induire des nuisances post-opératoires. Les opérations de chirurgie seront effectuées par du personnel habilité et spécifiquement formé par un vétérinaire. Le protocole opératoire est co-construit avec un vétérinaire. Les conditions environnementales d'importance première pour les poissons (température et oxygénation de l'eau) seront contrôlées avant, pendant et après la capture et l'opération. Pendant l’opération, un tube alimenté en eau sera introduit dans la bouche des poissons pour maintenir un bon niveau d’oxygénation des branchies. Après l’opération, les individus seront gardés en observation dans un vivier placé dans la rivière afin de contrôler la façon dont ils récupèrent de l'anesthésie et seront relâchés lorsqu'ils auront retrouvé un comportement actif normal (équilibre dans la colonne d'eau, nage).
Choix des espèces
La truite de mer et plus précisément son comportement dans le milieu naturel, est l’objet même de l’étude, il ne s’agit pas d’un modèle biologique utilisé pour tester une hypothèse. Compte-tenu de sa dépendance au milieu côtier, la truite de mer pourrait être fortement exposée aux nombreuses pressions (bruit, modification des champs électro-magnétiques, etc.) exercées des parcs éoliens offshore. Les impacts de ces pressions récentes, qui s’accumulent aux autres, doivent être évaluées dans le cadre des politiques publiques. Les adultes post-reproduction sont ciblés. Ils sont pour la plupart d’entre eux d’une taille suffisante pour accueillir le matériel de télémétrie. Les adultes trop petits pour lesquels le matériel représenterait plus de 2% du poids seraient écartés, comme recommandé dans la littérature.
Impact des champs électromagnétiques en courant continu sur l’état de santé et le comportement de la petite roussette dans le cadre de l’implantation des parcs éoliens offshore
- Conservation des espèces
- Protection de l’environnement
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Exposées à des champs électromagnétiques dès le stade de l'œuf, à trois ou quatre semaines, puis élevées en bassin jusqu'à six mois : 200 petites roussettes vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Chaque mois elles sont pesées et mesurées, une fois au stade juvénile elles passent vingt-quatre heures isolées dans un respiromètre, et leur comportement est filmé deux heures le matin, deux heures l'après-midi et une nuit. Le porteur reconnaît ne pas pouvoir déterminer à l'avance la sévérité d'une exposition prolongée aux champs électromagnétiques, faute de connaissances sur les requins, et signale que les points limites applicables aux poissons sont mal établis. Les 200 individus doivent être relâchés en mer après accord d'un vétérinaire, ceux dont le développement ou la santé se sera dégradé étant tués.
Objectifs
Dans le contexte de changement climatique, la production d’énergie constitue l’un des défis socio-économiques et environnementaux majeurs des décennies à venir et soulève d’importants enjeux stratégiques, économiques et financier. Les énergies marines renouvelables (EMR), basées sur le vent, les marées et les courants marins font des océans et des mers une source inépuisable d’énergie permettant de produire de l’électricité. Parmi elles, les parcs éoliens offshores (OWF) sont aujourd’hui en plein essor notamment en Europe. Les OWF peuvent induire du bruit, des Dans le contexte de changement climatique, la production d’énergie constitue l’un des défis socio-économiques et environnementaux majeurs des décennies à venir et soulève d’importants enjeux stratégiques, économiques et financier. Les énergies marines renouvelables (EMR), basées sur le vent, les marées et les courants marins font des océans et des mers une source inépuisable d’énergie permettant de produire de l’électricité. Parmi elles, les parcs éoliens offshores (OWF) sont aujourd’hui en plein essor notamment en Europe. Les OWF peuvent induire du bruit, des vibrations, l’interruption de continuité écologique et des perturbations liées aux champs électromagnétiques qui peuvent avoir des impacts potentiellement négatifs sur les espèces marines. En transportant l’énergie produite, les câbles électriques sous-marins au sein des OWF génèrent des champs électromagnétiques (CEM) qui peuvent affecter le comportement d’espèces électro- et magnéto-sensibles , qui utilisent les champs électromagnétiques pour se déplacer et se nourrir. La forte croissance de l’éolien offshore risque d’amplifier ces effets mais les informations existantes sur leurs conséquences sur les communautés ichtyologiques restent aujourd’hui encore insuffisantes. Les études réalisées sont limitées à quelques espèces d’intérêt commercial et sur une durée relativement courte. Ce projet vise à répondre à cette lacune et à identifier et évaluer les effets des parcs éoliens en mer et leur raccordement sur les requins, espèces élétro-sensibles. L’état de santé des individus sera évalué à travers un panel d’indicateurs : survie, mesures taille/poids (i.e. biométrie) et suivi de la croissance, développement, métabolisme énergétique (i.e. indicateur de stress évalué via des mesures de consommation d’oxygène au repos et à l’effort).
Bénéfices attendus
L’implantation d’un parc éolien offshore entraine une modification de l’habitat. Au vu de la forte croissance de ces projets de développement, il est nécessaire de mieux connaitre les effets de ces structures sur les écosystèmes marins. Il existe très peu de connaissances sur l'impact des parcs éoliens offshore sur les requins. Ces connaissances relatives à la biologie de ces espèces d’intérêt serviront de cas concrets pour la mise en place de suivi pérennes des populations aux sein des OWF afin d’atteindre le double objectif de conservation et d'exploitation durable des espèces marines en général. Les résultats de ce projet permettront de comprendre plus précisément comment les requins réagissent aux champs électromagnétiques en courant continu. Ils permettront d’améliorer les connaissances des impacts des EMR sur les espèces marines et ainsi apporteront les informations essentielles aux gestionnaires et décideurs pour répondre aux enjeux de développement des EMR sans nuire au maintien de la biodiversité marine.
Procédures
Biometrie : une fois par mois les individus seront pesés et mesurés pour assurer un suivi de leur croissance et de leur état de santé. Mesures de respirometrie : 1 fois au stade juvénile, évaluation de la capacite metabolique aerobie individuelle. Ce test durera 24 h et 20 juveniles par condition (i.e. controle, 3 differents champs electromagnetiques) seront testés soit 10 poissons par bassin. Tests comportementaux : les tests comportementaux auront lieu 2 fois au stade juvenile. Une camera placée au dessus de chacun des bassins permettra d'enregistrer leur comportement a differents temps de la journee. L'experimentateur n'interviendra pas dans le bassin ni sur les animaux mais enclenchera les enregistrement a des temps donne (1 fois 2h le matin, 1 fois 2h l'apres midi, 1 nuit).
Impact sur les animaux
La littérature récente souligne le manque de connaissances s'agissant des points limites (objectifs et quantitatifs) applicables pour l'expérimentation sur les poissons, les réponses à la douleur étant par ailleurs très variables entre les espèces. L’ensemble des manipulations (mise en bassin, anesthésie, mesures taille poids, réveil, stimulation avec un stick, respirométrie) seront réalisées sur une période de temps optimisée afin de minimiser un maximum ce stress. La condition des poissons (indice de condition, état général) sera évaluée au niveau individuel durant toute l’expérimentation. Le manque de connaissances sur l’impact des champs électromagnétiques sur les requins de manière générale ne permet pas de déterminer la sévérité de ce type d’exposition en amont. L’exposition aux champs électromagnétiques pourrait avoir des effets indésirables sur l’espèce étudiée. L'isolement sensoriel des individus dans les respiromètres pourrait engendrer un léger stress.
Devenir
Les individus seront relâchés dans l’environnement après accord d’un vétérinaire. Le cas échéant les individus seront euthanasiés. En effet les individus vont être exposés de manière prolongée à des champs électromagnétiques en courant continu. Si cette exposition altère le développement ou la santé des individus ils ne pourront etre relachés dans l'environnement. Les individus marqués sont maintenus en vie et utilisés durant toute l’expérimentation
Remplacement
Dans le cadre d’une étude destinée à caractériser l’impact des champs électromagnétiques sur les requins, aucune méthode alternative à l’utilisation d’animaux vivants ne peut être envisagée puisqu’aucune méthode de remplacement ne saurait reproduire le développement et le comportement de cette espèce. Nous ne pouvons pas imiter la complexité d’un organisme en entier subissant des conditions particulières impactant sa biologie et son comportement en milieu naturel Aussi, pour atteindre le double objectif de conservation et d'exploitation durable des espèces marines, l’évaluation de l’état écologique de l’écosystème marins doit pouvoir s'appuyer sur des connaissances relatives à l'écologie et à la biologie des espèces vivant dans l’habitat impacté.
Réduction
Le nombre d’individus a été réduit au minimum et défini au seuil de la pertinence scientifique et statistique L’exposition se fera au stade œuf de 4 semaines jusqu’au stade juvénile. En prenant en compte l’incertitude de la fécondation des œufs, du bon développement des embryons et la littérature existante, un nombre total de 25 individus par bassin est conseillé afin d’intégrer une variabilité naturelle représentative et ainsi garantir la robustesse des analyses statistiques et des résultats pouvant être extrapolé à l’échelle de la population.
Raffinement
Dans le cadre des procédures, plusieurs mesures ont été mises en place afin de limiter la souffrance et le stress des individus lors de l’élevage, de mesures biologiques telles que le poids et la taille, des tests comportementaux et l’évaluation de l’état de santé de l’organisme via des indicateurs de stress Une surveillance de routine sera effectuée quotidiennement dans les bassins d’élevage. Une bonne oxygénation du milieu et une température de 16°C seront maintenus tout au long de l’expérience, un cycle jour/nuit fixe. Les bassins seront enrichis de tubes PVC permettant de mettre à disposition des cachettes pour les individus. Lors de leur manipulation, en plus de l’utilisation d’anesthésiant, les individus seront placés en immobilité tonique afin de limiter le stress et la douleur. Les individus seront retirés de la procédure dès qu’un point limite sera atteint. Les points limites sont identifiables à travers le comportement des poissons (activité de nage anormale) ou des signes extérieurs de stress (e.g. couleur de peau, plaies). Une fois éclos, les juvéniles seront surveillés quotidiennement afin de s’assurer du bon état de santé des individus et bon état des installations. Des suivis plus poussés, notamment des tests comportementaux (e.g. prise alimentaire, locomotion) et écophysiologiques (métabolismes aérobie, indice de condition, croissance) , seront assurés par les agents une à deux fois par mois. Au bout de 6 mois, un point d’étape sera réalisé sur les travaux effectués sous la forme d’un rapport intermédiaire et d’une réunion dédiée. A l’issue de ces expérimentations, si les résultats le permettent, les données seront analysées et valorisées sous forme d’article(s) scientifique(s)..
Choix des espèces
Les requins sont des especes électrosensibles susceptible d'être impactées par les champs electro- magnétiques generes par les OWF. L’ensemble de ces espèces est présent sur les differents sites d’étude avec un degré de mobilité plus ou moins important. La petite roussette (classée « preoccupation mineure » par l’IUCN) présente globalement une sédentarité au site avec des déplacements relativement limités. L'étude débutera au stade embryonnaire (oeuf de 3-4 semaines) jusqu'au stade juvenile de 6 mois. Les oeufs sont fixés par les femelles sur le lieu de ponte qui peut être par conséquent un parc éolien offshore. Ensuite, les juvéniles sont très peu mobiles à la naissance et vont rester sur la zone de ponte quelques mois. Afin d' évaluer l'impact des champs électromagnétiques sur le développement il est donc nécessaire d'exposer les individus à partir du stade embryonnaire. Le stade de 3-4 semaines permet de s'assurer de la viabilité et de la fécondation des oeufs avec un embryon qui commence à être visible. Cela permet de ne pas exposer d'oeufs dits "clairs" et non fécondés.
Etude des effets du changement climatique sur des larves et des juvéniles de poisson.
- Recherche fondamentale
- Autre recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Nage erratique, spasmes, perte d'équilibre le ventre en l'air : dès l'apparition d'un de ces signes l'expérience s'arrête, et l'animal passe vingt-quatre heures dans un bassin de récupération avant d'être tué. 3 200 larves et juvéniles de poissons capturés dans l'estuaire de Cayenne vont être utilisés dans des procédures d'un niveau de souffrance léger, aucun ne retournant à l'eau. Ils sont exposés à des hausses de température et de salinité poussées jusqu'à des limites sublétales, pour estimer les seuils de tolérance d'une dizaine de groupes taxonomiques et alimenter des modèles de gestion halieutique. Le porteur justifie la mise à mort par le risque que le retour en milieu tidal soit fatal, et juge le nombre d'individus "négligeable" au regard d'une seule ponte, alors qu'il annonce par ailleurs des lots de dix puis cinq individus par espèce.
Objectifs
Le succès du recrutement des populations des poissons à l’état sauvage et l’état des stocks pêchés dépendent principalement des premiers stades de vie et de leur survie car les larves et juvéniles sont les stades les plus sensibles aux variations environnementales et avec les plus hauts taux de mortalité naturelle. Ce projet vise donc à étudier les effets du réchauffement climatique sur les larves et juvéniles des poissons vivants dans les zones nourricières estuarienne et côtières de Guyane. Ce projet combinera des expérimentations en laboratoire avec des mesures in situ pour : i) caractériser la variabilité naturelle des conditions environnementales actuelles, ii) estimer les limites de tolérances salines et de température des principales larves et juvéniles présentes dans le système.
Bénéfices attendus
Dans le cadre de ce projet, les résultats obtenus concernant la variabilité des paramètres environnementaux de l’estuaire et les limites thermiques et de salinité des principales espèces considérées seront utilisés pour simuler les effets du changement climatique sur le fonctionnement des réseaux trophiques de l’estuaire de la rivière de Cayenne. Grâce aux connaissances acquises en laboratoire sur les limites de tolérance thermique et de salinité des espèces principales, l’impact de différents scenarios à court terme (5-10 ans) de changement climatique sur les réseaux trophiques pourra être étudié en utilisant les scenarios prévus par le GIEC (Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat). Ce projet fournira aussi les outils nécessaires pour le développent des futurs modèles couplant les dynamiques de recrutements des juvéniles des espèces à intérêt commercial avec les modèles de populations focalisés sur les adultes pêchés plus au large. Ce type d’outils permettra de mettre en place des mesures de gestion durable pour le maintien des ressources halieutiques et des pêcheries qui les exploitent.
Procédures
sans objet
Impact sur les animaux
Les nuisances attendues sont le stress lié à la capture en milieu naturel, le transport, et lors des manipulations. Pendant les expérimentations, la hausse des températures et/ou salinité jusqu’à des limites sublétales va perturber l’animal et changer son comportement (nage erratique, mouvement operculaire réduit, spasme, perte d’équilibre – ventre en l’air). Dès l’apparition d’un symptôme, l’expérimentation sera interrompue et le spécimen placé dans un bassin de « récupération » (à T°C et salinité normales, viables). La mise à mort sera effectuée après 24h dans le bassin de récupération.
Devenir
Après chaque expérimentation, les animaux seront surveillés dans un bassin de récupération pendant 24h et mis à mort. Les animaux ne seront pas relâchés car le transport et le choc environnementale (milieu tidale avec des très forts changement des paramètres de l’eau au cours de la journée) pourra lui être fatal et causer des stress ultérieurs. La quantité d’animaux sacrifié sur 5 ans peut être considérée négligeable par rapport à une ponte d’un seul géniteur et à la mortalité naturelle de ces animaux dans le milieu naturel (>90% la semaine suivant la ponte). Ces détails ont été expliqués dans le document.
Remplacement
Les seuils de tolérance aux variations de température et salinité étant dépendants des espèces, nous ne pouvons pas substituer les espèces et devons faire les expérimentations sur les espèces sauvages locales. Par contre, nous limiterons au maximum le nombre d’individus.
Réduction
Pour chaque espèce, un premier test sera effectué sur 10 individus témoins et 10 individus soumis au réchauffement/changement de salinité. Si les différences inter individuelles ne sont pas significatives, le nombre d’individus sera réduit à 5 pour les expérimentations suivantes. Il ne sera pas possible de réduire davantage le nombre d'individus testés pour des raisons de puissance statistique. Par ailleurs, pour certaine espèce, le nombre d’individus sera probablement tout simplement limité par le nombre d’individus capturés dans la nature. Si moins de 5 individus sont prélevés dans la journée, les animaux seront relâchés directement in situ.
Raffinement
Les individus capturés (larves, post-larves et juvéniles) seront placés dans des conteneurs équipés de bulleurs, par famille (afin d’éviter les attaques de certaines espèces et donc éviter ce stress, voire mortalité), puis rapidement transportés vers la plateforme expérimentale pour être mis dans des aquariums préalablement préparés quelques jours avant leur capture. Afin d’être au plus proche des conditions environnementales naturelles, l’eau des aquariums sera prélevée quelques jours avant sur le site de capture. Les installations et les filtres auront été mis en route avant le démarrage de l’expérimentation et tous les paramètres physiques (T°C, salinité…) contrôlés et stabilisés. L’ensemble des installations sera placé dans une pièce climatisée afin de pouvoir contrôler plus facilement la température des aquariums. Une surveillance accrue sera portée aux animaux à leur arrivée afin de savoir s'ils s'acclimatent et s’alimentent. En cas de comportement anormal, d’absence de prise alimentaire correcte (traduisant d'un état de stress), les animaux seront mis à mort.
Choix des espèces
L’objectif de l’étude est d’étudier les effets du réchauffement climatique sur les larves et juvéniles des poissons vivants dans les zones de nurseries estuariennes et côtières de Guyane. Les seuils de tolérance aux variations de température et salinité étant dépendante des espèces, nous ne pouvons pas substituer les espèces et devons faire les expérimentations sur les espèces sauvages locales. L’identification de certaines espèces de larves n’étant pas possible vivantes, à l’œil nu, les expérimentations se feront uniquement sur environ 10 groupes taxonomiques principaux, au niveau soit de l’espèce, du genre ou de la famille. L’étude portant sur la sensibilité des espèces aux variations de température lors de leurs premiers stades de vie, les individus utilisés seront au stade de larve- juvénile selon ce qui sera capturé le jour de l’échantillonnage (filet de mailles entre 500µm et 3mm). Les adultes ne seront ni capturés ni étudiés. Pour certaines espèces seulement, un seul stade de vie sera présent dans l’estuaire car les autres stades se développent dans d’autres types d’habitat.
Caractérisation des conséquences physiologiques et comportementales de la stochasticité thermique chez des espèces de poissons présentes en Saône
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
- Système endocrinien
Pêchés dans la Saône, 1680 poissons de quatre espèces, chevesnes, spirlins, gobies à tache noire et chabots communs, vont être utilisés sur cinq ans dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chacun est anesthésié pour recevoir une marque d'élastomère, puis de nouveau à chaque transfert entre aquariums, avant un préconditionnement thermique de une à six semaines et deux séries de tests comportementaux d'une heure, certains subissant en plus un test de performance de nage. Le porteur attend un stress accru par la pêche et le changement de milieu, avec un risque d'infection plus élevé du fait de l'origine sauvage des animaux, dont il dit ignorer l'histoire. 1280 poissons sont tués pour des mesures de bioénergétique cellulaire, 400 sont remis à l'eau, et les gobies à tache noire, classés invasifs, ne peuvent en aucun cas être relâchés.
Objectifs
Le changement climatique est souvent caractérisé par une augmentation de la température moyenne, mais rarement par les variations de températures non prédictibles de plus en plus fréquentes qui l’accompagne. Cette variabilité thermique imprévisible, ou « stochasticité thermique » reste à ce jour encore peu étudiée mais peut entrainer des effets délétères sur les organismes vivants, et plus particulièrement sur les ectothermes, comme les poissons, dont la température interne dépend fortement de la température environnementale. Pour faire face à ces variations thermiques aléatoires, seuls les organismes possédant une large gamme de réponses comportementales et/ou physiologiques (= plasticité phénotypique) pourront se maintenir à moindre coût. En reproduisant cette stochasticité thermique en conditions contrôlées de laboratoire, ce projet a donc pour but de caractériser les réponses physiologiques et comportementales des poissons mises en place lors de ce stress thermique aigu. On s’attend donc à une augmentation de la dépense énergétique des poissons soumis à un régime thermique stochastique (aléatoire), en comparaison avec un régime thermique variable prévisible (saisonnier ou journalier) ou un régime thermique stable. On s’attend également à des répercussions au niveau comportemental, notamment à travers une diminution de l’activité physique et une augmentation de la quête alimentaire en fonction du potentiel adaptatif des espèces étudiées. Pour décrire les différentes composantes physiologiques et comportementales de la plasticité phénotypique, 4 espèces de poissons couramment rencontrées en Saône seront utilisées : le chevesne et le spirlin (2 espèces pélagiques eurythermes), le gobie à tache noire (espèce benthique invasive) et le chabot commun (espèce benthique native). Ces quatre espèces communes et représentatives des différentes niches écologiques permettront de généraliser au maximum les informations obtenues au cours de cette étude. Au total, 1680 poissons seront utilisés au cours des 5 prochaines années, dont une partie pourra être replacée dans le milieu naturel. En concertation avec les gestionnaires de biodiversité, nous nous assurerons de l’effet négligeable de ces prélèvements sur les populations naturelles.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra de documenter et de mieux prédire l’impact du changement climatique sur les populations de poissons d’eau douce, en se focalisant plus particulièrement sur des variations rapides et stochastiques de la température encore très mal prises en compte dans la littérature scientifique. A l’aide d’une approche interdisciplinaire, entre écologie comportementale et physiologie, cette étude va permettre à court terme i) d’apporter des connaissances fondamentales pour définir les limites thermiques de certaines espèces en Saône et ii) de caractériser les effets d’une stochasticité thermique accrue sur le comportement et la physiologie des poissons. Ces données participeront par exemple à la compréhension des conséquences des changements environnementaux rapides souvent liées à l’activité humaine. A plus long terme, ces données pourront servir concrètement pour réfléchir à des directives de conservations des écosystèmes basées sur des données physiologiques et comportementales individuelles, en support aux données populationnelles. Les conclusions de ce projet d’envergure réalisé sur plusieurs espèces de poissons seront susceptibles d’être généralisables aux écosystèmes similaires à la Saône, dans un but de conservation des écosystèmes aquatiques, qui reste au centre des préoccupations du grand public, des instances gouvernementales et des chercheurs.
Procédures
À la suite de leur prélèvement en milieu naturel, tous les poissons seront acclimatés à l’animalerie et stabulés dans des conditions adaptées à leur espèce. Les poissons seront soumis à une anesthésie / analgésie afin de les implanter avec des marques pour les individualiser. Cette intervention dure au maximum 15 minutes par poisson. Les poissons seront ensuite soumis à une période de pré-conditionnement thermique (entre 1 et 6 semaines selon la procédure). A chaque manipulation (lors des transferts entre les aquariums de stabulation et les enceintes expérimentales), les poissons seront légèrement anesthésiés afin de limiter le stress du déplacement. Cette anesthésie ne fera pas effet pendant plus d’une minute sur le poisson. Tous les poissons en pré-conditionnement subiront deux séries de tests comportementaux (2 fois 1h) espacés de 2 jours de repos en conditions expérimentales. Certains d’entre eux subiront par la suite un test de performance de nage (
Impact sur les animaux
Un des effets indésirables de ces protocoles pourrait être un niveau de stress accru faisant suite à la pêche, à la stabulation dans un nouveau milieu, et/ou aux expérimentations. Cette augmentation du stress peut s’exprimer via l’apparition d’infections chez les poissons. En effet, les risques d’infections sont plus hauts que la normale car comme les poissons viennent de milieux naturels, on ne connaît pas leur histoire et ce qu’ils auraient pu rencontrer dans leur habitat. Un autre point de surveillance sera lié à la période d’isolement des poissons (entre 2h et
Devenir
80 poissons (chevesnes) seront euthanasiés à la suite du protocole permettant de construire une courbe de performances thermiques pour réaliser une étude de performance thermique au niveau cellulaire. Sur les 1600 poissons prévus pour caractériser les conséquences physiologiques et comportementales des périodes de pré-conditionnements aux différents régimes thermiques, 1200 individus seront euthanasiés pour réaliser des mesures de bioénergétique cellulaire, et 400 poissons (100 de chaque espèce) seront replacés dans leur milieu naturel. De plus, les gobies à tache noire, étant considérés comme invasifs, ne peuvent pas être relâchés dans le milieu naturel.
Remplacement
A ce jour, seule l’expérimentation sur animaux permet de réaliser une étude intégrative qui prend en compte l’ensemble des réponses physiologiques et comportementales des organismes soumis à des contraintes environnementales. Dans le contexte de l’intensification du changement climatique, ce projet cherche à décrire les conséquences des variations de température sur des poissons issus du milieu sauvage (la Saône), afin d’apporter un éclairage pertinent et des prédictions des effets de ce stress thermique sur les écosystèmes aquatiques. De plus, l’utilisation d’espèces variées s’avère indispensable pour apporter des conclusions pertinentes, robustes et généralisables sur les conséquences d’une augmentation de la stochasticité thermique sur la biodiversité des rivières.
Réduction
Compte tenu de l’étendue de la variabilité interindividuelle des processus étudiés dans ce projet, le nombre de poissons a été réduit au minimum et défini au seuil de la pertinence scientifique et statistique, notamment grâce au marquage individuel permettant l’utilisation de tests à mesure répétées, prenant l’individu comme facteur aléatoire. Outre les 80 chevesnes nécessaires pour l’étude des courbes de performances thermiques, c’est surtout le protocole de comportement alimentaire (réponse fonctionnelle), qui selon la littérature implique pour établir une courbe robuste 5 individus au minimum par densité de proies (au nombre de 7), qui conditionne l’effectif choisi. Ainsi, 5 poissons x 7 densités de proies x 2 durées d’acclimatation x 5 profils thermiques x 4 espèces = 1400 poissons seront expérimentés au maximum. Afin de palier une mortalité possible liée à l’origine « sauvage » des poissons, 50 poissons supplémentaires par espèces seront pris en compte dans les calculs, soit au total 1680 poissons pêchés au cours des 5 ans du projet. Tout aménagement de protocole permettant de réduire encore le nombre de poissons utilisés au cours des expériences sera favorisé et certains poissons pourront également être relâchés après expérimentation.
Raffinement
Lors des protocoles in vivo (mesure de la consommation d’oxygène associée aux performances de nage et tests comportementaux), un des principaux objectifs est de limiter au maximum le stress et la douleur des animaux. Chaque geste contraignant (mesures et changement de milieu – tunnel, chambre ou nouvel aquarium) sera réalisé sous anesthésie légère, suivi par un temps d’acclimatation de 12h dans le tunnel de nage ou la chambre métabolique, avant les protocoles de respirométrie ou de 15 à 30 min avant les protocoles de comportement. Après chaque expérience, les poissons seront replacés dans leur aquarium de stabulation et toutes les précautions seront prises pour leur éviter toutes nuisances visuelles et sonores. Les poissons sont maintenus dans des aquariums de 60L ou 90L en densité adaptée à leur espèce. Les spirlins et les chevesnes juvéniles sont des poissons vivant en banc. Ils seront donc maintenus à plusieurs dans les aquariums (environ 15 par bac) afin d’optimiser les conditions de stabulation. Des cachettes adaptées (tubes de gros diamètres leur permettant de se cacher en banc), des plantes artificielles et du gravier sont disposés dans chaque aquarium. Un système de pompe filtrante assurera également une circulation d’eau bullée continue dans les aquariums. Les poissons seront nourris une fois par jour, avec des cubes de moules hachées avec du mix (différentes larves de moustiques, daphnies et de la verdure (épinards, spiruline)) et lors du nourrissage, leur comportement sera particulièrement observé. En effet, si un poisson ne se nourrit pas, des mesures seront prises à son égard. Une observation biquotidienne sera réalisée par le personnel animalier et les expérimentateurs afin de veiller au bien-être des animaux depuis leur arrivée à l’animalerie jusqu’à l’euthanasie. Les états de santé et de bien-être des animaux seront ainsi évalués en prenant en compte les signes cliniques et comportementaux selon des grilles d’évaluation afin de définir des points limites adaptés. Dès l’apparition de signes cliniques de mal-être, les animaux seront sortis du protocole et remis en conditions standard d’élevage. Dans le cas où des signes de douleur ou de mal-être devaient persister au-delà de 24 heures après la mise en stabulation, les animaux seront euthanasiés selon la réglementation en vigueur.
Choix des espèces
Les 4 espèces de poissons sont couramment rencontrées dans la Saône et représentent plusieurs stratégies de vie au sein des poissons d’eau douce. Elles ont été identifiées en concertation avec les partenaires à l’origine de ce projet et le nombre d’individus prélevés n’aura aucun impact sur les populations naturelles. Le chevesne est une espèce très répandue dans la Saône, avec une tolérance thermique très large. Le spirlin est également une espèce ubiquiste, plutôt thermophile, de plus petite taille, permettant une stabulation optimale en condition expérimentale. Ce sont toutes les deux des espèces pélagiques. Le gobie à tache noire est une espèce benthique extrêmement invasive, qui se trouve actuellement en Haute-Saône, suspectée d’être plus tolérante face aux variations thermiques que l’espèce native qui occupe la même niche écologique que lui, le chabot commun. Du fait de leur diversité, ces 4 espèces permettront d’obtenir des résultats généralisables à la biodiversité des rivières. Les poissons utilisés seront soit des juvéniles, soit de jeunes adultes, soit des adultes, dont la taille sera adaptée à l’utilisation des tunnels de nage à disposition au laboratoire (entre 8 et 15 cm). Les spirlins, les gobies à tache noire et les chabots communs utilisés seront des adultes. Leur taille (entre 8 et 15 cm) permet des mesures en tunnel de nage. La taille des chevesnes adultes (>30 cm) étant incompatible pour une telle étude, seuls des chevesnes juvéniles seront employés.
Comparaison des performances de polycultures en étang basées sur différents mélanges d’espèces de poisson
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Tous les poissons manipulés sont remis à l'eau et réutilisés, transférés en étangs de stockage à la fin de l'expérience. 426 carpes, tanches, gardons et sandres vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, sur sept mois d'élevage en étangs de 500 m². Ils subissent trois séries de mesures de poids et de longueur, et cinq individus par espèce et par étang perdent un fragment de nageoire caudale de 0,5 cm² sous anesthésie. Les juvéniles nés spontanément dans les étangs et jugés trop petits pour ce prélèvement sont tués pour que leurs tissus soient analysés, sans que leur nombre soit indiqué.
Objectifs
L’expérience prévue s’inscrit dans le cadre d'une thèse qui porte sur la modélisation des relations trophiques dans les systèmes de polyculture. Durant le travail de thèse, une démarche de conception de mélanges d’espèces piscicoles basée sur la modélisation des relations trophiques entre les différentes espèces empoissonnées et les autres compartiments trophiques de l’étang a été élaborée. L’expérience prévue est la validation expérimentale de cette démarche en étangs expérimentaux de 500 m2, par la mesure des performances zootechniques de deux scenarios de mélanges d’espèces piscicoles optimisés obtenus par modélisation, l’une comprenant des carpes Amour, l’autre ne comprenant pas de carpe Amour. Les principaux paramètres mesurés porteront sur la productivité totale en poisson, la croissance de chaque espèce, le recrutement en juvéniles, les paramètres physico-chimiques du milieu et la biodiversité en invertébrés (macro-invertébrés et zooplancton) et en macrophytes. Une modélisation des liens trophiques entre les différents compartiments de l’étang sera menée en analysant les isotopes stables de carbone et de l’azote des différentes espèces présentes dans l’étang. Cette expérience a pour objectif final de valider des outils pour une amélioration de l’empoissonnement des étangs extensifs, pour les rendre à la fois productifs et respectueux de la biodiversité.
Bénéfices attendus
L’expérience prévue doit contribuer à la validation d’une démarche opérationnelle pour la proposition de polycultures de poissons d’étangs, à la fois productive et respectueuse de la biodiversité et de l’environnement. Ce travail doit aussi contribuer à faire avancer les connaissances sur les interactions entre espèces dans le cadre de polycultures de poissons en étang, et la connaissance des réseaux trophiques dans les milieux aquatiques. De façon plus générale, ce travail doit contribuer aux réflexions en cours sur le rôle de la diversité sur la robustesse et la résilience des systèmes d’élevage piscicoles.
Procédures
Mesures biométriques non invasives réalisées trois fois au cours des 7mois d'élevage et prélèvement d'un fragment de nageoire caudale pour analyse de la composition des tissus en isotopes stables de l'azote et de carbone, sur 5 individus par espèce et par étang.
Impact sur les animaux
Les principales nuisances pour les animaux consistent en trois points : (1) la manipulation en début et fin d’expérience, afin de réaliser des mesures (poids, longueurs) individuelles et les répartir dans leurs structures d’accueil (étangs expérimentaux en début d’expérience, étangs de stockage en fin d’expérience) ; (2) le prélèvement d’un morceau de nageoire caudale (0,5 cm2) après anesthésie, pouvant induire des douleurs et du stress durant quelques heures ; (3) le prélèvement de tissus après mise à mort si l’individu est trop petit pour le prélèvement de nageoire (cas des juvéniles issus des reproductions spontannées).
Devenir
Les poissons utilisés dans les procédures de contention et biométrie et prélèvement d'un fragment de nageoire sont tous réutilisés.
Remplacement
Cette expérience est principalement à vocation zootechnique. Elle nécessite le recours aux espèces utilisées en élevage classique. Le manque de recul et de modèles sur les interactions entre les espèces aquatiques d’élevage, ne permet pas de réaliser ce type d’expérience in silico. Néanmoins, les données récoltées dans le cadre de l’expérience, ont vocation à alimenter des démarches de modélisation qui vont dans le sens de la limitation au recours aux animaux à l’avenir.
Réduction
Les proportions des différentes espèces et leurs effectifs ont été déterminées pour représenter les pratiques d’empoissonnement en polyculture d’étang courrantes. Il est n’est pas possible de les diminuer sans perdre le caractère représentatif des pratiques. Le nombre de trois répliquats est le minimum que nous pouvons admettre pour obtenir des résultats statistiquement exploitables.
Raffinement
Afin de limiter les nuisances envers les poissons, les conditions de contention sont surveillées, notamment en maintenant un renouvellement d’eau lors des tockages temporaires et le contrôle des comportements. Avant chaque manipulation, les poissons sont anesthésiés, afin de limiter le stress, les risques de chute, limiter la durée hors d’eau en augmentant la rapidité des mesures de biométrie. La phase de réveil est contrôlée dans des bassins séparés par espèce, avec renouvellement d’eau.
Choix des espèces
Les espèces choisies : carpe Amour (Ctenopharyngodon idella), carpe commune (Cyprinus carpio), tanche (Tinca tinca), gardons (Rutilus rutilus) et sandre (Sander lucioperca), sont représentatives des polycultures de poissons d'étangs extensifs ou semi-intensifs en France. Ce sont par ailleurs, des espèces particulièrement tolérantes aux bas niveaux de qualité d’eau ce qui les rend tolérantes aux manipulations. Les carpes communes, les carpes Amour et les sandres sont de petites tailles (un an de croissance), afin d’optimiser leur croissance dans le dispositif. Les tanches et les gardons sont des géniteurs afin d’optimiser leur reproduction.
Etude de la connectivité écologique intra-lagunaire : suivi télémétrique RFID des déplacements de l’anguille européenne
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Capturées dans une lagune au verveux ou à la pêche électrique, qui les paralyse quelques secondes, 1600 anguilles européennes sauvages vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chacune passe par un bac obscur, un bain anesthésiant de cinq à quinze minutes, une injection analgésique, puis l'ouverture de l'abdomen pour y implanter un transpondeur RFID, refermée par un pansement. Toutes sont remises à l'eau après un réveil surveillé, ce que le porteur juge "primordial" pour l'objectif de l'étude, savoir par où et quand les anguilles argentées repartent vers la mer. Sur le remplacement, il écrit seulement que l'étude portant sur le comportement en milieu naturel, elle ne peut pas "s'affranchir de l'emploi de poissons sauvages", l'espèce étant classée en danger critique d'extinction.
Objectifs
L’anguille européenne est classée « critiquement menacée d’extinction » depuis 2008 par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et est inscrite depuis 2009 à l'annexe II de la convention sur le commerce international des espèces de faune et flore sauvages menacées d'extinction (CITES). Des plans de gestion au niveau national et par bassin hydrographique fixent des objectifs pour évaluer le nombre d'individus qui colonisent (recrutement des civelles - juvéniles qui arrivent de la mer) et le nombre d'individus qui s'échappent (dévalaison des anguilles argentées - adultes qui repartent en mer pour aller se reproduire). Ce projet de suivi télémétrique a pour objectifs d'améliorer la connaissance relative aux déplacements de l'anguille à l'intérieur d'un système lagunaire et notamment de mieux caractériser sa migration de dévalaison : par où et quand l'anguille argentée cherchent-elles à repartir en mer ? Ces résultats permettront d'identifier des mesures de gestion pour faciliter son retour en mer.
Bénéfices attendus
L'utilisation de la télémétrie RFID (Radio-frequency identification) permet d'enregistrer in situ le passage d'individus identifiés avec une puce de marquage à des points clés du système étudié. Les résultats permettront de connaître les périodes auxquelles les anguilles argentées cherchent à repartir en mer, les voies empruntées, les éventuels obstacles à la migration et l'identification des facteurs environnementaux d'influence. Les résultats de cette étude permettront de plus d'évaluer l'efficacité d'un projet de restauration de continuité écologique. À terme ces résultats permettront d'affiner la gestion des ouvrages de connexion entre les marais et les étangs, et de faire des recommandations pour d'éventuels projets altérant les continuités hydroécologiques.
Procédures
Capture dans un verveux (nasse) : relève toutes les 24h approximativement, ou capture par pêche électrique : paralysé quelques secondes. Facultatif : Si trop de captures, mise en couve jusqu'à 3 jours maximum. Stabulation dans un bac obscur et aéré : de 5 min à 4h Bain anesthésiant: 5 à 15min Injection analgésique : 2 s Marquage avec une fermeture de la plaie à l'aide d'un pansement hydrofuge : 2 à 5 min Phase de réveil sous surveillance : de 10 à 30 min Stabulation avant relâcher : de 5 min à 2h
Impact sur les animaux
La capture par pêche, leur stabulation dans des bacs, leur anesthésie, la réalisation des mesures biométriques, le marquage par laparotomie, la phase de réveil et de stabulation avant remise à l'eau sont autant d'étapes sources de stress pour les animaux. Une mise en couve des individus (10 par couve) dans leur milieu naturel jusqu'à 3 jours maximum pourra être éventuellement pratiquée, si les captures sont trop nombreuses, ne permettant pas de traiter tout le même jour. Un individu traité sera gardé dans des bacs obscurs avec aération jusqu'à maximum 8h avant d'être relâché dans son milieu d'origine.
Devenir
L’ensemble des animaux sera remis en liberté à la suite de leur marquage, ce qui est primordial pour répondre à l’objectif de l’étude.
Remplacement
L’étude portant sur le comportement de poissons en milieu naturel, l’expérimentation doit être réalisée avec des individus capturés dans le milieu, et ne peut donc s’affranchir de l’emploi de poissons sauvages.
Réduction
L’enjeu de l’étude est de comprendre les déplacements des anguilles supérieurs à 30 cm en fonction de la variation des conditions environnementales, de pouvoir prédire les pics de migration (nombre élevé d'anguilles argentées qui dévalent à la même date) et d'identifier d'éventuels obstacles à la migration. De plus, le marquage des individus permet de récolter des données de capture-marquage-recapture (CMR), des données indispensables pour évaluer les paramètres de dynamique de population (par exemple taux de survie et indice d'abondance). Pour que les modèles de CMR soient robustes et représentatifs de la réalité, il est nécessaire de maintenir un effort de marquage significatif à un pas de temps constant dans le temps sur une période qui couvre le temps de croissance de plusieurs générations. Ainsi, les conclusions attendues par ce présent projet, sur l’étude comportementale de l’anguille, ne peuvent pas s’affranchir de l’emploi des poissons. Au maximum, ce seront 1600 individus au total qui seront marqués sur les 2 années du projet.
Raffinement
Le marquage des individus s'effectue sous anesthésie (benzocaïne) et analgésie (lidocaïne). Pour limiter la surinfection postopératoire, le marquage sera procédé lorsque les températures de l’eau n’excèdent pas 16°C, soit sur la période d'octobre à avril. Les bacs de stabulation seront noirs, de manière à favoriser l'obscurité et diminuer le stress des individus pendant les phases de stabulation (avant leur traitement et pendant la phase de réveil). La densité des individus par bac sera limitée à 0.17kg/L (soit 7kg pour 40L). Et les bacs seront brassés par des aérateurs pour favoriser l'oxygénation de l'eau. Les bacs seront placés à l'ombre pour éviter que l'eau se réchauffe excessivement. Une fois un individu marqué, il pourra être détecté en continu à divers points de passage grâce à des stations d'écoute installée dans le milieu naturel. Le suivi télémétrique constitue un moyen de raffiner le suivi en capture-marquage-recapture, puisqu'il permet de suivre à distance le déplacement d'individus marqués (de recapturer leur signalement) sans avoir à les manipuler à nouveau.
Choix des espèces
L’anguille européenne est une espèce migratrice amphihaline catadrome qui présente un cycle de vie unique, et qui est actuellement menacée d'extinction. Afin de mieux comprendre ses déplacements au sein de système, la dynamique de sa phase de dévalaison, et mettre en place des dispositions pour favoriser sa migration retour en mer, il est indispensable d’étudier des individus de cette espèce. Les anguilles supérieures à 30 cm et ayant un poids suffisamment important (>40g) pour supporter l’implantation d’un transpondeur de 23 mm sans affecter leurs constantes vitales seront utilisées. Il s’agit de stades jaune ou argenté de l’anguille. Les individus de 30 cm qui pèsent au minimum 40 g sont marqués avec des transpondeurs de 23 mm qui ont une masse de 0.6 g. L’impact du transpondeur est négligeable lorsque sa masse est inférieure à 2.5% de celle du poisson, ce qui se vérifie ici.
Impact environnemental d’un rejet d’une eau de production industrielle (saumure) : détermination de sa toxicité chez une espèce de poisson plat, le turbot.
- Protection de l’environnement
Transférés à l'épuisette dans des bacs d'exposition, des turbots juvéniles de trois mois, pesant 2 à 3 grammes, passent jusqu'à 96 heures dans une eau de mer salée de 40 à 70 g/L selon les groupes, les 30 témoins restant à 35 g/L. Ces tests de concentration létale, imposés par la réglementation, visent d'abord à trouver la salinité qui tue 10 % des poissons. 10 autres turbots sont ensuite exposés à cette salinité dans une saumure à 30 °C, chargée de phosphonates et de sous-produits de chloration, pour mesurer l'effet des rejets d'une future production d'hydrogène couplée à l'éolien en mer. Au total, 110 turbots, des poissons plats, vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à sévère, avec des troubles de l'équilibre hydrominéral et une accélération de la respiration qui peuvent durer jusqu'à la fin de l'essai. Tous les turbots sont mis à mort à l'issue, et les tissus des témoins sont utilisés pour des dosages enzymatiques.
Objectifs
La production d’hydrogène couplée à de l’éolien en mer soulève un grand nombre de questions sur l’impact environnemental potentiel des rejets d’eau de production associés à ce procédé. Ce rejet est constitué d’une saumure très salée, concentrée en différentes substances chimiques et dont la température est supérieure à celle du milieu aquatique environnant. La règlementation impose d’évaluer l’impact de ces rejets sur l’environnement en réalisant des tests de concentrations létales de ces rejets sur des poissons selon des normes internationales. Dans ce projet, les tests seront réalisés sur des turbots. Etant donné la composition complexe de cette saumure, deux étapes seront nécessaires dans ce projet. La première va être de déterminer les effets d’une sur-concentration en sel dans l’eau de mer. La concentration la plus forte en sel retrouvée dans la saumure sera d’abord testée. Puis, la concentration en sel induisant une mortalité de 10% sera déterminée. La seconde étape sera d’exposer les poissons à une saumure (température élevée et substances chimiques) présentant la concentration en sel induisant une mortalité de 10% et définie dans l’étape 1.
Bénéfices attendus
Le projet permettra d’anticiper les risques environnementaux potentiels consécutifs au déploiement d’une nouvelle technologie (production d’hydrogène sur des champs d’éoliennes en haute mer) correspondant à la volonté publique de décarbonation des activités industrielles. Ces travaux vont ainsi fournir des informations cruciales sur la sensibilité d’une espèce de poisson modèle à la principale pression environnementale liée au déploiement de cette technologie. Plus globalement, les résultats obtenus dans cette étude serviront à caractériser l’impact environnemental du rejet lié à cette production d’hydrogène via une analyse du risque chimique selon la méthodologie décrite dans les normes internationales. Cette étude servira de base à la réflexion des séquences ERC (Eviter, réduire, Compenser) préalable à toute étude d’impact environnemental d’une activité industrielle.
Procédures
Chaque poisson sera exposé à une saumure pendant au maximum 96 heures et une seule fois. 110 poissons seront utilisés dans ce projet. Parmi ces 110 poissons : - 30 poissons témoins seront exposés à une salinité de 35g/L de sel et une témpérature de 18°C . - 10 poissons seront exposés à une salinité de 70g/L de sel et une témpérature de 18°C . - 10 poissons seront exposés à une salinité de 40g/L de sel et une témpérature de 18°C . - 10 poissons seront exposés à une salinité de 45g/L de sel et une témpérature de 18°C . - 10 poissons seront exposés à une salinité de 50g/L de sel et une témpérature de 18°C . - 10 poissons seront exposés à une salinité de 55g/L de sel et une témpérature de 18°C . - 10 poissons seront exposés à une salinité de 60g/L de sel et une témpérature de 18°C . - 10 poissons seront exposés à une salinité de 65g/L de sel et une témpérature de 18°C . - 10 poissons seront exposés à une saumure de salinité correspondant à la concentration entrainant la mortalité de 10% des poissons (déterminée précédemment), une témpérature de 30°C, 2mg/L de phosphonates et 5mg/L de sous-produits de chloration.
Impact sur les animaux
Le transport des poissons dans une épuisette du bac de stabulation aux bacs d'exposition peut induire un stress d’intensité faible et qui dure au maximum 1 minute. Concernant les nuisances des eaux de salinités croissantes et de l’exposition à la saumure, nous pouvons émettre l’hypothèse que des effets indésirables de gravité légère à sévère (difficultés à maintenir son équilibre hydrominéral, modification du métabolisme, se traduisant au niveau symptomatique par une augmentation de la fréquence et de l’amplitude des mouvements ventilatoires) allant au maximum jusqu’à 96h (fin de l’essai) peuvent apparaître.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à l'issue des procédures. Les animaux exposés ne peuvent pas être utilisés dans le cadre d'autres procédures. Les témoins sont mis à mort et leurs tissus utilisés pour des dosages enzymatiques.
Remplacement
Des analyses de toxicité seront effectuées à l’échelle cellulaire pour permettre d’obtenir des informations sur les effets toxiques des différents éléments des saumures. Elles nous permettront de mieux comprendre les mécanismes impliqués mais ne pourront pas remplacer les observations réalisées à l’échelle de l’organisme. A l’heure actuelle, il n’y a pas de données bibliographiques sur les effets de cette saumure qui impacte tous les niveaux trophiques en milieu naturel. Notre travail global aura pour finalité d’apporter des données complémentaires concernant des microalgues, crevettes, bivalves et sur notre modèle poisson, qui fait l’objet de cette demande de projet expérimental. Chaque niveau apporte des données complémentaires car l’impact des saumures ne sera pas le même en fonction de la capacité d’osmorégulation des organismes : ces travaux expérimentaux seront menés en parallèle les uns des autres.
Réduction
Cette procédure se base sur les normes internationales dont les différentes modifications et mises à jour depuis sa création ont permis de réduire au maximum le nombre d’individu nécessaire à l’obtention d’un résultat fiable scientifiquement et statistiquement.
Raffinement
Les bacs de stabulation bénéficieront d’un enrichissement environnemental structurel approprié par ajout de différentes cachettes et un enrichissement occupationnel par la mise en place de courants d’eau variés. Un enrichissement sensoriel sera mis en place par la création de différentes zones d’ombre dans le bac. Dans les bacs d'exposition, seuls les enrichissements occupationnels par courant d’eau et sensoriels (ombre) seront conservés. Le raffinement spécifique aux procédures expérimentales mises en œuvre consistera, pour les animaux exposés à l’eau de mer sur-salée comme à la saumure, à aménager une phase de transition pendant laquelle la composition et/ou la température de l’eau seront progressivement modifiées pour ne pas produire de choc osmotique et thermique trop importants.
Choix des espèces
Le turbot est une espèce de poisson modèle en écophysiologie et en écotoxicologie. Grâce à la maitrise de son cycle de vie, le turbot est une espèce importante en pisciculture et permet à la recherche expérimentale de disposer d’individus issus d’élevage à tous les stades de son cycle de vie. La norme internationale utilisée dans le cadre de ce projet est applicable à l’espèce choisie. Les procédures seront réalisées sur des individus juvéniles âgés de trois mois, d’un poids d’environ 2 à 3g et une taille approximative de 50 mm. L’étude sur le stade de juvénile est requis dans les normes internationales. Les juvéniles de poissons sont couramment utilisés en écotoxicologie en raison de leur plus forte sensibilité aux variations de certains paramètres environnementaux comme la présence de substances chimiques. L’élevage du turbot a mis en évidence sa forte sensibilité aux différences de température et de salinité lors des premiers stades de son cycle de vie post-métamorphose.
Effets de la pollution sur une espèce invasive de poisson (la gambusie : Gambusia holbrooki) et influence sur la dynamique des écosystèmes aquatiques
- Recherche fondamentale
- Autre recherche fondamentale
- Oncologie
Issues de populations de rivières plus ou moins polluées, des gambusies sont placées dans trente-deux bassins de 1 100 litres où elles se reproduisent sur deux générations. 2 464 poissons vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Ils passent trois mois exposés à un mélange de polluants à dose environnementale, puis sont repris au piège pour être mesurés avant la mise à mort et la dissection de leurs foies. Le porteur écrit que le remplacement n'est pas possible parce que l'étude porte sur une chaîne alimentaire entière, et que le statut d'espèce invasive de la gambusie interdit de relâcher les survivants.
Objectifs
La pollution chimique par l’agriculture, les industries ou d’autres activités humaines est une cause majeure du déclin de la biodiversité. C’est particulièrement vrai dans les rivières qui concentrent toutes ces pollutions (par ruissellement et lessivage des sols, rejets, etc...). Il a été démontré récemment que certaines espèces de poissons de rivières pouvaient s’adapter à certains de ces polluants chimiques, leur permettant ainsi de continuer à vivre dans des milieux pollués. Ces adaptations sont extrêmement rapides (quelques dizaines d’années), ce qui posent la question des mécanismes mis en œuvre au cours de ces adaptations. Par ailleurs, on ne sait pas dans quelle mesure ces adaptations modifient certaines caractéristiques des poissons comme leur capacité à consommer leurs proies, ce qui pourraient en retour modifier l’équilibre des écosystèmes de rivières. L’objectif général du projet est d’étudier les mécanismes de l’adaptation des poissons à la pollution et les conséquences des adaptations pour l’équilibre de l’écosystème. Nous travaillerons sur une petite espèce de poisson qui est une espèce exotique envahissante, établie en France (la gambusie) et qui a colonisé avec succès des rivières pouvant être très polluées. Pour cela nous testerons, dans des écosystèmes artificiels, des poissons de différentes origines (rivières polluées ou non) réagissant différemment à des cocktails de polluants représentatifs des milieux naturels et si ces réactions -par effet cascade- affectent l’équilibre et le fonctionnement des écosystèmes.
Bénéfices attendus
Les données générées seront suffisantes pour produire, à une échéance des 3 années du projet, des avancées significatives dans le domaine de l’écologie scientifique sensu lato. En particulier, ce projet permettra de mettre en évidence les effets directs (écotoxicité) et indirects de la pollution aquatique sur l’adaptation d’une espèce invasive. Il permettra aussi de documenter l’impact de la gambusie sur la dynamique de son écosystème en fonction du niveau de pollution. Bien que cette espèce soit invasive, ces recherches pourront aussi bénéficier à la conservation et la gestion de populations de poissons natifs, puisque nous aurons de meilleures connaissances quant à la possibilité d'adaptation/résilience de ces organismes dans les écosystèmes dégradés pas les humains.
Procédures
Sans un premier temps, les poissons seront soumis à un stress écotoxicologique non-léthal (mélange de polluants) et à dose environnementale pendant une durée 3 mois. Durant cette période, les poissons seront capturés à l'aide de pièges à vairons (types de nasses) afin de les mesurer avant le début de l’exposition aux polluants et avant leur euthanasie en fin de protocole. La capture se fait sur une période courte, les pièges sont installés pendant environ une heure dans chaque système espérimental.
Impact sur les animaux
Le maintien en mésocosmes pourrait être une source de stress pour les animaux. Néanmoins, compte tenu de la grande taille des bacs (1100 litres), la faible densité de poissons par bac (au max 3g pour 100 litres) et l'abondance de nourriture et de caches, les gambusies pourront exprimer leurs comportements sociaux et alimentaires naturels. Par ailleurs, la productivité des bacs et les échanges à l’interface air-eau sont suffisants pour maintenir un niveau d’oxygénation suffisant au bien-être des poissons et représentatif du milieu naturel. Les conditions de l’eau dans les mésocosmes peuvent légèrement différer des conditions naturelles mais les gammes attendues dans les mésocosmes sont totalement cohérentes avec les gammes mesurées en milieu naturel. De plus, les gambusies tolèrent naturellement des gammes extrêmes de conditions physico-chimiques donc nous ne nous attendons pas à ce que ces faibles variations de conditions génèrent un stress. Le stress liés à l'exposition aux polluants et à la capture sont considérer comme léger car (i) il s'agit de doses de polluants que les poissons rencontrent dans l'environnement et (ii) la capture se fait avec un nombre réduit de manipulation sur les poissons.
Devenir
S'agissant d'un espèce invasive, elle ne peut pas être relâchée en milieu naturel. Par ailleurs, compte tenu des besoins de l'étude, les individus seront disséqués post-mortem pour l'analyse des foies. Les individus seront donc euthanasiés en fin de procédure.
Remplacement
Pour tester expérimentalement l’effet combiné de la pollution et des espèces invasives sur la chaine trophique et sur le fonctionnement de l’écosystème, l’utilisation d’animaux est requise et le remplacement n'est donc pas possible. Compte tenu du caractère empirique et fondamental du projet, l’outil de modélisation mathématique et l’utilisation de modèles artificiels ne sont pas pertinents.
Réduction
Le nombre d’individus et de réplicats de mésocosmes prévus se base sur des travaux antérieurs effectués sur ces mêmes infrastructures pour explorer des thématiques similaires. Concernant les effets écosystémiques, l’effectif utilisé dans les analyses statistiques correspond au nombre total de mésocosmes utilisés et requiert donc une importance primordiale. Le traitement statistique à postériori sera basé sur des équations structurelles permettant d’étudier des relations linéaires complexes nécessitant une taille d’échantillon 10 réplica par lien statistique testé. Étant donné que nous disposons au total de 32 mésocosmes, entre 3 et 4 liens pourront être testés dans cette expérience, ce qui est suffisant étant donné le nombre réduit de paramètres d’intérêts (richesse et abondance des invertébrés benthiques et pélagiques, taux de décomposition de la litière). Compte tenu d'études antérieures, il s'avère que pour obtenir un effet mesurable de l’abondance de poissons sur les paramètres écosystémiques, le nombre minimal de poissons est de 20 individus pour 1100 litres (20*32 = 640 individus au total).
Raffinement
Les mésocosmes de 1100 L sont utilisés pour l’étude des effets à long terme sur les écosystèmes aquatiques. Ces dispositifs simulent des conditions naturelles avec un habitat complexe (graviers, abris solides, plantes naturelles) avec une faible densité de poissons. La nourriture (zooplancton et macro-invertébrés) est en quantité suffisante pour assurer une croissance positive des adultes et des juvéniles. Un élevage pilote préliminaire a montré que G. holbrooki est une espèce résistante au stress qui se prête très bien à la captivité et aux expériences multigénérationnelles. Elles se reproduisent très bien en captivité et expriment leur comportement dans ces conditions. Néanmoins, le comportement naturel des populations originaire de zones non polluées peut être affecté par les doses de polluants environnementales retrouvées dans les milieux non pollués.
Choix des espèces
La gambusie (Gambusia holbrooki) est une espèce invasive largement répandue dans l’ensemble du sud de la France et qui impacte fortement les espèces non invasives présentes dans ces milieux pouvant alors causer des altérations du fonctionnement des écosystèmes. Cette espèce peut supporter une grande amplitude de changements environnementaux (salinité, température, pollution) et elle s’adapte rapidement à de nouvelles conditions. C’est un modèle de choix en écologie évolutive avec un temps de génération réduit. Présente en abondance dans les milieux naturels variés (fortement et peu pollués), c’est l’espèce la plus pertinente pour répondre aux objectifs du projet. Les animaux introduits dans les mésocosmes seront au stade adulte pour pouvoir contrôler le nombre d’individus de chaque sexe (5 mâles et 2 femelles par mésocosme). Les femelles seront gravides afin de rapidement générer des F1 (environ 10 individus par femelles, soit environ 50 individus F1 par mésocosmes qui produiront ensuite environ 640 individus F2).
Projet d’éradication des poissons du genre Ancistrus en tant qu’Espèces Exotiques Envahissantes (EEE) : test en conditions expérimentales de leur sensibilité au sel en comparaison aux espèces indigènes
- Conservation des espèces
- Protection de l’environnement
La mise au point d'une méthode de mise à mort par choc salin conduit à exposer 183 poissons à une eau salée pendant vingt-cinq minutes, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Les ancistrus, poissons laveurs de vitres échappés de l'aquariophilie, sont capturés par pêche électrique qui les paralyse, transportés une heure trente, gardés jusqu'à trente heures sans leur alimentation naturelle, puis tués par choc osmotique et hypoxie. 45 individus d'espèces indigènes, cabots bouche-ronde et anguilles, sont soumis au même test à titre de comparaison et seront relâchés dans leur rivière d'origine si leur état clinique le permet. Le porteur compte parmi les bénéfices attendus la proposition d'une nouvelle méthode de mise à mort applicable aux poissons d'eau douce, y compris dans les programmes de pêche commerciale.
Objectifs
Les EEE sont identifiées comme une principale cause de perte de biodiversité à l’échelle Mondiale. Les milieux aquatiques d’eau douces insulaires, malgré leur relatif isolement, ne sont pas épargnés par ces introductions. De plus, dans ces territoires, les milieux aquatiques présentent des conditions hydrologiques et thermiques souvent variées du fait d’une amplitude saisonnière de pluies et d’un gradient altitudinal important. Ainsi, dans ces milieux, on observe l’acclimatation d’espèces aux préférendums très variés, depuis la truite arc-en-ciel (O. mykiss) jusqu’aux tilapias (Oreochromis sp.). Parmi les dernières en date, on note le poisson laveur de vitre (Ancistrus sp.) et la crevette red cherry (Neocaridina heteropoda). Ces espèces non natives sont issues de l’aquariophilie. Leur introduction peut être accidentelle ou malveillante. Ces espèces représentent un risque de compétition avec les espèces indigènes.
Bénéfices attendus
La réalisation d’un choc salin est une méthode de lutte contre les EEE encore non appliquée et innovante. Elle a déjà été évoquée dans le cadre de la gestion d'EEE dans des milieux d'interface, mais n’a jamais été documentée ni étudiée d’un point de vue scientifique. Les bénéfices attendus sont : - Lutte contre Ancistrus sp en tant qu’EEE (réduction voire éradication), à courte échéance ; - Connaissance de la sensibilité des espèces indigènes (amphihalines) pour réplication possible de l'action en lutte précoce sur d'autres EEE (territoires insulaires tropicaux), à courte échéance ; - Développement d’une méthode de lutte reproductible et efficace pour des EEE aquatiques sensibles, à moyenne échéance. - Proposition d’une nouvelle méthode de mise à mort applicable aux poissons d’eau douce, dans le cadre de l’Utilisation d’Animaux à des Fins Scientifiques, ou dans des programmes de pêche commerciale (moyenne à longue échéance).
Procédures
- Capture des individus : paralysie par décharge électrique lors de la pêche électrique (30 secondes) - Transport des individus en contenants fermés jusqu’au laboratoire (1h30) - Captivité dans des bacs d’eau (30h maximum) - Individus privés de l’accès à leur alimentation naturelle (30h maximum) - Exposition à une substance chimique mortelle, le NaCl (25 minutes maximum)
Impact sur les animaux
- Induction d’un choc osmotique et d’une hypoxie potentielle conduisant à la mort des animaux (25 minutes maximum)
Devenir
Tous les individus Ancistrus qui ne seraient pas morts seront euthanasiés. Les individus des espèces poissons cabot bouche ronde et poissons anguille seront maintenus en vie si leur état clinique le permet. Ils seront alors relâchés dans leur milieu naturel où ils avaient été prélevés initialement.
Remplacement
Les expérimentations portent sur l’étude d'un choc salin sur des poissons de rivière, pour évaluer le potentiel létal de ce choc. Leur remplacement remettrait en cause la possibilité de mener l'expérience, et notamment les 2 phases suivantes du projet global qui sont : la documentation de la méthode de mise à mort par choc salin pour les demandes d’autorisations en milieu naturel et la réalisation des opérations en milieu naturel.
Réduction
Les procédures ont été réfléchies dans le but de diminuer au maximum le nombre d’animaux tout en ayant des résultats exploitables. Pour la procédure 1, l’objectif est de décrire les observations cliniques et comportementales, les effets indésirables et les points limites. Nous avons choisi d’utiliser des groupes de 3 individus par lots en s’inspirant des études pilotes menées en toxicologie, puisque nous n’allons pas effectuer d’études statistiques sur ces groupes. Nous avons déterminé plusieurs lots pour chaque espèce, en fonction de leur stade de développement, pour s’assurer que chaque lot de 3 individus soit le plus homogène possible.
Raffinement
Pour la capture des individus, les équipements de pêche électrique seront calibrés pour un voltage n’engendrant pas de blessures aux animaux, et uniquement une paralysie courte de 30 secondes environ. Pour la captivité, les animaux seront hébergés dans des aquariums enrichis avec des galets provenant de leur milieu naturel, afin qu’ils puissent exprimer un comportement naturel (support et cache). La température de l’eau sera contrôlée pour être dans les gammes de confort de chaque espèce (20 à 24 °C). Chaque lot sera hébergé dans un aquarium séparé afin de limiter le nombre de poisson par aquarium et permettre l’observation individuelle. L’hébergement temporaire n’excédera pas 30 heures (avec période d’accoutumance de 24h) et sera fait dans une salle dédiée et calme, avec une alternance jour/nuit calée sur l’alternance naturelle. Pour pallier à l’accès à l’alimentation naturelle, les poissons seront nourris avec une alimentation adaptée aux espèces : salade, épinard, courgette pour les poissons ancistrus et poissons cabot bouche ronde ; des vers de terre pour les anguilles. Afin de limiter au maximum les effets indésirables liés à l’exposition toxique au sel, nous proposons une étude pilote afin de déterminer les points limites précoces. Pour cela, nous observerons sur chaque individu les paramètres comportementaux et cliniques suivants : aspect général, posture, nage, couleur, décubitus... Une fiche de suivi individuel servira de support pour l’observateur pour noter tous les signes cliniques et comportementaux. Nous pourrons alors établir une cinétique d’apparition des différents symptômes.
Choix des espèces
L’objectif de l’étude est d’étudier le choc salin comme méthode de mise à mort de poissons ancistrus dans le cadre de la lutte contre une EEE. Nous souhaitons réaliser une éradication de cette espèce, tout en préservant les espèces de poissons indigènes présentes dans les cours d’eau traités. C’est pour cela que nous réalisons des expérimentations sur des poissons cabot bouche ronde et des anguilles, qui sont les poissons présents naturellement dans ces zones. Les animaux seront utilisés à des stades de développement différents. Nous avons déterminé 3 stades différents chez les poissons ancistrus (un stade juvénile, un stade intermédiaire, un stade adulte), 2 stades chez les poissons cabot bouche ronde (un stade juvénile et un stade adulte), et un seul stade juvénile chez l’anguille. Ce choix se justifie par le fait que la résistance à la salinité risque de varier en fonction du stade de développement. Pour l’anguille, nous savons que les adultes effectuent des séjours en milieux marins (avec une salinité à 35 g/l), c’est pour cela que nous n’envisageons pas de tester un choc salin car nous savons qu’à ce stade de développement, les individus sont résistants à la salinité marine.