Procédures sévères
Microbiote tissulaire pour ralentiret le déclin cognitif associé à l’âge : rôle du processus de senescence des cellules progénitrices du tissu adipeux et cérébral
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
504 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Elles reçoivent des injections abdominales et une transplantation de microbiote fécal de patients obèses, subissent une privation de nourriture d'environ 24 heures et des tests comportementaux (conditionnement de peur, suspension par la queue), avec des prélèvements sanguins répétés au bout de la queue. Le projet étudie l'effet du microbiote sur le déclin cognitif lié à l'âge, avec des stratégies thérapeutiques annoncées comme perspective. Le porteur affirme que seul un modèle de souris axénique permet d'isoler l'effet du microbiote transplanté.
Objectifs
Etudier le rôle du microbiote sur les performances cognitives et émotionnelles des souris et ainsi développer des nouvelles stratégies thérapeutiques visant à ralentir le déclin neurocognitif associé à l'âge.
Bénéfices attendus
Le projet devrait ouvrir la voie au développement de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblant le microbiote dans le but prévenir ou traiter le déclin cognitif et les troubles émotionnels liés à l’âge. Ces stratégies sont intéressantes car elles visent à bloquer un mécanisme de mort cellulaire commun à tous les organes et qui est associé au vieillissement : le processus de senescence.
Procédures
Au début de la période expérimentale, les souris recevront 3 injections dans l'abdomen afin d'étudier les cellules en division. Les animaux effectueront des tests de comportement pendant 4 semaines (6 tests légers et 1 test modéré) et seront soumis à des prélèvements sanguins à l'extrémité de la queue. Du sang sera prélevé une fois avant et une fois après (chaque fois 100 ul) l'injection d'un liquide contenant du glucose. En plus, une goutte de sang sera prélevée à 15, 30, 45, 60, 90 et 120 min après l'injection. Enfin les souris recevront une autre injection dans l'abdomen, afin de marquer une deuxième population de cellules en division. A la fin de l'expérience, les souris recevront une injection abdominale pour être euthanasiées.
Impact sur les animaux
1)Les quatre injections dans l'abdomen peuvent provoquer des effets aigus tels qu'une irritation respiratoire et cutanée. 2) Les souris devraient développer un comportement de peur se traduisant par une immobilité au cours du test de conditionnement à la peur d’une durée de 3 minutes.3) Les souris peuvent se sentir stressées pendant le test de suspension par la queue durant 6 minutes. 4) Les souris n'auront pas accès à la nourriture, mais à l'eau, pendant environ 24 heures. Cette procédure peut provoquer une perte de poids corporel chez les animaux. 5) Une goutte de sang sera prélevée au bout de la queue toutes les 15 minutes pendant 2 heures. Au cours de ce protocole, deux prise de 100 ul de sang supplémentaires seront réalisées. Un effet indésirable est l'endommagement de la queue et une douleur locale.
Devenir
Après tous les tests de comportement, les souris seront euthanasiées afin d'étudier l'anatomie du cerveau. Les associations entre les résultats anatomie des tissus et les fonctions cognitives ainsi que les états émotionnels seront évaluées pour comprendre comment l'anatomie du cerveau détermine leur fonction.
Remplacement
Notre étude vise à évaluer les effets de la transplantation de microbiote fécal humain sur les performances cognitives et émotionnelles de souris. Cela ne peut être fait que sur un modèle animal. Comme les animaux présentent un microbiote local, notre étude nécessite un modèle animal dans lequel ce microbiote résident est supprimé (c’est-à-dire, des souris axéniques). Celles-ci offrent la garantie de pouvoir étudier spécifiquement l’impact comportemental du microbiote transplanté. De tels modèles axéniques sont actuellement disponibles dans les espèces de souris. Nous proposons une approche unique et originale pour transplanter le microbiote fécal de patients obèses dans ce modèle de souris axéniques. Dans les études que nous réaliserons au laboratoire, nous serons amenés à tester ces souris axéniques transplantées et leur descendance pour lequel il a été montré une stabilisation du microbiote.
Réduction
Pour les études de comportement, notre expérience au laboratoire nous montre qu’un nombre minimum de 12 souris par groupe est nécessaire afin d'avoir un puissance statistique suffisante. Chaque animal sera soumis à l’ensemble des tests comportementaux proposés allant de procédures légères à modérées. Ceci permettra d'obtenir un maximum de données en utilisant un nombre minimum d'animaux.
Raffinement
Les animaux seront hébergés dans une structure et des conditions adaptées (litière changée régulièrement, eau et nourriture à volonté, température et hygrométrie régulée) avec une surveillance quotidienne. Les animaux bénéficieront également d’un enrichissement de leurs milieux (tube et tissus, permettant une diminution du stress potentiel et la réalisation de petits nids par les animaux). L'état de santé de l'animal sera contrôlé chaque semaine à l'aide d'une fiche d'évaluation qui comprend l'observation de l'état corporel, de l'état du pelage et de la peau, des écoulements, des yeux, de la bouche, de l'interaction sociale, de la posture, de la mobilité, des comportements indésirables. Si le score total est compris entre 4 et 7, les animaux seront étroitement surveillés de près et quotidiennement. Si les animaux ont des blessures ou montrent des signes de souffrance, des analgésiques une fois par jour sera utilisé pour minimiser la douleur. Les animaux seront observés quotidiennement s'ils atteignent les points finaux prédéfinis. Si le score total est supérieur à 8, un mode de soulagement sera prévu. En particulier, nous proposons d’observer plus régulièrement les animaux et éventuellement de considérer de les euthanasier. Au cours des procédures expérimentales, les souris recevront de intervalles suffisant (au moins un jour) entre chaque injection, et de plusieurs jours de repos après avoir effectué des tâches stressantes. Dans le cas où les souris perdraient plus de 10% de leur poids corporel, de la nourriture supplémentaire serait placée directement dans la cage. Les animaux seront surveillés et pesés avant et après la manipulation. Afin d'éviter la douleur due au prélèvement de sang, les souris recevront une pommade anesthésiante avant le prélèvement sanguin.
Choix des espèces
Afin d'étudier l'effet du microbiote, un modèle axénique sera nécessaire pour éviter les effets de la flore locale de l'animal hôte. Les espèces de souris axéniques sont actuellement disponibles. En plus, les modèles de souris sont des modèles bien adaptés à la recherche en neurosciences comportementales, car ils présentent une variété de comportements pertinents pour les maladies humaines. Ces tests seront effectués sur des souris à l'âge adulte. Pour les souris sauvages : 6, 12 et 18 mois ; les souris ayant des problèmes de mémoire: 3, 6 et 9 mois.
Récepteur purinergique P2X4R, autophagie, stéatose et fibrose hépatiques.
- Recherche fondamentale
- Système gastrointestinal
1 370 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère, toutes tuées à l'issue de chaque procédure pour prélever leurs organes. Certaines reçoivent pendant quatre mois un régime gras qui provoque surpoids et foie gras, d'autres entrent dans des protocoles qui installent une cirrhose progressive, dont l'un passe par une chirurgie de dix à quinze minutes sous anesthésie. Le projet vise à préciser le rôle du récepteur P2X4R dans la stéatose et la fibrose du foie, avec à terme l'espoir de "pistes de traitement" pour des maladies sans traitement spécifique efficace. Le porteur affirme que les régimes "n'entraînent aucune douleur ou autre nuisance", sans nommer ni l'intervention chirurgicale, ni les autres méthodes d'induction de la cirrhose, ni les molécules administrées, ni les procédures classées sévères.
Objectifs
Il s’agit de déterminer le rôle d'un récepteur (protéine spécifique) dans les maladies du foie au cours desquelles il existe une surcharge en graisse et une fibrose. Nous utiliserons plusieurs modèles expérimentaux permettant de mimer ces maladies chez la souris, ainsi que des molécules pouvant être administrées aux animaus afin de tester l'implication de ce récepteur. L'objectif est de mettre à jour de nouvelles pistes de traitement des maladies du foie.
Bénéfices attendus
Ce projet vise à déterminer le rôle d'un récepteur (protéine spécifique) dans lesmaladies du foie, en analysant son impact sur la stéatose et la fibrose. La persepective médicale est de définir une ou des pistes de traitement liées à cette protéine. En effet à ce jour aucun traitement spécifique de ces patholopgies du foie n'est efficace.
Procédures
Dans ce projet les animaux sont nourris avec des régimes spéciaux pouvant induire un foie gras associé à un un surpoids (régime gras pendant 4 mois, autres régimes durant 2 à 7 semaines), qui n'entraînent aucune douleur ou autre nuisance. D'autres souris entreront dans des protocoles expérimentaux entrainant le développement progressif d'une cirrhose du foie, dont la nuisance essentielle est la perte de poids corporel qui sera surveillée 2 fois par semaine. Pour induire la fibrose du foie, un des modèles expérimentaux est chirurgical (10 à 15 minutes par intervention), pratiqué sous anesthésie générale par un opérateur entrainé, encadré par des traitements antalgiques prévenant toute douleur post-opératoire. Les prélèvements se font sur les souris après leur mise à mort.
Impact sur les animaux
Dans ce projet les animaux sont nourris avec des régimes spéciaux pouvant induire un foie gras associé à un un surpoids (régime gras), qui n'entraîne aucune douleur ou autre nuisance. D'autres souris entreront dans des protocoles expérimentaux entrainant le développement progressif d'une cirrhose du foie, dont la nuisance essentielle est la perte de poids corporel qui sera surveillée 2 fois par semaine.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de chaque procédure, pour prélèvement des organes nous permettant d'évaluer l'efficacité des traitements utilisés sur les maladies du foie mimées chez ces souris.
Remplacement
Nos projets visent à étudier des mécanismes intégrés au sein de l'organisme et du tissu hépatique conduisant à la surcharge du foie en graisses et à la fibrose. Nos protocoles utilisent à la fois des méthodes in vitro (cultures cellulaires) et in vivo (souris), de façon complémentaire. Les approches in vivo chez la souris restent indispensables dans la perspective médicale de tester un récepteur spécifique comme cible thérapeutique des maladies hépatiques stéato-fibrosantes.
Réduction
Une bonne programmation des expériences, avec réflexion anticipée et approfondie concernant les tissus à prélever, les conditions de prélèvement, ainsi que le nombre minimal de souris à inclure dans chaque groupe expérimental, permettent d’éviter la répétition inutile des expériences. Le nombre d’animaux utilisés est le minimum requis pour obtenir des résultats statistiquement interprétables
Raffinement
Toutes les souris sont hébergées en cages de 4 à 5, l'environnement est systématiquement enrichi (tubes PVC et petites maisons). La consistance du régime riche en graisses étant assez pâteuse, un morceau de bois est placé dans la cage des souris soumises à ce régime afin de s’assurer que les souris puissent continuer de ronger. Durant les 4 mois de régime, ou au cours des autres protocoles expérimentaux, les souris sont surveillées de près de façon à dépister tout signe de souffrance. Les interventions chirurgicales sont réalisées sous anesthésie, avec analgésie avant et après l'intervention. Une grille d’évaluation quotidienne de la douleur a été mise en place pour la surveillance des animaux en cours de procédure afin de s'assurer du bien-être animal.
Choix des espèces
La souris est le rongeur de choix pour l’étude de la surcharge lipidique et de la fibrose du foie, du fait de l’existence de modèles expérimentaux au point dans le laboratoire et de la possibilité de disposer de souris génétiquement modifiées. De plus, les mécanismes impliqués dans ces pathologies chez la souris sont proches de ceux observés chez l’Homme. Nous utilisons des souris prédisposées avec l’âge à une prise de poids et au développement d’une intolérance au glucose. Ces souris sous régime permettent donc d’étudier les complications hépatiques de la surcharge pondérale, responsable d'une partie de plus en plus importante des maladies du foie. Les souris entrent dans les protocoles expérimentaux entre 8 et 16 semaines d'âge en fonction des types de traitements.
Mise au point d’un modèle de migraine induit par injection répétée intrapéritonéale de Nitroglycérine chez le rat
- Recherche appliquée
- Troubles nerveux
192 rats vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Ils reçoivent cinq injections de nitroglycérine destinées à déclencher une migraine et cinq injections contrôle, avec un test de douleur au filament de von Frey sur la patte. Le projet vise à mettre au point un modèle de migraine qu'une société pourra proposer à ses clients pour développer des candidats médicaments. Le porteur indique que les effets à long terme de ces injections sont inconnus, ce qui justifie selon lui la mise à mort des rats en fin d'étude.
Objectifs
Ce projet a pour objectif de mettre au point un modèle de migraine chronique chez le rongeur. La Nitroglycérine est un déclencheur de migraine connu chez l’homme et est donc un bon candidat pour l'induction d'un tel modèle (injections intrapéritonéales répétées).
Bénéfices attendus
Le projet va permettre à la société de mettre au point un nouveau modèle au plus près des conditions clinique pour ainsi offrir à ses clients la possibilité de développer de nouveaux candidats médicaments. Le but est de permettre le développement d’analgésiques ciblés sur les mécanismes de ces douleurs causés par l’administration répétées de Nitroglycérine.
Procédures
Les animaux recevront 5 injections intrapéritonéales de Nitroglycérine (NTG) et 5 injections de produits contrôles et auront un test comportemental de douleur (monofilament de von frey) au niveau de la patte sur 4 jours (J0 ou J1, J5, J7, J9) à raison de 2 tests (avant et après injection) et de 6 à 9 stimulations par test.
Impact sur les animaux
Suite à nos recherches bibliographiques, peu d’informations sont données sur des effets secondaires de ce modèle. Nous serons donc particulièrement attentifs aux signes cliniques notables et sévères. Certaines nuisances sont connues : -Douleur aigue lors de l’injection intrapéritonéale de NTG ou de son véhicule (5 fois), -Isolement des animaux lors des tests (à J0 ou J1, 5, 7 et 9) durant 30 min à 2h30. -Douleur aigue lors de l’injection de produits contrôles (5 fois).
Devenir
Les effets de l’injection répétée de nitroglycérine chez le rat (5 injections) ne sont pas connus sur le long terme (après J11). De ce fait, dès la fin de la phase expérimentale, les animaux sont mis à mort par du personnel habilité selon les procédures recommandées..
Remplacement
Les possibilités de remplacement par substitution complète de l’expérimentation animale sont encore limitées dans le domaine de l’étude de la douleur, mais nous les mettrons en place dès qu’elles sont scientifiquement validées. La douleur est détectable au niveau physiologique et comportemental et elle est donc impossible à mesurer autrement que sur animal vigile.
Réduction
Pour chaque étude, le nombre d'animaux utilisé est réduit au minimum nécessaire pour l’obtention d’informations robustes et statistiquement pertinentes. Le nombre d’animaux par groupe de traitement a été fixé à n=12 en se basant sur les données bibliographiques disponibles. En fonction du design de chaque étude (groupes appariés ou indépendants, mesures répétées ou non) et de la distribution des valeurs (conformité à la loi normale), un test paramétrique ou non paramétrique sera réalisé.
Raffinement
Pour l’induction du modèle, nous avons choisi les doses les plus basses pour obtenir une allodynie mécanique au niveau des pattes postérieurs. Pour le test de douleur, nous avons choisi une gamme de monofilaments et un cut-off (monofilament avec le plus gros diamètre) adaptés (littérature + expérience professionnelle sur plusieurs études et différents modèles animaux). Les animaux sont stabulés durant 1 jour dans la salle d’expérimentation avant le jour de test afin de les habitués à l’environnement. De plus, ils sont habitués au dispositif de test durant 30 min avant le début du test, afin qu’ils soient calmes. De plus, les animaux sont stabulés dans des salles à atmosphère contrôlée (température : 22 ± 2°C) sous un cycle jour/nuit de 12 heures (lumière de 06:30 à 18:30) avec eau et nourriture ad libitum. Un enrichissement du milieu (briquettes à ronger et tunnel) est apporté aux animaux. Les expérimentateurs sont strictement formés au respect de l’animal et sensibilisés à la surveillance de signes de douleur ou de souffrance. La maitrise des gestes techniques est contrôlée régulièrement. Les animaux sont surveillés chaque jour, et un suivi spécifique (ex. : suivi pondéral et de l’état général journalier, recherche de comportements spécifiques de mal-être) est mis en place lorsque les animaux sont inclus dans des procédures le requérant. Le suivi est réalisé par le technicien en charge de l’étude ou à défaut par un autre technicien (formé à l’expérimentation animale niveau I ou II et spécifiquement au comportement des rongeurs dans le domaine de la douleur). Enfin, un arbre de décision comportant des points limites clairs est suivi strictement en cas d’observation d’angoisse ou de souffrance. Des points limites, précoces et spécifiques pour chaque protocole d’étude sont définis et résumé en un arbre décisionnel qui conduit si nécessaire l’interruption des expérimentations si les critères d’arrêts sont atteints
Choix des espèces
L’objectif de ce projet est le développement de modèles permettant de tester l’efficacité de candidats médicaments analgésique. Les modèles in silico et in vitro permettent seulement d’étudier les effets de ces molécules sur la nociception, c’est-à-dire les mécanismes biologiques encodant les stimuli endommageant, ou susceptibles d’endommager les tissus. Selon sa définition par IASP, la douleur est une « expérience sensorielle et émotionnelle ». L’étude de potentiels traitements analgésiques doit donc être conduite dans des modèles restituant à la fois la composante sensorielle et émotionnelle et permettant l’analyse du comportement en plus de la physiologie ; faute de quoi c’est la nociception et non la douleur qui est étudiée. L’étude des candidats médicaments analgésiques chez l’animal vigile reste la seule option pour démontrer l’efficacité sur la douleur avant le passage chez l’homme.
Etude de l’implication du microbiote dans les maladies inflammatoires chronique de l’intestin
- Recherche fondamentale
- Système gastrointestinal
2400 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère, dont 960 en gravité sévère. Elles reçoivent des transferts de microbiote par voie intracolique ou orale, puis une colite est induite par un produit ajouté à l'eau de boisson, provoquant perte de poids, sang dans les selles et diarrhée. Les rubriques objectifs et bénéfices du résumé reprennent presque mot pour mot la même phrase sur la découverte de déterminants bactériens. Le porteur affirme que le recours à des souris axéniques est "obligatoire" pour établir le rôle du microbiote.
Objectifs
L'objectif est d'étudier l'implication du microbiote (sain ou pathologique) dans l'apparition de la colite. Cela permettra également la découverte éventuelle de déterminants bactériens responsables de l'apparition de ces maladies ou de leur aggravation afin d'envisager de nouvelles thérapies.
Bénéfices attendus
Cela permettra également la découvert éventuelle de déterminants bactériens responsables de l'apparition de ces maladies ou de leur aggravation afin d'envisager de nouvelles thérapies.
Procédures
Le projet comporte 3 procédures: 1- Transfert de microbiote par administration intracolique sous anesthésie gazeuse 2- Transfert de microbiote par voix orale sur souris vigile 3- Induction de la colite au DSS (ajout dans l'eau de boisson)
Impact sur les animaux
Perte de poids, apparition de sang dans les selles, diarrhée
Devenir
mis à mort
Remplacement
Il est maintenant largement admis que le microbiote intestinal joue un rôle essentiel dans la physiopathologie des maladies inflammatoires de l'intestin. Les interactions complexes entre la muqueuse de l'hôte et son microbiote impliquent des mécanismes qu'il est impossible de reproduire avec des études in vitro. L'utilisation d'animaux élevés en condition axénique est donc obligatoire pour élucider le rôle causatif des modifications du microbiote muqueux dans la physiopathologie des maladies digestives.
Réduction
Les expériences sont organisées de manière à réduire au maximum le nombre d'animaux. De plus, nous avons déjà validé certaines de nos approches expérimentales in vitro permettant d'optimiser l'utilisation des animaux. Les résultats actuels ont permis de valider que des lots de 10 souris permettent d'acquérir des données fiables. Les rongeurs utilisés sont consanguins et de même âge réduisant la variabilité entre les animaux et donc le nombre nécessaire pour obtenir des résultats fiables.
Raffinement
Le bien-être de l’animal, outre les considérations éthiques, est aussi un facteur de variabilité expérimentale, qui est pris en compte et réduit grâce au suivi rapproché quotidien des animaux, l’enrichissement de leur environnement (coton ou sopalin afin qu'ils puissent faire un nid) et le respect de l’aspect social du groupe (pas d’isolement ni de changement de cage). De plus une période d'acclimatation d'une semaine sera respectée avant l'expérimentation. Les expérimentateurs ont reçu une formation garantissant également les bons gestes lors de la manipulation des animaux (livret de compétences). De plus les animaux seront pesés en début d'expérimentation puis de manière hebdomadaire. Au cours de la procédure 3 (colite au DSS), ils seront pesés quotidiennement afin de vérifier qu'il n'y ait pas de perte de poids supérieure à 20%. Tout animal présentant un aspect inhabituel : prostration, pelage terne et hirsute, traces de blessures infligées par les autres animaux sera isolé. Il fera l'objet d'une attention accrue et benéficiera de soins appropriés (désinfection des plaies par exemple ou accès facilté à la nourriture). Si aucune amélioration de son état n'est constaté au bout de 24h, il sera mis à mort pour eviter toute souffrance inutile.
Choix des espèces
La souris est un modèle de choix dans l'utilisation de modèles qui reproduisent la complexité des maladies inflammatoires chez l'Homme. Il existe à ce jour peu de modèle d'animaux axéniques. La souris est un de ces modèles. Des études récentes ont montré que le transfert d'un microbiote donné pouvait modifier le métabolisme de l'hôte, dans ce cas, la souris. C'est pourquoi nous avons choisi ce modèle. Les animaux seront utilisés principalement à l'âge adulte pour permettre la bonne maturation des fonctions de barrieres de la muqueuse intestinale (production de mucus, production de peptides antimicrobiens, mise en place efficace des jonctions serrées). Le modèle DSS permettra d'étudier le rôle du microbiote dans la séverité de la colite.
Comment les processus de mémoire émotionnelle liés au sommeil sont-ils affectés lors de la formation de souvenirs de peur pathologiques chez le rat ?
- Recherche appliquée
- Troubles nerveux
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
- Système nerveux
1314 rats vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère, dont 792 en gravité sévère. Ils subissent des chocs électriques aux pattes ou à la paupière, une restriction hydrique pouvant durer 50 jours et des chirurgies cérébrales de quatre à six heures avec implantation d'électrodes et de fibres optiques, le porteur indiquant que l'anesthésie est incompatible avec certains actes. Les rats implantés sont maintenus isolés pour préserver le matériel, ce que le porteur présente comme un moyen de maximiser les données par animal. L'étude porte sur le rôle du sommeil dans la formation des souvenirs de peur, avec des retombées thérapeutiques annoncées à long terme.
Objectifs
Notre projet de recherche a pour but d’approfondir notre connaissance du rôle du sommeil pendant la formation de souvenirs aversifs normaux ou pathologiques comme dans le cas du syndrome de stress post-traumatiques (SSPT). Nous testerons chez le rat si la coordination entre l'hippocampe et l'amygdale baso-latérale (BLA) est altérée pendant le sommeil suite à une expérience traumatique induisant des réponses inexactes aux indices et aux contextes. Nous chercherons également à comprendre comment les souvenirs associant un contexte à une valence émotionnelle donnée sont formés et stabilisés dans des conditions normales. En effet, l'identification des processus de formation de souvenirs émotionnels est essentielle pour comprendre comment ces processus sont affectés dans la maladie. Nous voulons notamment comprendre si et comment la coordination entre les hippocampes dorsal et ventral soutient l'acquisition et la consolidation dépendante du sommeil des souvenirs aversifs spatiaux. Pour cela, nous nous appuierons sur un processus en deux étapes. Pour identifier les mécanismes physiologiques potentiels, nous réaliserons des enregistrements in vivo à grande échelle, multi-structures chez des rats libres de leurs mouvements et endormis (corrélations). Ensuite, nous ciblerons spécifiquement ces mécanismes physiologiques grâce à l'enregistrement et la manipulation optogénétique de réseaux neuronaux (causalité). Notre projet se décompose comme suit : - Etude des réactivations hippocampe dorsal-BLA des associations lieu-menace dans dans un modèle rongeur de SSPT. - Interactions hippocampe ventral-BLA pendant le sommeil après une association lieu-menace normale ou de type SSPT. - Description physiologique approfondie de la coordination entre les parties dorsale et ventrale de l'hippocampe pendant l'exécution et la consolidation dépendante du sommeil d'une tâche spatiale aversive. - Etablir un lien de causalité entre la coordination dorso-ventrale de l'hippocampe et la consolidation des souvenirs aversifs.
Bénéfices attendus
Le syndrome de stress post-traumatiques (SSPT) et l'anxiété généralisée sont des troubles psychiatriques très répandus et constituent une préoccupation croissante pour la santé publique mondiale. Ils sont aussi systématiquement associés à des troubles du sommeil, considérés soit comme une cause, soit comme une conséquence des symptômes. De nouvelles approches thérapeutiques publiées récemment dans la littérature proposée pour la prévention et le traitement du SSPT incluent la privation de sommeil après un traumatisme et la stimulation cérébrale profonde pour le SSPT résistant aux médicaments. Il est essentiel que la recherche fondamentale suive ces évolutions médicales pour pouvoir affiner les cibles thérapeutiques. Ce projet utilisera des modèles animaux pour développer nos connaissances sur les mécanismes neurophysiologiques précis potentiellement affectés chez les patients humains. A long terme, il permettra ainsi de développer et de mettre en œuvre des stratégies précises de prévention et de guérison axées sur le sommeil dans les troubles anxieux.
Procédures
Les animaux seront soumis à différents tests de comportements et à différentes chirurgies. - comportement : - choc électrique léger au niveau des pattes (uniquement lors de la session de conditionnement, procédure sévère) - restriction hydrique/accès limité (maximum de 50 jours, procédure modérée) - restriction hydrique/accès limité et choc électrique au niveau de la paupière (maximum de 50 jours, procédure modérée) - prélèvement sanguin au niveau de la queue (une fois, procédure légère) - injection de corticostérone (une fois/jour, procédure légère) - chirurgie du cerveau (4 à 6h) pour implantation (procédure modérée) : - d’électrodes - injection de virus (4 à 6h) - de fibres optiques (4 à 6h) - chirurgie (4h, procédure modérée) : implantation d’une électrode au niveau de la paupière - fixation du tissu cérébral. L’ensemble des actes chirurgicaux ainsi que la fixation du tissu cérébral sont réalisées sous anesthésie/analgésie. Pour les autres actes, la pratique d’une anesthésie et/ou d’une analgésie est incompatible avec la finalité de la procédure expérimentale.
Impact sur les animaux
Le projet est conçu de manière à minimiser les dommages causés aux animaux. Nous détaillons ci-dessous l’ensemble des dommages prévus dans ce projet. Nuisance induite par les actes effectués : • Choc électrique léger au niveau des pattes → léger stress au moment du test • Restriction hydrique → perte de poids • Choc électrique léger au niveau de la paupière → possible irritation de la peau lié au grattage de l’animal suite au choc • Prélèvement sanguin au niveau de la queue et injection ip de substance → stress très léger dû à la contention et légère douleur liée à l’insertion d’une aiguille • Chirurgie stéréotaxique : implantation d’électrodes, de fibres optiques et injection de virus → légère perte de poids et douleur post-chirurgicale pendant 48h, isolement → stress léger • Chirurgie : implantation d’une électrodes au niveau de la paupière → légère perte de poids et douleur post-chirurgicale pendant 48h, isolement → stress léger
Devenir
Les animaux seront euthanasiés à l’issue de chaque procédure afin de réaliser des analyses histologiques (prélèvements et analyses sont nécessaires post-mortem).
Remplacement
Les techniques d'enregistrement chroniques sont invasives et ne peuvent être effectuées chez l'homme chez le sujet sain. Elles sont utilisées chez des patients épileptiques dont l'activité cérébrale est par conséquent anormale. Ceci ne permet pas d'effectuer des études systématiques car le placement des électrodes est dicté par l'impératif médical. D'autre part, l'optogénétique implique la modification génétique des neurones ciblés : elle est interdite chez l'humain. Enfin, l'état des connaissances actuelles et la puissance requise d'un point de vue technologique ne permettent pas de modéliser le fonctionnement de ces réseaux sur ordinateur.
Réduction
Les enregistrements électrophysiologiques de grande ampleur in vivo permettent d'enregistrer un grand nombre de neurones simultanément, ce qui augmente la puissance statistique des analyses et permet de réduire le nombre d'animaux utilisés. Pour les tests comportementaux, le nombre d'animaux proposé reste standard par rapport à la littérature existante. Le couplage entre électrophysiologie in vivo et comportement permet également de corréler les résultats comportementaux des individus avec leur activité neurale. Ceci permet de s'affranchir partiellement du problème de variabilité individuelle et de réduire le nombre d'animaux. Le calcul du nombre d’animaux a également été réalisé en fonction des travaux précédents. Notre équipe pratique les différents tests depuis quelques années, ce qui nous a permis de raffiner au maximum le nombre d’animaux du projet. Au total, sur 5 ans, ce projet de recherche impliquera 1314 animaux.
Raffinement
Après leur réception, les animaux sont habitués aux expérimentateurs par une manipulation bienveillante pendant 5 jours (5 min) de manière à réduire le stress lors des procédures. Sauf si cela n’est pas approprié, toutes les procédures expérimentales du projet sont pratiquées sous anesthésie générale ou locale en recourant à des analgésiques. Les enregistrements en soi ne sont pas douloureux. Les administrations et prélèvements seront effectués conformément aux bonnes pratiques vétérinaires. Les animaux seront hébergés en groupes ou individuellement et disposeront d’un enrichissement de nidification. Les animaux implantés seront maintenus en isolation : la présence d'un autre rat pourrait ralentir la cicatrisation et endommager les électrodes implantées chroniquement (grattage, rognage) entraînant l’euthanasie de l’animal et ne permettant pas de récolter des données. Le maintien en isolation permet donc de maximiser la quantité de données récoltées sur chaque animal et ainsi de minimiser le nombre total d'animaux pour le projet. Les animaux non-implantés servent de groupe contrôle et doivent donc être logés dans les mêmes conditions que les animaux implantés. Cependant, pour diminuer le stress lié à l’isolement les animaux implantés sont maintenus dans des cages contenant 2 compartiments séparés par une cloison transparente percée de trous permettant ainsi à l’animal isolé d’avoir des interactions avec l’animal isolé dans le second compartiment (contiguïté visuelle, olfactive et auditive). Lorsqu’un animal est implanté, pour éviter toutes blessures et d’endommager les électrodes, la nourriture ne sera plus placée dans la mangeoire au niveau de la grille de la cage, mais sera directement dispersée dans la sciure. Cette démarche aura pour avantage d’enrichir l’environnement de l’animal puisqu’il sera obligé de fouiller la sciure pour trouver les croquettes. Cet enrichissement sera également complété par le dépôt de morceaux de bois dans la cage de l’animal. Une surveillance quotidienne sera réalisée pour vérifier la bonne santé des animaux et les points limites définis. Avant le début de chaque procédure l’animal sera pesé et son état général contrôlé. En cas de signe de douleur, les animaux seront exclus du protocole. Les procédures comportementales sont modérément aversives et brèves et n'induisent pas d'angoisse sur le long-terme.
Choix des espèces
Les modèles murins sont habituellement utilisés pour l'étude de la physiologie des réseaux neuronaux en lien avec l'apprentissage. Ici, les rats sont privilégiés par rapport aux souris car ils permettent d'implanter plus d'électrodes simultanément et donc de réduire le nombre total d'animaux utilisés. Le rat est un modèle classique pour l'étude des réseaux neuronaux en comportement. Sa robustesse et ses capacités d'apprentissage le qualifient comme un modèle idéal d'étude de la mémoire chez les mammifères. Nous utiliserons des rats Long Evans pour leur vivacité sur les protocoles d'apprentissage (souche classique pour les études sur la mémoire). Nous utiliserons de jeunes adultes (2 à 6 mois), plus alertes et plus prompts à explorer leur environnement que les animaux âgés. Leur poids correspond également aux atlas stéréotaxiques disponibles pour cibler les structures d'intérêt.
Etude au sein du réseau hippocampoamygdalien des altérations cellulaire et synaptique spécifiquement associées à une mémoire de type post-traumatique
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
1100 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère, dont 960 en gravité sévère. 700 d'entre elles subissent une injection virale dans le cerveau et pour une partie l'implantation d'une fibre optique, puis toutes reçoivent trois chocs électriques lors d'un conditionnement de peur avant d'être mises à mort environ 90 minutes plus tard. Le projet cherche à identifier les altérations cérébrales associées au passage d'une mémoire émotionnelle normale à une mémoire de type post-traumatique. Le porteur affirme qu'aucune alternative ne permet d'étudier la mémorisation sans une espèce proche de l'humain.
Objectifs
Si les caractéristiques cliniques de l’état de stress post-traumatique (ESPT) sont bien décrites, les bases neurobiologiques de cette pathologie sont encore méconnues. L’un des traits cardinaux de cette pathologie, se développant à la suite d’un événement de stress intense, est une altération mnésique paradoxale associant à la fois une amnésie et une hypermnésie. S’il est connu qu’un épisode de stress et que la formation d’une mémoire peuvent s’accompagner de phénomènes de plasticité cellulaire (modifications de la morphologie cellulaire et des épines dendritiques, altération de la neurogénèse adulte) et synaptique, notamment au sein du réseau hippocampoamygdalien, les effets différentiels de deux types de mémoires sur ces phénomènes restent méconnues. Ce projet a pour objectif de déterminer dans quelle mesure certaines de ces altérations du réseau hippocampo-amygdalien peuvent être spécifiquement associées au passage d'une mémoire émotionnelle normale à une mémoire de type psottraumatique.
Bénéfices attendus
En identifiant les bases neurobiologiques spécifiques de la mémoire traumatique, ce projet doit ouvrir de nouvelles perspectives thérapeutiques pour le traitement de ce trouble lié au stress.
Procédures
700 animaux sont soumis à des procédures chirurgicales : 300 animaux (3 réplications avec 20 animaux par groupe) sont soumis à une procédure d’injection virale permettant de visualiser les neurones. Cette procédure sous anesthésie générale dure environ 30 minutes. 400 animaux (2 réplications avec 20 animaux par groupe) sont soumis à une procédure d’injection virale afin d’exprimer un canal sensible à la lumière dans les neurones d’intérêt et aussi à une procédure d’implantation de fibre optique afin de manipuler par la lumière l’activité de ces neurones. Cette procédure sous anesthésie générale dure environ 60 minutes. Les animaux sont soumis à une procédure comportementale (1 seule fois) où ils recevront 3 chocs électriques (0.3 mA, de 1 seconde).
Impact sur les animaux
Ce modèle de conditionnement implique des effets stressants chez les animaux liés à : - une chirurgie - un isolement - l'application de chocs électriques lors de la procédure comportementale. Néanmoins, afin de réaliser nos études neurobiologiques, les animaux sont mis à mort rapidement (90min) à la suite de ce conditionnement.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort après les procédures comportementales, en vue de la réalisation d’analyses.
Remplacement
L’utilisation de ces animaux se justifie pour plusieurs raisons : 1) Aucune alternative ne permet de se passer de l’utilisation de modèles animaux lorsqu’il s’agit d’étudier les processus de mémorisation. En effet, ce type d’étude repose sur l’analyse du comportement animal et nécessite d’avoir une espèce suffisamment proche de l’espèce humaine pour en extrapoler les résultats. 2) L'organisation du système nerveux central de ces animaux est suffisamment proche de celle de l'homme pour permettre une extrapolation acceptable des résultats obtenus à l'espèce humaine. 3) Le modèle comportemental a été établi chez la souris et l’ensemble des appareils comportementaux que nous utiliserons sont dimensionnés pour cette espèce.
Réduction
Concernant la réduction, l’effectif se justifie par l’utilisation d’un nombre suffisant d’animaux dans chaque condition expérimentale afin que les analyses statistiques envisagées puissent être concluantes. Nous avons en effet déterminé ce nombre suites aux expériences précédentes utilisant les mêmes tests comportementaux.
Raffinement
Concernant le raffinement, les souris issues de centres d’élevages agréés, seront hébergées tout au long de leur vie en cage collective avec un environnement enrichi dans une animalerie agréée comportant une régulation de la température, de l’hygrométrie et du cycle jour/nuit. Elles recevront de l’eau et de la nourriture à volonté, elles seront changées régulièrement et elles seront observées tous les jours de la semaine et pesées 1 fois par semaine par un personnel qualifié. Au cours de ces observations, si un animal présente des blessures, il sera immédiatement soigné et surveillé deux fois par jour. Si un animal présente un comportement anormal traduisant un état de mal être (perte de poids, poils hérissés, prostration…), il sera immédiatement isolé et surveillé. Si l’animal ne montre pas d’amélioration significative, il sera euthanasié dans les 48h. Concernant les procédures de chirurgies, nous appliqueront des mesures de raffinement adaptées afin d’éviter la douleur et le risque d’infection. Suite à l’anesthésie, l’animal reçoit une injection d’un médicament ayant un effet anti-douleur qui sera encore efficace lors de son réveil. Du gel hydratant est également posé sur chaque oeil afin d’éviter tout dessèchement. La zone d’incision est désinfectée, ensuite, un anesthésique local est injecté dans la zone à inciser. A la fin de l’opération, l’animal est placé dans une chambre chauffée à 36°C et est régulièrement surveillé jusqu’à son réveil puis est remis dans sa cage avec un peu de nourriture humide. Un suivi postopératoire est effectué pendant 4 jours avec l’observation de la plaie. Par ailleurs, le lendemain les reçoivent une injection d’un antiinflammatoire non stéroïdien toutes les 12h le jour de l’opération et le lendemain.
Choix des espèces
La souris: -est un mammifère présentant une proximité phylogénétique avec l’espèce humaine et certains de ses comportements peuvent être rapprochés de ceux de l’espèce humaine. L’essentiel des données de l’équipe concernant la mémoire émotionnelle ont été obtenues chez la souris: pour une comparaison des résultats, l’étude des mécanismes neurobiologiques responsables du passage d’une mémoire normale à une mémoire traumatique implique l’utilisation de cette espèce -permet des approches invasives (approches pharmacologiques etc.) permettant d’étudier l’effet de molécules sur le système nerveux central et les phénomènes de mémorisation via l’étude comportementale -offre la possibilité d’être manipulée génétiquement: l’utilisation de souris transgéniques permettra l’analyse des modifications neuromorphologiques. A plus long terme, dans le cadre de collaborations, des modèles knockout ou transgéniques seront utilisés pour compléter l’exploration des mécanismes de plasticité altérés dans cette pathologie de la mémoire. Tous les animaux utilisés seront âgés de 8 à 12 semaines, ce qui correspond au stade jeune adulte chez la souris. Etant donné que les études comportementales et pharmacologiques réalisées précédemment dans l'équipe ont été réalisées chez des souris jeunes adultes, dans un souci de cohérence, ce stade de développement a été sélectionné.
Effets d’un composé client sur la cachexie dans un modèle murin de cachexie induite par l’inoculation de cellules LLC
- Recherche appliquée
- Troubles endocriniens
68 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Elles reçoivent une inoculation de cellules cancéreuses pulmonaires qui provoque une tumeur et une fonte progressive de la masse musculaire, des administrations quotidiennes pendant 21 jours, des prélèvements sanguins et une ponction cardiaque terminale. L'étude est commandée par une société cliente pour tester l'efficacité de ses composés contre la cachexie, débouché commercial et clinique formulé au conditionnel. Le porteur affirme qu'aucune méthode sans animal ne permet d'étudier cet état pathologique complexe.
Objectifs
Le projet faisant l’objet de la présente demande d’autorisation vise à étudier les effets d'un composé en développement chez un modèle de cachexie induite par des cellules pulmonaires cancéreuses, les cellules LLC (Lewis Lung Carcinoma). La cachexie correspond à une perte de masse corporelle, tout particulièrement de masse musculaire, telle qu'elle ne peut plus être inversée ni trouvée à l'aide d'une nutrition adaptée. Elle est observée au cours de plusieurs maladies comme l’anorexie mentale, l’insuffisance cardiaque ou hépatique, le SIDA ou encore le cancer. Dans le cas de la cachexie liée au cancer, cette dernière résulte d’altérations métaboliques liées à la présence d’une ou plusieurs tumeurs. Le modèle que nous utilisons est un modèle qui mime très bien l’étiologie de cette pathologie chez l’humain, puisque la perte de poids et de masse musculaire obtenue résulte également du développement d’une tumeur sous l’effet de l’inoculation des cellules LLC. Cette étude est commanditée par une société cliente dans le cadre de la recherche de l’efficacité de leurs composés dans ce domaine d’application.
Bénéfices attendus
Si la présente étude permet de mettre en évidence une efficacité des composés en développement sur la cachexie, ces deniers seront employés ultérieurement dans le cadre d'études cliniques et pourraient, à terme, obtenir une autorisation de mise sur le marché. Ils constitueraient ainsi les tout premiers traitements autorisés pour la prise en charge de la cachexie. Les patients atteints de cancer bénéficieraient ainsi d'un traitement permettant de bloquer ou de réduire le développement de la cachexie, améliorant ainsi considérablement leur pronostic vital ainsi que leur qualité de vie. Par ailleurs, dans un second temps, l'efficacité potentielle d'un tel traitement pourrait être testée dans d'autres pathologie induisant un état de cachexie tel que le SIDA ou les insuffisance cardiaques et hépatiques par exemple.
Procédures
Ce projet comporte 4 types d'interventions différents : (1) Inoculation de cellules LLC : Durée de 5 minutes environ. (2) Mesures de composition corporelle : Durée de 1-2 minutes (répétée 3 fois au cours du projet). (3) Administrations sous-cutanées et orales : Durée 10 secondes environ; administrations quotidiennes pendant 21 jours. (4) Prélèvements sanguins : deux prélèvements par la veine caudale à D0 et D7 (Durée de 2-3 minutes) et un prélèvement terminal par ponction cardiaque à l'issue de l'étude (durée 1 minute).
Impact sur les animaux
Le modèle employé dans le présent projet est un modèle de cachexie résultant du développement d'une tumeur sous-cutanée induite par l'inoculation de cellules Lewis Lung Carcinoma (LLC). Le développement tumoral induit un état de cachexie progressif s'accompagnant d'une réduction de masse maigre et d'une perte de poids corporel. Pour des raisons éthiques, le modèle est limité à 21 jours post inoculation des cellules LLC après lesquels les animaux seront euthanasiés. L'hébergement individuel est nécessaire de par la nécessité de la mesure individuelle de la prise alimentaire. L'anesthésie constituera une nuisance sur les animaux. Les mesures de tumeur peuvent générer un stress voire une douleur pour l'animal. L'ensemble des traitements (par sous-cutanée, par voie orale) ainsi que les pesées et les mesures de composition corporelle peuvent être source d'angoisse. Les prélèvements sanguins en vigile constituent également un effet indésirable attendu sur les animaux.
Devenir
Tous les animaux seront euthanasiés à l'issue de la procédure. En effet, l'étude implique des anayses biochimiques et histologiques sur la tumeur, les muscles droits et gauches de la patte (gastrocnemius, soleus, EDL, plantaris, tibialis, vastus lateralis), le diaphragme, le coeur et le tissu adipeux blanc sous-cutané qui doivent ainsi être collectés à l'issue de la procédure.
Remplacement
L’utilisation d’animaux à des fins scientifiques se justifie ici car il n’existe aucune méthode de substitution n’utilisant pas l’animal de laboratoire et permettant l’étude de l’efficacité réelle d’un composé sur la cachexie. En effet, la cachexie est un état pathologiques complexes lié à un grand nombre d'altérations métaboliques, périphériques et centrales, et immunologiques. Ainsi, l'état de cachexie implique un défaut dans la communication cerveau-système musculaire ainsi qu'un déséquilibre hormonal majeur induisant de profondes modifications des voies de signalisation intracellulaires. Pour autant, les mécanismes intimes de mise en place de la cachexie restent assez largement méconnus à aujourd'hui. Ainsi, compte tenu de la complexité de l'étiologie de la cachexie, il n'existe pas aujourd'hui d'alternative non animal dans ce domaine permettant de modéliser correctement la pathologie et de tester des candidats médicaments. Nous avons choisi un modèle utilisant l'espèce souris qui est parfaitement caractérisé dans la littérature scientifique.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisés par groupe a été défini comme le nombre minimum nécessaire pour être en mesure de mettre en évidence une différence statistiquement significative sur les paramètres étudiés avec une puissance à 0.80 et une erreur alpha à 0.05. Les paramètres étudiés sont les suivants : poids corporel, gain de poids corporel (en g et %), prise alimentaire cumulée, efficacité alimentaire, volume tumoral (longitudinal et terminal), poids de la tumeur, densité de la tumeur, poids corporel sans tumeur, composition corporelle (avec et sans tumeur), muscles droits et gauches de la patte, diaphragme, coeur, le tissu adipeux blanc sous-cutané et cytokines sur serum et sur tumeurs. Le groupe contrôle du modèle a été réduit à 8 animaux (contre 12 pour les groupes cachexiques) du fait d'une moindre variabilité des paramètres mesurés, ces souris ne développant pas de tumeur.
Raffinement
Le modèle animal qui sera utilisé est un modèle parfaitement caractérisé dans la littérature et couramment utilisé dans les études précliniques. Il s'agit d'un modèle de cachexie chez la souris induit par une inoculation de cellules LLC. Le protocole a été planifié de façon à limiter au maximum tout stress et tout inconfort pour les animaux. Les animaux seront hébergés en cage individuelle et un enrichissement du milieu sera assuré par l'ajout de petites maisons dôme (mouse house), de briquettes en bois et de matériel de nidification. Afin de réduire toute douleur au cours des procédures expérimentales, l'inoculation des cellules LLC sera réalisée sous anesthésie gazeuse (les animaux seront placés sur tapis chauffant) et les mesures de composition corporelle seront réalisées chez l'animal vigile (durée de la mesure : 2 minutes). Les administrations sous-cutanées et per os seront réalisées par des expérimentateurs rodés à ce type de pratique, et deux sites d'administration seront utilisés pour les injections sous-cutanées (zones scapulaires droite et gauche) en alternance d'un jour à l'autre). Enfin, compte-tenu du développement d’une tumeur et d’un état de cachexie progressif chez les animaux, le développement de cette dernière sera limitée à 21 jours post inoculation et un suivi journalier particulièrement étroit des animaux à l'aide d'une grille de score de souffrance permettra une action rapide en cas d'atteinte des points limites établis. Les animaux seront anesthésiés par l'administration d'un mélange de kétamine/xylazine (100mg/kg et 10 mg/kg respectivement; 10ml/Kg; i.p.) avant qu'une ponction cardiaque ne soit pratiquée et qu'ils soient euthanasiés par dislocation cervicale.
Choix des espèces
Le modèle souris C57BL/6 J est très bien documenté dans la littérature en tant que modèle de cachexie induit par une inoculation de cellules LLC. Le choix du modèle souris C57BL/6 a été validé avec le client et le chef de projet. Les animaux utilisés seront de jeunes souris adultes (5 semaines à réception ; 7 semaines au début du traitement). Le choix de ce stade de développement est guidé par la population humaine qui sera ciblée par les composés à tester, à savoir une population adulte présentant un état cachectique lié au cancer.
Bioaccumulation chez le poisson : exposition via le milieu aquatique et via la voie alimentaire
- Protection de l’environnement
Saumons : 2000
Autres poissons : 10000
15 000 poissons (poissons zèbres, saumons et autres espèces) vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à sévère, la quasi-totalité tuée à l'issue et seuls quelques témoins survivants éventuellement replacés. Ils sont exposés jusqu'à 28 jours à des substances chimiques via l'eau ou l'alimentation, pour mesurer la bioaccumulation exigée par la réglementation avant mise sur le marché. Le porteur indique que les concentrations sont choisies sous le seuil de toxicité aiguë mais que des effets néfastes comportementaux ou létaux restent possibles, et qu'une mortalité de 10 % n'invalide pas le test. Il commande des lots de 400 à 600 poissons par essai pour tenir compte de la mortalité liée au transport.
Objectifs
L’évaluation de la bioaccumulation de certaines substances est obligatoire dans le cadre d’autorisation de mise sur le marché de nouvelles substances ou d’évaluation d’un risque sanitaire (rejet d’effluent etc…).Dans ce cadre, des essais sont menés sur différents organismes représentatifs des écosystèmes aquatiques dont les poissons. L'essai de bioconcentration chez le poisson se compose de deux phases : exposition (absorption) et post-exposition (élimination). Pendant la phase d’absorption, un groupe de poissons d’une même espèce est exposé à la substance d’essai à une ou deux concentrations (en fonction des propriétés de la substance). Pour la phase d’élimination, ils sont ensuite transférés dans un milieu exempt de la substance d'essai, ou nourris avec des aliments « propres », non-traités. Ces essais vont permettre de déterminer un facteur de bioconcentration ou bioamplification (FBC, FBA) d’une substance afin d’évaluer les risques sur l’écosystème aquatique et la chaine alimentaire.
Bénéfices attendus
Les résultats obtenus sont utilisés dans le cadre de l'évaluation du risque des substances chimiques, produits formulés, médicaments ou autre afin de déterminer les concentrations maximales acceptables dans l'environnement et de réaliser les évaluations du risque.
Procédures
Les animaux sont exposés à des concentrations en substance chimiques via le milieu aquatique ou via l'alimentation. Il n'y a pas de prélèvements ni de procédures chirurgicales. La durée de la phase d'exposition est de 28 jours maximum.
Impact sur les animaux
Les essais de bioaccumulation ne devraient pas entrainer de mortalité, les concentrations d'expositions étant choisies en dessous des niveaux de toxicité aiguë. Cependant, la durée de l'essai , plus longue qu'un essai de toxicité aiguë ainsi que les différences de sensibilité des organismes peut entrainer des effets néfastes sur les organismes. Les effets néfatses sont dépendant de la substance testée et peuvent être comportementaux ou létales.
Devenir
Les animaux des groupes exposés sont issus d'une procédure sévère, ils ne peuvent donc pas être réutilisés. De plus, les espèces de poissons utilisées ne sont pas toutes des espèces domestiques qui peuvent être replacés en aquarium ou par des associations. Si des solutions de replacement existent, les animaux issus des groupes contrôles, restant à la fin de la phase d'élimination, seront gardés en vie et replacés.
Remplacement
Ces essais sont exigés par les règlementations quand des read-across ne sont pas possibles, pas pertinent ou que les données issues de la littérature ne sont pas suffisantes. Il n’existe pas actuellement de modèle cellulaire permettant de représenter la bioaccumulation au sein des organismes.
Réduction
Dans un but de réduction du nombre d’animaux utilisés, la ligne directrice préconise l’utilisation de 3 groupes de concentration (témoin, forte concentration, faible concentration) et non d’une gamme de 5 concentrations. La réalisation d'un essai préliminaire avec un faible nombre d'individus permet d'affiner les durées des phases d'absorption et d'élimination et ainsi d'évaluer précisément le nombre d'individus nécessaire pour l'essai définitif. Le développement d'une méthode analytique de dosage de la substance dans le poisson la plus sensible possible permettra de réduire le nombre de poissons utilisés, chaque individu prélevé donnant un résultat et pas un pool d'individus pour une mesure.Pour l'essai préliminaire, il faut 20 poissons par concentration (3 concentrations) soit 60 poissons. Pour l'essai définitif, il faut 13 prélèvements au cours du temps avec 4 poissons à chaque temps soit 52 individus. 3 poissons supplémentaires au début du test, à la fin de la phase d'adsorption et à la fin de la phase d'élimination pour le dosage des lipides soit 9 poissons. Une tolérance de 10% de mortalité n'invalide pas le test. le nombre de poisson par concentration est donc de 52+9+7 soit 68 poissons par lot. 4 lots maximum par test soit 68*4 = 272. Soit 332 poissons pour essai préliminaire + essai définitif. Des lots de 400 poissons sont donc commandés pour chaque projet pour tenir compte de la mortalité potentielle liée au transport (10% max) ainsi que des poissons utilisés pour le développement de la méthode analytique (entre 20 et 30 individus). Pour les espèces les plus petites et en fonction des limites de quantification de la méthode analytique, il peut être nécessaire de pooler les individus par 3 ou 4 et donc d'augmenter le nombre d'individus par lot. C'est notamment le cas du Danio pour lequel des lots de 600 poissons sont nécessaires. Afin de réduire le nombre de poissons utilisés, si le choix de l'espèce incombe au laboratoire, une espèce de grande taille est privilégiée.
Raffinement
Les poissons sont maintenus dans un environnement permettant une croissance optimale en termes de qualité d’eau et d’alimentation. Suivi journalier des conditions d’essai (pH, Oxygène dissous). Les poissons sont surveillés quotidiennement et scorés selon une grille de points limites permettant l'évaluation pgysique et comportementale des individus. En fonction du score obtenu, une surveillance 2 fois par jour pourra être réalisée. Dès l'atteinte des points limites, les animaux sont retirés de la procédure et euthanisiés.
Choix des espèces
Les espèces utilisées sont celles préconisées par les normes et les règlementations. Les poissons utilisés seront adultes ou juvénile en fonction de l'espèce (taille et poids des organismes).
Etude de la neurotransmission dans un modèle murin de la schizophrénie
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
1 230 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. La plupart subissent une chirurgie cérébrale dès l'âge de nouveau-né, parfois deux interventions et des injections répétées sur 72 heures, pour étudier la neurotransmission dans un modèle de schizophrénie. Le porteur indique que les procédures peuvent provoquer des arrêts cardiaques, le cannibalisme des nouveau-nés par leur mère, des inflammations et des pertes de poids, et que la lignée transgénique présente des crises d'épilepsie. Il affirme qu'aucun modèle in vitro ou in silico ne reproduit la complexité du cerveau en développement, le bénéfice restant une meilleure compréhension fondamentale des synapses.
Objectifs
Le cervelet est une structure cérébrale qui permet à tout individu de s’adapter à son environnement en contrôlant et corrigeant la posture et les mouvements en fonction des informations qu’il reçoit du monde extérieur et du reste du corps. Une mauvaise transmission de ces informations pourrait être à l’origine de symptômes schizophréniques. L’objectif de ce projet est d’identifier les molécules qui jouent un rôle essentiel dans la communication au sein des réseaux de neurones du cervelet et qui, lorsqu’elles sont altérées, pourraient être responsables de troubles schizophréniques.
Bénéfices attendus
Ce projet va permettre de mieux comprendre les bases moléculaires des dysfonctionnements synaptiques dans le cortex cérébelleux de la souris qui pourraient être à l’origine de troubles psychotiques associés à la schizophrénie. Les voies anatomiques impliquées dans le traitement temporel (intervalle de temps) des informations sensorimotrices chez la souris sont les mêmes que chez l'homme et cette propriété est particulièrement affectée chez les patients schizophrènes. Ce projet permettra en outre de faire des progrès dans les connaissances fondamentales du fonctionnement des synapses et sur la façon dont le cervelet encode les informations sensorielles et motrices.
Procédures
Tous les animaux subiront au moins une procédure chirurgicale. Un premier groupe d’animaux nouveau-nés subira une seule intervention chirurgicale d'une durée de 30 minutes maximum sous anesthésie et analgésie profonde. Un deuxième groupe d’animaux subira une intervention chirurgicale entre 5 jours et 12 jours post-natal d'une durée de 20 minutes maximum sous anesthésie et analgésie profonde puis une seconde intervention chirurgicale après le sevrage d’une durée de 30 minutes maximum sous anesthésie et analgésie profonde. Un troisième groupe d’animaux nouveau-nés subira une seule intervention chirurgicale d'une durée de 30 minutes maximum sous anesthésie et analgésie profonde complétées par 4 injections par jour sur 72h00 (durée d'une injection = 30 secondes à 1 minute).
Impact sur les animaux
Les animaux génétiquement modifiés utilisés pour le maintien de la lignée présentent de façon épisodique un phénotype dommageable sous forme de crises d'épilepsie. Les procédures appliquées pourront induire : des arrêts cardiaques, du cannibalisme de souris nouveau-nées par leur mère, du stress pendant quelques heures, des inflammations pendant 2-3 jours, des douleurs modérées, des stéréotypies ou des pertes perte de poids pendant 2-3 jours.
Devenir
Dans les procédures conduisant à des enregistrements ou des anayses neuroanatomiques, les animaux sont mis à mort afin de réaliser des analyses électrophysiologiques, tissulaires et histologiques.
Remplacement
Pour ce projet, nous souhaitons étudier dans le cerveau de souris adultes des phénomènes biologiques complexes qui se mettent en place dans le cerveau des souris nouveau-nées. Ces phénomènes sont contrôlés à tout moment par différentes parties du cerveau. Il n'existe pas de modèle in vitro ou in silico qui puissent reproduire la complexité des phénomènes biologiques qui se mettent en place dans le cerveau pendant la croissance de la souris ce qui signifie que le modèle animal ne peut pas être remplacé.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisés pour ce projet a été défini au plus juste pour nous permettre d’atteindre nos objectifs scientifiques et être statistiquement valides. Nous utiliserons des individus des 2 sexes afin de réduire le nombre d’individus à produire et produire des résultats spécifiques de genre. Pour définir statistiquement la taille des lots d'animaux à tester, nous nous appuyons sur des travaux publiés, ainsi que sur l'utilisation de logiciel approprié pour l'évaluation statistique du nombre d’animaux requis. l’utilisation conjointe de plusieurs outils expérimentaux permettra de diviser par deux le nombre d’animaux nécessaires pour le projet. Par ailleurs, afin de limiter le nombre d'animaux utilisés, nous testerons in vitro la fonctionnalité des outils moléculaires développés spécifiquement pour ce projet.
Raffinement
Les animaux sont hébergés dans des animaleries dont le fonctionnement a été conçu pour maximiser le confort et limiter la souffrance des animaux. En particulier, les souris sont hébergées en groupes sociaux. Elles font l’objet d’observations régulières tout au long de l'expérience et l'enrichissement (matériel de nidification et bâton à ronger) est systématiquement appliqué à toutes les cages. Les animaux seront observés tous les jours et leur comportement sera suivi afin de déceler tout signe d’inconfort ou de stress. Les nuisances liées au phénotype dommageable de souris transgéniques seront limitées par la présence de tunnel dans les cages, par des changes réalisés par le même manipulateur et dans des conditions limitées de bruit et de vibrations. Des points limites spécifiques ont été définis et le raffinement s’appliquera selon une grille de score pour une prise en charge adaptée des animaux.
Choix des espèces
Le choix de la souris est justifié par le fait que de nombreux modèles génétiques développés chez la souris ont permis de comprendre les mécanismes physiologiques et moléculaires responsables de pathologies neurologiques humaines. Ainsi, nous utiliserons un modèle génétique souris qui reproduit certains aspects de la schizophrénie. La schizophrénie est une pathologie neuro-développementale qui implique des modifications du fonctionnement du cerveau pendant l’enfance. C’est la raison pour laquelle la plupart des procédures expérimentale seront réalisées chez des souris nouveau-nées (5 à 10 jours post-natal). Cela nous permettra en effet d'étudier le fonctionnement du cerveau à un stage juvénile (3 à 6 semaines).
Intérêt thérapeutique de l’association méthadone/cannabinoïde dans la prise en charge thérapeutique des dépendances aux opioïdes chez la souris
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
- Système nerveux
3 200 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Une dépendance à la morphine leur est induite par injections répétées, suivie de tests comportementaux d'anxiété, de dépression et d'anhédonie, ce dernier imposant un isolement de 48 heures, avant un prélèvement terminal de sang et d'organes. Le porteur indique que les traitements peuvent entraîner une perte de poids de 10 à 15 % et une mobilité réduite, et que le sevrage provoque des signes physiques de manque et des modifications émotionnelles qu'il juge modérées. Il affirme que seul le modèle animal donne accès aux conséquences émotionnelles du sevrage et qu'un transfert vers les patients pourra être "très vite" proposé.
Objectifs
La dépendance aux opioïdes est une pathologie complexe du système nerveux central. La prise en charge thérapeutique des patients présentant une dépendance aux opioïdes se fait grâce aux traitements de substitution, qui sont également des opioïdes. Néanmoins force est de constater que les risques de rechute restent très élevés. Plusieurs facteurs peuvent être responsables de ces rechutes, et dans ce projet nous allons explorer un de ces facteurs, l’inflammation. En effet de plus en plus d’études mettent en évidence que l’inflammation joue un rôle important dans les maladies psychiatriques, y compris les dépendances aux drogues, ainsi que dans des comorbidités très souvent retrouvées, comme l’anxiété et la dépression par exemple. Il est connu que les opioïdes sont pro-inflammatoires. La mise en place des traitements de substitution avec des ligands opioïdes peut donc contribuer à maintenir un état inflammatoire important, et à entretenir ainsi un cercle vicieux, contribuant aux rechutes. Notre hypothèse de travail est donc qu’une réduction de l'inflammation pourrait permettre une sortie plus pérenne des patients dépendants aux opioïdes. Pour étudier cette hypothèse nous proposons d’utiliser des modèles pré-cliniques et d’associer aux opioïdes des cannabinoïdes qui ont des propriétés anti-inflammatoires, et qui sont connus pour potentialiser les réponses des opoïdes. Cette approche par co-traitement permettrait donc de diminuer les doses d’opoïde lors du traitement de substitution, et de diminuer l’inflammation (baisse de la dose d’un agent proinflammatoire (opioïde de substitution) + ajout d’un agent anti-inflammatoire). Nous évaluerons donc, après induction d’une dépendance à la morphine chez la souris, l’état inflammatoire des animaux (aussi bien au niveau périphérique que central) que nous corrélerons avec des modifications de l’état émotionnel des animaux avant et après mise en place d’un traitement associant opioïde ± cannabinoïdes.
Bénéfices attendus
Notre objectif est de montrer qu’une diminution de l’inflammation pourrait permettre une meilleure prise en charge de la dépendance aux opioïdes, avec une réduction des signes physiques du sevrage, et une diminution des perturbations émotionnelles. Le projet proposé permettra d’apporter la preuve de concept sur des modèles précliniques robustes. Dans ce projet nous utiliserons des molécules qui sont présentes dans la pharmacopée, et un transfert vers les patients pourra donc être très vite proposé.
Procédures
Tous les animaux subiront des injections d'opioïdes et /ou de cannabinoïdes pendant 5 jours. Puis des tests comportementaux permettant de mesurer l'état émotionnel des animaux (anxiété, dépression, anhédonie) ainsi que le développement d'une dépendance. Ces tests durent entre 5 et 30 min. Pour la mesure de l'anhédonie, les animaux devront être isolés durant la durée du test (48h). A la fin de tests les animaux seront mis à mort pour prélèvement du sang et des organes. Un groupe d'animaux subira en plus une implantation d'une pompe sous anesthésie générale. Cette procédure dure 5 à 10 min au maximum.
Impact sur les animaux
Les procédures qui seront réalisées le sont déjà dans des projets antérieurs. Certains traitements utilisés peuvent entrainer une perte de poids (10-15% au maximum) et une mobilité réduite 2 ou 3 jours après l’injection, mais dans la majorité des cas (sauf atteinte des points limites dans 5 % des cas au maximum) les souris recouvrent leurs poids et capacités motrices au maximum 5 jours plus tard. Le traitement à la morphine entraine une dépendance chez les animaux, qui peut se manisfester lors de l’arrêt du traitement par des modifications émotionnelles, et des signes physiques de manque, qui sont les paramètres que nous suivrons dans l’étude pour mettre en évidence l’intérêt des traitements de subtitution et la plus-value d’ajouter des cannabinoïdes. Néanmoins ces modifications comportementales restent modérées, et immédiatement après l’évaluation comportementale une sédation profonde sera induite.
Devenir
A l'issue des études, les animaux sont mis à mort pour prélèvement de sang et des organes.
Remplacement
Ce projet ayant pour but d’étudier les conséquences émotionnelles d’un sevrage suite à une exposition répétée aux opioïdes, les méthodes alternatives actuelles (e.g., modélisation, études in vitro) sont impossibles. Seul le modèle animal donne accès à l’ensemble des informations que nous souhaitons collectées.
Réduction
Pour réduire au minimum le nombre de souris utilisées, nous avons estimé la taille des échantillons permettant une analyse statistique efficace grâce aux données obtenues lors de projets précédents. Chaque groupe sera constitué de 20 souris pour révéler les différences inter-individuelles comportementales.
Raffinement
L’angoisse des animaux sera minimisée par au moins une semaine d’habituation aux conditions d’hébergement avant le début des expériences. Les animaux seront hébergés dans des conditions normales avec enrichissement du milieu. Tous les groupes ont un accès libre à l’eau et à la nourriture. L’implantation des pompes osmotiques sous anesthésie gazeuse sera réalisée par une personne compétente ayant suivie la formation réglementaire de chirurgie. Cette procédure dure 5 à 10 min au maximum. Tout au long du projet, les animaux seront quotidiennement suivis, et surveillés en fonction des points limites afin de limiter la douleur aux animaux.
Choix des espèces
Au vu de la littérature, la souris apparaît comme étant un très bon modèle permettant d’étudier les mécansimes qui lient la dérégulation du système immunitaire et les pathologies psychiatriques. Cette espèce est largement utilisée en immunologie, et aussi dans le champ des études portant sur les opioïdes. Les animaux que nous utiliserons seront de jeunes adultes. Ils arriveront au laboratoire à l’âge de 7 semaines et ne seront pas testés avant leur 8ème semaine, ce qui correspond à une phase où ils sont sexuellement mâtures, et où ils ont aussi un système immunitaire et un système nerveux mâtures. Il est important de réaliser les expériences chez l’animal adulte pour éviter des biais dûs à l’âge et le manque de mâturité des systèmes.
Effets de différents traitements sur les crises fébriles et le développement d’état de mal épileptique chez le jeune animal
- Recherche appliquée
- Troubles nerveux
224 souris juvéniles vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Des crises fébriles leur sont provoquées sur animal vigile pendant une heure au maximum, avec prise de température par sonde rectale et injection intrapéritonéale, pour tester des traitements antiépileptiques transposables aux enfants de moins de deux ans. Le porteur indique que les nuisances attendues sont des crises myocloniques et convulsives, un stress lié à l'isolement des jeunes animaux et à la sonde, et une douleur liée à l'injection, un état de mal dépassant quinze minutes constituant un point limite. Il affirme que la culture cellulaire ne reproduit pas les crises d'un cerveau entier et que l'étude chez l'enfant ne serait pas éthiquement acceptable.
Objectifs
Ce projet va permettre d’évaluer l’efficacité de traitements sur les crises fébriles, un type de crise présente chez les patients Dravet. Le syndrome de Dravet est une épilepsie grave de l’enfant, qui débute avant l’âge d’un an par des crises convulsives, souvent déclenchées par de la fièvre. Ces crises fébriles sont les premières manifestations de cette maladie orpheline et les traitements actuels ne permettent pas de soulager tous les patients. De plus, les crises fébriles reproduisent un état de mal épileptique (status epilepticus) qui touche de nombreux patients. Nous proposons ici de tester des traitements aigus sur un modèle murin de crises fébriles, afin de pouvoir diminuer ces crises précoces, prédisant le développement d’une épilepsie.
Bénéfices attendus
Le projet permettra d’évaluer l’efficacité de traitements anti-épileptiques sur les crises fébriles, dès le plus jeune âge et ainsi conforter l’utilisation de ces traitements chez les patients de moins de 2 ans. L’inhibition des crises fébriles aidera à contrôler le phénomène d’état de mal épileptique (status epilepticus) et ainsi à limiter ses conséquences délétères sur le développement des patients.
Procédures
Induction de crises fébriles sur animal vigile: protocole d’induction durant au maximum 1h avec prise de température par sonde rectale, tous les animaux : 224 souris Injection i.p. pour la 2ème partie : une seule injection (max 30s), 168 souris. Ces procédures seront effectuées par du personnel expérimenté pour limiter le stress de l’animal.
Impact sur les animaux
Les nuisances attendues sont : 1) Une survenue de crises myocloniques et convulsives 2) un stress dû à l’isolement des jeunes animaux et à la prise de température par sonde rectale (pendant une heure au maximum) 3) un stress et une douleur dus à l’administration intrapéritonéale.
Devenir
Les animaux seront mis à mort à la fin des procédures afin d’effectuer des prélèvements d’organes, pour compléter cette étude.
Remplacement
L’utilisation d’animaux est justifiée car: (1) Les modifications cérébrales induites par les crises ne peuvent être étudiées chez l’humain de façon éthiquement acceptable. (2) La culture cellulaire ne reproduit pas l’ensemble des propriétés des crises d'épilepsie survenant dans un cerveau entier. (3) La modélisation in silico nécessite des données expérimentales encore manquantes.
Réduction
Nous ferons une planification rigoureuse des expériences, en testant d’abord des animaux de différents âges pour sélectionner l’âge avec le plus de crises fébriles et une latence d’induction la plus faible. Selon le Guidelines for the Design and Statistical Analysis of Experiments Using Laboratory Animals, il nous faut au minimum 10 animaux par groupe. Cependant, les animaux étant livrés avec leur mère, leur nombre peut varier selon les portées. Nous envisageons ainsi d’utiliser au maximum 14 souris par groupe (et au minimum 10) pour utiliser tous les animaux d’une portée. Ainsi, avec 3 mères gestantes, nous attendons d’avoir entre 10 et 14 petits à utiliser.
Raffinement
Les animaux sont hébergés dans des cages ventilées (une mère et sa portée par cage), enrichies avec du sizzle dry. La température et l’hygrométrie sont contrôlés. Le cycle jour nuit est de 12h, changeant à 7h et 19h. Lors de l’induction de crises fébriles, les animaux seront observés de façon continue afin de caractériser ces crises et définir l’apparition d’un état de mal épileptique (status epilepticus). Si cet état de mal dure plus de 15 minutes, cela constituera un point limite. Les administrations i.p. seront effectuées sur des animaux vigiles par du personnel expérimenté.
Choix des espèces
L’espèce que nous avons choisie (souris) est le modèle animal décrit dans la littérature comme reproduisant au mieux l'épilepsie induite par la fièvre. Les rongeurs ont un cerveau suffisamment élaboré pour générer des activités épileptiques dont les mécanismes pathologiques aux niveaux cellulaire et moléculaire sont similaires à l'humain. Les crises fébriles apparaissent chez les nouveaux nés humains, ainsi nous utiliserons des souris juvéniles entre P8 et P20 (stade de développement correspondant à la période péri-natale chez l’humain): dans un premier temps pour définir l’âge optimal pour la survie de crises fébriles; puis à cet âge optimal, afin de tester des traitements dans le but de réduire ou éliminer le nombre de crises. La souris C57Bl6 présente des crises fébriles à partir de P8 jusqu’à P20, ce qui justifie son emploi.
Validation d’un dispositif implantable de thérapie cellulaire de la régénération ostéochondrale pour la prévention de l’arthrose précoce chez la brebis
- Recherche appliquée
- Troubles musculosquelettiques
- Recherche fondamentale
- Système musculosquelettique
Dix des 13 brebis, opérées du genou, seront tuées pour prélever les condyles portant l'implant, et seules les 3 donneuses de moelle osseuse "pourront être replacées dans l'élevage". Âgées de deux à quatre ans, ces brebis vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère, chaque geste étant réalisé sous anesthésie générale : ponction de moelle, implantation en 45 minutes d'un biomatériau chargé de cellules souches dans des lésions du genou, trois séances d'IRM. Après l'opération, elles peuvent souffrir des genoux, une douleur traitée par antalgiques, et restent dans un box de 3,5 mètres sur 3,5 pendant la cicatrisation. Le bénéfice annoncé à court terme est la validation de ces cellules "chez la brebis", le porteur précise que "Ce travail fera l'objet d'une publication", et il avance pour l'humain une économie "en termes de coût de la santé".
Objectifs
Les pathologies ostéo-articulaires sont aujourd’hui un problème de santé publique dont la prévalence augmente avec l’augmentation de l’âge de la population avec plus de 10 millions personnes qui souffrent de l’arthrose en France aujourd’hui . Actuellement, les possibilités thérapeutiques proposées chez l’homme ne permettent pas de régénérer un tissu cartilagineux articulaire normal, et de ce fait, sont incapables de restaurer la fonction de l’articulation. Suite à des études in vitro, nous avons montré l’efficacité de ce biomatériau en termes de régénération tissulaire et avons également confirmé ces résultats après implantation chez le petit rongeur. Une étude in vitro réalisée sur le modèle ovin a permis de montrer l'efficacité de notre implant associé une autogreffe de cellules souches mésenchymateuses autologues pour la régénération de lésions ostéocartilagineuses. Dans l’étude actuelle, nous souhaitons confirmer ces résultats chez la brebis, en utilisant le même modèle d’étude que précédemment pour la régénération cartilagineuse avec comme différence l’utilisation de cellules souches mésenchymateuses (CSM) allogéniques de brebis et d’une membrane déposée en superficie du matériau composite utilisé dans l’étude précédente, au niveau de lésions intra-articulaires du genou. Nous avons développé des biomatériaux résorbables hybrides dans le but de régénérer à la fois le tissu ostéochondral mais également le cartilage articulaire. Ces matériaux sont d’une part nanofibreux et équipés de nanoréservoir contenant de l’hydroxyapatite, pour régénérer l’os sous-chondral et d’autre part, ils sont recouverts d’un hydrogel d’alginate contenant des CSM allogéniques pour la réparation du cartilage articulaire en surface. Une couche superficielle supplémentaire nanofibreuse contenant de la chondroitine sulfate et de l’acide hyaluronique vient recouvrir l’ensemble du biomatériel dans certains groupes à tester. L’hypothèse est que les données apportées par cette étude nous permettrons ainsi de confirmer le potentiel de réparation ostéo-chondrale de ces biomatériaux associés à des CSM allogèniques. L’objectif de cette étude sera d’évaluer l’efficacité sur la régénération du cartilage articulaire de ces implants hybrides.
Bénéfices attendus
Le bénéfice attendu à court terme est la validation de l’utilisation de cellules souches mésenchymateuses allogéniques dans la réparation des lesions du cartlilage articulaire chez la brebis. Ce travail fera l’objet d’une publication. Le bénéfice à long terme concerne essentiellement l’être humain. Le but est de traiter les lésions cartilagineuses pour éviter qu’elles aboutissent à une arthrose évoluée nécessitant une intervention de type prothèse. Ce serait un bénéfice (une économie) en termes de coût de la santé. Il est nécessaire de tester cette hypothèse sur un modèle gros animal avant de proposer ce type de traitement chez l’être humain (principe de précaution) car les tests sur des petits animaux ne sont pas transposables pour des raisons évidentes de taille, d’anatomie et donc de contraintes mécaniques. Les principaux avantages de l’utilisation de cellules allogéniques par rapport aux cellules autologues sont : a/ d’éviter le prélévement de moelle osseuse 2 à 3 semaines avant l’intervention sur le cartilage b/ de pouvoir administrer un nombre connu à l’avance de cellules.
Procédures
Il n'est pas prévu de prélèvement sur animaux vigiles. Tous les gestes seront réalisés sous anesthésie générale. 3 procédures seront utilisées .1. ponction de moelle osseuse (5 min). 2. intervention pour implantation du dispositi (45 min). 3. IRM (3 x15 min)
Impact sur les animaux
Une intervention sur les genoux et douleur post-opératoire au niveau des genoux opérés, traitée par antalgiques adaptés. Tout geste sur une articulation peut entraîner des complications : -Anesthésiques : difficultés à l’intubation, troubles du rythme cardiaque etc … Moyens mis en œuvre = surveillance permanente de l’animal -Per-opératoires : pas de complications per-operatoires prévisibles car - pas de risque de hémorragique puisqu’on est à distance des gros vaisseaux qui sont à la face postérieure du genou. L’hémostase des petits vaisseaux sera faite au bistouri électrique et la brebis n’est pas sous anticoagulant. - Pas de risque de fracture car aucune contrainte sur l’os, seul un geste sur le cartilage - Post-opératoires : comme pour tout geste chirurgical sur une articulation les risques sont : - Une douleur post-opératoire, qui n’est pas certaine mais dont la présence sera détectée par l’observation de l’animal - Un retard de cicatrisation : surveillance quotidienne - Infection : surveillance quotidienne et geste chirurgicale adapté si nécessaire ou euthanasie Déambulation libre en box de 3,5 m x 3,5 m pendant la période de cicactrisation puis jusqu’au 6ème mois, Déambulation quotidienne sur un périmétre plus large.
Devenir
Les 3 brebis prévues pour le prélèvement de moelle osseuse, pourront être replacées dans l’élevage. Ce prélèvement ne modifie en rien leur état. Les 7 brebis opérées devront être euthanasiées pour pouvoir prélever les condyles en vue de l’analyse des implants et de leur effets sur la régénération du cartilage, ainsi que les 3 brebis surnuméraires demandées dans cet avenant.
Remplacement
Ce protocole d’étude respecte la règle des trois R de l’expérimentation animale (Replacement, Reduction, Refinement) grâce à la possibilité d’imagerie non invasive de l’IRM qui permet de suivre l’évolution des lésions sans avoir à faire de prélèvement chez l’animal. L’utilisation de cellules souches mésenchymateuses allogéniques évite une anesthésie supplémentaire car il n’est plus nécessaire de prélever de moelle osseuse autologue. Il n’y a pas d’alternative non animale pour étudier le cartilage articulaire. Suite à des études in vitro, nous avons montré l’efficacité des implants 3D des chondro-, ostéo-inducteurs et des CSM en termes de régénération ostéochondrale. La principale limite des études-in vitro est l’absence de contrainte biomécanique et son effet sur l’implant et la cicatrisation. Le passage sur animal vivant est ensuite indispensable pour valider notre approche. Il n’est actuellement pas légal de tester chez l’homme une technique innovante sans l’avoir testé chez l’animal quand cela est possible (principe de précaution)
Réduction
Une première étude a été faite sur ce même schéma avec 4 brebis mais en utilisant des CSM autologues, confirmant leur utilité dans la réparation des lésions cartilagineuses.
Raffinement
Dans le protocole actuel le même schéma est reproduit avec comme différence l’utilisation des CSM allogéniques et dans un des groupes une membrane superficielle sensée améliorer la cicatrisation du cartilage. Les 4 brebis de la première étude (opérées des 2 genoux) ont pu être toutes suivies jusqu’au terme de l’expérimentation, ce qui a permis de valider le concept de l’implant utilisé. Cependant sur un aussi petit effectif un incident (problème à l’anesthésie, mauvaise récupération post-opératoire, infection du site opératoire) la perte d’un seul animal peut compromettre le résultat de l’ensemble de l’étude et donc finalement avoir inclus inutilement les autres animaux. Pour pallier cela et augmenter les chances d’atteindre les objectifs scientifiques il est prévu d’augmenter le nombre d’animaux à 7 brebis minimum pour pallier aux éventuels incidents rendant inexploitable une implantation chez l’un des animaux. 3 brebis supplémentaires sont demandées afin de comparer l’efficacité des cellules allogénique du premier groupe aux cellules autologues de ce nouveau groupe.
Choix des espèces
La brebis est le modèle gros animal reconnu pour l’étude de l’arthrose. Les brebis agées de 2 à 4 ans sont le modèle animal utilisé habituellement dans les autres études sur le cartilage. Pour ne pas induire une variable supplémentaire par rapport aux études existantes il a été décidé de conserver ce sexe et cette tranche d’age .