Conservation des espèces
- Enseignement supérieur et formation professionnelle
- Maintien des lignées génétiquement modifiées
- Production de routine
- Protection de l’environnement
- Recherche appliquée
- Recherche fondamentale
- Tests réglementaires
Etude des niveaux de contaminants sanguins chez la Cistude d’Europe en France
- Conservation des espèces
630 cistudes d'Europe, une tortue d'eau douce menacée, vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, toutes relâchées sur leur site de capture. Chaque individu subit une seule prise de sang lors d'une contention de moins de dix minutes, avant d'être relâché dans les deux heures. Le porteur présente l'espèce comme une sentinelle de la pollution des zones humides et vise à mesurer les contaminants circulants. Cette étude relève de l'écologie de la conservation et n'implique ni mise à mort ni maintien prolongé en captivité.
Objectifs
La dégradation de la qualité de l’eau due à l’intensification des activités humaines est au cœur des préoccupations actuelles. La connaissance des contaminants présents dans les milieux aquatiques attire donc une attention considérable avec des phénomènes d’amplifications dans les chaines alimentaires et des risques sanitaires pour les populations. Les zones humides constituent des réservoirs de biodiversité mais sont fortement impactées par les activités humaines et sont exposées à la pollution chimique. La contamination des masses d’eau (canaux d’irrigation, de drainage et marais) par les rejets agricoles, industriels et urbains a été principalement quantifiée sur les peuplements piscicoles avec la détection de composés organochlorés. Les reptiles sont peu étudiés en écotoxicologie alors qu’ils peuvent apporter des informations sur la contamination et l’impact sur les individus notamment chez des espèces à grande longévité. Dans ce contexte nous proposons d'étudier la Cistude d’Europe, Emys orbicularis, une tortue d’eau douce longévive (espérance de vie > 40-60 ans) qui fait face à un déclin important. Située en haut du réseau trophique, la cistude constitue une excellente espèce sentinelle pour le suivi des polluants et les résultats obtenus dans ce projet fourniront les toutes premières données sur l’état de contamination d’une tortue d’eau douce de France métropolitaine. Une des questions centrales repose sur les variations spatiales des niveaux de contaminants dans le sang qui peuvent fortement dépendre des habitats aquatiques et de la nature des pressions humaines. Ces résultats seront comparés avec des données collectées sur des individus captifs qui serviront de références.
Bénéfices attendus
La cistude d'Europe est une espèce de tortue d’eau douce longévive prédatrice (espérance de vie > 40-60 ans) qui fait face à un déclin important du fait de multiples pressions liées aux activités humaines. Sa très faible mobilité en fait une excellente espèce indicatrice de la pollution locale. Elle bénéficie d’un plan national d’action (PNA) mobilisant un large réseau d’organismes gestionnaires et d’associations de protection de la nature. La clarification des contaminants circulants chez cette espèce est identifiée comme une axe prioritaire d'étude par le plan d'action. Ce projet répond donc spécifiquement à cette problématique.
Procédures
Une prise de sang unique sera réalisée sur chaque individu vigile (volume 1,5 millilitre). Le temps de contention pour la prise de sang est court (
Impact sur les animaux
La contention et à la mise en bac individuel pourront générer un inconfort transitoire. Le temps de contention pour la prise de sang est court (
Devenir
Tous les individus seront maintenus en vie et relachés sur leur site de capture.
Remplacement
L'étude de l'influence des niveaux de contaminants sanguins chez les reptiles a des implications importantes pour la recherche en écologie de la conservation. Ce projet porte spécifiquement sur la Cistude d'Europe. Il n'existe donc pas d'alternative à l'utilisation d'un modèle animal pour cette étude.
Réduction
Le nombre d'individus sera réduit au minimum (30 par site) afin d'évaluer les taux de contaminants qui varient entre les individus. L'étude porte sur 20 sites répartis dans 3 régions et un site compararatif en captivité soit 630 individus au total. Cet effectif est nécessaire pour décrire les variations naturelles des niveaux de contaminants.
Raffinement
La prise de sang sera réalisée par phlébotomie au niveau de la veine coccygienne (« caudale »). Ce site de prélèvement est préféré par rapport au sinus cervical (base du cou) qui impose une contention manuelle de la tête qui peut être très stressante chez cette espèce. La prise de sang dans la veine coccygienne est une technique spécifique maîtrisée dans l'équipe ce qui permet d'assurer une procédure rapide et ainsi minimiser le stress induit. Lors de la période d'attente (avant prise de sang) et d'observation (après), les animaux seront placés en bacs individuels avec obstruction visuelle. Il n'existe pas de risque hémorragique avec la ponction caudale mais un léger saignement peut cependant être observé. Dans ce cas un point de pression sera appliqué sur le site de prélèvement. Cette méthode est très bien tolérée par l'espèce et permet un suivi individuel. Tout au long de la procédure de prise de sang le comportement des individus sera suivi pour détecter toute agitation éventuelle. En cas de comportements anormaux, la prise de sang sera interrompue.
Choix des espèces
La cistude d'Europe est une espèce de tortue d’eau douce longévive prédatrice (espérance de vie > 40-60 ans) qui fait face à un déclin important du fait de multiples pressions humaines. Sa très faible mobilité en fait une excellente espèce indicatrice de la pollution locale. Elle bénéficie d’un plan national d’action (PNA) mobilisant un large réseau d’organismes gestionnaires et d’associations de protection de la nature. La clarification des contaminants circulants chez cette espèce est identifiée comme un axe prioritaire d'étude identifié par le plan d'action. Ce projet répond donc spécifiquement à cette problématique. Adultes uniquement (masse >300g) afin de mesurer les effets de l'accumulation avec l'âge (supérieur à 10 ans).
Evaluation du taux de transfert des saumons atlantiques entre deux ouvrages hydroélectriques en lien avec les lâchers d’eau expérimentaux
- Conservation des espèces
- Protection de l’environnement
132 saumons atlantiques sauvages vont être utilisés, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, puis relâchés dans le milieu naturel. Interceptés au cours de leur migration, ils sont anesthésiés pour des mesures biométriques, un prélèvement d'écailles et de tissu, et la pose d'une marque RFID enfoncée dans le muscle au trocart, afin de suivre leur franchissement de deux barrages hydroélectriques. Le porteur signale un stress lié au piégeage puis à l'anesthésie. Il affirme qu'aucune autre espèce ne peut remplacer le saumon atlantique et que l'étude de son comportement migratoire impose de recourir à des individus vivants.
Objectifs
Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme de restauration de l’espèce saumon atlantique sur le Bassin Garonne Dordogne dont l’objectif est la reconstitution d’une population naturelle pour la préservation de la biodiversité. En complément des suivis vidéo, cette étude est réalisée pour évaluer la réussite des mesures de gestion mises en place pour l’amélioration des dispositifs de franchissement des barrages hydroélectriques, pour lesquels des actions référencées dans le cadre de la convention suscitée sont portées activement. Ce suivi par marquage individuel permettra notamment de relier précisément le comportement de chaque saumon aux paramètres du milieu (débit, température…), ainsi qu’aux paramètres d’exploitation des ouvrages (hauteur de chute en entrée de passe à poissons, débit d’attrait, débit turbiné…). L’analyse de ces résultats contribuera à faire évoluer les mesures de gestion mises en place dans le cadre de la convention signée en 2020 entre l’Etat et les différents acteurs.
Bénéfices attendus
Les différents éléments seront ensuite mis en relation avec les lâchers ponctuels d’eau prévus dans le TCC du barrage amont, à raison de 2 à 3 lâchers par semaine d’une durée de 9h (entre 8h et 17h) pendant 6 mois, afin d’évaluer si ces lâchers permettent d’améliorer significativement l’attractivité de la nouvelle passe au barrage et donc au final le taux de transfert entre les deux ouvrages. Si ce n’est pas le cas ou jugé comme encore insuffisant, les mesures de gestion pourront être revues puis testées à nouveau les années suivantes prévues pendant la période de validité de l’autorisation. Bénéfice à court terme : évaluer les mesures mises en place dans le cadre de la convention pour l'amélioration du fonctionnement des dispositifs de franchissement. Bénéfice à long terme : améliorer la franchissabilité des obstacles du bergeracois (verrous d'accès aux zones de reproduction situées à l'amont du bassin versant).
Procédures
Anesthésie pour sédation profonde au bout d'1 à 2 min / Mesures biométriques du poisson pour analyses et prélèvements de tissu et d'écailles durée totale de 1 à 2 min/ marquage RFID à l’aide d’un pistolet adéquat et d’une aiguille à usage unique (trocart) dans le muscle, temps de marque moins d'une minute / La totalité des opérations faites au stade de sédation profonde dure entre 3 et 5 minutes.
Impact sur les animaux
Stress induit par l'interception des poissons en cours de migration anadrome par piégeage, puis par l'anesthésie pour marquage.
Devenir
Tous les animaux seront relâchés dans le milieu naturel pour reprendre leur migration naturelle vers les zones de reproduction. Cela est un prérequis à l’étude pour suivre leur comportement au droit des ouvrages hydroélectriques.
Remplacement
L’accomplissement du cycle biologique de cette espèce amphihaline, est un prérequis incontournable pour notre étude. C’est le comportement des animaux qui nous permettra de juger de l’efficacité des mesures de gestion et nous aidera à les améliorer si besoin. Nous ne pouvons donc pas nous dispenser de l’usage des animaux. Les objectifs du projet ne nous offrent pas de solutions alternatives.
Réduction
Le nombre maximal de saumons atlantiques adultes marqués par an sera de 33. Le contingent migrant de saumon atlantique est variable selon les années (entre 179 et 1417 individus comptabilisés à la station de Tuilières) et représente en moyenne 336 saumons sur les 15 dernières années. Une part aussi représentative que possible de la population migrante sera capturée, de l’ordre de 10% du contingent migrant, et équipée de marques RFID pour les besoins de l’étude. Cette opération de marquage sera réalisée tous les ans durant la période de validité de l’autorisation, pour un marquage de 132 saumons sur la durée de l'étude.
Raffinement
1- Réduire la douleur : Les prélèvements et marquage se feront sous anesthésie générale, en intra-musculaire, au moyen d’une aiguille à usage unique pour chaque individu, ou de pinces et ciseaux desinfectés. 2- Réduire le stress : - Le piège utilisé depuis des années à des fins de prélèvements pour le programme de repeuplement a été conçu et largement éprouvé afin de limiter le stress et l'épuisement. Bac de piégeage 300L. - Surveillance régulière des conditions de stabulation (température, oxygène, renouvellement d’eau) et observations visuelles des individus en phase de réveil. - Un seul individu à anesthésier et à manipuler en même temps pour limiter le temps de présence dans le bain anesthésiant. - Stabulation dans le bassin de piégeage immergé = peu de lumière, alimentation en eau de rivière en continu - Remise à l’eau après un réveil complet soit 20 min après les manipulations. Le départ du poisson se fera de façon volontaire à partir de la nasse de piégeage laissée ouverte pour limiter le stress.
Choix des espèces
Cette étude est réalisée pour valider des actions mises en place pour favoriser la migration génésique l’espèce saumon atlantique. Son cycle biologique et sa capacité de « homing » lui sont caractéristiques. Il n’est pas possible d’utiliser une autre espèce en remplacement. Pour l’étude, les géniteurs de saumon atlantique en migration génésique seront utilisés. Il est nécessaire d’utiliser des individus qui réalisent leur cycle biologique donc les plus imprégnés des caractéristiques comportementales et de leur milieu de croissance, favorisant le homing. Ce stade adulte est le stade le plus avancé pour cette espèce. On limite ainsi le nombre de poissons à marquer.
Persistance de l’immunité maternelle chez les poussins du manchot royal : dynamique des anticorps
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
- Système immunitaire
160 manchots royaux, 80 femelles adultes et 80 poussins, vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, puis relâchés dans leur milieu naturel. Les femelles reçoivent une injection de vaccin et une prise de sang, et chaque poussin subit huit prélèvements sanguins échelonnés de 6 à plus de 200 jours, pour suivre la persistance des anticorps maternels. Le porteur n'attend aucun effet indésirable hormis un léger dérangement de la colonie. Il indique que l'étude sur une espèce sauvage à longue période d'élevage impose de travailler directement sur ces oiseaux.
Objectifs
Dans le cadre de travaux pour évaluer la persistance et le rôle des anticorps maternels, qui passent de la mère au poussin via le jaune d’œuf chez les oiseaux, il a été montré que les anticorps peuvent en fait persister bien plus longtemps chez une espèce sauvage que ce qui était connu dans la littérature chez les espèces de volailles domestiques (Garnier et al. 2012). En effet, chez une espèce d'oiseau marin ayant une durée d’élevage du poussin au nid de 3 mois, il a été mis en évidence une persistance particulièrement longue de ces anticorps, avec une détection d’anticorps dans le plasma de plusieurs poussins 65 jours après l’éclosion. Ces anticorps sont susceptibles de pouvoir protéger le poussin contre des agents infectieux auxquels il serait exposé lors de son élevage dans la colonie, et il est important d’explorer si ce phénomène existe chez d’autres espèces ayant une longue période d’élevage du poussin. Nous proposons ici d’étudier le temps de persistance des anticorps maternels chez une autre espèce d’oiseau marin, le manchot royal (Aptenodytes patagonicus), dont la période d’élevage du poussin dure plus de 12 mois.
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus du projet sont une meilleure connaissance du fonctionnement du système immunitaire chez les oiseaux marins, ce qui peut notamment être utile pour appliquer des approches de vaccination dans des populations captives ou sauvages de ce type d'espèces.
Procédures
Les individus adultes (femelles) seront soumis à une injection pour vaccination et un prélèvement sur animal vigile (prise de sang 0,5 ml). Les poussins feront l'objet de prélèvements sur animal vigile (une prise de sang de 0,5 ml à 6, 10, 15, 20, 35, 65, 100 et >200 jours (8 occasions d'échantillonnage par individu).
Impact sur les animaux
Aucun effet indésirable est attendu sur les animaux, hormis leur léger dérangement sur la colonie.
Devenir
Les individus sont replacés dans leur habitat naturel car aucun effet négatif de la procédure est attendu sur leur qualité de vie dans le milieu naturel et c'es dans ce milieu qu'ils sont étudiés étant donné leur mode de vie.
Remplacement
L'objectif est d'explorer le fonctionnement du système immunitaire d'une espèce sauvage afin d'apporter des éléments pour la compréhension de son évolution. La propriétée étudiée, la persistance des anticorps maternels chez le poussin après l'éclosion, nécessite de travailler sur des individus de l'espèce d'oiseau considérée. Suivant les résultats obtenus, il sera possible de faire des expériences in vitro (exploration de l'affinité entre le récepteur FcRY et la partie constante des chaines lourdes des IgY).
Réduction
Afin de limiter le nombre d’animaux manipulés, notre stratégie d’expérimentation est basée sur les études précédentes ayant effectué des expérimentations similaires chez d'autres espèces d'oiseaux et sur les connaissances disponibles sur les proportions de femelles qui pourront être détectées à leur retour pour se reproduire à la colonie et les taux de survie naturels des poussins de manchots royaux.
Raffinement
Les manipulations seront réalisées par des personnels spécifiquement formés et les précautions nécessaires seront prises pour limiter le stress des individus. Les manipulations effectuées n’ont pas d’impacts négatifs attendus sur la reproduction et la survie future des individus. Aucune douleur ni effet négatif des manipulations n'est attendu, mais le comportement des individus sera observé suite à chaque manipulation (catégorisé comme normal ou anormal après 2 minutes).
Choix des espèces
L'objectif est d'explorer le fonctionnement du système immunitaire d'espèces animales afin d'apporter des éléments pour la compréhension de son évolution. La propriétée étudiée, la persistance des anticorps maternels chez le poussin après l'éclosion, nécessite de travailler sur des individus de l'espèce d'oiseau considérée car elle a des traits d'histoire de vie, en particulier la longueur de la période d'élevage des poussins sur la colonie, qui font prédire une potentiellement longue persistance des anticorps maternels. 80 adultes reproducteur (femelles) et 80 poussins. Les anticorps maternels IgY seront quantifiés par un test ELISA spécifique des anticorps produits contre le vaccin qui seront transmis au poussin par la mère via le jaune d'oeuf. Le taux d'anticorps maternels du plasma décroit à partir de l'éclosion et l'objectif de l'étude est de déterminer la dynamique de décroissance de ce taux d'anticorps (calcul de la demi-vie chez l'espèce considérée). Les poussins seront échantillonné à 6, 10, 15, 20, 35, 65, 100 et >200 jours.
Localisation des habitats et des continuités écologiques favorisant la présence du sanglier (Sus scrofa) à l’aide du GPS, dans une optique de gestion de l’espèce sur l’agglomération toulousaine
- Conservation des espèces
- Protection de l’environnement
15 sangliers vont être capturés et utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, tous abattus à l'issue. Chaque animal est piégé en cage, placé en sabot de contention, anesthésié par injection puis équipé d'un collier GPS et relâché pour neuf à douze mois, avant d'être tué par balle par des lieutenants de louveterie. Le porteur décrit une angoisse liée à la capture et à la contention et présente la mise à mort par balle comme une "euthanasie", ces sangliers relevant déjà d'un arrêté préfectoral de destruction administrative. Le projet vise à cartographier les déplacements de l'espèce autour de Toulouse pour orienter sa gestion en ville, des données destinées aussi à "convaincre les élus".
Objectifs
L'étude vise à localiser des habitats et des continuités écologiques favorisant la présence du sanglier (Sus scrofa) sur l’agglomération toulousaine, dans une optique de gestion écologique de ces espaces. Pour faire apparaître des habitats et des continuités écologiques récurrents, c'est-à-dire utilisés de manière constante par les animaux, il s’agira de capturer des sangliers et d’effectuer un suivi d’individus par collier GPS. Les données acquises seront traitées par Système d’Information Géographique (SIG) pour déterminer les secteurs les plus fréquentés par l’espèce et leur degré de connectivité écologique, afin d’orienter des préconisations de requalification écologique.
Bénéfices attendus
Le suivi réalisé permettra de répondre à la problématique que se posent les services de l’Etat et les collectivités en matière de gestion du sanglier en zone urbaine, qui posent aujourd’hui problème aux administrés et aux activités humaines, tout en permettant d’identifier des éléments favorables à la prise en compte et à la protection d’éléments essentiels à la biodiversité. Se faisant la procédure répond à une finalité de protection de l’environnement naturel dans l’intérêt de la santé ou du bien-être de l’homme ou de l’animal, conformément à l’article R214-105 du Code rural et de la pêche. Le protocole permettra ainsi d’identifier les éléments responsables de cette présence au plus près des habitations et des infrastructures de transport afin de les traiter. Les données générées permettront de convaincre les élus et les propriétaires les plus réticents de cette présence et des problèmes qu’elle peut poser, dans un contexte où les mesures à mettre en œuvre impliquent des positionnements politiques et financiers importants. De plus, ces données mettront en évidence les corridors biologiques à l’échelle de la métropole toulousaine, à l’heure où les collectivités réclament de plus en plus de données in situ et où les données générées in silico (modélisation des trames écologiques) convainquent modérément les élus. Ces données participeront ainsi au maintien d’éléments fondamentaux pour la conservation de la biodiversité sur le territoire métropolitain dans les stratégies de planification urbaine. Enfin, ces données permettront d’étalonner les modélisations des continuités écologiques de la faune sauvage développées par le réseau des Fédération des Chasseurs, afin que l’usage des animaux puisse être réduit, voire ne plus être nécessaire, à l’avenir. A ce titre, l’avantage de la mise en œuvre de ce protocole surpasse le coût pour l’animal.
Procédures
Angoisse et inconfort liés à la restriction de liberté en cage de capture et de reveil (angoisse et inconfort modérés de durée moyenne 1h à 12h) - Angoisse liée à la présence de personnel (angoisse modérée de courte durée 15min) - Angoisse liée au placement en sabot de contention (angoisse forte de très courte durée
Impact sur les animaux
Stress lié à la capture et au placement en sabot de contention Douleur liée à l'introduction d'une aiguille au cours de la sédation Stress lors de la mise à mort
Devenir
L’ensemble des animaux utilisés dans ce protocole sont des animaux concernés par une procédure réglementaire de destruction administrative et ne pourront quoi qu’il arrive pas être relâchés ou placés. La mise à mort sera effectuée par une équipe de Lieutenants de Louvèterie, dument habilitée par la Préfecture à prélever des animaux sauvages dans leur habitat naturel dans les conditions prévues par l’annexe 4 de l’arrêté du 1er février 2013.
Remplacement
D’autres méthodes ne faisant pas intervenir l’utilisation d’animaux ont été envisagées et testées pour répondre à la problématique. Une étude de photographies aériennes et d’images satellites a été réalisée pour identifier les structures végétales favorisant la présence de ces animaux. Cette méthode nécessite l’utilisation d’images bénéficiant à la fois d’une très haute résolution spatiale (THRS) et d’une mise à jour annuelle (dynamique végétale des friches et landes arbustives). Par ailleurs, cette méthode ne permet de se prononcer ni sur la présence effective de sangliers dans ces habitats (présence d’éléments d’entraves non détectables par l’imagerie aérienne) ni sur la structure de végétation sous les boisements mâtures. Une telle méthode nécessiterait de nombreuses prospections de terrain à la recherche d’indices de présence, techniquement inenvisageables à l’échelle de l’agglomération toulousaine. La seconde méthode consiste en la modélisation informatique des continuités écologiques de cette espèce, sur la base de carte d’occupation du sol enrichie d’autres bases de données pour préciser les occupations du sol à enjeu. Si cette méthode permet d’identifier certaines continuités écologiques et certains habitats, il a été montré que de nombreux habitats vérifiés de l’espèce échappent à la modélisation, notamment parce que les données d’occupation du sol se basent principalement sur l’imagerie aérienne et de ses biais mentionnés précédemment. Par ailleurs, l’acquisition de données GPS in situ représenterait une opportunité de calibrer les modélisations pour les rendre plus performantes à l'avenir afin de se passer des animaux.
Réduction
La littérature et les contacts pris avec des laboratoires de recherche recommandent généralement l'équipement de 30 animaux pour obtenir des résultats statistiquement robustes. Le projet s'inscrivant dans un cadre plus opérationnel que statistique, l'adaptation du matériel (colliers GPS permettant de multiplier le nombre de localisations par individu (>1 localisation par heure) afin de limiter le nombre N d’individus suivis tout en conservant un grand nombre de données collectées >8760 loc. attendues / an / individu) et la localisation des captures permettra d'adapter le nombre d’individus aux stricts besoins de l’étude et au territoire d’étude. Ainsi, seuls 15 animaux seront suffisants, au regard de la zone d'étude (30 000 ha) et des domaines vitaux de l'espèce (2000 ha).
Raffinement
Faire intervenir des personnels formés et compétents : La capture effectuée par une personne disposant des compétences nécessaires en matière de capture et autorisée par arrêté Préfectoral - Limiter la manipulation de l’animal à des personnels ayant bénéficié de manipulations pilotes sur animaux d’élevage. Limiter l’inconfort du port du collier et les risques de blessures pour l’animal : Adaptation du ratio poids du collier / poids animal pour ne pas dépasser 3% - Procédure réservée à des individus de plus de 45 kg pendant 1 an maximum - Engagement d’une procédure de mise à mort à t=9 mois en tenant compte des réalités techniques d’une telle opération. Réactivité des équipes post-capture pour réduire au maximum le temps passé en cage de capture : Mise en place de pièges photographiques GSM permettant d’être alerté de la capture en temps réel -Mise en place d’une coordination d’équipe préalable et renforcée et d’une astreinte fédérale lors des périodes de capture. Limiter le stress de l’animal : Aucun personnel à moins de 50 mètres avant examen initial -Dans la mesure du possible, examen initial à plus de 50 mètres à la jumelle binoculaire – si impossible, un unique personnel autorisé à réaliser l’examen initial à moins de 50 mètres de la cage -Choix du recours à l’anesthésie pour limiter un stress dommageable pour l’animal lors de l’équipement du collier GPS -Limiter le nombre de personnels sur site, le volume sonore et l’agitation jusqu’à l’anesthésie complète de l’animal. Adapter la manipulation pour limiter le risque d’effets indésirables de l’anesthésie pour l’animal : Préparation de la dose d'hypnotique adaptée par le vétérinaire ou le concepteur sur site et avant placement en contention - Mise en contention par 4 personnels maximum compétents pour la manipulation de la grande faune sauvage - Injection rapide de l’agent hypnotique et retrait de l’équipe pour permettre à l’anesthésie d’opérer sans stress -Limiter les risques de détresses peranesthésiques par l'usage d'une couverture de survie et de manipulations adaptées - Adapter la fixation du collier dans la recherche du confort de l'animal. Limiter le stress et accroître le confort de l’animal en phase de réveil : abreuvoir dans la cage de reveil et si possible branchages autour. S’assurer de la bonne santé de l’animal suivi au cours de la procédure. Mettre à mort l’animal de manière à engendrer le moins de stress possible et sans douleur pour l’animal.
Choix des espèces
L'étude vise à localiser les habitats et les continuités écologiques du sanglier (Sus scrofa). Parallèlement à une augmentation des dégâts aux productions agricoles, les sollicitations croissantes des collectivités locales et de leurs administrés auprès des Services de l’Etat pour des actes de destruction administrative révèlent les problèmes que pose la présence croissante du sanglier en ville. Le Préfet de la Haute-Garonne a souhaité engager des travaux pour identifier les habitats et les continuités écologiques du sanglier sur les communes de l’agglomération toulousaine, avec l'objectif d'empêcher, ou du moins de limiter, l'accès du sanglier aux secteurs les plus urbanisés et de prévenir les dégâts et les risques associés à la présence de ces animaux auprès des populations. Les sangliers utilisés seront concernés par un arrêté préfectoral de destruction administrative qui prévoira notamment que ces animaux puissent être équipés de colliers GPS et relâchés dans l’environnement, à la condition que ces animaux présentent les caractéristiques adéquates et soient abattus en fin de procédure. Les animaux utilisés seront des adultes ou des sub-adultes de plus de 45 kg pour limiter le risque de prise de poids trop importante et les inconforts associés.
Hébergement de lignées de rongeurs génétiquement altérés
- Conservation des espèces
- Enquêtes médicolégales
- Enseignement supérieur
- Formation professionnelle
- Maintien des lignées génétiquement modifiées
- Production de routine
- Protection de l’environnement
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
- Autres troubles humains
- Bien-être animal
- Cancers
- Diagnostic des maladies
- Maladies animales
- Maladies infectieuses
- Toxicologie (hors obligations réglementaires)
- Troubles cardiaques
- Troubles endocriniens
- Troubles gastrointestinaux
- Troubles immunitaires
- Troubles musculosquelettiques
- Troubles nerveux
- Troubles respiratoires
- Troubles sensoriels
- Troubles urogénitaux
- Recherche fondamentale
- Autre recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Multisystémique
- Oncologie
- Organes sensoriels
- Système cardiaque
- Système endocrinien
- Système gastrointestinal
- Système immunitaire
- Système musculosquelettique
- Système nerveux
- Système respiratoire
- Système urogénital
- Tests réglementaires
- Autres tests de tolérance et d’efficacité
- Contrôles de qualité
- Toxicologie et autres tests de sécurité
Rats : 25000
250000 souris et rats vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré, une partie expédiée aux scientifiques qui les ont commandés et le reste tué. Ce projet d'élevage industriel de lignées génétiquement modifiées prévoit identification, jusqu'à quatre biopsies à l'oreille ou à la queue et des prélèvements sanguins par animal, certaines lignées exprimant un phénotype dommageable comme un diabète, une hémophilie ou une immunodéficience. Le porteur indique que les animaux "appartiennent au scientifique" et ne peuvent être replacés. Il présente l'élevage sur mesure de rongeurs "à fournir aux scientifiques" comme un service rendu à la communauté de recherche.
Objectifs
Ce projet a pour objectif la création, caractérisation et/ou l’élevage de lignée transgéniques à phénotypes dommageables ainsi que la réalisation d'une biopsie par méthode invasive séparément du geste d'identification sur des lignées transgéniques dans le but d'héberger ou de maintenir des lignées de rongeurs génétiquement modifiés pour le compte de la communauté scientifique. Les animaux génétiquement modifiés sont utilisés comme modèle expérimental pour la recherche (compréhension de maladies d’origine génétique comme par exemple la mucoviscidose, l’hémophilie ou encore la myopathie dans différents domaines : facteurs de risque, mécanismes physiopathologiques, essais thérapeutiques, ...) ou pour le développement de médicaments. A la réception ou à la création de lignées transgéniques, si la présence d’un phénotype dommageable n’a pas été analysée, une caractérisation de la lignée sera réalisée afin d'évaluer le bien-être animal et permettre la gestion optimale des possibles expressions cliniques du phénotype dommageable, leur prévention ou leur traitement adéquat. Lorsque le phénotype dommageable est avéré et connu, la gestion de cette lignée sera adaptée à ce dernier par la définition / surveillance des possibles signes cliniques associés à l'expression de ce phénotype ainsi que leur prévention et traitement. Pour toute lignée transgénique hébergée/élevée, il est important de connaitre le génotype des animaux, ainsi, en plus de l’identification, une biopsie avec une méthode invasive sera réalisée. Le but de cette biopsie est donc d’analyser le génotype de chaque animal afin de sélectionner celui d'intérêt. En 2022, sur 505 projets transgéniques au total (225 000 animaux), seulement 95 lignées étaient signalées avec un phénotype dommageable (19%, soit 43 000 animaux). Parmi ces 19%, moins de 1% ont réellement exprimé un phénotype dommageable. Ces phénotypes peuvent être catégorisés en tant qu’immunodéficient ; hémophile ; maladie métabolique ; trouble neurologique ; pathologie musculaire et articulaire ou cancer, mais nous ne pouvons prévoir précisément le nombre de lignées par catégories, cela dépend des sujets de recherche des scientifiques. Pour ce projet, nous comptons 250 000 animaux (ajout de 10% en prévision de la hausse d’activité) répartis entre 500 et 600 projets d’élevage de lignées transgéniques différentes. Entre 15- 20% de ces projets concerneront des lignées dont une partie des animaux pourront exprimer des phénotypes dommageables.
Bénéfices attendus
Ce projet vise à fournir aux scientifiques des animaux transgéniques (avec un statut génétique et sanitaire connu) qui leur permettront de réaliser leurs études sur des organismes entiers et vivants. Ainsi, le bénéfice de ce projet sera de permettre une évaluation et une prise en charge des nuisances causées par la mutation génétique des lignées génétiquement altérées et une standardisation et raffinement des méthodes de prélèvement de tissus pour la caractérisation génétique de ces lignées. Le tout permettra d’avoir une meilleure maitrise de la production et de la qualité génétique, sanitaire et zootechnique des animaux génétiquement altérés à fournir aux scientifiques pour leurs expérimentations.
Procédures
Selon les besoins du projet, les animaux pourront être soumis par animal : A une identification unique, acte d’une durée maximale de 20 secondes, à maximum 4 biopsies (à l’oreille préférentiellement ; à la queue sur justification scientifique), acte d’une durée maximale d’une minute, à des prélèvements sanguins au volume et fréquence conformément à la réglementation en vigueur (maximum 4 prélèvements sanguins par jour) d’une durée maximale d’une minute. Un hébergement isolé peut être nécessaire en cas d’animal fragile ou d’animal agressif. Selon les besoins du projet, les animaux hébergés soumis aux nuisances énoncées pourront être de phénotype dommageable.
Impact sur les animaux
Expression possible d’un phénotype dommageable due à la mutation génétique (immunodépression, arthrite, diabète, hémophilie, …). Chaque effet indésirable est notifié si connu à l’arrivée des animaux ou estimé lors de l’hébergement. Un suivi adapté et des mesures de raffinement spécifiques sur avis vétérinaire sont mis en place en fonction de l’impact observé / attendu chez l’animal. Sur la base du suivi rapproché effectué sur ces souches et des raffinements mis en place, la nuisance sur l’animal est légère à modérée. Stress suite à la contention pour identification Douleur et stress dus aux biopsies (nombre maximum de 4) si besoin d’identifier le génotype d’intérêt. La biopsie à l’oreille est privilégiée (environ 3mm x 3mm ou languette de 5mm de large maximum, plusieurs biopsies peuvent être faite si nécessaire et justification, âge minimum : 7 jours). Compte tenu de la taille de la biopsie et de la zone (oreille peu sensible), la nuisance sur l’animal est légère. Les biopsies à la queue sont possibles sur justification scientifique (biopsies de queue de 5mm maximum, une 2eme biopsie peut être réalisée sous justification du scientifique, âge minimum : 7 jours). Compte tenu de la taille de la biopsie et de la zone, la nuisance sur l’animal est légère pour les animaux de moins de 3 semaines (queue peu sensible) et modérée pour les animaux de plus de 3 semaines. Douleur et stress dus aux prélèvements de sang (volume et fréquence conformément à la réglementation en vigueur et les bonnes pratiques et raffinements internes). Une anesthésie pourra être appliquée en fonction du lieu du prélèvement. Hébergement isolé la période de récupération post opératoire pour les femelles réimplantées ou en cas d’agressivité au sein du groupe social afin de limiter la douleur et le stress liés à cette agressivité. Mise en place d’enrichissements supplémentaires et adaptés en cas d’hébergement isolé.
Devenir
A la fin de la procédure, les animaux sont soit expédiés, soit mis à mort (les animaux appartiennent au scientifique et ne peuvent être replacés).
Remplacement
Ce projet vise à fournir aux scientifiques des animaux génétiquement altérés qui leur permettront d’étudier dans des organismes entiers et vivants toutes les conséquences d’une altération génétique définie et/ou l’intérêt de molécules thérapeutiques pour lutter contre ces conséquences. Ceci implique l’étude de divers processus biologiques et systèmes physiologiques complexes et nombreux au fur et à mesure de la vie du modèle et nécessite de disposer d’organismes vivants et entiers afin de pouvoir observer l’impact de l’altération génétique ou d’une molécule thérapeutique dans l’ensemble des organes, tissus et fonctions physiologiques. La complexité des mécanismes mis en jeu ne permet donc pas de réaliser de nos jours de tels projets sur des modèles in vitro.
Réduction
Le nombre d’animaux hébergé et mis en accouplement est calculé en fonction des besoins stricts de chaque scientifique. Les chercheurs sont sensibilisés à la nécessité de limiter le nombre d’animaux utilisés et nous mettons en œuvre des améliorations continues de nos méthodes de reproduction pour réduire le nombre d'animaux nécessaire pour obtenir un niveau d'élevage correspondant aux objectifs du projet (par exemple : Adaptation du sexe du reproducteur transgénique quand il est accouplé avec des animaux non transgéniques afin de maximiser les chances de fertilités (phénotype impactant la reproduction), ou d’éviter les mères dont le phénotype réduit les comportements maternels).
Raffinement
Les observations par le personnel permettent d’évaluer le stress, la douleur et la souffrance et d’y répondre au plus vite en contactant les techniciens qualifiés, compétents et le vétérinaire. Si un point limite est atteint, le technicien met en place des soins particuliers, un enrichissement adapté, un isolement et/ou si besoin la mise à mort de l’animal. En cas de signe clinique particulier, un suivi adapté est mis en place et géré par des techniciens qualifiés, compétents au suivi vétérinaire des animaux. Les lignées connues pour pouvoir présenter un phénotype dommageable peuvent être observées et vérifiées de manière plus fréquente et plus spécifique avec des points limites et des raffinements précis. Ceci est évalué lors de la caractérisation du phénotype de la lignée ou en lien avec le scientifique en charge de cette lignée et le vétérinaire lorsque le phénotype attendu est connu. Ces observations sont facilitées par l’utilisation d’outils internes de suivi de type grille de score. En cas de détection d’un point limite, l’animal est immédiatement mis à mort. Pour chaque phénotype dommageable, une mise en place de points limites non terminaux est adoptée afin de réaliser un suivi plus précis et plus optimum et la mise en place de soins adaptés (soutien nutritionnel, enrichissement spécifique, …). Si des animaux présentent des signes cliniques qui peuvent être atténués ou guéris à l’aide d’un traitement, avec accord du scientifique, ce traitement est mis en place. Les animaux déclarant un phénotype dommageable léger à modéré mais aptes à voyager seront expédiés avec une communication auprès de l’utilisateur final afin qu’il puisse gérer selon les règles éthiques et de bien-être animal leur réception et utilisation. En cas de prélèvements sanguins, les volumes prélevés ainsi que les périodes de récupération suivront la réglementation, les recommandations de la « Federation of European Laboratory Animal Science Associations » (FELASA) ainsi que les raffinements et bonnes pratiques internes. Les injections et prélèvements ne pourront être réalisées que sur des sites sans hématome ni inflammation apparente, en utilisant des aiguilles stériles adaptées (à la taille de l’animal et à la voie d’abord) et à usage unique. A chaque abord d’une voie vasculaire, un point de compression sera effectué le temps suffisant pour assurer l’arrêt du saignement. Une observation de l'animal sera réalisée au retour dans sa cage pour s'assurer de sa récupération immédiate.
Choix des espèces
Les rats et les souris sont les espèces pour lesquelles les manipulations génétiques sont les plus développées, les mieux maitrisées et pour lesquelles les données scientifiques sont nombreuses. De plus, ces espèces permettent d’élever rapidement un nombre d’animaux suffisamment important pour pouvoir avoir des données scientifiquement exploitables. Ce sont les espèces qui permettent à la communauté scientifique de réaliser un certain nombre d’études en recherche et développement grâce aux données historiques et à leur connaissance de ces modèles animaux. Lors de la caractérisation des lignées, l’observation détaillée et l’analyse de la présence du phénotype dommageable sont réalisées à la naissance, au sevrage et 8 semaines d'âge. Il est également possible de prolonger sur l'âge adulte si les animaux sont conservés plus longtemps. - Hébergement des lignées à phénotypes dommageables fait à tout âge. -Biopsies réalisées le plus souvent (99% des cas) une semaine avant le sevrage ou au sevrage. Dans environ 1% des cas, une recoupe à l’âge adulte peut être demandé par le client. - Prélèvement de sang dans la plupart des cas fait en submandibulaire après 4 semaines d’âge minimum (adulte).
Effet de la lumière artificielle nocturne sur l’immunité du crapaud commun, Bufo bufo.
- Conservation des espèces
- Protection de l’environnement
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
240 crapauds communs vont être capturés dans la nature, prélevés puis relâchés sur place, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chaque individu subit sous anesthésie locale une ponction de sang directement dans le cœur, avec deux tentatives au maximum, avant d'être surveillé au réveil puis relâché en moins d'une heure. Le porteur étudie l'effet de la pollution lumineuse nocturne sur leurs défenses immunitaires le long d'un gradient d'éclairage, et présente les retombées pour la conservation des amphibiens. Il affirme que ces traits immunitaires ne sont "pas modélisables" et qu'aucune expérience in vitro ou in silico ne peut y donner accès.
Objectifs
Dans les dernières décennies, la lumière artificielle nocturne a considérablement augmenté et est maintenant considérée comme une source de pollution. Le halo lumineux généré par les villes s’étend jusqu’à des zones naturelles pourtant éloignées de plusieurs dizaines de kilomètres des centres urbains. Du fait de l’urbanisation croissante, les zones humides, qui concentrent une part considérable de la biodiversité, se retrouvent fréquemment dans des aires urbaines et péri-urbaines exposées à la pollution lumineuse. Les amphibiens, qui sont le groupe de vertébrés le plus menacé à l’échelle mondiale, dépendent de ces zones humides en raison de leur cycle de vie complexe à l’interface entre les milieux aquatiques et terrestres. Leur rythme d’activité, principalement nocturne, les exposent particulièrement à la pollution lumineuse. Nous avons montré, à l’aide d’une approche transcriptomique, que des têtards de crapaud commun Bufo bufo soumis à de la lumière nocturne durant leur développement présentent une sous-expression de nombreux gènes liés à l’immunité innée, et une sur-expression de gènes impliqués dans l’inflammation par rapport aux animaux témoins. Or, en milieu naturel, la capacité du système immunitaire à lutter contre les agents pathogènes est une fonction cruciale pour ces espèces très sensibles aux infections virales et fongiques. Il est donc nécessaire de déterminer si les modifications transcriptomiques observées chez les têtards exposés à cette pollution se traduisent bien par des capacités immunitaires altérées à l’échelle de l’organisme. Afin de répondre à cette question, le projet proposé a pour but de caractériser fonctionnellement l’impact de la pollution lumineuse nocturne sur le phénotype immunitaire du crapaud commun. Pour cela, nous allons mesurer les capacités immunitaires et l’état de santé de différentes populations de crapauds en fonction d’un gradient de pollution lumineuse. Cela permettra de tester si la modification de l’expression des gènes liés à l’immunité a bien des conséquences fonctionnelles au niveau des capacités immunitaires des adultes, leur permettant de lutter contre les agents pathogènes. Ce type d’étude, bien que primordiale en biologie de la conservation et en éco-immunologie, est très rarement menée dans la nature compte tenu de la complexité des variables immunitaires mise en jeu. Les résultats attendus seront directement utilisables en biologie de la conservation par les gestionnaires des territoires.
Bénéfices attendus
Les résultats attendus de cette expérimentation seront valorisables à la fois au niveau fondamental en Eco-immunologie et à un niveau plus appliqué en Biologie de la Conservation. En effet, dans le cadre du concept de Santé Unique, comprendre les dynamiques d’interactions entre les sources de pollutions anthropiques et les espèces en milieu naturel est indispensable au contrôle des épidémies futures. Ce projet va permettre, pour la première fois, de caractériser de manière précise les réponses immunitaires chez un amphibien dans des conditions de lumière nocturne réalistes présentes sur le terrain. Nous allons utiliser une combinaison de mesure de traits immunitaires qui permettent de mieux appréhender la complexité des effecteurs (innés, acquis, cellulaires et humoraux) caractérisant la fonction immunitaire. Cette étude pionnière donnera des indications sur la pertinence et la
Procédures
Pour les 240 crapauds prélevés (nombre maximum), nous prévoyons un prélèvement sanguin par cardiocentèse après anesthésie des individus par application cutanée de la crème EMLA 5% lidocaïne + prilocaïne (voie percutanée). Le prélèvement sera réalisé en quelques minutes. Pas plus de deux tentatives ne seront réalisées chez le même individu. En comptant l’induction de l’anesthésie (environ 10 min) et le temps de réveil monitoré par un opérateur (de 5 à 30 min selon les individus), nous évaluons le temps total de la procédure à partir de la capture à un maximum de 1 heure. Après la procédure, les individus seront relâchés et ne seront donc échantillonné qu’une seule fois au cours de ce projet.
Impact sur les animaux
La manipulation et la contention peut induire un stress chez les crapauds, qui sera minimisé par une limitation de la durée de la contention entre 3 et 5 minutes. La prise de sang par cardiocentèse représente un effet traumatique mais modéré car se fera sous anesthésie (application locale crème EMLA, dosage standardisé).
Devenir
Après la capture et la prise de sang effectué sous narcose, suivie de la surveillance des individus lors de la période de réveil, tous les individus vigiles présentant un comportement actif normal seront relâchés en milieu naturel sur le lieu exact de leur capture dans un délai évalué à 1 heure. Une seule session de capture sera organisée sur chacun des sites, les individus ne seront donc capturés qu’une seule fois pour ce projet.
Remplacement
La réponse immunitaire est une fonction physiologique complexe, composée de multiples effecteurs (innés et adaptatifs, cellulaires et humoraux) qui est modulée en miroir des conditions environnementales locales. Les traits immunitaires des individus, notamment en milieu naturel, ne sont pas modélisables et leur mesure nécessite le prélèvement sanguin sur organisme vivant et sain. Aucune expérience in vitro ou in silico ne peut permettre d’accéder à ce type de données.
Réduction
La capture et l’échantillonnage réalisés sur les individus adultes ont été optimisés statistiquement, de façon à réduire au maximum le nombre d’animaux utilisés et prélevés dans la nature tout en obtenant des résultats significatifs. Quinze individus par site seront capturés. Cela représente le nombre minimal d’individus nous permettant d’avoir une information réaliste et exploitable sur l’état de santé des crapauds du site. Une autorisation préfectorale a été obtenue pour les sites concernés, le nombre d’individus et les prélèvements réalisés. Enfin, la quantité de sang prélevée sera utilisée dans son entièreté. Les culots de globules rouges restants des prélèvements sanguins seront conservés à -80° pour des mesures ultérieures de longueur de télomères, mesure possible chez les amphibiens qui présentent la particularité d’avoir des globules rouges nucléés. Cette mesure permettra une évaluation du stress environnemental.
Raffinement
Le bien-être et la minimisation du stress infligé aux animaux est une condition sine qua non de cet échantillonnage en milieu naturel et fera l’objet de toute notre vigilance et notre adaptation à chaque individu échantillonné. Les crapauds seront délicatement prélevés sur le terrain à la main avec port de gants à usage unique. Chaque individu sera essuyé délicatement avant pesée nous permettant
Choix des espèces
Les amphibiens sont un taxa très menacé mondialement. En dehors des chiroptères, les amphibiens contiennent la plus grande proportion d’espèces nocturnes (93%) susceptibles d’être affectés par la pollution lumineuse. Le crapaud commun, espèce sentinelle, est présent dans les zones péri-urbaines et urbaines régulièrement soumise à la pollution nocturne. Ainsi, dans son environnement naturel, cette espèce est soumise à des éclairements bien supérieurs aux éclairements de la photopériode naturelle, pouvant affecter sa physiologie et son comportement. Le choix de cette espèce est donc particulièrement adapté à l’étude des effets de la pollution lumineuse. De plus, la pollution lumineuse semble avoir d’importants effets sur le système immunitaire de cette espèce, la fonction physiologique de défense des individus en milieu naturel. Ce taxa étant particulièrement sensible aux épidémies bactériennes et fongiques, les résultats obtenus seront susceptibles d’avoir une grande portée de conservation et pour la gestion des territoires. Nous avons choisi de travailler sur les adultes car ce stade est particulièrement impacté par la pollution lumineuse nocturne, notamment au moment de la reproduction (sortie de l’hiver – début du printemps) où ils doivent se déplacer pour rejoindre les sites de ponte. De plus, des perturbations physiologiques à ce stade auraient directement des impacts sur le succès reproducteur des individus, et donc sur les dynamiques des populations. Enfin, le système immunitaire des individus adultes étant complètement développé, les résultats obtenus seront plus généralisables qu’à des stades plus juvéniles.
Etude comportementale des civelles (Anguilla anguilla) du site du grau de la Fourcade aux Saintes-Maries-de-la-Mer par marquage V.I.E.
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Autre recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
10 000 civelles d'anguille européenne, espèce en danger critique d'extinction, vont être capturées puis relâchées dans leur milieu, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chaque individu est anesthésié puis reçoit sous la peau une petite quantité d'élastomère servant de marque, avant un réveil et une remise à l'eau près du lieu de capture. Le porteur indique que le marquage peut causer un stress et une gêne postopératoire de courte durée. L'objectif déclaré est de suivre le comportement migratoire des civelles pour évaluer une passe à poissons, dans une visée de conservation de l'espèce.
Objectifs
Le site du grau de la Fourcade aux Saintes-Maries-de-la-Mer ne permet pas à ce jour une migration naturelle des civelles vers la lagune du Vaccarès. L'accès à la lagune est en effet conditionnée par la gestion des martelières du grau de la Fourcade et la majorité des civelles sont actuellement capturées au sein d'une passe-piège à anguilles juxtaposée au grau. Le suivi de cette passe-piège mené depuis 2004 permet ainsi d'étudier l'évolution des arrivées de civelles et d'améliorer leur colonisation dans la lagune du Vaccarès. Le site du grau de la Fourcade sera néamoins équipé courant 2024 d'une passe à poisson couplée d'une passe à anguilles dont le but est d'améliorer la colonisation naturelle des civelles vers la lagune du Vaccarès. Le projet vise à étudier le comportement migratoire des civelles sur ce site afin de favoriser une gestion des martelières plus efficace et déterminer à terme si la passe à anguille nouvellement installée permet le franchissement des civelles vers la lagune du Vaccarès. Ces connaissances sont indispensables pour protéger cette espèce en "Danger critique d'extinction".
Bénéfices attendus
Ce projet permettra d'apprécier l'efficacité de la future passe à anguille et ainsi nuancer les éventuelles variations de capture à la passe-piège. De plus, une meilleure connaissance du comportement de migration des civelles permettra de déterminer l'importance de la colonisation naturelle selon les conditions environnementales rencontrées et préconniser une gestion des martelières compatible avec la colonisation des civelles dans le Vaccarès.
Procédures
Sédation/anesthésie profonde (5-10 minutes), introduction d'une petite quantité d'élastomère sous la peau de l'animal à l'aide d'une seringue sous anesthésie générale (30 secondes), suivi d'un réveil et de la remise en contact avec les congénères dans un bac de stabulation (environ 2h en observation).
Impact sur les animaux
L'anesthésie, la biométrie peuvent occasioner un stress de courte durée pour les animaux au moment de leur manipulation. Le marquage par V.I.E peut induire un stress et une douleur/gêne post-opératoire de courte durée.
Devenir
Tous les individus capturés sont relâchés dans le milieu naturel, à proximité de leur lieu de capture. A chaque session de marquage, un lot témoin de 50 individus sera maintenu en couve à proximité du lieu de capture afin d'attester du bon état des individus marqués. Ces individus seront également relâchés à la fin de chaque session.
Remplacement
L'étude vise à étudier le comportement d'individus sauvages dans leur milieu naturel. Les connaissances scientifiques actuelles ne permettent pas la reproduction en captivité de l'Anguille européenne et il n'est donc pas possible de trouver de subsitut.
Réduction
Le marquage a été limité à cinq campagnes de deux sessions. Cette approche permet de limiter l'impact sur le milieu (836 000 individus capturés en moyenne à la passe-piège entre 2004 et 2021), tout en assurant un nombre d'individus suffisant pour que les résultats soient exploitables sur le plan scientifique.
Raffinement
Avant et après le marquage, de l'enrichissement est proposé aux animaux pour limiter leur stress durant leur stabulation (habitats artificiels pour se cacher, recouvrement des bacs pour un maintien dans l'obscurité, oxygénation des bacs).
Choix des espèces
Le grau de la Fourcade représente un des sites majeur du recrutement en civelles de la façade méditerranéenne française. L'anguille, classée en danger critique d'extinction, bénéficie d'un plan de gestion national, décliné à l'échelle du bassin méditerranéen par le PLAGEPOMI. Le suivi de la reconquête effective des axes de migration sur ce site à enjeu représente un fort interêt pour cette espèce. Les anguilles seront marquées au stade civelle, individus arrivant de la mer et amorçant leur phase de colonisation vers la lagune du Vaccarès. Tous les individus appartiennent à la même espèce : Anguilla anguilla.
Superovulation pour collecte d’embryons chez la truie à des fins de conservation de la ressource génétique d’une lignée de porcs développant des mélanomes qui régressent
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système immunitaire
5 truies vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Elles reçoivent deux injections hormonales de superovulation puis une insémination, avant d'être transportées à l'abattoir pour collecter leurs embryons, la lignée de porcs devant disparaître avec la fermeture de l'installation. Le porteur indique un stress et une douleur possibles liés aux injections et au transport en fin de gestation. Il présente la congélation d'embryons comme la seule méthode permettant de régénérer en une génération cette lignée développant des mélanomes, décrite comme une "ressource génétique" à sauvegarder.
Objectifs
L’objectif du projet est de conserver une lignée de porcs développant des mélanomes (cancer de la peau) en congelant des embryons. En effet, cette lignée ne pourra plus être maintenue sur pieds après la fermeture de l’installation expérimentale porcine dans laquelle les animaux sont actuellement hébergés. Cette lignée pigmentée développe spontanément des mélanomes cutanés autour de la naissance. Les mélanomes sont des tumeurs malignes qui se développent à partir d’un type de cellules de la peau et qui correspondent à la forme la plus agressive des cancers cutanés chez l’humain. Dans ce modèle animal, les tumeurs régressent à partir du 2ème ou 3ème mois avec une dépigmentation variable et progressive. A partir de 3 mois, les tumeurs ont régressé, et la croissance des animaux va se poursuivre, en bonne santé et ils pourront se reproduire normalement. La régression tumorale, suivie souvent par la dépigmentation de la robe et des yeux, indique le rôle de la réaction immunitaire contre les cellules mélanocytaires, à l’origine de la pigmentation de la peau mais aussi des mélanomes. Le système immunitaire de cette lignée est donc très performant dans le combat contre le cancer cutané et les métastases. Des études génétiques, cliniques et histologiques ont montré que ces mélanomes présentent des caractéristiques très similaires aux mélanomes humains faisant de ces animaux un modèle translationnel d’intérêt pour la médecine humaine. Ainsi cette lignée est un modèle original très intéressant pour la recherche contre le cancer. Afin de sauvegarder cette ressource génétique originale pour des travaux qui pourraient être entrepris à l’avenir, l’utilisation de la technique de production d’embryons à partir de truies donneuses et leur conservation par la technique de congélation rapide a été retenue. Cette lignée de porcs est une lignée peu prolifique avec une taille variable des portées. Un traitement hormonal sera administré aux truies donneuses avant l’insémination artificielle afin de produire un maximum d’embryons.
Bénéfices attendus
L’installation expérimentale qui héberge ce modèle biomédical porcin va fermer définitivement. La sauvegarde de cette lignée est fondamentale car c’est une ressource génétique originale qui permet de comprendre les mécanismes impliqués lors de la régression spontanée des mélanomes par le système immunitaire. Ainsi, cette régression complète des mélanomes permet aux animaux de continuer à vivre en bonne santé. En médecine humaine, les immunothérapies ne sauvent que 20% des personnes traitées pour des cancers de la peau, et induisent des effets secondaires sévères. Ce modèle animal reste donc d’un intérêt majeur pour élucider les mécanismes immunitaires permettant la régression complète des mélanomes. Sauvegarder les embryons de cette lignée est en effet nécessaire pour conserver le patrimoine génétique et permettre de futurs projets scientifiques. La congélation d’embryons présente plusieurs avantages par rapport à la conservation de sperme. En effet, chez le porc la congélation de semence n’est pas une procédure aussi efficace que chez les autres espèces. Le taux de succès de l’insémination artificielle à partir de semence congelée est inférieur à 50%. De plus, la qualité de la semence des reproducteurs de cette lignée n’est pas très bonne ce qui diminue encore le succès de l’insémination. L’inconvénient majeur de la conservation de semence uniquement est que cette semence devra être utilisée pour inséminer des truies d’une autre race porcine. Ainsi, les caractéristiques génétiques de cette lignée ne seront retrouvées qu’après plusieurs générations de croisements consanguins (au moins 3 générations, soit 3 ans). La congélation rapide d’embryons et leur réimplantation chez des truies receveuses permettra d’obtenir des porcelets portant 100% des caractéristiques génétiques attendues. C’est la seule méthode qui permettra de produire à nouveau des porcs développant des mélanomes en une génération et avec le maximum de diversité génétique.
Procédures
Dans ce projet, après synchronisation du cycle ovarien par la ration alimentaire du matin sur 18 jours, cinq truies vigiles seront traitées avec deux injections de superovulation (à jour 1 et jour 4 de la procédure) puis inséminées à jour 5.
Impact sur les animaux
Les effets indésirables peuvent être le stress et la douleur liées aux injections. Le fournisseur des médicaments indique que comme avec toutes les spécialités contenant des protéines, des réactions de type allergiques peuvent se produire. Un traitement serait instauré rapidement dans ce cas. En termes de bien-être, et spécifiquement de risque d’avortement, le transport est considéré comme à risque en fin de gestation mais pas avant l’implantation des embryons. Un stress des truies lié au transport est aussi possible.
Devenir
En fin de procédure tous les animaux seront euthanasiés à cause de la fermeture de l’installation expérimentale qui les héberge et les embryons seront collectés pour conservation.
Remplacement
L’obtention et la conservation d’embryons réalisées dans ce projet est une alternative à la conservation sur pieds dans une installation expérimentale. Après ce projet, l’installation expérimentale sera fermée. Il n’y a pas de méthode alternative de remplacement pour produire des embryons en nombre suffisant pour pouvoir régénérer la lignée dans le futur après décongélation et réimplantation dans une truie porteuse.
Réduction
L’utilisation de la procédure de superovulation permet de maximiser le nombre d’embryons par truie. Chez la truie de production, plus de 30 embryons sont collectés par donneuse. La fertilité (taux de gestation après transfert) oscillant entre 40 et 70%, ce dispositif permet de produire une portée par truie prélevée. Ces données ne sont pas connues dans la lignée de porc utilisée qui fait des portées de 5-6 porcelets en moyenne. La congélation rapide d’embryons permettra d’obtenir en une génération des porcs avec toutes les caractéristiques génétiques recherchées. Cette méthode permettra aussi surtout d’utiliser moins d’animaux par la suite pour retrouver la lignée par rapport à la congélation de sperme. Nous utiliserons les 5 truies qui restent dans l’élevage avant euthanasie pour cause de fermeture de l’installation.
Raffinement
Les truies ont été entraînées à la présence des soigneurs et interagissent régulièrement aux simples contacts ou caresses. Ces interactions de nature positive favorisent la relation par une absence de peur et une forte confiance en l’humain, caractéristiques du bien-être animal. Les soigneurs, qui connaissent très bien leurs animaux, sont très réactifs si un animal montre des signes de gêne quelconque. Les animaux sont élevés dans des loges aux surfaces réglementaires, sur sciure et avec des enrichissements comme des chaînes, des cordages, et autres jouets en plastique ou caoutchouc à mâchouiller qui sont renouvelés régulièrement. Les cinq truies utilisées dans ce projet n’ont pas eu de complication ni lors du développement des mélanomes ni lors des précédentes gestations et mise-bas. Les injections seront réalisées par des agents formés et habitués à réaliser ce type de manipulation. Au jour 11 de la procédure, le transport à l’abattoir d’une durée de 1.5-2h sera effectué par un transporteur agréé. De la paille sera déposée sur le sol de de la bétaillère pour stimuler le fouissage des animaux et limiter leur stress pendant le transport.
Choix des espèces
L’objectif du projet étant la conservation d’une lignée de porcs, le projet concerne spécifiquement l’espèce porcine. Les animaux utilisés sont adultes, donc en âge d’ovuler.
Étude préliminaire des déplacements de chevaines, brèmes, perches communes et gardons entre un refuge thermique hivernal (affluent) et le cours d’eau principal
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
24 poissons sauvages de quatre espèces (chevaines, brèmes, perches, gardons) vont être utilisés, relâchés vivants dans leur rivière plutôt que tués, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ils sont capturés par pêche électrique, anesthésiés, puis reçoivent par chirurgie un émetteur acoustique implanté dans l'abdomen et une injection d'antibiotique. Le porteur suit leurs déplacements entre un affluent-refuge et le cours principal pour comprendre l'effet du changement climatique sur ces regroupements hivernaux. Il affirme que le comportement en milieu naturel ne peut s'étudier ni en conditions contrôlées ni par modélisation.
Objectifs
Évaluer l’impact du changement climatique sur les écosystèmes aquatiques continentaux passe par la connaissance des stratégies de sélection de l'habitat des espèces et de l’accessibilité des habitats. Ces stratégies sont dépendantes des espèces et du stade de développement des individus. La dimension thermique de ces habitats a été peu étudiée jusque là. Si la notion de refuge thermique froid estival a rapidement été identifiée, notamment dans le cadre de la gestion des espèces d’eau froide, des études récentes ont pu mettre en évidence l’importance de refuges chauds hivernaux, en particulier pour la croissance individuelle. Par ailleurs, des observations de terrain récentes ont mis en évidence la présence de "hot spots" plurispécifiques saisonniers de forte densité de poissons. Ces regroupements massifs pourraient jouer un rôle majeur dans la dynamique des populations et méritent à ce titre d’être étudiés précisément. Le projet testera l'hypothèse que les regroupements hivernaux de poissons sont déterminés par des discontinuités thermiques entre les affluent et la rivière principale lors des pics de froid hivernaux. Le objectifs seront (i) de renseigner les mouvements des poissons entre le cours principal et les affluents refuges en période hivernale, (ii) de mettre en évidence les déterminismes environnementaux de ces mouvements (température, débit) et (iii) d'évaluer l’impact d’obstacles à la migration sur ces mouvements. La réalisation du projet nécessite la capture de poissons lors du regroupement dans l'affluent, leur marquage par implantation chirurgicale d’un émetteur acoustique et le suivi de leurs déplacements par télémétrie active (recherche mobile-active sur le secteur d’étude). Quatre espèces de poissons seront ciblées du fait de leur présence avérée dans le regroupement et du fait de la diversité des stratégies d'utilisation de l'habitat qu'elles représentent.
Bénéfices attendus
L’hypothèse principale du projet est que les regroupements hivernaux de poissons constatés dans des affluents sont déterminés par des discontinuités thermiques entre ces affluents et le cours principal durant les pics de froid hivernaux. L’expérimentation de suivi par télémétrie acoustique active permettra de mieux comprendre l’arrivée des poissons dans un affluent et la destination (dispersion du banc) de ces poissons dans le cours principal. Ce projet apportera des connaissances essentielles à propos de la répartition spatiale et temporelle des poissons, notamment en cas de stress thermique. Une meilleure compréhension des besoins de connectivité entre tous les habitats fonctionnels (refuge, alimentation, reproduction) pour les poissons permettra de (i) mieux définir et gérer la continuité piscicole et (ii) protéger les zones refuges (refuges thermiques par exemple). Dans un contexte de changement climatique, la présence de refuges thermiques pourrait s’avérer déterminante pour la résilience de certaines populations. L’étude se focalise sur quatre espèces de poissons dont les exigences écologiques sont différentes, afin de suivre les déplacements des poissons après le regroupement dans le refuge thermique.
Procédures
Les animaux seront anesthésiés individuellement et un acte chirurgical simple d'environ 5 min permettra d’implanter un émetteur acoustique dans la cavité générale. Le poids de l’émetteur est très faible par rapport à la masse du poisson marqué. Le poisson anesthésié est maintenu en immersion, de manière à ce que ses branchies soient constamment irriguées par la solution d’anesthésie, lui permettant de continuer à respirer. Enfin, une injection intramusculaire d’antibiotique à large spectre et longue action est réalisée pour limiter le risque d’infection.
Impact sur les animaux
Les poissons subiront un premier stress lors de leur capture, inhérent à la pêche électrique. Cette technique est réputée pour engendrer peu de mortalité. Ensuite le stress peut être généré par la manipulation des individus et par l’acte chirurgical réalisés par les expérimentateurs. Les conditions de stabulation et balnéation-sédation et une surveillance continue des poissons permettront de limiter au maximum le stress des individus manipulés. En cas de blessure ou de stress manifestes, les poissons seront mis à mort par immersion dans un bac avec un sur-dosage d'anesthésique.
Devenir
Tous les animaux capturés et tous les animaux opérés seront rapidement relâchés vivant dans leur milieu d’origine.
Remplacement
Le modèle animal ne peut pas être remplacé pour répondre à la problématique posée (règle des 3 R : Remplacement) étant donné qu’il s’agit d’étudier le comportement des individus en milieu naturel. De ce fait il n’est pas envisageable de réaliser cette expérimentation sur d’autres individus ni de réaliser ces expérimentations en conditions contrôlées. L’absence de connaissances quantitatives sur les déplacements annule également toute possibilité de modélisation. Le modèle poisson issu du milieu naturel est pertinent pour cette étude et ne peut donc pas être remplacé pour répondre à la problématique posée.
Réduction
Il s’agit d’une étude préliminaire et le nombre de poissons étudié est minimisé tout en assurant l’observation d’un nombre suffisant d’individus pour émettre des premières hypothèses à propos de leurs comportements. De ce fait, les analyses sont souvent descriptives et réalisées à l’échelle individuelle, tant la variabilité inter-individuelle des comportements est forte. Un petit nombre d’individus n’est donc pas un problème pour ce genre d’étude. Pour cette expérience, n=24 individus seront utilisés au total et relâchés vivants dans leur milieu d’origine. Ce total, qui correspond à un effectif de six individus prélevés (idéalement trois juvéniles et trois adultes) pour chacune des quatre espèces cibles sera suffisant pour effectuer des analyses biologiques classiques en télémétrie (comportement de déplacement) en limitant au maximum le nombre d’individus manipulés, permettant ainsi de respecter la règle réduction des 3 R.
Raffinement
Les poissons seront capturés et placés en stabulation le plus rapidement possible, dans des bacs de 80 L remplis d’eau de la rivière d’origine, renouvelée toutes les heures. L’expérimentation étant prévue en période froide (décembre – février), la température et l’oxygène dissous seront peu limitants. Un bulleur permettra d’assurer une parfaite oxygénation de l’eau des bacs. Le remplacement fréquent de l’eau des bacs empêchera le risque de choc thermique entre bacs ou entre milieu naturel et bacs. D’autre part les poissons ciblés resteront peu de temps dans ces bacs. Les autres poissons capturés (espèces non ciblées ou de masse trop faible) seront remis dans leur milieu d’origine directement. Les bacs seront munis de couvercles diminuant lumière, stress et tentative de fuite. L'anesthésie permettra de limiter la souffrance de l'animal lors de la mise en place de la marque. Cette marque ne dépassera jamais 2% de la masse du poisson dans l'air. Ces marques permettent de localiser individuellement les poissons sans obligation de les recapturer pour récupérer des données. Enfin une antibiothérapie préventive en intramusculaire permettra pour chaque individu marqué d'éviter les risques d'infection.
Choix des espèces
L’objectif est de caractériser le comportement de déplacement de poissons sauvages en milieu naturel entre le cours principal d’un fleuve et son affluent, où s’opèrent des regroupements hivernaux. Ainsi, seules les principales espèces déjà observées dans l'affluent sont pertinentes pour l’expérimentation. Les quatre espèces ciblées et les stades de développement retenus pour chaque espèce (juvénile et adulte) représentent différentes stratégies d’utilisation de l’habitat.
Réduction de la pollution des perturbateurs endocriniens à la source : mise à disposition d’outils innovants
- Conservation des espèces
- Protection de l’environnement
- Recherche appliquée
- Maladies animales
- Toxicologie (hors obligations réglementaires)
- Troubles endocriniens
- Troubles sensoriels
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
- Organes sensoriels
- Système endocrinien
690 seiches vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Elles sont exposées jusqu'à sept jours à des perturbateurs endocriniens par balnéation, ce qui peut altérer leur locomotion et leur camouflage, avant des tests comportementaux puis une mise à mort pour prélever leurs organes dont le cerveau. Le porteur présente le projet comme conforme aux 3R parce qu'il cherche des critères sublétaux chez un invertébré plutôt que la mort de 42 à 60 poissons du test réglementaire. Il n'en tue pas moins 690 seiches au niveau de gravité le plus élevé.
Objectifs
Ce projet vise à développer des biotests innovants répondant à la nécessité d’évaluer systématiquement les risques associés aux substances exogènes retrouvées en milieu naturel afin de réglementer leur utilisation. Une évaluation des dangers environnementaux et sanitaires associés en particulier aux perturbateurs endocriniens est décisive et considérée comme un axe de recherche de premier plan tant au niveau national qu’européen. A ce jour, le biotest le plus largement appliqué en environnement aquatique est un test de toxicité aigüe mené sur 42 à 60 poissons exposés à la substance d’essai avec la mort comme critère d’effet toxicologique (ligne directrice 203 de l’OCDE). Le projet RedPol priorise donc la recherche de critères toxicologiques subléthaux chez des invertébrés marins et le développement d’approches ex vivo/in vitro, une stratégie conforme au principe des 3R.
Bénéfices attendus
Une évaluation des dangers environnementaux et sanitaires associés en particulier aux perturbateurs endocriniens est décisive et considérée comme un axe de recherche de premier plan tant au niveau national qu’européen. Plusieurs centaines de substances exogènes sont à ce jour présumées ou suspectées de causer des perturbations endocriniennes et classées parmi les substances à évaluer selon l’UE. Les substances étudiées dans le cadre de ce projet ont été sélectionnées sur la base des critères suivants : la disponibilité de données scientifiques préliminaires, leur effet suspecté sur la faune marine et la possibilité d’aboutir à une régulation de l’utilisation de ces substances. A ce jour, le biotest le plus largement appliqué en environnement aquatique est un test de toxicité aigüe mené sur 42 à 60 poissons exposés à la substance d’essai avec la mort comme critère d’effet toxicologique (ligne directrice 203 de l’OCDE). Le projet RedPol priorise quant à lui la recherche de critères toxicologiques subléthaux chez des invertébrés marins et le développement d’approches ex vivo/in vitro, une stratégie conforme au principe des 3R.
Procédures
Les interventions de ce projet sont des expositions à des perturbateurs endocriniens et leurs conséquences. Ces expositions dureront un maximum de 7 jours, au terme desquels des texts comportementaux non-invasifs seront appliqués une fois.
Impact sur les animaux
Les effets attendus de l'exposition par balnéation aux perturbateurs endocriniens potentiels sont des altérations légères à modérées des capacités de locomotion et de camouflage des seiches.
Devenir
Tous les animaux impliqués dans la procédure N°1 seront mis à mort à la fin des tests comportementaux, sans délai. Cela permettra de prélever leurs organes (notamment le cerveau) afin de quantifier d’une part le taux de contamination des animaux par les différents polluants, et d’autre part les divers neurotransmetteurs et hormones impliqués dans le contrôle des chromatophores.
Remplacement
Les perturbateurs endocriniens, de par leurs modes d’action divers et diffus, ont le potentiel d’impacter les grandes fonctions physiologiques d’un organisme dans son ensemble. Il est donc fondamental de travailler sur des animaux vivants. Toutefois, dans le cadre du développement de biotests ciblant des critères toxicologiques précis, les approches in vitro peuvent être pertinentes et doivent être encouragées. Dans le cas présent, l’analyse de l’activité des chromatophores sur échantillons de peau est une approche en cours de développement qui permettrait de tester plusieurs traitements (substances ou concentrations) sur des échantillons issus d’un même individu.
Réduction
Le choix des substances à tester représente un compromis entre la possibilité de mener une évaluation comparative et un criblage relativement large des effets toxicologiques, tout en limitant le nombre d’animaux utilisés. (1) Trois concentrations seulement de chaque substance seront utilisées lors des expositions afin de limiter le nombre de lots et donc d’animaux. (2) Chaque animal sera utilisé pour un maximum d’analyses dans la mesure où cela ne génère pas d’interférence. (3) Les analyses statistiques seront réalisées à l’aide de tests non paramétriques conçus pour des échantillons de faible effectif ou de modèles mixtes permettant l’utilisation de mêmes animaux pour des tests successifs.
Raffinement
Ce type de projet incluant une exposition par balnéation à des molécules limite les conditions de stabulation. Toutefois, (1) le maximum sera fait pour s’approcher le plus possible des conditions naturelles, notamment via l’utilisation de proies naturelles et locales (crevettes grises (Crangon crangon) ou crabes verts (Carcinus maenas) de taille adaptée aux animaux, récoltés aux abords de la station marine de Luc-sur-mer (CREC)), la régulation de la température de l’eau et de l’éclairage proche des variations naturelles ainsi que des manipulations limitées au minimum. (2) Les tests comportementaux sont non invasifs (basées sur la prise d’images et de vidéos) (3) Les animaux seront obtenus par prélèvement de pontes par des techniques faiblement invasives (relevé de casiers ou d'orins). L’impact de ce prélèvement sur les populations de seiches est minime puisqu’en milieu naturel, une faible fraction des jeunes arrive à maturité. (4) Les animaux seront suivis quotidiennement afin de prévenir un état de douleur, de souffrance ou d’angoisse avec comme points limites : une réduction ou un arrêt de la prise alimentaire, une altération du contrôle de la flottaison, l’apparition de lésions cutanées liées ou non à des réactions de stress (mouvements désordonnés de rétropropulsion, jet d’encre excessif). Le cas échant, et conformément aux “Guidelines for the care and welfare of cephalopods in research” (Fiorito et al. 2015), l'animal sera placée en quarantaine et, s'il n'y a pas d'amélioration (guérison des lésions cutanées et diminution du stress) ou de rétablissement complet après 48h (prise alimentaire et flottaison), euthanasié.
Choix des espèces
Les mollusques sont reconnus comme des espèces modèles de choix dans l’études des PE car ils sont particulièrement sensibles aux polluants organiques. Dans le cadre de la recherche de critères d’effets toxicologiques subléthaux, les céphalopodes offrent l’avantage supplémentaire de manifester des signes facilement analysables de leur État physiologique et de leurs chances de survie à long terme tels que leurs comportements de survie (locomotion, prédation, efficacité de leur camouflage). La seiche commune (Sepia officinalis) est une espèce modèle bien étudiée d’un point de vue neuroéthologique et physiologique. On dispose par conséquent d’une large gamme d’outils analytiques de son comportement et de son camouflage. Par ailleurs, l'établissement qui acceuillera ce projet est un des rares établissements en Europe possédant les infrastructures habilitées et les compétences reconnues pour héberger cette espèce. Premiers mois post-éclosion de l’animal, période couvrant les étapes clés du développement cérébral, comportemental et cognitif de la seiche
Evaluation du potentiel d’adaptation rapide des ombles chevaliers au changement climatique
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Autre recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
720 ombles chevaliers vont être utilisés dans des procédures classées en gravité légère, 660 tués à l'issue et 60 géniteurs remis en liberté. Les géniteurs sont anesthésiés pour prélever gamètes et un fragment de nageoire, et la descendance subit des mesures de respirométrie avec un jeûne de 44 heures et un isolement temporaire. Le porteur justifie la mise à mort par le stress et la souffrance potentiels de l'expérimentation elle-même. L'objectif déclaré est d'évaluer le potentiel d'adaptation de l'espèce à une hausse de la température de l'eau.
Objectifs
Les salmonidés lacustres sont emblématiques de l'Amérique du Nord et de l'Europe. Ce sont des espèces qui ont une forte importance économique (pêche professionelle et amateur), patrimoniale et un fort interêt écologique de part leur position dans le réseau trophique. Néanmoins, les populations connaissent de nombreuses fluctuations. Les données relatives aux captures de pêche montrent des variations interannuelles fortes et irrégulière, due à plusieurs facteurs telles que la température ou l’eutrophisation. Le réchauffement climatique est l’une des principales causes pouvant expliquer ce déclin. En effet, la température influence directement la physiologie, le développement et le comportement des individus. L’objectif de ce projet sera de quantifier l’adaptation phénotypique de populations face au réchauffement climatique lors des premiers stades de vie des salmonidés. En effet, les effets de la température peuvent notamment être dépendent de l’origine des poissons, certaines populations présentant une sensibilité plus faible à une augmentation de la température, laissant apparaitre une possible adaptation. Ainsi, les études sur le réchauffement climatique suggèrent que certains organismes peuvent mettre en place des stratégies évolutives et plastiques afin d’y faire face. Spécifiquement, ce projet testera si la population d’origine et la température d’incubation (4° et 9°) influencent le phénotype des individus. Les observations seront réalisées à deux pas de temps (180 jours et 300 jours après la fécondation) sur le développement (croissance) et le phénotype (morphologie, comportement et physiologie). Ces analyses permettront d'évaluer le potentiel d'adaptation des salmonidés.
Bénéfices attendus
Ce projet apportera des connaissances essentielles quant au mécanismes d’adaptation des salmonidés face aux réchauffement climatique. Les résultats de ce projet détermineront la pertinence d’étudier à plus large échelle l’adaptation potentielle des organismes ayant différentes histoires évolutives. Ces connaissances pourront alors avoir des répercutions opérationnelles afin de proposer une aide stratégique pour la gestion du repeuplement de salmonidés.
Procédures
Les géniteurs seront anesthésiés avant le prélèvement des gamètes et de tissus (nageoire) afin de réduire le stress et empêché toute sensation de douleur. Les nageoires des poissons peuvent repousser et c’est ainsi un prélèvement non invasif. Pour la descendance, les animaux seront mis dans deux bacs (2 x 5L) connéctés afin d'être filmés (mesure comportementale). Ensuite, des mesures respirométriques seront effectué dans un récipient hermétique (200ml) pendant 20h environ ce qui limiteras sensiblement leur mouvement (la petite taille des poissons aux stades de développement étudiés, la contrainte physique due à la taille des chambre respirométrique sera limitée). Ces mesures impliqueront un jeun de 44h (mis à jeun pendant 24h avant la mesure + 20h de mesure) qui ne devrait pas impacter le développement des poissons. Un léger stress pourra être ressenti dû à l’isolement des poissons. L’eau y sera renouvelée toutes les 10min pour s’assurer que la qualité de l’eau reste bonne durant le test. Enfin, ils seront anesthésiés afin d'être placés sous un objectif photo et d'être pris en photo. Après leur réveil, ils seront ensuite replacés dans leur aquarium.
Impact sur les animaux
Durant les actes expérimentaux, le stripping sur les géniteurs induira un leger stress physique. Le prélèvement d’une petite section de nageoire sera effectué entrainant une légère lésion physique. Sur la descendance, la prise de photo pour mesurer la morphologie et vidéo pour le comportement n’impliquent qu'une légere peur dû à la manipulation physique (à l’aide d’une épuisette) des animaux pour les placér sous l’objectif photo. Les mesures métaboliques impliqueront un jeun court (léger stress alimentaire 24h de jeun + 20h de mesure), une faible contrainte de déplacement et un isolement temporaire des congénères.
Devenir
Pour pallier au stress et souffrances potentiels dû à l’expérimentation, les individus sont mis à mort à la fin de la procédure. Les géniteurs qui auront pu être manipulés sur le terrain sans être ramenés au laboratoire seront remis en liberté.
Remplacement
Ce projet a pour but de comprendre la diminution des effectifs dans les populations de salmonidés. L'objectif est d'évaluer les effets d’une augmentation de la température en milieu sauvage dans un contexte de réchauffement climatique en prenant en compte une espèce sujette à l’augmentation de la température. Ces effets sont, de plus, problématiques d’un point de vue économique et écologique. En effet, cette étude permettra de comprendre la sensibilité au changement climatique d'une espèce avec une forte importance économique (pêche professionelle et amateur) et également écologique (prédateur). Le modèle poisson est pertinent pour cette étude car il répond a une problématique spécifique. De plus, chaque espèce répond différemment aux variations environnementales, ainsi il n’est pas remplaçable ni substituable.
Réduction
Cette expérimentation prévoit 2 traitements de température (4 et 9°C) chez 3 populations avec 10 familles chacune. 20 géniteurs issus de chacun des 3 lacs ( = 3 populations) seront nécessaires pour obtenir les gamètes. Les analyses statistiques envisagées seront notamment des analyses de variances (ANOVA) et des modèles linéaires à effets mixtes (GLM). L’effectif de 10 individus par famille permet d’avoir un effectif de qualité pour avoir la quantité de matière nécessaire à nos analyses et évaluer la plasticité des traits, et les 100 individus (10ind * 10 familles) suivis dans chaque populations permettent prendre en compte la répétabilité de la variabilité interindividuelle dans chaque traitement ainsi que la variabilité entre les séries (facteur aléatoire), tout en limitant au maximum le nombre d’individus mis à mort (Règle des 3 R : Réduction). Au total 720 individus seront utilisés à la fin de l’étude : (2 traitements * 3 populations * 10 familles * 10 individus) = 600. 600*0.1(mortalité anticipée) + (20 géniteurs * 3 populations) = 720 individus.
Raffinement
Tout au long de l’expérimentation, les structures et conditions expérimentales évolueront avec la croissance des animaux (litrage, nourriture, lumière). Les aquariums disposeront d’un couvercle afin de limiter le stress dû à la lumière. Les animaux seront visités 3 fois par jour en semaine et 1 fois par jour le week-end. Les paramètres physico-chimiques de l’eau (pH, oxygène) seront vérifiés quotidiennement. Avant les mesures morphologiques, les individus seront anesthésiés afin de limiter le stress due à la manipulation. Lors des mesures comportementales, une cachette sera disposée dans l'aquarium de test afin de limiter le stress. Les géniteurs seront anesthésiés avant le stripping et le prélèvement de tissus (1/5 de la nageoire pelvienne) afin de réduire le stress et prévenir toute sensation de douleur. Les nageoires des poissons peuvent repousser et c’est ainsi un prélèvement non invasif.
Choix des espèces
Les salmonidés sont en déclin depuis plusieurs décennies, ayant des conséquences économiques, sans que les raisons de ces pertes d’effectifs ne soient complètement comprises. Bien que le réchauffement climatique soit l’une des causes de ce déclin, certaines populations se maintiennent, suggerant que certains individus puissent s’adapter. Ce projet apportera des connaissances essentielles quant au potentiel d’adaptation des salmonidés face au réchauffement climatique. Les résultats de ce projet détermineront la pertinence d’étudier à plus large échelle l’adaptation potentielle des organismes avec différentes origines. Ces connaissances pourront alors avoir des répercutions opérationnelles afin de proposer une aide stratégique pour la conservation des salmonidés. Pou obtenir des gamètes des animaux au stade adulte sont nécessaires, puis des poissons au stade larvaire et stade juvénile pour les mesures de morphologie, comportement et métabolisme. Ces premiers stades de vie devraient présenter des phénotypes différents selon les traitements des fluctuations de température subit durant le développement embryonnaire.
Etude des capacités de populations de lézards vivipares (Zootoca vivipara) le long d’un gradient écologique à s’adapter au climat futur (GRADCLIM)
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
1 225 lézards vivipares vont être utilisés dans des procédures classées en gravité légère, 525 relâchés dans leur population d'origine et 700 tués. Capturés dans la nature, ils subissent des prélèvements de sang, d'un morceau de queue et un lavement cloacal, puis des tests de préférence thermique, de respirométrie et de perte hydrique après trois jours de jeûne. Le porteur présente ces prélèvements comme sans incidence sur la survie et affirme que les conditions de captivité offrent une meilleure survie qu'en nature. L'objectif déclaré est de mesurer la capacité d'adaptation de l'espèce au réchauffement climatique le long d'un gradient d'altitude.
Objectifs
Le changement climatique est une menace importante pour la biodiversité. Comprendre la réponse de la biodiversité à ce changement est un des objectifs du 6ème rapport du GIEC ‘’Changement climatique 2022 : impacts, adaptation et vulnérabilité’’ et également un objectif de développement durable des Nations Unies : "Lutte contre les changements climatiques". Ce projet a pour but de mesurer la capacité d'adaptation de populations de lézards vivipare Zootoca vivipara. Les populations choisies vivent le long d'un gradient altitudinal (c.à.d. altitude plus ou moins élevée) et environnemental. Elles seront étudiées grâce à une approche expérimentale réaliste et pertinente au niveau écologique. Le lézard vivipare est une espèce dont la température corporelle dépend de la température extérieure (appelée espèce ectotherme) modèle en écologie et biologie évolutive et une espèce sentinelle pour la caractérisation des conséquences du changement climatique. Le suivi des populations de lézards vivipares des Cévennes depuis les années 1980 a révélé une modification des populations le long d’un gradient climatique chaud-froid associé à un rythme de vie et un vieillissement plus rapide ainsi qu'à des traits morphologiques (comme la couleur ou la taille) et comportementaux (comme l’activité) modifiés et un risque d’extinction augmenté. Des populations dans la partie chaude de l’aire de répartition (marge chaude) ont aussi déjà disparu depuis le siècle dernier. Nous souhaitons maintenir des lézards juvéniles issus de populations naturelles des Cévennes dans des enclos semi-naturels (c.à.d. recréant l’habitat naturel de cette espèce mais isolés de l'environnement autour). Ceux-ci permettront de simuler des climats plus ou moins chaud par rapport au climat actuel, afin de tester si (1) les signes d’extinction dans les populations en marge chaude sont réversibles, (2) si les populations en marge froide ou chaude sont les plus sensibles à une augmentation de la température et (3) si les modifications observées en marge chaude permettent aux lézards de s’adapter au changement climatique. Les résultats seront publiés sous forme d’articles scientifiques dans des revues à comité de lecture, présentés dans des congrès scientifiques et diffusés au grand public par des actions de médiation.
Bénéfices attendus
A moyen et long terme, le principal bénéfice attendu par cette étude est de mieux comprendre les capacités des espèces, à s’adapter aux nouvelles conditions climatiques et anticiper les effets des changements globaux, non seulement sur le lézard vivipare mais également sur les autres espèces dont la température corporelle dépend de la température extérieure (espèces ectothermes). De plus, ces études sont essentielles pour orienter les politiques environnementales et la gestion des espaces naturels. Plus précisément, cette étude documentera comment les capacités de réponses varient entre populations, en particulier entre les limites chaudes et froides des aires de répartition, et ainsi mieux savoir déterminer les populations les plus à risque du fait du réchauffement climatique.
Procédures
Des femelles gestantes (porteuses d’œufs) capturées en milieu naturel seront maintenues en captivités dans des conditions optimales (Lot 1 =225). Nous effectueront un prélèvement sanguin pour étudier la réponse physiologique (c.à.d. quantité de nutriments, marqueurs de stress) au climat. Il sera effectué sur animaux éveillés au moment de la capture. Après une semaine d’habituation en captivité, nous leur prélèverons un morceau de queue pour étudier leur génome et réaliserons un lavement cloacal (injection et récupération de liquide dans le cloaque) pour étudier leur flore intestinale. Il a été montré que ces prélèvements n’affectent pas la survie et la condition corporelle (c.à.d. poids). Une semaine après la mise-bas les femelles passeront deux fois, avec du temps de repos entre les deux sessions, des tests de préférences thermiques (choix libre dans un gradient de température de 18 à 50°C), de respirométrie mesurant la quantité d’oxygène consommé et de perte hydrique (c.à.d. perte d’eau par le corps). Ces tests permettent d’estimer physiologiquement l’adaptation au climat et sont des protocoles légers car les individus peuvent choisir librement leur position dans le gradient thermique, la mesure de respiration se fait à des températures (22°C et 32°C) très éloignées de températures dangereuses (42°C) et la perte hydrique consiste à mesurer la perte de masse pendant une nuit au calme dans un environnement d’humidité contrôlée après 3 jours de jeun, ce qui est commun pour un reptile. Ces procédures sont régulièrement réalisées sur cette espèce sans observer de mortalité ou d’amaigrissement significatif. Les femelles seront ensuite relâchées dans leur population d’origine (moins de 1% de mortalité au cours des 2 mois de captivité). Un morceau de queue sera également prélevé sur les nouveau-nés le jour de leur naissance (Lot 2 ; N=1350) et ils passeront, après 2 jours de repos, les tests de préférences thermiques, respirométrie et perte hydrique avant d’être lâchés dans les enclos semi-naturels. Ces animaux seront recapturés en 2023 (N=365, ~25% de survie la première année) et 2024 (N=190, 42 à 52% de survie entre la première et la deuxième année) et réaliseront toutes les procédures décrites pour les adultes. Ils seront ensuite relâchés dans les populations maternelles (à 2 ans) après vérification de leur santé.
Impact sur les animaux
La capture, le transport et des conditions d’élevages génèrent un stress temporaire pour les lézards. Pendant les captures et le transport (~5h), les animaux seront maintenus dans des tubes en plastique ventilés, frais et humides, ce qui minimise le stress. Le transport s’effectuera par du personnel certifié en transport d'animaux sauvages. Le personnel dispose aussi de l’habilitation « Concepteur » pour les travaux expérimentaux sur la faune sauvage. Les lézards seront maintenus dans des terrariums conformes aux préconisations de taille pour les reptiles et offrant les éléments indispensables à la diminution du stress (source d’ultraviolet, gradient thermique, zone humide et fraiche, abris). La législation n’indique pas de taille requise pour les lézards, mais les recommandations vétérinaires pour les reptiles sont 3 x la taille adulte en longueur, 1.5 x en largeur et hauteur, ce qui correspond à nos terrariums. Leur état de santé sera minutieusement surveillé chaque jour. De part la disponibilité des ressources, l'absence de prédateurs et de pathogènes, les conditions d’élevage offrent de meilleurs taux de survie et reproduction qu’en nature (mortalité < 1 %, sans risque de prédation pendant les mois de captivité, reproduction avec ~90 % de succès et 5-6 jeunes par femelle). Dans les enclos, la mortalité est équivalente à celle en milieu naturel pour les juvéniles (75% ±2%) et pour les adultes en climat « actuel » (48%), un peu plus élevée en climat « chaud » (58%). L’élevage des femelles est temporaire pour la durée de gestation, les juvéniles retourneront dans leurs populations d’origine après 2 ans. Des essais préliminaires montrent que les prélèvements sanguins et de morceau de queue ou le lavement cloacal n’a pas d’incidence sur le comportement, la survie et la mise-bas des lézards. Les traitements climatiques ne présentent pas de risque direct pour le bien-être des animaux qui ont la possibilité de se cacher si la température est élevée. La diversité et l’abondance d’invertébrés permet aux lézards de répondre à des besoins alimentaires en suffisance et en qualité qui pourrait être imposé par le climat. Nos manipulations des conditions climatiques restent légères, agissant par des changements de stratégies de vie des lézards.
Devenir
Les femelles du lot 1 seront relâchées dans leur population d’origine (N=225), les juvéniles (lot 2) seront pour deux ans dans un dispositif expérimental et à l’issu de ces deux ans les survivants (190 individus estimés au maximum) retourneront dans la population d’origine de leur mère, soit un total maximum de 415 individus replacés dans leur populations d’origine. Le risque sanitaire avant le relâché sera diagnostiqué par le vétérinaire référent et en relation avec des recommandations de la direction départementale de la protection des populations.
Remplacement
La problématique ne permet pas d'alternative à l'utilisation d’un modèle animal pour cette étude expérimentale de l’adaptation au réchauffement climatique. Le remplacement par des approches de modélisation engendrerait une erreur de prédiction du devenir de cette espèce et des espèces ectothermes en général. Par ailleurs, aucune donnée existante ne permet de répondre aux questions scientifiques posées dans ce projet.
Réduction
Considérant les précédentes études réalisées dans des enclos semi-naturels, le nombre d’individus choisi est nécessaire et suffisant pour avoir des résultats interprétables, avec au terme des deux années 3-4 individus de chaque sexe par population pour chaque traitement climatique. La demande résulte d’une collaboration entre trois projets européen, national et régional financés, ce qui permet de répondre à différents aspects de l’adaptation au climat en ne réalisant qu’une seule étude au lieu de trois, en mutualisant les animaux entre projets. Cela permet de réduire le nombre total d’animaux utilisés.
Raffinement
Les individus sont soustraits temporairement à leur population et maintenus dans des conditions d'élevage favorisant leur survie. Les conditions de captivité en laboratoire offrent les éléments indispensables à la diminution du stress des animaux et à leur bonne santé. Les lézards sont maintenus et élevés individuellement dans des terrariums conformes aux préconisations de taille (3x taille d’un adulte en longueur, 1.5x en largeur et hauteur) et offrant source de chaleur, d’ultraviolet, zone humide et fraiche, abris, eau et nourriture. Les terrariums sont installés dans une pièce dédiée à l’élevage, climatisée et sécurisée. Chaque lézard est nourri avec 2 grillons par jour, régulièrement enrichis en vitamine D3. L’état de santé des lézards est minutieusement surveillé par des personnes formées à l’Utilisation des Animaux à des Fins Scientifiques, par des vérifications visuelles quotidiennes pendant le nourrissage et des pesées hebdomadaires. La surveillance de plusieurs points limites (maigreur, problème de mue, présence de parasites) permettra de diagnostiquer précocement des conditions de captivité mal adaptées aux besoins de certains individus, conduisant à les sortir du projet. Nous possédons également une zone de quarantaine pour les individus malades afin d’optimiser la surveillance, d’appliquer éventuellement un traitement (par exemple une lotion désinfectante ou antiparasitaires) et d’utiliser des principes de précaution (gants, matériel de nourrissage différent) pour éviter des transmissions de pathogènes au sein du laboratoire. Les juvéniles passeront la majorité des deux premières années de leur vie dans un dispositif expérimental semi-naturel de taille correspondant à la biologie de l’espèce. Chaque enclos contient des pierriers, des tas de bois pour se cacher et réguler sa température, et des points d’eau. Un système d’ombrage permet de réduire la température lorsque celle-ci devient élevée. Les enclos sont arrosés 30 min par jour pour éviter tout stress hydrique. Les traitements climatiques ne présentent pas de risque direct pour le bien-être des animaux puisqu’ils ont la possibilité de se cacher, de s’enterrer si la température devient trop élevée. La diversité et l’abondance des proies permettent aux lézards de répondre à des besoins alimentaires en abondances et en qualité. Nos manipulations des conditions climatiques restent légères.
Choix des espèces
Le lézard vivipare, Zootoca vivipara, est un lézard de la faune française étudié depuis 30 ans. Cette espèce est intéressante pour comprendre l’écologie de vertébrés ectothermes (c.à.d. dont la température corporelle dépend de la température extérieure), une majeure partie de la biodiversité. Elle est optimale car son écologie est bien connue, sa sensibilité aux changements climatiques est avérée, et son génome est connu, ce qui en fait un modèle unique pour l’écologie théorique et appliquée des vertébrés ectothermes. En effet, 20% des reptiles sont menacées d’extinction et leur écologie restent pourtant peu étudiée et comprise. Il devient donc urgent de mieux comprendre le comportement de ces espèces à l’aide de modèles bien connus. L’espèce n’est pas menacée en Europe (espèce à préoccupation mineure par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature) mais est sensible aux dégradations du milieu. Cette espèce, étant adaptée pour vivre de longues périodes dans les dispositifs semi-naturels, est idéale scientifiquement. Les prélèvements de sang, de morceau de queue, le lavement cloacal ainsi que les mesures de préférences thermiques et physiologiques seront réalisées sur les femelles gestantes (1 an et plus, lot 1) issues de populations naturelles, afin de connaitre le lien entre la morphologie et le comportement des mères et des juvéniles. Les juvéniles (lot 2) quant à eux ne seront pas utilisés pour le prélèvement sanguin et le lavement cloacal à leur naissance, leur taille ne permettant pas ces prélèvements. Ils réaliseront toutes les autres procédures comme décrit pour les femelles gestantes après 1 et 2 ans, au stade subadulte et adulte.