Conservation des espèces
- Enseignement supérieur et formation professionnelle
- Maintien des lignées génétiquement modifiées
- Production de routine
- Protection de l’environnement
- Recherche appliquée
- Recherche fondamentale
- Tests réglementaires
Le rôle de la préférence sexuelle phénotypique dans le maintien des colorations chez Dendrobates tinctorius
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
51 grenouilles vont être utilisées, gardées en vie et réutilisées, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Nées en captivité, elles sont déplacées entre terrariums et mises en présence d'autres individus pour observer leur comportement de reproduction, sans intervention invasive selon le porteur. Le stress possible se traduirait par une perte de poids et une léthargie, l'expérience étant arrêtée le cas échéant. Le projet relève de la recherche fondamentale sur l'évolution des colorations, le porteur y adjoignant un argument de conservation de cette espèce protégée.
Objectifs
Nous étudions l’adaptation chez la grenouille Dendrobates tinctorius de Guyane afin de mettre en évidence les mécanismes écologiques et évolutifs menant à la grande diversité de patrons de coloration. Chez cette espèce toxique d’amphibien, les motifs de coloration vifs sont une adaptation permettant d’avertir les prédateurs que l’attaquer représente un risque. Les nombreuses populations sont chacune caractérisées par combinaisons de colorations vives uniquement efficaces contre les prédateurs avec laquelle elles cohabitent. Le maintien d’une telle diversité morphologique dont les fonctions de répulsion des prédateurs sont bien comprises fournit une opportunité exceptionnelle de mieux comprendre comment les populations d’une même espèce prennent des directions évolutives distinctes. Dans le cadre de ce projet, nous cherchons à déterminer si Dendrobates tinctorius se reproduit préférentiellement avec des individus ayant la même coloration. Un tel comportement de reproduction expliquerait pourquoi le métissage entre populations de couleurs distinctes n’est pas observé et comment ces populations distinctes parviennent à se maintenir. Chez de nombreuses espèces présentant colorations anti-prédateurs, un tel mode de reproduction se met en place rapidement suite à la divergence des patrons de colorations entre les populations. Il est supposé qu’une préférence sexuelle pour des individus ayant le même patron de coloration (homogamie) est une stratégie permettant de prévenir l’apparition d’une progéniture ayant une coloration intermédiaire, non reconnue par les prédateurs comme étant toxique, et donc fortement éliminé par les prédateurs.
Bénéfices attendus
Deux bénéfices sont attendus de ce projet : Science fondamentale -> Ce projet permettra de documenter et de mieux comprendre les mécanismes microévolutifs ayant permis des évènements de diversification massifs chez les vertébrés terrestres. Gestion de la faune et conservation -> Dendrobates tinctorius est inscrit sur la liste des espèces protégées en France. Bien que sa distribution et ses caractéristiques d’histoires de vie soient très hétérogènes, cette espèce est considérée comme une unique entité de conservation. Parvenir à décrire les différences entre populations et la présence de barrières reproductives procurerait les arguments afin que chacune des populations soit considérée comme étant une ‘’Évolutionary Significant Unit’’ ayant chacune un plan de gestion approprié.
Procédures
Nous quantifions le comportement de reproduction de Dendrobates tinctorius. Aucune intervention invasive n'est éffectué.
Impact sur les animaux
Il est possible que certains individus démontrent du stress suite aux changements de terrarium ou au fait de rencontrer un individu inconnu. Le fait d’utiliser des individus nés en captivité permet de considérablement diminuer ce facteur (comparativement aux individus sauvages qui sont beaucoup plus sensible au stress). Les individus sont observés plusieurs fois par jour et si un individu semble stresser (perte de poids, inactivité, comportement anormaux), l’expérience sera arrêtée et l’individu sera rapidement remis dans son terrarium d’élevage et ne sera pas réutilisé. Un autre individu provenant de nos colonies prendra sa place. Dendrobates tinctorius est une espèce naturellement « « bien arrondie’’. Vus de haut, les individus démontrent de belles courbes ventrales lorsqu’en santé. Par contre, lorsque stressé ou malade, les individus vont rapidement perdre du poids (en 2-3 jours) ce qui se traduit dans un premier temps par la perte des courbes ventrales et don un aspect plus rectiligne et anguleux. Dès la détection de cette caractéristique morphologique, l’expérience est arrêtée. Parmi les comportements anormaux diagnostiques de stress chez D. tinctorius; 1) la perte d’appétit caractérisé entre autres par les individus ne sortant pas de découvert pour chasser les proies offertes, 2) la léthargie caractérisée par l’individu restant immobile et bougeant très peu (D. tinctorius est normalement très active) et 3) une posture au sol caractérisé par l’individu étant aplatis contre le sol plutôt que bien droit sur ces pattes. De plus, les animaux sont attrapés et déplacés à l’obscurité afin de limité le stress. Nous utilisons un contenant de 1L opaque que nous posons devant l’individu à attraper. Une fois que l’individu saute dans le contenant, nous le refermons et le déplaçons (vers le terrarium expérimental ou de résidence).
Devenir
Après la procédure (10 jours), les individus sont retournés à leurs terrariums de résidence. Ceux-ci seront maintenus sur la plateforme et réutilisés dans les autres projets à venir (e.g. acquisition des toxines de défenses, détermination de la présence de barrières post-zygotiques, disséquer en détail les modalités d’un choix de partenaires, etc).
Remplacement
Nous étudions spécifiquement les traits d’histoire de vie de Dendrobates tinctorius. Il est essentiel de travailler sur des individus vivant de cette espèce.
Réduction
Les animaux utilisés font partie d’un stock maintenu en vie et sur lequel de nombreux travaux sont et seront réalisés. Cette réutilisation des individus au sein de la plateforme expérimentale permet de diminuer considérablement le nombre d’individus à tester. Également, le design expérimental et statistique a été optimiser afin diminuer de près de moitié le nombre d’individus.
Raffinement
Le raffinement est essentiel au succès du projet. Nous cherchons à maximiser le bien-être des animaux afin que ceux-ci puissent mener leurs comportements de reproduction habituelle. Ces amphibiens n’initieront pas de parades nuptiales ni reproductions s’ils ne se sentent pas en sécurité ou si l’environnement n’est pas adéquat. En se basant sur nos techniques d’élevage qui ont fait leurs preuves, les conditions expérimentales sont mises en place afin de reproduire le mieux possible l’habitat naturel. Ceci implique que chaque terrarium est en soi un petit écosystème rempli de végétaux vivants et de décor tel des racines, souches, pierres générant un habitat hétérogène ou l’animal peut se cacher ou encore parader lorsqu’il le veut. Nous laissons ainsi, de façon passive, les animaux exprimer leurs comportements naturels.
Choix des espèces
Dendrobates tinctorius a été choisis spécifiquement pour son très haut ecotypisme adaptatif. L’écotypisme de patrons de coloration chez cette espèce est très impressionnant et rivalise sans difficulté avec la diversité retrouvée lors de radiations adaptatives en situation insulaire (Pinson de Darwin, Anoles, etc). Mais ici, il ne s’agit pas d’îles, mais bien de populations adjacentes sans barrières géographiques à la migration. Cette espèce est donc idéale pour parvenir à expliquer le maintien de cette diversité adaptative. Nous travaillons sur des individus sexuellement matures, car l’objectif du projet est de documenter les préférences sexuelles
Elaboration d’un protocole pilote pour alimenter et mesurer le stress de l’exposition nocturne à la lumière artificielle chez le mulet-porc
- Conservation des espèces
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
- Bien-être animal
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
100 mulets-porcs vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Capturés en milieu naturel, ils sont exposés sur trois nuits à une lumière artificielle nocturne, puis tués par surdose d'anesthésique pour prélèvement de sang, de muscle et de foie, afin de calibrer un protocole de mesure du stress lié à la pollution lumineuse. Le porteur décrit un stress à la capture et au transport et une perte de poids légère pendant l'acclimatation, sans autre manipulation directe. Il présente l'étude comme pilote, préalable à un dispositif de plus longue durée qui fera l'objet de futures demandes d'autorisation.
Objectifs
Ce projet est une étude pilote destinée à concevoir un protocole d’alimentation et de mesure indirecte du stress chez le mulet-porc, dans le cadre du développement d’un projet expérimental sur un plus long terme. Celui-ci visera à analyser l'effet sur la biodiversité aquatique, d'une forme de stress spécifique aux milieux urbains, à savoir la pollution lumineuse nocturne. Nous avons choisi de réaliser cette étude sur des mulets-porcs juvéniles car il s’agit d’une espèce commune, largement répandue dans les milieux aquatiques urbanisés européens et connue pour se nourrir exclusivement de biofilms (couches de micro-organismes qui se forment sur des surfaces en contact avec l'eau) lorsqu’ils sont juvéniles. Ce comportement alimentaire est recherché car le projet global cherchera à analyser les effets du stress lumineux sur une fonction essentielle au fonctionnement des écosystèmes aquatiques : l’interaction alimentaire plante-poissons. Les poissons seront capturés en milieu naturel par nos soins grâce à des filets spécifiques à la pêche aux civelles donc sans risque de blessure des animaux et transportés dans nos installations. Nous mettrons ensuite à leur disposition des biofilms produits naturellement sur place, et ferons évoluer la lumière de telle façon à simuler les modes d'éclairage urbain les plus répandus. Nous verrons ainsi les effets de cette pollution lumineuse à la fois sur l’alimentation des poissons (quantités ingérées, fréquences des repas) et sur leur niveau de stress. Pour la quantification de celui-ci, de l'eau des aquariums sera régulièrement prélevée et analysée, avant qu'une fois les poissons euthanasiés, on réalise des mesures sur leur sang, muscles et foie. C'est ensuite la recherche de la présence de cortisol dans l'eau et/ou dans le sang qui nous permettra d'évaluer le niveau de stress des poissons exposés aux effets de la lumière. Des prélèvements d’organes et tissus renseigneront en parallèle sur l’évolution de la composition en lipides en fonction du mode d’alimentation, et ce afin d’évaluer l’effet sur l’interaction alimentaire biofilm-poisson.
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus de cette étude pilote à court terme sont de tester la faisabilité et les paramètres d’un protocole de mesure indirecte du stress du poisson en réponse à un stress lumineux. A moyen terme, l’étude pilote permettra de concevoir un dispositif expérimental réaliste pour étudier les réponses comportementales (en particulier alimentaires) et le stress induit par la pollution lumineuse nocturne chez le mulet-porc. Cette espèce de poisson a été choisie puisqu’elle représente un maillon essentiel au bon fonctionnement des écosystèmes aquatiques soumis à pression urbaine. A long terme, la démarche expérimentale permettra d’apporter des éléments de connaissance scientifique fondamentale robustes sur la réponse de la biodiversité aquatique, et plus généralement du fonctionnement des écosystèmes aquatiques, à divers facteurs de stress urbain. Ils alimenteront des recommandations de gestion des espaces publics urbains, notamment pour ce qui concerne la réduction, la mitigation ou la gestion des effets des éclairages publics sur l'environnement.
Procédures
Les poissons seront capturés en milieu naturel avec des techniques de pêche au filet. Toutes les précautions seront prises pour éviter des blessures aux animaux au cours de cette étape. Ils seront ensuite transportés pendant deux heures dans des sacs de transport adaptés. Les poissons, d’une espèce capable de vivre aussi bien dans l’eau douce que dans l’eau salée, seront ensuite acclimatés à l’eau de l’aquarium, d’une salinité plus basse que celle des milieux de capture, par le respect de seuils d’acclimatation progressifs accompagnés d’observations comportementales continues. Ils resteront ensuite en quarantaine sanitaire pendant 21 jours. Puis, ils seront alimentés avec un aliment naturel, le biofilm (la couche de micro-organismes qui se forme sur des surfaces en contact avec l'eau), dont l’appétence en condition de captivité sera testée. Si ce biofilm venait à être négligé, des granulés commerciaux le remplaceront. Certains poissons seront ensuite soumis à un stress lumineux nocturne d’une durée au total courte (3*12 h maximum d’exposition nocturne). L’ensemble des poissons destinés à l’expérimentation sera euthanasié à diverses étapes pour les besoins des prélèvements indispensables à l’interprétation des résultats : prises de sang pour y mesurer le cortisol qui sera comparé aux mesures réalisées dans l’eau, extraction de muscles et de foie pour analyse des profils en lipides. Ces profils illustrent pertinemment le rôle des plantes dans le fonctionnement des réseaux alimentaires de l’écosystème.
Impact sur les animaux
Les animaux peuvent être soumis à un stress lors de leur capture et pendant leur transport, qui durera environ deux heures, ainsi que lors du transfert dans l’aquarium. Au cours de la procédure visant à habituer les poissons à se nourrir en captivité de biofilms, une perte de poids des animaux, légère mais sans conséquences sur leur bien-être, est possible. Ensuite, au cours de la procédure destinée à tester un protocole de mesure indirecte du stress, certains individus seront exposés aux effets d'une lumière nocturne, d’intensité légère, pendant 3 nuits, c'est à dire durant 36 heures non consécutives. C’est l’effet de ce stress, mimant une exposition à la pollution lumineuse nocturne, qui est recherché. Les effets attendus sont d’ordre comportemental (mobilité accrue, frénésie alimentaire, stress modéré), et d’ordre physiologique (accumulation de cortisol dans le sang et excrétion de cortisol dans l’eau du milieu). En dehors de ces nuisances légères, aucune manipulation directe n’est prévue sur les animaux. Tous seront néanmoins euthanasiés (selon le mode réglementaire, c’est-à-dire qu’une fois que les poissons auront été anesthésiés par balnéation, une augmentation de la quantité du produit anesthésique dans l’eau produira leur euthanasie) en fin d’expérimentation pour les besoins de prélèvements de sang, muscle et foie nécessaires à l’interprétation des résultats.
Devenir
Les 100 poissons impliqués sont euthanasiés. 10 le sont dès le début du projet, servant ainsi de « témoins », 20 à 30 autres le sont à la fin de la période d’alimentation par le biofilm ou les granulés, ceci pour la détermination du profil lipidique. Enfin, 60 seront euthanasiés après l’exposition à la lumière. Ces euthanasies sont justifiées par le besoins de prélèvements destinés à recueillir les paramètres indispensables aux résultats de l’étude pilote déployée dans le cadre de l‘élaboration d’un dispositif multiannuel. Celui-ci fera l’objet de futurs dépôts de demandes d’autorisation d’expérimenter au fur et à mesure de l’avancée du projet.
Remplacement
Les finalités de l’expérimentation pilote sont de juger de la faisabilité et du calibrage d'un protocole d’alimentation et de mesure du cortisol excrété par des animaux vivants dans l’eau du milieu suite à une exposition à un stress léger. L’expression du stress et les réponses comportementales complexes attendues ne peuvent pas être abordées par l’usage d’un modèle de remplacement simplifié (par exemple, des cultures cellulaires) en l’état actuel des connaissances. De plus, le choix d’une espèce sauvage très répandue dans les écosystèmes aquatiques urbanisés d’Europe, plutôt que d’un modèle biologique expérimental plus standardisé (poissons zèbres ou medaka par exemple) permettra d’optimiser les résultats du projet à large échelle.
Réduction
Le nombre d’animaux intégrés à l’étude pilote est limité au strict minimum requis pour une analyse statistique fiable de l’effet de l’exposition lumineuse sur le comportement alimentaire des animaux. L’expérimentation est constituée de 3 procédures qui s’enchainent sur tout ou partie des mêmes animaux afin d’optimiser leur usage. Ce nombre de 100 inclut un total de 10 surnuméraires capturés pour pallier une mortalité potentielle pendant la capture, le transport et l’acclimatation aux conditions d’hébergement (soit une mortalité estimée à environ 10%).
Raffinement
En dehors des étapes de capture, transport et transfert, les poissons ne seront jamais manipulés. Une fois pêchés, les poissons seront placés dans des viviers de dimensions adaptées à leur nombre et à leur taille, puis placés délicatement dans des sacs de transport gonflés aux 2/3 à l'oxygène pur et hermétiquement fermés. Ces sacs seront déposés dans un contenant assurant leur stabilité pendant le transport jusqu'au site expérimental. Une fois les poissons sur place, des seuils progressifs d'acclimatation leur permettront de s'habituer à l'eau de leur aquarium. Par ailleurs, le seul transfert qui sera réalisé ensuite sera celui du lot de 60 poissons destinés à l’exposition lumineuse ; il sera effectué à l'aide d'épuisettes à mailles fines, entre le bac de quarantaine où auront été accueillis les poissons dès leur arrivée sur site, vers les aquariums où se dérouleront les expositions lumineuses. Les poissons seront nourris pendant l'expérimentation. La qualité, la quantité et la fréquence de l’alimentation seront ajustées en fonction des observations réalisées in situ. Au moins une fois par jour, des animaliers formés de longue date viendront contrôler visuellement l’état des poissons. Des mesures continues des différents paramètres de l’eau (température, pH, …) ainsi que des mesures ponctuelles des produits azotés, garantes de la qualité de l'eau, permettront de maintenir des conditions environnementales optimales tout au long de l’expérimentation. Les bassins seront dimensionnés pour offrir un espace de mobilité confortable aux animaux (bassins de 30 L pour des individus de 8±2 cm de longueur totale). Les poissons ne seront jamais isolés mais placés en groupes de minimum 5 à maximum 100 individus selon les étapes. Toutes les étapes expérimentales auront lieu dans une même salle dédiée afin que les poissons s’habituent à un environnement visuel et sonore unique et constant. Enfin, les aquariums seront nus car un abri serait de peu d’intérêt pour le mulet-porc qui est une espèce mobile se déplaçant dans la colonne d’eau en dehors des activités alimentaires qu'il mène sur le fond. La présence d’une cache pourrait par ailleurs nuire à l’interprétation des résultats. Cependant, une des parois de chaque aquarium sera munie d’un décor mimant un décor de rivière afin potentiellement d’améliorer le confort des animaux.
Choix des espèces
Le mulet-porc est une des rares espèces de poissons connues pour se nourrir de biofilms au stade juvénile, ce comportement alimentaire spécifique étant essentiel pour atteindre les objectifs de long terme envisagés dans le projet global supportant l’étude pilote. Ces objectifs viseront au développement d’une démarche expérimentale multiannuelle intégrant différents représentants de la biodiversité aquatique (poissons et plantes d’espèces diverses). De plus, la capture de mulets-porcs en milieu saumâtre puis leur placement en milieu dulcicole pour l’expérimentation sont possibles puisqu’il s’agit d’une espèce dont le cycle de vie se déroule à la fois en eau salée et en eau douce. Le mulet-porc est par ailleurs largement répandu dans les milieux aquatiques urbanisés mondiaux dont l’étude est ciblée par le projet global, ce qui permettra d’optimiser la portée des résultats dans un contexte international. C’est aussi l’espèce la plus abondante dans les zones où les captures sont envisagées : ainsi, l’impact de celles-ci sur les ressources naturelles sera minimisé. Les poissons impliqués seront des juvéniles de 8±2 cm de longueur totale. Cette taille est en effet celle à laquelle les mulets-porcs sont décrits comme consommateurs exclusifs de biofilms en milieu naturel. Le fait de choisir des juvéniles limitera aussi les effets potentiels des captures sur les ressources naturelles. Enfin, des poissons de petite taille sont recherchés afin d’optimiser le compromis entre confort des animaux et conditions optimales pour la fiabilité des mesures du cortisol dans l'eau.
BARLOC
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
180 bars européens vont être utilisés dans ce projet, dont 64 dans un test de nage classé sévère qui entraîne leur mise à mort, les 116 autres étant gardés vivants pour d'autres projets. Après plusieurs semaines en eau appauvrie en oxygène, chaque bar testé nage de façon forcée pendant une à deux heures, sans anesthésie, ce qui peut provoquer fatigue, stress et, en cas d'anomalie cardiaque, des crises brèves et généralement mortelles. Le projet étudie la tolérance de cette espèce à la désoxygénation des océans. Le porteur affirme que le recours au modèle animal ne peut être évité car les processus étudiés relèvent de l'organisme vivant, et souligne l'intérêt économique du bar comme espèce exploitée par la pêche.
Objectifs
Le taux d’oxygène dans les océans a baissé d’environ 1 à 2% depuis 1960 et cette désoxygénation des océans pourrait s’accentuer dans les décennies à venir. Elle conduit certaines espèces marines à migrer vers des habitats plus riches en oxygène, conduisant dans certaines zones géographiques à l’effondrement des pêcheries et de l’aquaculture. Pour garantir une pêche durable, il est donc essentiel d’évaluer et anticiper l’impact de la désoxygénation des océans sur les espèces marines, notamment celles d’intérêt économique comme le bar. Dans ce projet, nous nous proposons donc d’étudier les mécanismes physiologiques à la base de la tolérance à l’hypoxie chez le bar européen (Dicentrarchus labrax).
Bénéfices attendus
Dans le contexte des effets du changement global sur l'écosystème marin, ce projet permettra de valider un nouvel outil pertinent pour étudier la tolérance des poissons à la désoxygénation.
Procédures
Tandis que n=90 poissons seront maintenus en condition de normoxie (c’est-à-dire dans une eau normalement oxygénée), n=90 poissons seront placés en condition d’hypoxie modérée (teneur en oxygène réduite à 50% sur 48h). Ils seront maintenus dans ces conditions de désoxygénation durant au moins 6 semaines avant le début des tests de nage. Ensuite, les poissons (n=32 « normoxie » et n=32 « hypoxie ») subiront chacun 1 test en tunnel de nage. Chaque individu sera pêché rapidement, sans anesthésie préalable (pour éviter la sédation répétée des congénères) puis transféré du bac d’élevage vers le tunnel (en quelques dizaine de secondes) dans un seau opaque avec couvercle. Le poisson sera introduit dans le tunnel de nage puis laissé au calme durant 1h avec un faible courant d’eau pour s’habituer doucement au tunnel avant l’exercice plus intense. La période d'exercice de nage durera de 1 à 2h selon la vitesse de nage testée (faible, moyenne ou élevée). Dans la mesure où nous imposerons au poisson de nager, en réduisant éventuellement l’oxygénation du milieu, le test en tunnel de nage est classé procédure sévère.
Impact sur les animaux
Les nuisances attendues sont les suivantes : - une fatigue physique des animaux qui pratiqueront le test de nage (durée du test : 1 à 2h selon la vitesse de nage imposée) - des malaises si certains d'entre eux présentent des anomalies cardiaques (lorsqu'elles surviennent, les crises sont soudaines, brèves et généralement létales) - du stress lié à la manipulation de gravité légère (pêche, introduction dans le tunnel), lié au changement d'environnement (bac d'élevage versus tunnel de nage) ou encore lié à l'exercice physique lui-même (notamment lors de la nage imposée à vitesse soutenue de 4-6 longueurs corporelles/seconde, maintenue en moyenne 10 minutes avant épuisement). Nous précisons que la pêche du poisson et son transfert dans le tunnel de nage ne devraient pas excéder quelques dizaines de secondes dans la mesure où la salle d’expérimentation est attenante au hall d’élevage. L’émersion de l’animal ne devrait pas durer plus de quelques secondes, juste le temps des transferts du bac d'élevage au seau (
Devenir
Le tunnel de nage étant de classe sévère, les n=64 poissons qui auront subi les tests de nage ne pourront pas être réutilisés pour d'autres projets. Par conséquent, ils seront mis à mort à l'issue des expériences. Les animaux du projet qui n'auront pas subi les tests en tunnel de nage (n=116 poissons restants) seront gardés en vie et intégrés dans d'autres projets.
Remplacement
L'économie du modèle animal ne pourra pas être faite dans la mesure où les processus étudiés s’appliquent à l’organisme vivant, dans son intégrité et toute sa complexité.
Réduction
Les nombres d'animaux envisagés pour ce projet (n=180 en élevage puis n=64 en expérimentation) sont en conformité avec les exigences de Réduction. Ils permettent en effet de tenir compte des contraintes zootechniques et notamment de la densité minimale d’animaux requise pour satisfaire le comportement naturellement grégaire de l'espèce étudiée. Ils permettent aussi de s'assurer de la robustesse de nos analyses statistiques (analyse de variance ANOVA) compte tenu de l’étendue de la variabilité interindividuelle des processus étudiés.
Raffinement
Nous répondrons également aux exigences de Raffinement : tout sera mis en œuvre pour limiter au maximum l'angoisse et la souffrance des animaux expérimentés. Nous manipulerons les animaux avec soin : nous ferons en sorte que la pêche à l'épuisette soit réalisée rapidement et en perturbant le moins possible les autres animaux (sans trop d'agitation de l'eau). Le poisson sera transporté dans un seau opaque avec couvercle et nous veillerons à ce qu’il ne soit émergé que très transitoirement, juste le temps d'être transféré du bac d'élevage au seau (
Choix des espèces
Cette étude sera réalisée chez une espèce de poisson marin, le bar européen (Dicentrarchus labrax). Il s’agit, depuis plusieurs années, du modèle d’étude privilégié par notre groupe de recherche. Nous en maîtrisons parfaitement l’élevage et possédons des compétences zootechniques telles que nous pouvons garantir un excellent état de santé et de bien-être de nos animaux. Nous possédons par ailleurs des connaissances affirmées sur la physiologie et le comportement de ce poisson. Enfin, il s’agit d’une espèce commercialement exploitée et, à ce titre, les connaissances sur sa capacité à répondre aux contingences environnementales futures sont indispensables pour gérer durablement cette ressource à forte valeur économique. Les bars utilisés dans ce projet seront au stade juvénile (poissons âgés d'environ 1 an et n'ayant pas encore atteint la maturité sexuelle - maturation sexuelle atteinte à 3 ans chez les bars mâles et 5 ans chez les bars femelles).
Les phoques crabiers et le krill antarctique sous la banquise
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
4 phoques crabiers vont être utilisés, relâchés dans leur habitat à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Ils sont sédatés à distance puis anesthésiés pour la pose d'appareils de bio-télémétrie collés sur la fourrure, avec une prise de sang et le prélèvement d'une vibrisse, le matériel étant ensuite largué à distance sans recapture. L'étude pilote cherche à documenter la distribution du krill sous la banquise à travers ce prédateur, dans un objectif de gestion de la pêche. Le porteur affirme que le phoque crabier ne peut être remplacé par une autre espèce ni étudié en captivité.
Objectifs
Les zones englacées sont particulièrement sensibles au réchauffement global, et il est nécessaire de déterminer comment les prédateurs de la banquise utilisent leur environnement physique et biologique pour comprendre et prédire leur réponse au changement climatique dans les différentes régions antarctiques. Ces prédateurs consomment de grandes quantités de ressources marines, parmi lesquelles le krill (Euphausia superba) occupe une place prépondérante. Cette espèce — dépendante de la banquise pour son développement larvaire — assure ainsi une large part du transfert du plancton (vivant sous la banquise) vers les poissons, oiseaux et mammifères marins. Les futurs changements de l’étendue de la banquise antarctique dans un climat plus chaud pourraient affecter de manière négative les populations de krill, et donc celles de leurs prédateurs comme les phoques crabiers par exemple. Toutefois, l’évolution future de l’ensemble de la chaine alimentaire reste difficile à prévoir tant la compréhension des différentes composantes de l’écosystème antarctique et leurs interactions est incomplète, voire approximative. Pour cause, la connaissance de la distribution et l’abondance du krill en hiver est à ce jour très limitée, notamment dans les régions encore peu touchées par les variations de la banquise — telles que l’Antarctique de l’Est — car les études dans ces zones englacées peu accessibles sont difficiles. Nous souhaitons combler ce déficit de connaissances, en étudiant le krill via les relations fonctionnelles qu’il partage avec ses prédateurs, le phoque crabier, grâce à des techniques de bio-télémétrie.
Bénéfices attendus
Ces résultats auront des implications directes et cruciales concernant notre capacité à faire face aux crises du climat et de la biodiversité. Ils appuieront la consolidation de la base scientifique d'une gestion écosystémique de la pêche au krill par la Commission pour la conservation de la faune et la flore marines de l'Antarctique. En effet, il n'y a pour le moment pas de pêche significative de krill dans l'Antarctique de l’Est, mais des notifications récentes de navires norvégiens et chinois suggèrent un intérêt croissant de l'industrie pour cette région et pour cette ressource. La mise en place d'une surveillance et d’études sur la distribution et la densité du krill dans cette zone permettra donc de mieux comprendre l’influence de la banquise et de son rôle dans l’écosystème en l'absence de pression de pêche. Ce projet remplira de fait 1) un des objectifs du programme de contrôle de l'écosystème de la Commission, c'est-à-dire distinguer les changements dus à l'exploitation des ressources marines des changements dus à la variabilité environnementale. Ce projet contribuera également à 2) "l'évaluation des risques" lancée par les membres de la Commission pour la conservation de la faune et la flore marines de l'Antarctique dans la zone afin d'essayer de comprendre l'impact possible de la pêche sur l'écosystème. Enfin les modèles d'habitat du krill utilisés pour élaborer les projections des populations de krill et les stocks comportent des limitations spatiales et temporelles importantes et connues en raison du manque de données disponibles, en particulier pendant la saison hivernale. Cette recherche fournira 3) des informations sur la distribution et l'abondance de cette espèce sous la glace de mer et pendant l'hiver, mais aussi sur son importance cruciale pour ses prédateurs et les relations fonctionnelles qu'ils entretiennent, en surveillant les changements dans les interactions trophiques.
Procédures
Nous allons réaliser une première étude pilote développant des technologies nouvelles sur le phoque crabier, les plus grands consommateurs de krill (60 à 70 millions de tonnes de krill par an) et les plus abondants au monde (10 à 15 millions), afin d'étudier la distribution du krill, espèce clé pour les écosystèmes polaires et pour son rôle sur le climat. Pour cela, nous souhaitons déployer 1) une balise microsonar qui enregistrera l’accélération de l’animal, la magnétométrie (étude du champ magnétique) à très haute-résolution ainsi que la distribution du krill par acoustique active ; 2) une caméra qui permettra l’identification des proies capturées, en l’occurrence le krill ; et 3) une balise GPS qui permettra de transmettre une position GPS via le système Argos, indispensable pour la récupération du matériel et le suivi de leur comportement en mer. On procèdera à une sédation sans contention (jabstick ; 10 à 20 min), une anesthésie gazeuse (20 à 45 min) durant laquelle aura lieu l’équipement d'appareils (microsonar, caméra et GPS) par collage sur la fourrure, ainsi qu’une prises de sang (18 ml une fois) et le prélèvement d'une vibrisse pour étudier le régime alimentaire des phoques crabiers (utilisation des isotopes stables du carbone et de l'azote). Le matériel sera relargué à distance par radio-commande sans recapture de l’animal.
Impact sur les animaux
La prise de sang et le prélèvement de vibrisse auront lieu durant l'anesthésie de l'animal et n'auront aucun effet sur l'animal (prélèvement de 0,036% du volume sanguin d’un individu de 300 kg et repousse de la vibrisse prélevée). Les instruments sont collés sur la tête ou sur le dos à l’aide de colle epoxy bi-composants selon un protocole éprouvé. Nous nous attendons à ne pas observer d’effet mesurable des instruments sur le comportement alimentaire des phoques car il a été montré qu’une caméra de section deux fois plus grande que celle utilisée ici n’avait pas d’impact significatif sur la durée moyenne des plongée, la dépense énergétique, et la fréquence des mouvements de nage des phoques de Weddell (i.e. une espèce proche de celle étudiée). De plus, lors d’une autre étude qui a comparé le gain de masse et le taux de survie d’éléphants de mer équipés et non équipés, aucun effet de la pose, même répétée, d’équipement n’a été détecté. Enfin une étude récente de l’effet de la pose d’instruments sur des phoques de Weddell et des éléphants de mer par la méthode de la colle epoxy a montré que cette dernière n’avait pas d’impact biologique détectable sur les animaux.
Devenir
Les individus étudiés seront libérés dans leur habitat naturel une fois équipés, le matériel sera récupéré à distance sans recapture. Application de la règle des «trois R».
Remplacement
L’objectif étant d’étudier la distribution du krill (via ses plus importants prédateurs, les phoques crabiers) et les relations krill-phoque crabier, le modèle d'étude ne peut pas être remplacé par une autre espèce, par des animaux d’élevage, ou encore par des expérimentations en captivité. Le phoque crabier n'a encore jamais été étudié dans cette zone de l'Antarctique.
Réduction
La réduction est appliquée, puisque le nombre d’animaux capturés est limité à un unique individu la premiere année et maximum 3 l'année suivante. Ici nous réalisons une expérience pilote sur un d'individu afin de s’assurer de la faisabilité de la procédure avant de l'appliquer sur un échantillon plus grand.
Raffinement
Les points limites de la procédure et leur raffinement sont les suivant: 1) L’état général de l’animal est évalué avant sa capture (embonpoint, absence de malformation et de plaie) 2) Stress lié à la capture : l'animal est sédaté à distance par sarbacane pour minimiser le stress de contention et le risque pour l'équipe de terrain. 3) Surveillance de l'anesthésie: les paramètres cardiaques et respiratoires de l’individu sont surveillés ainsi que le degré d’anesthésie: protocole de gestion de complications éventuelles lors de l’anesthésie joint à cette demande. 5) Récupération du matériel : Récupération du microsonar et de la caméra associée par relargage radiocommandé après s’être approché du phoque repéré grâce aux positions GPS envoyées par le système Argos sans recapture prévue de l’individu. Le GPS resterait alors sur l’animal jusqu’à la mue qui aura lieu au plus tard ~30/40 j après. 6) Taille des appareils : Nous nous attendons à ne pas observer d’effet mesurable des instruments sur le comportement alimentaire des phoques car il a été montré qu’une caméra de section deux fois plus grande que celle utilisée ici n’avait pas d’impact significatif sur la durée moyenne des plongée, la dépense énergétique, et la fréquence des mouvements de nage des phoques de Weddell. De plus, lors d’une autre étude qui a comparé le gain de masse et le taux de survie d’éléphants de mer équipés et non équipés, aucun effet de la pose, même répétée, d’équipement n’a été détecté. Enfin une étude récente de l’effet de la pose d’instruments sur des phoques de Weddell et des éléphants de mer par la méthode de la colle epoxy a montré que cette dernière n’avait pas d’impact biologique détectable sur les animaux.
Choix des espèces
Ce projet vise à améliorer notre compréhension de la distribution du krill sous la banquise (via ses prédateurs principaux, les phoques crabiers) et de comprendre les liens d’écologie fonctionnelle entre le krill et les phoques crabier. Il s’agit d’une étude pilote sur l’écosystème centré sur le krill. Cette étude permettra de documenter l’évolution au cours du temps de ces systèmes et prédire le devenir des populations de phoque crabier. Les phoques crabiers sont les plus grands consommateurs de krill (60 à 70 millions de tonnes de krill par an) et les plus abondants au monde (10 à 15 millions), ainsi les changements dans son écologie, sa distribution et son comportement reflètent les changements dans la population de krill de l’Antarctique. Ils sont ainsi un modèle animal pertinent pour étudier les adaptations et l’environnement des animaux marins. Cette procédure concerne des animaux adultes.
Migration facultative des civelles d’anguille européenne: rôle du stress et différentiation génétique
- Conservation des espèces
- Recherche appliquée
- Toxicologie (hors obligations réglementaires)
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
- Système endocrinien
2 800 civelles d'anguille européenne vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré, une partie tuée pour analyses et le reste relâché dans son estuaire d'origine. Elles sont marquées sous anesthésie légère, triées selon leur comportement migratoire, exposées à un anxiolytique (diazépam) à dose environnementale, puis soumises à un stress mécanique en chambre respirométrique. Le porteur indique surveiller le rythme cardiaque pendant le marquage grâce à la transparence des animaux et relâcher les individus en surplus après acclimatation progressive. Il affirme que le comportement migratoire, propre à l'espèce et au stade civelle, exclut tout remplacement par une autre espèce ou une approche in silico.
Objectifs
L’objectif principal du projet est de contribuer à une meilleure compréhension de la migration facultative de la civelle d’anguille européenne en déterminant la relation au stress des individus migrants (M) et non migrants (NM) mais également en testant une approche génétique sur les deux comportements. Il est actuellement admis, lors de la migration estuarienne des civelles, que certains individus ne migrent pas en rivière et se sédentarisent en eau saumâtre, voire en zone côtière. Les raisons de cette migration facultative ne sont pas encore élucidées et l’enjeu est de taille puisque les civelles se sédentarisant donneraient plutôt des mâles tandis que les individus migrant en rivière se développeraient plutôt en femelles. Or de récents travaux suggèrent que les civelles présentant le plus de signaux de stress pourraient avoir une plus forte probabilité de sédentarisation. Notre premier objectif est de déterminer si les civelles NM : (a) présentent des signes plus importants de stress que les M (procédure 1) et/ou (b) si elles sont plus sensibles au stress (procédure 2). Les civelles M et NM seront identifiées grâce à un tri expérimental basé sur l'alternance des courants de marée. Elles seront ensuite exposées, ou pas, à un anxiolytique, le diazepam (D), afin d'obtenir un gradient de réponses. Pour l'objectif 1a, nous faisons l'hypothèse que les marqueurs de stress présenteront le gradient suivant : NM>NM+D> M>M+D. Afin de vérifier si les civelles NM sont plus sensibles au stress que les M, la consommation d'oxygène sera mesurée avant, pendant et après un stress mécanique de 2 min (objectif 1b). La consommation d'oxygène reflète en effet le métabolisme d'un individu et augmente avec le stress. Nous faisons l'hypothèse que les civelles les plus stressées verrons leur consommation d'oxygène augmenter plus fortement et/ou mettrons pus de temps à retrouver un niveau de base. Par ailleurs, les approches génétiques de la migration chez l’anguille sont encore très rares et notre deuxième objectif (procédure 3) est d'évaluer la variabilité génétique entre civelles migrantes et non migrantes. Enfin, de fortes variations du statut énergétique ont récemment été mises en évidence entre les civelles d'automne et de printemps ce qui pourrait entrainer des variations de réponses au stress et/ou suggérer des différences génétiques. Des analyses préliminaires sont en cours pour déterminer si il serait pertinent de réaliser tout ou partie de l'étude sur les deux saisons.
Bénéfices attendus
Ce projet vise à contribuer à une meilleure compréhension de la migration facultative chez l’anguille européenne. L’enjeu est de taille car le choix de migrer ou non peut être déterminant pour le déterminisme du sexe chez cette espèce. Comprendre la relation au stress des civelles migrantes et non migrantes ainsi que leur variabilité génétique sont autant d’informations pouvant nous permettre d’anticiper le fonctionnement et l’évolution de la population dans un contexte de changement global.
Procédures
Procédure 1: 160 civelles sont marquées en sous-cutané avec de l'élastomère coloré à l'aide d'une seringue à insuline (marque d’environ 1mm). Le marquage se fait sous anesthésie légère et dure de 3 à 4 secondes par civelle. Elles sont ensuite placées dans des installations expérimentales mimant l'alternance des courants de marée pour identifier leur comportement de migration durant 4 jours. Des lots de 30 civelles migrantes et non migrantes sont ensuite exposés, ou pas, à des concentrations environnementales de diazepam durant 7 jours (concentration mesurée dans des effluents de station d’épuration en estuaire : environ 5microgrammes par litre). Procédure 2: Afin de mesurer en continu la consommation d'oxygène des civelles, 12 individus de chacun des 4 lots (M, M+D, NM, NM+D)sont placés dans des chambres respirométriques durant moins de 6h et soumises à un stress mécanique de 2 minutes (agitation). Procédure 3 : 1200 civelles sont placées 24h dans une installation expérimentale de 25m3 mimant la photopériode pour identifier leur comportement de migration. Au crépuscule, les civelles considérées comme migrantes quittent les abris et dérivent avec le courant pour être piégées en aval quelques secondes plus tard.
Impact sur les animaux
Les nuisances potentielles sur les animaux concernent essentiellement la succession de procédures (marquage, tri comportemental, exposition au diazepam, respirométrie). Néanmoins, le marquage est rapide (3 à 4s par civelle) et sous anesthésie légère permettant un réveil rapide. Le tri comportemental offre la possibilité aux civelles de rester sous abris si elles le souhaitent, l’exposition au diazepam sera faite à des doses environnementales et la respirométrie nous permet de suivre en temps réel le niveau de stress des individus afin d'intervenir rapidement en cas de problème.
Devenir
Procédure 1: Pêche de 200 individus à l'automne et au printemps. A chaque saison, 160 civelles seront marquées pour le tri expérimental afin d'obtenir 60 civelles migrantes (M) et 60 non migrantes (NM). 4 lots de 30 individus seront effectués (30 M, 30M+D, 30 NM, 30 NM+D). 18 civelles pour chacun des 4 lots seront euthanasiées pour effectuer les analyses hormonale, moléculaire et métabolomique (6 pour chaque type d'analyse). 12 seront gardées en vie pour la procédure 2. Le tri nous donne plus de migrants que de non migrants ce qui explique l'utilisation de 160 civelles initialement et non de 120. Le marquage n'entraine aucune mortalité ni modification de comportement et il s'atténue très vite avec le développement naturel de la pigmentation des civelles. De petite taille (environ 1mm), il est par ailleurs peu visible sans éclairage aux ultra-violets et une civelle marquée peut poursuivre son cycle de vie en milieu naturel tout comme les individus non marqués. Les 80 civelles en surplus (dont 40 marquées) seront donc relâchées dans leur estuaire d'origine. Procédure 2: A chaque saison, les 12 civelles de chacun des 4 lots de la procédure 1 seront euthanasiées pour analyses de marqueurs hormonaux et moléculaires après mesures de leur consommation d'oxygène. Procédure 3: 1200 civelles pêchées à l'automne et au printemps. A chaque saison, 600 civelles seront euthanasiées après tri expérimental pour l'analyse génétique. Sur chaque individu, des variabilités ponctuelles de leur séquence d'ADN seront recherchées (SNP) afin de différencier les comportements de migration (migrantes vs non migrantes). Le surplus de 600 civelles par saison issues du tri comportemental sera relâché. Des analyses préliminaires sont en cours pour confirmer l'importance ou pas d'effectuer ces procédures à la fois à l'automne et au printemps.
Remplacement
Le comportement de migration étant spécifique à l’espèce et au stade de développement, le remplacement par une autre espèce ou un autre stade n’est pas envisageable. Nous cherchons à comprendre les mécanismes du déterminisme de la migration et, à ce stade, une approche in silico n’est pas non plus envisageable.
Réduction
Compte-tenu de la nécessité de travailler à l’échelle individuelle et de la variabilité inter-individuelle observée dans les analyses hormonale, moléculaire et métabolomique, nous avons fixé les échantillonnages dans la procédure 1 à 6 individus par lot pour chaque type d’analyse. Néanmoins, une mise au point des méthodes d’analyse à l’échelle individuelle est actuellement en cours et en fonction des résultats (à l’automne), nous verrons si ce nombre peut être diminué. Concernant la respirométrie (procédure 2), nous devons augmenter à 12 individus par lot pour tenir compte de la forte variabilité inter-individuelle du métabolisme. Dans le cadre de la procédure 3, nous souhaitons analyser les variations génétiques chez de nombreux individus afin d'étudier les corrélations avec le comportement de migration (M/NM) à l'échelle individuelle. Une analyse préliminaire statistique a permis de déterminer qu'il faudrait des tailles d'échantillons >800 civelles pour détecter des différences génétiques, si elles existent. Nous pensons néanmoins raisonnable de réduire ce nombre à 600, car l’équilibre des deux classes de comportement (300 M et 300 NM) augmente la puissance de détection.
Raffinement
Les civelles d’anguille remontent les estuaires en nageant principalement de nuit avec la marée montante et en se cachant dans le substrat à marée descendante. Pour nos tris comportementaux, les animaux seront placés dans des structures leur permettant de synchroniser leur comportement sur la photopériode et/ou sur l’alternance du courant de marée. Les installations sont équipées d’abris dans lesquels les civelles peuvent choisir de se cacher et sont sous alarme électrique. L’exposition au diazepam se fera à doses environnementales (concentrations retrouvées dans le milieu naturel en sortie de station d'épuration) dans des bacs aérés et équipés de morceaux de paillasson inversés que les civelles utilisent pour se cacher. L’espèce étant lucifuge, l’intensité lumineuse dans toutes les installations sera très faible. Une aube et crépuscule seront appliqués pour éviter les changements de luminosité brutaux et permettre la synchronisation du comportement sur l’alternance jour-nuit. La température sera maintenue constante et proche du milieu naturel. Procédure 1: les civelles seront acclimatées à l'eau douce progressivement durant trois jours. Lors du marquage sous anesthésie, le battement cardiaque sera surveillé grâce à la transparence des civelles. Une arythmie, entrainera la remise instantanée de l’individu en bac de réveil. Des signes de réveil entraineront immédiatement une remise en bac d’anesthésie. Les installations sont filmées et peuvent être surveillées à distance ce qui permettra une intervention rapide si besoin. Procédure 2: lors des mesures d'oxygène en continu, un expérimentateur surveillera en permanence les bonnes conditions d'expérimentation soit en présentiel, soit en distanciel via une caméra qui filme le dispositif. Procédure 3: Les civelles resteront 24h dans une installation de 25m3. Un expérimentateur sera présent durant la journée pour surveiller le dispositif. Durant la nuit, l'installation est sous alarme et un expérimentateur peut se déplacer rapidement bien que le volume important tamponne les variations d'oxygène et de température en cas de panne. Les civelles relâchées le seront dans la partie eau douce de l'estuaire d'origine pour respecter l'acclimatation faite à l'eau douce dans nos installations. Elles seront acclimatées progressivement à l'eau de l'estuaire en mélangeant progressivement (sur une trentaine de minutes) l'eau de l'estuaire et l'eau contenant les civelles avant d'être relâchées.
Choix des espèces
Nous nous intéressons à l’anguille européenne et plus exactement à la migration estuarienne du stade civelle. Cette espèce a une importance écologique, économique et patrimoniale majeure. La civelle d'anguille doit remonter les estuaires pour atteindre les zones de croissance en eau douce et celles qui ne le font pas ont une forte probabilité de se développer en mâles. Il est donc essentiel de comprendre ce qui amène certains individus à stopper leur migration et aucune autre espèce ne peut être utilisée pour atteindre le même objectif. L'anguille européenne sera utilisée au stade juvénile (civelle) car c'est à ce stade qu'elle effectue sa migration estuarienne.
Phoques de Weddell bio-océanographes de la banquise antarctique et outils satellites : effet des variations environnementales sur l’écologie des prédateurs marins, la production primaire, et les interactions océan/glace/atmosphère
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
80 phoques de Weddell vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, puis relâchés dans leur milieu. Chaque individu est capturé sous une capuche, immobilisé par trois personnes, anesthésié, puis subit une prise de sang, un prélèvement de vibrisse et la pose d'instruments collés à la fourrure, sur la banquise antarctique. Le porteur décrit un stress de courte durée et affirme, en s'appuyant sur des études antérieures, que les balises n'ont "pas d'impact biologique détectable" sur les animaux. Il justifie la capture d'animaux sauvages par l'impossibilité de remplacer cette étude comportementale en milieu naturel et revendique la nécessité de poursuivre un suivi engagé depuis 2006.
Objectifs
Les zones englacées constituent l’habitat de reproduction et d’alimentation de grandes populations d’organismes inféodées à la banquise, mais sont aussi une zone d’alimentation majeure pour des espèces subantarctiques se déplaçant à grande distance, démontrant l’importance écologique à grande échelle de la banquise. La forte quantité de plancton dans la banquise est le résultat de plusieurs processus tels que la retraite saisonnière de la glace de mer, le développement d’algues de glace à l’interface océan-glace, et le phytoplancton dans les polynies côtières (trous d’eau au milieu de la banquise), soutenant de grands stocks de zooplancton et de poisson grâce à des chaines alimentaires courtes et rapides. Ces zones englacées sont particulièrement sensibles au réchauffement global, et il est nécessaire de déterminer comment les prédateurs de la banquise utilisent leur environnement physique et biologique pour comprendre et prédire leur réponse au changement climatique dans les différentes régions antarctiques. Les évènements brutaux comme le vêlage de grands icebergs fournissent le cadre idéal d’expériences naturelles pour étudier les conséquences de modifications d’habitat sur l’écologie des prédateurs marins. De plus, les modèles climatiques prédisent l’augmentation de la fréquence des vêlages en réponse au réchauffement global, et il devient opportun d’étudier leurs conséquences sur l’océanographie et les écosystèmes de la banquise. Dans ce contexte, nous proposons d’étudier l’écologie d’un prédateur majeur de la banquise, le phoque de Weddell (Leptonychotes weddellii), à l'aide d'un programme de recherche en Est Antarctique qui a commencé en 2006 et que nous souhaitons faire perdurer car il comprend le vêlage d’un glacier en 2010, que l’on suspecte avoir eu d’importantes conséquences écologiques et océanographiques dans la région. Notre objectif est de relier le comportement de recherche alimentaire des phoques de Weddell (comportement de plongée, durée, profondeur, accélération mesurées par biotélémetrie) aux conditions hydrographiques avant et après le vêlage du glacier, et étudier l’impact de cet évènement sur les interactions glaces/océan et plancton et sur les performances alimentaires des phoques à fine échelle (distribution des proies par acoustique active à l'aide de microsonar embarqué sur les animaux et prélèvements biologiques pour identifier le régime alimentaire).
Bénéfices attendus
Le projet est essentiel pour comprendre les enjeux des changements à venir en Terre Adélie tant d’un point de vue océanographique que d’un point de vue écosystémique via l'écologie d'un prédateur de la banquise. Ce projet s’inscrit dans des thématiques transversales et interdisciplinaires, allant de l’océanographie physique à l’écologie spatiale et fonctionnelle en utilisant des méthodes très différentes pour étudier l'écologie de prédateurs supérieurs avec de l'imagerie satellite, bio télémétrie, acoustique et isotopie. Ce projet permettra la caractérisation et le diagnostic des systèmes marins, dans ce cas en Terre Adélie, une zone unique abritant des écosystèmes benthiques et pélagiques exceptionnels et de nombreuses colonies de mammifères et oiseaux marins. Il permettra aussi d’acquérir des données utiles à la conservation, préservation et gestion durable des socio-écosystèmes marins dans une zone pas encore menacée par la pêche mais qui pourrait le devenir dans les années à venir suite au changement de couverture de banquise. Ce projet crée une réelle dynamique entre différentes disciplines de recherche alliant des physiciens océanographes, spécialistes de la banquise, écologistes et éco-physiologistes pour mieux comprendre l’écologie alimentaire et le devenir de populations de phoques de Weddell et des écosystèmes dont ils dépendent dans un climat changeant.
Procédures
Capture (3 à 10 min), anesthésie (20 à 45 min), prises de sang (18 ml une fois;moins de 0,036% du volume sanguin d’un individu de 300 kg), prélevement d'une vibrisse, équipement d'appareils par collage sur la fourrure, recapture possible pour déséquipement ou relargage à distance radio-commandé.
Impact sur les animaux
Les animaux seront capturés avec une capuche, puis immobilisés par la contention de 3 personnes avant d’être anesthésiés, donc vont subir un stress de courte durée durant la procédure (temps de capture, immobilisation et injection entre 3 à 10 min). La prise de sang et le prélèvement de vibrisse auront lieu durant l'anesthésie de l'animal et n'auront aucun effet sur l'animal (prélèvement de 0,036% du volume sanguin d’un individu de 300 kg et repousse de la vibrisse prélevée). Les instruments sont collés sur la tête ou sur le dos à l’aide de colle epoxy bi-composants selon un protocole éprouvé. Nous nous attendons à ne pas observer d’effet mesurable des instruments sur le comportement alimentaire des phoques car il a été montré qu’une caméra de section deux fois plus grande que celle utilisée ici n’avait pas d’impact significatif sur la durée moyenne des plongée, la dépense énergétique, et la fréquence des mouvements de nage des phoques de Weddell. De plus, lors d’une autre étude qui a comparé le gain de masse et le taux de survie d’éléphants de mer équipés et non équipés, aucun effet de la pose, même répétée, d’équipement n’a été détecté. Enfin une étude récente de l’effet de la pose d’instruments sur des phoques de Weddell et des éléphants de mer par la méthode de la colle epoxy a montré que cette dernière n’avait pas d’impact biologique détectable sur les animaux. À l’échelle des colonies d’étude : Dérangement temporaire lors de la capture de la femelle, et lors de sa recapture. Cependant la densité des animaux autour des trous de respiration pendant la reproduction est faible et en général seules les femelles capturées sont dérangées et les autres animaux présents ne le sont que très peu et de manière temporaire.
Devenir
Tous les animaux étudiés sont remis en liberté, déséquipés après leur suivi.
Remplacement
L’objectif étant d’étudier les phoques de Weddell et leur écologie en mer dans leur milieu naturel, ils ne peuvent pas être remplacés par une autre espèce, par des animaux d’élevage, ou encore par des expérimentations en captivité. Dans le cadre de ce programme de recherche, nous prendrons en compte toutes les données existantes en Terre Adélie depuis le lancement de ce programme de recherche en 2006 afin de repondre à notre objectif, cependant, notre projet necessite un jeux de données sur un grand nombre d'années pour pouvoir suivre les réponses de ces animaux aux variations des conditions océanographiques et de banquise et comprendre les changements dand leur comportement de recherche alimentaire. Il n'est donc pas possible de se limiter à des données existantes, qui correspondent à d'autres habitats et d'autres sous-populations, et ne couvrent pas des periodes assez grandes.
Réduction
La réduction est appliquée, puisque le nombre d’animaux capturés est limité à 6 et 10 individus pour chaque procédure car nous ne pouvons pas obtenir plus d'instruments (extrêmement couteux et limités; seulement une dizaine de balises microsonars sont disponibles dans le monde par exemple) et nous souhaitons privilégier le fait d'etudier un petit nombre d'individus chaque année pendant 5 ans que beaucoup d'individus sur une seule année afin de repondre à notre objectif. D'autre part, l'esimation statistique du nombre d'individus necessaires pour comprendre les variations de leur comportement en fonction des variations environementales n'est pas envisageable, car l'effet mesuré est variable et se caracterise par des changements d'habitats ou de strategies d'alimentation pas toujours facilement quantifiables, et nous ne savons pas en avance les comportements que nous allons observer. Les individus « bio-échantillonnent » leur environnement puisqu’ils se déplacent dans des zones différentes. La collecte de données océanographiques et comportementales au travers de phocidés est devenue une composante essentielle à l’observation des conditions océanographiques et des écosystèmes de l’océan Austral. Nous commençons grâce à l’exploitation de la série de données 2006-2021 à percevoir des variations des conditions environnementales et du comportement associé; il s’avère donc nécessaire de continuer ce suivi. Les instruments externes communément déployées sur les phocidés en milieux polaires (animaux >300kg) n’impactent ni leur survie, ni leur succès de pêche, et nous estimons manipuler chaque année moins de 0,000001 % de l’effectif total de la population de femelles de phoques de Weddell en Antarctique (~202,000 femelles subadultes et adultes).
Raffinement
Les points limites de la procédure et leur raffinement sont les suivant: 1) L’état général de l’animal est évalué́ avant sa capture (embonpoint, absence de malformation et de plaie) afin de ne pas le mettre en danger. 2) Stress lié à la capture : la méthode de capture est manuelle, les phoques de Weddell sont capturés à l’aide d’une capuche couvrant la vue de l’animal pour minimiser le stress de contention. 3) choix de l’anesthésie gazeuse portable au sevoflurane mois risquée avec un réveil plus rapide. 4) Surveillance de l'anesthésie: les paramètres cardiaques et respiratoires de l’individu sont surveillés ainsi que le degré d’anesthésie (cf. table de Woods et al., 1994): protocole de gestion de complications éventuelles lors de l’anesthésie joint à cette demande. 5) Récupération du matériel : 3 solutions a) pas de recuperation possible, les balises tomberont avec le poil des phocidés au cours de la période de mue qui se déroule entre janvier et février ; b) une recapture et déséquipement rapides avec une anesthésie légère (quelques minutes); c) Récupération de la balise par relargage radiocommandé après s’être approché du phoque repéré grâce aux positions GPS envoyées par le système Argos sans recapture prévue de l’individu. 6) Taille des appareils : Nous nous attendons à ne pas observer d’effet mesurable des instruments sur le comportement alimentaire des phoques car il a été montré qu’une caméra de section deux fois plus grande que celle utilisée ici n’avait pas d’impact significatif sur la durée moyenne des plongée, la dépense énergétique, et la fréquence des mouvements de nage des phoques de Weddell (Williams et al., 2004). De plus, lors d’une autre étude qui a comparé le gain de masse et le taux de survie d’éléphants de mer équipés et non équipés, aucun effet de la pose, même répétée, d’équipement n’a été détecté. Enfin une étude récente de l’effet de la pose d’instruments sur des phoques de Weddell et des éléphants de mer par la méthode de la colle epoxy a montré que cette dernière n’avait pas d’impact biologique détectable sur les animaux . 7) Suivi à long terme : les animaux équipés seront transpondés par suivi démographique mis en place dans unautre programme depuis 2006, ce qui nous permet de suivre leur survie et reproduction sur le long terme. La procédure complète dure entre 20 à 45 minutes entre l’anesthésie et le relâcher de l'animal et est intégralement réalisée sur le terrain.
Choix des espèces
Ce projet vise à améliorer notre compréhension de l’écologie, la biologie et la physiologie des phoques de Weddell, des écosystèmes dans lesquels ils évoluent, ainsi que de documenter l’évolution temporelle de ces systèmes et prédire le devenir des populations de ce prédateur marin. Les phoques de Weddell sont la seule espèce de mammifère marin habitant de façon permanente dans la zone de banquise antarctique, ils réalisent des plongées profondes, se déplacent sur de longues distances, et sont soumis à une phase de mue et de reproduction coûteuses en énergie. Ils sont ainsi un modèle animal pertinent pour étudier les adaptations et l’environnement des animaux marins. Ce projet nous permettra de mieux comprendre comment et à quel point les organismes (en particulier les prédateurs marins) sont capables de s’adapter aux changements de la banquise à travers des réponses comportementales à leurs contraintes environnementales. Ces procédures concernent des animaux adultes femelles.
Etude de viabilité du juvénile de mulet Liza ramada exposé à différentes concentrations de Vulcanodinium rugosum
- Conservation des espèces
- Protection de l’environnement
- Recherche appliquée
- Toxicologie (hors obligations réglementaires)
300 juvéniles de mulet vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Les poissons sont exposés pendant trois jours à des microalgues toxiques dont les toxines peuvent provoquer paralysie, arrêt respiratoire et mort, pour mesurer l'effet de ces toxines sur leur survie. Le porteur indique que les individus survivants sont ensuite euthanasiés pour éviter toute dissémination de microalgues dans les lagunes. Il juge le mulet "impossible à remplacer" par un modèle mathématique, aucune étude n'ayant encore porté sur la viabilité de poissons exposés à cette microalgue.
Objectifs
Ce projet s’inscrit dans la problématique globale des efflorescences phytoplanctoniques impliquant des dinoflagellés toxiques, dont les enjeux s’étendent à l’ensemble circumméditerranéen : la France, l’Espagne et l’Italie sont directement concernées en Europe de l’Ouest. La façade Méditerranéenne française connait des développements importants des microalgues toxiques avec des épisodes d’intoxications des produits de la mer entrainant de fortes répercussions économiques, écologiques et sanitaires. Ces efflorescences correspondent à des phénomènes sporadiques connus sous le nom de HAB (Harmful Algal Blooms). Dans le cadre du dispositif de surveillance des mollusques (renommé REPHYTOX), la présence de pinnatoxines G (PnTX G) a été mise en évidence dès 2009 dans les échantillons de moules dans la lagune d'Ingril. Le dinoflagellé producteur, V.rugosum a été formellement identifié qu’en 2011 et son aire d'expansion à d'autres lagunes du Languedoc Roussillon fut confirmée. V.rugosum est une espèce thermophile productrice de pinnatoxines (PNTX, appartenant au groupe de Fast Acting Toxins) et de portimine, une toxine lipophile. Les PNTX, antagonistes des récepteurs de l'acéthylcholine, entraînent des symptômes neuromusculaires après l'ingestion chez la souris (perte de l'activité motrice, dépression respiratoire, arrêt respiratoire). Des études ont montré l'accumulation des toxines produites par V.rugosum dans les mollusques bivalves ainsi que chez les copépodes, chez lesquels elles provoquent une diminution de la viabilité in vitro. Aucune étude n'a pour l'heure été faite concernant l'accumulation de ces toxines chez les poissons ou un effet sur leur viabilité. D'un point de vue écologique, il est indispensable de comprendre l'impact de ces toxines sur les maillons supérieurs trophiques (poissons planctophages) afin d'évaluer les conséquences de ces toxines sur les écosystèmes lagunaires. Par ailleurs, l'accumulation des toxines chez ces poissons pourrait avoir des conséquences sanitaires, et la potentielle diminution des populations pourrait engendrer des répercussions économiques sur les stocks de pêches. Le mulet est une espèce phytoplanctophage et zooplanctophage répandue dans les lagunes méditerranéennes et dont les larves et juvéniles pourraient être impactées par les efflorescences de V.rugosum.
Bénéfices attendus
Aucune étude n'a pour l'heure été faite concernant l'accumulation de ces toxines chez les poissons ou un effet sur leur viabilité. D'un point de vue écologique, il est indispensable de comprendre l'impact de ces toxines sur les maillons supérieurs trophiques (poissons planctophages) afin d'évaluer les conséquences de ces toxines sur les écosystèmes lagunaires. Par ailleurs, l'accumulation des toxines chez ces poissons pourraient avoir des conséquences sanitaires, et la potentielle diminution des populations pourraient engendrer des répercussions économiques sur les stocks de pêches. Le mulet est une espèce phytoplanctophage et zooplanctophage répandue dans les lagunes méditerranéennes et dont les larves et juvéniles pourraient être impactées par les efflorescences de V.rugosum.
Procédures
Les animaux seront soumis à une intoxication par des microalgues toxiques pendant une période de 3 jours.
Impact sur les animaux
Les animaux peuvent souffrir lors de la période d'acclimatation du fait du temps d'adaptation au nouvel environnement, ainsi que lors des transferts (bien que ces derniers se fasse à l'épuisette). Lors de la phase d'intoxication, les toxines peuvent provoquer une souffrance chez les animaux du fait de leur action neuromusculaire : les symptômes attendus sont une paralysie, un arrêt respiratoire et le décès.
Devenir
A l'issue de l'étude, tous les individus seront euthanasiés afin d'empêcher une potentielle dissémination de microalgues toxiques ou non présentes dans les lagunes méditerranéennes.
Remplacement
Il est impossible de remplacer le mulet par d'autres modèles. En effet, l'intérêt du projet est d'étudier l'impact des toxines sur un organisme à la fois phytoplanctophage (pouvant donc se nourrir de V.rugosum) et zooplanctophage (pouvant donc être impacté par l'effet des toxines sur le zooplancton). Ce modèle présente également l'intérêt d'être abondant dans les lagunes méditerranéennes, notamment dans la période prévue pour l'expérimentation. Enfin le mulet est une espèce robuste qui s'acclimate en général bien au milieu en laboratoire. Aucune étude n'ayant par ailleurs été déjà été effectuée sur la viabilité de poissons soumis à V.rugosum, il n'aurait pas été envisageable de remplacer notre modèle par un modèle mathématique ou bio-informatique.
Réduction
Le nombre d'individus sera n = 300 parmi lesquels 60 seront soumis à l'algue témoin S.accuminata, 60 seront soumis à une concentration de 20c/mL de V.rugosum, 60 à une concentration de 80c/mL de V.rugosum, et 60 à une concentration de 300c/mL de V.rugosum. Ce nombre est nécessaire pour étudier un impact de V.rugosum sur la viabilité des juvéniles de poissons et ce pour différentes concentrations en algue. Parmi les 60 poissons restants, 30 seront utilisés en amont pour faire une étude de l'alimentation, et les 30 derniers constituent une marge, étant supposée une mortalité d'une partie des poissons lors de l'acclimatation. L'expérience sera réalisée sur une durée de 3 jours, les toxines étant à action rapide. Afin d'évaluer l'impact de l'exposition sur la viabilité des poissons, une courbe de survie sera tracée et une analyse de Kaplan Meier sera réalisée. Par ailleurs, les concentrations en toxines dans les poissons en fonction des abondances en microalgues seront comparées à l'aide d'un test de Kruskal-Wallis. L'impact du temps sur la concentration en toxines dans les tissus sera analysé à l'aide d'une Anova suivi d'un test post hoc de Tuckey, si les conditions d'une Anova sont remplies. Dans le cas contraire, un test non paramétrique de Friedman suivi d'un test post hoc de Conover sera utilisé.
Raffinement
Les conditions expérimentales ont été pensées pour limiter au maximum le stress et la souffrance des animaux. Suite à la pêche, réalisée à l'épuisette soit une technique très douce, les poissons sont transférés dans les deux heures dans des aquariums pour une période de récupération et d'acclimatation de 3 semaines, à une densité maximale de 2,5 individus par litre d'eau ce qui permet d'exprimer le comportement naturel (activité natatoire tout en étant à proximité des congénères, les juvéniles de mulets se déplaçant en bans). Les aquariums sont oxygénés à l'aide de bulleurs et les individus sont nourris 1 fois par jour à l'aide d'un mélange de phytoplancton et de zooplancton ce qui correspond à leur alimentation naturelle. Les aquariums sont placés à l'abri de toute nuisance visuelle et sonore dans un laboratoire dédié et les poissons sont dérangés le moins possible (une fois toutes les deux heures pour vérifier s'il y a eu des morts et auquel cas les enlever). Les animaux sont nourris tous les jours et les nitrites et nitrates sont contrôlés tous les deux jours. Une attention particulière est portée au comportement et à l'état physique des poissons : durant l'acclimatation, lorsque des signes de souffrance importante sont notés (points limites : position verticale ou sur le côté, amorphie), les poissons sont retirés et euthanasiés. La densité suffisamment faible et la nourriture en quantité suffisante supprime le phénomène de canibalisme. Pour l'expérimentation, les individus sont divisés et transférés à l'épuisette dans des bacs conservant les mêmes paramètres à l'exception de l'alimentation, les animaux étant nourris avec les microalgues testées. L'utilisation de l'épuisette permet de limiter la douleur durant les transferts. La durée de l'expériementation, sur 3 jours seulement, permet de limiter la durée de la souffrance potentielle des animaux soumis aux toxines.
Choix des espèces
Le projet cible l'évaluation de la réponse des mulets aux toxines produites par V.Rugosum. Les animaux sont juvéniles. C'est en effet aux stades larvaires et juvéniles que les poissons sont les plus sensibles aux pressions environnantes, et qu'un effet des toxines a donc le plus de chance d'être observé. Les stades larvaires et post-larvaires présentent l'inconvénient de la difficulté d'identification de l'espèce ce qui justifie l'utilisation du stade juvénile.
Etude comportementale des Anguilles sur la Cagne
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Autre recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
600 anguilles vont être utilisées puis relâchées près de leur lieu de capture, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Capturées par pêche électrique, elles reçoivent sous anesthésie une puce RFID implantée chirurgicalement, pour suivre leur comportement migratoire. Le porteur indique que la pêche électrique peut provoquer des blessures spinales et une gêne cardiorespiratoire, et le marquage un saignement et une douleur post-opératoires brefs. Il justifie l'étude par la protection d'une espèce en "danger critique d'extinction", dont la migration reste mal connue.
Objectifs
L'approche RFID vise à étudier le comportement migratoire des anguilles (Anguilla anguilla) de Méditerranée. L'objectif est d'identifer les facteurs environnementaux qui stimulent cette migration, ainsi que le périodes clefs où elle est susceptible de survenir. Ces connaissances permettront de prendre des mesures de gestions plus efficaces pour protéger cette espèce en "Danger critique d'extinction".
Bénéfices attendus
Une meilleure connaissance du comportement de migration permettra de mieux identifer les périodes clefs où elle survient, et quels sont les paramètres qui la déclenchent. Une mortalité importante des futurs géniteurs de cette espèce est observée lors de cette migration, en particulier lors du passage par les turbines d'ouvrages hydroélectiques. L'identification de périodes clefs de migration permettra donc aux exploitants d'adapter efficacement leur gestion en période critique de migration.
Procédures
Capture par pêche électrique de tous les individus (environ 20-30 minutes), puis sédation/anesthésie profonde (5-10 minutes), puis Intervention chirurgicale avec implantation d'une puce RFID 23 mm (environ 1 minute), suivi d’un réveil et de la remise en contact avec les congénères dans un bac de stabulation (environ 1h30 en observation).
Impact sur les animaux
Nuisances induites classiquement par la pêche électrique sur les espèces piscicoles : blessures spinales / infleunce sur le rythme cardique et respiratoire / stress et changement de comportement. Nuisance induite par l'anesthésie et la biométrie : stress des individus Nuisance induite par le marquage : saignement léger lors de l'incision, stress et douleur/gêne post-opératoire de courte durée (le poisson retrouve très rapidement un comportement de nage normal).
Devenir
Toutes les anguilles capturées sont relachées dans le milieu naturel, à proximité immédiate de leur lieu de capture.
Remplacement
L'étude vise à étudier le comportement d'individus sauvage dans leur milieu naturel. De plus, l'Anguille est le seul migrateur amphihalin à se reproduire en mer. Il n'est donc pas possible de remplacer cette espèce par une autre ou de trouver un substitut.
Réduction
Le marquage a été à un total de 600 individus sur la durée du projet. Cette approche permet de limiter l'impact sur le milieu, tout en assurant un nombre d'individus suffisant pour que les résultats soient exploitables sur le plan scientifique.
Raffinement
Avant et après le marquage, de l'enrichissement est proposé aux animaux pour limiter leur stress durant leur stabulation (blocs pour se cacher, recouvrement des bacs pour un maintien dans l'obscurité).
Choix des espèces
L'anguille européenne est un migrateur amphihalin dont les modalités de reproduction sont mal connues. En Méditerranée, le déclenchement du comportement migratoire de cette espèce vers son aire de reproduction est mal connu. Les anguilles marquées sont des "anguilles jaunes" (stades FI, FII), des anguilles jaunes en cours de métamorphose (stades FIII, FIV), et des anguilles argentées (Stades FV (femelles) / MD (mâles)) Tous ces stades sont des morphotypes plus ou moins agés, qui appartiennet à la même espèce : Anguilla anguilla.
FISHOWF Évaluation de l’utilisation de l’habitat et de la connectivité des peuplements de poissons à de multiples échelles spatiales et implications pour le développement des parcs éoliens offshores
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
540 poissons, des raies et des requins de six espèces, vont être capturés puis relâchés, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ils sont marqués sous anesthésie par un émetteur acoustique, inséré dans la cavité péritonéale par incision chez les roussettes et les requins taupes, ou fixé par perçage de la nageoire chez les raies, pour suivre leurs déplacements autour des parcs éoliens en mer. Le porteur indique que le marquage peut occasionner des mortalités directes ou indirectes, qu'il présente comme rares, et que les individus sont remis à l'eau à l'endroit de leur capture. Il affirme qu'aucune méthode de remplacement n'existe pour étudier les mouvements en milieu naturel.
Objectifs
Le développement des parcs éoliens en mer est aujourd’hui en plein essor. Ces infrastructures génèrent des modifications de l’habitat au sein des écosystèmes marins ayant un impact potentiel sur la biodiversité. Ils peuvent agir comme des récifs artificiels pour certaines communautés de poissons avec des espèces présentant une forte résidence pour ces milieux. De plus, les câbles électriques sous-marins qui relient les éoliennes entre-elles et raccordent le parc éolien à la côte, peuvent générer des champs électromagnétiques et affecter le comportement d’espèces électro- et magnéto-sensibles, tel que les requins et raies. La croissance de l’éolien en mer risque d’amplifier ces effets, mais les conséquences sur les communautés ichtyologiques restent peu connues. Ce projet de 3 ans, vise à identifier et évaluer les effets des parcs éoliens en mer et leur raccordement sur les peuplements de raies et requins, espèces peu étudiées et à fort enjeu de conservation. Pour cela, ce projet se base sur l’utilisation de la télémétrie acoustique comme méthode de suivi, qui consiste à équiper un animal d’un émetteur acoustique (tag) émettant un signal sonore unique détecté par des hydrophones (récepteurs) placés dans les milieux ce qui permet d’étudier les déplacements et les comportements des individus dans le temps et l’espace. Cela permet de déterminer différents processus écologiques, notamment comment une espèce connecte et utilise les habitats, information essentielle pour mieux comprendre son rôle dans l’écosystème, ainsi que l’effet d’une modification d’habitat comme l’implantation d’un parc éolien en mer. Le projet a pour objectif d’étudier le comportement de raies et requins sur des zones de parc éolien en mer à différent stades de développement (pré-construction à exploitation). Ainsi, 6 espèces seront équipées de tags acoustiques : La raie brunette Raja undulata, la raie bouclée Raja clavata, la petite roussette Scyliorhinus canicula, la grande roussette Scyliorhinus stellaris, l’émissole tachetée Mustelus asterias et le requin taupe commun Lamna nasus. Les individus marqués seront suivis sur différents sites et habitats grâce à des récepteurs placés au sein des parcs éoliens et habitats côtiers. Ce projet servira à évaluer l’effet des parcs éoliens en mer sur le comportement de ces communautés et ainsi permettre de proposer des mesures d’amélioration pour la conservation de ces espèces et le développement des parcs éoliens offshores.
Bénéfices attendus
L’implantation d’un parc éolien en mer entraine des modifications d’habitats. Au vu de la forte croissance de ces projets de développement, il est nécessaire de mieux connaitre les effets de ces structures sur les écosystèmes marins. A terme, les résultats de ce projet permettront de comprendre plus précisément l’écologie des espèces suivies et ainsi répondre à différentes questions telles que : comment ces espèces réagissent-elles à des champs électromagnétiques générés par un câble sous-marin ? Quels sont les profils d’occurrence des espèces à enjeux de conservation dans la zone de parc éolien en mer ? Quel est le degré de connectivité entre les parcs éoliens en mer et les autres habitats marins pour ces espèces? Les individus font-ils preuve d’une fidélité pluriannuelle au site ? Comment les conditions environnementales influencent-elles ces tendances ? Il existe très peu de connaissances à ce sujet sur les raies et les requins. Ces connaissances relatives à l'écologie du mouvement de ces espèces, que le marquage en milieu naturel rend possible, serviront de cas concrets pour la mise en place de suivis pérennes des populations au sein des parcs éoliens en mer afin d’atteindre le double objectif de conservation et d'exploitation durable des espèces marines en général.
Procédures
Les petites roussettes, les grandes roussettes et les émissoles tachetées seront marquées chirurgicalement sous anesthésie générale. L'acte d'insertion de la marque acoustique (13mm de diamètre) dans la cavité́ péritonéale est relativement simple et parfaitement maitrisé par les applicateurs du projet. Seule la paroi musculaire de l’individu à marquer est ouverte pour l’insertion de la marque, aucun organe interne autre que la peau et les muscles n'est impacté par cette incision. L'incision est ensuite suturée avec du fil résorbable qui disparait en 3 à 4 semaines. L'acte de chirurgie en lui-même dure moins de 5 minutes par individu. Les raies seront marquées sous anesthésie générale pour la pose d’un émetteur externe de 13 mm de diamètre sur la nageoire pectorale de l’individu. Deux aiguilles de 3mm de diamètres perceront la nageoire de la raie pour fixer l’émetteur. Des études précédentes ont montré que ce type de marquage n’altéré pas la nage de l’individu et son comportement. L’acte de pose de l’émetteur en lui-même dure moins de 5 minutes par individu. Les requins taupes seront marqués chirurgicalement sous anesthésie locale afin de limiter le temps de la procédure et le stress de l’individu comme il est conseillé par de nombreuses études sur les requins de grande taille (>2m). L'acte d'insertion de la marque acoustique (16mm de diamètre) dans la cavité́ péritonéale est relativement simple et parfaitement maitrisé par les applicateurs du projet. Seule la paroi musculaire de l’individu à marquer est ouverte, aucun organe interne autre que la peau et les muscles n'est impacté par cette incision. L'incision est ensuite suturée avec du fil résorbable qui disparait en 3 à 4 semaines. L'acte de chirurgie en lui-même dure moins de 5 minutes par individu. Les individus seront relâchés dans la zone de capture le plus rapidement possible.
Impact sur les animaux
Au niveau individuel, cette étude nécessite un marquage (chirurgical pour les requins, externe pour les raies). Même si cela reste rare, ces procédures peuvent occasionner des mortalités directes ou indirectes. Aucun autre effet du marquage n’est à signaler.
Devenir
Tous les animaux marqués seront replacés dans leur milieu naturel, à l'endroit précis de leur capture.
Remplacement
Dans le cadre d’une étude destinée à caractériser les mouvements individuels en milieu naturel, il n’est pas possible de faire appel à des méthodes de remplacement. L’apport de la télémétrie acoustique (détection de la présence de poissons marqués à proximité d’un récepteur) devrait permettre l’amélioration de connaissance sur les habitats occupés par les espèces et de leurs mouvements. Pour atteindre le double objectif de conservation et d'exploitation durable des espèces marines, l’évaluation de l’état écologique des écosystèmes marins doit pouvoir s'appuyer sur des connaissances relatives à l'écologie du mouvement des espèces et à la fréquentation des habitats essentiels, que le marquage en milieu naturel rend possible.
Réduction
Le nombre d’individu a été réduit au minimum d’après les préconisations de la littérature pour la télémétrie acoustique. Des tests de puissance préalables ont été́ effectués permettant d'estimer la taille de l'échantillon nécessaire pour confirmer ou infirmer les hypothèses de manière significative. Le fait de marquer 30 individus par espèce et par site, permet la réalisation d’analyses statistiques fiables et robustes permettant d’extrapoler à la population. Ainsi, le comportement des individus et des espèces analysées permettra de refléter un comportement global de la population et ainsi d’évaluer les effets des parcs éoliens sur le comportement de ces espèces.
Raffinement
Dans le cadre des procédures, plusieurs mesures ont été mises en place afin de limiter la souffrance et le stress des individus lors du marquage, incluant la capture (engins sélectifs en direct, l’hameçon ou traits de chalut courts), pour limiter au maximum le temps où l’animal est en phase « capture », ainsi que des procédures d’anesthésie optimales durant les phases pré opératoire, opératoire et post opératoire. Le protocole de pêche seront adaptés pour être les moins traumatisants avec notamment la sélection d’hameçons spécifiques et un personnel spécialement formé à ce type de capture. Les individus seront surveillés de manière régulière durant toute la période de détention. Lors de leur manipulation, en plus de l’utilisation d’anesthésiant, les individus seront placés en immobilité tonique afin de limiter le stress et la douleur. Un analgésique sera aussi utilisé conjointement. Les individus seront remis à l’eau le plus rapidement possible (quelque heures maximum). Après implantation, les individus ayant subi une anesthésie générale sont gardés en bassin de réveil et surveillé individuellement au moins 30min. Aucune remise à l’eau ne sera faite avant que l’animal ait retrouvé tous ses réflexes et sa mobilité. Aucune sortie de l’eau sans anesthésie ne sera effectuée de manière prolongée (supérieur à quelques secondes). Lors des sorties de l’eau pour chirurgie, les poissons resteront en permanence en milieu humide (dos dans l’eau, flux d’eau dans la bouche). Les individus seront retirés de la procédure si les points limites préalablement établis sont atteints. Les points limites sont identifiables à travers le comportement des poissons (activité de nage anormale, absence de réaction) ou des signes extérieurs de stress (e.g. couleur de peau, plaies). La taille et le poids des marques pour chaque espèce sont choisies bien en dessous des critères normalement appliqués (>2% du poids des individus).
Choix des espèces
Les raies et les requins sont des espèces présentes dans les zones d’étude où se situent potentiellement des habitats essentiels pour ces poissons (ex. zone de reproduction, aire de nourrissage). Ces espèces électrosensibles sont aussi susceptibles d’être impactées par les champs électromagnétiques générés par les câbles sous-marins des parc éolien en mer. L’ensemble de ces espèces sont présentes sur les différents sites d’étude et présente des degré de mobilité diffèrent (territoriale/résidentes à fortement migratrice). Les espèces sélectionnées sont exploités ou présentes dans les pêcheries et sont considérées comme robuste avec une capacité de récupération rapide. La méconnaissance sur l’écologie de ces espèces limite notre capacité d’évaluation de leur statut de conservation. Il est important de les étudier en milieu naturel afin d’apporter les connaissances nécessaires permettant d’établir le statu des populations et leur vulnérabilité face aux pressions des activités humaines. Seules les adultes de chaque espèce seront marqués car leurs conditions physiologiques sont jugées plus robuste que le stade juvénile.
Etude de la réponse physiologique du saumon atlantique aux contraintes thermiques en milieu naturel par implantation de capteurs de fréquence cardiaque – étude pilote
- Conservation des espèces
- Protection de l’environnement
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Capturés à leur retour de mer, 5 saumons atlantiques sauvages sont opérés sous anesthésie pour qu'on leur implante dans la cavité péritonéale un capteur de fréquence cardiaque et un radioémetteur, puis remis dans la rivière. Ces poissons sont utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, et tous doivent être mis à mort par surdose d'anesthésique après leur reproduction, pour récupérer le matériel et les données enregistrées. L'étude pilote vise d'abord à vérifier que l'équipe parvient à récupérer les émetteurs et leurs données, avant de mesurer la réponse cardiaque des saumons aux températures estivales. Le porteur justifie leur mise à mort en rappelant que 90 % des saumons de cette population meurent après la reproduction, épuisés, et écrit qu'elle est considérée comme "n'ayant qu'un effet marginal sur la population locale".
Objectifs
Les populations sauvages de saumon atlantique Salmo salar ont chuté de 70% depuis les années 1970. De nombreux facteurs sont incriminés parmi lesquels le réchauffement climatique. Le saumon atlantique est une espèce d’eau froide, et les températures observées dans les cours d’eau et en mer et celles prédites pour les décennies à venir sont suspectées être au-delà de l’optimum physiologique pour différentes étapes du cycle biologique. Les données disponibles sur la réponse physiologique aux températures élevées sont très éparses mais néanmoins nécessaires pour mieux prédire le devenir des populations et mieux les gérer. Les développements technologiques de ces dernières décennies, en matière de miniaturisation des capteurs notamment, permettent de réaliser des mesures physiologiques sur les animaux in situ. L’objectif de ce projet est d’évaluer la possibilité d’utiliser, sur des saumons sauvages de retour en rivière après leur phase de croissance marine, des capteurs de fréquence cardiaque implantés dans la cavité péritonéale à proximité du cœur. Nous souhaitons notamment mesurer la relation qu’il existe entre la fréquence cardiaque – utilisé comme proxy de l’activité métabolique – et la température afin d’évaluer les limites physiologiques des saumons et l'effet des températures estivales élevées sur le comportement et la survie.
Bénéfices attendus
A court terme : Ce projet est en fait une étude de faisabilité qui vise notamment à évaluer notre capacité à récupérer les émetteurs et les données récoltées et le taux de perte ainsi que la qualité des données produites par le capteur afin de valider ou ajuster le paramétrage. Elle permettra en outre de produire des premières données sur la physologie des saumons lors de la phase de migration retour et d'évaluer la réponse physiologique aux températures estivales qui sont suspectées affecter la survie ou à la reproduction des saumons. A long terme : Il s'agit de mieux comprendre comment cette espèce emblématique des cours d’eau français répond aux contraintes thermiques et pourra faire face (ou non) aux conditions futures, dans le contexte du changement climatique. Il s'agit aussi de fournir des pistes pour améliorer la gestion des populations et des habitats, par exemple en préservant ou restaurant des habitats refuges.
Procédures
Les animaux seront soumis à une seule opération chirurgicale visant à l'introduction dans la cavité générale de matériel scientifiques (capteurs de fréquence cardiaque et radioémetteur). Cette opération durera moins de 5 minutes.
Impact sur les animaux
Insertion par chirurgie du capteur et de l'émetteur (réalisée sous anesthésie ) : les nuisances potentielles (douleurs, saignements, infection) sont limitées par l'utilisation de mesures prophylactiques et des traitements adaptés et définis avec la collaboration d'un vétérinaire spécialisé. Cette intervention est considérée comme "modérée". Les individus choisis pèseront un poids qui leur permettra de supporter l'insertion du matériel scientifique. Ce dernier ne dépassera pas 2% du poids de l'animal comme recommandé dans la littérature.
Devenir
A l'issue de la procédure expérimentale, c'est à dire à l'issue de la reproduction des individus, tous les animaux sont mis à mort part surdose d'anesthésiant afin de récupérer le matériel scientifique et les données enregistrées. NB: 90% des saumons de la population étudiée meurent après la reproduction, épuisé par un effort et un investissement intense. Leur mise à mort est considérée comme n'ayant qu'un effet marginal sur la population locale.
Remplacement
L'objet de l'étude est de produire des connaissance sur les déplacements et la physiologie du saumon Atlantique dans le milieu naturel. Le modèle biologique ne peut être substitué par des alternatives non animales.
Réduction
Cette étude est une étude pilote. L'effectif d'animaux utilisés (5) a été déterminé en fonction de critères scientifiques (effectifs suffisant pour apporter des réponses aux questions posées dans le cadre d'une étude pilote) et le bien être animal (les interventions sur les individus se déroulent-elle comme prévu et quelles sont les effets notamment en terme de comportement et de survie après remise dans le milieu naturel). D'un point de vue scientfique, 5 est un nombre suffisant pour valider les réglages des paramètres d'enregistrement des biologgers.
Raffinement
Les principales mesures de raffinement concernent la limitation des nuisances (angoisse et douleur) lors de la manipulation des animaux avant, pendant et après la chirurgie et la limitation des risques d'infection post-opératoire. La combinaison d'utilisation de produits anesthésiques de concentration adaptée (1- concentration pour l'anesthésie pré-opératoire et 2- pour le maintien de l'anesthésie pendant l'opération) et d'antalgiques limitent directement l'angoisse et la douleur pendant et après l'opération et l'administration d'antibiotiques limite les risques d'infections liés à l'opération. Les mesures prophylactiques classiques (désinfection du matériel) limitent également les sources d'infection pouvant induire des nuisances post-opératoires. Les opérations de chirurgie seront effectuées par du personnel habilité et spécifiquement formé par un vétérinaire. Le protocole opératoire est co-construit avec un vétérinaire. Les conditions environnementales d'importance première pour les poissons (température et oxygénation de l'eau) seront contrôlées avant, pendant et après la capture et l'opération. Les individus seront gardés en observation dans un vivier placé dans la rivière afin de contôler la façon dont ils récupèrent de l'anesthésie et seront relâchés lorsqu'ils auront retrouvé un comportement actif normal (équilibre dans la colonne d'eau, nage).
Choix des espèces
L'espèce ciblée, le saumon atlantique, est étudié dans son milieu naturel. Les populations de saumon sont actuellement menacées par divers facteurs dont certains sous contrôle anthropique (ex. changement climatique). L'objectif de l'étude est in fine d'améliorer la compréhension de la réponse des saumons à ces facteurs afin de produire des connaisances permettant d'améliorer leur gestion. Les individus seront des adultes de retour en rivière après la phase de croissance en mer. Les connaissances sur ce stade de vie sensible sont encore très éparses, mais on sait que les individus sont exposés à de multiples stress et que la mortalité ou les affections subléthales sont élevées.
Rederivation, Archivage, et fécondation in vitro de lignée de souris génétiquement modifiées.
- Conservation des espèces
- Maintien des lignées génétiquement modifiées
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
4150 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger pour 3300 d'entre elles et modéré pour 850, une partie étant livrée pour la reproduction et le reste tué. Les femelles reçoivent des injections pour la superovulation ou subissent une chirurgie de réimplantation d'embryons, dans le cadre d'un service payant d'importation, d'archivage par congélation et de fécondation in vitro de lignées génétiquement modifiées. Le porteur indique que les femelles porteuses partent en contrôle sanitaire et que les portées sont livrées aux clients. Il présente le service comme un moyen de réduire le nombre de souris en élevage et de sécuriser les lignées.
Objectifs
Notre service propose des prestations dites de « décontamination » permettant d’importer des souris en respectant un statut sanitaire strict mais nécessaire pour l’étude du système immunitaire : cela permet de faire rentrer des animaux dits "propres" dans nos animaleries. Notre service propose également d'archiver ces lignées de souris par cryopréservation. Cette prestation permet de conserver les lignées murines, sous forme congelée, lorsqu’il n’est plus nécessaire d’avoir des animaux pour expérimentation. Cela permet également de pouvoir sécuriser le modèle créé et le réutiliser plusieurs années après si de nouvelles expérimentations sont nécessaires. Enfin cela permet de faciliter les échanges de ces modèles avec d'autres chercheurs qui pourraient utiliser le modèle créé pour d’autres projets à travers le monde.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra donc de sécuriser pour les chercheurs les lignées génétiquement modifiées créées contre tout problème de dérive génétique notamment, de faciliter les importations de lignées en respectant un statut sanitaire strict nécessaire au travail sur le système immunitaire et les échanges avec les chercheurs d’autres centres. Donc, il permettra de réduire le nombre d’animaux en élevage, tout en évitant de réutiliser des animaux pour créer des modèles qui existent déjà dans d’autres centres de recherche.
Procédures
Les animaux pourront subir : deux injections intra-péritonéales ou une chirurgie réimplantation d'embryon. Le personnel étant formé, la chirurgie en elle-même ne dure que 15 minutes. En comptant les soins pré opératoires et post opératoires, c'est-à-dire de l'accueil des animaux jusqu'au réveil, la procédure dure 1h. Enfin, certains des animaux seront transportés en voiture et train agréés vers notre prestataire.
Impact sur les animaux
Les animaux subissent des injections intrapéritonéales, une anesthésie pour la chirurgie ainsi que la chirurgie elle-même. Certaines souris seront envoyées chez notre prestataire pour analyse sanitaire, pour éviter au maximum le stress induit par le transport : les souris sont préparées, et sont stabulées dans une zone spécifique climatisée et au calme dans l’attente du transporteur agréé.
Devenir
Les femelles porteuses sont envoyées en contrôle sanitaire, les portées obtenues sont livrées à nos clients pour accouplement
Remplacement
La dernière mise en place de la prestation de cryopréservation de lignée murine sous forme de sperme avec contrôle qualité sur Blastocyste, nous a permis de remplacer les femelles pseudo gestantes ainsi que les portées qui en sont issues (utilisées normalement dans le contrôle qualité du sperme cryopréservé) par des blastocystes in Vitro.
Réduction
Le nombre de souris femelles utilisées a baissé en raison de la mise en place de la prestation de cryopréservation de lignées murines sous forme de sperme avec contrôle qualité sur Blastocyste. Le nombre de souris utilisés pour les prestations d’archivage et cryopréservation a diminué. Dans le souci de répondre encore plus à la règle des 3 R et notamment au Réduire, nous avons en effet fait évoluer notre grille de prestation afin de proposer une prestation de cryopréservation de sperme avec contrôle qualité sur ADN de blastocyste. Nous avons développé la PCR sur blastocystes afin d’éviter d’utiliser des souris pseudogestantes pour la vérification du génotype des embryons obtenus. Nous avons ainsi réduit le nombre de femelles annuel.
Raffinement
Nous sommes actuellement un ingénieure d'étude et une assistante ingénieure dans le service. Suite à une formation optimale, nous ne réimplantons que 2 à 3 femelles pour toutes décontaminations. Cela nous permet de livrer nos prestations en utilisant un minimum d'animaux en les impactant le moins possible en chirurgie. La formation permet en effet d'avoir des animaux patients qui restent en chirurgie une quinzaine de minutes maximum. Grâce à cette rapidité d'exécution, les animaux sont beaucoup moins impactés par la chirurgie. Les animaux sont observés en cage individuelle pendant toute la phase de réveil après la chirurgie. Nous ajoutons des enrichissements du milieu dans la cage d'hébergement et nous surveillons les animaux tous les jours avec nos personnels animaliers dédiés. Tout animal souffrant est immédiatement identifié et une décision sur la poursuite des soins ou la mise à mort est rapidement prise par l'équipe. D’un point de vue pratique, le bien-être des animaux sera respecté tout au long du projet. Toute procédure stressante ou douloureuse sera réalisée sous anesthésie générale et sous prescription d’anti douleur.
Choix des espèces
Les souris sont des mammifères dont 99% des gènes sont orthologues à l’homme. Ce sont des animaux de petite taille et à la reproduction rapide. Nous avons une bonne connaissance anatomique, physiologique et biologique de ce modèle. Nous utilisons des males âgés de 10-12 semaines pour la cryopreservation. C'est à cet âge que la réserve en spermatozoïdes est la plus élevée. Nous utilisons des femelles de 3-4 semaines pour la super ovulation. A cet âge les femelles réagissent à la super ovulation de façon optimale. Prendre des femelles plus âgées diminuerait la quantité d'ovocytes obtenue. Concernant les souris porteuses nous utilisons des femelles du fond génétique mixte de 6-8 semaines car ce sont bonnes mères.
Suivi télémétrique des routes migratoires des baleines à bosse dans l’océan Indien occidental
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
14 baleines à bosse vont être utilisées, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, puis laissées dans leur milieu naturel. À distance depuis un bateau, une balise Argos à pointe est implantée dans leur lard au fusil à air comprimé et une biopsie de peau est prélevée, pour suivre leurs routes migratoires. Le porteur qualifie la pose de balise d'invasive tout en la jugeant d'impact minimal, et décrit une réaction de surprise suivie d'un retour rapide à l'activité. Il présente le projet comme utile à la conservation de l'espèce, sans autre modèle possible.
Objectifs
Ce projet vise l’étude, par suivi télémétrique, des mouvements migratoires des baleines à bosse afin d’identifier les mouvements migratoires entre la zone de reproduction et les zones de nourrissage antarctiques ou subantarctiques. Les connaissances sur les parcours migratoires des baleines à bosse fréquentant l'île, entre leur site de reproduction et leur site de nourrissage, sont inexistantes. Ce projet permettra de combler cette lacune de connaissances.
Bénéfices attendus
Quinze individus adultes ont déjà été équipés de balises Argos autour de l'île en août 2013, soit au milieu de la saison de présence des baleines. Cette première étude a permis de suivre les mouvements migratoires au sein de la zone ainsi que d’identifier les habitats préférentiels utilisés par les baleines à bosse pour la reproduction. Néanmoins, la durée d’implantation des balises Argos étant relativement réduite (quelques semaines), la migration retour des individus vers leur zone de nourrissage n’a pas pu être étudiée lors de cette première phase. La phase 2 de ce projet se propose d’équiper 15 individus adultes de balises Argos, en parallèle de leur biopsie, en fin de saison de présence des baleines à bosse, période à laquelle les baleines à bosse sont susceptibles d’amorcer la migration retour vers leur site de nourrissage. Un premier volet de ce projet a été réalisé du 01 au 15 septembre 2019, au cours duquel une seule baleine à bosse a pu etre équipée. En effet, la faible fréquentation de l'île par les baleines à bosse cette année là n'a pas permis d'équiper davantage d'individus. Dans le cadre de ce projet, 14 baleines à bosse restent à etre équipées et biopsiées. Cette opération se déroulera du 01 août au 15 octobre 2022. Les données ainsi acquises permettront notamment d’obtenir des informations précises sur les trajets et le temps de migration, le degré d’utilisation des sites potentiellement importants pour la reproduction et de mieux définir les couloirs migratoires ainsi que les zones de nourrissage. Ces données viendront compléter celles précédemment acquises lors de la phase I, ce qui nous permettra de disposer d’une vision globale des mouvements des baleines à bosse sur l’ensemble de leur cycle migratoire, en vue, à terme, de disposer de données suffisantes pour renforcer les mesures de protection existantes et mettre en place de nouvelles mesures concernant cette espèce et son habitat.
Procédures
Les biopsies cutanées et la pose de balise Argos seront effectuées sur animaux vigiles. Un animal sera prélevé une seule fois.
Impact sur les animaux
La pose de balises, largement utilisée par la communauté scientifique, est jugée invasive du fait de l’implantation d’un élément étranger dans le corps de l’animal. Cependant, le degré de sévérité est considéré comme minimal. Un certain nombre de balises ont été posées dans le monde entier sur les cétacés, avec des systèmes d’attache divers, allant du harnais à l’implantation intra-musculaire, en passant par des dispositifs de fixation par ventouse externe. Néanmoins, l’implantation de balises Argos correspond à la seule technique permettant le suivi télémétrique des baleines à bosse à moyen et long terme, les balises entièrement externes étant soumises à des forces de frottement importantes, responsables de leur détachement précoce. De même, les biopsies cutanées sont réalisées sur de nombreuses espèces de cétacés, des plus petits delphinidés aux plus grands mysticètes. De nombreuses publications scientifiques sont disponibles sur l’impact de la pratique des biopsies sur les individus et les populations. Sur les grands cétacés, il a été montré que la pratique de biopsies n’a pas de conséquences importantes. De plus, bien qu’il y ait généralement une réaction de surprise lors de l’impact (spasme du corps, accélération de la nage), les animaux reviennent rapidement à leur activité initiale.
Devenir
Les objectifs du projet impliquent l'équipement de balise Argos et le prélévement de biopsie cutané sur des animaux vivants dans leur milieu naturel. Les individus prélevés seront laissés dans leur habitat naturel.
Remplacement
Les objectifs du projet imposent la pose de balises et le prélèvement de biopsie sur des baleines à bosse dans le but de suivre leurs trajets migratoires lors de leur présence autour de l'île, en vue notamment de leur conservation. Aucun autre modèle ne peut être substitué.
Réduction
Ce projet se propose d'équiper de balise Argos et de biopsier 15 baleines à bosse adultes. Une baleine à bosse avait déjà été équipée en septembre 2019 lors du volet 1 de ce projet. Quatorze baleines à bosse restent donc à équiper et biopsier sur ce projet. Le nombre de 15 balises Argos, choisi avant tout pour des raisons financières, permettra de décrire les tendances des trajectoires des baleines à bosse, même en cas d’arrêt prématuré de certaines d’entre elles. Ce nombre viendra s’ajouter aux 15 individus initialement équipés et biopsiés lors de la première phase du programme. De plus, ce programme s’intègre dans une dynamique régionale. En effet, plusieurs structures de recherche ont équipé des baleines à bosse de balises Argos dans la zone de 2011 à 2013. Nos résultats viendront donc compléter les données concernant les trajets migratoires des baleines dans cette zone, en vue d’une analyse globale régionale. Ce nombre ne peut, en ce sens, etre réduit. La photoidentification des individus biopsiés permettra d’éviter de prélever le même individu à deux reprises.
Raffinement
Le matériel utilisé correspond aux dernières technologies en matière de balise et de système de déploiement. La balise est pourvue d’une pointe acérée et mesure 260x22mm. Une fois implantée, seule l’antenne apparait en surface. Les balises, biocompatibles et cylindriques, seront déployées à distance (1 à 4m), à l’aide d’un fusil à air comprimé, et seront implantées dans la couche de lard située en avant de l’insertion antérieure de la nageoire dorsale. Avant toute opération de déploiement, la pointe de la balise sera nettoyée et désinfectée à l’éthanol. Nous utiliserons de petits bateaux (5 à 7m), facilement manoeuvrables, équipés d’une plateforme de tir. Les groupes seront approchés lentement et progressivement par les ¾ arrière, non seulement pour éviter l’effet de surprise, mais aussi pour permettre à l’équipe de photo-identifier tous les membres du groupe et d’attribuer un indice comportemental à chaque individu. L’individu cible sera choisi suivant des critères précis (adulte, bonne condition physique, sexe…). Lorsque la baleine sera suffisamment proche (1 à 4m) et parallèle au bateau, le tagueur, expérimenté et mondialement reconnu pour son expertise, et qui sera mobilisé spécifiquement pendant la durée du projet, implantera la balise Argos, afin de limiter les tentatives en autorisant un taux de réussite optimal. La photoidentification des baleines taguées (et biopsiées), permettra d’éviter d’équiper et de prélever le même individu à 2 reprises. Si le groupe est difficile à approcher (individus farouches, état de la mer mauvais), ou que plus de 3 tentatives d’équipement auront été infructueuses, un autre groupe sera recherché. La réaction de l’individu cible, ainsi que du groupe auquel il appartient, sera suivie pendant 15 minutes et les comportements seront consignés. Des agents embarqueront à bord afin de contrôler le respect du protocole prévu par les autorisations ministérielles. De plus, la présence d’un vétérinaire et de membres de la structure chargée du bien être au sein de l’équipe permettra le contrôle du respect du principe des 3 R et des points limites. Le vétérinaire veillera notamment au bon déroulement des opérations et interviendra en cas de besoin (blessure,...). L’équipement de balise et le prélèvement de biopsie se feront simultanément sur le même individu afin de limiter les approches.
Choix des espèces
Dans l’Hémisphère sud, les baleines à bosse migrent des sites de nourrissage en Antarctique vers les plus hautes latitudes sud pour se reproduire ou mettre bas pendant l’hiver austral (de juin à novembre). Depuis 2008, le taux de fréquentation de l'île par les baleines à bosse a largement augmenté. Malgré une présence saisonnière, le nombre d’observations de cette espèce en fait l’espèce la plus fréquemment rencontrée autour de l'île. Il s’agit de la seule espèce migratrice de cétacé fréquemment observée dans ces eaux. Les animaux équipés et biopsiés seront des individus adultes en bonne condition physique. En effet, les balises sont conçues pour des animaux présentant une couche de lard d’environ 20 cm d’épaisseur. De plus, les jeunes sont plus sensibles aux stimuli cutanés du fait de la finesse de leur pannicule graisseux.