Les questions parlementaires

Évaluation toxicologique sur cellules humaines

expérimentation animale

Question écrite n° 67283, Assemblée nationale, 14 juin 2005

Le résumé de l'OXA

Le député demande au ministre de la santé s'il proposera de remplacer l'évaluation du risque toxique fondée sur les animaux par des diagnostics sur cellules humaines.

1 demande : réponse partielle à 1.

  1. Si le ministre envisage de proposer que l'évaluation du risque toxique, fondée surtout sur des animaux, soit remplacée par des diagnostics toxicologiques sur cellules humaines.

    Réponse partielle La réponse dit qu'il n'est pas possible de tout remplacer en l'état des connaissances et décrit les actions de l'AFSSAPS, sans dire si le ministre proposera ce changement.

Les erreurs de la réponse

  • "Cette directive est actuellement en cours de transposition" : Réponse publiée en mars 2007 ; selon la réponse de la Commission à E-3520/04, la France ne figurait pas au 17 décembre 2004 parmi les neuf États qui n'avaient pas notifié la transposition de la directive 2003/15/CE.

La fiche

Thèmes : méthodes sans animaux, médicaments et vaccins, substances chimiques et toxicologie

Auteur
M. André Schneider (Union pour un Mouvement Populaire, Bas-Rhin (3e circonscription))
Ministère interrogé
santé et solidarités
Rubrique
Animaux
Question publiée
au Journal officiel du 14 juin 2005
Réponse publiée
au Journal officiel du 13 mars 2007
Statut
Réponse publiée
Sources

La question

(Question écrite n° 67283 de M. André Schneider, Assemblée nationale, JO du 14 juin 2005)

M. André Schneider attire l'attention de M. le ministre de la santé et des solidarités sur le développement de la toxicologie moléculaire et cellulaire. Cette science moderne et efficace utilise des cultures de cellules humaines et non des « modèles » animaux à des fins de recherche pour l'homme. L'évaluation de la toxicité des médicaments par exemple mériterait d'être réalisée dans un cadre éthique plus élaboré que celui que présentent les tests sur les animaux. Il lui demande donc s'il envisage de proposer de modifier l'évaluation scientifique du risque toxique sur la santé actuellement fondée en majeure partie sur l'expérimentation sur les animaux pour la remplacer par une méthode de diagnostics toxicologiques solides directement élaborés à partir de cellules humaines.

La réponse

(Réponse du ministère : santé et solidarités, JO du 13 mars 2007)

Les autorités de réglementation au niveau national et européen prennent en compte la nécessité de remplacer les tests in vivo dans le contrôle des produits de santé. Toutefois, la démarche visant à substituer une méthode in vivo par une méthode in vitro nécessite des étapes préalables de validation longues et complexes après des études collaboratives inter-laboratoires. Par ailleurs, la recherche a progressé mais, en l'état actuel des connaissances scientifiques, il n'est pas possible de remplacer toutes les expérimentations menées in vivo. En ce qui concerne les tests qui sont réalisés par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) dans le cadre de son activité de contrôle des produits de santé, ses laboratoires ont recours aux animaux uniquement lorsque les nécessités de contrôle, voire la réglementation européenne, ne permettent pas de procéder autrement. L'utilisation des animaux est ainsi essentiellement limitée aux contrôles d'activité et de sécurité des vaccins dans le cadre de la procédure européenne de libération des lots par l'autorité nationale. En outre, l'AFSSAPS s'est engagée sur des actions concrètes visant à réduire le recours à l'animal de laboratoire. Ainsi, une équipe a été constituée dans le but spécifique de développer de nouvelles méthodes de contrôle in vitro des produits de santé. Parallèlement, la création d'une plate-forme nationale pour le développement des méthodes alternatives est actuellement à l'étude, l'AFSSAPS ayant choisi de jouer un rôle moteur dans ce projet aux côtés des nombreux intervenants impliqués (ministère de la recherche, INSERM, CNRS, Agence française de sécurité sanitaire environnementale, industriels du médicament, des cosmétiques et de la chimie). Ce projet devrait permettre aux acteurs nationaux de s'impliquer davantage dans le développement des méthodes alternatives à l'animal, de trouver une structure de coordination et de support et de permettre de développer de telles méthodes en partenariat avec des équipes de l'ensemble des États membres de l'Union européenne. Le débouché vers des sources de financement européens serait facilité, le coût de la validation des méthodes alternatives étant important. Par ailleurs, le recours à d'autres méthodes alternatives impliquant un nombre d'animaux moins important et/ou réduisant leurs souffrances est systématisé par la directive 2003/15/CE du 27 février 2003. Dès qu'une telle méthode est adoptée et validée au niveau communautaire, compte tenu notamment de l'évolution de leur validation au sein de l'OCDE, les États membres doivent interdire la mise sur le marché de tout produit cosmétique ayant fait l'objet d'une expérimentation animale selon une méthode autre que la méthode alternative validée. Cette directive est actuellement en cours de transposition.

Les éléments concrets

Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.

  • Les laboratoires de l'AFSSAPS utilisent des animaux surtout pour les contrôles d'activité et de sécurité des vaccins, dans la procédure européenne de libération des lots.
  • Une équipe de l'AFSSAPS a été constituée pour développer des méthodes de contrôle in vitro des produits de santé.
  • Selon la directive 2003/15/CE, dès qu'une méthode employant moins d'animaux ou réduisant leurs souffrances est validée, les États doivent interdire la vente des cosmétiques testés sur animaux par une autre méthode.

Le détail de l'analyse

Les questions liées

Les questions qui ont reçu la même réponse

Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.