Projet autorisé, résumé publié en février 2024 · Rédigé par le laboratoire au stade de la demande d'autorisation
Modèles de douleur viscérale (induction et traitement)
8 990 souris, rats et cobayes soumis à des douleurs viscérales provoquées, dont 5 640 en souffrance sévère, pour tester des traitements.
8 990 animaux (3 710 souris, 4 060 rats, 1 220 cochons d'Inde) · dont 5 640 en souffrance sévère
Ce document a été rédigé avant l'expérience. Les souffrances qu'il décrit sont prévues et autorisées. Les bénéfices qu'il annonce sont espérés.
Ce projet est soumis à une appréciation rétrospective, obligatoire pour les projets utilisant des primates ou comportant des procédures sévères (code rural et de la pêche maritime, article R214-120). Cette appréciation n'est pas rendue publique en France.
8 990 souris, rats et cobayes vont être utilisés dans des procédures de douleur viscérale, dont 5 640 dans celles classées au niveau de souffrance le plus élevé. Les équipes leur induisent la douleur par administration d’un réactif ou par chirurgie, puis mesurent leur réaction à des stimulations tactiles ou thermiques appliquées sur la zone rendue douloureuse, et prélèvent sang et urine. 270 rongeurs seulement seront réutilisés, tous les autres tués, le porteur indiquant que les animaux modélisant une douleur chronique ne peuvent pas être maintenus en vie dans de bonnes conditions. L’objectif déclaré reste de tester l’efficacité analgésique ou anti-inflammatoire de nouveaux traitements, et le porteur affirme que les approches in vitro, ex vivo ou in silico ne reproduisent pas les interactions au sein du « corps entier ».
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Ces résumés sont rédigés par les laboratoires à des fins de communication. Leurs affirmations scientifiques ne sont ni sourcées ni relues par les pairs. Les documents qui décrivent en détail les projets et les établissements, dossiers de demande d'autorisation et rapports d'inspection, s'obtiennent sur demande, et l'administration y occulte des passages, parfois au-delà de ce que les juridictions admettent. → Comment lire un résumé non technique

Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-02-29 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-695259)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
En France, la douleur est la première cause de consultation en médecine générale et dans les services d’accueil d’urgence. Parmi les douleurs fréquemment observées, les douleurs viscérales (et autres troubles digestifs) sont très représentées. Un sondage IFOP de 2021 relevait que près de la moitié de la population française (45%) était concernée par des troubles digestifs, les principaux troubles représentés étant les douleurs abdominales et le transit irrégulier. Globalement, tout le monde (ou presque) a ressenti, au cours de sa vie, des douleurs abdominales, qui peuvent se traduire par des crampes, des brûlures, des élancements, des torsions… Apparaissant de manière soudaine ou progressive, d’une durée qui peut être courte ou très longue, et d’intensité variable. Tous les tissus abdominaux peuvent être à l’origine du mal de ventre (intestins, reins, vaisseaux, muscles…) et les douleurs abdominales peuvent également être présentes en cas de maladies des organes du thorax (cœur, plèvre…) ou du pelvis (organes génitaux, vessie…). Dans la majorité des cas, ces douleurs sont liés à une mauvaise digestion, un mauvais transit, ou une colopathie fonctionnelle (syndrome du colon irritable), mais les causes potentielles sont multiples (gastrite, ulcères, cystite, endométriose, maladie de Crohn…). La prise en charge doit donc être adaptée à l’origine de la douleur, et la nature des traitements est multiple (antispasmodiques, pansements digestifs, anti-inflammatoires…). Certaines maladies (notamment chroniques) n’ont à ce jour pas de traitement permettant de les guérir (par exemple, la maladie de Crohn, l’endométriose…). Il apparait donc nécessaire de poursuivre la recherche de traitements permettant de traiter les causes et les symptômes des douleurs abdominales. Egalement, il est parfois nécessaire de vérifier l’absence d’effet algésiques (douloureux) causés par de nouveaux candidats médicaments. Ce projet met en place différents modèles de douleur viscérale, permettant d’étudier l’efficacité (analgésique, anti-inflammatoire, etc) ou d’évaluer l’absence d’effets secondaires de nouveaux traitements.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les douleurs viscérales sont extrêmement répandues, d’origines diverses et leur prise en charge est parfois compliquée, notamment dans le cadre de douleurs chroniques. La recherche de traitements permettant de traiter les causes et les symptômes des douleurs abdominales se poursuit donc. Ce projet permettra d’étudier l’efficacité (analgésique, anti-inflammatoire, etc) ou d’évaluer l’absence d’effets secondaires de nouveaux traitements dans différents modèles de douleur viscérale chez le rongeur.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Une phase d’administration (durée de l’ordre de la minute) sera réalisée (principalement 1 fois (2 max) par jour; pendant 1 à 6 semaines en fonction de la spécificité du traitement). L’induction sera réalisée par administration d’un réactif (environ 1 minute, sous contention ou sous anesthésie) ou par chirurgie (quelques minutes, sous anesthésie). Le comportement général des animaux sera évalué (observation avec ou sans manipulation, de l’ordre de quelques minutes) et des tests comportementaux (réaction à des stimuli tactiles ou thermiques, de l’ordre de quelques secondes à 5 minutes). Des prélèvements sanguins (en général 2 maximum par animal) pourront être réalisés (durée de l’ordre de la minute, sous anesthésie légère ou non). Un prélèvement d’urine (après isolement 24 h max) pourra être réalisé dans le modèle de cystite.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les manipulations réalisées au cours des procédures peuvent entraîner un stress le temps de l’administration de réactif, de substance, ou lors d’un prélèvement sanguin, notamment du fait de la contention. Le cas échéant, la phase d’isolement ou de mise à jeun peut également causer un stress. En cas de phase chirurgicale, il est possible qu’elle entraîne une douleur post-opératoire au site concerné. Les tests comportementaux basés sur la stimulation tactile ou thermique d’une zone potentiellement douloureuse peuvent entraîner une douleur aigue au moment du test (la stimulation est arrêtée dès la réaction de retrait de l’animal). Les modèles décrits ici sont des modèles de douleur viscérale. En fonction du modèle étudié, l’animal peut présenter une douleur abdominale, des crampes, ou une altération de l’état général (baisse de l’activité locomotrice, perte transitoire de poids, voire difficulté à uriner dans le modèle de cystite).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux de ce projet (sauf animaux sham) seront tous euthanasiés à la fin de l’étude car ils modélisent des douleurs chroniques viscérales, et leur maintien en vie ne peut être assuré dans de bonnes conditions. De plus, dans la plupart des cas, des organes seront collectés en fin d’étude afin d’analyser les tissus (marqueurs d’inflammation, histologie…). Les animaux Sham (c’est-à-dire soumis aux mêmes manipulations (injections, tests…) que les animaux modélisant une pathologie, mais sans que la pathologie/les symptômes ne soient induits) pourront être maintenus en vie à la fin de ce projet s’il n’y a pas de prélèvement d’organe nécessaire, et à la condition qu’ils ne présentent aucun signe de douleur ou de mal être.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce modèle ne peut pas être remplacé par des méthodes alternatives car les modèles in vitro, ex vivo ou in silico ne permettent pas de reproduire actuellement les organes complexes et surtout leur interaction au sein du corps entier, ce qui est un point particulièrement important dans ces modèles car les douleurs abdominales sont d’origines diverses (pouvant provenir de multiples organes) et peuvent faire intervenir le système immunitaire, notamment dans le cas des maladies inflammatoires. Ces conditions spécifiques ne peuvent actuellement pas être reproduites in vitro, et l’étude de l’efficacité des traitements (analgésiques, anti-inflammatoires…) nécessite l’utilisation d’animaux vivants (étude de l’efficacité contre la douleur, ou encore réduction de l’inflammation…). Cependant, dans la majorité des cas les traitements médicamenteux étudiés dans le cadre de ce projet ont été sélectionnés au cours d’études in vitro et/ou in silico avant leur évaluation chez l’animal.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre d’animaux utilisés pour chaque test sera optimisé de façon à intégrer dans une même expérience la relation dose/effet ou la comparaison par rapport à une substance de référence. Un effectif acceptable sera défini afin d’obtenir une puissance statistique suffisante pour interpréter les résultats de façon correcte, évitant ainsi une répétition des tests. En fonction des paramètres étudiés, les tests paramétriques ou non paramétriques pertinents seront appliqués. Aussi, autant que cela sera possible sans affecter le bien-être des animaux, des prélèvements sanguins en cours d’étude et des prélèvements d’organe en fin d’étude seront envisagés, permettant ainsi de collecter des données biochimiques sur la molécule testée sans utiliser un plus grand nombre d’animaux.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le raffinement des méthodes expérimentales pour réduire au maximum la souffrance animale est mis en oeuvre grâce à l’utilisation de points limites clairement établis, permettant d’euthanasier tout animal présentant des signes de douleur, de souffrance ou d’angoisse dépassant le cadre de l’étude. En cas de doute sur l’état général de l’animal, une évaluation approfondie sera réalisée quotidiennement jusqu’au retour aux paramètres physiologiques normaux (ou attendus) ou jusqu’à atteinte des points limites. Un formulaire interne spécifique à l’espèce sera alors complété. Il intègre l’aspect général, l’aspect du pelage, des yeux, la posture, les réactions de l’animal quand il est approché ou stimulé, la respiration, l’appétit, le poids, l’état d’hydratation, les tremblements ou les convulsions, la présence de plaie, de tumeurs ou autres évènements imprévisibles. Ce formulaire de suivi des points limites permet de prendre les bonnes décisions en évitant toute souffrance animale. Il est aussi mis en place un enrichissement complet dans l’hébergement des animaux (e.g. sous la forme de jouets, litière, objets de nidification, objets à ronger ou mastiquer, présence de congénères…). En cas de phase chirurgicale, les animaux sont anesthésiés et analgésiés, le programme d’anesthésie et d’analgésie étant défini par un vétérinaire, afin de réduire au maximum toute douleur ou sensation de souffrance. De plus, la phase de chirurgie est raffinée au maximum, par la mise à disposition de tapis chauffants et/ou de lampes chauffantes et de soins post-opératoires complets. Si pertinent, une anesthésie légère sera appliquée pour certaines administrations ou prélèvements sanguins.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Rats, souris et cobayes sont bien décrits dans la littérature comme modèles de douleurs viscérales de différents types. Principalement animaux sevrés (à partir de 21 jours, jusqu’à l’âge adulte) car les troubles étudiés dans ce projet commencent plutôt à être détectés et soignés à partir de l’adolescence ou l’âge adulte (ne sont pas principalement des maladies pédiatriques).