Rongeurs
Evaluation de la réponse thérapeutique dans un modèle de myocardite auto-immune chez le rat
- Recherche appliquée
- Diagnostic des maladies
- Troubles cardiaques
- Recherche fondamentale
- Système cardiaque
120 rats vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. On leur déclenche une myocardite auto-immune par injection d'extraits de muscle cardiaque de porc, ce qui provoque une insuffisance cardiaque grave pouvant aller jusqu'à la mort, avant des traitements quotidiens et des séances d'IRM avec un nouvel agent de contraste. Le porteur indique que ce modèle a été retenu parce que le rat serait "l'espèce la plus utilisée" pour cette maladie. Les retombées annoncées, un diagnostic plus précoce de l'inflammation cardiaque chez l'humain, restent attendues.
Objectifs
L'objectif de ce projet est de tester chez l'animal la capacité d'une nouvelle technologie d'imagerie par résonance magnétique (IRM) à diagnostiquer de manière précoce l'inflammation cardiaque. Nous allons tester un nouvel agent de contraste, une substance qui augmente artificiellement le contraste de l'IRM, qui a la particularité de cibler des molécules exprimées spécifiquement lors de l'inflammation. Ainsi, une étude menée au sein de notre laboratoire a d'ailleurs démontré dans un modèle d'inflammation générale chez la souris que cet agent de contraste était capable de cibler l'inflammation au niveau du coeur. Nous souhaitons donc tester l'efficacité de cet agent de contraste de pouvoir imager l'inflammation cardiaque dans un modèle plus précis d'atteinte cardiaque tel qu'un modèle de myocardite auto-immune chez le rat. Cela permettrait d'améliorer le diagnostic et la prise en charge des myocardites chez l'Homme.
Bénéfices attendus
Ce nouvel agent de contraste a montré une sensibilité et une spécificité élevées pour détecter l'inflammation cardiaque chez l'animal. De plus, nous savons que dans des modèles de myocardite auto-immunes, les molécules spécifiques de l'inflammation sont sur-exprimées au niveau du coeur. Il est donc attendu que cette nouvelle technique d'imagerie IRM dans un modèle de myocardite auto-immune chez le rat puisse permettre d'imager de manière ultra-sensible, spécifique et précoce l'inflammation cardiaque par rapport aux animaux contrôles.
Procédures
Les animaux seront soumis aux interventions suivantes : o Mise en place d'un modèle de myocardite auto-immune par immunisation avec une unique injection d’un produit induisant l’inflammation (durée : inférieure à 10min) o Traitement anti-inflammatoire quotidien en intrapéritonéal avec contention o Pesée lors des manipulations (durée : inférieure à 5 min) o Pose d’un cathéter sous anesthésie profonde (durée : environ 15min) o Imagerie IRM avec injection de produit de contraste (durée : environ 20min)
Impact sur les animaux
Le modèle de myocardite auti-immune par immunisation peut induire des effets indésirables sur les animaux. Les rats seront immunisés avec une solution contenant des extraits de muscles cardiaques de porc. Ce modèle induit une insuffisance cardiaque grave et dans certains cas au décès.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort afin de récupérer les différents organes d'intérêt des animaux (coeur), permettant ainsi de compléter les résultats obtenus in vivo par des résultats post-mortem (biodistribution, caractérisations immunohistologiques). De plus, les caractérisations histologiques sont très souvent demandées pour justifier les résultats obtenus lorsqu'une nouvelle technique d'imagerie pré-clinique est étudiée.
Remplacement
Des tests in vitro ont été réalisés avec l'agent de contraste en imagerie par résonance magnétique permettant de confirmer leur à donner un signal IRM. Des tests in vivo chez la souris ont été réalisés pour tester l'efficacité à détecter l'inflammation cardiaque et des résultats positifs ont été observés avec une prise de contraste en IRM au niveau du myocarde confirmée par l'étude histologique des tissus.
Réduction
Le nombre d'animaux utilisés dans ce projet a été évalué au regard de nos données antérieures par rapport à nos précédents projets ayant utilisé le même agent de contraste. Dans ces deux études précédentes il a été montré que 5 animaux par modèle étaient suffisants pour obtenir une différence significative du signal en imagerie par résonance magnétique. Ces effectifs ont été confirmés par un calcul de taille d'échantillons.
Raffinement
Les animaux auront le temps d'acclimation et un enrichissement de leur milieu. Une attention particulière sera accordée à l'évolution de la masse corporelle afin de vérifier que les animaux s'alimentent correctement. La douleur des animaux sera réduite au maximum en veillant à couvrir les différents temps d'études par une analgésie. Différents point limites ont été définis afin de ne pas poursuivre l'étude si les animaux présentent des signes de souffrance ou de douleur.
Choix des espèces
Le rat est l'espèce animale la plus utilisée dans ce modèle de myocardite expérimentale auto-immune et parmis les espèces animale qui a été la plus étudiée dans le domaine des pathologies inflammatoires. L’anatomie et la physiologie de la circulation sanguine du rat sont également bien connues et sont semblables par leurs grands traits à celles de l’Homme. L’ensemble des connaissances et des acquis dont nous disposons au laboratoire et dans la littérature rend cette espèce particulièrement intéressante pour étudier les pathologies inflammatoires.
Génotypage de souris transgéniques dans le cadre des élevages internes
- Maintien des lignées génétiquement modifiées
8 000 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance légère, dans le cadre d'un élevage de lignées génétiquement modifiées. Après sevrage, chacune est identifiée par une boucle à l'oreille et subit une biopsie d'oreille ou de queue pour génotypage. Le porteur indique que les souris au génotype recherché sont orientées vers d'autres projets ou vers la reproduction, tandis que les reproducteurs en fin de rendement et les surnuméraires de plus de quinze semaines sont systématiquement tués. Ce projet ne vise aucune connaissance en propre, il entretient l'élevage et sélectionne les souris destinées à d'autres expériences.
Objectifs
Les différents laboratoires participent à plusieurs projets qui nécessitent le développement et l’utilisation de modèles de souris génétiquement modifiées. Ce projet a pour objectif d’identifier et de caractériser génétiquement les animaux. Chaque animal, identifié par une boucle métallique à l’oreille, sera caractérisé par génotypage sur une biopsie de bout d’oreille (préférentiellement) ou de queue. Cette demande d’autorisation de projet de génotypage se justifie par la nécessité de : - sélectionner les animaux d’intérêt pour différents projets de recherche (inclus dans d’autres demandes d’autorisation de projet) menés au laboratoire ; - sélectionner les animaux d'entretien des colonies ; - sélectionner les animaux pour les prélèvements d’organes ou de tissus post mortem pour des études ex vivo (hors champ de demande d’autorisation de projet). Ce projet doit donc nous permettre de produire les animaux d’intérêt et les animaux nécessaires au renouvellement des couples/trios de reproduction. Cet élevage sera mis en œuvre et maintenu en fonction des autorisations des projets utilisant ce modèle transgénique.
Bénéfices attendus
Ce projet devrait permettre de : • Produire les animaux nécessaires aux projets scientifiques utilisant le modèle de tumeur du colon inductible • Maintenir notre élevage interne de souris.
Procédures
- Prélèvement par punch auriculaire (ou bout de queue) pour génotypage, après sevrage (tous les animaux) et identification individuelle par bague métallique.
Impact sur les animaux
La contention, le poinçon auriculaire et la mise en place d’une boucle d’identification à l’oreille (auxquels sont soumises l’ensemble des souris de l’élevage) sont susceptibles de générer un inconfort transitoire. Les souris ne seront pas traitées au tamoxifène dans le cadre de ce projet. Ainsi aucune mutation ne sera induite et donc les animaux ne devraient donc pas avoir d’autre effet indésirable supplémentaire.
Devenir
A l’issue de la procédure, les animaux présentant les génotypes d’intérêt seront gardés et utilisés pour les projets utilisant cette lignée ou pour le maintien de l’élevage selon leur génotype. Les animaux en reproduction seront régulièrement euthanasiés selon les performances de reproduction. Les animaux surnuméraires âgés de plus de 15 semaines seront systématiquement euthanasiés (certains pourront être utilisés, en fonction des besoins pour des trainings internes).
Remplacement
Il n’existe à ce jour pas de méthodes aussi performantes que la biopsie d’oreille (ou de queue) pour réaliser le génotypage des souris, qui est nécessaire pour valider les études utilisant des lignées d’animaux génétiquement modifiés, et entretenir ces lignées.
Réduction
A ce jour, nous ne disposons pas d’autres moyens aussi efficaces permettant de caractériser et sélectionner les animaux génétiquement modifiés. Notre expérience acquise dans la gestion des élevages complexes (plusieurs gènes à sélectionner) nous permet de dimensionner au mieux les élevages en fonction des besoins des manips. Des échanges réguliers avec l’équipe de recherche permettent de s’assurer de produire les animaux nécessaires sans excès.
Raffinement
Les biopsies sont réalisées par un personnel expérimenté. La parfaite maîtrise du geste permet de réduire l’inconfort et le stress ressentis par l’animal. Elles sont réalisées avec du matériel adapté permettant un geste rapide et précis. Dès que la procédure est terminée, les nouveau-nés sont remis en présence de leur mère. Un suivi des animaux est réalisé par suite de cette procédure et des points limites adaptés ont été mis en place. Les animaux en élevage sont surveillés régulièrement toutes les semaines. Toutes les cages sont pourvues d’enrichissement (coton). Les cages de reproducteurs sont également pourvues de maisons pour diminuer tout éventuelle agressivité.
Choix des espèces
Il n’est pas encore possible de modeler in vitro la complexité d’un organisme dans son entier. De plus, dans certains projets, seule l’utilisation de modèles transgéniques permet de modeler au mieux les pathologies étudiées. Pour générer des animaux, des animaux plutôt jeunes (à partir de 8 semaines jusqu’à 15 semaines pour la mise en reproduction) seront utilisés afin d’assurer de bonnes performances de reproduction. Les animaux reproducteurs seront surveillés et renouvelés aussi fréquemment que nécessaire.
Utilisation de l’IRM dans l’étude de l’efficacité d’un traitement expérimental dans un modèle de cancer colorectal implanté chez la souris au niveau du colon 1/2
- Recherche fondamentale
- Oncologie
32 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Une tumeur colorectale leur est implantée par chirurgie au niveau du côlon, suivie de traitements et de séances d'IRM sous anesthésie, pour valider cette imagerie comme outil de suivi tumoral. Le porteur présente le projet comme la création d'une expertise destinée à "offrir à l'industrie pharmaceutique" un service d'évaluation de molécules. Les bénéfices pour la santé humaine sont annoncés à long terme.
Objectifs
Le projet présenté se déroulera dans deux établissements utilisateurs et vise à démontrer l'intérêt et la valeur ajoutée de l'utilisation de l'imagerie par résonance magnétique (IRM) pour étudier l'efficacité de nouveaux composés en cancérologie sur des souris porteuses de cancer. L'IRM est une technique d'analyse de tumeurs implantées chez l'animal qui est non invasive, précise et utilisée chez le patient. Il est attendu de l'IRM qu'elle permette à terme d'améliorer et d'optimiser les études en cancérologie sur animaux, en travaillant avec des modèles de cancers implantés directement dans l'organe d'origine du cancer pour mimer au plus proche ce qu'il se passe chez le patient. Ce projet porte sur le suivi par IRM d'un modèle de cancer colorectal implanté directement au niveau du colon chez la souris. Ce modèle de cancer présente un intérêt fort pour évaluer l’efficacité thérapeutique de potentiels traitements anticancéreux, mais ne peut pas être étudié avec des techniques de suivi de volumes tumoraux classiques : mesures à la main quand les tumeurs sont implantées directement sous la peau. En effet, après l'implantation de la tumeur directement au niveau du colon, il est impossible de mesurer et de suivre l’évolution de la tumeur celle-ci se développant au niveau de l’organe et donc d’observer l’effet d’un traitement. Ce projet vise donc à créer une expertise en oncologie centrée sur l’Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) pour la recherche biomédicale. Cette collaboration permettra d’offrir à l’industrie pharmaceutique le service requis pour l’évaluation in vivo chez l’animal de l’efficacité des molécules anticancéreuses développées avant leurs tests en phases cliniques chez le patient.
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus concernent la santé humaine, à long terme. Ce projet permettra de mettre en place un protocole de suivi tumoral capable d'étudier l’efficacité de potentiels traitements anticancéreux dans des modèles implantés directement dans l'organe, qui sont non mesurables avec les techniques classiques. Ceci permettra de simplifier l’utilisation de ces modèles de cancer qui miment la pathologie chez les patients et donc d’ouvrir potentiellement l’accès à de nouveaux traitements pour ces types de cancer. Il permettra aussi d'obtenir des données scientifiques afin de promouvoir l'utilisation d'une technique non invasive (l'IRM), technique dont la précision permettra à terme de réduire et raffiner nos études utilisant des animaux.
Procédures
- implantation par chirurgie et sous anesthésie de tumeurs au niveau de la couche extérieure du colon, 20 minutes maximum - anesthésie fixe durant l’IRM maximum 30 minutes - traitement par voie intrapéritonéale 30 secondes 10 injections pour les animaux traités au composé expérimental et 2 pour les contrôles et ceux traités avec l'immunothérapie- traitement par voie intraveineuse 30 secondes durant 6 séances. Une entreprise réalisera l'implantation chirurgicale des cellules tumorales dans l'Etablissement utilisateur 1, l'Etablissement utilisateur 2 hébergera les souris et effectuera les gestes techniques concernant les traitements, et enfin une entité présente dans l'Etablissement utilisateur 2 gérera la partie imagerie.
Impact sur les animaux
Potentielle perte de poids, une douleur sur plusieurs heures liée à l'implantation par chirurgie de tumeurs par ouverture de la cavité abdominale au niveau du côlon, contrôlée par de l'analgésie et réalisée sous anesthésie gazeuse. Une gêne dûe à une croissance de tumeurs au niveau du colon, du stress dû aux contentions pour les traitements, une douleur de quelques secondes dûe à l'aiguille suite aux injections à la seringue en intrapéritonéal pour les traitements, une douleur de quelques secondes dûe à l'aiguille suite à l'injection à la seringue à la queue en intraveineuse pour l'agent de contraste et un stress dûe à l'anesthésie gazeuse pour l'IRM.
Devenir
Suite à la procédure, les animaux seront mis à mort deux semaines après début du traitement pour les prélèvements de tumeurs fraîches.
Remplacement
Les interactions entre le système immunitaire et la tumeur sont complexes et impactées par différents organes (la rate, les ganglions etc), ainsi que par différents paramètres de la tumeur (structure cellulaire, rigidité etc). L’étude par IRM du développement d’une tumeur ne peut se faire qu’au niveau de la tumeur dans son micro-environnement et avec ses interactions avec l’organisme entier.
Réduction
Le projet sera fait sur le nombre d’animaux nécessaires afin de conclure de façon fiable statistiquement avec le test approprié (comparaison de moyennes et analyse de courbes d’espérance de vie) à l’efficacité du traitement tout en ayant une bonne prise tumorale. 32 souris seront utilisées et réparties en quatre groupes de 8 souris. Pour cette étude d’efficacité de nouvelles molécules sur un modèle de cancer colorectal complexe de part son implantation directement au niveau de l'organe, un effectif de 8 souris par groupe sera utilisé afin de pouvoir être capable d'observer une efficacité d'inhibition du volume tumoral de 25% du composé si cela vient à se passer. Pour chaque groupe, les volumes de tumeurs prélevées à la fin de la procédure seront analysées afin de confirmer les données obtenues par IRM et limiter les anomalies d’analyses pour des études futures utilisant l’IRM. Le recours à l’imagerie pour le suivi tumoral évite l’ouverture ou la mise à mort de l’animal pour visualisation direct de la tumeur, et donc une diminution du nombre d’animaux expérimentés.
Raffinement
Pendant 7 jours avant la mise en place du protocole les souris seront acclimatées aux expérimentateurs du projet afin de limiter leur stress. Toutes les précautions seront prises pour détecter et minimiser la souffrance, la douleur et le stress des animaux (observation quotidienne, pesée des animaux, traitement antalgique si besoin). Les animaux auront accès à de la nourriture humide en cas d'amaigrissement. Des prélèvements de tumeurs en point final seront réalisés pour pouvoir obtenir le maximum d’informations des animaux utilisés. Concernant l’acte de chirurgie, les animaux seront traités avec un antidouleur avant la chirurgie qui se fera sous anesthésie gazeuse moins invasif et pour un réveil moins difficile. Le personnel est formé à la chirurgie quant à la mise en place du modèle et notre partenaire quant à la réalisation de l’IRM et l’administration des traitements. Afin d’éviter des transports réguliers tous les deux jours minimum des souris, les animaux seront transportés une fois avoir récupérés de la chirurgie pour une période d’acclimatation.
Choix des espèces
La souris immunocompétente est un modèle de choix pour ce type d’étude car il existe un large panel de tumeurs murines représentatives de différentes indications oncologiques, ce qui n’est pas le cas chez les autres espèces de rongeurs de laboratoire. Les souris seront âgées de 6 semaines, car la prise tumorale est meilleure sur les individus jeunes, ce qui permet de diminuer le nombre d’animaux à utiliser.
Dexmedetomidine: nouvel agent anti-tumoral contre le mélanome
- Recherche fondamentale
- Oncologie
160 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. On leur greffe un mélanome par injection de cellules sous anesthésie, puis on administre un anesthésique testé comme agent anti-tumoral et on réalise des prélèvements de sang. Le porteur affirme que l'étude des interactions entre traitements et système immunitaire rend "indispensable" le recours à un "organisme vivant entier". Les retombées annoncées, un possible usage en chirurgie du cancer chez l'humain, restent au conditionnel.
Objectifs
Des études rétrospectives ont suggéré un possible rôle anti tumoral des anesthésiques après observation d’une diminution de récidives métastasiques et une meilleure survie chez les patients ayant reçu ces produits. Le but du projet est donc d'étudier si un anesthésique utilisable en chirurgie oncologique induit une réponse anti-tumorale in vivo en diminuant la croissance tumorale. C'est aussi de démontrer si les effets antitumoraux de cet anesthésique peuvent être potentialisés par les traitements anti-cancéreux conventionnels et en fin de démontrer si cet anesthésique diminue le stress glucocorticoïde. Le dernier objectif est de démontrer si les effets anti-tumoraux médiés par cet anesthésique, s'ils existent, impliquent une réponse du système immunitaire.
Bénéfices attendus
Démontrer si l'anesthésique étudié pourrait être un nouvel agent anti-tumoral in vivo. Ce résultat pourrait amener à des essais cliniques randomisés contrôlés chez l'homme car actuellement cet agent est utilisé comme complément analgésique per-opératoire et n'a aucune recommandation spécifique en chirurgie oncologique
Procédures
Génération de tumeurs après injection de cellules sous anesthésie générale (1 fois, durée 5 minutes) -traitement par injection (1 fois, durée 1 minute) -prélèvements sanguins sous anesthésie (2 fois, durée 3 minutes) -
Impact sur les animaux
Greffe et croissance de tumeurs : gêne physique légère à modérée. Injections: stress et contrainte temporaire et légère.
Devenir
Les animaux seront euthanasiés pour des analyses en cytométrie, biologiques ou histologiques.
Remplacement
Les effets des traitements anticancéreux seuls ou en association impliquent des processus multiparamétriques avec des sécrétions humorales et des répercussions immunitaires non modélisables ailleurs que dans un être vivant entier (échnge de cellules et d'information (humorales) entre les différents organes et tissus de l'organisme). On ne peut donc se contenter de l'étudier uniquement in vitro, il est indispensable d'avoir recours à un organisme vivant entier. Notre hypothèse est que l'association de la dexmedetomidine aux traitements anticancéreux conventionnels potentialiserait la réponse anti-tumorale. L'utilisation d'animaux vivants est donc indispensable pour étudier l'immunité et l'efficacité des traitements combinés sur la réponse anti-tumorale. La compréhension de cette potentialisation et sa reproduction in vivo ouvriraient la possibilité d'associer systématiquement ces agents au cours des chirurgies oncologiques chez l'homme afin de diminuer le risque de récidives grâce à une destruction potentialisée des cellules tumorales résiduelles.
Réduction
Pour la réalisation de ce projet, nous utiliserons des groupes de souris déterminés en nombres par calcul de puissance et pour permettre une évaluation statistique solide des effets analysés. Nous regrouperons les expériences dans le but de réduire le nombre d'animaux contrôles. Les résultats seront analysés selon des méthodes de statistiques non paramétriques.
Raffinement
Les animaux seront acclimatés pendant une semaine avant le début des expériences puis suivis quotidiennement. Le poids des souris et les tumeurs seront mesurés plusieurs fois par semaine lors de l'expérience de croissance tumorale. Concernant l'enrichissement du milieu, les animaux disposeront de nids (sizzlenests), de tunnels en carton. Le stress des animaux sera évalué quotidiennement par des échelles d'hétéroévaluation. Des mesures seront prises pour limiter le stress: plusieurs souris par cage pour un hébergement en groupes sociaux, animaux hébergés au calme. Les interventions seront réaliséés sous anesthésie générale à l'écart des animaux hébergés et par des personnes expérimentées. Des points limites ont été définis et seront strictement appliqués.
Choix des espèces
Nous souhaitons prouver l'efficacité d'une association de traitements anti-cancéreux afin d'augmenter la réponse antitumorale chez l'homme qui est un mammifère. Avant de passer à des études cliniques, il est absolument nécessaire de réaliser des études pré-cliniques sur le modèle mammifère afin de tester notre hypothèse mais également afin de vérifier l'absence de toxicité qui pourrait être majorée par l'association de traitements. Le modèle souris est le modèle mammifère de choix en oncologie préclinique. Souris adultes de 6-8 semaines. Les tumeurs murines générées sont des tumeurs survenant chez l'adulte, mimant la population de patients.
Phénotypage d’un nouveau modèle murin transgénique de la mutation KCC2 trouvée chez l’homme et liée à un trouble neurodéveloppemental.
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
3 616 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dont 140 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Porteuses de mutations reproduisant un cas familial de trouble autistique, elles subissent des crises déclenchées par un gaz convulsivant, des injections, une ablation de phalange et des tests comportementaux en labyrinthe, y compris sur des souriceaux. Le porteur décrit des points limites entraînant la mise à mort, et une lidocaïne appliquée avant les injections sous-cutanées. Les bénéfices annoncés se limitent à comprendre le mécanisme et à présélectionner des composés candidats.
Objectifs
L’objectif final de ce projet est de comprendre les mécanismes physiologiques, cellulaires et moléculaires responsables des troubles du spectre autistique (TSA) et de mettre au point des traitements thérapeutiques efficaces pour les patients atteints de TSA. Une théorie récente stipule que les perturbations de l'homéostasie neuronale des ions chlorure sont l'un des principaux facteurs contribuant à la formation de la pathologie, mais il n'existe pas de preuves directes de cette théorie. Récemment, un groupe de cliniciens du CHU-Lyon a identifié une famille (ci-après dénommée Dylan) comptant quatre enfants atteints de TSA associés à deux variants faux-sens (ci-après dénommés "D1" et "D2") dans le gène SLC12A5, hérités chacun d'un des parents. La mère et le père, qui ne portent chacun qu'une seule mutation (D1 et D2, respectivement), ne présentent aucune pathologie évidente. Le gène SLC12A5 code pour le co-transporteur potassium-chlorure KCC2 qui contrôle dans les neurones la concentration intracellulaire de chlorure. Notre hypothèse est que les mutations D1 et D2 du gène SLC12A5, lorsqu'elles sont combinées dans un organisme, modifient l'activité du transporteur KCC2 et changent la concentration de chlorure dans les neurones. Pour vérifier cette hypothèse et étudier les mécanismes moléculaires conduisant aux TSA, nous avons créé deux souris transgéniques imitant le génotype des parents de Dylan. La souris ressemblant à la mère porte dans un allèle la mutation D1 et la souris ressemblant au père porte la mutation D2. L'objectif du projet est de générer une souris ressemblant au patient, en combinant les mutations D1 et D2, et d'étudier le phénotype de cette souris. En particulier, nous nous concentrerons sur l'analyse du métabolisme neuronal, de l'activité du réseau neuronal et du comportement animal. Une fois caractérisés, ces paramètres seront utilisés pour cribler des composés ciblant KCC2 et visant à atténuer les symptômes des TSA.
Bénéfices attendus
Compréhension du mécanisme de formation des TSA dépendant du KCC2 et présélection de composés diminuant la gravité des symptômes des TSA.
Procédures
Il y aura deux types de traitements nocifs. Le premier comprend un traitement au gaz flurothyl produisant des convulsions. Le but de ce traitement est de vérifier si les souris transgéniques D1/D2 expriment une plus grande susceptibilité à générer des crises (trois patients Dylan sur quatre ont des crises spontanées), 140 souris. Traitement pendant 3 à 5 minutes. Le deuxième traitement susceptible de produire un effet nocif est la procédure d'injection sous-cutanée du composé anti-leptine. Le composé anti-leptine a montré une grande efficacité pour traiter certaines pathologies chez l'homme et réduire la sévérité de la pathologie dans le modèle murin du symptôme RETT. Dans le présent projet, le traitement anti-leptine sera utilisé pour déterminer son efficacité curative potentielle sur la souris D1/D2. 400 souris, trois injections aux âges postnataux de 8, 12 et 16 jours.
Impact sur les animaux
Les animaux seront sujets de différents traitements qui peuvent causer de la douleur ou d'autres effets indésirables : i) douleur et nuisance causées par la phalangectomie et/ou par les injections sous-cutanées d'un composé anti-leptine. La phalangectomie et les injections sous-cutanées seront effectuées à l'aide d'instruments chirurgicaux correspondant le mieux à la procédure donnée et destinés à entraîner l'effet indésirable le plus court possible. Après les manipulations, les animaux seront examinés pour détecter des changements de comportement, de mobilité et de perte de poids. Dès les premiers signes d'effets indésirables les animaux seront euthanasiés. ii) crises tonico-cloniques produites par l'exposition au flurothyl, un gaz convulsivant. Après l'exposition au flurothyl, toutes les souris seront euthanasiées. iii) les nuisances causées par le retrait des souriceaux de la portée pour les tests comportementaux. Les cages contenant les portées seront placées dans la salle d'expérimentation 20 minutes avant le début de l'expérience. Les souriceaux seront délicatement pris et manipulés pendant le temps le plus court possible par le technicien expérimenté. Le même technicien pour le même type d'expériences (mesure du poids, tests ultrasoniques, autres repères de développement...). iv) les nuisances causées par les tests comportementaux appliqués à des souris juvéniles (>20 jours). Les animaux seront manipulés quotidiennement dans la salle d'expérimentation par le même technicien afin de les habituer à l'expérimentateur et au dispositif expérimental. Pendant l'expérience, l'animal sera placé dans le labyrinthe expérimental pendant une durée bien définie. Avant et après l'expérience, tous les animaux auront un accès illimité à l'eau et aux aliments et seront hébergés dans des cages ventilées avec une température et un cycle de lumière jour/nuit contrôlés.
Devenir
À la fin de toutes les procédures, tous les animaux seront euthanasiés afin de disséquer les cerveaux pour des analyses biochimiques et histologiques.
Remplacement
Le projet a pour objectif de comprendre les origines de l'incapacité sociale et l'organisation du réseau neuronal dans le modèle de souris du cas humain d'autisme, avec la perspective de développer un traitement. Les études que nous proposons portent sur l'organisation des réseaux neuronaux et le comportement animal, lesquels ne peuvent être reproduits dans des modèles de cultures neuronales ou lignées cellulaires in vitro.
Réduction
Pour réduire le nombre d’animaux utilisés, lorsque cela sera possible, chaque animal servira à plusieurs évaluations comportementales et/ou ex-vivo. Les tâches proposées permettent d’évaluer les animaux sur plusieurs paramètres (comportementaux et ex-vivo (électrophysiologiques ou biochimiques ou histologiques), réduisant ainsi le nombre d'animaux nécessaires. Pour les enregistrements électrophysiologiques, 3 chercheurs seront mobilisés. Pour les analyses biochimiques et histologiques plusieurs protéines et/ou ARN seront étudiés par échantillons prélevés et par animal. Pour les expériences d’électrophysiologie, nous enregistrerons plusieurs cellules par tranche, plusieurs tranches par animaux, ce qui permettra d’avoir une puissance statistique importante. Les tests statistiques utilisés seront non-paramétriques, adaptés aux petits échantillons.
Raffinement
Un raffinement sera rigoureusement appliqué tout au long de la procédure d'étude, en commençant par le mode d'hébergement et d'élevage, en poursuivant par les manipulations expérimentales avec les animaux et en terminant par l'exploitation optimale des données expérimentales. L'hébergement se fera dans l'animalerie INMED récemment rénovée, avec une température contrôlée et un cycle jour/nuit inversé. Les animaux sont élevés dans des cages ventilées comprenant des éléments d'enrichissement et avec un accès illimité à la nourriture et à l'eau. Les animaux sont habitués à être manipulés par l'expérimentateur et sont habitués avec le matériel destiné aux études de comportement. En particulier, trois jours avant le début des expériences de comportement, la souris sera placée quotidiennement dans l'arène expérimentale pour s'habituer. Par la suite, au cours de la journée expérimentale, le même expérimentateur placera délicatement l'animal dans l'arène et commencera à surveiller le comportement de l'animal par vidéo et audio. Le même jour, une seule tâche sera effectuée avec une souris donnée. Après le test de comportement, l'animal sera remis dans sa cage. Une application de lidocaïne sera réalisée avant les injections sous cutanées pour réduire la douleur. Les animaux (injectés ou non) seront observés quotidiennement pour s'assurer de leur bien-être prenant en compte l'apparence de l'animal, des difficultés respiratoires sévères et prolongées, une léthargie de l'animal (immobile, ne répondant pas aux stimuli), et une prise ou perte de poids excessive (supérieure à 20 % de son poids initial). Les animaux présentant des signes de souffrance seront euthanasiés. L'anesthésie à l'isoflurane (5%) sera utilisée pour minimiser la douleur des animaux avant les manipulations désignées pour isoler le cerveau pour les études post-hoc.
Choix des espèces
Les expériences sont réalisées sur des souris car ces petits rongeurs sont largement utilisés dans les laboratoires de neurobiologie en raison de leur petite taille et de leur cycle de reproduction court. Concernant nos expériences, les souris présentent une organisation morpho-fonctionnelle suffisamment complexe et évoluée pour en tirer des conclusions générales sur la mise en place développementale de la dynamique des réseaux corticaux. De plus, le modèle murin est couramment utilisé en neurosciences rendant nos résultats intéressants pour une large communauté scientifique et permettant de mieux les confronter aux résultats déjà publiés. D'autre part, le modèle souris présente l’avantage d’être très permissif à la transgenèse, c'est donc une espèce privilégiée pour l'obtention d'OGM, elle est facile à élever (reproduction rapide des animaux et conditions requises pour leur stabulation qui sont relativement peu contraignantes) et elle permet une possible application à l'homme des résultats obtenus (proximité physiopathologique avec l’Homme et donc transférabilité des résultats). Le principal sujet d'étude est la souris transgénique D1/D2, un nouveau modèle de TSA imitant le génotype du patient atteint de TSA comorbide avec l'épilepsie. Des études antérieures ont montré que des changements majeurs dans le réseau de la souris ASD-like se produisent au cours du premier mois postnatal. Nous analyserons donc la plupart des paramètres caractérisant le réseau neuronal et le comportement social à différents stades de développement. Les résultats seront ensuite regroupés et comparés pour différentes tranches d'âge (par exemple P6-P8 ; P12-P15 ; P18-P22 ; P28-P32 ; P45-P50).
Effet de composés anti-inflammatoires dans des modèles d’inflammation intestinale chez la souris
- Recherche fondamentale
- Système gastrointestinal
8 032 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, celles destinées aux prélèvements étant tuées et les reproducteurs gardés pour l'élevage. On leur inflige deux modèles de colite chimique provoquant perte de poids, diarrhée et présence de sang dans les selles, avec des gavages quotidiens et des administrations intra-rectales sous anesthésie, pour tester des bactéries et composés anti-inflammatoires. Le porteur indique que ces composés sont d'abord criblés in vitro, mais que la complexité immunitaire rend les modèles cellulaires "pas suffisants". Les retombées annoncées pour les patients atteints de maladies inflammatoires de l'intestin sont placées à court et long terme.
Objectifs
L’objectif final de ce projet est de pouvoir proposer des alternatives ou des compléments aux traitements actuels de pathologies du tube digestif : maladie de Crohn et rectocolite ulcéreuse, qui forment le groupe des MICI (Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin). Les traitements actuels sont encore imparfaits puisqu’ils ne permettent pas une guérison complète. L'un des axes possibles pour améliorer la qualité des traitements est l'utilisation d'éléments capables de moduler la réponse inflammatoire de l'hôte en lien avec son microbiote. Nous cherchons à explorer la piste d'utilisation de bactéries entières, de composés bactériens ou de composés autres (type prébiotique, de natures plus diverses et souvent dérivés de plantes) capables de moduler la composition du microbiote en ce sens. Cette étude nécessite de reproduire l’inflammation liée aux MICI et pour ce faire, nous utiliserons deux modèles d’inflammation intestinale induite par des composés chimiques chez la souris. Le premier génère une inflammation très localisée au niveau du colon. Nous utilisons un protocole que nous déclinons sous forme classique « aigue » ou sous forme chronique (avec une alternance de phases inflammatoires et de phases de rémissions). Le second modèle possède la capacité d’altérer l’intégralité du tractus digestif. Ces deux modèles sont complémentaires vis-à-vis de la diversité des symptômes retrouvés dans les MICI. Les objectifs de ce projet sont de : - Evaluer la capacité anti-inflammatoire de bactéries ou composés bactériens ou de substances anti-inflammatoires dans ces deux modèles d’inflammation. Cette évaluation passera par le suivi de la reprise de poids et par la mesure de plusieurs paramètres. Les substances testées auront toutes été criblées au préalable via des tests in vitro sur cellules, qui auront mis en avant leurs capacités anti-inflammatoires. - Affiner nos connaissances sur les interactions entre hôte/micro-organismes ou composés et plus précisément sur les mécanismes d’actions de potentiels probiotiques ou prébiotiques sur des inflammations intestinales. Le cœur des projets de recherche de notre équipe est l’évaluation des propriétés anti-inflammatoires de composés, à des visées de complémentation pour des patients atteints de MICI. Les procédures décrites ici sont très utilisées au sein de notre équipe et servent pour plusieurs projets scientifiques. Les composés testés sont systématiquement validés in vitro avant d’être testés in vivo.
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus de ce projet seront à court terme de permettre une validation des propriétés anti-inflammatoires de composés dans des modèles murins pré-cliniques. Des études cliniques humaines pourront ainsi être menées par la suite sur ces composés, en cas de résultats probants. A long terme, ces composés pourront ainsi être proposés aux patients atteints de MICI en tant que compléments aux traitements actuels, pour soulager les patients de symptômes liés aux pathologies du tube digestif et améliorer ainsi leur qualité de vie. Un autre bénéfice de ce projet sera une meilleure compréhension des mécanismes d’action des bactéries ou composés bactériens sur l’inflammation intestinale. Cela peut passer par exemple par la mise en évidence de molécules produites par les bactéries testées qui pourront être purifiées et étudiées plus en détail par la suite. Les interactions de ces composés avec l’hôte et plus particulièrement avec le microbiote intestinal pourront également être étudiées, ce qui permettra d’avancer dans la compréhension de mécanismes plus globaux, à l’échelle de l’hôte. Des approches par imagerie sur des animaux vivants seront également mises en œuvre afin de disposer de données supplémentaires.
Procédures
Les animaux seront soumis aux interventions/prélèvements suivants : - Prélèvements de fécès fraiches : sur animal vigile, 7 392 animaux concernés. Un prélèvement = maximum 10 minutes. Pour 2 496 animaux, il y aura des prélèvements quotidiennement sur 14 jours consécutifs (donc 14 collectes pour 2 496 animaux); pour les autres animaux (4 896) ce sera 3 ou 4 collectes en tout. - Gavages : sur animal vigile, 7 392 animaux concernés. Un gavage par jour prévu pour chaque souris sur la durée des procédures. Leurs durées varient entre 4 et 22 jours. Un gavage = 5-10 secondes. - Anesthésies générales: sur animal vigile, 4 896 animaux concernés (une ou deux fois selon le modèle). Une anesthésie = une piqûre réalisée en 15-20 secondes environ. - Administrations intra-rectale : sur animal anesthésié, 4 896 animaux concernés (une ou deux fois selon le modèle). Une administration = 20 secondes. - Anesthésies gazeuses: sur animal vigile, 7 440 animaux concernés (tous les deux jours pendant 5 ou 14 jours, selon le modèle). Une anesthésie = 5 minutes. - Injections sur animal anesthésié : 4 896 animaux concernés 3 fois et 2 496 concernés 8 fois. Une administration = 15 secondes. - Prélèvements de sang : sur animal vigile, 7 392 animaux concernés (concerne une seule fois chaque animal). Un prélèvement = une durée totale de 1 minute environ. - Biopsies à la queue sous anesthésie locale pour génotypage: 640 animaux. Une biopsie = quelques secondes.
Impact sur les animaux
Les nuisances de ce protocole proviennent majoritairement des colites. En effet, les deux produits chimiques induisent une inflammation de l’intestin. Les principaux symptômes attendus sont pour les deux modèles : une perte de poids et des signes cliniques tels que pelage hérissé, posture voûtée, yeux mi-clos. Spécifiquement pour le second modèle : une diarrhée transitoire (2 à 3 jours) et présence éventuelle de sang dans les fécès.
Devenir
Tous les animaux qui doivent subir des prélèvements d'organes/tissus seront mis à mort. Les animaux reproducteurs seront gardés en vie.
Remplacement
A l’heure actuelle, l’étude in vitro des effets de bactéries, de composés bactériens ou d’autres substances sur l’inflammation intestinale comporte encore des limites. Des modèles cellulaires existent et sont bien décrits : ils seront d’ailleurs utilisés en amont de notre projet pour effectuer un premier criblage de composés candidats (lignée cellulaire en monocouche et/ou organoïdes intestinaux). Cependant, ces modèles in vitro ne reflètent pas de manière idéale la complexité des interactions entre le microbiote intestinal et les bactéries ou composés candidats. L’intérêt d’un modèle in vivo est également d’étudier la réponse du système immunitaire de l’hôte à l’administration de ces bactéries ou composés bactériens. Malgré le fait que certains paramètres peuvent être évalués à partir de modèles in vitro, la complexité des mécanismes immunitaires chez l’hôte fait que ces modèles in vitro ne sont pas suffisants pour permettre de valider des composés ayant pour visée une complémentation chez l’humain.
Réduction
Les bactéries ou composés bactériens testés seront issus d’un programme de criblage in vitro au préalable. Ces criblages auront pour but d’identifier des composés potentiellement intéressants. Ainsi seuls les composés les plus prometteurs sont envisagés pour un test in vivo. Par ailleurs, nous utilisons toujours une approche statistique pour déterminer la taille de nos groupes en fonction de l’intensité des effets que nous souhaitons mettre en évidence et des données déjà disponibles. Pour les analyses, nous effectuerons des tests statistiques de comparaison adaptés à nos effectifs et à nos questions. D’autres types de tests pourront également être menés, notamment pour les analyses de microbiotes où des procédures dédiées existent.
Raffinement
Les animaux sont hébergés à plusieurs afin de ne pas les exposer à un stress lié à l’isolement. Les quelques fois où les animaux seront séparés pour être manipulés ne représentent qu’un temps très court (10 minutes maximum), pour la récupération de fécès dans des pots. Nous incluons des enrichissements dans les cages : cellulose à déchiqueter et permettant la nidification, bâtons à ronger, maisonnettes en carton (sans encre). Les sondes de gavages sont en plastique souple et fin, à bords arrondis et de taille adaptée pour empêcher les blessures et réduire l’éventuelle douleur. Les manipulateurs maitrisant les gestes, le temps d’intervention et donc le stress seront réduits. Nous utiliserons des anesthésies adaptées en temps et aux besoins des essais. Lors des anesthésies impliquant un temps d’endormissement supérieur à 15 mn, un gel oculaire sera appliqué pour prévenir le dessèchement des yeux des animaux. Des pads chauffants seront également placés sous les cages pour maintenir la température corporelle des animaux pendant l’anesthésie. Des tapis chauffants électriques pourront aussi être utilisés. Des points limites adaptés sont définis afin de réduire au maximum la douleur ressentie par les animaux.
Choix des espèces
La souris est une espèce de référence en nutrition, toxicologie, cancérologie et immunologie. Elle est par ailleurs un modèle d’étude très largement utilisé dans le cadre de l’étude de pathologies inflammatoires intestinales, notamment car il est possible d’induire une colite chez la souris dont les réponses cliniques, tissulaires et immunitaires générées sont comparables à celles observées chez l’humain. Les animaux sont utilisés à un âge de 6 à 12 semaines. Cet âge constitue un point d’ancrage pour les comparaisons avec les données disponibles dans la littérature et nos propres données. De plus, les souris adultes possèdent un système immunitaire mature, ce qui est essentiel pour étudier les effets anti-inflammatoires de nos produits.
Suivi de la biodistribution et de la toxicité de liposomes chez la souris gestante
- Recherche fondamentale
- Autre recherche fondamentale
- Oncologie
78 souris femelles gestantes vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dont 60 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent des injections, parfois par chirurgie de la veine jugulaire, six séances d'imagerie sous anesthésie et une ponction cardiaque terminale, pour suivre la distribution de liposomes destinés à traiter des femmes enceintes. Le porteur indique que les procédures peuvent provoquer des avortements spontanés, et que les fœtus sont tués par décapitation pour analyse. Le recours à un "organisme entier" est présenté comme nécessaire pour étudier la mère et les fœtus.
Objectifs
Le développement de médicaments lors de la grossesse est complexe, car il faut à la fois éviter le passage des médicaments du côté du bébé et les concentrer au niveau du placenta pour limiter les effets secondaires chez la mère. Ainsi ce projet s’articule autour du développement de médicaments de tailles nanométriques, qui sont fabriqués pour aller spécifiquement dans le placenta.
Bénéfices attendus
Développement de nouvelles stratégies thérapeutiques disponibles pour la femme enceinte.
Procédures
Tous les animaux vont être soumis à des interventions suivantes : une seule injection dans la veine de la queue (30 secondes), la souris étant maintenue dans une cage de contention sur une durée totale de 3 minutes, ou injection dans la veine jugulaire qui nécessite une chirurgie (durée 30min), 6 séances d’imageries sous anesthésie générale d'une durée totale de 10 minutes au maximum par séance, une anesthésie profonde avant de procéder au prélèvement sanguin sur les animaux endormis par ponction cardiaque (geste d’une durée d’une minute environ). Les animaux seront ensuite mis à mort dans la même anesthésie. La durée de l'anesthésie et du prélèvement sanguin est d'environ 3-4 minutes par animal. Les embryons seront mis à mort par décaptitation pour l'analyse de ceux-ci.
Impact sur les animaux
La pose de cathéter au niveau de la veine jugulaire nécessite une chirurgie sous anesthésie. Ce projet utilise des femelles gestantes, les procédures pourraient induire des avortements spontanés.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de chaque procédure pour collecter des tissus qui seront analysés pour déterminer la distribution et la toxicité éventuelle des molécules utilisées sur ceux-ci. Les foetus sont euthanasiés pour évaluer la toxicité des molécules utilisées et s’il y a présence de ces molécules dans les tissus fœtaux ou non pour évaluer un potentiel passage des molécules à travers du placenta.
Remplacement
Nous avons préalablement évalué plusieurs formulations par des expériences réalisées en laboratoire pour ne tester chez l’animal, que les formulations optimales. Il nous est nécessaire de disposer d’un organisme entier, car nous souhaitons étudier les effets de l’administration de nos molécules lors la grossesse sur la mère et les bébés. Nous ne disposons pas de méthode alternative permettant de répondre à ces questions.
Réduction
Ce projet a été mis en place en réduisant autant que possible la taille des groupes expérimentaux. Nous utiliserons des tests statistiques afin de définir le nombre minimum d'animaux à étudier pour mettre en évidence les effets de l’administration de nos molécules lors la grossesse. Ainsi, pour l’étude pilote 3 femelles non gestantes par condition seront utilisées. Nous utilisons une technique d’imagerie optique, non invasive, pour évaluer le profil de distribution en fonction du temps. Cela permet de faire plusieurs mesures sur un même animal et donc in fine de réduire le nombre d’animaux utilisés. En effet, il ne sera plus nécessaire d'euthanasier l’animal pour localiser les molécules fluorescentes puisque leur localisation peut être évaluée en fonction du temps, grâce à l’utilisation de l’imagerie. Pour la deuxième partie des groupes de 15 souris gestantes par conditions seront suffisants.
Raffinement
Les animaux seront placés dans les conditions optimales d’hébergement et auront accès illimité à l’eau et à la nourriture. Les examens d’imagerie seront réalisés sous anesthésie générale. La souris est placée sur un tapis thermostaté pendant l’imagerie. De plus, elle sera placée dans une cage thermostatée le temps du réveil et de la récupération post examen d’imagerie. Des points limites généraux avec l’établissement d’une grille d’évaluation regroupant les critères relatifs au bien-être tout le long de l’étude ont été établis, surveiller l’état général de l’animal, son apparence, son comportement, révélateurs du niveau de douleur. Des antalgiques sont prévus en cas de nécessité et un niveau de douleur trop élevé entraînerait l'euthanasie anticipée de l'animal.
Choix des espèces
Nous souhaitons évaluer, la distribution des molécules de tailles nanométriques, dans les différents tissus de l'organisme, après injection. La souris est le modèle le plus approprié de par sa physiologie proche de l’homme ainsi que la grande quantité de données disponibles dans la littérature et au sein du laboratoire. Nous analyserons des souris femelles adultes âgés de 10 semaines au moment de l’injection. Les souris femelles gestantes seront en deuxième semaine de gestation. Cette chronologie de gestation est choisie, car c’est le moment où le placenta est le mieux développé et c’est un moment encore assez éloigné pour ne pas risquer un accouchement prématuré.
Evaluation du potentiel thérapeutique de différentes Nanoparticules en cancérologie
- Recherche fondamentale
- Oncologie
10 800 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dont 9 600 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. On leur greffe des tumeurs du sein ou du mélanome et des métastases pulmonaires, avec des injections répétées de nanoparticules et des séances d'imagerie sous anesthésie, pour sélectionner les particules les plus prometteuses. Le porteur décrit des signes comme la prostration, la détresse respiratoire et des réactions du greffon, et annonce des souris tuées "immédiatement" aux premiers signes. Il expose ses objectifs et bénéfices en quelques lignes, pour un projet portant sur plus de dix mille souris.
Objectifs
L’objectif du projet est de sélectionner les meilleures Nano-Particules (assemblage chimique de très petite taille, inférieur à 1/10 de mm) pour une possible utilisation thérapeutique dans les cancers du sein et du mélanome.
Bénéfices attendus
Il s'agit d'améliorer les traitement des cancers du sein et du mélanome. L'utilisation des meilleures Nano-Particules devrait permettre de réduire les effets secondaires des chimiothérapies actuelles.
Procédures
Injections des Nano-Particules sur des souris anesthésiés, durée 1mn/souris. Imagerie en fluorescence sur des souris anesthésiées, quelques minutes, fréquence 5 fois. Injection de cellules, durée 1mn/souris, 1 fois seulement. Injections des Nano-Particules, sur des souris anesthésiées, durée 1mn/souris, 1 fois seulement. Imagerie en fluorescence sur des souris anesthésiées, quelques minutes, fréquence 5 fois. Injection de cellules, durée 1mn/souris, 1 fois seulement. Injections des Nano-Particules, sur des souris anesthésiées, durée 1mn/souris, fréquence 10 fois. Imagerie en bioluminescence sur des souris anesthésiées, durée quelques minutes, fréquence 7 fois. Injection de cellules, durée 1mn/souris, 1 fois seulement. Injections des Nano-Particules, sur des souris anesthésiées, durée 1mn/souris, fréquence 10 fois. Imagerie en bioluminescence sur des souris anesthésiées, durée quelques minutes, fréquence 7 fois. Injection de cellules, durée 1mn/souris, 1 fois seulement. Prélèvement de sang, sur des souris anesthésiées, 100µl, une seule fois. Injections des Nano-Particules, sur des souris anesthésiées, durée 1mn/souris une seule fois.
Impact sur les animaux
La majorité des effets délétères attendus seront dû à la formation de tumeurs mammaire, de mélanome et de métastases pulmonaires donc avec des signes cliniques comme prostration, troubles du comportement, agressivité, détresse respiratoire, troubles métaboliques. Pour certains modèles, il pourrait y avoir une réaction du greffon contre l'hôte, avec perte de poids, de possible lésions cutanés (irritations, sècheresse localisée). Les effets indésirables potentiels de l'anesthésie sont une irritation des voies respiratoires et une légère tendance au spasme laryngé dû à l’âcreté du produit employé. Les injections répétées pourraient entrainer localement une inflammation.
Devenir
Les animaux ayant subi ces interventions ne pourront pas servir pour d'autres expérimentations et seront mis à mort pour prélèvements.
Remplacement
Il n'existe pas de méthodes alternatives pour remplacer le présent projet. Les études in silico et in vitro ne permettant pas de reproduire la complexité d'un environnement tumoral. Le modèle animal est donc nécessaire pour récapituler les étapes complexes de la progression tumorale.
Réduction
Le nombre d’animaux nécessaire a été déterminé au minimum mais néanmoins suffisant pour pouvoir réaliser une analyse statistique pertinente en tenant compte de la puissance du test statistique qui sera utilisé. De plus l'emploie d'un système d'imagerie en fluorescence et bioluminescence du petit animal permettant un suivi dans le temps pour chaque animal, réduit le nombre d'animal requis et renforce la fiabilité des résultats.
Raffinement
Les protocoles expérimentaux prennent en compte les conséquences l’impact sur la souffrance animale et différents critères ont été établis pour éviter toute souffrance animale. Les animaux ne rentrent en phase d'expérimentation qu'au minimum 15 jours après leurs arrivés. Les animaux sont pratiquement systématiquement manipulés sous anesthésie gazeuse. Quand des procédures d'injections ou de chirurgies sont mise en place, des analgésiques sont administrés. Les souris sont maintenues au minimum de 2 par cage pour maintenir une interaction entre individus. L’environnement d’élevage est enrichi à l’aide de nids et de carrés de cellulose pour garnir ces nids. Si une souris présentait des symptômes traduisant l’apparition d'inconforts (réduction de la réactivité, difficulté de locomotion, fourrure non entretenue, tendance à l'isolement) elle serait euthanasiée immédiatement. Des points limites ont été établis pour éviter toute souffrance animale.
Choix des espèces
La souris est l’espèce animal la plus propice pour ce type d’étude pour les raisons suivantes : • nombreux protocoles bien établis pour cette espèce • possibilité d'avoir accès à des animaux génétiquement modifiés • modèles mimant très bien les cancers mammaires et de mélanomes humain et récapitulent toute la cascade métastatique en peu de temps et ont déjà fait l'objet de nombreuses publications dans le domaine. Ce seront des souris adultes entre 8 et 12 semaines, car les traitements envisagés s'adressent à ce type de population. Des animaux de 5 semaines seront employées pour l'analyse de l'impact des Nano-Particules sur le système immunitaire.
Approche pharmacologique pour la maladie Charcot-Marie-Tooth de type 2A
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
320 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Porteuses d'une forme de la maladie de Charcot-Marie-Tooth, elles reçoivent des injections dans le péritoine six jours sur sept pendant deux mois, subissent des tests de locomotion, de démarche et de sensibilité à un filament appliqué sur la patte, puis une chirurgie terminale. Le porteur indique que ses données in vitro montrent déjà un effet du composé testé, mais qu'un passage in vivo reste une étape "indispensable" avant un essai chez l'humain. Les retombées annoncées pour d'autres formes de la maladie sont renvoyées au long terme.
Objectifs
La maladie de Charcot Marie Tooth (CMT) est une maladie génétique touchant le système nerveux périphérique (SNP). Les patients souffrant de CMT présentent une faiblesse et atrophie musculaire prédominante aux membres inférieurs, des déformations squelettiques des extrémités, ce qui entraine une difficulté pour se mouvoir et pour les formes de CMT les plus sévères, la nécessité d'un fauteuil roulant. Contrairement à la maladie de Charcot (ou sclérose latérale amyotrophique), la CMT ne réduit pas l’espérance de vie des patients, mais affecte fortement leur qualité de vie. Une des formes les plus fréquente de CMT est la forme CMT2A. Les motoneurones des souris modèles de la CMT2A présentent des défauts dans les interactions entre la mitochondrie et le réticulum endoplasmique (RE) ainsi que dans la dynamique et le transport des mitochondries. Le composé Pre-084 promeut les interactions entre le RE et les mitochondries en favorisant notamment le transfert de calcium. Le Pre-084 a déjà montré un effet thérapeutique dans de nombreuses maladies neurologiques liées à des défauts de contacts RE-mitochondries, telle que la maladie d’Alzheimer, la Sclérose latérale amyotrophique ou encore le syndrome Wolfram. Ce projet a pour but de tester une approche thérapeutique basée sur l'administration du composé Pre-084 dans un modèle murin modélisant de la maladie de Charcot-Marie-Tooth de type 2A (CMT2A).
Bénéfices attendus
L'ensemble de ce projet nous permettra de déterminer si le traitement Pre-084 représente une possibilité thérapeutique pertinente pour la CMT2A. A plus long terme ces approches pourront être mise en place pour d'autres formes de CMT et déboucher sur des essais cliniques pour la CMT.
Procédures
160 animaux subiront un traitement par injection dans le péritoine 6 jours sur 7. Les animaux seront contentionnés quelques secondes pour permettre ces injections. 320 animaux seront évalués par des tests de comportement pour mesurer la locomotion, démarche et réponse sensitive. Chaque test sera réalisé sur deux jours (entrainement et test) en incluant des moments de récupération pour les animaux entre chaque essais et entre chaque test (au moins deux jours). 160 animaux subiront une chirurgie terminale ayant pour objectif de réaliser une perfusion de paraformalédhyde.
Impact sur les animaux
Dans le cas de l'approche par voie intrapéritonée, les animaux subiront à l’âge adulte (soit avant soit après apparition des premiers symptômes) des injections dans le péritoine 6 jours par semaine pendant deux mois. Ces injections seront réalisées en quelques secondes (contention et piqûre compris) au moyen de fines seringues à insuline . Ces injections répétées sont généralement bien tolérées, néanmoins il peut apparaitre de petites inflammations locales ou légères irritations. Dans la suite de l'étude, le traitement dans l'eau de boisson ne devrait pas générer d’inconfort. Ce traitement a déjà été utilisé dans plusieurs études et ne provoquent pas d’effets indésirables chez l’animal. Au cours du traitement, les animaux subiront trois tests comportementaux à trois temps (avant, pendant et à la fin du traitement) qui permettent d'analyser la locomotion, la démarche et la réponse sensitive des souris. Seule la mesure de la réponse sensitive entraîne un inconfort de courte durée suite à l’exposition à un filament de 0.5 mm qui vient exercer des forces croissantes sur la patte de la souris.
Devenir
A l'issu des études comportementales l'ensemble des animaux seront euthanasiés afin de déterminer l'effet bénéfique des thérapies proposés au niveau cellulaire sur les tisssus atteints dans la pathologie de Charcot Marie Tooth (CMT)
Remplacement
Il est difficile d'accéder aux cellules de patients du système nerveux périphériques (neurones moteurs et sensitifs et cellules de Schwann). Les neurones moteurs et sensitifs de patients peuvent être différentiés à partir de cellules pluripotentes humaines induites et constituer ainsi un modèle humain de la pathologie CMT pour les formes axonales. Nos données préliminaires ont déjà montré un effet bénéfique du Pre-084 sur un modèle in vitro de la CMT2A. Néanmoins le passage in vivo est une étape indispensable pour établir la preuve de concept et la mise au point de la dose du traitement, sa biodisponibilité, afin d'envisager par la suite un essai thérapeutique chez l'homme.
Réduction
Le nombre d'animaux a été limité au minimum nécessaire (= 20 animaux par groupe) pour mettre en évidence un effet significatif sur des paramètres de locomotion et de sensibilité en se basant sur nos travaux précédents et en prenant en compte un risque alpha inférieur ou égal à 0.05, une puissance de test de 80% et un effet modéré de 30%. Afin de réduire le nombre d'animaux, nous privilégions une étude longitudinale c'est-à-dire que les mêmes groupes d'animaux seront suivis à différents stades (3,4 et 5 mois ou 6,7 et 8 mois selon le début du traitement) afin de suivre à long terme l'effet bénéfique des thérapies. Au total nous utiliserons 320 animaux répartis de la manière suivante selon deux études: Pour l'approche 1 (traitement par injections intra-péritonéale), qui sera réalisée à deux temps: début du traitement (en pré-symptomatique de 3 mois à 5 mois) et début du traitement (en symptomatique de 6 mois à 8 mois). Il y aura (20 animauxX4groupes)X2temps=160 animaux. Le même nombre d’animaux (160) sera utilisé pour l’approche 2. A noter que l’étude 2 (traitement per os) ne sera mise en place que si on obtient un effet bénéfique du traitement dans l’étude 1
Raffinement
Afin d’améliorer le bienêtre animal au cours de notre étude, les besoins physiologiques des animaux seront respectés (nourriture à volonté, enrichissement, stabulation en petit groupe). L’environnement est enrichi à l’aide de maisonnettes en carton. Nous nous assurerons de diminuer le stress des souris en les manipulant en coupe ou en tunnel. Dans le cas du maintien de la lignée, les gestes de biopsies (perçage d’oreille) seront couplés à l’identification afin de limiter leur manipulation et gestes invasifs. Dans le cas d'apparition des petites inflammations locales ou légères irritations suite aux injections intra-péritonéales répétées, nous privilégierons soit une injection du côté opposé de l’abdomen, soit nous laisserons l’animal sans traitement quelques jours le temps de récupérer ou d’être soigné au besoin (Povidone Iodée- Vétédine®). Au cours des tests, nous mettons en place des temps de repos entre chaque essai pour limiter l’inconfort de l’animal. Des points limites seront définis et les animaux seront mis à mort lorsqu’ils atteindront les critères d’interruption.
Choix des espèces
La souris reste un des modèles les plus aisés à modifier génétiquement et proche de l'homme (99% des gènes sont homologues). Elle est l'espèce la plus utilisée pour modéliser des maladies neurodégénératives ou neuromusculaires telles que la CMT. Elles développent la plupart du temps des anomalies observées chez l'homme et ont permis de mieux comprendre les mécanismes cellulaires sous-jacents à ces pathologies. Dans notre cas, la lignée utilisée pour la CMT2A reproduit une partie des anomalies histologiques et comportementales observés chez les patients souffrant de CMT2A telles qu'une dénervation musculaire et des défauts locomoteurs et sensitifs modérés. Pour les deux études, les traitements seront réalisés à deux temps: avant (3mois) et après le déclenchement de la maladie (5mois) afin de déterminer si l'effet du traitement permettra d'empêcher le développement de la maladie et/ou de la ralentir une fois celle-ci déclarée. L'ensemble des groupes de souris de ces études seront suivis pendant les deux mois de traitement (soit de 3 à 5 mois ou de 6 à 8 mois).
Nouveau modèle non-Invasif d’infarctus du myocarde et d’ischémie reperfusion chez la souris
- Recherche fondamentale
- Système cardiaque
112 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. On leur provoque un infarctus du myocarde par deux techniques présentées comme moins invasives, puis on suit leur cœur par échographie, pour réduire la variabilité des modèles chirurgicaux existants. Le porteur indique que la douleur liée à l'infarctus est maximale pendant vingt-quatre heures et qu'un analgésique est alors administré. Les bénéfices annoncés, des thérapies plus efficaces contre l'infarctus chez l'humain, restent à démontrer.
Objectifs
Malgré les progrès des traitements interventionnels et pharmacologiques des infarctus du myocarde (lorsqu’une artère coronaire irriguant la paroi cardiaque se bouche), les cardiopathies qui en résultent restent la principale cause de décès dans le monde. Il y a donc nécessité à continuer la recherche dans ce domaine pour optimiser les traitements et sauver des vies. Étant donné la complexité du cœur qui assure une fonction de pompe pour le système circulatoire qui s’adapte à la demande de l’organismes et la pression artérielle et dont la régulation du rythme est contrôlée par un système neuro-hormonal complexe, les modèles animaux sont indispensables pour cette recherche, aucun système in vitro ne pouvant reproduire cette complexité. Le modèle rongeur est le plus utilisé. Le modèle actuel est basé sur la technique chirurgicale sous anesthésie qui induit un infarctus du myocarde. De multiples variables affaiblissent le pouvoir translationnel de la méthode. Bien que de nombreuses tentatives aient été faites pour améliorer cette technique en réduisant au minimum la taille de l'incision, la variabilité dans un même groupe d'animaux et entre différents groupes est restée significativement élevée. Cette incohérence est probablement attribuée aux détails techniques de la procédure chirurgicale, ce qui entraîne une diminution de l'efficacité et un manque de reproductibilité des résultats. L'étude présente vise à produire deux modèles non invasifs. Ces deux méthodes utiliseront des souris de type sauvage.
Bénéfices attendus
L'objectif principal de ce projet est de développer des techniques innovantes et transposables à l’homme pour étudier le remodelage indésirable du tissu du cœur après infarctus. Ce projet améliorera les méthodes conventionnelles en améliorant la qualité de la chirurgie effectuée pour induire un infarctus en limitant l'intubation, les saignements, la taille de la plaie, l’inflammation et d'autres facteurs. Les techniques proposées réduiront considérablement la variabilité dans un seul groupe d'animaux et favoriseront des résultats plus applicable à la situation clinique chez l’homme ou la femme. Ces techniques moins invasives aideront les scientifiques à développer des thérapies efficaces pour l'infarctus du myocarde.
Procédures
L'électraucotérisation : 22 souris SHAM et 22 opérées; durée de l'opération 10 minutes. La magnétisation de nanoparticules: 34 SHAM et 34 opéréés; durée de l'opération 30 minutes. Procédure d’échocardiographie: pour tous les animaux; analyses réalisées en 30 minutes en moyenne.
Impact sur les animaux
L’infarctus du myocarde peut entrainer plusieurs effets indésirables chez la souris. La douleur attribuable à l'infarctus du myocarde est maximale jusqu'à 24 h chez la souris. De plus du fait de l’opération les souris peuvent avoir une difficulté à l’accès à la nourriture ce qui pourrait entrainer une perte de poids. Au moment de l’échographie les yeux des souris peuvent subir une légère déshydratation.
Devenir
Tous les animaux sont euthanasiés en fin de procédure afin récupérer les différents tissus pour des analyses de biologie moléculaire et biochimiques ultérieures.
Remplacement
Le recours à des animaux se justifie par la nécessité d'étudier la fonction cardiaque dans un contexte physiopathologique complexe et multifactoriel impliquant une circulation sanguine. L'utilisation d'animaux se justifie également par l'incapacité d'obtenir une lignée cellulaire stable de cardiomyocytes.
Réduction
Afin de limiter au maximum le nombre d'animaux par groupe une analyse statistique poussée a été réalisée. Le calcul du nombre d'animaux nécessaires pour pouvoir conclure définitivement sur les résultats, est très important car il serait aussi grave de limiter de façon excessive le nombre d'animaux à inclure que d'en inclure un trop grand nombre. Utiliser des animaux pour une expérience qui ne sera pas conclusive par manque d'animaux et donc par manque de puissance statistique est aussi grave qu'en utiliser trop. Pour rentabiliser l’utilisation des animaux à des fins expérimentales, les organes sont prélevés, partagés et congelés pour des expériences de biochimie et de biologie moléculaire ultérieures.
Raffinement
L'opération chirurgicale est induite en respectant au maximum les procédures du bien-être animal et en limitant la souffrance par le respect des méthodes anesthésiques et analgésiques. Après l’échographie l’animal est placé dans une cage propre sous lampe chauffante. Après son réveil complet (environ 10 minutes), il est remis dans sa cage. La douleur propre à l’infarctus étant observé 24 h après opération les souris seront traitées avec un analgésique au cours de cette période. Les yeux sont protégés du dessèchement par un onguent ophtalmique et de la lumière par une compresse humidifiée. Pour faciliter l’accès à la nourriture des boites de gels ou une litière surélevée seront mises en place afin que les souris ne perdent pas trop de poids.
Choix des espèces
Le protocole d'éléctrocoagulation de l'artère coronaire a été publié originalement sur la souris et requiert en effet une sonde ultrasonore de haute fréquence pour la visualisation qui est adaptée à la souris plutôt qu'au rat. Les souris seront opérées à l'âge de 1 ou 2 mois pour avoir la taille minimum pour procéder à la ligature de la coronaire.
Identification et caractérisation préclinique de conopeptides antalgiques (CONIDOL)
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
3 986 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dont 400 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère et 3 020 un niveau modéré. On leur induit des douleurs inflammatoires, post-opératoires, arthrosiques et neuropathiques pour mesurer leur seuil de douleur et tester des peptides tirés de venins de cônes marins. Le porteur indique que la nécessité d'évaluer la douleur empêche de mettre en place un traitement antalgique, les souris atteignant une perte de poids de 20 % ou d'autres points limites étant alors tuées. Les retombées annoncées, de nouveaux médicaments contre la douleur chronique, sont formulées comme une perspective.
Objectifs
La dernière Classification Internationale des Maladies (CIM-11) réalisée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) reconnait enfin la douleur chronique. C’est une avancée importante pour des millions de personnes : on estime en effet à l’échelle mondiale qu’une personne sur 5 souffre de douleurs chroniques, et que 2 personnes sur 3 ne sont pas satisfaites par leur traitement. Les coûts directs et indirects résultant sont importants pour nos sociétés. Face à ce constat, le nombre réduit de molécules antalgiques à la disposition des praticiens et leur ratio bénéfice/risque insuffisant motivent la recherche de nouveaux candidats médicaments. Dans cette quête, les substances d’origine naturelle ont démontré leur potentiel. En particulier, la diversité et l’efficacité des toxines contenues dans les venins de cône marin représentent une opportunité. Le ziconotide, un analogue synthétique de conotoxine bénéficie d'ailleurs d'une autorisation de mise sur le marché en 2004 pour le traitement des douleurs réfractaires à la morphine, mais son utilisation est restreinte en raison d’un mode d’administration contraignant. L'objectif de ce projet est donc d'identifier de nouveaux conopeptides ou d'améliorer des conopeptides connus (optimisation chimique, formulation, mode d'administration) pour le développement d'antalgiques innovants, efficaces et bien tolérés.
Bénéfices attendus
Notre objectif est l'identification et la caractérisation de conopeptides naturels ou modifiés ayant de bonnes propriétés antalgiques tout en étant bien toléré par les animaux. Ces composés pourront devenir des candidats-médicaments et faire l'objet d'études précliniques ultérieures plus approfondies. De plus, le mode d'administration actuel du ziconotide (intrarachidien), seul conopeptide antalgique sur le marché, est risquée et contraignante. Nous nous intéressons particulièrement à cette problématique et évaluerons des modes d'administrations plus sûrs et confortables.
Procédures
486 souris feront l'objet d'une euthanasie (anesthésie sans réveil) pour prélèvement de tissus post-mortem. 120 souris feront l'objet d'enregistrements électrophysiologiques in vivo sous anesthésie générale et terminale. Une inflammation plantaire sera induite chez 1600 souris (injection carragénine) pendant 6h30. Un peptide sera administré chez ces animaux par voie intrapéritonéale, intrathécale, intraplantaire, intra-articulaire ou topique. Une mesure de seuils de douleur sera réalisée chez ces animaux pendant 3h après traitement. 200 souris seront soumises à des tests de locomotion après administration de peptide. Un modèle de douleur sera induit chez 1400 souris (post-opératoire : 24h, arthrose : 7 jours, neuropathique : 14 jours). Le peptide sera administré chez ces animaux le dernier jour et les seuils de douleur des animaux seront suivis pendant 3h. 300 souris seront incluses dans un protocole de pharmacocinétique impliquant des prélèvement de sang, cerveau et peau, qui seront réalisés après euthanasie.
Impact sur les animaux
Les conopeptides n'ont pas de toxicité centrale dû à leur incapacité à passer la barrière hémato-encéphalique. Ils peuvent cependant induire une toxicité périphérique, notamment musculaire ou cardiaque. La toxicité cardiaque sera évaluée chez l'animal anesthésié avant toute administration à un animal vigil. Des échelles de doses seront réalisées pour observer d'éventuelles modifications du comportement et déterminer la tolérance aux produits. Ce projet nécessite l'induction de modèles de douleur neuropathique et inflammatoire. Ces procédures, de fait, constituent une nuisance pour les animaux. Les animaux seront donc euthanasiés immédiatement après l'expérience, dont la durée sera réduite au minimum (fonction du temps nécessaire à l'induction). Seuls des tests comportementaux visant à atteindre le seuil de douleur de l'animal sans le dépasser seront utilisés. Les animaux seront surveillés quotidiennement par l'expérimentateur et si un animal présente une trop forte douleur, un comportement stéréotypé ou anormal, une posture anormale ou une réduction de poids de 20%, celui-ci sera euthanasié.
Devenir
Les animaux seront tous euthanasiés à l'issue des expérimentations car les traitements réalisés ne permettent pas leur réutilisation. De plus, les procédures impliquent l'induction d'un modèle de douleur, ce qui rend leur euthanasie obligatoire en fin d'expérience.
Remplacement
Les peptides seront sélectionnés par une approche in vitro, favorisant l'utilisation de lignées cellulaires et les cellules souches différenciées. Nous utiliserons également des cultures primaires de neurones pour confirmer les résultats obtenus sur les lignées. Ces cultures nécessitent l'euthanasie d'animaux, mais permettent d'obtenir une grande quantité de résultats par animal (42 peptides ou concentrations différentes peuvent-être testés grâce aux neurones obtenus d'une souris).
Réduction
Les expérimentations sont organisées de façon à obtenir des résultats statistiquement exploitables avec le plus petit nombre d’animaux possible. Certaines procédures sont adaptées pour obtenir plus d'information à partir des mêmes animaux (par exemple test de nociception, puis test de sédation et enfin mesure de la température rectale).
Raffinement
Les premiers tests in vivo seront réalisés sous anesthésie (enregistrement de l'activité nerveuse sensorielle périphérique sous anesthésie kétamine/xylazine, 1 mg/kg intrapéritonéal), et couplés à un monitoring cardiaque. Cela permettra de ne tester chez l'animal vigil que les toxines ayant un effet avéré sur l'hyperexcitabilité neuronale et n'ayant pas de toxicité cardiaque. En raison de la nécessité d'évaluer la douleur chez les animaux, nous ne pouvons pas mettre en place de traitement pharmacologique de la douleur. Cependant, afin de prévenir une éventuelle souffrance qui irait au delà du modèle de douleur utilisé, les animaux seront surveillés quotidiennement (Week-end et jours fériés compris) par l'expérimentateur et le personnel de l'animalerie, et euthanasiés si un point limite est franchi. En effet, si un animal présente une trop forte douleur, un comportement stéréotypé ou anormal, une posture anormale ou une réduction de poids de 20%, celui-ci sera euthanasié. Les animaux seront au maximum 6 par cage en respect de la réglementation en vigueur concernant la superficie au sol par souris. De plus, ces cages contiendront un enrichissement de type maisonnette ainsi que du coton pour la constitution d'un nid.
Choix des espèces
Nous avons choisi de travailler sur le modèle souris car c'est sur ce modèle qu'ont été mis au point au laboratoire toutes les techniques d'investigation comportementale et électrophysiologique ainsi que les différents modèles de douleur utilisés. C'est également le modèle pour lequel nous disposons du plus de données dans la littérature. Enfin, notre animalerie est une animalerie petit rongeur concue pour l'hébergement des souris, modèle sur lequel notre personnel a le plus d'expertise. Les animaux utilisés seront des jeunes adultes (8-12 semaines). Si la douleur touche essentiellement des personnes âgées, travailler sur la souris âgée représenterait un risque et surcoût extrêmement important qui mettrait en péril le projet dans son ensemble (coût d'achat d'animaux âgés et surmortalité de ces animaux). L'animalerie et son personnel ne sont pas en mesure d'accueillir à grande échelle des animaux âgés demandant une surveillance et des soins accrus et adaptés. Enfin, les tests et modèles utilisés, comme les données disponibles dans la littérature, concernent sauf cas très spécifiques des animaux jeunes.
Évaluation des propriétés antiépileptiques de composés nouvellement identifiés dans un modèle murin du syndrome de Dravet
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
636 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dont 576 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Porteuses d'une mutation reproduisant le syndrome de Dravet, elles reçoivent des injections, subissent des crises d'épilepsie déclenchées par hyperthermie et des tests comportementaux d'exploration et de nage, pour évaluer trois composés antiépileptiques. Le porteur indique que le modèle entraîne des crises spontanées et une mort subite chez 40 % des souris, qu'il décrit comme survenant "sans aucune souffrance". Il justifie la souris par le fait qu'aucun modèle in vitro ne reproduit les crises d'un "organisme entier", et annonce une transposition possible à l'humain au conditionnel.
Objectifs
Le syndrome de Dravet est une épilepsie génétique sévère qui se développe avant l'âge de 1 an. Outre les crises d'épilepsie, ce trouble se caractérise par des comorbidités comportementales, telles qu'un déficit cognitif et une déficience motrice. Dans 80% des cas, ce syndrome est causé par une mutation d'un gène codant pour un canal sélectif au sodium. Ces canaux sont principalement localisés dans les neurones inhibiteurs du cortex et de l'hippocampe et jouent un rôle clé dans la régulation de leur excitabilité. Plusieurs équipes ont montré que les mutations de ces canaux identifiées chez des patients atteints du syndrome de Dravet provoquaient une hypoexcitabilité des neurones inhibiteurs induisant un déséquilibre excitation/inhibition qui conduit à des crises d'épilepsie. Une grande partie des patients atteints du syndrome de Dravet n'ont pas d'amélioration de la fréquence et de la sévérité des crises avec les traitements pharmacologiques actuels. Les souris reproduisant la mutation humaine ont un phénotype qui récapitule les symptômes observés chez les patients atteints du syndrome de Dravet. Nous allons tester 3 composés qui ont montré un potentiel antiépileptique, réduisant efficacement la fréquence des crises dans un modèle d'épilepsie chez le poisson zèbre. Notre projet de recherche vise à évaluer l'efficacité d'un traitement pharmacologique précoce avec les 3 composés sur le développement de différents symptômes dans un modèle de souris du syndrome de Dravet, confirmant, espérons-le, les résultats prometteurs obtenus à partir d'un modèle de poisson zèbre.
Bénéfices attendus
Nous présentons une nouvelle approche expérimentale, ainsi qu'une nouvelle version de la ligne de traitement existante, l'une ou l'autre pouvant améliorer la résistance aux médicaments observée chez les patients atteints du syndrome de Dravet. La majorité des traitements pharmacologiques actuellement disponibles se sont avérés peu ou pas efficaces dans le syndrome de Dravet. Nos traitements proposés ont déjà montré des résultats prometteurs dans un modèle de poisson zèbre du syndrome de Dravet, réduisant efficacement la fréquence et la gravité des crises. Nous nous attendons à observer un effet similaire dans notre modèle de souris, en testant en outre l'effet du traitement sur les anomalies comportementales, ce qui, dans l'état actuel, n'est pas possible chez les poissons. De plus, si les résultats sont confirmés chez un mammifère comme la souris, le potentiel thérapeutique a plus de chance d'être transférable à l'homme.
Procédures
A 6 jours les animaux sont biopsiés pour analyse du génotype, puis les souris entrent en procédure à l'age de 15 jours. La totalité des souris recevra une injection en intrapéritonéal ou intranasal (durée 3 à 5 s) qui peut provoquer une inflammation locale. 6 groupes de 23 souris mutantes subiront une induction de crise induite par l'hyperthermie. Il s'agit d'une procédure unique qui dure environ 20 minutes et se termine lors d'une crise tonico-clonique généralisée ou lorsqu'elle atteint 43 degrés. La majorité des tests comportementaux, qui seront utilisés sur 363 souris, sont basés sur la tendance naturelle des rongeurs à explorer un nouvel environnement et se feront en une seule séance (5 à 30 min). Un test d'apprentissage qui consiste à faire nager les souris pendant au maximum 1 minute est réalisé sur 5 jours.
Impact sur les animaux
Nous utiliserons une lignée de souris avec une modification génétique du gène codant pour un canal sodium qui provoque des crises tonico-cloniques spontanées à partir de l'âge de 3 semaines environ. Ces crises peuvent provoquer une mort subite chez 40% des animaux sans aucune souffrance (cette mortalité est également observée chez les enfants atteints du syndrome de Dravet). Les crises durent peu de temps (entre 20 et 30 s) et les souris récupèrent rapidement (2 à 5 min). En d'autres termes, les souris reprennent lentement conscience et recommencent à bouger sans aucun signe de douleur (pas de posture, de cri ou d'expression faciale de douleur). La fréquence moyenne des crises spontanées dans ce modèle de souris est de 1 crise tous les 2 jours.
Devenir
Toutes les souris prévues pour les procédures seront euthanasiées car elles ne peuvent pas être réutilisées dans une autre procédure à cause des effets possibles des molécules injectées .
Remplacement
L'utilisation d'un modèle animal in vivo mimant le phénotype clinique observé chez les patients atteints du syndrome de Dravet est cruciale pour l'objectif de notre projet qui est de tester l'efficacité de nouveaux traitements pharmacologiques sur l'ensemble des symptômes (épileptiques et non épileptiques) qui surviennent dans ce syndrome. Aucun modèle in vitro ne peut récapituler les réponses d'un organisme entier en terme de crises d'épilepsie et leurs conséquences sur le comportement.
Réduction
Nous avons minimisé le nombre d'animaux nécessaires dans chacune des procédures tout en nous assurant d'en avoir suffisamment pour faire l'analyse statistique de nos expériences (analyse de puissance a priori). Dans toutes les procédures, nous comparerons les souris mutantes avec les souris controles des mêmes portées. Dans toutes les procédures, nous utiliserons des femelles et des mâles issus des mêmes portées.
Raffinement
Nous prendrons toutes les mesures d'affinement appropriées pour éviter toute souffrance ou inconfort pour l'animal (anesthésie pendant les procédures et analgésie post procédure si nécessaire). Une grille de score permettra le suivi et la mise en place d'actions correctives en cas d'anomalie et les points limites. Ainsi, toutes les souris seront élevées dans un environnement enrichi (social et physique) et nous manipulerons les animaux régulièrement pour réduire leur stress. L'induction des crises spar hyperthermie e fera une fois que les animaux se seront habitués à l'équipement et ils seront refroidis à la fin de l'expérience. Enfin, les souris mutantes ayant des crises tonico-cloniques spontanées, nous porterons une attention particulière aux critères de poids, de stress et d'hyper-réactivité comme le suggèrent les NC3Rs pour les modèles d'épilepsie avec crises spontanées.
Choix des espèces
Le modèle de souris portant une mutation humaine est très informatif car 1) les animaux présentent des symptômes quasiment identiques à ceux des humains et dans la même gamme d'âge, nous utiliserons les animaux à l'âge de développement de l'épilepsie et d'apparition des symptômes (entre 21 et 30 jours), 2) les animaux issus de la même portée mais sans la mutation sont d'excellents controles. La souris est une espèce très intéressante pour les expériences de comportement car ce sont des mammifères qui ont des capacités d'apprentissage, et pour l'observation des crises d'épilepsie car elles sont courtes et indolores comme chez les humains.