Conservation des espèces
- Enseignement supérieur et formation professionnelle
- Maintien des lignées génétiquement modifiées
- Production de routine
- Protection de l’environnement
- Recherche appliquée
- Recherche fondamentale
- Tests réglementaires
Suivi en télémétrie de la dévalaison de l’anguille argentée en lagune
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
160 anguilles européennes vont être utilisées, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, avant d'être relâchées dans le milieu naturel. Chaque individu est capturé, anesthésié, puis équipé par chirurgie d'un émetteur acoustique et d'une marque RFID implantés sous la peau avec un à trois points de suture, pour suivre en télémétrie la migration de dévalaison en lagune. Le porteur indique que le stress de la capture et du marquage peut retarder la migration, et écarte les individus déjà blessés ou en mauvais état sanitaire. Il affirme qu'il est "indispensable" d'étudier des anguilles sauvages capturées dans le milieu, l'espèce étant présentée comme menacée d'extinction.
Objectifs
Ce projet a pour objectif (i) de mieux connaître la dynamique de dévalaison à l'intérieur d'un système lagunaire, (ii) d'étudier la diversité des comportements migratoires et (iii) d'évaluer le succès de deux projets de restauration de la continuité hydrobiologique.
Bénéfices attendus
L'analyse des détections enregistrées par les stations d'écoute fixes et mobiles permettront de : i) S'assurer du bon déroulé de l'opération de marquage et de la survie des individus, -ii) Etudier le comportement des individus relâchés après l'opération de marquage : sont-ils immédiatement mobiles ou non ? - iii) Etudier comportements migratoires des individus : est-ce qu'ils dévalent tous ou certains remontent-ils au contraire le cours d'eau ? -iv) Connaître à quel moment les individus prennent la direction de la mer -v) Evaluer combien d'individus parmi ceux qui ont été détectés partis des bassins amont parviennent jusqu'aux portes de la mer - vi) Estimer la durée nécessaire pour les individus de parcourir la distance entre l'embouchure des bassins et les portes de la mer -vii) Evaluer si les voies de connexion restaurées sont utilisées par les anguilles pour rejoindre la mer -ix) Mieux connaître la diversité des comportements de dévalaison. Les résultats obtenus pourront éventuellement permettre de formuler des préconisations pour la gestion des ouvrages de connexion, afin d'optimiser le retour en mer des anguilles.
Procédures
Capture dans un vereux (nasse) : relève toutes les 24h approximativement. Facultatif : Si trop de captures, mise en couve jusqu'à 3 jours maximum. Stabulation dans un bac obscur et aéré : de 5 min à 4h Bain anesthésiant: 5 à 15 min Injection analgésique : 2 s Marquage avec une fermeture de la plaie à l'aide de 1 à 3 points de suture : 2 à 5 min Phase de réveil sous surveillance : de 10 à 30 min Stabulation avant relâcher : de 5 min à 2h
Impact sur les animaux
Le stress de la capture et du marquage est susceptible de retarder la migration des individus.
Devenir
L’ensemble des animaux sera remis en liberté à la suite de leur marquage, ce qui est primordial pour répondre à l’objectif de l’étude.
Remplacement
L’étude portant sur le comportement de poissons en milieu naturel, l’expérimentation doit être réalisée avec des individus capturés dans le milieu, et ne peut donc s’affranchir de l’emploi de poissons sauvages.
Réduction
Le milieu étudié présentant des densités d'anguilles élevées, il est nécessaire de suivre un maximum d'individus afin de pouvoir obtenir des résultats robustes et représentatifs de l'ensemble des deux sous-populations ciblées. De plus, au niveau des embouchures des bassins ciblés, des individus peuvent se faire éventuellement prédater par des silures. Et entre l'embouchure des bassins ciblés et les portes de la mer, les anguilles peuvent être prélevées par les pêcheurs professionnels ou la prédation aviaire. Par conséquent, un nombre suffisamment élevé d'individus doivent être marqués pour optimiser les probabilités d'avoir suffisamment d'individus qui parviennent jusqu'aux sorties de l'hydrosystème du Vaccarès. Dans le cadre de cette étude pilote, un total de 40 individus par bassin et par saison de dévalaison (octobre à mai), soit un total de 80 pour une année de suivi, et 160 si deux années de suivi sont réalisées, seront marqués. Le choix de ce nombre est un compromis entre avoir suffisamment d'individus pour obtenir des résultats robustes (n>>30 par bassin et par saison de suivi) et avoir suffisamment de moyens financiers pour y parvenir (coût des marques acoustiques relativement élevées >400€). Si les retours d'expérience sont favorables, un déploiement à plus grande échelle sera éventuellement envisagé.
Raffinement
Un individu qui présente des marques externes de blessures prononcées (souvent d'origine de prédateurs aviaires) ou d'autres signes d'état sanitaire dégradé (kystes, parasites, opacité des yeux, etc.) ne sera pas utilisé dans le cadre de cette procédure. Le marquage des individus s'effectue sous anesthésie et analgésie pour limiter au maximum la douleur. Un individu qui présente un comportement anormal lors de son anesthésie: des signaux d'hyperventilation ou de tremblements sera immédiatement placé dans le bac de réveil et ne sera donc pas traité. Les bacs de stabulation seront noirs, de manière à favoriser l'obscurité et diminuer le stress des individus pendant les phases de stabulation (avant leur traitement et pendant la phase de réveil). La densité des individus par bac sera limitée à 40kg/L. Et les bacs seront brassés par des aérateurs pour favoriser le brassage et l'oxygénation de l'eau. Les bacs seront placés à l'ombre pour éviter que l'eau se réchauffe excessivement. Une fois un individu marqué, il pourra être détecté en continu à plusieurs points de passage, aux points de sorties des bassins ciblées ainsi qu'aux portes de la mer, de manière continue. Ces suivis télémétriques (RFID et acoustique) constituent un moyen de raffiner le suivi en capture-marquage-recapture, puisqu'il permet de suivre à distance le déplacement d'individus marqués (de recapturer leur signalement) sans avoir à les manipuler à nouveau.
Choix des espèces
L’anguille européenne est une espèce migratrice amphihaline catadrome qui présente un cycle de vie unique, et qui est actuellement menacée d'extinction. Afin de mieux comprendre ses déplacements et en particulier de mettre en place des dispositions pour optimiser son retour en mer, il est indispensable d’étudier des individus de cette espèce. Dans le cadre de cette étude, uniquement des anguilles femelles argentées de plus de 50 cm, ayant un poids suffisamment important (>400g) pour supporter l’implantation de transpondeurs sans affecter leurs constantes vitales, seront utilisées. L'implantation de transpondeurs correspond à un lestage total de 5.1g dans l'air, avec une marque RFID de 23 mm de long qui pèse 0.6 g et un émetteur acoustique de 9mm de diamètre qui pèse 4.5g dans l'air (et 2.7g dans l'eau). L’impact des implants est négligeable lorsque leur masse est inférieure à 2.5% de celle du poisson, ce qui se vérifie ici.
Etude des déplacements des salmonidés migrateurs dans les petits fleuves côtiers
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
120 saumons atlantiques et truites de mer vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, relâchés dans le milieu naturel après pose du matériel puis, pour une partie, recapturés et tués. Chaque poisson reçoit sous anesthésie un émetteur inséré dans l'estomac par la bouche et une puce RFID par trocart, un geste que le porteur décrit comme induisant un malaise passager et une douleur modérée. Les individus sont suivis par radiopistage jusqu'à la reproduction, certains mourant naturellement ou par pêche, d'autres euthanasiés à la recapture pour récupérer l'émetteur. L'étude vise à décrire la recolonisation d'un bassin côtier après l'arasement de barrages.
Objectifs
Les populations de saumon Atlantique et de truites de mer (Salmonidés) ont chuté de 70% depuis les années 1970. La France abrite des populations de ces espèces qui ont une très forte valeur patrimoniale et leur conservation est un enjeu fort. La fragmentation des cours d'eau par des ouvrages comme les barrages est une des causes principales du déclin de ces espèces et la reconnexion des habitats essentiels à l’accomplissement du cycle de vie est un levier pour gérer les populations. L'objectif du projet est d'évaluer les modalités de recolonisation, par les salmonidés migrateurs amphihalins, d'un bassin versant côtier suite à l'arasement de grands barrages. entre 2019 et 2022, une première phase du projet a eu vocation a décrire les déplacements des poissons dans le bassin versant avant l'arasement du barrage et a fourni un état de référence.
Bénéfices attendus
Les connaissances produites sur le comportement des poissons permettront de mieux gérer les populations en protégeant leur habitat par exemple.
Procédures
Les animaux sont soumis à 2 interventions consécutives (réalisées lors de la même anesthésie) et ponctuelles dans la même procédure : l'insertion d'un émetteur dans l'estomac via la bouche et l'oesophage à l'aide d'un tube poussoir et l'insertion d'une puce RFID pour l'identification à l'aide d'un trocart.
Impact sur les animaux
L'insertion d’un émetteur radio dans l’estomac par la bouche est susceptible d'induire un malaise passager (par la suite, la présence de l'émetteur dans l'estomac par la suite est supposé ne pas être problématique car les individus ne s'alimentent plus à ce stade de leur développement). L'insertion d’une puce électronique RFID pour identification à l'aide d'un trocart dans la cavité générale des salmonidés est susceptible d'induire une douleur modérée. Ces interventions sont réalisées sous anesthésie de façon à limiter les nuisances.
Devenir
Après l'insertion du matériel biologique entre juin et août, les poissons sont relâchés dans le milieu naturel pour être suivi par radiopistage jusqu'à la reproduction qui a lieu en décembre. A l'issue de cette période, soit les individus sont morts naturellement ou par pêche, soit ils sont recapturés après la reproduction et euthanasiés par surdose d'anesthésique de façon à récupérer l'émetteur et les données enregistrées.
Remplacement
L’objectif étant l’apport de connaissances sur les comportements migratoires et l’utilisation de l’habitat de ces deux espèces en milieu naturel, le remplacement est impossible.
Réduction
Le nombre annuel d’adultes du genre Salmo (40, essentiellement des saumons, les truites de mer étant très rares dans les captures) résulte d'un compromis entre 3 éléments : 1- la nécessité de ne pas impacter significativement les populations sauvages (par ailleurs sujettes à la pêche de loisir) et la difficulté de capturer les individus. 2- l'acquisition d'une quantité de données suffisante pour fournir une image de la diversité des comportements. L'expérience de 4 années de suivi montre que les comportements varient entre individus au sein d'une année, mais également d'une année à l'autre (en lien avec les conditions environnementales notamment). Ainsi, l'accumulation de données sur plusieurs années est nécessaire pour bien décrire la migration des salmonidés. 3- Il existe une mortalité naturelle et liée à la pêche de loisir (cette dernière pouvant atteindre 10% des effectifs de poissons étudiés) qui réduit les effectifs au cours de l'étude.
Raffinement
Les principales mesures de raffinement concernent la limitation des nuisances (angoisse et douleur) lors de la manipulation des animaux avant, pendant et après les procédures. Les poissons capturés seront anesthésiés avant toute manipulation. Les conditions environnementales d'importance première pour les poissons (température et oxygénation de l'eau) seront contrôlées avant, pendant et après la capture et l'opération. Les individus seront gardés en observation dans un vivier placé dans la rivière afin de contôler la façon dont ils récupèrent de l'anesthésie et seront relâchés lorsqu'ils auront retrouvé un comportement actif normal (équilibre dans la colonne d'eau, nage).
Choix des espèces
Les populations de saumon Atlantique et de truites de mer (Salmonidés) ont chuté de 70% depuis les années 1970. La France abrite des populations de ces espèces qui ont une très forte valeur patrimoniale et leur conservation est un enjeu fort. La fragmentation des cours d'eau par des ouvrages comme les barrages est une des causes principales du déclin de ces espèces et la reconnexion des habitats essentiels à l’accomplissement du cycle de vie est un levier pour gérer les populations. L'objectif du projet est d'évaluer les modalités de recolonisation d'un bassin versant côtier suite à l'arasement de grands barrages par les salmonidés migrateurs amphihalins. Les individus seront des adultes de retour en rivière après la phase de croissance en mer. Les connaissances sur ce stade de vie sensible sont encore très éparses, mais on sait que les individus sont exposés à de multiples stress en particulier les modifications de la continuité écologique qui peut réduire l'accès aux sites de reproduction situés en amont.
Test d’efficacité d’une passe spécifique à anguilles
- Conservation des espèces
2500 anguilles européennes vont être capturées et utilisées, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, puis relâchées dans le milieu naturel. Chaque individu est anesthésié et reçoit une marque numérotée insérée dans la cavité abdominale, dans un protocole de marquage-recapture destiné à mesurer l'efficacité d'une passe à poissons. Le porteur agit sur une espèce menacée et affirme n'avoir "pas d'autre choix" que d'utiliser l'anguille elle-même, en limitant le marquage à un quart des individus en migration. Les manipulations visent l'aménagement d'un ouvrage hydraulique, présenté comme le moyen d'évaluer la continuité écologique.
Objectifs
La population d'anguilles à l'échelle européenne et française est dans une situation alarmante. De nombreuses passes spécifiques anguilles sont installées sur la plupart des obstacles à la migration lorsqu'une démarche de rétablissement de la continuité écologique est mise en place. L'efficacité de telles passes est plus ou moins connue suivant les sites. L'emplacement de ces passes au niveau de l'ouvrage est crucial au regard de son efficacité. Le second élément crucial qui conditionne l’efficacité de la passe est l'attractivité pour les anguilles. La moindre modification des conditions hydrauliques proches de l’entrée de la passe peut permettre d’améliorer l’efficacité ou au contraire modifier son efficacité. L'objectif de ce projet est d'évaluer l'efficacité d'une passe et de l'améliorer pour faciliter le passage des anguilles en montaison. Un nombre d’anguilles en migration est seulement le reflet des individus en migration sur l’ouvrage, et non le reflet des individus en attente en aval, et qui ne réussissent pas à emprunter l’obstacle. Seul un suivi avec marquage-recapture permet d’avoir une idée de l’efficacité. Le nombre d'anguilles marquées qui empruntent de nouveau la passe à anguilles est utilisé à la fois de manière brute en regardant le pourcentage ayant migré en lien avec les conditions environnementales mais également en analysant les délais de recapture des individus. Plus le délai de recapture est court plus les individus trouvent facilement l'entrée et donc l'attractivité est élevée.
Bénéfices attendus
L'objectif principal de cette étude est de renforcer l'évaluation de l’efficacité d'une passse à anguilles en fonction de la gestion des systèmes hydrauliques avoisinant et conditionnant son attractivité pour les anguilles, et ainsi favoriser la migration des anguilles vers les secteurs amont, rendant accessible des secteurs propices à leur croissance. L'objectif est d'améliorer l'efficacité et faciliter son accés aux anguilles.
Procédures
Les individus seront anesthésiés puis marqués avec des marques avec numéro individuel de taille adaptée au poids de l'animal afin de ne pas impacter le comportement de l'individu. L'intervention sur chaque individu durera quelques minutes, entre l'anesthésie, le marquage, le réveil et le retour dans le milieu naturel. Les marques sont placées dans la cavité abdominale. 2500 anguilles seront marquées sur la durée de l'expérimentation , sur une population en migration pouvant aller annuellement jusqu'à 200 000 individus.
Impact sur les animaux
Toutes les données disponibles antérieures sur les anguilles permettent d’avoir des courbes de correspondances taille / poids importantes. Ainsi afin de respecter le ratio de 2% du poids du poisson, nous savons que nous ne pourrons pas marquer d’individus de moins de 13cm avec des marques de 8mm et de moins de 20 cm avec les marques de 12mm. Pour les individus proches de ces tailles, le poids est vérifié avant marquage. Avant marquage, les anguilles sont scannées afin de vérifier qu'elles ne sont pas déjà porteuses d'une marque. Si c'est le cas, elles sont immédiatement remises à l'eau. Cela permet de ne pas utiliser deux fois le même animal. Les deux types de marques sont tout de même utilisés, pour limiter le risque de non détection des marques quand les anguilles grandiront. La distance de détection des marques 12mm est plus importante, et certains individus ont été détectés 15 à 20 ans après au moment de la dévalaison ces dernières années. Cependant les individus peuvent être stressés par le piégeage et le marquage. Tout sera mis en œuvre pour réduire ce stress avec un temps de piégeage réduit (max une nuit), et un renouvellement constant de l’eau du bac de repos, ainsi que du bac de réveil après marquage. Dans le bac de réveil, des plantes aquatiques seront installées afin d’offrir des caches aux anguilles, et de réduire leur stress.
Devenir
tous les individus en fin de procédure seront remis dans le milieu naturel
Remplacement
L'étude cible la migration de l'anguille et son comportement au moment du franchissement d'un aménagement spécifique installé devant un obstacle à la migration. Les obstacles à la migration sont un problème majeur à la sauvegarde et restauration de l'espèce et de nombreuses questions restent encore en suspens.
Réduction
Sur les 5 ans, le nombre maximum d’anguilles marqué sera de 2 500 anguilles (500 par an). Les données recueillies sur la base d’un marquage de 500 anguilles par an permet d’avoir un reflet fidèle du comportement migratoire des anguilles de l’année. Les marquages se font en plusieurs fois, et c’est lors de ces marquages que nous nous assurons de ne pas dépasser un maximum de 25% des anguilles migrantes. Le nombre d’anguilles marquées à chaque session tient compte des anguilles en migration à ce moment-là.
Raffinement
Les piégeages des anguilles en amont de la passe spécifique se fera la nuit, ce qui permettra de réduire le stress des individus. Le marquage commencera dès le matin. Lors de l’anesthésie et toujours dans une optique de réduction du stress, l’eau du cours d'eau, sera utilisée afin de ne pas changer l’eau de stabulation et de vie des poissons. Le réveil se fera également dans l’eau du cours d'eau, cette eau sera renouvelée très régulièrement, et des végétaux aquatiques seront installés dans le bac de réveil. Il a été constaté lors de précédents suivis que la mise en place de végétaux aquatiques dans le bac de réveil réduit de manière drastique le stress des anguilles qui se camouflent sous ces herbiers. Les anguilles sont anesthésiées pendant les manipulations. Un linge humide permet de manipuler les individus afin de protéger le mucus.
Choix des espèces
Cette opération a pour objectif de suivre le comportement d’une espèce sauvage, l'Anguille européenne, lors de sa migration. Nous n'avons pas d'autre choix que d'utiliser cette espèce. Les anguilles marquées sont celles en migration au niveau des passes spécifiques. Leur taille médiane est de 160 mm, les individus allant de 130mm à 260mm environ. Deux types de marques seront utilisées en fonction du poids des individus, sachant que les plus petites marques (8mm) ne pourront être utilisées sur des individus de taille inférieure à 130mm. Lors de cette migration, le stade de développement des anguilles fiat que l'on parle d'"anguilles jaunes".
Utilisation du furet comme modèle expérimental pour le développement de méthodes de reproduction assistée en captivité du vison d’Europe
- Conservation des espèces
8 furets, quatre mâles et quatre femelles, vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, puis proposés à l'adoption. Ils subissent des anesthésies générales répétées pour des prélèvements sanguins, des prélèvements de semence par électrostimulation et des inséminations, l'induction d'ovulation pouvant favoriser une pathologie utérine. L'objectif est de mettre au point une insémination artificielle transposable au vison d'Europe, espèce menacée. Le porteur affirme qu'il n'est "pas envisageable" d'expérimenter d'abord sur une espèce devenue rare et qu'aucune modélisation ne peut remplacer le vivant.
Objectifs
Le vison d’Europe (Mustela lutreola) est une espèce de mustélidés vivant encore à l’état sauvage dans le Sud-Ouest de la France mais classée « en danger critique » sur liste rouge de l’Annexe I établie par l’UICN depuis 2011. Elle se reproduit très mal en captivité. Il existe une petite population captive en France. Le projet vise à développer une méthode de reproduction assistée en captivité pour renforcer les élevages conservatoires de l’espèce en vue de relâcher des individus dans le milieu naturel. Pour cela on expérimentera sur une espèce proche par son anatomie et sa physiologie, le furet domestique (Mustela putorius furo). Lorsque la méthode sera opérationnelle (obtention de naissances chez le furet) , elle pourra être utilisée dans des parcs hébergeant des visons d’Europe afin de maximiser le nombre de naissances en captivité tout en veillant à conserver un bon niveau de diversité génétique (travail en lien avec le programme d’élevage européen – EEP), renforçant ainsi les capacités de renforcement des populations sauvages, action prioritaire du 3ème Plan national d’action en faveur du Vison d’Europe dont l’OFB est animateur technique et scientifique.
Bénéfices attendus
Le projet est une étape indispensable pour maîtriser par la suite l’insémination artificielle du vison d’Europe. Il n’était pas envisageable d’expérimenter sur des individus d’une espèce qui devient rare et de ce fait précieuse, d’autant que les visons captifs stressent facilement. Lorsque la méthode sera opérationnelle (obtention de naissances chez le furet) , elle pourra être utilisée dans des parcs hébergeant des visons d’Europe afin de maximiser le nombre de naissances en captivité tout en veillant à conserver un bon niveau de diversité génétique (travail en lien avec le programme d’élevage européen – EEP), renforçant ainsi les capacités de renforcement des populations sauvages, action prioritaire du 3ème Plan national d’action en faveur du Vison d’Europe dont l’OFB est animateur technique et scientifique
Procédures
Prélèvement sanguin sous anesthésie générale chez les furettes, renouvelé 2 fois à 15 jours d’intervalle, et éventuellement d’autres fois à 2 mois d’intervalle en cas de non gestation. Insémination sous anesthésie générale (durée 30 minutes). Nous ferons au maximum 3 essais d’insémination par femelle, seulement en cas de non-gestation. En cas de succès, la femelle ne sera pas mise à la reproduction une seconde fois. Prélèvement de la semence des mâles sous anesthésie générale (durée 30 minutes) 2 fois par semaine jusqu’à obtention d’une technique répétable (normalement en moins de 2 ou 3 semaines ce devrait être obtenu).
Impact sur les animaux
La seule partie pouvant être considérée comme une nuisance est la nécessité d’anesthésies répétées chez les furets. La technique d’électro-stimulation pour le prélèvement de la semence est utilisée chez l’homme paraplégique et chez les animaux. Chez le chat, elle a fait l’objet d’une étude publiée pour confirmer qu’elle ne générait pas d’inflammation rectale. La technique de sondage urétral a été décrite chez le furet à pied noir et il n'a pas été décrit de complication. Il est toutefois possible qu'une irritation de l'urètre puisse se produire, nécessitant un traitement anti-inflammatoire. La technique d’insémination intra-utérine par voie vaginale et cathétérisme du col de l'utérus est couramment pratiquée chez la chienne sans sédation ni anesthésie et est non douloureuse et considéree comme modérée. L'induction de l'ovulation entraîne chez la femelle une sécrétion de progestérone qui peut, dans de très rares cas, promouvoir l'apparition d'une pathologie utérine (pyomètre).
Devenir
Les procédures sont modérées, sans préjudice ni répercussion sur l’animal. Ces animaux sont d’espèce domestique et après l’étude ils seront adoptés en famille. Aucun produit dangereux ne sera administré aux animaux.
Remplacement
Il n’est pas possible de se passer d’essais préalables sur une espèce modèle pour mettre au point une technique d’insémination artificielle chez le vison d’Europe. Il n’est pas envisageable d’expérimenter d’abord sur des individus d’une espèce qui devient rare et de ce fait précieuse, d’autant que les visons captifs stressent facilement. D’autre part, la méthode de prélèvement ne peut pas être modélisée ou simulée, et doit être faite sur du vivant, et doit par la suite être transposable sur l’espèce en danger critique d’extinction.
Réduction
Nous avons choisi d’expérimenter (étude pilote de faisabilité) chez 4 mâles et 4 femelles tous adultes. Des essais préliminaires effectués aux USA ont montré un taux de gestation de 79% (19/24) donc avec 4 femelles nous devrions aboutir à 2 à 3 gestations. Toutefois, notre étude utilise un équipement d’insémination très différent de cette étude américaine. Nous allons tenter d’inséminer par vidéo-endoscopie qui est une technique modérée.
Raffinement
Les méthodes utilisées sont modérées, et se pratiquent presque toutes sous anesthésie générale. Toutefois, une gestion de la douleur (anti-inflammatoires non stéroïdiens) pourra être préconisée si la procédure a été plus longue que prévue. Au niveau de l’hébergement, un enrichissement du milieu (hamacs, jouets…) est prévu pendant toute la période. L’ hébergement se fera en groupes sociaux, pour les femelles en cages, avec hamac, construction en carton et pour les mâles dans une pièce séparée au sol (la taille des cages n’étant pas suffisante pour les mâles nous avons choisi l’option au sol), avec hamac, tapis, cachettes, jouets, structure en carton pour jouer et se cacher.
Choix des espèces
Le vison d’Europe (Mustela Lutreola) est inclus dans le groupe des grandes belettes et est l’animal le plus proche phylogénétiquement du groupe des furets (M. furo, M. putorius, M. eversmanii). Le furet est la forme domestiquée du putois. Or le putois est capable de se reproduire (hydridation) avec le vison d’Europe. C’est donc une espèce très proche et un modèle expérimental idéal. Animaux pubères de plus d’un an (doivent être en âge de se reproduire)
Vitrification d’embryons équin dans différents milieux commerciaux : comparaison du taux de survie in vivo après décongélation et transfert.
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Système urogénital
25 chevaux, juments et étalons, vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, puis rendus au troupeau expérimental de l'établissement. Les juments subissent des échographies transrectales quotidiennes, des inséminations, des injections répétées pour induire l'ovulation et lyser le corps jaune, puis jusqu'à quatre collectes d'embryons par lavage utérin, l'injection de prostaglandines pouvant provoquer des coliques. L'objectif est commercial, comparer un milieu de congélation "maison" à des milieux vendus dans le commerce pour développer la vente d'embryons équins à l'international. Le porteur affirme qu'il n'est "pas possible" de remplacer le recours à des chevaux vivants pour valider ces milieux.
Objectifs
La France est leader européen pour la collecte et le transfert d’embryons équins produits in vivo (> 1000/an). Le transfert d’embryon nécessite une synchronisation des cycles entre les juments donneuse et receveuse pour optimiser les chances de réussite. Cette contrainte impose aux centres de transfert de disposer d’un troupeau de receveuses assez grand. A l’heure actuelle, il est possible de différer le transfert de la collecte dans un délai maximum de 24 heures, grâce à la réfrigération des embryons. Celle-ci ne permet cependant pas les échanges vers les pays éloignés. Pour différer complètement dans le temps et l'espace la collecte du transfert, il faut passer par une étape de congélation de l'embryon. Les intérêts de la vitrification pour la filière sont nombreux et sur ce point, la France est moins avancée que ses voisins Européens. Parmi ces intérêts, on peut citer la cryoconservation des races équines et asines en voie d'extinction. Le marché actuel de l'embryon équin congelé concerne essentiellement les embryons produits in vitro mais les professionnels de la filière attendent une technique fiable et répétable pour pouvoir congeler des embryons équins produits in vivo. En effet, jusqu'à présent les taux de gestation après décongélation et transfert d'embryons obtenus in vivo et cryoconservés varient entre 15% et 50% en fonction des années sans que l'on puisse expliquer en totalité les causes des échecs qui sont sans doute multifactoriels. Le contrôle qualité, les certifications, sont, comme le bien-être animal, de plus en plus important dans la vie actuelle. Le projet de 2018 a permis de valider l'utilisation de paillettes haute sécurité pour la vitrification des embryons équins. Jusqu'à présent, nous utilisons un milieu de vitrification fabriqué "maison" avec tous les aléas que cela peut représenter : pesées plus ou moins précises, dilution des poudres pesées, exactitude des prélèvements pipettes, pas de mesure de l'osmolarité du milieu, utilisation de serum de veau. L'existence de milieux commerciaux, certifiés nous pousse à vouloir les tester sur les embryons équins. L’objectif de notre projet est donc de comparer notre milieu "maison" avec plusieurs milieux commerciaux prêt à l'emploi pour la vitrification d'embryons équins. Ainsi nous pourrons proposer à la filière un protocole optimal, avec un milieu stable, répétable et facile à utiliser pour la vitrification des embryons équins tout en garantissant une sécurité sanitaire.
Bénéfices attendus
Les applications pratiques pour la filière équine et notamment la filière sport seraient de pouvoir disposer d'un protocole de vitrification donnant des taux de survie après décongélation et transfert identiques à ceux trouvés dans la littérature (au-delà de 70%) tout en garantissant la sécurité sanitaire des embryons lors de leur stockage et échange à l'internationnal. Le fait de pouvoir utiliser un milieu commercial, prêt à l'emploi faciliterait l'accès pour un centre à la technique de vitrification et pour un client lui garantirait l'utilisation d'un milieu certifié. Les connaissances qui seront acquises à la fin de ce projet, pourront être transposées aux espèces menacées de disparition (équines et asines). Un des bénéfices attendus de ce projet est de rendre possible le passage du col de l'utérus chez l'ânesse et les ponettes grâce à l'utilisation de la pince de Wilsher lors du transfert. En effet, lors d'un transfert, le franchissement du col doit être effectué de façon très fluide sans manipulation à l'intérieur du col pour guider le cathéter de transfert. C'est tout l'intérêt de la pince puisqu'elle permet de rendre rectiligne le col en tirant légérement vers l'extérieur. Ainsi le cathéter contenant l'embryon rentre sans manipulation jusque dans l'utérus ce qui évite la décharge de prostaglandines qui mettrait à mal la future gestation. Cette pince a un autre atout qui est sanitaire puisque son utilisation évite de rentrer un bras et donc potentiellement des germes dans le vagin.
Procédures
Echographies ovarienne et utérine par voie transrectale (3 minutes par examen, examen quotidien du début des chaleurs jusqu'à l'ovulation) Insémination par voie transcervicale (1 minute, sur 4 cycles par jument) Injection sous cutanée pour l'induction d'ovulation (5 secondes, 4 fois par jument) Injection intramusculaire pour lyser le corps jaune (5 secondes, 4 fois par jument) Collecte d'embryon par lavage utérin par voie transcervicale (15 minutes, 4 fois maximum par jument)
Impact sur les animaux
L'injection intramusculaire de prostaglandines peut provoquer une sudation transitoire occasionnelement accompagnée de douleurs spamsodiques de l'utérus. Ces effets sont généralement obersvés dans les 15 minutes suivant l'injection sous la forme de coliques, et très facilement contrôlables via l'administration d'un médicament antalgique et antispasmodique. Les échographies sont réalisées par introduction de la sonde dans le rectum : une gêne temporaire peut donc être occasionnée. L'injection pour induire l'ovulation peut générer une douleur transitoire au site d'injection. Les collectes d'embryons peuvent occasionner un stress et de l'inconfort qui peut se visualiser par une oreille dirigée vers l'arrière, des yeux grands ouverts ou encore les nasaux dilatés. Dans ce cas, le responsable du protocole décidera de réaliser une légère sédation.
Devenir
Un retour au sein du troupeau expérimental de l'établissement utilisateur est prévu en fin de protocole
Remplacement
L'objectif étant de valider un milieu de vitrification des embryons équins, il n'est pas possible de REMPLACER l'utilisation d'individus vivants de l'espèce de destination (cheval).
Réduction
L'objectif étant de disposer de 40 embryons à vitrifier (10 embryons par lot testé), l'utilisation de 25 juments correspond à l'effectif minimal permettant d'atteindre cet objectif sur le temps qui nous est imparti (avril-juillet). La fertilité par chaleur en utlisant de la semence fraîche est d'environ 70%. Le taux de collecte d'embryon moyen est d'environ 60%. Statistiquement il nous faudra donc 4 cylces exploités/jument pour obtenir nos 40 embryons. Nous pouvons obtenir des embryons surnuméraires avec les juments qui auront fait plusieurs ovulation sur la même chaleur. Pour REDUIRE les effectifs, dès que les 40 embryons seront obtenus, les procédures stopperont. Il n'est pas prévu d'étude statistique sur cette partie du projet. Les statistiques seront réalisés sur la partie de l'étude impliquant les transferts et donc la survenue ou non de gestation en fonction du milieu de vitrification utilisée. Nous testerons l'hypothèse de non-infériorité des milieux commerciaux par rapport au milieu "home made" sur la survenue d'une gestation après décongélation et transfert d'embryon. Nous utiliserons pour cela le test du Khi2.
Raffinement
Notre procédure sera RAFFINEE, minimisant les interventions. Au début de l'expérimentation, les juments seront logées en stabulation et nourries avec du foin. Dès que les conditions climatiques le permettront, elles seront mises à l'herbe. Les étalons sont logés en boxes sur paille avec accès au pâturage. Les animaux ont une visibilité avec les autres congénères pour rendre plus agréable possible leur séjour durant les expérimentations. Dans la mesure du possible, toutes les procédures seront réalisées en présence d'un ou plusieurs congénères afin de limiter le niveau de stress chez cette espèce sociale. Les animaux utilisés pour ce protocole sont parfaitement habitués aux examens et manipulations qui leur seront imposés (examen gynécologique, insémination artificielle, collecte d'embryon par lavage utérin, injections intramusculaire et sous cutanée). Les animaux seront manipulés par leurs soigneurs habituels pour limiter le stress au strict minimum. Des points limites ont été mis en place pour les procédures. Nous pourrons avoir potentiellement recours à l'utilisation d'antalgique et sédatif afin de garantir le bien être des juments pendant les procédures.
Choix des espèces
Le projet proposé est sur l'espèce équine car c'est pour cette espèce que nous voulons améliorer les techniques de cryoconservation et de transfert d'embryons. Cette espèce présente plusieurs caractéristiques qui lui sont propres : présence de la capsule sur les embryons produits in vivo qui limite l'entrée des cryoprotecteurs avant vitrification, grande taille des embryons à 7 ou 8 jours post ovulation qui induit la formation de cristaux lors de la descente en température si le liquide blastoceolique n'est pas aspiré avant vitrification. Pour améliorer les protocoles de vitrification nous ne pouvons donc pas utiliser un autre modèle expérimental. Les animaux utilisés seront tous adultes et pubères puisqu'il faut qu'ils soient capables de se reproduire.
Etude de la réponse physiologique du saumon atlantique aux contraintes thermiques en milieu naturel par implantation de capteurs de fréquence cardiaque : AVENANT
- Conservation des espèces
- Protection de l’environnement
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
65 saumons atlantiques sauvages vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ils subissent une chirurgie de moins de cinq minutes pour implanter dans leur cavité abdominale un capteur de fréquence cardiaque, puis sont relâchés en rivière avant d'être mis à mort après leur reproduction pour récupérer le matériel et les données. Le projet est décrit comme une étude de faisabilité visant à mesurer la réponse physiologique de l'espèce au réchauffement des cours d'eau. Le porteur relativise la mise à mort en indiquant que 90 % des saumons de cette population meurent de toute façon après la reproduction, jugeant l'effet "marginal" sur la population locale.
Objectifs
Les populations sauvages de saumon atlantique Salmo salar ont chuté de 70% depuis les années 1970. De nombreux facteurs sont incriminés parmi lesquels le réchauffement climatique. Le saumon atlantique est une espèce d’eau froide, et les températures observées dans les cours d’eau et en mer et celles prédites pour les décennies à venir sont suspectées être au-delà de l’optimum physiologique pour différentes étapes du cycle biologique. Les données disponibles sur la réponse physiologique aux températures élevées sont très éparses mais néanmoins nécessaires pour mieux prédire le devenir des populations et mieux les gérer. Les développements technologiques de ces dernières décennies, en matière de miniaturisation des capteurs notamment, permettent de réaliser des mesures physiologiques sur les animaux in situ. L’objectif de ce projet est d’évaluer la possibilité d’utiliser, sur des saumons sauvages de retour en rivière après leur phase de croissance marine, des capteurs de fréquence cardiaque implantés dans la cavité péritonéale à proximité du cœur. Nous souhaitons notamment mesurer la relation qu’il existe entre la fréquence cardiaque – utilisé comme proxy de l’activité métabolique – et la température afin d’évaluer les limites physiologiques des saumons et l'effet des températures estivales élevées sur le comportement et la survie.
Bénéfices attendus
A court terme : Ce projet est en fait une étude de faisabilité qui vise notamment à évaluer notre capacité à récupérer les émetteurs et les données récoltées et le taux de perte ainsi que la qualité des données produites par le capteur afin de valider ou ajuster le paramétrage. Elle permettra en outre de produire des premières données sur la physologie des saumons lors de la phase de migration retour et d'évaluer la réponse physiologique aux températures estivales qui sont suspectées affecter la survie ou à la reproduction des saumons. A long terme : Il s'agit de mieux comprendre comment cette espèce emblématique des cours d’eau français répond aux contraintes thermiques et pourra faire face (ou non) aux conditions futures, dans le contexte du changement climatique. Il s'agit aussi de fournir des pistes pour améliorer la gestion des populations et des habitats, par exemple en préservant ou restaurant des habitats refuges.
Procédures
Les animaux seront soumis à une seule opération chirurgicale visant à l'introduction dans la cavité générale de matériel scientifiques (capteurs de fréquence cardiaque et radioémetteur). Cette opération durera moins de 5 minutes.
Impact sur les animaux
Insertion par chirurgie du capteur et de l'émetteur (réalisée sous anesthésie ) : les nuisances potentielles (douleurs, saignements, infection) sont limitées par l'utilisation de mesures prophylactiques et des traitements adaptés et définis avec la collaboration d'un vétérinaire spécialisé. Cette intervention est considérée comme "modérée". Les individus choisis pèseront un poids qui leur permettra de supporter l'insertion du matériel scientifique. Ce dernier ne dépassera pas 2% du poids de l'animal comme recommandé dans la littérature.
Devenir
A l'issue de la procédure expérimentale, c'est à dire à l'issue de la reproduction des individus, tous les animaux sont mis à mort part surdose d'anesthésiant afin de récupérer le matériel scientifique et les données enregistrées. NB: 90% des saumons de la population étudiée meurent après la reproduction, épuisé par un effort et un investissement intense. Leur mise à mort est considérée comme n'ayant qu'un effet marginal sur la population locale.
Remplacement
L'objet de l'étude est de produire des connaissance sur les déplacements et la physiologie du saumon Atlantique dans le milieu naturel. Le modèle biologique ne peut être substitué par des alternatives non animales.
Réduction
L'effectif d'animaux utilisés (65) a été déterminé en fonction de critères scientifiques (effectifs suffisant pour apporter des réponses aux questions posées) et le bien être animal (les interventions sur les individus se déroulent-elle comme prévu et quelles sont les effets notamment en terme de comportement et de survie après remise dans le milieu naturel). D'un point de vue scientfique, 65 est un nombre suffisant pour valider les réglages des paramètres d'enregistrement des biologgers dans un premier temps et produire des données représentatives de la variabilité phénotypique au sein de la population.
Raffinement
Les principales mesures de raffinement concernent la limitation des nuisances (angoisse et douleur) lors de la manipulation des animaux avant, pendant et après la chirurgie et la limitation des risques d'infection post-opératoire. La combinaison d'utilisation de produits anesthésiques de concentration adaptée (1- concentration pour l'anesthésie pré-opératoire et 2- pour le maintien de l'anesthésie pendant l'opération) et d'antalgiques limitent directement l'angoisse et la douleur pendant et après l'opération et l'administration d'antibiotiques limite les risques d'infections liés à l'opération. Les mesures prophylactiques classiques (désinfection du matériel) limitent également les sources d'infection pouvant induire des nuisances post-opératoires. Les opérations de chirurgie seront effectuées par du personnel habilité et spécifiquement formé par un vétérinaire. Le protocole opératoire est co-construit avec un vétérinaire. Les conditions environnementales d'importance première pour les poissons (température et oxygénation de l'eau) seront contrôlées avant, pendant et après la capture et l'opération. Les individus seront gardés en observation dans un vivier placé dans la rivière afin de contôler la façon dont ils récupèrent de l'anesthésie et seront relâchés lorsqu'ils auront retrouvé un comportement actif normal (équilibre dans la colonne d'eau, nage).
Choix des espèces
L'espèce ciblée, le saumon atlantique, est étudié dans son milieu naturel. Les populations de saumon sont actuellement menacées par divers facteurs dont certains sous contrôle anthropique (ex. changement climatique). L'objectif de l'étude est in fine d'améliorer la compréhension de la réponse des saumons à ces facteurs afin de produire des connaisances permettant d'améliorer leur gestion. Les individus seront des adultes de retour en rivière après la phase de croissance en mer. Les connaissances sur ce stade de vie sensible sont encore très éparses, mais on sait que les individus sont exposés à de multiples stress et que la mortalité ou les affections subléthales sont élevées.
Etude en enclos de l’influence du régime alimentaire sur l’hibernation et la reproduction du hamster commun (Cricetus cricetus)
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
2 375 hamsters communs vont être utilisés, dont 375 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, avec l'intention de les relâcher dans la nature. Ils subissent l'implantation chirurgicale d'enregistreurs de température, des prises de sang sous anesthésie et la pose de puces, pour étudier en enclos l'effet de différents régimes sur leur reproduction et leur hibernation. Le projet vise la préservation d'une espèce en fort déclin en plaine d'Alsace, liée aux monocultures de blé et de maïs. Le porteur précise que les hamsters seront tués si les autorisations de lâcher ne sont pas obtenues.
Objectifs
Le hamster commun est inféodé à la plaine agricole en Alsace où les cultures de blé et de maïs représentent plus de 80% de la surface agricole utile certaines années. Nous avons montré que ces 2 monocultures ne répondaient pas aux besoins nutritionnels de l’espèce : une carence en protéines dans le blé cause une importante mortalité juvénile tandis que dans le maïs, une carence en vitamine B3 et son précurseur le tryptophane, entraîne du cannibalisme chez 90% des femelles. Pour pallier à ces carences et améliorer la reproduction des hamsters en milieu naturel, nous recherchons des cultures qui sont naturellement riches en acides aminés essentiels et d’intérêt technico-économique pour les agriculteurs. En conditions semi-contrôlées en enclos, nous allons soumettre des hamsters mâles et femelles à différentes associations de cultures et mesurer l’effet de ces régimes sur le succès reproducteur des hamsters et sur leur hibernation.
Bénéfices attendus
Ce projet aura des retombées scientifiques en fournissant de nouvelles connaissances sur les besoins nutritionnels d’une espèce hibernante, qui seront valorisées au travers de communications scientifiques écrites et de conférences. Il contribuera également à la préservation d’une espèce en déclin en proposant de nouvelles pratiques culturales permettant un meilleur succès reproducteur et une et une meilleure survie hivernale de l’espèce. Enfin, ces nouvelles pratiques agricoles devraient bénéficier plus largement à toute la biodiversité des agrosystèmes et répondre aux nouveaux enjeux technico-économiques des agriculteurs.
Procédures
Implantation/desimplantation de ibuttons (15 min par chirurgie) et prise de sang (2 min par prise de sang, 1 prise de sang par animal par an, 2 prises de sang au total par animal) sous anesthésie : 75 hamsters par an. Transpondage (implantation en sous cutané d’une puce individuelle) et prélèvements poils sur animal vigile : toute la descendance produite, 400 hamsters par an environ.
Impact sur les animaux
Effets indésirables liés à la chirurgie : Procédure modérée : douleur liée à la laparotomie, inflammation, infection, perte de poids, hématome lié à la prise de sang. Effets liés aux manipulations en enclos : stress lié au transport, lâcher, capture, et manipulation : implantation interscapulaire de transpondeur, douleur aigue transitoire liée à l’injection du transpondeur. Perte de poids lié au changement de régime alimentaire
Devenir
Lâcher en milieu naturel pour le renforcement des populations sauvages, sous réserve d'obtention des autorisations de la DREAL et de l'OFB (en charge des opérations : financement, recherche des parcelles où lâcher les hamsters) et de la DDPP. Si nous n'obtenons pas les autorisations de lâcher en milieu naturel, les hamsters seront euthanasiés.
Remplacement
Cette étude concerne la préservation du hamster commun en plaine d’Alsace et ne peut être réalisée sur une autre espèce, ni par des études de modélisation.
Réduction
Nous allons expérimenter sur 12 femelles et 3 mâles par condition expérimentale. Ce nombre d'individus est le minimum pour qu'une différence éventuelle entre les différents groupes puisse être statistiquement décelée. Les résultats seront soumis à des tests non paramétriques du fait du faible effectif des groupes. Le sex ratio déséquilibré est lié à la biologie de cette espèce : les mâles ont un domaine vital plus grand que les femelles, et lâcher un plus grand nombre de mâles par sous-enclos entraînerait des agressions entre congénères.
Raffinement
En animalerie : Les animaux sont élevés en cages individuelles, car le hamster d’Europe n’est pas une espèce sociale et fait preuve d’agressivité envers ses congénères. Des objets visant à enrichir le milieu (tubes) et des éléments permettant le comportement de construction de nid sont placés dans les cages. Nous réaliserons une surveillance accrue des animaux opérés et un analgésique sera administré en post-opératoire dans l’eau de boisson pendant 3 jours. Les hamsters seront lâchés en enclos uniquement après complète cicatrisation et s’ils présentent une bonne condition corporelle. A noter que nous réalisons ces procédures d’implantation intra-péritonéale d’enregistreurs de température chez cette espèce depuis 10 ans, sans qu’aucune complication post-opératoire n’ait été observée. En enclos : Les hamsters seront transportés à l’enclos à 10 min de l’animalerie dans des boîtes adaptées avec du papier absorbant. Les lâchés seront réalisés en soirée au moment du pic d’activité de l’espèce. Nous serons très vigilants au bien-être des animaux dans l’enclos en réalisant des observations régulières (pièges photos et captures). Un suivi de la masse corporelle et de l’aspect général permettra d’évaluer leur état nutritionnel et sanitaire et d’agir en conséquence : supplémenter leurs apports alimentaires dans l’enclos ou ramener l’animal au laboratoire pour le soigner ou l’euthanasier en fonction du niveau d’atteinte de points limites.
Choix des espèces
Ce programme de recherche s’intéresse spécifiquement à la préservation de cette espèce. Les populations sauvages sont en déclin en raison notamment des pratiques agricoles intensives. Notre objectif est d’améliorer les pratiques agricoles afin de restaurer l’état des populations de hamsters communs. Les animaux seront étudiés à partir de l’âge de 4 mois et jusqu’à l’âge de 1,5 ans. Au-delà, une plus grande variabilité interindividuelle du succès reproducteur est observée et pourrait biaiser nos résultats.
Etude du régime alimentaire et suivi des contaminants chez le Puffin des Baléares (Puffinus mauretanicus) et dans les eaux côtières du secteur Mor Braz
- Conservation des espèces
30 puffins des Baléares vont être capturés en mer, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, puis relâchés dans leur milieu. Chaque oiseau subit une capture d'environ cinq minutes puis une contention d'une dizaine de minutes, le temps d'une prise de sang, d'un prélèvement de plumes et de la pose d'un GPS. Le porteur décrit un stress lié à la capture et à la manipulation et affirme, sur la base de travaux antérieurs, que ces dommages n'affecteront pas la survie des oiseaux. Il justifie le recours à l'espèce, en danger critique d'extinction, par son statut de bioindicateur non remplaçable selon lui par des cultures in vitro.
Objectifs
Le Puffin des Baléares (Puffinus mauretanicus), espèce d’oiseau nicheuse endémique des Baléares, est considéré comme l’oiseau marin le plus menacé d’Europe. L’effectif mondial de l’espèce est restreint et en déclin. Son statut de conservation est jugé en « danger critique d’extinction » en Europe depuis 2004 et l’espèce est protégée en France. La France a une responsabilité majeure dans la conservation de cette espèce en période inter nuptiale (présence dans les eaux territoriales françaises atlantiques), et dans une moindre mesure en période de reproduction (présence en Mer Méditerranée). Suite à une action conjointe de l’Office Français de la Biodiversité et de la Direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement Bretagne, l’espèce a été inscrite au sein de la liste des espèces pouvant bénéficier d’un Plan National d’Action. L’élaboration de ce Plan National d’Action a été lancée en décembre 2018 et finalisé en septembre 2020. Ce Plan National d’Action vise en premier lieu la réduction des pressions qui s’exercent sur l’espèce (interactions avec la pêche professionnelle, avec les Energies Marines Renouvelables et activités nautiques, exposition à la contamination environnementale), mais aussi l’amélioration des connaissances relative à l’écologie de l’espèce et l’utilisation spatio-temporelle des eaux territoriales françaises en période internuptiale, afin d’améliorer son état de conservation. Dans ce contexte, le projet proposé vise à 1) améliorer les connaissances de l’écologie de cette espèce lorsqu’elle est présente dans les eaux territoriales françaises, et plus spécifiquement dans les eaux côtières du secteur Mor Braz, 2) évaluer son exposition locale aux perturbations anthropiques lorsqu’elle est dans ce secteur (contamination chimique, interaction avec les pêcheries). Il se matérialisera par un programme de prélèvement de tissus pour analyses isotopiques et de contaminants, sur des oiseaux capturés dans les eaux territoriales françaises. Il viendra pour cela s’adosser à une autre action de ce Plan National d’Action afin de mutualiser les manipulations de terrain, puisqu’une autre action du Plan National d’Action impliquera la capture et l’équipement d’individus par des GPS, pour du suivi télémétrique. Les prélèvements de tissus seront réalisés sur ces mêmes oiseaux capturés en mer pour ce suivi par télémétrie (suivis des déplacements par GPS).
Bénéfices attendus
Des analyses isotopiques du carbone et de l’azote dans le sang permettront d’une part d’accéder à des informations fines relatives au régime alimentaire du Puffin des Baléares sur ses quartiers français de présence inter-nuptiale, et d’autre part d’évaluer l’importance des rejets de pêche dans leur alimentation. Des analyses de contaminants (polluants organiques persistants, éléments traces métalliques, microplastiques) seront réalisées de façon à disposer d’un état initial de cette éventuelle contamination des oiseaux en vue d’un suivi à plus long terme. Ces analyses renseigneront également sur l’état de la contamination de ces oiseaux afin de mieux comprendre le risque toxicologique auquel ils font face. Le bénéfice de cette connaissance est l'amélioration de la protection de l'espèce et sa conservation.
Procédures
Chaque puffin subit 1 capture (environ 5 min) et 1 contention (environ 10 min). Pendant la contention de l'animal vigile, l'animal subit 1 prise de sang (moins de 1 min), les prélèvements de plumes (moins de 1 min) et la pose d'un GPS (environ 5 min).
Impact sur les animaux
Les principaux risques encourus par les oiseaux lors de la manipulation seront dûs au stress engendré par la capture et la manutention, c’est donc sur ces deux points que toute l’attention sera portée pour assurer le bien-être des animaux (expérience des manipulateurs (expert de la méthode de capture), rapidité d’exécution des manipulations, mesures de raffinement pour diminuer le stress). Les dommages subis n’impacteront pas la survie des oiseaux manipulés.
Devenir
Relachés dans leur milieu naturel, car espèce en danger critique d'extinction.
Remplacement
Les oiseaux marins sont des espèces sauvages, qui intègrent des contaminants présents dans le milieu, et y sont potentiellement sensibles. Ils ne peuvent être remplacés par des cultures in vitro ou des individus captifs. Ils sont des bioindicateurs de la contamination des milieux.
Réduction
Le choix des 30 individus a été déterminé à partir des différents projets de recherche sur la contamination et l’écologie des oiseaux marins (expérience de suivi de la contamination chez les oiseaux marins en arctique, antarctique, en France métropolitaine et ultramarine), et correspond au minimum accepté pour maintenir une robustesse statistique, et garantir la prise en compte de variabilités inter-individuelles dans le milieu naturel. En effet, les prélèvements effectués sur le terrain peuvent montrer de fortes variations entre individus, car les conditions environnementales ne sont pas contrôlées. Ce choix est réalisé à la lumière du projet autorisé « Surveillance de la contamination des oiseaux marins (exposition et effets) au titre de la Directive Cadre Stratégie pour le Milieu Marin », où 15 individus/site/espèce étaient prévus (poussins, donc pas d’effet du sexe). Sur cette demande, les oiseaux seront des adultes ; 30 individus permettront de quantifier la variabilité interindividuelle, due au sexe, à l’âge, aux traits d’histoire de vie de l’animal. L’ensemble des échantillons (sang, plumes, GPS) seront collecté sur les mêmes oiseaux afin de limiter le nombre d’oiseaux capturés, tout en permettant de croiser les informations obtenues et améliorer la puissance des analyses statistiques.
Raffinement
L’intervention sera rapide (moins de 1 min pour la prise de sang, moins de 10 min pour l’ensemble des manipulations incluant prélèvement des plumes et pose de GPS hors procédure). Elle sera coordonnée avec des opérations de baguage (une seule manipulation d’oiseau pour un maximum d’informations) - Les facteurs météos seront pris en compte (pas d’intervention si les risques pour les oiseaux sont élevés) - Diminution du stress des individus manipulés par apposition d’un tissu opaque sur les yeux - Les plumes de couverture (dos et ventre) seront prélevées sans les couper pour assurer une repousse rapide. - Les plumes de vol (primaires) ne peuvent etre arrachées pour ne pas handicaper l’oiseau et un petit échantillon sera donc coupé, considéré comme négligeable au regard de la surface alaire de l'oiseau - Une grande attention sera portée à la réalisation de la prise de sang (pas de création d’hématome ou de saignement, utilisation de poudre coagulante en cas de saignement, utilisation de matériel stérile à usage unique, prélèvement d'un volume sanguin négligeable au vu de la masse corporelle de l'oiseau) - Suite au prélèvement sanguin, une pression sera exercée sur la zone piquée pour faciliter la coagulation. L’oiseau sera observé pour détecter un éventuel comportement alarmant.
Choix des espèces
Le Puffin des Baléares espèce d’oiseau nicheuse endémique des Baléares, est considéré comme l’oiseau marin le plus menacé d’Europe. L’effectif mondial de l’espèce est restreint et en déclin. Son statut de conservation est jugé en « danger critique d’extinction » en Europe depuis 2004 et l’espèce est protégée en France. La France a une responsabilité majeure dans la conservation de cette espèce en période inter nuptiale (présence dans les eaux territoriales françaises atlantiques), et dans une moindre mesure en période de reproduction (présence en Mer Méditerranée). Les oiseaux capturés seront des adultes (le Mor Braz est un lieu utilisé par les oiseaux lors de la période internuptiale).
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
124 dauphins de cinq espèces vont être biopsiés dans leur milieu naturel, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, puis laissés dans leur habitat. Une biopsie cutanée est prélevée par tir sur des animaux vigiles, une seule fois par individu, pour analyser leur régime alimentaire par isotopes. Le porteur s'appuie sur la littérature pour affirmer que la biopsie a un impact faible, malgré une réaction de surprise et une accélération de la nage à l'impact. Il justifie l'opération par un manque de données sur ces cétacés et l'objectif de mieux les protéger, jugeant qu'aucun autre modèle ne peut se substituer.
Objectifs
Trois espèces de dauphins côtiers sont communément observées autour de l'île: le grand dauphin de l’Indo-Pacifique, le grand dauphin commun et le dauphin long bec. De 2010 à 2013, une campagne de biopsies sur ces espèces, notamment en vue d’analyses du régime alimentaire, a été effectuée. C’est ainsi que 33 échantillons de peau et de lard de grand dauphin de l’Indo-Pacifique ont été collectés et analysés. Néanmoins, seulement 20 échantillons cutanés ont pu être collectés concernant le grand dauphin commun et 21 pour le dauphin long bec. Ce faible nombre d’échantillons rend les analyses isotopiques statistiquement peu fiables pour ces deux espèces, d’où la nécessité de collecter un nombre de biopsies supplémentaire. De plus, aucune analyse du régime alimentaire sur la peau et le lard d'espèces de cétacés pélagiques (telles que le dauphin tacheté pantropical, le dauphin d'Electre ou le dauphin de Fraser) n'a jamais été faite. Ce projet se propose d’acquérir via la collecte d’échantillons cutanés par biopsie en vue de leur analyse : *13 échantillons supplémentaires venant compléter les 20 préalablement acquis pour le grand dauphin commun, *12 échantillons supplémentaires venant compléter les 21 préalablement acquis pour le dauphin long bec, *33 échantillons pour le dauphin tacheté pantropical;, *33 échantillons pour le dauphin d'Electre et *33 échantillons pour le dauphin de Fraser. Aucune donnée n’étant disponible pour ces cinq espèces autour de l'île, ce projet permettra de combler cette lacune de connaissance.
Bénéfices attendus
La comparaison des échantillons de peau et de lard de ces cinq espèces avec celles des autres espèces de dauphins disponibles et de proies potentielles permettra d’appréhender leur régime alimentaire, encore méconnu dans la zone. Une meilleure connaissance des régimes alimentaires de ces espèces permettra de mettre en lumière les zones fonctionnelles utilisées. De plus, la mise en commun de ces données avec les données disponibles à l’échelle de la communauté des prédateurs marins, permettra de disposer d’une vision globale sur le réseau alimentaire au niveau de cet écosystème marin . Ces nouvelles données pourront inspirer les recommandations pour la conservation et la gestion raisonnée de ces espèces à l’échelle locale.
Procédures
Les biopsies cutanées seront effectuées sur animaux vigiles. Un animal sera prélevé une seule fois.
Impact sur les animaux
Les biopsies cutanées sont réalisées sur de nombreuses espèces de cétacés, des plus petits dauphins aux plus grandes baleines. De nombreuses publications scientifiques sont disponibles sur l’impact de la pratique des biopsies sur les individus et les populations. Sur les grands cétacés, il a été montré que la pratique de biopsies n’a pas de conséquences importantes. Concernant les petits cétacés, et notamment le grand dauphin, les études concluent que la prise de biopsie a un impact faible sur les animaux, en termes de blessure/cicatrisation et de perturbation de l’animal. De plus, bien qu’il y ait généralement une réaction de surprise lors de l’impact (spasme du corps, accélération de la nage), les animaux reviennent rapidement à leur activité initiale.
Devenir
Les objectifs du projet impliquent l’analyse isotopique d'échantillons cutanés de cinq espèces de dauphins, et imposent donc le prélèvement de biopsies sur des animaux vivants dans leur milieu naturel. Les individus prélevés seront laissés dans leur habitat naturel.
Remplacement
Les objectifs du projet imposent le prélèvement de biopsie cutanée sur cinq espèces de delphinidés dans le but d’appréhender leur écologie trophique, en vue notamment de leur conservation. Aucun autre modèle ne peut être substitué.
Réduction
Ce projet se propose de prélever: *13 échantillons cutanés venant compléter les 20 préalablement acquis pour le grand dauphin commun *12 venant compléter les 21 préalablement acquis pour le dauphin long bec, *33 de dauphins tachetés pantropicaux, *33 de dauphins d'Electre et *33 de dauphins de Fraser. Ainsi, ce projet permettra de disposer d'un nombre d'échantillons suffisant pour permettre une analyse statistique fiable. La photo-identification des individus biopsiés permettra d’éviter de prélever le même individu à deux reprises.
Raffinement
Afin de définir précisément les points limites basés sur les indicateurs comportementaux les plus précoces, une grille de quantification des critères comportementaux, adaptée à la biopsie des delphinidés, a été élaborée. A chaque critère comportemental est assigné un score, et la somme totale des scores fournit un indice témoignant de l’état de stress de l’individu. Le point limite le plus précoce correspond à l’indice de 2. Les groupes seront approchés progressivement par les ¾ arrière, pour minimiser l’angoisse, et permettre à l’équipe de juger de l’état initial d’angoisse du groupe et de chaque individu le composant. Si le groupe est difficile à approcher (individus farouches ou score >2, état de la mer mauvais), ou que plus de 3 tentatives d’équipement auront été infructueuses, un autre groupe sera recherché. Seuls les adultes en bonne condition physique seront équipés et prélevés. Le prélèvement de biopsie sera réalisé : •après la désinfection préalable de l’emporte pièce, afin de minimiser l’infection de la plaie et d’éviter la contamination de l’échantillon de biopsie, •perpendiculairement au corps de l’animal, à une distance courte (1 à 4m), afin de disposer d’une puissance de tir optimale permettant le prélèvement d’une quantité suffisante de peau et de lard sous-cutané, et évitant toute rétention de la flèche de prélèvement sur l’animal, responsable d’angoisse et de réactions fortes. •Au niveau de la zone située sous la nageoire dorsale, zone connue pour induire le moins de réaction physique et physiologique •par des personnes formées et expérimentées, afin de limiter les tentatives en autorisant un taux de réussite optimal. La réaction de l’individu cible, ainsi que du groupe auquel il appartient, sera suivie pendant 15 minutes et les comportements seront consignés. Les blessures potentielles seront gérées dans la mesure du possible par le vétérinaire et les membres de la structure en charge du bien être animal. L’identification des individus prélevés par la méthode de photo-identification autorisera le suivi de leur cicatrisation à plus ou moins long terme, lors des diverses prospections ultérieures.
Choix des espèces
Cette campagne de biopsie s’inscrit dans un projet global, visant à la mise en commun des données isotopiques en vue de l’analyse des relations trophiques à l’échelle de la communauté des prédateurs marins. Nous disposo,ns déjà de 33 échantillons cutanés de grand dauphin de l’Indo-Pacifique. Néanmoins, seulement 20 échantillons cutanés ont pu être collectés concernant le grand dauphin commun et 21 pour le dauphin long bec. Ce faible nombre d’échantillons rend les analyses isotopiques statistiquement peu fiables, d’où la nécessité de collecter un nombre de biopsies supplémentaire. De plus, aucune analyse isotopique sur la peau et le lard d'espèces de cétacés pélagiques autour de l'île (dauphin tacheté pantropical, dauphin d'Electre et dauphin de Fraser) n'a jamais été faite. Ce projet permettra de combler cette lacune de connaissances via l’acquisition d’échantillons en vue de leur analyse isotopique. Les animaux biopsiés seront des individus adultes en bonne condition physique.
Suivi des migrations des aloses par radiotélémétrie
- Conservation des espèces
400 aloses, grandes aloses et aloses feintes, vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, puis relâchées dans le milieu naturel. Chaque poisson est capturé au passage d'une passe, anesthésié puis équipé d'un émetteur radio inséré dans l'estomac, avant d'être remis à l'eau pour suivre sa migration. Le porteur décrit une manipulation de moins de trois minutes et un marquage intragastrique choisi pour éviter une incision. Il justifie le recours à des géniteurs sauvages par l'objectif de connaître le comportement migratoire d'espèces en fort déclin et juge le remplacement impossible.
Objectifs
Pour accomplir leur cycle biologique certaines espèces de poissons doivent effectuer des migrations entre l’eau douce des rivières et l’eau salée des océans. Ce sont les poissons migrateurs amphihalins. Les populations mondiales de poissons migrateurs se sont effondrés de 76% depuis 1976 à cause principalement des entraves à la migration, la destruction des habitats et une pêche non maitrisée. Ce chiffre est particulièrement marqué sur la période en Europe avec une chute estimée à 93%. Parmi les espèces de poissons migrateurs, les aloses, appartenant à la famille des Clupéidés (harengs, sardines), grandissent en mer plusieurs années et viennent se reproduire au printemps en eau douce. Le Comité Français de l’UICN a classé en 2019 la grande alose, Alosa alosa, en danger critique et l’alose feinte, Alosa fallax, quasi menacée.
Bénéfices attendus
Le suivi des grandes aloses et aloses feintes va apporter de nombreuses informations sur l’écologie des espèces suivies sur un cours d'eau : zones colonisées, période de présence, facteurs influençant les comportements et la survie. Ainsi, par la mise en œuvre de ce suivi, il va être possible de renforcer et d’acquérir des connaissances sur le comportement migratoire des aloses en vue d’améliorer la connaissance du cycle de vie et des paramètres qui l’impactent pour cibler une meilleure gestion de la population, actuellement en forte régression, afin de les sauvegarder.
Procédures
Pour apporter des éléments à ces questions scientifiques, un suivi des 2 espèces d'aloses sera réalisé par marquage individuel en radiotélémétrie. 400 individus seront marqués afin de recueillir suffisamment de données pour obtenir des résultats fiables. Ils seront divisés en 5 lots de 80 individus par année. Ainsi, dès la sortie de l’estuaire, les poissons sont capturés lors de leur passage dans la passe-à-poissons. La capture est réalisée dans un piège présent par conception dans le dernier bassin de la passe multispécifique. La manipulation sera réalisée de façon individuelle. Chaque alose sera transférée dans un bac (brancard) préalablement rempli d’une solution anesthésiante et mis dans l’obscurité le temps d’atteindre une sédation d’immobilisation. Le poisson est marqué par l’insertion d’un émetteur intragastrique radio dans l’estomac. L’alose est transférée dans une structure de réveil (filet immergé dans la retenue amont de l’ouvrage). Lorsque le manipulateur observe le réveil, le poisson est relâché directement dans le milieu naturel pour poursuivre sa migration. Des récepteurs de radiotélémétrie sont disposés tout le long du parcours à des endroits stratégiques afin de pouvoir cartographier les déplacements spatio-temporel entre les habitats, le comportement devant les ouvrages et le franchissement des passes-à-poissons.
Impact sur les animaux
Toutes les manipulations seront faites pour éviter des nuisances et un stress supplémentaire sur les poissons. Les aloses seront marquées avec des émetteurs permettant de respecter le ratio inférieur à 2% s’assurant que la marque de perturbe pas le comportement et la flottaison du poisson. Pour réduire le stress, les poissons seront capturés de façon individuelle et transportés dans un brancard contenant une solution anesthésiante le temps de l’insertion de l’émetteur dans l’estomac, puis ils seront placés dans une structure de réveil directement dans le milieu naturel dans une zone calme mais avec un faible courant afin que dès le réveil total ils puissent poursuivre leur migration.
Devenir
Tous les poissons marqués seront conservés vivants et relâchés dans le milieu naturel.
Remplacement
L’objectif étant l’apport de connaissances sur les comportements migratoires et l’utilisation de l’habitat des grandes aloses et des aloses feintes en milieu naturel, il n’est pas possible d’appliquer la règle du remplacement. Il est donc indispensable de recourir à des individus des espèces et du stade visé (géniteurs d’aloses en migration) afin d’obtenir des données pertinentes.
Réduction
L'objectif du projet est d’enrichir les connaissances scientifiques sur le comportement des aloses pendant leur phase de migration. Il s'agit d'une approche intra-spécifique où la variabilité des trajectoires individuelles sera décrite à l'aide de statistiques descriptives et de cartographie de déplacement. Dans un système ouvert de moyenne taille comme la Charente, le choix de 400 individus sur la durée du projet correspond au minimum d'individus nécessaires pour rendre compte des variabilités intra-spécifique (sachant que la mortalité naturelle pourrait réduire légèrement cet effectif) et les paramètres environnementaux impliqués dans la phase de migration (débit, température, habitats, blocages…). Cet échantillon de 400 poissons sera divisé par lot de 80 individus marqués par année et réparti entre 50 grandes aloses et 30 aloses feintes. Le nombre annuel de géniteurs de grande alose (50) a été défini pour acquérir suffisamment de données pour fournir une image de la diversité des comportements de migration sur la partie médiane et amont du fleuve. Pour les aloses feintes, le choix de 30 individus annuellement est jugé suffisant pour des tests de faisabilité et suivre les comportements de migration sur la partie aval du fleuve. Egalement, nous avons considéré comme déterminant le franchissement des 4 ouvrages en amont du site de capture et, en se basant dans la littérature sur une perte de 40% de poissons à chaque franchissement de passe, sur 80 poissons relâchés en amont du premier ouvrage, 17 pourraient se présenter au pied du 4ième ouvrages, et 10 le franchir, ce qui permettrait d’avoir un jeu de données sur le site (rampe à macrorugosités dimensionnée pour les aloses).
Raffinement
Avant le marquage, les individus présentant des lésions externes ou amaigris sont écartés du suivi afin de ne pas leur faire subir de manipulation. Cependant, s’il est estimé que les poissons peuvent récupérés et, dans la mesure du possible, ils seront soignés notamment en ce qui concerne les lésions externes par un pansement hydrostatique. Puis, l’individu est mis dans un brancard de stabulation contenant 25 ppm de solution anesthésiante de Benzocaïne 10%. L’individu se retrouve dans l’obscurité du brancard. L’eau est claire permettant une vérification des différentes phases de l’anesthésie des individus. Le recours à une anesthésie adaptée permet de manipuler le poisson sans risque pour celui-ci et de diminuer son stress. Le stade d’anesthésie recherché est l’immobilisation. Pour cela, nous observerons que le réflexe de redressement et la mobilité sont absents, et que la réaction au stimulus et la fréquence des battements operculaires branchiaux soient réduits. Une fois le stade de l’immobilisation atteint, les émetteurs stériles, sont délicatement insérés dans l’estomac avec un tube d’insertion désinfectés. Nous avons choisi le marquage par insertion intragastrique afin de réduire la souffrance en évitant une intervention chirurgicale puisqu’il ne génère pas d’incision du muscle et donc pas de blessure. L’insertion de la marque sera rapide pour réduire au minimum les nuisances sur le bien-être des poissons et, d’expériences dans l’insertion de ce type de marque, la manipulation n’excédera pas 3 min minutes puis les aloses seront placées dans une structure flottante (filet cage) de réveil d'1m3 directement située dans le milieu naturel dans la retenue de l’ouvrage. Un léger courant permet d’assurer de bonnes conditions de réveil et de préparer le poisson à son lâché. Une vigilance des opérateurs sera apportée au raffinement dans toutes les étapes de la procédure : Pas de changement d’eau (brancard rempli avec de l’eau de la rivière), • Tri des poissons afin de marquer des poissons sains, Capture avec épuisette réduite pour limiter les risques de pertes d’écailles et de blessure (Un seul passage unique en épuisette (de 43 cm de large et un filet en mailles fines de 4mm), Structure de réveil (filet cage) dans l’eau de la rivière pour observer le comportement du poisson marqué avant la relâche, Surveillance des poissons pendant toutes les phases, de la capture au lâcher.
Choix des espèces
L’objectif étant l’apport de connaissances sur les comportements migratoires et l’utilisation de l’habitat des grandes aloses et des aloses feintes en milieu naturel, il est donc indispensable de recourir à des individus des espèces et du stade visé (géniteurs d’aloses en migration). Nous utiliserons les géniteurs d'aloses lors de la phase de remontée sur frayère pour suivre leur comportement de migration de reproduction.
Les phoques crabiers et le krill antarctique sous la banquise: intéractions proies-prédateurs
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
20 phoques crabiers vont être utilisés en Antarctique, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, puis relâchés dans leur habitat. Chaque individu est approché à la perche, sédaté puis anesthésié de vingt à quarante-cinq minutes, le temps de coller une balise sur sa fourrure, de prélever 18 ml de sang et une vibrisse, la balise tombant à la mue suivante. Le porteur décrit un stress de courte durée et s'appuie sur des études antérieures pour affirmer que les instruments n'ont pas d'impact mesurable sur les phoques. Il justifie l'espèce et le milieu par le fait que le phoque crabier, premier consommateur de krill, ne peut selon lui être remplacé ni par une autre espèce ni par des données historiques.
Objectifs
Les zones englacées sont particulièrement sensibles au réchauffement global. Pour prédire la capacité d’adaptation de prédateurs dépendant de la banquise dans ce contexte de changement climatique dans les différentes régions antarctiques, il est important de déterminer au préalable comment ils utilisent leur environnement physique et biologique. Ces prédateurs consomment de grandes quantités de ressources marines, parmi lesquelles le krill (Euphausia superba) occupe une place prépondérante. Cette espèce — dépendante de la banquise pour son développement larvaire — consomme du phytoplancton et est consommée par des prédateurs, elle assure ainsi une large part du transfert de carbone des producteurs primaires (vivant sous la banquise) vers les maillons trophiques supérieurs. Les futurs changements de l’étendue de la banquise antarctique dans un climat plus chaud pourraient affecter de manière négative les populations de krill, et par conséquence celles de leurs prédateurs. Toutefois, l’évolution future de l’ensemble du réseau trophique reste difficile à prévoir tant la compréhension des différentes composantes de l’écosystème antarctique et de leurs interactions est incomplète, voire approximative. A titre d’exemple, la connaissance de la distribution et de l’abondance du krill en hiver ainsi que des zones d’alimentation des prédateurs du krill sont à ce jour très limitées, notamment dans les régions encore peu touchées par les variations de la banquise, telles que l’Antarctique de l’Est. En effet, les études dans ces zones englacées sont difficiles car peu accessibles. Le présent projet a pour but de combler ce déficit de connaissances, en étudiant l’écologie des phoques crabiers et des écosystèmes dans lesquels ils évoluent, ainsi que de documenter l’évolution au cours du temps de ces systèmes et prédire le devenir des populations de ce prédateur marin. Les phoques crabiers sont les plus grands consommateurs de krill (60 à 70 millions de tonnes de krill par an) et les plus abondants au monde (10 à 15 millions), ainsi les changements dans son écologie, sa distribution et son comportement reflètent les changements dans la population de krill de l’Antarctique. Grâce à des techniques de bio-télémétrie, on enregistre les plongées des phoques, les phases d'accélération et leur position, on pourra déterminer les zones d’alimentation clés et la distribution du krill très importante pour l’écosystème.
Bénéfices attendus
Ces résultats appuieront la consolidation de la base scientifique d'une gestion écosystémique de la pêche au krill par la Commission pour la conservation de la faune et la flore marines de l'Antarctique. En effet, il n'y a pour le moment pas de pêche significative de krill dans l'Antarctique de l’Est, mais des notifications récentes de navires norvégiens et chinois suggèrent un intérêt croissant de l'industrie pour cette région et pour cette ressource. Cette étude permettra la mise en place d'une surveillance sur la distribution du krill et des zones d'alimentation des prédateurs du krill en l'absence de pression de pêche afin d'anticiper les éventuelles menaces pour l'écosystème centré sur le krill. Ce projet remplira de fait 1) un des objectifs du programme de contrôle de l'écosystème de la Commission pour la conservation de la faune et la flore marines de l'Antarctique, c'est-à-dire distinguer les changements dus à l'exploitation des ressources marines des changements dus à la variabilité environnementale. Ce projet contribuera également à 2) "l'évaluation des risques" dans la zone afin d'essayer de comprendre l'impact possible de la pêche sur l'écosystème. Enfin les modèles d'habitat du krill utilisés pour élaborer les projections des populations de krill et les stocks comportent des limitations spatiales et temporelles importantes et connues en raison du manque de données disponibles, en particulier pendant la saison hivernale. Cette recherche fournira 3) des informations sur la distribution et l'abondance de cette espèce sous la glace de mer et pendant l'hiver, mais aussi sur son importance cruciale pour ses prédateurs, les phoques crabiers (dans le cadre de ce projet) et les relations fonctionnelles qu'ils entretiennent, en surveillant les changements dans les interactions trophiques.
Procédures
Les interventions sur les phoques crabiers se feront après la période de mue entre février et avril 2024, 20 individus maximun seront équipés et garderont leur balise entre 8 à 11 mois jusqu'à la mue suivante ou jusqu’à ce que la balise se décolle. On procèdera à une sédation sans contention à l’aide d’une perche (10 à 20 min), puis une anesthésie (20 à 45 min) durant laquelle aura lieu l’équipement de l'appareil (contenant l'accéléromètre, le capteur de profondeur, de température et le système de localisation via Argos) par collage sur la fourrure, ainsi qu’une prise de sang (18 ml une fois) et le prélèvement d'une vibrisse pour étudier le régime alimentaire des phoques crabiers (utilisation des isotopes stables du carbone et de l'azote par analyse chimique). Le matériel tombera à la mue sans recapture de l’animal.
Impact sur les animaux
L’induction de l’anesthésie sera faite à l’aide d’une perche à proche distance de l’animal mais sans contention donc les phoques subiront un stress de courte durée durant la procédure (~3 min). L’anesthésie à distance présente plus de risques chez certaines espèces de phoques que la contention et l’injection par voie intra-veineuse or, le phoque crabier est un animal agressif et sa contention est particulièrement difficile ; elle rallongerait le temps de stress auquel l’animal est exposé. Il existe des risques plus fréquents de surdosage ou sous dosage mais la procédure est en revanche moins stressante pour l’animal. La prise de sang et le prélèvement de vibrisse auront lieu durant l'anesthésie de l'animal et n'auront pas d'effet significatif sur l'animal (prélèvement de 0,036% du volume sanguin d’un individu de 300 kg et repousse de la vibrisse prélevée). Les instruments sont collés sur la tête à l’aide de colle epoxy bi-composants selon un protocole testé. Nous nous attendons à ne pas observer d’effet mesurable des instruments sur le comportement alimentaire des phoques car il a été montré qu’une caméra de section deux fois plus grande que celle utilisée ici n’avait pas d’impact significatif sur la durée moyenne des plongées, la dépense énergétique, et la fréquence des mouvements de nage des phoques de Weddell. De plus, lors d’une autre étude qui a comparé le gain de masse et le taux de survie d’éléphants de mer équipés et non équipés, aucun effet de la pose, même répétée, d’équipement n’a été détecté. Enfin une étude récente de l’effet de la pose d’instruments sur des phoques de Weddell et des éléphants de mer par la méthode de la colle epoxy a montré que cette dernière n’avait pas d’impact biologique détectable sur les animaux.
Devenir
Les individus étudiés seront libérés dans leur habitat naturel une fois équipés, le matériel ne sera pas récupéré donc pas de recapture de l'animal, les données seront transmises par satellite et les appareils tomberont à la mue annuelle de l'animal.
Remplacement
L’objectif étant d’étudier le phoque crabier et son écologie en mer dans leur milieu naturel, il ne peut pas être remplacé par une autre espèce, par des animaux d’élevage, ou encore par des expérimentations en captivité. L’écologie du phoque crabier a seulement fait l'objet d'une étude en Antarctique de l’Est. On a donc encore très peu de connaissances sur son comportement et son alimentation dans des zones très englacées comme celles-ci et on ne peut donc pas le remplacer par une autre espèce ou par des données historiques.
Réduction
La réduction est appliquée, puisque le nombre d’animaux capturés est limité à un nombre maximum de 20 individus (objectif autour de 14 individus) pour une campagne dû aux contraintes des déploiements à bord d'un brise-glace (déploiement du personnel sur la banquise pendant une durée limitée pour laquelle les conditions météorologiques doivent être optimales). Ce nombre correspond à 20 individus sur un effectif total de la population de phoques crabiers en Antarctique estimée à ~10 à 15 millions. L'estimation statistique du nombre d'individus nécessaires pour comprendre les variations de leur comportement en fonction des variations de la distribution du krill n'est pas envisageable, car l'effet mesuré est variable et se caractérise par des changements d'habitats ou de stratégies d'alimentation pas toujours facilement quantifiables, et nous ne savons pas à l’avance les comportements que nous allons observer. Dans un schéma idéal, nous souhaiterions avoir le plus de déploiements possibles (avec des stades d'âge et sexes différents) pour avoir le plus de diversité dans les relations entre l'écologie en mer de ces animaux, leur proie (le krill) et les conditions environnementales. En revanche nous essayons d'équiper le plus d'animaux possibles en prenant en compte les contraintes climatiques extrêmes du terrain, la disponibilité des animaux, les contraintes liés à leur cycle de vie (phase sur la banquise, lactation, mue) et les coûts très importants des instruments. Nos analyses multivariées à effets mixtes ne visent pas à comparer les sexes ou les stades d'âge, et le nombre d'individus défini est suffisant pour diversifier les traits individuels car chaque individu « bio- échantillonnent » son environnement dans plusieurs zones différentes.
Raffinement
Les points limites de la procédure et leur raffinement sont les suivant: 1) L’état général de l’animal est évalué avant sa capture (embonpoint, absence de malformation et de plaie) ; 2) Stress lié à la capture : l'animal est anesthésié à distance à l’aide d’une perche, le stress est minimisé et la contention est absente ; 3) Surveillance de l'anesthésie: les paramètres cardiaques et respiratoires de l’individu sont surveillés ainsi que le degré d’anesthésie. 4) Récupération du matériel : pas de recupération possible dans la zone de banquise dite dérivante avec le brise-glace (les animaux sont constamment en mouvement), les balises tomberont avec le poil des phocidés au cours de la période de mue qui se déroule entre janvier et février. 5) Taille de l'instrument : Nous nous attendons à ne pas observer d’effet mesurable des instruments sur le comportement alimentaire des phoques car il a été montré qu’une caméra de section deux fois plus grande que celle utilisée ici n’avait pas d’impact significatif sur la durée moyenne des plongées, la dépense énergétique et la fréquence des mouvements de nage des phoques de Weddell. De plus, lors d’une autre étude qui a comparé le gain de masse et le taux de survie d’éléphants de mer équipés et non équipés, aucun effet de la pose, même répétée, d’équipement n’a été détecté. Enfin une étude récente de l’effet de la pose d’instruments sur des phoques de Weddell et des éléphants de mer par la méthode de la colle epoxy a montré que cette dernière n’avait pas d’impact biologique détectable sur les animaux.
Choix des espèces
Ce projet vise à améliorer notre compréhension de l’écologie des phoques crabiers et des écosystèmes dans lesquels ils évoluent, ainsi que de documenter l’évolution au cours du temps de ces systèmes et prédire le devenir des populations de ce prédateur marin. Les phoques crabiers sont les plus grands consommateurs de krill (60 à 70 millions de tonnes de krill par an) et les plus abondants au monde (10 à 15 millions), ainsi les changements dans son écologie, sa distribution et son comportement reflètent les changements dans la population de krill de l’Antarctique. Dans un contexte de climat changeant, il est très important de connaître les liens prédateurs-proies sous la banquise afin de suivre les éventuels effets sur les populations de phoques crabiers. Cette procédure concerne des animaux adultes car ce sont les individus présents sur la banquise, les juvéniles sont plus fréquemment en mer jusqu'à ce qu'ils atteignent le stade reproducteur.
TENPO – étude des TEmpératures Nocturnes et des Populations de pOdarcis muralis-
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Autre recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
310 lézards des murailles vont être utilisés, maintenus vivants puis relâchés sur leur lieu de capture, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Adultes capturés dans la nature et juvéniles nés en captivité sont marqués individuellement, transportés et hébergés en vivariums, certains déplacés entre un site d'altitude et un site de plaine, pour mesurer les effets des températures nocturnes sur cette espèce à sang froid. Le porteur situe les retombées pour la biologie de la conservation sur le "long terme". Il affirme ne pas pouvoir remplacer ce modèle par un modèle non vivant pour étudier une réponse au changement climatique en milieu naturel.
Objectifs
Ce projet vise à mesurer les effets de la température sur l'ensemble des traits observables d'un organisme à sang froid (ectotherme), en l'occurrence sur le lézard des murailles, adultes (1) et leurs progénitures (2) dans un contexte de réchauffement climatique. Le lézard des murailles est une espèce circumméditerranéenne opportuniste et thermophile, qui remonte en altitude à la faveur du réchauffement climatique. Espèce très opportuniste, il est communément observé dans la majorité de l’Europe et occasionnellement colonise les montagnes jusqu’à 2400m d’altitude, milieux pauvres en oxygène. Au cours des dernières décennies, les températures nocturnes ont joué un rôle insoupçonné dans le réchauffement global de la planète. Il s’avère que les modèles climatiques futurs prédisent une augmentation moyenne supérieure pour les températures minimales (donc nocturnes). De nombreuses études ont été réalisées sur les plantes et les insectes (souvent ravageurs), révélant des réponses physiologiques changées, rendement photosynthétique accru, renouvellement des générations plus court, croissance plus forte, initiées par le contexte actuel du réchauffement climatique et de l’agronomie. En revanche très peu d’études ont cherché à comprendre l’impact des températures nocturnes sur les reptiles et les vertébrés ectothermes en général. Une seule étude réalisée sur le lézard vivipare a vu le jour, et ses résultats préliminaires mettent en avant des effets significatifs des températures nocturnes plus élevées sur la physiologie de l’espèce à court terme.
Bénéfices attendus
Cette étude a pour but de mieux comprendre l’impact d’une hausse des températures nocturnes sur la physiologie des ectothermes. Elle permettra sur le long terme de fournir des données qui seront utiles pour mieux comprendre les adaptations à un nouvel environnement et la résilience de l’espèce face aux changements climatiques. Ces études permettront d'alimenter les connaissances sur la recherche fondamentale et celles liées à la biologie de la conservation des ectothermes. Notre projet scientifique s’inscrit dans une volonté de compréhension des effets locaux du changement climatique sur la biodiversité, essentielle à l’orientation des politiques environnementales et de gestion des espaces naturels. Nous travaillons en collaboration avec une association de protection et de valorisation de la nature à l’échelle régionale. Le projet permet également le suivi des populations de lézard des Pyrénées et lézard des Murailles qui sont de par leur mouvement indicateur du réchauffement climatique. Ces partenariats avec les associations de protection de la nature permettront d’assurer la continuité entre la recherche et les gestionnaires de la biodiversité, qui est très importante pour la sauvegarde de la biodiversité.
Procédures
Le nombre total de lézards dans ce projet est de 310 individus, comprenant : 210 adultes capturés en milieu naturel divisés en 3 lots; 90 mâles adultes (Lot n°1) + 90 femelles (Lot n°3) provenant de populations de basses altitudes et 30 mâles adultes (Lot n°2) provenant de populations de hautes altitudes et enfin + 100 juvéniles nés en captivité (Lot n°4). Les animaux adultes seront capturés et marqués individuellement (
Impact sur les animaux
Tout sera mis en œuvre afin de réduire le stress des animaux lié au transport (sac en toile dans une boite isolée, Les convoyeurs/expérimentateurs ont été formé le 04 et 05 novembre 2021 au transport d'animaux sauvages par CAPAFORMA (‘Centre de formation professionnelle de la faune sauvage et domestique’) et ont également été formé au maintien d'animaux en captivité (FORMATION A L'UTILISATION D'ANIMAUX DE LA FAUNE SAUVAGE NON HEBERGEE A FINS SCIENTIFIQUES). Les conditions de captivité offrent les éléments nécessaires à la diminution du stress des animaux (cachettes, photopériode de saisons, lampes chauffantes). La santé des animaux est étroitement surveillée en captivité (1 passage par jour, le matin, par des personnes étant formées au niveau concepteur en FORMATION A L'UTILISATION D'ANIMAUX DE LA FAUNE SAUVAGE NON HEBERGEE A FINS SCIENTIFIQUES), en utilisant à la fois des observations qualitatives (vérification de l'activité des animaux) et des mesures quantitatives (suivi de la masse corporelle tous les 15 jours). Si des comportements particuliers sont observés sur plus de 48H (points limite : prostration, refus de s'alimenter, mutilation, mue fréquente, régurgitation, tentative de fuite), le ou les individu(s) sera (seront) isolé(s) temporairement de la population dans un vivarium opaque et une attention particulière lui (leur) sera portée: consistant en des contrôles visuels plus fréquents, relâché précoce en milieu naturel une fois la vérification vétérinaire réalisée.
Devenir
Les animaux sont relâchés en milieu naturel, sur leur lieu de capture, quand les conditions climatiques seront optimums (autour de 20°C sans pluie)
Remplacement
Notre objectif étant d’étudier la réponse d’un ectotherme face au changement climatique dans son milieu naturel, nous ne pouvons pas remplacer ce modèle par un modèle non vivant. Les connaissances empiriques relatives à ces espèces ne peuvent être remplacées par d’autres types de connaissances, ni obtenues par d’autres moyens d’acquisition de connaissances car très peu d'études ont été faite sur ce sujet. L'approche expérimentale est nécessaire pour définir les paramètres éco-physiologiques des populations qui permettront la création de modèles mathématiques.
Réduction
Les effectifs d'animaux utilisés ont été définis comme le nombre minimal, découlant de projets passés, afin de permettre d'obtenir des analyses statistiques représentatives afin que les résultats soient publiables et utilisables par la communauté scientifique. Ces effectifs ont été soigneusement affinés dans un triple but, afin de minimiser l'impact sur les populations, assurer une robustesse statistique, et enfin pour des raisons de simple logistique (capacité des locaux, personnels et matériels). Pour limiter l’impact sur les populations locales, les individus seront prélevés dans différentes populations (< 30 individus par population) et tous les animaux seront relâchés à la fin des expérimentations.
Raffinement
Dans un but de raffinement, ces animaux seront maintenus dans des conditions de captivité optimales respectant la réglementation européenne ainsi que leurs exigences biologiques (maintien en captivité dans des vivariums individuels adaptés à l’espèce (30/26 cm (h) x 50/38 cm (L) x 40/23 cm (l)), gradient de température permettant une thermorégulation active, température des pièces contrôlées, litière et abris, mise à disposition d'eau et de nourriture en illimité. Le substrat en copeaux de bois permet aux animaux de creuser, se cacher et surtout de rechercher les nourritures de façon active. Quant au point chaud du vivarium, l'intermittence des lampes mime le passage de nuages et incite les animaux à exprimer un comportement de thermorégulation naturel, une lampe chauffante de 28 watts permettant une thermorégulation libre le jour, créant un point chaud à environ 35°C et un point froid à 18-24°C. L’apport d’UV est important à l’espèce lors de toute période de captivité. L’apport d’UV sera donc implémenté par l'utilisation de lampes dédiées UVB. Le personnel compétent veillera à ce qu’un passage journalier soit effectué afin de vérifier les conditions de captivité des animaux et de mettre en place des protocoles adaptatifs lorsqu'il est nécessaire. Nous appliquerons le principe de précaution, c’est-à-dire que toute manipulation se fera en limitant un maximum le stress, la douleur et l’angoisse des animaux. Les animaux seront maintenus dans des conditions de captivité proches de leurs exigences écologiques. La description de plusieurs points limites (perte de la queue, comportement de fuite, refus de s'alimenter, mues excessives, régurgitation par exemple) permettra de rester vigilant au regard des conditions de captivité des animaux. La photopériode sera de 12h de lumière et 12h d’obscurité. La pièce expérimentale est maintenue à 20-22°C durant les expériences, n'induisant pas de forte différence thermique avec le terrarium de captivité. Des personnels titulaires du certificat de capacité pour l'élevage des lézards sont présent sur le site pour superviser les élevages.
Choix des espèces
Au cours des dernières décennies, la hausse des températures nocturnes a joué un rôle disproportionné dans le réchauffement global de la planète. C’est un phénomène négligé dans les études faites sur la biologie des populations naturelles. Chez les ectothermes (98% des animaux), les performances physiologiques sont influencées par les conditions thermiques environnantes, une augmentation de la température nocturne de seulement 2°C est suffisante pour induire une augmentation exponentielle des dépenses métaboliques. Des nuits plus chaudes peuvent élargir la gamme thermique de ces espèces et ouvrir de nouvelles opportunités pour des activités prolongées et améliorer l'efficacité de la recherche de nourriture. Cependant, une activité accrue peut également avoir des effets délétères sur l'équilibre énergétique si l'exposition à des nuits plus chaudes réduit les périodes de repos et augmente la consommation d’énergie au repos. Cette augmentation du taux métabolique au repos, auquel l’animal ne peut échapper, peut entrainer de forts changements sur les organismes ectothermes, il est important d’en étudier ces conséquences afin d’évaluer le potentiel de résilience des populations face aux futures conditions environnementales. Afin de limiter notre impact sur la population de capture, nous ne prélèverons que des adultes, dont des femelles gestantes afin de récupérer les œufs post ponte et travailler sur les impacts des températures nocturnes sur le développement des juvéniles. Après la ponte, les œufs seront maintenus en incubation. Des tests de performances physiques, de préférence thermique et de l’activité du métabolisme respiratoire de repos des juvéniles seront réalisés. A l'issue des expériences, tous les individus (adultes et juvéniles) seront relâchés sur leur site de capture ou sur celui de leur mère. Il est à souligner que l’incubation d’œufs de lézard en captivité est bien plus efficace que dans la nature – les taux de survie des œufs et des jeunes sont beaucoup plus élevés, car sont retirés les aléas liés au climat (chaleur, froid, dessiccation ou moisissure) et à la prédation. L’ensemble des animaux étant relâchés à la fin de l’expérimentation, cela permet de limiter largement l’impact général de l’étude sur les effectifs naturels.