Enseignement supérieur et formation professionnelle
Formation et maintien des compétences aux procédures et techniques d’administration et de prélèvement chez la souris
- Formation professionnelle
6 335 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance léger à modéré, 500 d'entre elles manipulées sous anesthésie sans réveil, toutes tuées à l'issue. Chaque animal subit au maximum trois gestes : prélèvements sanguins par différentes voies, gavages, injections, parfois un test de sensibilité à l'insuline pouvant provoquer une hypoglycémie surveillée plusieurs heures. Aucune connaissance n'en sort. Il s'agit de former les techniciens, étudiants et chercheurs de l'établissement, le porteur reconnaissant que des souris factices permettent d'apprendre les mêmes gestes mais les jugeant "en décalage avec la réalité expérimentale" faute de pelage et de tonus musculaire. L'effectif, lui, est présenté comme un maximum théorique qui ne sera vraisemblablement jamais atteint, établi sur le nombre de personnes à former dans l'année.
Objectifs
La règlementation en vigueur concernant la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques (Décret n° 2013-118 du 1er février 2013) et relative à l’acquisition et à la validation des compétences des personnels des établissements utilisateurs, éleveurs et fournisseurs d’animaux utilisés à des fins scientifiques (Arrêté du 1er février 2013), requiert que le personnel soit compétent. A ces fins, les techniciens de notre institut suivent les formations théoriques obligatoires. En complément de l’aspect théorique, nous devons assurer la compétence des nouveaux arrivants ainsi que le maintien des compétences du personnel avec une formation « pratique » d’administration et de prélèvements sanguins, techniques que nous maitrisons et pratiquons en routine dans nos animaleries. Cette formation continue permet ainsi aux techniciens, étudiants et chercheurs de mener les projets de l’institut dans les meilleures conditions pour les animaux. L’ensemble de nos projets se déroulant sur des animaux vivants, il est impossible de proposer ces formations autrement qu’en utilisant la souris pour modèle. En revanche, afin de réduire au maximum le nombre de souris utilisées, les animaux servant à cette formation proviendront d’autres projets de sévérité légère à modérée, dès que ceux-ci sont terminés. La règlementation imposant un maximum de 3 procédures par animal, le nombre d’animaux nécessaire pour une année de formations sera de 1234, donc sur l’ensemble du projet (5 ans) 6170 souris. Aucun dommage particulier n’est attendu au cours de ces formations, les procédures étant classées légères ou modérées. De plus, les animaux seront observés quotidiennement afin de s’assurer de leur bon été général et toute procédure potentiellement stressante sera réalisée sous anesthésie générale afin de préserver au maximum le bien-être animal.
Bénéfices attendus
Ce projet vise à mettre en place et maintenir les compétences du personnel réalisant les gestes techniques sur animaux, employés durant les protocoles expérimentaux dans notre établissement. Le bénéfice est lié à la parfaite réalisation de tous les projets réalisés sur notre plateforme afin de garantir un raffinement de nos procédure avec des gestes réalisés avec le minimum de stress pour l'animal et une réduction potentielle du nombre d'animaux utilisés dans les autres projets, en lien avec une plus faible variabilité dans les gestes.
Procédures
Les animaux seront soumis à un maximum de trois gestes : des prélevements sanguins réalisés par différentes voies, des gavages ou des injections seront pratiqués. Ces gestes durent quelques minutes et n'affectent pas le bien-être des animaux plus d'une heure. Certaines procédures peuvent durer plus longtemps, tels que le test de sensibilité qui peut affecter l'état des animaux durant plusieurs heures du fait d'une possible hypoglycémie.
Impact sur les animaux
Parmi les nuisances attendues, des contentions pour les prélevements sanguins ou les gavages seront pratiquées. Le test de sensibilité à l'insuline qui peut entraîner une hypoglycémie passagère, qui sera surveillée durant plusieurs heures afin de s'assurer que les animaux se portent bien suite à cette procédure. Pour réduire l'inconfort des animaux, ceux-ci auront une semaine de repos entre chacune des procédures et un maximum de trois procédures par animal sera pratiqué. Cela nous semble un bon compromis entre réduction et raffinement.
Devenir
Une fois que les animaux ont subi 3 procédures de formation, ils seront mis à mort. Les animaux ne peuvent pas être réutilisés une fois qu'ils ont subi de nombreuses procédures.
Remplacement
L’ensemble de nos projets se déroulant sur animaux vivants, il ne nous est pas possible de réaliser des formations apportant une compétence complète autrement que chez la souris. En effet, il existe des souris factices sur lesquelles on peut s’entrainer aux différents prélèvements et administrations. Parmi les gestes pouvant être pratiqués sur ces modèles: Manipulation et contention, les prélèvements sanguins, l'administration intraveineuse et l'administration orale. Néanmoins, ces modèles sont parfaits pour les personnes devant apprendre le geste dans les premières étapes, mais cela ne permet pas de finaliser la compétence sur animaux vivants qui est requise pour effectuer de manière efficace les expériences. L'absence de pelage, de tonus musculaire et de contraction sont en effet des élements facilitant l'apprentissage mais en décalage avec la réalité expérimentale. Pour les personnes n'ayant jamais manipulé d'animaux, c'est une première étape qui sera mise en place autant que possible pour éviter l'utilisation d'animaux pour apprendre la méthodologie de chaque geste avant une formation aboutie pour devenir compétent
Réduction
Nous avons établis les effectifs nécessaires pour la réalisation de ce projet, selon le nombre de personnels à former durant une année. Ainsi, cela inclut la formation des étudiants, des chercheurs qui arrivent dans notre animalerie, mais aussi le maintien des compétences pour le personnel. Les effectifs indiqués sont à considérer comme des maximum théoriques qui ne seront vraisemblablement jamais atteints. Nous souhaitons pouvoir assurer une formation efficace de toutes les personnes amenées à travailler sur des animaux, mais tous les efforts seront entrepris pour réduire autant que possible le nombre d'animaux employés. Dans le cadre de formation ou de maintien de compétences, aucun résultat scientifique n’est attendu ainsi aucune approche statistique n’est utilisée.
Raffinement
Le personnel réalise toujours ses formations sous la surveillance d’un « tuteur » compétant afin de s’assurer du respect de l’animal et d’éviter toute souffrance ou stress, les procédures les plus stressantes étant faites sous anesthésie générale (prise de sang au sinus infra-orbitaire). De plus, ces animaux sont suivis en respectant les procédures en vigueur dans l'institut
Choix des espèces
Notre institut travaille actuellement quasi en exclusivité avec la souris pour ses projets. Il est donc logique que la formation du personnel se fasse sur la même espèce. Les animaux seront adultes car pour la majorité issus d’autres projets d’une part et d’autre part parce que les projets de notre institut se font sur adulte et le personnel doit donc se former à ce stade.
Enseignements pratiques de physiologie animale et de pharmacologie : apprentissage des savoir-faire en expérimentation animale
- Enseignement supérieur
- Formation professionnelle
Rats : 85
Pour illustrer des cours de physiologie et de pharmacologie devant des étudiants de licence, 265 souris et 85 rats sont opérés sous anesthésie et tués avant tout réveil. Les rats reçoivent la pose de cathéters, des injections et un prélèvement de sang par la carotide, les souris étant utilisées pour l'initiation aux injections intrapéritonéales et sous-cutanées. Aucun calcul statistique ne justifie ces effectifs, fixés pour former 175 étudiants par an. Le principal risque décrit tient au dosage de l'anesthésique, un réveil prématuré en pleine séance ou au contraire un arrêt cardio-respiratoire, et le porteur admet qu'il arrive qu'un animal meure pendant une séance.
Objectifs
L’objectif est principalement d’inculquer aux étudiants des notions d’expérimentation animale requises dès la troisième année de licence de biologie et d’autre part d’illustrer les cours théoriques de physiologie animale et de pharmacologie par des applications techniques concrètes réalisées sur le rat et la souris.
Bénéfices attendus
Acquisition des techniques de base d’expérimentation animale sur animal vigil (préhension, contention et techniques d’injections les plus courantes) et sur animal anesthésié (pose de cathéters, prélèvement carotidien).
Procédures
Après une analgésie préopératoire, les rats seront anesthésiés dès leur entrée dans la salle de TP, puis pose de cathéters, injections et prélèvement unique de sang par le cathéter carotidien. Chez les souris après analgésie/anesthésie, initiation aux techniques d’injections intra¬péritonéale et sous-cutanée. La nuisance principale est un réveil prématuré de l’animal lors de la séance d’expérimentation ou au contraire une surcharge anesthésique induisant un arrêt cardio-respiratoire de l’animal. Selon les cas, l’enseignant réajuste la dose d’anesthésique.
Impact sur les animaux
Le stress à la contention est minimisé par l'apprentissage de la réglementation et de l'éthique lors d'une séance de présentation en cours magistral et d'une démonstration préalable par l'enseignant. Un apprentissage sur un modèle d'imitation (maquette inerte conçu avec un matériau qui confère la sensibilité spécifique d'un animal vivant) permet d'acquérir les compétences nécessaires pour manipuler et réaliser les gestes de routine d'expérimentation (injection et pose de cathéter), réalisé par la suite sur un animal vivant. Cet entrainement dans une séance qui précède la séance d'expérimentation sur l'animale vivant permet de réduire le stress de l'étudiant et chez l'animal. L'effet indésirable, bien que rare, est l'arrêt cardio-respiratoire de l'animal sous anesthésie. Une réanimation est donc réalisée par l'enseignant avec un contrôle du débit d'anesthésiant, mais il arrive qu'un animal meurt pendant une séance d'expérimentation.
Devenir
Procédures sans réveil, compte tenu des manipulations expérimentales et des injections réalisées par les étudiants, les animaux ne peuvent pas être réutilisés. Les animaux sont mis à mort à la fin de chaque procédure par l’enseignant.
Remplacement
Afin d’acquérir les compétences techniques d’expérimentation animale (contention et techniques chirurgicales) , les étudiants s’entraineront sur des modèles de rats en plastique. Cette initiation leur permettra de se familiariser avec les structures anatomiques et les gestes techniques sans avoir recours à l'animal.
Réduction
Le nombre d'animaux choisi est le nombre minimal permettant d'acquérir les techniques de base en expérimentation animale afin de sensibiliser et former nos étudiants, qui pour la majorité d’entre eux sont destinés à poursuivre leur carrière dans le domaine de la recherche en laboratoire sur le vivant. La première approche est réalisée sur une maquette dans le but d’une acquisition des compétences techniques requises avant leur réalisation sur animal vivant dans la demi-journée qui suit. Cette étape permet de réduire le nombre total d’animaux pour cette formation. Aucune statistique n’est requise pour l’ensemble des procédures proposées. Au bilan, nous utilisons 85 rats et 265 souris pour la formation de 175 étudiants par an.
Raffinement
Pour l’ensemble des procédures, les animaux sont anesthésiés afin d’empêcher toute douleur ou souffrance de l’animal en fonction des gestes réalisés et jusqu’à leur mise à mort à la fin de l’expérimentation. Pour la première séance d’expérimentation sur le rat, l’initiation au préalable sur des modèles plastiques permet de préparer au mieux les étudiants avant l’utilisation d’animaux anesthésiés/analgésiés. En cas d'atteinte des points limites lors des expérimentations, les animaux en question sont mis à mort par l'enseignant.
Choix des espèces
Le rat et la souris sont les modèles animaux les plus utilisés en recherche et le choix d’animaux jeunes adultes permet une manipulation plus aisée et un meilleur contrôle de l’anesthésie.
Travaux pratiques de physiologie cardiovasculaire et respiratoire chez le chien
- Enseignement supérieur
Illustrer un cours théorique de physiologie cardiovasculaire déjà donné en salle, telle est la finalité des séances où 32 chiens vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chaque chien est mis à jeun moins de seize heures, ausculté par des étudiants vétérinaires, puis anesthésié jusqu'à une heure par un enseignant, deux fois par an au maximum et pendant trois ans. Aucun n'est tué, tous sont proposés à l'adoption, le porteur précisant qu'il est plus facile de les faire adopter avant quatre ans. Il ajoute que ces chiens ne sont pas achetés pour ces travaux pratiques mais déjà présents au chenil pour d'autres expériences, et compte les anesthésies répétées sur les mêmes individus parmi ses mesures de réduction.
Objectifs
Ces séances de TP ont pour objectif de faciliter l'acquisition des connaissances en physiologie cardiovasculaire et respiratoire chez les étudiants vétérinaires. Ils ont pour but d'illustrer l'enseignement théorique effectué en salle au préalable.
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus sont une meilleure compréhension, par les futurs vétérinaires, de la physiologie cardiovasculaire et respiratoire, une première approche de l'anesthésie des carnivores et un apprentissage de cette pratique.
Procédures
Mise à jeun (alimentation seulement, pas de mise à jeun hydrique) : au maximum deux par année espacées de maximum 1 mois, mise à jeun de moins de 16h. Anesthésie : au maximum deux par année espacées de maximum 1 mois, 1h au maximum
Impact sur les animaux
Les animaux sont soumis à une contention légère par les étudiants vétérinaires lors de l'auscultation pré-anesthésie. Ils sont ensuite anesthésiés par l'enseignant vétérinaire (après mise à jeun seulement alimentaire de moins de 16h, pas de mise à jeun hydrique). Aucune procédure invasive n'est réalisée sur les animaux.
Devenir
Les animaux seront hébergés au maximum trois ans dans l'établissement utilisateur car il est plus facile de les proposer à l'adoption avant 4 ans.
Remplacement
Les mécanismes nerveux de régulation de la pression artérielle et de la pression partielle en oxygène ne peuvent être observés que sur un animal vivant sur lequel une légère perturbation de l'homéostasie a été induite (par une anesthésie dans ce projet). L'utilisation d'un chien d'expérimentation permet de réaliser une anesthésie sur un animal parfaitement sain, ce qui limite fortement la survenue d'effets indésirables.
Réduction
Si chaque chien subissait une anesthésie par an et que nous changions de lot de chiens tous les ans, il faudrait 16 séances de TP * 5 ans = 80 chiens pour la totalité du projet. Le projet prévoit cependant que chaque chien puisse être réutilisé pendant 3 ans, le nombre de chien utilisé pour le projet serait alors de 16 séances de TP * 2 lots de chiens =32 chiens pour la totalité du projet. Ces chiens pourront également être anesthésiés au maximum 2 fois par an, ce qui réduit le nombre de chiens à 16 séances de TP * 2 lots de chiens / 2 anesthésies = 16 chiens. Dans les faits, selon l'avis du vétérinaire référent, certains chiens ne pourront pas être anesthésiés deux fois par an pendant 3 ans, le nombre de chiens utilisés sur les 5 ans sera donc au minimum de 16 chiens et au maximum de 32 chiens. De plus, les chiens utilisés pour ces TP ne sont pas spécifiquement achetés et hébergés en chenil pour ce TP. Il s'agit de chiens prévus pour d'autres expérimentations non douloureuses et présents dans le chenil pendant la période d'enseignement.
Raffinement
Afin de participer à la séance de TP, les étudiants doivent participer à des séances théoriques préparatoires en salle. Pour faciliter la manipulation par les étudiants, les chiens sont régulièrement habitués à être manipulés lors de séances de socialisation et de medical training mises en oeuvre par des professionnels de l'éducation canine. Nous pourrons également profiter de l'anesthésie pour effectuer des soins vétérinaires courants le cas échéant (soins des griffes ou des dents par exemple). Les chiens seront proposés à l'adoption à l'issue des séances de TP. Des points limites adaptés ont été définis, notamment pour déterminer si une chienne est apte à participer au TP une nouvelle fois ou si elle doit être proposée à l'adoption.
Choix des espèces
Ce TP est destiné aux étudiants vétérinaires. Le chien est une espèce d'intérêt pour les étudiants qui permet la compréhension de mécanismes physiologiques complexes mais aussi l'apprentissage des gestes techniques qu'ils réutiliseront dans leur pratique en clinique (auscultation, pose de cathéter, injection intramusculaire, intubation trachéale, ...) Les chiens seront âgés de 1 à 4 ans. En effet, il est préférable de faire l'anesthésie sur un chien adulte mais pas trop âgé pour que les animaux ne présentent pas de contre-indication à l'anesthésie. De plus, l'utilisation de chiens de moins de 4 ans permet de les faire adopter plus facilement après les sessions de TP.
Formation et habilitation du personnel sur les gestes techniques liés aux expérimentations sur rongeurs
- Formation professionnelle
Rats : 80
480 souris et 80 rats vont servir à entraîner le personnel aux gestes techniques de l'expérimentation, dans des procédures d'un niveau de souffrance modéré, tous tués à l'issue. Chaque animal peut recevoir jusqu'à quinze injections ou gavages et subir cinq prélèvements sanguins, à raison de deux gestes différents par jour. Les animaux mobilisés sont d'abord des surnuméraires et des réformés d'autres études, auxquels s'ajoutent des commandes spécifiques, y compris des souris immunodéprimées. La dernière étape de la formation porte sur la mise à mort elle-même, que le porteur qualifie d'"essentielle", et qui met fin au parcours de chaque animal.
Objectifs
Ce projet encadre l’utilisation d’animaux pour la formation et l’habilitation du personnel sur les différents gestes techniques, invasifs ou non, effectués sur rongeurs au sein de l’établissement et vise à réutiliser au maximum les animaux surnuméraires non-utilisés ou non-randomisés dans des études, dans un souci de réduction tout en tenant compte du bien être animal. L’objectif de ce projet est de fournir les connaissances indispensables et d’enseigner les bonnes pratiques d’expérimentation animale. Cette formation est obligatoire et permet d’acquérir les compétences nécessaires pour effectuer des gestes techniques auprès de personnes déjà formées (formation par des pairs) et permet de s’assurer que le geste est toujours acquis. Seules des personnes formées et évaluées compétentes pour réaliser les procédures et instructions expérimentales reçoivent l’habilitation pour effectuer ces gestes en autonomie. Pour chaque geste technique enseigné, une session de validation devra confirmer que le tutoré est apte à réaliser le geste technique en autonomie. La formation et les évaluations sont tracées dans le livret de compétence de la personne formée. Le personnel est régulièrement évalué pour s’assurer qu’il maitrise le geste technique. La fréquence des évaluations dépend de la complexité du geste. Ces formations et entraînements s’appliquent aussi bien à une technique existante qu’à une nouvelle technique. La bonne maîtrise des procédures expérimentales non-invasives et faiblement-invasives appliquées sur les rongeurs permettra d’améliorer le bien-être des animaux et d’obtenir des résultats scientifiques fiables et reproductibles. L’utilisation d’animaux n’est réalisée que s’il n’est pas possible d’effectuer la formation par des méthodes alternatives. Par exemple, les techniques d’administrations et de prélèvements, l’anesthésie et l’euthanasie. Ce projet vise à réutiliser au maximum les animaux surnuméraires non-utilisés ou non-randomisés ou réformés dans des études, dans un souci de réduction tout en tenant compte du bien être animal. Cependant, certains animaux pourront être commandés en fonction des besoins (par exemple, dans le cas de la mise au point de nouvelles techniques ou si différentes souches/espèces sont nécessaires à la formation et non présentes sur site…). Lorsque le geste technique est susceptible d’engendrer une douleur ou une souffrance, des anesthésiques et/ou des analgésiques seront administrés.
Bénéfices attendus
Le tutorat pour chaque compétence (instruction), et la validation du tutorat (habilitation), sont indispensables pour la bonne réalisation de procédures expérimentales. Ils permettent de diminuer le temps de manipulation des animaux, de diminuer le stress/souffrance de l’animal, d’éviter les dérives techniques dans le temps, de prendre connaissance des évolutions techniques, d’améliorer la fiabilité des résultats, d’éviter de recommencer des études suite à un biais initié par une mauvaise manipulation technique... Ce projet permet à notre établissement utilisateur de se conformer à la réglementation et de valider les compétences de son personnel impliqué en expérimentation animale tout en réutilisant au maximum les animaux surnuméraires non-utilisés ou non-randomisés dans des études (dans la mesure du possible). De plus, la formation continue des expérimentateurs nous permet de maintenir un niveau de qualité des gestes techniques et également la mise en place de nouvelles procédures/techniques dans le but d’un raffinement.
Procédures
Les animaux pourront être soumis à des injections intrapéritonéales, intraveineuses, sous-cutanées, intradermiques, des gavages et des prélèvements sanguins sous anesthésie ou en vigile. Le nombre d’actions est limité à : • 2 gestes différents maximum par jour • 15 administrations ou utilisations autres (tonte, mesures physiologiques, poinçonnage auriculaire…) • 5 Prélèvements au maximum (quels que soient les volumes prélevés). Les animaux engagés dans le projet de formation seront euthanasiés après les limites d’utilisation ci-dessus ou en cas d’atteinte des points limites (grille de score détaillée). Les gestes d’administrations ou de prélèvements pourront durer jusqu’à une dizaine de minutes, induction de l’anesthésie exclue, chez une personne non expérimentée en début de tutorat. L’objectif est de pouvoir réaliser ces gestes le plus rapidement possible. Si la technique le permet, le tutoré commencera sa formation sur les animaux anesthésiés avant de passer sur animaux vigiles à l’appréciation de son tuteur.
Impact sur les animaux
# Les animaux subiront un stress durant plusieurs minutes (pendant et suivant l’acte) lors de la manipulation : change, pesée, mesures tumorales, contention, anesthésie... # Les animaux subiront une douleur de légère à modérée durant plusieurs secondes pendant l’acte lors des injections (intraveineuses, sous-cutanées, intradermiques, intra-péritonéales), et des prélèvements sanguins (veine faciale ou caudale)... #La réalisation de procédures expérimentales en cours de formation peut induire une augmentation du stress, une angoisse et/ou une douleur.
Devenir
La formation à la mise à mort étant essentielle, cette dernière sera effectuée selon la méthode requise à l'issue de toutes les autres formations selon les conditions exposées en 5.10.3. Les animaux ayant atteint un point limite par rapport à la grille de score, ainsi que l’ensemble des animaux à l’issue de la procédure, seront donc euthanasiés, soit dans le cadre du bien-être animal, soit dans celui de la formation tutorée.
Remplacement
Avant toute manipulation d’animaux, une formation théorique avec des modes opératoires et des vidéos, permettront de limiter l’utilisation des animaux. Pour certaines formations, des supports non vivants pourront être utilisés afin de mimer un animal (par exemple, modèles en silicone pour les voies d’injection ou animal précédament mis à mort pour s’entrainer aux gestes techniques…). L’utilisation de support non vivant dans les premières étapes d’apprentissage d’un geste technique permet d’étendre la période d’apprentissage tout en limitant le nombre d’animaux vivant utilisés et une éventuelle souffrance liée à l’application d’un geste encore mal maitrisé.
Réduction
Pour former le personnel, les animaux de réforme des études de gravité légère ou modérée, ou des animaux surnuméraires seront prioritairement utilisés. Plusieurs procédures faiblement invasives, telles que injections et prélèvements, seront réalisées sur les mêmes animaux dans les limites éthiques prédéfinies (Voir 5.6.1). Le nombre d’animaux nécessaire à la formation est défini par le niveau de connaissance initial et par la technicité du geste à acquérir. Ce nombre est défini par le formateur / la Structure Bien-Etre Animal (SBEA) / le vétérinaire. Le formateur est une personne compétente maîtrisant le geste technique et ayant les capacités de transmettre ses connaissances. Afin de réduire le nombre d’animaux et la souffrance, dans un premier temps, la personne en formation pourra être amenée à observer son formateur et/ou à s’entraîner, si applicable, sur des animaux anesthésiés ou morts. Pour les gestes faiblement invasifs, le formateur / la SBEA / le véterinaire décidera de la possibilité de garder l’animal pour l’acquisition d’un autre geste. Aucune approche statistique n’a été réalisée mais les besoins ont été estimés sur la base de notre l'expérience.
Raffinement
Les animaux seront hébergés par groupe sociaux (cinq souris, deux rats), dans des cages transparentes et aux dimensions adaptées avec un accès à l’eau et à la nourriture ad libitum et enrichissement de l’environnement. Dans le cas de l’utilisation d’animaux dédiés, les animaux seront acclimatés pendant une période d’une semaine afin de limiter leur stress. Dans le cas d’utilisation d’animaux surnuméraires ou de réforme, seuls les animaux en bon état général seront utilisés. L’état des animaux sera régulièrement évalué par le vétérinaire, le formateur, les personnels formés, les zootechniciens. Les procédures réalisées sur chaque animal seront enregistrées. Le nombre de gestes techniques est limité à 15 injections et 5 prélèvements au total pour chaque animal, avec un temps de repos entre chaque acte invasif d’au moins 24h. Dans les heures qui suivent la formation, les animaux seront observés par le tutoré et/ou le tuteur préalablement formés à reconnaître les signes de souffrance d’un animal. En cas de procédure entraînant des effets indésirables inattendus ou une souffrance pouvant perdurer, le vétérinaire, le tuteur ou la Structure Bien-Etre Animal (SBEA), pourront prendre la décision d’euthanasier l’animal. Cet évènement sera alors tracé dans le fichier des déviations BEA et transmis au vétérinaire et la SBEA. Les administrations seront effectuées avec du sérum physiologique (éventuellement colorant). Les prélèvements sanguins respecteront la règlementation en vigueur. Pour les gestes réalisables sur animaux vigiles, une anesthésie gazeuse pourra être privilégiée lors de la réalisation des premiers gestes. Pour les procédures à réaliser sous anesthésie et analgésie, les documents de référence des précédentes demandes d’autorisation de projet seront appliqués. Des anesthésies générales seront pratiquées en fonction des gestes et des attentes et des analgésiques pourront être utilisés en fonction de la gravité du geste. Des grilles de score, spécifiques aux différentes formations, suffisamment prédictives et adaptées aux gestes de la formation, permettront d'éviter la souffrance des animaux avec une surveillance physiologique et comportementale. Enfin, un système de surveillance est mis en place avec l'Etablissement Utilisateur pour le suivi des animaux nécessitant une surveillance accrue les jours suivants, y compris le week-end et jours fériés.
Choix des espèces
Les rats et les souris sont des espèces couramment utilisées dans la recherche et pour la réalisation d’expériences précliniques. Il s’agit de modèles animaux utilisés au sein de notre établissement utilisateur d’animaux à des fins scientifiques. Ainsi, l’apprentissage des bonnes pratiques permettra aux utilisateurs de réduire la souffrance et les dommages subis par les animaux au cours de la réalisation de ces expériences, tout en permettant la bonne réalisation des procédures expérimentales pour obtenir un résultat fiable en utilisant le moins d’animaux possible. Animaux adultes, à partir de 7 à 8 semaines. L’objectif de formation est d’apprendre la réalisation de ces procédures sur des animaux adultes, les mêmes que ceux utilisés dans le cadre des expériences précliniques. Des animaux immunodéprimés (donc aux phénotypes dommageables) pourront être utilisés lors des formations. Une expérimentation dans un environnement approprié (sans pathogènes spécifiques ni opportunistes) et sous poste de sécurité microbiologique, permettra à ces phénotypes immunodéprimés de ne pas être dommageable dans ces conditions d’expérimentation.
Formation aux gestes techniques
- Formation professionnelle
Rats : 250
Vingt-quatre gavages et trente-deux prélèvements sanguins en six mois, ou trente-deux injections intrapéritonéales et douze poses de cathéter : c'est ce que peut subir un même animal dans ce projet. 950 souris et 250 rats vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, pour que le personnel s'entraîne aux gestes techniques et entretienne ses compétences. Le porteur présente cette utilisation comme un raffinement, au motif qu'un geste maîtrisé réduira le stress des animaux impliqués dans les autres projets, et signale par ailleurs qu'un gavage mal exécuté peut irriter les voies aérodigestives. Les animaux sont tués parce que le personnel ne peut pas être formé sur des animaux trop vieux, leurs organes étant ensuite "valorisés" dans des études ex vivo.
Objectifs
Dans une démarche de raffinement des expérimentations, nous souhaitons consacrer des animaux à la formation du personnel aux divers gestes techniques que nous pratiquons en routine. La thématique du laboratoire est notamment axée vers la recherche thérapeutique et diagnostique dans la lutte contre le cancer. Une fois les essais préliminaires in vitro validés, nos recherches nous mènent le plus souvent à des essais in vivo, les études sur cellules ne pouvant pas se substituer aux études sur un organisme entier afin d'évaluer les effets potentiellement indésirables d’une molécule diagnostique ou thérapeutique. Dans un objectif de raffinement des diverses méthodes mais également de réduction du nombre d’animaux utilisé pour une étude donnée, nous souhaitons travailler de manière continue sur un petit nombre d’animaux à la formation du personnel sur les divers modes d’administration (intraveineux, intra péritonéal, sous cutanée, intra articulaire, gavage) et de prélèvements sanguins. Nous avons régulièrement de nouveaux personnels (étudiants, temporaires ou statutaires) et nous devons également assurer le maintien des compétences techniques de chacun. Nous devons ainsi mettre en place des programmes de formation et maintien des compétences pour l’ensemble des acteurs des différents projets aux nouvelles approches dans le but d’être plus affin dans nos études.
Bénéfices attendus
Ces formations permettront au personnel d’être formé et de maintenir leurs compétences techniques sur les gestes qu’ils devront appliquer vis-à-vis de leurs différents projets. Ainsi, avec un geste maitrisé et plus précis, les expérimentateurs pourront diminuer le stress des animaux inclus dans les différents projets et raffiner la technique pour des résultats plus reproductibles.
Procédures
En fonction des gestes techniques, un animal pourra subir sur 6 mois soit : (i)24 gavages au maximum à raison de 2 gavages maximum par semaine d’une durée de 1 à 2 minutes et 32 prélèvements de sang dans la veine caudale à raison de 2 fois par semaine maximum avec alternance de la veine caudale et contention d’une durée de quelques secondes à 1 minute. Soit (ii)12 poses de cathéter en intraveineuse maximum 1 fois par semaine en alternance veine caudale sur animaux anesthésiés pour une durée inférieur à 1 minute et 32 injections intrapéritonéales maximum 2 fois par semaine avec alternance droite gauche sur animaux vigiles en contention pince dos d’une durée inférieur à 1 minute. Soit (iii)4 Injections intra articulaire par patte, maximum 1 fois par semaine, sous anesthésie gazeuse d’une durée inférieur à 2 minutes et 30 injections sous cutanées sur animal vigile d’une durée inférieure à 20 secondes. Soit (iv)6 Injections dans la masse graisseuse entourant la glande mammaire (1 par glande mammaire) sur animal anesthésié, maximum 1 injection par semaine, pour une durée de 1 à 2 minutes et 30 injections intraveineuses, maximum 2 fois par semaine en alternant les 2 veine caudale pour une intervention inférieur à 1 minute. Soit (v)2 prélèvements submandibullaires au maximum 2 par semaine avec alternance droite gauche sur animaux anesthésié pour une durée de 1 à 2 minutes et 50 injections sous cutanées sous anesthésie maximum 2 fois par semaine pour une durée inférieur à 1 minute. Soit (vi) 30 injections intraveineuses 2 fois par semaine maximum, avec alternance veine caudale droite et gauche et sur animaux vigiles dans appareil de contention, durée de l’intervention inférieur à 1 minutes et 50 injections sous cutanées sur animal anesthésié maximum 2 fois par semaine pour une durée inférieur à 1 minute.
Impact sur les animaux
Les nuisances attendues sont le stress modéré lors des diverses injections (intrapéritonéales, intraveineuses, sous cutanées), prélèvements (veine caudale) ou gavage réalisés en vigile sous contention. Toutefois il est à noter qu’une procédure de gavage mal exécutée peut entrainer une irritation des voies aérodigestives supérieures. Pour l’administration intra-articulaire, lorsque celle-ci est réalisée avec du sérum physiologique aucune douleur, ni effet indésirable n’est attendu. Concernant l’injection ou le prélèvement via un cathéter placé dans la veine caudale, la réalisation du geste sous anesthésie permet de prévenir le stress de l’animal lié à une contention plus longue le temps de la pose du cathéter. Dans tous les cas, un suivi régulier des animaux permettra de réagir rapidement en cas d’apparition d’une souffrance pour l’animal. L’arbre décisionnel viendra orienter les actions à mener jusqu’à l’atteinte de points limites.
Devenir
Les animaux seront euthanasiés à la fin de chacune des procédures car nous ne pouvons former le personnel sur des animaux trop vieux. Dans le cadre de raffinement et de réduction, ces animaux seront valorisés post mortem par l’utilisation de leurs organes dans des expérimentations de mise au point d’études ex vivo ou en tant que contrôle pour certaines études.
Remplacement
Suite aux études in vitro, le développement et la validation préclinique de nouvelles molécules diagnostiques et/ou thérapeutiques requièrent la détermination de paramètres pharmacocinétiques des molécules candidates sur des modèles animaux adaptés. En effet, la physiologie globale de l’individu entre en jeu et une étude ex vivo ou in vitro ne peut représenter la complexité du vivant. Ainsi, il est nécessaire de former le personnel aux différentes voies d’administration et de prélèvements pour ces études. Pour les injections et prélèvements dans la veine de la queue, nous avons mis en place un système artificiel qui permet dans un premier temps de maitriser le positionnement du geste sans utilisation d’un animal.
Réduction
Le nombre d’animaux par groupe a été réduit au maximum tout en permettant un entrainement régulier et pertinent des expérimentateurs. Nous prévoyons au plus performant de notre activité 950 souris et 250 rats. Il s’agit ici d’un nombre maximal sur 5 ans.
Raffinement
Les formations du personnel constituent un raffinement à part entière car elles permettront une formation et un maintien de compétence du personnel avec une meilleure qualité des gestes techniques pratiqués tant pour le bien-être animal que pour la pertinence et la reproductibilité des résultats. Pour l’ensemble des gestes décrit dans les procédures, nous avons réalisé une vidéo tutoriel. Chaque geste est rattaché à un formateur qui dispense la formation théorique accompagnée de la vidéo sus mentionnée. Une surveillance quotidienne des animaux permettra de déceler les premiers signaux de stress, de douleur ou d'inconfort pour l'animal qui pourront être améliorés par l'administration d'antalgiques avant l'atteinte des points limites définis. Pour le bien-être des animaux inclus dans ce projet, nous mettons à disposition un enrichissement de milieu avec coton pour la nidification, bâtonnet de bois pour ronger et cabane dans chacune des cages.
Choix des espèces
Les rongeurs sont classiquement utilisés en expérimentation animale dans le domaine de la recherche contre le cancer. Différentes souches de souris et rat pourront être utilisées en fonction des besoins au regard de leur différence de carnation. Souris adultes âgées d’au minimum 6 semaines et rats de 200 à 450g. L’âge des animaux a été déterminé en fonction de l’âge moyen des animaux utilisés dans les diverses études en oncologie.
Pratique d’une blépharorraphie chez le lapin et le rat
- Formation professionnelle
- Recherche appliquée
- Maladies animales
- Troubles sensoriels
- Tests réglementaires
- Autres tests de tolérance et d’efficacité
Lapins : 500
Tués pour analyse des tissus dans les études d'efficacité, ou réutilisés après retrait des points de suture pour la moitié des animaux utilisés dans la formation du personnel, 500 lapins et 500 rats vont être utilisés dans des procédures d'un niveau de souffrance modéré. La paupière d'un œil leur est cousue sous anesthésie générale pendant une vingtaine de minutes, opération qui peut irriter la cornée, déformer ou faire saillir la membrane nictitante, et dont les points peuvent s'arracher au grattage, les griffes étant coupées pour l'éviter. L'objet déclaré est d'améliorer l'absorption de traitements oculaires en empêchant le clignement, une partie des animaux ne servant qu'à entraîner du personnel à ce geste. Le porteur affirme qu'aucune méthode alternative ne permet de mimer l'œil dans sa globalité fonctionnelle.
Objectifs
La blépharorraphie est une intervention chirurgicale courante en ophtalmologie vétérinaire pour des multiples indications thérapeutiques, notamment : le soin des ulcères de la cornée ou de plaies/érosions cornéennes, le soin des œdèmes cornéens, le soin des kératites. Le but de projet sera donc celui d'effectuer cette pratique chirurgicale dans le cas où cela améliorerait l'absorption de certains traitements oculaires.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra d'optimiser l'efficacité de certains traitements en utilisant la blépharorraphie, qui permettra une meilleure libération de certains principes actifs en contrant le clignement des yeux.
Procédures
La seule intervention effectuée sera la suture de la paupière (blépharorraphie) d'un seul œil (sauf dans le cas particulier d’études pharmacocinétiques à temps courts si les animaux restent endormis) effectuée sous anesthésie générale avec administration d’anti-douleurs. L'intervention aura lieu une seule fois dans chaque étude et dure environ une vingtaine de minutes. Des prélèvements de sang pourront être effectuée en cours d'étude sur animaux vigiles, en suivant les recommandations scientifiques qui détaillent le volume maximum prélevable selon le poids de l'animal suivant un temps de repos adapté.
Impact sur les animaux
La blépharorraphie est une pratique chirurgicale couramment utilisée en ophtalmologie vétérinaire et humaine, sans difficultés techniques majeures et avec d'excellents résultats. Mis à part les manipulations lors des pesées des animaux et la contention des animaux pour les observations journalières ainsi que la piqûre pour l'injection des produits anesthésiants, cette technique pourrait induire : -irritation de la cornée par contact avec les fils de suture -déformation du cartilage de la membrane nictitante -protrusion de la membrane nictitante (souvent réversible) - infection à la suite de la chirurgie (risque très faible mais présent avec tout acte chirurgical). Ces phénomènes restent rares, réversibles et indolores. La douleur de l'acte chirurgical sera soulagée par injection d'un analgésique en plus de l'anesthésie. De l’anesthésie jusqu’au réveil, une baisse de la température corporelle pouvant induire un stress est attendue, elle sera minimisée par l’utilisation de tapis chauffant (lapin) ou d'armoires chauffantes (rats) selon les espèces. Les points de suture peuvent s’enlever (grattage de l’animal, par exemple) au bout de quelques jours, mais il sera possible de les refaire sous anesthésie et sans douleur. Afin d’éviter que les animaux s’arrachent des points de suture lors d’un éventuel grattage, une coupe des griffes sera effectuée.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure pour analyse des tissus dans le cas des études d'efficacité des traitements. Pour la formation du personnel, la moitié des animaux seront euthanasiés pour analyse des tissus en histologie et l'autre moitié sera reutilisée une fois le retrait des points de suture effectué.
Remplacement
A ce jour, aucune méthode alternative ne permet de mimer l’œil dans son environnement et dans sa globalité fonctionnelle. En effet, l’œil est composé de différents tissus (vasculaires, rétinien neuronal, vitréen, cornéen, humeur aqueuse …) de physiologie différente et soumis aux variations environnementales, aux interactions des tissus et organes voisins. Compte tenu de la complexité de l’organe et en l’absence de modèle alternatif, le projet nécessitera donc d’avoir recours à des animaux.
Réduction
Le nombre maximum d’animaux prévu pour ce projet a été déterminé en fonction de la distribution théorique rencontrée dans les données bibliographiques et historiques de l'établissement, du nombre d'études estimées et tient compte des variations du métabolisme, de la robustesse des mesures et de notre expérience. Ce nombre limité doit nous permettre de conclure sur l’efficacité ou non d’un traitement. L'effet d'un traitement sera évalué à l'aide des tests statistiques paramétriques ou non paramétriques suivant la distribution des données, avec possibilité d'effectuer des comparaisons multiples suivant le choix du test (paramétrique ou non paramétrique). Chaque groupe traité sera comparé à celui du groupe témoin. Afin d’avoir une puissance aux tests au moins égale à 0,80, un calcul de l’effectif sera réalisé avant chaque étape afin d’ajuster et de revoir à la baisse si possible le nombre d’animaux à inclure dans les procédures.
Raffinement
Un suivi quotidien des animaux sera effectué afin de minimiser au maximum l’impact des procédures sur leur bien- être. Les animaux auront des enrichissements adaptés. Aucun examen invasif ne sera réalisée sur les animaux à la suite de la suture des paupières. Des points limites adaptés, suffisamment prédictifs et précoces permettent de limiter une éventuelle douleur à son minimum. Des enricchissements supplémentaires (une balle de cellulose en plus, par exemple) sont prévus dans le cas des lapins qui seront hebergés individuellement.
Choix des espèces
L'espèce animale choisie a une physiologie, une anatomie et un métabolisme largement décrits dans la bibliographie scientifique. L’extrapolation à l’homme des effets sur l’œil en est d’autant plus facilitée. De plus, cette pratique chirurgicale est largement connue en médecine vétérinaire et s'effectue très bien chez le lapin et chez le rat. Les animaux utilisés seront de jeunes adultes à leur arrivée dans notre animalerie. Les lapins inclus dans ce projet auront 8 à 15 semaines et les rongeurs 6 à 12 semaines conformément aux publications de référence qui servent de base aux modèles et qui correspond à la maturité visuelle chez ces animaux.
Entrainement et optimisation des techniques utilisées en expérimentation animale.
- Formation professionnelle
Rats : 320
Entretenir la dextérité du personnel d'une unité qui vend des modèles animaux à ses clients : 1 320 souris et 320 rats vont être utilisés pour cela, dans des procédures d'un niveau de souffrance modéré, ou menées sous anesthésie sans réveil pour la chirurgie. Chaque souris reçoit jusqu'à quatre administrations de sérum physiologique ou deux prélèvements de sang, le plus souvent sur animal vigile, et celles qui servent à l'entraînement chirurgical subissent une induction de cancer orthotopique de quinze minutes avant d'être tuées sans réveil. Une partie vient des surplus d'élevage déjà destinés à être tués, une autre d'une lignée immunodéficiente que le porteur décrit comme à phénotype dommageable. Il écrit que l'apprentissage de ces gestes bien exécutés contribue au bien-être animal et réduit la douleur lors des études commandées par ses clients.
Objectifs
Ce projet s’inscrit dans le contexte d’une unité d’appui à la recherche en expérimentation animale qui propose un certain nombre de modèles animaux (dont modèle de cancer par induction orthotopique) à ses clients. Les actes mis en œuvre chez l’animal nécessitent que le personnel soit toujours opérationnel. Ce projet vise donc à utiliser des animaux pour l’apprentissage, le maintien ou l’amélioration des compétences de notre établissement utilisateur.
Bénéfices attendus
L’apprentissage de ces gestes bien exécutés a pour objet de contribuer au bien-être animal et de permettre de réduire la douleur lors de leur exécution dans les études de nos clients faisant appel à notre établissement et ainsi obtenir des résultats fiables et reproductibles.
Procédures
Les souris servant à l'entrainement des administrations et prélèvements auront au maximum 4 administrations de sérum physiologiques ou 2 prélèvements de sang (durée 1 minute maximum) avec un délai d'1 semaine entre chaque acte sur une durée d'1 mois maximum. Ces administrations et prélèvements se feront sur souris vigiles exceptées le dépot pulmonaire, la nébulisation endotrachéale et le prélèvement au sinus rétro orbitaire qui se feront sur souris anesthésiées. Les rats servant à l'entrainement des administrations auront au maximum 4 administrations de sérum physiologiques (durée 1 minute maximum) avec un délai d'une semaine sur une durée d'1 mois maximum. Ces administrations se feront sur rats vigiles exceptées la nébulisation endotrachéale et l'injection intrapénien qui se feront sur rats anesthésiés. Les souris servant à l'entrainement de la chirurgie pour l'induction des modèles de cancer orthotopiques auront 1 seul acte de chirurgie (durée 15 minutes maximum) sous anesthésie et antalgiques et sans réveil, elles seront mises à mort à la fin de l'acte.
Impact sur les animaux
Les dommages attendus sont limités à un petit hématome après une injection IP, SC, IM ou un prélèvement lorsque ce dernier est « raté ». Lorsqu’une intraveineuse est manquée, un léger gonflement apparait autours du point d’injection due à l’injection de liquide qui disparait dans les 5 minutes. Les animaux utilisés pour la chirurgie seront mis à mort à la fin de la séance sans réveil de ces derniers aussi si une hémorragie se produit ou si ue détresse respiratoire importante apparait, l'animal sera mis à mort sans attente.
Devenir
Les animaux ayant servi pour des entrainements ne peuvent être réutilisés pour des études clients.
Remplacement
L’entrainement et l’optimisation des techniques utilisées en expérimentation animale nécessite l’utilisation d’animaux. Dans le cadre du respect de la règle des 3R, le remplacement de l’animal n’est pas possible lors de ces séances.
Réduction
Pour ce projet nous utiliserons des animaux de nos élevages en surplus devant être mise à mort (d’où le nombre important de lignées pouvant être utilisé). Nous utiliserons également des souris de notre élevage BalB/c Nude qui sont immunodéficientes et qui sont très utilisées dans le service d'imagerie in vivo pour la création de souris modèle orthotopique de cancer humain obtenu par chirurgie principalement. Ces dernières sont à phénotype dommageable et seront hébergées en portoir ventilé. Pour limiter le nombre d’animaux (Réduire) mis en œuvre, nous utiliserons au maximum 6 souris et 4 rats pour les différents modes d’administration et prélèvement par opérateur et 6 souris par opérateur pour des entrainements d’actes chirurgicaux. Nous comptons former annuellement 8 opérateurs et effectuer 4 séances d’entrainement administrations/prélèvements par opérateur sur la souris et 8 opérateurs et 2 séances d’entrainement administrations /prélèvements par opérateur sur le rat au maximum. Pour la chirurgie, pour le maintiens des compétences, 2 opérateurs feront 6 séances d'entrainements d'actes chirurgicaux par an sur la souris.
Raffinement
L’apprentissage de ces gestes bien exécutés a pour objet de contribuer au bien-être animal et de permettre de réduire la douleur lors de leur exécution et ainsi obtenir des résultats fiables et reproductibles pour les études de nos clients faisant appel à notre établissement. Les souris immunodéficientes seront hébergées en portoir ventilé, ce qui empêchera l’expression du phénotype dommageable des souris immunodéficientes. Ces souris de part leur aspect et leur taille sont nécessaires dans l'entrainement des protocoles de chirurgies et des protocoles d'administration et de prélèvement afin d'être dans les mêmes conditions que dans les études clients. Les souris seront hébergées par 2 à 6 maximum et les rats par 2. Les cages seront enrichies avec du matériel pour la fabrication d’un nid, de quoi ronger et jouer avec leurs congénères. Ils auront un accès à l’eau et la nourriture ad libitum. Durant les actes de chirurgie qui se dérouleront sous anesthésie gazeuse, la douleur sera prise en charge par l’administration d’antalgiques et une anesthésie locale avant le début de l’intervention. A la fin de la chirurgie, sans réveil, les animaux seront mis à mort. Les animaux qui auront eu un prélèvement sanguin ou qui auront reçu une administration seront observés durant 24h et des grilles de scoring avec des points limites prédictifs (détérioration de l'aspect général ou de la locomotion) nous permettront de prendre les mesures nécessaires afin de limiter toute souffrance.
Choix des espèces
La souris et le rat sont des espèces animales classiquement utilisées en recherche (en France en 2022, 66% de souris et 8% de rat). Ces 2 espèces sont élevées et utilisées dans les différents secteurs de l'établissement utilisateur. Les souris seront utilisées de 5 à 20 semaines et les rats seront âgés de 6 à 10 semaines de manière à reproduire les mêmes conditions que dans nos études clients.
Tutorat sur gestes techniques sur rongeurs dans le cadre de la formation continue
- Formation professionnelle
Rats : 250
500 souris et 250 rats vont être utilisés dans des procédures déclarées d'un niveau de souffrance léger, tous tués en fin de formation, la plupart des gestes étant pratiqués sous anesthésie générale. Chaque souris subit deux prélèvements sanguins aux veines mandibulaires, deux ponctions de 200 µl aux sinus rétro-orbitaires et un prélèvement intracardiaque de 500 µl, chaque rat deux prélèvements mandibulaires et deux ponctions caudales de 500 µl, auxquels s'ajoute l'apprentissage de la contention et du gavage sur animal vigile. Aucune donnée scientifique ne sortira de ces séances, qui servent à valider les acquis de stagiaires sur des gestes nouveaux pour eux ou oubliés. Les animaux viennent de l'élevage interne, jugés "surnuméraires" ou de génotypes "inexploitables", ou bien anciens reproducteurs déjà destinés à être tués, et le porteur indique que l'apprentissage peut commencer sur des corps d'animaux tués dans d'autres protocoles.
Objectifs
Le tutorat entre dans les recommandations dans le cadre de la réglementation relative à l’utilisation des animaux à des fins scientifiques. Le tutorat par une personne expérimentée a pour objectif de former et de valider les acquis de l’apprenant sur les gestes techniques nécessaires à son poste. L’apprenant ne pourra travailler seul qu’après cette validation. L'objectif est d'apprendre ou de réapprendre l'ensemble des gestes simples sur rongeurs vigiles ou anesthésiés en fonction des besoins des utilisateurs d'animaux à des fins scientifiques. Les formateurs seront des concepteurs ou applicateurs membres confirmés de l'établissement d'utilisateur (EU) intervenant sur ces mêmes gestes lors de formations initiales. Les stagaires seront formés sur des gestes nouveaux pour eux ou qu'ils n'ont plus effectués depuis longtemps. Les animaux utilisés seront uniquement des animaux surnuméraires ou de génotypes inexploitables provenants des élevages internes de l'EU.
Bénéfices attendus
L'objectif est d'apprendre ou de réapprendre l'ensemble des gestes simples sur rongeurs vigiles ou anesthésiés en fonction des besoins des utilisateurs d'animaux à des fins scientifiques ayant suivi une formation initiale
Procédures
Souris: 2 prélèvements de 3 à 4 gouttes au niveau des veines mandibulaires, 2 prélèvements de 200µl au niveau des sinus rétroorbitaires, 1 prélèvement intracardiaque de 500µl Rats: 2 prélèvements de 3 à 4 gouttes au niveau des veines mandibulaires, 2 prélèvements de 500µl au niveau des veines caudales
Impact sur les animaux
Les nuisances seront liées au stress de la manipulation/contention, du gavage et de l'utilisation d'aiguilles pour les prélèvements et injections sous anesthésie générale. Les procédures seront de gravité légère mais sans réveil, les animaux étant euthanasiés en fin de formation.
Devenir
Les animaux utilisés sont des animaux provenant des élevages internes de l'établissement utilisateur génétiquement inexploitables ou des anciens reproducteurs. Ces animaux étaient destinés à être euthnasiés. Cette saisine étant une saisne de formation, aucune exploitation de données scientifiques n'est envisagée. L'ensemble des animaux utilisés seront donc euthanasiés à la fin de la procédure.
Remplacement
Cette demande d’autorisation de projet a pour objectif de former les personnels appliquant des procédures expérimentales sur l'ensemble des gestes techniques les plus courants sur animal vivant et vigile. L’utilisation d’animaux est donc indispensable. L'apprentissage des gestes pourra débuter par une première approche technique sur des animaux déjà euthanasiés provenant d'autres protocoles de recherche.
Réduction
L'utilisation de chaque animal sera optimisée au maximum puisque la formation pourra se terminer par un travail sur l'animal post mortem (marquage, injection sous cutanée, injection intradermique, dissection/anatomie). Les animaux utilisés seront uniquement des animaux surnuméraires ou de génotypes inexploitables provenants des élevages internes de l'animalerie ou des anciens reproducteurs.
Raffinement
L'ensemble des animaux sera hébergé en groupes déterminés 1 semaine avant le début de la formation dans des cages enrichies de frisotis de papier, coton et cabanes en plastique rouge (souris) ou en inox (rats). Exceptés l'apprentissage de la contention et du gavage, l'ensemble des gestes sera effectué sous anesthésie générale. L'ensemble des gestes sera effectué sous contrôle direct d'un formateur (1 formateur par stagiaire) après une démonstration assurée par un formateur expérimenté. L’ensemble des animaux utilisés auront été manipulés individuellement régulièrement par le personnel de l’animalerie afin de les habituer et de limiter leur stress lors de la formation . Chaque stagiaire viendra prendre son animal et l’habituera à être manipulé avant de pratiquer la contention.
Choix des espèces
Cette saisine est une saisine d'apprentissage ou de réapprentissage de gestes techniques afin de préparer les personnes aux gestes qu'elles auront à effectuer dans leurs protocoles de recherche au sein de notre établissement utilisateur. Le rat et la souris sont les 2 espèces utilisées au sein de notre établissement utilisateur et seront donc les seules concernées. L'ensemble des animaux seront des adultes, l'âge n'étant pas important dans l'apprentissage de la plupart des gestes, il s'étalera de 7/8 semaines pour les animaux génétiquement inexploitables à 8/10 mois pour les anciens reproducteurs.
Entrainement à l’exploration échographique sur le rat
- Formation professionnelle
Dix rats reproducteurs réformés vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures d'un niveau de souffrance léger, chacun subissant jusqu'à six séances d'échographie d'une heure trente sous anesthésie, espacées de deux semaines. La veille de chaque séance, l'animal est anesthésié pour être rasé, puis dépilé à la crème le jour même, avant que l'opérateur ne manie la sonde pendant quatre-vingt-dix minutes. Ils sont ensuite tués pour servir à des mises au point de manipulations ex vivo et d'histologie. Ces soixante séances possibles ne produisent aucune donnée scientifique : elles servent à ce que trois concepteurs et deux applicateurs maîtrisent un échographe récemment acquis et testent une sonde plus silencieuse, le porteur renvoyant le bénéfice pour l'humain à "plus long terme".
Objectifs
Une partie importante de nos travaux de recherche est en relation avec la fonction cardiovasculaire et pour étendre nos moyens d’investigation dans ce domaine, notre laboratoire a acquis récemment un échographe petit animal. Avec ce projet, nous avons deux objectifs : 1 – pour devenir un expert en échographie, le concepteur doit s’entraîner régulièrement sur un rat anesthésié afin de maîtriser l'outil. 2 – lors de notre formation initiale, l’ingénieur-formateur a mieux appréhendé nos besoins et propose de tester une nouvelle sonde d’échographie qui émettra moins de bruit de fond.
Bénéfices attendus
Cette procédure permettra aux membres du laboratoire de maîtriser l’échographie cardiovasculaire. A court terme, cette technique non invasive pourra être mise en œuvre dans les nombreux protocoles expérimentaux utilisés pour nos études précliniques visant à développer des programmes de prévention des pathologies cardiovasculaires par l’activité physique et/ou la nutrition, ou pour la prévention des accidents de décompression. A plus long terme, ces connaissances pourront ensuite être transférées à l’humain dans le cadre d’études cliniques utilisant aussi l’échographie.
Procédures
Une séance d’échographie est réalisée ainsi : Chaque rat(e) sera anesthésié pour pouvoir raser les poils des zones d’intérêt la veille de l’échographie. Avant la session d’échographie qui dure 1h40, l’animal est anesthésié et maintenu au chaud grâce à un tapis chauffant. Il sera dépilé à la crème dépilatoire (durée 5 minutes environ) puis le concepteur maniera la sonde échographique pendant 1h30. Cette séance est réalisée 6 fois sur le même animal, espacée de deux semaines.
Impact sur les animaux
L'effet indésirable attendu est : - le stress lié à la contention et au temps d’induction de l’anesthésie : durée 5 minutes de gravité légère.
Devenir
Ces 10 animaux sont déjà des rats réformés de 1 an qui seront mis à mort de façon réglementaire afin de s’entraîner à la mise au point de manipulations ex-vivo et d’histologie.
Remplacement
Pour maîtriser la technique d'échographie, il est nécessaire de s'entraîner sur animal anesthésié et nous ne pouvons pas nous passer de l’utilisation d’animaux vivants.
Réduction
Nous avons pris contact avec notre SBEA pour utiliser des animaux reproducteurs-reproductrices réformés qui ne sont pas entrés en procédure expérimentale et qui sont prévus pour une mise à mort. 10 rat(e)s sont attendus sur l’année universitaire 2024-2025. Ce nombre nous permet de réitérer les gestes techniques régulièrement au maximum 6 sessions sur le même rat, espacées chacune de deux semaines. Aucune étude statistique n’est prévue car nous sommes dans le cadre d’une formation à une technique d’imagerie non invasive chez le rat. Trois concepteurs sont concernés par cette formation et deux applicateurs qui feront chacun à minima 30 sessions sur les 60 possibles.
Raffinement
Tous les actes réalisés pendant la procédure se font sous anesthésie. Les animaux sont placés sur tapis chauffant pour éviter la chute de température pendant la procédure mais aussi jusqu’au réveil des animaux concernés.
Choix des espèces
Le rat est un modèle préclinique que nous utilisons au laboratoire et sur lequel nous souhaitons maîtriser les explorations cardiovasculaires non invasives par échographie. Nous souhaitons utiliser des individus au stade adulte, matures sexuellement. Des animaux trop âgés ou trop lourds (dépassant 500g) présenteraient une taille incompatible avec la profondeur de pénétration du faisceau d’ultrasons, et ne permettraient pas d’obtenir des images cardiaques et vasculaires.
Enseignement pratique de la chirurgie mini-invasive robot-assistée
- Formation professionnelle
Chaque cochon est opéré une demi-journée, six à huit heures, par un binôme qui dissèque plusieurs organes, expose les tissus et s'exerce à la conversion en chirurgie ouverte. 100 cochons vont être utilisés, opérés sous anesthésie générale et tués avant tout réveil, sans que le projet produise de connaissances. Le porteur décrit des modèles de rein imprimés en 3D et perfusables qui permettront "à terme de s'affranchir des expérimentations animales", tout en qualifiant d'"indispensable" l'étape de formation sur tissus vivants. L'objet de la demande est l'entraînement de chirurgiens à la robotique, avec une néphrectomie partielle sur chacun des deux reins pour tirer le maximum de chaque animal.
Objectifs
Le traitement de nombreuses pathologies cancéreuses ou bénignes nécessite de la chirurgie en complément d’un traitement médicamenteux. La chirurgie conventionnelle, par une ouverture cutanée, présente des risques non négligeables pour le patient (long temps de récupération, des douleurs post-opératoires intenses et une augmentation du risque infectieux). Depuis de nombreuses années, des techniques dites mini-invasives se développent et sont devenues un standard en chirurgie. La chirurgie coelioscopique permet de diminuer les contraintes rencontrées en chirurgie ouverte mais présente certaines limites : instruments totalement rigides dépourvus d’articulation, le contrôle de l’endoscope (caméra) par une tierce personne... Une nouvelle forme de chirurgie mini-invasive a donc vu le jour : la chirurgie mini-invasive robot-assistée. Cette dernière approche va combiner les avantages des deux autres et en apporter de nouveaux. Le chirurgien va travailler assis à une console, avec une vue en trois dimensions, contrôlant des instruments complètement articulés et en toute autonomie. Néanmoins, cette technique de chirurgie innovante nécessite une phase de formation. Après des phases de simulation virtuelle, puis sur modèles biomimétiques (qui imitent le plus fidèlement possible les propriétés du rein humain) imprimés en 3D et perfusables, il reste l’étape indispensable de formation sur tissus vivants (avec vascularisation, dissection et exposition de tissus) pour former les chirurgiens. Cette étape évaluera également la fiabilité et le réalisme des modèles en cours de développement qui permettront, à terme, de s’affranchir des expérimentations animales.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra de former les chirurgiens de différents niveaux d’expérience (apprentissage, entraînement et préparation à des chirurgies complexes) à utiliser la chirurgie mini-invasive robot-assistée en toute sécurité chez l’Homme.
Procédures
Tous les animaux seront soumis à la même procédure chirurgicale : prémédication, mise en place de la perfusion, anesthésie/analgésie, chirurgie robot-assistée avec dissection sur différents organes, exposition des tissus, contrôle de l’endoscope et exercice de conversion à une chirurgie ouverte. L’ensemble des animaux ne subira cette procédure chirurgicale une seule fois avant mise à mort à la fin de la session. Ces procédures seront réalisées sous anesthésie générale accompagnée d’une analgésie et durent environ une demi-journée (6 à 8h max).
Impact sur les animaux
Le transport de l’animal au bloc opératoire et la chirurgie seront les deux points où l’animal pourrait ressentir du stress, de la douleur ou de la souffrance. Afin d’éviter cela, des protocoles précis de prémédication, de sédation, d’anesthésie et d’analgésie seront respectés.
Devenir
L’objet de la DAP est l'entrainement des chirurgiens aux techniques chirurgicales. De ce fait, les animaux seront tous euthanasiés après la chirurgie.
Remplacement
Les premières phases de formation se feront par l’utilisation de méthodes alternatives (simulation virtuelle, modèles biomimétiques imprimés en 3D). Une fois le chirurgien prêt, il évoluera vers un apprentissage technique sur animal en suivant un protocole strict. De plus, les chirurgiens qui souhaitent accéder à la robotique doivent se former sur l'équipement avant de pouvoir mettre en pratique les gestes opératoires assistés par le robot sur des patients. A ce jour, nous n'avons pas les moyens techniques pour remplacer cette formation par des méthodes in vitro ou artificielles.
Réduction
Le nombre de porcs sera réduit au minimum, à raison d’un animal par binôme avec une optimisation de chaque animal sur lequel plusieurs gestes chirurgicaux par temps opératoire pourront être effectués (néphrectomies partielles robot-assistées sur les deux reins par exemple).
Raffinement
Les animaux utilisés pour cette formation proviennent d’un éleveur agréé. Ils sont identifiés et transportés dans des conditions confortables sur de la sciure dans le camion. Une prémédication sera réalisée à leur arrivée pour diminuer leur niveau de stress. Afin de réduire au maximum la souffrance et douleur de l’animal lors de la chirurgie, ils seront sous anesthésie et analgésie. Le protocole prévoit des procédures mini-invasives réalisées sous anesthésie générale par un chirurgien avec monitoring des points vitaux de l’animal. Tous les animaux seront soumis à une procédure sans réveil. Des points limites seront définis afin de respecter le bien-être animal et pourront entraîner l’arrêt immédiat des manipulations (sur décision du personnel formé à l’expérimentation animale (niveau concepteur ou opérateur )
Choix des espèces
La taille du cochon est adaptée à l’utilisation du système de robotique, des instruments de chirurgie, de l’endoscope, conçus pour l’Homme. Leur anatomie est homologue (espèce monogastrique) pour modéliser les voies d’abords et les pratiques en chirurgie viscérale. Jeunes adultes entre 30 et 60 kg : la taille des organes des porcs à ce stade de croissance correspond déjà à ce qui peut être observé en clinique chez l’Homme, il offre les repères anatomiques recherchés par le praticien et permet d’utiliser les mêmes équipements et matériels chirurgicaux que chez le patient.
Formation des praticiens hospitaliers à la ventilation liquidienne chez le porc et tests de tolérance
- Formation professionnelle
Dix binômes de praticiens hospitaliers viennent s'entraîner à manier un ventilateur liquidien, à raison d'un animal par binôme. 20 cochons de 40 à 100 kg vont être utilisés au total, tous tués, une partie sans jamais avoir été réveillée, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chaque animal subit deux heures de chirurgie sous ventilation gazeuse puis une heure de ventilation des poumons par un liquide, avec des prélèvements de sang tout au long, avant d'être tué une heure ou vingt-quatre heures plus tard et autopsié. La formation comprend d'abord le visionnage d'une vidéo, et le porteur juge le passage par l'animal vivant "primordial" pour valider les échanges gazeux selon les cas cliniques présentés.
Objectifs
L’arrêt cardiaque extra-hospitalier est à l’origine d’environ 700 000 décès chaque année en Europe et aux Etats-Unis. Afin d’améliorer la prise en charge de ces patients, une piste thérapeutique prometteuse est le refroidissement rapide de l’organisme après la réanimation d’un arrêt cardiaque. Le projet de ventilation liquide hypothermisante (VLT) consiste à ventiler les poumons avec des liquides permettant des échanges gazeux au décours d’un arrêt cardiaque. Dans la perspective d’un essai clinique, il est donc nécessaire de former les praticiens hospitaliers pour l’utilisation du ventilateur liquidien chez les patients. En parallèle de l’essai clinique, des tests pré-cliniques pourront être aussi nécessaire de façon à tester d’éventuelles modifications du dispositif dans les suites des résultats cliniques.
Bénéfices attendus
Nous évaluerons la capacité des praticiens hospitaliers à se familiariser avec la procédure de VLT qui est spécifique et différente avec les procédures usuelles de ventilation conventionnelle en service de réanimation. Nous permettrons à chaque session de formation de présenter une partie théorique et une partie pratique sur le ventilateur liquidien. Au terme des 4 heures de formation, nous validerons par des situations cliniques la capacité du praticien à gérer de manière autonome le ventilateur. Suite aux premiers tests cliniques, il pourrait être nécessaire de modifier divers éléments du dispositif (par exemple, interface homme-machine, éléments de « usability »), qui nécessiteront éventuellement une validation chez l’animal avant implémentation sur le dispositif clinique.
Procédures
Tous les animaux seront soumis à une procédure chirurgicale de 2 heures sous ventilation gazeuse et à une ventilation liquide de 1 heure. Les animaux seront maintenus sous ventilation gazeuse puis mis à mort selon la procédure à 1 heure ou 24 heures après la fin de la ventilation liquidienne totale. Des prélèvements sanguins à l'état anesthésié seront réalisés tout le long de la procédure.
Impact sur les animaux
Certains animaux seront anesthésiés tout au long du suivi. D'autres animaux seront réveillés. Dans ce cas, le principal effet indésirable susceptible d’être provoqué par la ventilation liquidienne totale est une insuffisance respiratoire au décours de la VLT en cas de défaillance du dispositif. Cet effet n’est pas attendu avec les versions actuelles qui contrôlent précisément les paramètres ventilatoires.
Devenir
En fin de protocole, une autopsie sera réalisée. Tous les animaux seront donc mis à mort en fin de protocole.
Remplacement
Dans le cadre de la formation des praticiens, nous distinguerons 2 étapes. La première partie sera théorique, les praticiens prendront connaissance du dispositif par le visionnage d’une vidéo. La seconde partie sera sous forme de travaux pratiques en lien avec la vidéo présentée au préalable. Le dispositif de ventilation liquide doit être utilisé in vivo pour évaluer l’ensemble de ses performances et la sécurité d’emploi auprès des utilisateurs. En effet, les effets du dispositif sont très intégratifs avec l’induction d’une hypothermie par l’intermédiaire du poumon. La nécessité d’évaluer les échanges gazeux sanguins selon les cas cliniques présentés dans la vidéo de visionnage est primordiale. Le suivi des échanges gazeux, des paramètres hémodynamiques et des échanges thermiques entre les différents compartiments de l’organisme ne peut se faire que in vivo.
Réduction
La procédure 1 est basée sur la formation des praticiens hospitaliers à raison d’un binôme d’utilisateurs (un praticien et un soignant paramédical) pour un animal. Nous formerons 10 binômes hospitaliers représentant 10 animaux. La procédure 2 est basée sur l’évaluation de modifications susceptibles d’être requises après les premières évaluations chez l’homme. Ainsi un seul groupe est suffisant dans chaque procédure. Dans la procédure 1, nous prévoyons d’utiliser 10 animaux. Dans la procédure 2, afin de limiter le nombre de tests sur animaux, la plupart des évaluations sont effectuées in vitro pour valider les performances du dispositif sur tous les éléments possibles dans ces conditions. Le nombre d’animaux utilisés sera donc de 10 animaux pour cette procédure. Nous envisageons donc d’inclure un total de 20 animaux.
Raffinement
Dès leur arrivée à l’animalerie, les animaux seront hébergés dans des boxes avec des copeaux de bois au sol et enrichissement avec des jouets en plastique. Les animaux seront maintenus sous anesthésie générale, avec administration d’antalgiques puissants, tout au long des procédures. Des points limites précis ont été définis pour détecter les signes précurseurs d’effets indésirables de la procédure (i.e., troubles respiratoires potentiels après le réveil des animaux), afin de les prendre en charge, voire mettre à mort les animaux si nécessaire avant l’apparition d‘un inconfort non traitable.
Choix des espèces
Notre choix s’est porté sur l’espèce porcine compte tenu de sa proximité avec l’homme au vu de sa masse corporelle, de son anatomie cardiaque et des valeurs usuelles des paramètres hémodynamiques systémiques et cérébraux. Porcs de 40 à 100 kg, correspondant aux poids des patients susceptibles d’être traités par la procédure.
Ciblage spécifique de cellules de la rétine à l’aide d’outils de thérapies géniques pour traiter la maladie de Stargardt
- Formation professionnelle
- Recherche appliquée
- Troubles sensoriels
424 rats vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, tous tués pour l'analyse de leurs tissus. Sevrés à un mois, ils reçoivent jusqu'à deux injections sous la rétine sous anesthésie générale, subissent jusqu'à six examens du fond d'œil et trois électrorétinogrammes, et jusqu'à quatre prélèvements de sang à la jugulaire portant chacun sur 10 à 15 % de leur volume sanguin. Le projet teste des outils de thérapie génique contre la maladie de Stargardt et sert aussi, selon les finalités déclarées, à la formation professionnelle. Le porteur justifie le choix du rat par la taille de l'œil, cinq fois plus gros que celui de la souris, qui facilite l'injection et permet, écrit-il, de récolter suffisamment de matériel après la mort de l'animal.
Objectifs
La maladie de Stargardt est une maladie génétique rare qui touche les yeux, et plus particulièrement la rétine, une partie essentielle pour voir. Elle affecte surtout une zone appelée la macula, qui nous permet de voir les détails et de bien voir en plein jour. Environ 1 personne sur 8 000 à 10 000 est concernée par cette maladie. Dans la rétine, il y a des cellules qui réagissent à la lumière, appelées photorécepteurs, qui utilisent de la vitamine A. Mais quand ces cellules captent de la lumière, elles produisent des déchets toxiques. Normalement, une protéine, la ABCA4, aide à se débarrasser de ces déchets. Cependant, quand il y a un problème dans le gène ABCA4, les déchets s'accumulent et détruisent ces cellules, ainsi que d'autres cellules importantes dans l’œil. Pour l’instant, il n’y a pas de traitement pour cette maladie. Des chercheurs essaient d’utiliser une technique appelée thérapie génique pour corriger le gène ABCA4. Ils envisagent d’utiliser CRISPR/Cas9, un outil pour modifier les gènes. Le problème, c’est que le gène ABCA4 est trop grand pour être inséré facilement dans les cellules avec les méthodes actuelles, comme avec des vecteurs viraux (des virus modifiés qui servent de transporteurs). Les scientifiques cherchent donc à améliorer ces vecteurs et à essayer d’autres solutions, comme utiliser des mini-versions du gène ou des "nanoblades", sortes de petites "lames" moléculaires, avec des lentivirus (autres types de transporteurs). Les nanoblades ont déjà été testées dans d’autres parties du corps, mais pas encore dans l’œil. Enfin, un autre souci avec les vecteurs viraux est qu’ils peuvent déclencher une réaction du système immunitaire ou que leur effet ne dure pas assez longtemps. Les chercheurs doivent donc bien évaluer ces nouvelles approches pour trouver la meilleure solution pour traiter la maladie de Stargardt.
Bénéfices attendus
En thérapie génique, plusieurs facteurs peuvent provoquer une réaction du système immunitaire, comme la quantité de vecteur utilisé, le type de gène ajouté, ou la façon dont le traitement est administré. Pour la maladie de Stargardt, le gène ABCA4 est très grand, ce qui complique son insertion dans les vecteurs viraux habituels, comme les AAV (Virus Adéno-Associés). Cette étude vise à trouver la meilleure manière de corriger le gène ABCA4 et s’assurer qu’il n’y a pas de réponse immunitaire après l'insertion du gène dans l’œil. La technique CRISPR/Cas9 (outil moléculaire qui permet de couper des parties ciblées de l'ADN), déjà testée pour une autre maladie des yeux, offre de l’espoir pour traiter la perte de vision due à la maladie de Stargardt. L’utilisation d’un minigène permettrait de réparer plusieurs parties du gène ABCA4 en même temps, ce qui pourrait aider de nombreux patients avec des mutations différentes. En combinant les lentivirus et les nanoblades, les chercheurs espèrent améliorer l’efficacité du traitement, cibler précisément les cellules touchées, réduire la quantité de vecteur viral nécessaire et rendre l’intégration du gène plus sûre dans les cellules. Si cette approche fonctionne, elle pourrait non seulement soigner la maladie de Stargardt, mais aussi d’autres maladies liées à des gènes similaires
Procédures
(i) Injection sous-rétinienne (ISR) : Geste réalisé sous anesthésie générale avec anesthésie locale, durée de la chirurgie 30 minutes maximum. Pour l’évaluation de certaines stratégies, jusqu’à deux ISR seront réalisées, espacées de 3 semaines. (ii) Imagerie rétinienne (FO-OCT : Fond d’œil – Tomographie en Cohérence Optique) : Geste réalisé sous anesthésie générale avec anesthésie locale, durée de l’examen 30 minutes maximum. Si les animaux sont gardés 3 mois (temps maximum post injection), ils auront au maximum 6 FO-OCT. (iii) Imagerie rétinienne (ERG : Electro-Rétinogramme) : Geste réalisé sous anesthésie générale avec anesthésie locale, durée de l’examen 30 minutes maximum. Si les animaux sont gardés 3 mois (temps maximum post injection), ils auront au maximum 3 ERG. (iv) Prélèvements sanguins : Geste réalisé sous anesthésie générale, un volume sanguin correspondant à 10-15% maximum du volume sanguin circulant de l'animal sera prélevé au niveau de la veine jugulaire après anesthésie gazeuse de l'animal. Durée de l’anesthésie 10 minutes maximum. Si les animaux sont gardés 3 mois (temps maximum post injection), ils auront au maximum 4 prélèvements sanguins qui seront espacés d’au moins 2 semaines. Toutes les anesthésies seront espacées d’au moins une semaine pour laisser un temps de récupération à l’animal.
Impact sur les animaux
A ce jour, l’administration sous rétinienne de vecteurs chez le rat n’a pas d’effet délétère notable sur la morphologie et la fonction rétinienne ni sur l’état de santé général de l’animal. Nous nous attendons donc à une douleur minime liée à l’injection. Le modèle rat est un modèle qui tolère bien des injections de fortes doses de vecteur en sous rétinien. Cette douleur ne devrait pas dépasser les 12 heures post chirurgical. Les anesthésies répétées peuvent stresser les animaux mais celles-ci seront espacées d’au moins une semaine et les animaux seront surveillés au moins une heure après leur réveil par l’expérimentateur, la récupération devrait être rapide car les animaux seront soit sous anesthésie gazeuse ou recevront un réversif (en cas d’anesthésie fixe) pour accélérer le réveil et la récupération de l’animal.
Devenir
L'euthanasie des animaux est nécessaire pour obtenir les échantillons de tissus sur lesquels s'appuieront les analyses moléculaires, biochimiques, immunologiques et histologiques réalisées.
Remplacement
Des premiers tests ont été réalisés sur des cellules en laboratoire pour évaluer l'efficacité de différents systèmes de thérapie génique. Cependant, ces modèles en laboratoire ne peuvent pas reproduire toute la complexité des interactions biologiques présentes dans un organisme vivant. Cela rend difficile la reproduction de ces résultats dans un corps vivant. En laboratoire, il est aussi impossible de vérifier la répartition du traitement dans le corps ou son efficacité thérapeutique complète. La rétine de l'œil, qui est une structure complexe faite de plusieurs couches de neurones et de cellules nourricières, ne peut pas être recréée parfaitement en laboratoire. Même avec des méthodes utilisant des cellules souches, il est difficile de tester les interactions complexes du cycle visuel. C'est pourquoi l'utilisation de modèles animaux est essentielle pour étudier comment les gènes se comportent dans la rétine avant de commencer les essais cliniques sur l'homme. Les rats sont préférés aux souris pour ces études car leurs yeux sont cinq fois plus gros, ce qui facilite l'injection et assure une meilleure répartition du traitement. De plus, la taille de leurs yeux permet de récolter suffisamment de matériel pour les analyses après leur mort.
Réduction
Nous utiliserons le nombre minimum d'animaux nécessaire pour nos expériences. Ce nombre est basé sur des tests similaires que nous avons déjà effectués. En examinant les études publiées et notre propre expérience en laboratoire, nous avons déterminé que 8 animaux par groupe sont suffisants pour obtenir des résultats fiables. Après l’expérience, nous nous attendons à obtenir des variables (liées à nos données) ordinales. Nous ne pouvons pas raisonnablement supposer que les données seront normalement distribuées, par conséquent, nous pensons essentiellement utiliser des tests statistiques pour analyser les données générées par l’expérience.
Raffinement
Toutes les interventions sur les animaux seront réalisées sous anesthésie générale et locale pour minimiser la douleur. Si nécessaire, des analgésiques et anti-inflammatoires seront ajoutés. Les animaux seront surveillés chaque jour et le vétérinaire sera informé dès que des signes de détresse apparaîtront pour adapter les soins. Pour leur bien-être, les animaux seront hébergés par paire dans des cages enrichies avec du papier froissé, des bûchettes de bois et des tunnels. Si un animal doit être hébergé seul, nous augmenterons les éléments d'enrichissement pour lui. Ils auront toujours accès à la nourriture et à l'eau en permanence. Nous appliquerons des critères d'arrêt stricts pour intervenir rapidement en cas de souffrance, en fournissant des traitements pour la douleur ou en prenant la décision d'une euthanasie si nécessaire.
Choix des espèces
Nous utilisons des rats Long Evans, qui ne sont pas albinos, car leur vision est moins affectée par l'âge, ce qui est important pour analyser l'effet des traitements sur la structure de la rétine. Pour tester l'efficacité, nous utilisons des rats génétiquement modifiés pour avoir la maladie de Stargardt. Ces rats, provenant de la lignée Sprague Dawley, ont été créés avec la technologie CRISPR/Cas9, qui nous a permis de produire des rats n’exprimant plus le gène ABCA4 (ABCA-/-). Nous avons confirmé que ce modèle présente les caractéristiques attendues de la maladie, avec des problèmes métaboliques dans la rétine similaire à ceux observés chez les patients. Les rats seront des jeunes sevrés (à l’âge d’un mois) pour que leur manipulation soit plus aisée et que l’injection soit plus simple. Plus l’âge augmente plus la taille de l’œil est importante et plus le maintien de l’œil pour l’injection est complexe. Si l’injection est simplifiée, elle prendra moins de temps, l’anesthésie sera de plus courte durée et les résultats seront plus reproductibles.