
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-11-26 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-318393)
Capturés à la ligne, à la palangre ou au chalut, placés en vivier, anesthésiés puis ouverts pour l’implantation chirurgicale d’un émetteur, 200 poissons dont 40 bars subissent des procédures d’un niveau de souffrance modéré. Les poissons plats reçoivent un marquage externe, les requins sont maintenus en immobilité tonique, et l’ensemble des manipulations tient en moins de trente minutes par individu. Le porteur reconnaît que la littérature manque de points limites objectifs et quantitatifs pour les poissons marins sauvages, les réponses à la douleur variant selon les espèces, et signale des mortalités directes ou indirectes possibles. Tous les individus marqués sont remis à l’eau au lieu de capture, pour suivre par télémétrie acoustique leur fréquentation d’un mât de mesure implanté dans un parc éolien en mer.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le développement des parcs éoliens en mer (PEM) est aujourd’hui en plein essor en France et en Europe. Ces infrastructures génèrent des modifications d’habitat des écosystèmes marins et peuvent avoir un impact potentiel sur les communautés biologiques. Les espèces marines, telles que les poissons, sont susceptibles d’être impactées par les PEM, dans leur distribution, leur abondance et leur comportement, en raison d’effets directs potentiels, mais aussi d’un large éventail d’effets écologiques sous-jacents – y compris l’ « effet de récif », l’ « effet d’agrégation temporaire d’espèces mobiles», l’ « effet barrière », la « perte d’habitat » et les « perturbations acoustiques » – qui peuvent, à terme, affecter la dynamique de la population . Ces effets doivent être identifiés et quantifiés grâce à un suivi exhaustif et à long terme, compte tenu des fonctions écologiques et de l’importance socio-économique des poissons. Actuellement, les preuves empiriques sont rares, car le plan d’échantillonnage des études traditionnelles utilisées dans l’évaluation de l’impact réglementaire des PEM n’est généralement pas suffisant ou adapté pour détecter et quantifier ces différents effets. Dans ce contexte, ce projet vise à caractériser les variations temporelles des patrons d’occupation des peuplements de poissons autour d’une structure de PEM pour mieux appréhender le fonctionnement de l’écosystème en relation avec les structures EMR. Pour cela, ce projet emploie la télémétrie acoustique passive pour suivre et évaluer la dynamique des peuplements de poissons à enjeu de conservation et/ou commercial autour d’un mât de mesure implanté au sein d’un PEM. La télémétrie acoustique est un outil de plus en plus utilisé pour étudier les patrons d’occupation et les déplacements de nombreuses espèces de poissons à grande échelle. Cette méthode permet de déterminer différents processus écologiques et de comprendre comment une espèce utilise un habitat spécifique et connecte au niveau régional dans l’espace et dans le temps. Ces informations sont essentielles pour mieux comprendre son rôle dans l’écosystème ou l’effet d’une modification d’habitat comme l’implantation d’un PEM.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’implantation d’un parc éolien offshore entraine une modification de l’habitat. Au vu de la forte croissance de ces projets de développement, il est nécessaire de mieux connaitre les effets de leurs structures sur les écosystèmes marins. A terme, les résultats de ce projet permettront de comprendre plus précisément l’écologie du mouvement des espèces suivies et ainsi répondre aux questions suivantes: comment ces espèces réagissent-elles à l’implantation d’une structure physique en mer ? Quelle est la fidélité dans le temps de ces espèces à la zone PEM ? Comment occupent-elles spatialement les fondations des éoliennes, d’un point de vue horizontal mais aussi vertical ? Est-ce que ces mouvements sont liés à la disponibilité et distribution de proies ? Quel est le degré de connectivité entre cette zone PEM et les autres habitats marins de la région par ces espèces, au cours des années, et d’une année à l’autre ? Les espèces font-elles preuve d’une fidélité pluriannuelle au site ? Si oui, à quelle saison ? Comment les conditions environnementales influencent-elles ces tendances ? Il existe très peu de connaissances à ce sujet sur les espèces de téléostéen (ex. bar, sole, plie) et d’élasmobranches (raies et requins) fréquentant la zone hauturière normande. Ces connaissances relatives à l’écologie du mouvement de ces espèces d’intérêt, que le marquage en milieu naturel rend possible, serviront de cas concrets pour la mise en place de suivis pérennes des populations aux sein des PEM à venir afin d’atteindre le double objectif de conservation et d’exploitation durable des espèces marines.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les espèces de poissons de ce projet seront capturées par des pratiques de pêche les moins impactantes possible sur la condition physique des animaux et permettant un taux de survie optimale (ex. pêche à la ligne, palangre, court trait de chalut). Les espèces de poissons d’intérêt dans ce projet seront marquées chirurgicalement sous anesthésie générale, sauf les poissons plats.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Au niveau individuel, cette étude nécessite un marquage (chirurgical ou externe). Même si cela reste rare, ces procédures peuvent occasionner des mortalités directes ou indirectes. Le stress à la capture est probablement l’effet indésirable principal. Les espèces cibles ont été sélectionnées car elles présentaient un haut degré de survie post capture et ont été les espèces modèles d’autres projets de marquage. L’ensemble des manipulations (capture, mise en vivier, anesthésie, acte chirurgical, réveil) seront réalisées sur une période de temps limitée (
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux marqués seront replacés dans leur milieu naturel, au lieu de capture.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans le cadre d’une étude destinée à caractériser les mouvements individuels en milieu naturel, il n’est pas possible de faire appel à des méthodes de remplacement. L’apport de la télémétrie acoustique (détection de la présence de poissons marqués à proximité d’un récepteur) permet l’amélioration de connaissance sur les habitats essentiels occupés par les espèces et de leurs mouvements entre ces habitats. Ces informations sont centrales pour l’identification des effets des parcs éoliens en mer sur ces peuplements. Pour atteindre le double objectif de conservation et d’exploitation durable des espèces marines, l’évaluation de l’état écologique de l’écosystème marin doit pouvoir s’appuyer sur des connaissances relatives à l’écologie du mouvement des espèces et à la fréquentation des habitats essentiels, que le marquage en milieu naturel rend possible.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre d’individus a été réduit au minimum d’après les préconisations de la littérature pour la télémétrie acoustique. En télémétrie acoustique passive, la probabilité de détection des individus permettant d’analyser le comportement dépend grandement du réseau de récepteurs déployé sur le milieu ainsi que du nombre d’individu marqués. De plus, cette probabilité de détection peut diminuer avec plusieurs facteurs environnementaux tels que la turbidité de l’eau, le bruit ambiant, etc. En prenant en compte les contraintes de la télémétrie acoustique (ex: probabilité de détection) et la littérature existante, un nombre minimum de 30 individus par espèce est conseillé afin d’intégrer une variabilité naturelle représentative et ainsi garantir la robustesse des analyses statistiques et des résultats associées aux populations concernées et la publication de ces résultats dans des revues scientifiques. En l’absence de connaissance sur le niveau de fréquentation spécifique du site ciblé par cette étude, le nombre de 40 individus maximum par espèce a été décidé afin de capturer la majorité des comportements spatiaux à l’échelle d’un site spécifique. En se basant sur la biomasse de ces espèces péchées en Manche (plusieurs dizaines à centaines de tonnes débarquées), l’impact de ce projet sur les populations semble extrêmement limité.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans le cadre des procédures, des mesures ont été mises en place afin de limiter la souffrance et le stress des individus lors du marquage. Celles-ci incluent la capture (engins sélectifs en direct, l’hameçon ou traits de chalut courts), pour limiter au maximum le temps où l’animal est en phase « capture », ainsi que des procédures d’anesthésie optimales durant les phases pré opératoire, opératoire et post opératoire. Les individus seront surveillés de manière régulière avec une attention particulière à la respiration branchiale afin de s’assurer de la bonne oxygénation des animaux. Lors de la manipulation de requins, en plus de l’utilisation d’anesthésiant, chaque individu sera placé en immobilité tonique afin de limiter son stress et potentiellement sa douleur. Les individus seront surveillés de manière régulière durant toute la période de détention. Après avoir subi un marquage externe ou une intervention chirurgicale (selon l’espèce), les individus seront maintenus dans un bac de réveil et surveillés individuellement avant d’être relâchés. La remise à l’eau s’effectuera quand l’animal aura retrouvé tous ses réflexes et sa mobilité. L’eau sera directement prélevée en milieu naturel en flux constant avec système de surverse. Ceci permet de garder une température ambiante proche du milieu naturel, un niveau d’oxygénation optimale et d’évacuer les eaux ‘usées’ rapidement. Aucune sortie de l’eau sans anesthésie ne sera effectuée de manière prolongée (supérieur à quelques secondes). Lors des sorties de l’eau pour chirurgie, les poissons resteront en permanence en milieu humide (dos dans l’eau, flux d’eau dans la bouche). Les individus seront retirés de la procédure si les points limites préalablement établis sont atteints. Les points limites sont identifiables à travers le comportement des poissons (Activité de nage anormale, absence de réaction) ou des signes extérieurs de stress (ex. couleur de peau, plaies). La taille et le poids des marques pour chaque espèce sont choisies bien en dessous des critères normalement appliqués (>2% du poids des individus).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre d’espèces capturables sur la zone d’étude étant extrêmement variée, il est proposé dans cette étude de ne pas cibler d’espèces particulières, mais de 1/ fournir une liste d’espèces potentielles, 2/ limiter le nombre d’individus rentrant dans une procédure à N= 40 et 3/ de limiter le nombre de marque maximum déployé dans le projet à N= 200, ou à 5 espèces à N=40, 6 espèces à N=30, (ou 12 espèces à N=15 si les prises ne permette pas d’atteindre un effectif optimale pour toutes les espèces) . Ces espèces ont aussi été choisies pour leur taux de survie important post-capture et leur forte capacité de résilience après un traumatisme Une partie des espèces de cette liste sont des espèces de premier plan en Manche, tant pour l’importance de leur volume d’exploitation et leur valeur commerciale (ex : le bar et la plie ). De nombreux aspects du cycle de vie de ces espèces restent inconnus, limitant la capacité des scientifiques à fournir un appui aux gestionnaires et ce, notamment en lien avec l’impact de l’implantation d’éoliennes dans leur milieu naturel. Pour la majorité de ces espèces, l’acquisition de connaissances sur leur dynamique spatiale est une première étape primordiale pour améliorer nos connaissances sur l’impact potentiel de l’implantation de ces structures offshores sur ces populations. Les élasmobranches sont des espèces vulnérables dont la connaissance écologique reste parcellaire et qui ont des statuts de conservation préoccupants. L’importante méconnaissance de l’écologie de ces espèces limite notre capacité d’évaluation de leur statut de conservation.