Procédures sévères
Evaluation de l’efficacité de composés antiépileptiques sur un modèle rongeur d’épilepsie EU2/2
- Recherche appliquée
- Troubles nerveux
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Pesées tous les jours pendant dix semaines, injectées environ dix-huit fois, opérées une première fois pour déclencher un état de mal épileptique puis une seconde pendant deux heures pour implanter des électrodes crâniennes, 165 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Leur activité cérébrale est enregistrée en continu, jour et nuit, pendant qu'elles font trois à quatre crises par jour et vivent seules en cage. Vient ensuite un transport de huit heures en camion entre les deux établissements, puis une anesthésie gazeuse de cinq minutes. Toutes sont tuées pour découper leur cerveau en tranches et y mesurer l'effet de molécules antiépileptiques.
Objectifs
L’objectif de ce projet est de mesurer l’efficacité de molécules antiépileptiques dans un modèle d’épilepsie chez la souris. Ce projet sera réalisé dans deux établissement utilisateurs différents pour la création du modèle (EU1/2) et la collection de datas (EU1/2) et (EU2/2). Des données récentes de la littérature scientifique indiquent que certains récepteurs neuronaux de l’hippocampe sont impliqués dans les mécanismes d’épilepsie temporale. L’hypothèse est que ces molécules anti-épileptiques que nous testerons vont alors cibler ces récepteurs afin de diminuer la fréquence et la sévérité des crises.
Bénéfices attendus
Notre projet permet de caractériser, évaluer et comprendre les effets de futurs candidats médicaments antiépileptiques dans ce modèle. Nos techniques mise en œuvre dans ce projet, pour l’évaluation des effets pharmacologiques sur le système nerveux central et sur ces explants de tissus vivants constitue une bonne approche car elle permet : - Dans un modèle de la pathologie une analyse des crises focales partielles ; - D’obtenir des enregistrements sur animal vigile lors des crises et du repos, des crises épileptiques ; - de limiter le nombre d’animaux à tester par l’utilisation de tissus (mesures multipoints sur le même tissu séparé en petits échantillons); Ce projet permet ainsi d’affiner la sélection et l’orientation du développement des composés testés avant de lancer les premières étapes précliniques.
Procédures
Les animaux sont manipulés tous les jours pendant 10 semaines pour les pesées. (EU1/2) Ils sont injectés tous les quatre jours en SC soit environs 18 injections sur 10 semaines (EU1/2) et (EU2/2) Ils subissent deux chirurgies : *Induction d’épilepsies de 15 à 20 min et une heure post opératoire (EU1/2) *Implantation des électrodes d’enregistrement environ deux heures (EU1/2) Une période d’enregistrement de l’activité électrique cérébrale (sans fil) synchronisée à un enregistrement vidéo 24h/24, 7j/7. (EU1/2) Un transport entre les deux sites (camion spécialisé, 8h de trajet en une seule journée) Et enfin une anesthésie gazeuse durant 5 min maximum. (EU2/2)
Impact sur les animaux
Nous avons des procédures qui peuvent amener à des effets indésirables : La procédure peut par : *-l’hébergement individuel des animaux génère du stress ; *-la manipulation régulière d’un animal, générer du stress ; *-l’injection régulière, provoquer des effets indésirables de types inflammation induration au site d’injection, *- des conséquences des chirurgies avec des déshydrations, des infections possibles ; *- L’implantation des électrodes peut provoquer de l’inconfort*- l’état épileptique provoques des crises épileptiques à une fréquence de 3 à 4 par jour, de courte durée inférieure à 2 minutes en temps cumulé et par jour.
Devenir
Ce projet nécessitant une analyse fine de l'efficacité des antiépileptiques sur tranche de cerveau, nous devons mettre à mort tous les animaux de ce modèle..
Remplacement
Nos évaluations nécessitent de pouvoir réaliser des observations sur des réseaux neuronaux natifs et connectés, « donc les plus physiologiques possibles ». Il n’est pas envisageable de réaliser sur l’Homme les tests que nous proposons. Nous devrons donc utiliser des animaux vivants pour cela. En effet, nos tests, permettent d’évaluer des molécules avec des effets potentiellement inconnus, en les administrant à un organisme vivant. De plus, nous utilisons des tissus fraichement prélevés, car les modèles informatiques actuels ne nous permettent pas d’appréhender la complexité de ces connexions anormales observées lors des crises épileptiques.
Réduction
Un test statistique a été utilisé pour calculer le nombre minimum d’animaux nécessaire pour ce projet. Ce nombre est de 165 animaux pour la réalisation de ce protocole. Pour la partie ex vivo, nous réalisons des enregistrements multiples sur tranches de cerveau après mise à mort des animaux. Le même tissu étant utilisé pour plusieurs expériences d'électrophysiologie sur tranche, cela réduit le nombre d'animaux total nécessaire.
Raffinement
Les animaux utilisés au cours de la Procédure seront habitués, dès le départ aux contentions à réaliser pour limiter le plus possible les stress futurs liés à ces gestes techniques. Les sites d’injection seront légèrement modifiés pour éviter tout problème d’inflammation lors des traitements répétés. Les points limites sont aussi adaptés aux effets possibles dus à ces doubles chirurgies. Des traitements analgésiques permettant une gestion de la douleur post-opératoire seront appliqués. Le système d’enregistrement de l’activité cérébrale utilise un dispositif sans fil permettant à l’animal de se déplacer librement.
Choix des espèces
Le développement de ce modèle inductible d’épilepsie et la grande quantité d’informations scientifiques disponibles sur le fonctionnement du cerveau des souris, ajoutée à la maîtrise de leur élevage, de leur génétique, de leur relative petite taille et au développement de techniques d’enregistrements électrophysiologiques sur explants vivants font de ces espèces un modèle de choix pour la préparation de tissu nerveux et l’évaluation pharmacologique de molécules. Pour ces raisons, nous n’utilisons que ces rongeurs. Les animaux seront utilisés entre 2 et 6 mois post natal afin de permettre une comparaison avec des résultats précédemment publiés de notre partenaire.
Identification des mécanismes moléculaires et cellulaires impliqués dans la mise en place des réponses anticorps
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système immunitaire
Injectées jusqu'à trois fois par semaine, saignées une fois par semaine et irradiées à deux reprises, 8 344 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, toutes tuées pour prélever leurs organes lymphoïdes, leur cerveau et leurs poumons. L'objet déclaré est de comprendre comment se mettent en place les réponses anticorps, pour améliorer des vaccins et bloquer des réactions auto-immunes. Les atteintes annoncées dépassent largement ces trois gestes : une encéphalomyélite qui imite la sclérose en plaques, avec une douleur tardive décrite comme modérée à importante, des tumeurs pouvant se nécroser et métastaser au poumon, de la léthargie, un dos arqué, une perte de poids. Le porteur écarte les analgésiques au motif qu'ils pourraient "interférer avec le cours de notre expérimentation", sans décrire nulle part comment la tumeur est greffée ni comment l'encéphalomyélite est déclenchée.
Objectifs
Une des caractéristiques du système immunitaire est sa remarquable capacité à développer des réponses appropriées à des stimuli très divers tout en préservant une intégrité tissulaire. Ce fin calibrage des réponses immunitaires est essentiel car une réponse éffectrice inappropriée ne permet pas un contrôle efficace des pathogènes et inversement, une réponse incontrôlée peut conduire à l’auto-immunité ou à certains types de cancers comme les lymphomes. Une population de lymphocyte T CD4 particulière, les lymphocytes T Folliculaires, contrôlent les réponses anticorps en interagissant et régulant les cellules productrices de ces anticorps que sont les lymphocytes B (LB). L’objectif de ce projet est de mieux comprendre les interactions cellulaires in vivo entre les différentes sous-populations du système immunitaire qui participent à la réponse immunitaire. Cette étude sera réalisée dans différents contextes pour: 1) promouvoir les réponses immunologiques physiologiques pour obtenir des réponses protectrices et durables dans un contexte vaccinal contre des pathogènes infectieux (virus, parasite...) ou dans le but de développer des réponses anti-tumorales efficaces. 2) bloquer ces réponses immunologiques lorsqu'elles sont déregulées et deviennent pathogènes comme dans le cas de certaines maladies autoimmunes. Ces interactions cellulaires se mettent en place dans des zones précises des organes lymphoides et à des temps précis après vaccination, infection ou lors du développement des maladies autoimmunes. De ce fait, il est possible de mimer la différenciation des cellules effectrices in vitro mais pas d'étudier les interactions de ces cellules avec les lymphocytes B ni le développement de ces cellules mémoires. Des études in vivo caractérisant les dynamiques de ces interactions sont donc nécessaires. Les objectifs sont : Comprendre les mécanismes de différenciation de ces cellules après vaccination ; Améliorer la réponse immunitaire en modifiant les adjuvants vaccinaux, afin d’induire une protection efficace contre différents pathogènes ; Étudier les dérèglements des interactions cellulaires dans des contextes autoimmuns ; Étudier le rôle des cellules effectrices en immunothérapie anti-cancéreuse.
Bénéfices attendus
Notre projet permettra de contribuer à identifier les mécanismes cellulaires et moléculaires à l'origine d'une réponse humorale de qualité pour la promouvoir dans des contextes vaccinaux ou l'inhiber dans des contextes pathologiques. Ces mécanismes pourraient être exploités pour les thérapies de nouvelle génération.
Procédures
Les animaux pourront subir des injections (durée moins de 1 min) au maximum 3 fois par semaine, des prélèvements veineux de sang (durée moins de 1 min) au maximum 1 fois/semaine pendant la procédure et deux irradiations de moins de 4 minutes chacune.
Impact sur les animaux
Les lignées génétiquement modifiées que nous utiliserons, et dont nous disposons d’ores et déjà au laboratoire dans ce projet n’ont pas de phénotype dommageable hormis les souris immunodéficientes qui seront utilisées dans la procédure 3. Ces souris dépourvues de système immunitaire sont plus sujettes aux infections. Les injections réalisées aux animaux sont associées à des douleurs locales modérées et transitoires au point d’injection. Après induction d'une encéphalomyélite qui mime la maldie de la sclérose en plaque, la douleur est absente ou faible initialement et modérée/importante plus tardivement. Une grille de score quotidien d’état clinique est mis en place et à partir d'un score élevé, de la nourriture et de l’eau sous forme gélifiée sont placées dans la cage pour permettre aux souris qui se déplacent plus difficilement de se nourrir. L’utilisation d’analgésiques, d’antalgiques ou d’anti-inflammatoires pourrait interférer avec le cours de notre expérimentation. La croissance des tumeurs primaires peut induire des difficultés de déplacement. La croissance tumorale peut aussi être associée au développement de nécrose caractérisée par une invagination au centre de la tumeur s’accompagnant parfois de légers saignements et de rougeur sur le pourtour de la tumeur. Le lieu préférentiel de métastase de la tumeur utilisée est le poumon et peut donc être accompagnée de troubles respiratoires. Globalement, la pousse tumorale et le développement de métastases peuvent être associés à une altération de l’état général (absence de nidification, absence de toilettage, asthénie, léthargie, tremblement, dos arqué) et à une perte de poids. Ces effets indésirables apparaissent généralement en fin d'expérience, autour de J20-30. De plus, un stress peut être généré chez l’animal par les manipulations répétées (contention lors de la mesure du volume tumoral).
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de chaque procédure pour récupérer différents tissus (les organes lymphoïdes, rate, cerveau, poumon) pour des analyses cytométriques, transcriptomiques et histologiques.
Remplacement
Les réponses humorales misent en place sont complexes. Elles nécessitent l’implication de plusieurs types de cellules immunitaires qui agissent de manière coordonnée dans le temps (avec des cinétiques précises) et dans l’espace (ganglions lymphatiques drainant, non drainants, tissus cibles). Ces différentes étapes ne peuvent pas être mimées/reproduites in vitro.
Réduction
Une étude approfondie de la littérature a été réalisée. Elle nous a permis de choisir les modèles les mieux adaptés pour répondre à nos questions scientifiques mais aussi d’adapter le nombre minimal d’animaux nécessaires. Nous avons aussi interrogé des chercheurs maitrisant ces modèles et leur robustesse. Nous en avons conclu que le nombre minimal d’animaux est de 10 par groupe. Le calcul d'effectif a été déterminé par une approche statistique. Les expériences seront reproduites 2 fois. Un maximum d’étude sera réalisé sur le même animal : étude longitudinale de mesure de la pousse tumorale ou suivi d'encephalomyelite autoimmune et étude cytométrique/transcriptomique/histologique sur les tissus post-mortem
Raffinement
Toutes les procédures seront réalisées par du personnel formé à l'expérimentation animale et détenteur du diplôme de chirurgie expérimentale quand cela le nécessite. Lors de la réalisation des procédures, des précautions et mesures adaptées seront prises pour réduire au mieux le stress et la souffrance des animaux. Afin de limiter les risques d'infection des animaux, en particulier les animaux immunodéficients, les animaux seront placés dans des cages placées sur portoir ventilé et les expérimentateurs seront munis de protection personnelle (combinaison, masque, charlotte, surchaussures, gants). L’environnement de toutes les cages sera enrichi (igloos, sizzelnest pour la nidification, rouleaux en carton) et de la nourriture/eau gélifiée rajoutée dans la cage si nous notons que les souris perdent du poids sans que les points limites ne soient atteints. Du serum physiologique tiédi pourra être injecté en cas de déshydratation. Des points limites spécifiques ont été établis et sont décrits pour chaque procédure. S’ils devaient être atteints, les animaux seront mis à mort.
Choix des espèces
Les acteurs de la réponse immunitaire et, plus précisméent, humorale chez la souris sont très similaires à ceux de l'Homme. A ce jour, la souris représente le meilleur modèle animal pour étudier la réponse humorale qui est une réponse intégrée dans le temps (précoce avec la réponse immunitaire innée (DC), plus tardive avec la réponse immunitaire adaptative (Lymphocytes B et T)) et dans l'espace (dans les organes lymphoïdes et les tissus cibles). Toutes les procédures seront réalisées sur des animaux agés de 8-30 semaines. Le système immunitaire atteint sa maturité fonctionnelle aux alentours de 8 semaines, puis commence à décliner à partir d’environ 30 semaines. Ces éléments justifient le choix de l’âge des animaux utilisés pour les expérimentations.
Caractérisation anatomique et fonctionnelle de la comorbidité entre la douleur chronique et les problèmes moteurs
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Rats : 330
Le nerf sciatique est lésé chirurgicalement pour installer une douleur mécanique persistante que le porteur reconnaît ne pas pouvoir soulager par des analgésiques sans compromettre ses objectifs. 960 souris et rats vont être utilisés, par groupes d'au plus quinze, tous tués pour que leur système nerveux central soit prélevé, dont 450 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Après l'opération, les animaux se déplacent difficilement pendant deux à trois jours. L'objet est de cartographier les circuits reliant la perception de la douleur au contrôle du mouvement, et le porteur situe l'enjeu dans une douleur chronique qui touche 20 à 30 % de la population humaine, sans avancer de retombée clinique plus précise.
Objectifs
La douleur chronique peut résulter d’une inflammation persistante ou d’une lésion du système nerveux, impliquant des mécanismes périphériques et/ou centraux. Elle constitue un problème majeur de santé publique, affectant environ 20 à 30 % de la population mondiale. De plus, elle s’accompagne très fréquemment d’un risque accru de développement de troubles moteurs, ce qui représente un enjeu majeur en santé publique. Les mécanismes neuronaux sous-jacents à cette comorbidité douleur–troubles moteurs restent encore largement inconnus, d’où la nécessité d’études précliniques approfondies. De nombreuses recherches se sont concentrées sur changements induits par la douleur dans les neurones de la moelle épinière, mais peu d'attention a été accordée aux composantes cérébrales. Pourtant les mêmes régions du cerveau et les mêmes composants neurochimies sont impliquées dans le mouvement et la perception de la douleur. Le but de ce projet est de caractériser les circuits neuronaux impliqués dans la perception de la douleur et le contrôle du mouvement.
Bénéfices attendus
Les bénéfices de cette étude concernent la caractérisation d'un circuit impliqué dans la douleur et les troubles moteurs associés, qui peut être traité et surveillé par des techniques non invasives telles que la stimulation magnétique transcrânienne. À court terme, ce projet chez la souris et le rat est mené parallèlement à une étude chez l’humain utilisant la stimulation magnétique transcrânienne. Dès que les expériences sur les rongeurs apportent des réponses sur l'anatomie et la fonctionnalité du circuit d'intérêt, il sera possible d’adapter les protocoles de stimulation chez l'homme de manière plus fine et plus sûre. L'objectif final de ce projet est donc de caractériser les circuits responsables de l’effet de la stimulation magnétique transcrânienne chez les rongeurs, afin d’améliorer cette technique pour le traitement de la douleur chez l’humain. L’innovation réside dans le ciblage de circuits ou de systèmes de médiateurs chimiques intervenant simultanément dans ces pathologies douloureuses et leurs comorbidités motrices. Ces douleurs comprennent non seulement une composante sensorielle, mais aussi émotionnelle et cognitive, qui peuvent entraîner le développement de pathologies graves lorsqu’elles persistent. La sensibilisation à la douleur provoque ainsi une dégradation générale de la qualité de vie et un coût économique important (arrêts de travail, consultations médicales, prise en charge complexe des patients). Notre projet vise à décrire les mécanismes précis de ces interactions dans les régions corticales et le locus coeruleus, voie de sortie qui régule la transmission sensorielle dans et vers la moelle épinière. Ce sont ces mécanismes, partiellement communs aux douleurs et aux troubles psychomoteurs associés, qui seront la cible de traitements tels que la stimulation magnétique transcrânienne.
Procédures
Un premier ensemble d’animaux sera utilisé pour des études visant à décrire l’organisation et le fonctionnement général des circuits nerveux impliqués. Les animaux recevront des injections ciblées (d’une durée d’environ 30 minutes par animal), puis seront euthanasiés dans les 30 à 60 minutes suivantes afin de réaliser des analyses sur des tissus cérébraux. Un deuxième ensemble d’animaux sera consacré à l’étude de situations de douleur persistante. Après l’induction de la douleur (durée 10 à 20 minutes), les animaux feront l’objet d’une évaluation comportementale (10 à 30 minutes), suivie de mesures réalisées sous anesthésie générale (2-4 heures). Un troisième ensemble suivra un protocole similaire, avec une intervention supplémentaire préalable visant à moduler l’activité d’une structure cérébrale impliquée dans la régulation de la douleur et du mouvement. Cette manipulation permettra d’analyser les effets de cette modulation sur les réponses observées chez les animaux dans la demi-heure à l’heure suivante. Enfin, un dernier ensemble d’animaux sera utilisé pour étudier les effets de cette modulation sur l’activité du système nerveux au niveau de la moelle épinière, après réalisation des procédures prévues (durée de 1 a 4 heures selon la procédure).
Impact sur les animaux
Le modèle de douleur neuropathique par lésion du nerf sciatique est particulièrement adapté à ce projet, car il induit une allodynie mécanique persistante, caractéristique des douleurs neuropathiques chroniques. Ce modèle est classé en sévérité sévère, en raison de la douleur persistante induite, qui ne peut être soulagée par des traitements analgésiques sans compromettre les objectifs scientifiques du projet. À la suite de la chirurgie, une altération transitoire des déplacements des animaux peut être observée. Cette difficulté est attendue et disparaît généralement dans un délai de 48 à 72 heures après l’intervention. Les effets indésirables potentiels associés à ce modèle sont les suivants : 1) une douleur liée à l’acte chirurgical et à la phase de récupération post-opératoire immédiate, prise en charge par une analgésie adaptée ; 2) un risque infectieux associé à la chirurgie, limité par le respect strict des règles d’asepsie et une surveillance quotidienne des animaux ; 3) un risque de perte de poids et d’hypothermie consécutif à l’intervention chirurgicale, faisant l’objet d’un suivi régulier et de mesures correctives si nécessaire..
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de chaque intervention expérimentale. Leur système nerveux central sera prélevé et utilisé pour l’une des études suivantes, en lien avec les objectifs scientifiques du projet : – des études anatomiques visant à caractériser les connexions entre les zones d’intérêt ; – des analyses de l’activité neuronale des zones d’intérêt ; – des contrôles histologiques permettant de vérifier les sites d’enregistrement électrophysiologique ou de stimulation électrique.
Remplacement
La souris et le rat sont les espèces de choix pour étudier le système nerveux des vertébrés, ce qui fournit des informations très facilement transposables à l'homme. L’utilisation combinée de rats et de souris dans nos protocoles se justifie par les différences anatomiques et fonctionnelles existant entre ces deux espèces, notamment au niveau des régions corticales d’intérêt. Cette approche comparative permet une meilleure compréhension de l’organisation et du rôle fonctionnel de ces structures chez l’humain, en particulier dans le cadre des troubles moteurs associés à la douleur. Pour vérifier et valider le concept du projet dans des approches plus intégrées, il est nécessaire d’utiliser des approches ex vivo et in vivo avec des animaux de façon à observer le cerveau en fonctionnement. Le recours au modèle animal est indispensable aucun modèle in vitro (cellules ou tissus) ne peut reproduire les conditions des pathologies étudiées
Réduction
Dans cette étude, la réduction du nombre d’animaux est prise en compte tout en conservant une signification scientifique statistique (hétérogénéité inter-individuelle), le nombre des animaux utilisées dans chacun des groupes expérimentaux ne dépassera pas ainsi 15 animaux par condition expérimentale. Nous avons adopté des mesures visant à réduire le nombre d'animaux lié à leur mode production : en utilisant pour la réalisation de ce projet tous les animaux quel que soit leur sexe (i.e. mâle et femelle). La force de notre hypothèse, les expériences pilotes précédentes ainsi que la qualité de nos procédures basées sur des années d'expérience, nous permettront de réduire significativement le nombre d'animaux utilisés. Le nombre d'animaux a été calculé par l'estimation de la variance observée avec ce type de donnée permettant d'atteindre une signification statistique. Nous utiliserons des tests statistiques appariés
Raffinement
Tous les protocoles sont optimisés afin de réduire au maximum le stress et la douleur des animaux. Les interventions chirurgicales sont réalisées sous anesthésie gazeuse, conformément aux procédures décrites. Les animaux sont surveillés quotidiennement par l’expérimentateur, avec une attention renforcée après les interventions chirurgicales et jusqu’à la fin de l’expérimentation. Cette surveillance inclut notamment la réhydratation, le maintien de la température corporelle et la mise en place de soins vétérinaires si nécessaire. Les animaux naissent dans l’animalerie de l’établissement, qui bénéficie d’un haut statut sanitaire. Ils sont hébergés en cages collectives sur racks ventilés, équipées d’une litière permettant l’expression de comportements naturels de fouissage, ainsi que d’un enrichissement environnemental composé de nids végétaux et de tubes en carton favorisant le jeu et le comportement de rongement. Leur bien-être est contrôlé par la cellule dédiée au bien-être animal de l’animalerie. Les soins et la surveillance quotidienne sont assurés par un personnel qualifié et expérimenté, avec une vigilance particulière lors des phases de récupération suivant les procédures invasives. Des points limites sont définis pour chaque intervention afin de prévenir toute souffrance inutile. Des mesures précoces et spécifiques sont mises en place en cas d’apparition de signes de souffrance ou d’altération de l’état général. En l’absence d’amélioration malgré ces mesures, une euthanasie est réalisée afin d’interrompre toute souffrance. Dans toutes les procédures où cela est possible, des mesures analgésiques appropriées sont appliquées. Pour les procédures ne permettant pas l’administration d’analgésiques, une surveillance renforcée est assurée et les points limites définis garantissent une prise en charge rapide de la douleur.
Choix des espèces
La souris et le rat adultes sont les espèces choisies pour les études sur le système nerveux central des vertébrés. L’organisation du système nerveux central de ces deux espèces présente de fortes similitudes avec celle de l’homme, ce qui permet d’extrapoler les résultats obtenus afin de mieux comprendre les mécanismes cellulaires et comportementaux. Les propriétés neuroanatomiques et physiologiques de la souris et du rat sont comparables à celles d’autres mammifères, dont l’être humain, rendant les enseignements tirés de leur étude largement transférables. L’utilisation conjointe de ces deux modèles est essentielle, car certaines différences anatomiques et fonctionnelles permettent d’explorer de manière complémentaire les circuits neuronaux d’intérêt. La souris est particulièrement adaptée aux études optogénétiques et à la possibilité de cibler précisément des populations neuronales spécifiques. Le rat, quant à lui, est souvent privilégié pour certains enregistrements moteurs périphériques, sa taille plus importante facilitant l’accès et la manipulation des structures nerveuses. Ainsi, la combinaison des deux espèces offre une approche plus complète et robuste pour l’étude du système nerveux.
Rôle des cellules B dans le développement de l’encéphalomyélite autoimmune expérimentale chez la souris.
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
Les souris qui perdent plus de 20 % de leur poids ou atteignent le score clinique maximal sont mises à mort. 1 008 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue pour que leurs organes soient prélevés, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. L'encéphalomyélite auto-immune induite fait perdre la tonicité de la queue dès le septième jour, puis affaiblit et paralyse les membres postérieurs, les membres antérieurs pouvant être touchés au point de compromettre l'alimentation et l'hydratation, avec des nécroses au site d'immunisation. Chaque expérience est répétée trois fois sur des groupes de sept, pour comprendre comment une protéine régule les lymphocytes B, le porteur affirmant que le système immunitaire de la souris est semblable à celui de l'être humain.
Objectifs
La sclérose en plaques (SEP) est une maladie inflammatoire chronique du système nerveux central (SNC). Elle est généralement diagnostiquée entre 20 et 40 ans, touche environ 80 000 personnes en France et affecte deux fois plus de femmes que d'hommes. La SEP est la première cause de handicap non traumatique chez les jeunes adultes et à de lourdes conséquences sociales et économiques. Elle se caractérise par l'infiltration de cellules immunitaires dans le SNC et la destruction des fibres nerveuses. Les traitements qui éliminent les cellules B peuvent être bénéfiques, mais leurs mécanismes d'action sont mal compris et le risque d'infections accru a été observé. Les cellules B jouent en effet un rôle complexe : elles peuvent soit aggraver l’inflammation en produisant des anticorps et des cytokines pro-inflammatoires, soit la réguler grâce à des cytokines anti-inflammatoires. Dans le cadre de ce projet, nous utilisons un modèle expérimental d'inflammation du système nerveux central (SNC) chez la souris, appelé encéphalomyélite auto-immune expérimentale (EAE), qui constitue le modèle de référence pour étudier la SEP. Notre objectif est de comprendre comment la protéine HuR régule l’activité des lymphocytes B en contrôlant la production de cytokines. Une meilleure compréhension de ce mécanisme pourrait permettre de mettre au point de nouveaux traitements plus sûrs pour la SEP et d’autres maladies auto-immunes.
Bénéfices attendus
Cette étude vise à mieux comprendre comment certaines cellules du système immunitaire peuvent influencer l’inflammation chronique du cerveau et de la moelle épinière au cours de l’EAE. Alors que de nombreux travaux se sont concentrés sur d’autres aspects de la maladie, le rôle précis des cellules immunitaires reste encore mal connu. À plus long terme, ce projet permettra d’améliorer notre compréhension des maladies auto-immunes et pourrait contribuer au développement de nouvelles stratégies pour mieux contrôler l’inflammation du système nerveux central et ralentir la progression de la sclérose en plaques.
Procédures
Au totale, une souris pourrait être soumise à entre 4 et 10 interventions (si elle est immunisée), chacune durant entre 2 et 10 minutes. En détail, premièrement, tous les animaux sont soumis à un prélèvement de tissu ou du sang pour le génotypage. Après, l'induction d'un modèle expérimental d'inflammation du système nerveux central (SNC) chez la souris, appelé encéphalomyélite auto-immune expérimentale (EAE), sera réalisée en administrant un traitement spécifique par voie sous-cutanée (une fois) et voie intraveineuse (deux fois) pendant deux jours. Dans certains cas, les animaux recevront le jour avant l’induction de la maladie des cellules immunitaires, soit par voie intraveineuse, soit par voie intrapéritonéale. Finalement, Certains animaux seront vaccinés par voie intrapéritonéale toutes les semaines pendant 4 semaines avant l'induction de la maladie et une fois après. Toutes les souris seront euthanasiées avant le prélèvement des organes le jour du point d’analyse.
Impact sur les animaux
L’induction de l’EAE entraîne une série de signes cliniques progressifs liés à la démyélinisation et à l’inflammation du système nerveux central. Les premiers symptômes apparaissent généralement entre J7 et J9, avec une perte de tonicité de la queue, suivie d’une faiblesse des membres postérieurs pouvant évoluer vers une paralysie partielle ou complète. Ces atteintes s’accompagnent de troubles locomoteurs, d’une réduction de la mobilité, de problèmes d’équilibre et d’une perte de poids modérée à sévère au cours des phases aiguës. Dans les cas les plus avancés, les membres antérieurs peuvent également être touchés, ce qui compromet l’alimentation et l’hydratation. Des nécroses localisées au site d’immunisation (base de la queue) peuvent également apparaître. Le suivi clinique sera assuré tous les jours au moyen d’une grille de score EAE validée. Pour limiter les nuisances liées à la maladie, plusieurs mesures de raffinement seront mises en place : mise à disposition de nourriture et d’eau au sol en cas de paralysie, accès facilité à de la pâtée humide, et définition de points limites stricts. Les animaux atteignant d’une perte de poids supérieure à 20 %, score clinique maximal atteint ou avec un autre signe de souffrance évidente seront examiné par le vétérinaire et immédiatement euthanasiés conformément aux recommandations éthiques. Enfin, les autres procédures expérimentales comportent également des nuisances : les injections de substances ou de cellules, les prélèvements sanguins et les biopsies pour le génotypage entraînent des désagréments légers. Toutes ces interventions seront réalisées exclusivement par du personnel formé et qualifié afin de réduire au minimum la douleur, le stress et l’inconfort des animaux.
Devenir
Dans ce projet, tous les animaux seront euthanasiés à la fin d’étude afin de prélever les organes nécessaires aux analyses.
Remplacement
Les réponses immunitaires au cours de l’EAE sont des mécanismes complexes qui ne peuvent pas être modélisés in vitro. Les souris ont un système immunitaire similaire à celui des humains et permettent l’obtention de résultats scientifiques exploitables et pertinents pour étudier la maladie chez l’humain.
Réduction
Nous suivons des directrices reconnues afin de garantir le bien-être animal et la collecte de données de haute qualité avec un nombre minimum d’animaux. La stratégie d’élevage produit des souris tests et contrôles à un rythme mendélien, si possible. Les souris sont classées en fonction du sexe, mais pas du génotype. Le nombre minimal d’animaux dans chaque expérience est déterminé en utilisant des calculs de puissance statistique. Sur la base de nos données préliminaires, avec un niveau de signification bilatérale de 0,05, pour une différence de 2 fois entre les groupes et une puissance de 0,85, nous aurons besoin de 7 souris par groupe. Pour la reproductibilité de résultats concluants, nous répéterons chaque expérience 3 fois pour permettre un test statistique et une bonne reproductibilité.
Raffinement
Les souris sont hébergées par 5 maximum dans des cages à 20-24°C et 30-50% d’hygrométrie, en portoirs ventilés (dans des cages d’une superficie de 500cm2), avec une alternance jour/nuit de 12h/12h. Les souris ne seront jamais laissées seules dans leur cage. La nourriture et l’eau de boisson sont fournies ad libitum. Le change de la litière est réalisé 1 fois par semaine. De l’essuie-tout, des copeaux et du rouleau en carton et une maison en plastique rouge sont rajoutés en tant qu’enrichissements pour permettre aux souris de se détendre. Les animaux sont suivis au quotidien par les zootechniciens dès leur naissance. Les animaux disposent d'une semaine d'acclimatation avant le début du protocole. Les conditions d’expérimentation font l’objet d’une procédure de suivi du bien-être animal. Dans chaque procédure, nous avons mis en place des points limites (perte de poids supérieure à 20 %, score clinique maximal, signes de souffrance manifestant par une activité, posture, aspect et/ou respiration anormale). Si l’un de ces critères est atteint, et en consultation avec les zootechniciens ou le SBEA, les souris seront euthanasiées. Les utilisateurs ont reçu des formations spécialisées et officielles qui leur permettent l’évaluation des souris et le raffinement des procédures. Les zootechniciens compétents assureront également le suivi du bien-être des animaux et des signes cliniques, et nous signaleront tout incident tel que les grimaces, l’amaigrissement, la déshydratation, une posture prostrée, des poils hérissés et/ou une absence de toilettage. L’anesthésie sera utilisée pendant l’injection des substances ou cellules pour réduire le stress et la douleur.
Choix des espèces
Les mécanismes immunitaires étudiés dans ce projet sont conservés chez la souris et chez l'humain. Grâce à des modèles murins, nous pouvons comprendre comment la réponse immunitaire est régulée dans le contexte d'une inflammation du système nerveux. Plus précisément, nous pouvons observer le maintien et la fonction des cellules immunitaires dans le cerveau, un environnement complexe et difficile à reproduire en laboratoire. Toutes les expériences seront réalisées sur des souris âgées de 3 à 20 semaines, présentant un système immunitaire encore jeune et fonctionnel.
ROLE DU MICROBIOTE INTESTINAL SUR LA SENSIBILISATION CENTRALE A LA DOULEUR DANS LA POLYARTHRITE RHUMATOÏDE
- Recherche appliquée
- Troubles gastrointestinaux
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- Recherche fondamentale
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- Système immunitaire
- Système nerveux
Aucun antalgique ni analgésique systématique n'est administré, parce qu'il fausserait la mesure de la douleur étudiée. 680 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, par groupes de vingt. Elles reçoivent le microbiote intestinal de patients atteints de polyarthrite rhumatoïde, subissent une arthrite induite avec gonflements et rougeurs des pattes, puis des tests de sensibilité au toucher et au froid et des tests d'anxiété et de dépression, avant que leur cerveau et leur intestin soient prélevés. Le porteur écrit vouloir "éviter toute douleur inutile" et annonce qu'il n'interviendra pas tant que les niveaux de douleur observés resteront dans les seuils attendus.
Objectifs
Chez les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde, 20 à 30 % continuent d’avoir des douleurs même si leur maladie est bien traitée. Leur corps réagit plus facilement à la douleur que celui de personnes non malades, et elles ont aussi souvent plus d’anxiété et de dépression. La flore intestinale, c'est-à-dire les bactéries présentes dans nos intestins, joue un rôle dans la maladie, et on sait qu'un lien important existe entre l’intestin et le cerveau. Nous pensons donc que les modifications de la flore intestinale des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde favorisent la douleur chronique et la dépression, notamment chez les patients qui ont des symptômes qui persistent après traitement. Pour mieux comprendre comment tout cela fonctionne, nous allons étudier l’impact de leur flore intestinale en la transférant à des souris. Ensuite, nous observerons ces souris avec différents tests permettant d’évaluer leur sensibilité au toucher ou au froid, mais aussi des tests qui permettent d’évaluer l’anxiété ou la dépression. Nous testerons l’effet des microbiotes dans deux situations : chez des souris saines pour évaluer les effets déclencheurs des microbiotes, et en conditions pathologiques, c’est à dire chez des souris avec de l’arthrite pour évaluer cette fois les effets aggravateurs des microbiotes. Une fois prouvé le rôle du microbiote, nous identifierons quels éléments issus du microbiote intestinal sont responsables pour pouvoir les cibler et tenter de bloquer les mécanismes qui déclenchent ou aggravent la maladie. L’objectif final est d’identifier des composés du microbiote pouvant réduire la douleur ou les troubles anxio dépressifs, afin d’ouvrir la voie à de nouvelles approches thérapeutiques pour les patients.
Bénéfices attendus
La douleur chronique et de la dépression restent difficiles à traiter chez certains patients, ce qui impacte fortement leur qualité de vie. Il est donc essentiel de comprendre l'origine de l’hypersensibilité à la douleur et de la dépression pour permettre le mieux les soigner. Une fois prouvé rôle de la flore intestinale, nous analyserons et comparerons les différents microbiotes pour identifier quelles sont les bactéries ou quelles sont les molécules produites pourraient expliquer l’hypersensibilité à la douleur et de la dépression. Ceci nous permettra ainsi de tester leur rôle protecteur chez les souris avant de les tester en clinique chez les patients. Ce projet permettra donc une véritable recherche translationnelle, du laboratoire au patient, avec pour objectif d’améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de douleurs chroniques ou de dépression.
Procédures
Nous réalisons des greffes de microbiote intestinal en donnant aux souris par voie orale des préparations de microbiote de patients une fois par semaine pendant 4 semaines. Suite à la greffe de microbiote, les souris seront suivies chaque semaine grâce à des tests comportementaux pour mesurer les seuils de sensibilité (réaction au toucher par filaments de Nylon ou réaction à la température) et caractériser les comportements anxieux ou dépressifs. Chaque test dure entre 5 et 20 min. Dans certains cas, nous examinons aussi si le microbiote modifie la perméabilité de l’intestin ou le passage de substances vers le cerveau, en administrant des traceurs fluorescents par voie orale ou par injection. Ces expériences sont menées chez des souris saines mais aussi dans différents modèles d’inflammation (polyarthrite aiguë ou chronique, inflammation locale de la patte). Les inflammations sont induites par l’injection de molécules inflammatoires, toujours sous anesthésie légère par inhalation. Enfin, lorsque des molécules produites par le microbiote auront été identifiées (comme des dérivés du tryptophane, de la sérotonine, des métabolites de fibres ou des acides biliaires), nous les ajouterons dans l’eau de boisson des souris pour tester leur effet bénéfique dans les modèles les plus pertinents.
Impact sur les animaux
La sensibilité tactile et thermale et les comportements anxio-dépressifs étant les paramètres étudiés dans nos procédures, aucune médication antalgique ou analgésique systématique ne peuvent être appliquées car ils fausseraient nos résultats. Les principaux désagréments pour les animaux seront liés aux modèles inflammatoires utilisés pour induire l’arthrite ou l’inflammation locale. Ces inflammations provoqueront des douleurs articulaires, des gonflements et des rougeurs au niveau des pattes. L’arthrite aiguë sera de courte durée (maximum 2 semaines), avec retour à un état normal. L’arthrite chronique durera plus longtemps, mais la durée de suivi sera limitée à 5 semaines après l’apparition des premiers symptômes d’arthrite pour éviter des souffrances prolongées. Les animaux subiront également des piqures d’aiguilles, un stress léger passager lié aux manipulations. Toutes les injections seront pratiquées sous anesthésie légère par inhalation, d’une durée d’environ 5 minutes, afin de réduire au maximum la douleur et l’inconfort.
Devenir
La douleur étant étudiée, et donc induite, chez certains animaux, le devenir de ceux-ci en fin de procédure expérimentale sera systématiquement l’euthanasie afin de ne pas générer de douleur inutile. De plus, L’euthanasie permet également de réaliser les analyses post mortem nécessaires, notamment sur le cerveau et l’intestin, afin de compléter les données comportementales et d’approfondir la compréhension des mécanismes reliant microbiote, douleur et comportements anxio dépressifs.
Remplacement
Ce projet vise à comprendre comment le microbiote intestinal influence la douleur et les comportements associés dans la polyarthrite rhumatoïde. A ce jour, il n'existe pas de modèle de substitution permettant d'étudier les interactions complexes entre microbiote, système immunitaire, système nerveux et comportement. Par ailleurs, la perception de douleur, ainsi que les réponses anxieuses ou dépressives, sont des phénomènes appréhendés par l’organisme conscient, et lui seul. Nous considérons donc le recours à la souris comme guidé par des considérations scientifiques, techniques et éthiques.
Réduction
Tout sera mis en œuvre pour réduire la variabilité interindividuelle dans nos groupes et assurer qu’un nombre minimal de souris sera utilisé pour démontrer un effet (animaux du même âge, mâles et femelles, période d’habituation à l’environnement et à l’expérimentateur). Un grand soin est apporté aux animaux afin de limiter au maximum le stress qui pourrait entraîner des biais importants dans la détermination du seuil de sensibilité tactile. Le nombre de de souris par lot a été déterminé sur la base d’expérimentations précédentes réalisées, ce qui nous a permis de déterminer qu’un nombre de 20 souris par groupe (10 males et 10 femelles) est nécéssaire pour observer une différence statistique et biologique. Ainsi nous utiliserons le minimum d’animaux requis pour observer des différences statistiques entre les groupes, afin que les tests effectués soient pertinents mais sans sur-utilisation d’animaux.
Raffinement
Notre objectif étant d’étudier l’hypersensibilité à la douleur, nous n’interviendrons pas tant que les niveaux de douleur observés restent dans les seuils attendus pour les modèles utilisés. En revanche, toutes les procédures sont conçues dans le respect de l’animal et avec pour objectif constant de réduire au maximum le stress et l’anxiété, afin de limiter l’inconfort à ce qui est strictement nécessaire au protocole et d’assurer le bien être des animaux. Cela passe par une étape d’habitation progressives des animaux (1 semaine à l’arrivée pour les locaux, puis 1 semaine pour les pièces d’expérimentation) et une manipulation douce par du personnel formé, avec là aussi une période d’habituation quotidienne des animaux aux expérimentateurs. L’enrichissement fourni comprend les matériaux réglementaires de nidification, auxquels est ajouté un igloo rouge, contribuant à améliorer leur confort et leur sentiment de sécurité. Tout au long du projet, l’objectif reste de limiter l’angoisse et la souffrance. Les animaux feront donc l’objet d’un suivi clinique régulier, plusieurs fois par semaine (et chaque jour en période inflammatoire), pour identifier rapidement toute douleur excessive, perte de poids, difficulté locomotrice ou comportement anormal. Une grille d’évaluation clinique, accompagnée des actions à mettre en œuvre, permettra une prise en charge immédiate et adaptée, afin d’éviter toute douleur inutile. De plus, la durée des expériences est volontairement limitée pour réduire l’exposition aux modèles inflammatoires et minimiser la souffrance.
Choix des espèces
Le projet utilise la souris car c’est le modèle mammifère de référence pour les expériences de greffe de microbiote chez l’animal. Elle permet d’évaluer les effets d’un microbiote donné sur le comportement, la douleur, l’inflammation et les interactions neuro immunes de manière intégrée, ce qui n’est pas possible chez des espèces plus simples. Les souris utilisées seront adultes et auront entre 8 et 21 semaines afin que les animaux ne soient ni en croissance ni en phase de vieillissement.
Effet de la modulation de l’activité de cellules de soutien dans un modèle de migraine
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Placés une semaine en cages enrichies puis habitués cinq jours à la pièce d'expérimentation, les rats sont anesthésiés avant de recevoir l'injection d'une molécule qui déclenche des crises de migraine. Viennent ensuite les stimulations de la face au filament et au jet d'air, jusqu'à trois secondes, dont le retrait de la tête signale la douleur, mesurée ici comme paramètre du protocole. 520 rats mâles et femelles vont être utilisés ainsi, 320 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère et 200 sous anesthésie sans réveil, par groupes de six à dix. La procédure se termine par des études immunohistochimiques et électrophysiologiques, donc par la mise à mort.
Objectifs
Ce projet vise à mieux comprendre le rôle d’une molécule capable de déclencher des crises de migraine. Cette molécule, présente dans certaines régions du cerveau et des vaisseaux sanguins, participe à l’inflammation et à la sensibilité des neurones liés à la douleur. Des études chez l’homme ont montré que son injection peut provoquer des crises de migraine. Pour l’étudier en laboratoire, nous utiliserons cette molécule chez le rat afin d’examiner son effet sur le cerveau, le comportement et sur des cellules de soutien qui entourent les neurones. Nous testerons également comment la modulation de ces cellules de soutien peut influencer la réponse à la molécule. Nous comparerons les réactions des mâles et des femelles pour identifier d’éventuelles différences entre les sexes. L’objectif est de mieux comprendre les mécanismes de la migraine et de contribuer au développement de traitements plus efficaces.
Bénéfices attendus
Ce projet vise à mieux comprendre la migraine en utilisant un modèle animal plus proche de la réalité clinique. La migraine touche plus souvent les femmes, mais la plupart des études ont été menées sur des mâles, alors que des différences liées au sexe et aux hormones existent. Nous étudierons ces différences ainsi que le rôle de différentes zones du cerveau et de cellules de soutien qui entourent les neurones, en testant comment leur modulation peut influencer la migraine. Aujourd’hui, les traitements anti-migraineux ne sont efficaces que chez environ 60 % des patients, ce qui suggère l’existence d’autres mécanismes. Ces travaux pourraient ainsi ouvrir de nouvelles pistes pour développer des traitements plus efficaces.
Procédures
La sensibilité de la peau est étudiée chez le rat en observant son comportement et sa réaction à différentes stimulations légères. Les animaux sont filmés afin d’observer leur comportement naturel. Leur sensibilité est ensuite évaluée en touchant doucement la peau et en envoyant de petits jets d’air à intervalles réguliers pendant plusieurs heures. Lors d’une seule journée d’expérimentation, les rats reçoivent des injections sous anesthésie légère afin de provoquer un état qui reproduit certains aspects de la migraine. Dans une autre série d’expériences, l’activité du système nerveux est étudiée afin de mieux comprendre comment ces stimulations influencent son fonctionnement. Ces observations durent plusieurs heures et les animaux ne se réveillent pas après l’expérience. Enfin, avant la collecte des échantillons, une stimulation de la peau est appliquée pendant une courte période sous sédation. Certains tissus liés au système nerveux sont ensuite prélevés afin d’étudier les mécanismes impliqués dans la douleur.
Impact sur les animaux
Nous utilisons un modèle de migraine qui provoque une douleur modérée de l’animal. Cette douleur est ressentie après les injections, mais n’empêche pas les mouvements de l’animal. Enfin, les stimulations mécaniques avec les filaments ou les jets d’air induisent un retrait de la face signe d’une douleur modérée. L’animal peut échapper à cette stimulation puisqu’il n’est pas en contention. Cette stimulation dure au maximum 3 secondes.
Devenir
La procédure ne permet pas de réutiliser les animaux. En effet, elle se termine par des études immunohistochimiques et électrophysiologiques : les animaux seront donc mis à mort à la fin de la procédure.
Remplacement
Aucune méthode alternative ne permet de remplacer ce protocole. En effet il est nécessaire de réaliser ces études in vivo, car l’intégration de la douleur implique de nombreuses régions du système nerveux central et périphérique simultanément.
Réduction
Le nombre d'animaux par groupe est fixé à un maximum de 10 pour assurer une étude fiable, en tenant compte des étapes clés comme l’habituation, les injections, les observations comportementales, les prélèvements, la préparation des échantillons et l'électrophysiologie. Les études comportementales étant un facteur limitant, nous prévoyons suffisamment d'animaux pour garantir des résultats solides pour ce modèle de migraine. Enfin, pour prendre en compte les différences entre mâles et femelles dues aux hormones, l’étude inclura les deux sexes. Si lors des procédures, 6 animaux sont suffisants, nous n'utiliserons pas plus d'animaux.
Raffinement
Avant les études comportementales, les animaux sont placés dans des cages enrichies (tunnels et contacts sociaux) pendant une semaine, puis habitués au nouvel environnement pendant 5 jours pour réduire leur stress. Avant les injections, les rats sont anesthésiés, vérifié par l'absence de réflexe de retrait. La douleur est la principale nuisance identifiée, et pour les stimulations mécaniques, nous suivons les recommandations internationales pour limiter leur durée et intensité.
Choix des espèces
Le rat est couramment utilisé au sein du laboratoire depuis de nombreuses années et dans les études précédentes sur le sujet dans d’autres laboratoires. C’est par ailleurs un des modèles les plus utilisés pour les études comportementales dans le domaine de la douleur. Les animaux seront âgés de 6-12 semaines pour la comparaison avec les autres données de la littérature.
Etude du rôle de l’intestin grêle dans les altérations métaboliques chez le porc.
- Formation professionnelle
- Recherche fondamentale
- Système gastrointestinal
Un cathéter est posé chirurgicalement dans la veine jugulaire de chaque animal, qui subit ensuite cinq prélèvements de l'intestin grêle sous endoscopie et un régime riche en graisses et en sucres, avec ou sans émulsifiants. 70 cochons vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, l'hébergement en loges individuelles étant reconnu comme une source de stress. L'objectif déclaré est de suivre l'intestin grêle du mini-porc Yucatan pendant l'installation de l'obésité, puis pendant une perte de poids obtenue par un régime de type méditerranéen. Le porteur annonce une prise de poids, une dyslipidémie, un contrôle glycémique perturbé et une hypertension chez les animaux nourris au régime obésogène, en précisant que ces atteintes "font partie des objectifs du projet".
Objectifs
La prévalence actuelle de l’obésité et du surpoids, qui touchent plus de 40% de la population mondiale, et des pathologies associées comme le diabète de type 2, nécessite d’accentuer les efforts de recherche pour comprendre les liens entre alimentation et santé. La composition de l’aliment, notamment riche en lipides et en sucres mais aussi la présence d’émulsifiants dans l’alimentation sont des facteurs clés du développement de l’obésité. De nombreux travaux ont montré le rôle joué par le microbiote intestinal et l’intestin distal dans le développement du surpoids et de l’obésité. Alors que la plupart des travaux se sont focalisés sur le microbiote fécal chez l’Homme, des travaux récents suggèrent que le microbiote du petit intestin pourrait aussi jouer un rôle. Cependant, les données actuelles chez l’Homme ne permettent pas de bien comprendre ce rôle lors de l’installation de l’obésité ou au contraire lors d’une prise en charge diététique pour perdre du poids. Or, ces connaissances sont nécessaires pour pouvoir proposer des stratégies pertinentes pour prévenir ou atténuer les conséquences du surpoids et de l’obésité L’objectif de ce projet est de suivre l’évolution de différents paramètres au niveau du petit intestin chez le mini-porc Yucatan rendu obèse via la consommation d’un régime hyperénergétique riche en lipides et en sucres et contenant ou non des émulsifiants puis lors d’une perte de poids induite par la réduction des apports énergétiques et un régime de type Méditerranéen. Ce régime est en effet connu chez l’Homme pour ses effets protecteurs sur la santé.
Bénéfices attendus
Ce projet ayant recours à l’expérimentation animale est complémentaire d’une étude clinique menée chez l’Homme. Ce projet mené chez le mini-porc apportera des connaissances plus fines sur la cinétique des interactions entre le microbiote du petit intestin et les modifications du métabolisme et du comportement alimentaire dans la mise en place de l’obésité et la perte de poids. Nos analyses permettront d’identifier des espèces bactériennes et/ou des métabolites bactériens d’intérêt et leurs liens avec la composition de l’aliment. Ces données pourront être comparées aux données obtenues chez l’Homme. Ces connaissances seront utiles pour, à terme, proposer des régimes alimentaires préservant la santé chez l’homme via leur action sur la composition ou le métabolisme bactériens et pour développer des probiotiques à partir des souches bactériennes identifiées.
Procédures
Endoscopie sous anesthésie générale pour prélèvement de biopsies mucosales : 1 endoscopie sur 20 porcs conventionnels et 5 endoscopies sur une période de 16 semaines sur 50 mini-porcs Pose chirurgicale d’un cathéter jugulaire sous anesthésie générale : 50 mini-porcs, 1 seule fois, possibilité de répéter si problème de fonctionnement du cathéter Tests de comportement alimentaire : validation du dispositif sur 20 porcs conventionnels, tests de préférence et motivation, 50 mini-porcs, répété 5 fois en 16 semaines Tests de tolérance au glucose nécessitant le prélèvement de 40 mL de sang en 2h, 50 mini-porcs, répété 5 fois en 16 semaines Hébergement en cages individuelles : 50 mini-porcs pendant 18 semaines et 20 porcs conventionnels pendant 2 semaines Mise à jeun nocturne de 18h à 8h : 50 mini-porcs pendant 18 semaines et 20 porcs conventionnels pendant 2 semaines
Impact sur les animaux
Un développement de perturbations du métabolisme avec des signes cliniques tels qu’une augmentation du poids, un profil lipidique plasmatique perturbé (triglycéridémie, cholestérolémie, LDL-cholestérol augmentés), une perturbation du contrôle glycémique lors d’une hyperglycémie provoquée et une hypertension, est attendu chez les animaux recevant le régime riche en lipides et en sucres additionné ou non d’émulsifiant mais font partie des objectifs du projet. Une perte de poids pour les groupes recevant un régime moins riche en énergie que le régime obésogène est attendue mais fait partie des objectifs du projet. La chirurgie pour la pose de cathéter peut engendrer de l’inconfort transitoire au réveil et des douleurs post-opératoires. La répétition des prélèvements sous endoscopie (5 prélèvements par animal) peut entrainer de l’inconfort transitoire au réveil. L’hébergement en loges individuelles peut engendrer du stress.
Devenir
Les animaux utilisés en procédure 1 seront mis à mort. Il s’agit d’animaux dit de réforme qui ne seraient pas rentrés dans la chaine alimentaire. Cette mise à mort sera suivie de divers prélèvements afin de constituer une banque de tissus. Les animaux de la procédure 2 seront mis à mort afin de pouvoir prélever divers organes et tissus et analyser les effets des différents traitements sur des paramètres physiologiques et métaboliques.
Remplacement
L’objectif de ce projet est de mettre en relation des données issues de la composition de l’aliment, du microbiote intestinal et de l’intestin en regard de perturbations du métabolisme et du comportement alimentaire. Ces derniers font intervenir de nombreux organes (tissu adipeux, foie, cerveau, muscle). Le manque de connaissances actuel et la complexité de ces interactions rend difficile leur modélisation in vitro ou in silico, justifiant le recours à l’animal pour les étudier..
Réduction
Le projet prévoit l’utilisation de 20 porcs conventionnels et 50 mini-porcs. Le nombre de porcs conventionnels utilisés permettra d’observer l’ensemble des comportements alimentaires individuels (4 profils type sont décrits chez le porc) et de travailler sur des animaux de poids différents. Un nombre de minimal de 8 mini-porcs par groupe a été calculé sur la base de nos expériences précédentes sur le développement de l'obésité chez ce modèle animal. Afin de s’affranchir de difficultés liées notamment au fonctionnement du cathéter jugulaire, un nombre de 10 mini-porcs par groupe a été décidé. Le choix de procéder à des prélèvements duodéno-jéjunaux sous endoscopie permet d’éviter de mettre à mort des animaux à chaque point de la cinétique choisie et donc de réduire le nombre d’animaux.
Raffinement
Toutes les expériences seront réalisées par du personnel formé et expérimenté. La surface des loges et les interactions visuelles, tactiles et auditives entre animaux permettront aux mini-porcs d’avoir des interactions avec les congénères. Des jouets (chaine, ballon) permettront d’enrichir le milieu et aux animaux d’avoir de l’activité physique. Ils seront régulièrement remplacés pour limiter l’ennui. La pose d’un cathéter jugulaire à demeure permettra d’éviter les prises de sang répétées lors de certains tests. La procédure chirurgicale de pose de ce cathéter sera faite sous anesthésie générale avec mise en place d’une analgésie per-opératoire. La procédure de prélèvements sous endoscopie sera réalisée sous anesthésie et analgésie pour éviter stress et inconfort. Une pesée hebdomadaire des animaux et une surveillance quotidienne de leur état clinique et de leur comportement ainsi que la mesure de leur consommation alimentaire quotidienne sera mise en place afin de détecter tout signe de mal-être ou inconfort. Des points limites ont été définis et seront scrupuleusement suivis pendant les expérimentations.
Choix des espèces
Le mini-porc est un modèle pertinent pour l’étude de la mise en place de l’obésité car il reproduit les signes cliniques du syndrome métabolique (augmentation de poids et d’adiposité, notamment viscérale, perturbations du bilan lipidique plasmatique, augmentation de la pression artérielle, perte de la sensibilité à l’insuline) lorsqu’il consomme de façon chronique un régime riche en lipides et en sucres. Des altérations du microbiote intestinal et de la fonction de barrière intestinale sont aussi décrites comme chez l’Homme. L’utilisation de porcs conventionnels pour une partie du projet est liée à des raisons de disponibilité au sein de l’établissement utilisateur. L’anatomie oro-gastrique des deux races est identique. Nous utiliserons des porcs conventionnels de poids corporels variés (entre 45 et 90 kg). Les porcs conventionnels utilisés seront des animaux de réforme de 3 à 6 mois d’âge afin que la gamme de poids soit proche de celle des mini-porcs utilisés dans le reste du projet. Les mini-porcs utilisés seront de jeunes adultes (12 à 14 mois d’âge) afin de travailler sur des animaux avec un microbiote stable au début de l’expérience et s’affranchir d’une variabilité liée au vieillissement.
Développement de nouvelles thérapies ciblant les cellules immunitaires chez la souris
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
848 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, par groupes de douze ou vingt, dont 560 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. L'induction d'une encéphalomyélite auto-immune, modèle de sclérose en plaques, paralyse progressivement leurs membres postérieurs, et un composé injectable mis au point in vitro leur est administré. Les traitements annoncés contre la sclérose en plaques et les maladies inflammatoires chroniques restent au conditionnel, le porteur qualifiant ce travail de première étape. La seule nuisance qu'il déclare est une "légère perte de poids liée à la diminution de mobilité".
Objectifs
L'apparition d'une inflammation attire les cellules du système immunitaire. Dans les maladies chroniques inflammatoires, ces cellules libèrent des substances qui augmentent l’inflammation et ainsi la progression de la maladie. Dans le cas du cancer, ces cellules peuvent empêcher la réponse immunitaire contre les cellules tumorales. Nous avons découvert l’un des mécanismes contrôlant le comportement des cellules immunitaires lors de l'inflammation et réussi à limiter le développement des symptômes dans un modèle animal de sclérose en plaque. Nous avons mis au point in vitro un composé injectable qui pourrait modifier le comportement de ces cellules immunitaires. Le but de ce projet est de tester ce composé dans des situations physiologiques in vivo, et en particulier pour le traitement de la sclérose en plaque. Ce travail constitue la première étape pour le développement de cette nouvelle piste thérapeutique qui pourrait déboucher sur de nouveaux traitements dans la sclérose en plaques, et les maladies inflammatoires chroniques.
Bénéfices attendus
Grâce à ce projet, nous pourrons faire avancer de manière conséquente le développement de nouvelles approches thérapeutiques afin de limiter l'inflammation chronique et traiter les maladies inflammatoires auto-immunes.
Procédures
Tous les animaux subiront une injection pour tester notre composé (quelques secondes). Certains lots d'animaux subiront des injections supplémentaires pour induire une inflammation (1 injection supplémentaire, quelques secondes) ou le modèle de sclérose en plaque (3 injections supplémentaires, quelques secondes chaque).
Impact sur les animaux
Les nuisances attendues sont : stress lié à la préhension (légère et rapide) et douleur légère liée à la piqure. Le modèle de sclérose en plaque induit une paralysie progressive des membres inférieurs, les nuisances attendues sont une légère perte de poids liée à la diminution de mobilité.
Devenir
A l'issue de chaque procédure, les animaux seront mis à mort (fin de l'expérience ou pour analyses post-mortem).
Remplacement
Nous avons identifié in vitro et dans des souris génétiquement modifiées une cible thérapeutique intéressante. Afin d’évaluer le potentiel de cette stratégie, nous devons à présent utiliser un modèle animal représentant un organisme entier et autonome. Il n’existe pas de méthode alternative pour réaliser ce travail qui nécessite l’analyse de tissus entiers en conditions saines ou inflammatoires. La dynamique de l'inflammation, des cellules immunitaires recrutées ainsi que les interactions et le recrutement potentiel de cellules d’autres organes sont des conditions qui ne peuvent pas être adéquatement reproduites in vitro. De plus, le système immunitaire est un système dynamique dont les acteurs évoluent entre différentes localisations au sein de l’organisme selon des flux très précis. Ni les modélisations mathématiques, ni les systèmes in vitro ne permettent de reproduire cela, ceci nous oblige donc à utiliser des animaux afin de tester notre stratégie thérapeutique dans un système physiologique complexe. Des expériences in vivo sont donc nécessaires pour compléter les découvertes obtenues in vitro. De plus, l’utilisation de modèle animal reste indispensable pour pouvoir aborder la phase d’application de nos découvertes en clinique.
Réduction
Le nombre de souris à utiliser a été calculé à l’aide d'un logiciel statistique, pour obéir aux minima nécessaires à des analyses statistiques valides, condition nécessaire pour une interprétation biologique des résultats. Le nombre de souris par condition est de 12 ou 20 afin que les résultats obtenus puissent présenter une puissance statistique suffisante. Pour analyser l'effet de notre composé in vivo, nous testerons dans un premier temps plusieurs modalités d'administration. Si nous mettons en évidence une différence significative entre le traitement et le contrôle, nous poursuivrons les analyses. Dans le cas contraire, le projet s'arrêtera.
Raffinement
Les animaux seront maintenus dans des groupes de plusieurs individus dans un environnement enrichi. Dans chaque procédure, les animaux seront surveillés tous les jours pour l’état général, afin d’assurer leur bien-être et pour surveiller les éventuels signes de douleur, de souffrance ou de stress. Des soins spécifiques seront mis en place si nécessaire, tels que l'injection de solution réhydratante en cas de déshydratation. Les animaux seront pesés et évalués au minimum deux fois par semaine grâce à une grille de score pour éviter la souffrance inutile des animaux.
Choix des espèces
La souris est le modèle de choix car la physiologie de la souris est proche de celle de l’Homme. D’autre part les mécanismes immunitaires sont bien caractérisés chez la souris, ce qui en fait un modèle particulièrement adapté pour étudier les cellules immunitaires. Les souris seront utilisées à l'âge adulte (de 8 à 12 semaines) afin que les souris aient fini leur croissance, et que les résultats ne soient pas affectés à cause de modifications dues à un âge trop avancé des animaux
Modèle d’étude du colon et de ses perturbations
- Recherche appliquée
- Cancers
- Troubles gastrointestinaux
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système gastrointestinal
La muqueuse du côlon est abrasée à plusieurs reprises chez un même animal, ce qui provoque une inflammation et peut faire saigner, et des tumeurs se développent jusqu'à un centimètre et demi de l'anus. 1 965 souris vont être utilisées, dont 1 440 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, avec une endoscopie hebdomadaire sous anesthésie générale de dix minutes. Le porteur qualifie pourtant l'inflammation de transitoire, dit n'avoir jamais noté d'hémorragie ni de déshydratation et juge le risque de perforation "pratiquement nul", tout en surveillant chaque semaine l'envahissement du côlon pour éviter un fécalome et une occlusion. Toutes seront tuées pour des analyses post-mortem.
Objectifs
Le côlon, aussi appelé gros intestin, joue un rôle essentiel dans la digestion. C’est lui qui prend en charge ce que notre intestin grêle n’a pas pu absorber. Grâce à la présence de milliards de bactéries (qu'on appelle aussi le microbiote intestinal), il transforme ces résidus en matières fécales, prêtes à être évacuées. Mais ce rôle n’est pas le seul : le côlon est aussi impliqué dans de nombreuses maladies. Parmi les plus fréquentes, on trouve le syndrome du côlon irritable, qui provoque douleurs abdominales, ballonnements et troubles du transit. Il y a aussi des maladies beaucoup plus graves, comme le cancer colorectal. Ce type de cancer est aujourd’hui le deuxième cancer le plus fréquent, et son nombre de cas augmente chaque année. Cette hausse est en grande partie liée à notre mode de vie, en particulier à la consommation élevée de produits ultra-transformés, pauvres en fibres et riches en additifs. Le cancer du côlon est dangereux car il peut former des métastases (des cellules cancéreuses qui se déplacent vers d’autres parties du corps), souvent difficiles à traiter. Ce sont d’ailleurs ces métastases qui sont responsables de la majorité des décès liés à ce cancer. Un point commun à beaucoup de maladies du côlon est l’inflammation chronique des cellules qui tapissent sa paroi interne. C’est cette inflammation qui peut, avec le temps, favoriser l’apparition de troubles digestifs ou de cancers. Ce projet de recherche a pour but de mieux comprendre ce qui déclenche cette inflammation, comment elle évolue, et comment elle peut conduire à la prolifération anormale des cellules ou à leur capacité à "envahir" d'autres tissus (comme dans le cas du cancer). En étudiant en détail ces mécanismes, les chercheurs espèrent trouver de nouvelles pistes pour prévenir, mieux diagnostiquer, ou mieux traiter les maladies du côlon, notamment les formes graves comme le cancer colorectal.
Bénéfices attendus
Les études menées sur l’inflammation du colon permettront une meilleure compréhension des mécanismes impliqués dans les maladies chroniques inflammatoires. Les études menées sur les modèles les greffes issues de l’implantation de tumeurs dans le colon des souris permettront une meilleure compréhension des mécanismes impliqués dans la tumorigénèse et l’apparition de métastases.
Procédures
Dans un premier lot d’animaux, des micro-blessures de la paroi du colon seront effectuées afin d’étudier les mécanismes d’inflammation. La durée de cette procédure est inférieure à 10 minutes et se fait sous anesthésie générale. Ces animaux seront injectés en amont par un traitement permettant d’inactiver une protéine afin d’en étudier son rôle. Le traitement sera adminsitré 1 fois par jour pendant 5 jours , La durée de chaque injection ne dépassant pas 10 secondes. Dans un second lot d’animaux, la même procédure que ci-dessus sera effectuée avec en plus l’apport de cellules permettant le développement de cancer. Le temps pour cette procédure ne dépasse pas 10 minutes. Ces souris pourront avoir été injectées en amont ou aval par le traitement inactivateur de protéine. Tous les animaux du second lot seront surveillés par coloscopie sous anesthésie générale à raison d’une fois par semaine (durée de l’anesthésie : 5 min) . Certains animaux pourront être imagés in vivo à la fin de l’expérience, La durée de l’imagerie sera au maximum de 10h sous anesthésie générale, Certains animaux pourront recevoir une injection de marqueurs fluorescents afin de suivre le développement de tumeur, 2h avant la mise à mort, d’autres pourront recevoir une injection de marqueurs luminescent afin de suivre la croissance des tumeurs et/ou des métastases,
Impact sur les animaux
Les abrasions provoquent une inflammation de la muqueuse colique qui est transitoire, Elles peuvent également provoquer des saignements lors de la procédure. Lors de nos précédentes expériences d’abrasion, il n’a jamais été noté d’hémorragie, de diarrhées ni de déshydratation. Le risque de perforation est également pratiquement nul. La cicatrisation de la muqueuse colique sera évaluée sous endoscopie. De part nos précédentes expériences, les tumeurs se développent dans le colon au maximum à 1,5cm de l’anus, La croissance des tumeurs sera monitorée une fois par semaine sous endoscopie tout au long de l’expérience., Les endoscopies seront effectuées sur des souris sous anesthésie générale (10 min) pouvant entraîner une baisse de la température corporelle ainsi qu’une irritation transitoire. La croissance des tumeurs pourra entrainer une difficulté de passage des selles , Le pourcentage d’envahissement de la lumière colique sera monitorée sous endoscopie de façon hebdomadaire afin d’éviter la formation de fécalome pouvant provoquer des douleurs abdominales ou des occlusions,
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort pour des analyses post-mortem.
Remplacement
Des études effectuées in vitro sur des lignées cellulaires et/ou sur des organoïdes (cultures cellulaires en 3D) sont en cours. Ces organoïdes, dérivés de tumeurs représentent des modèles physiologiques avancés permettant une étude précise des mécanismes cellulaires. Cependant, il reste nécessaire de valider l’effet observé dans un système intégré, tenant compte de la complexité d’un organisme vivant, des multiples interactions biologiques. En effet, l’inflammation, développement de cancer et de métastases sont le résultat d’un ensemble d’interactions entre différents types cellulaires qu’il est impossible de reconstituer in vitro.
Réduction
1. Le nombre de souris prévu dans ce projet est donné comme un nombre maximum mais peut être réduit en fonction des résultats et des analyses obtenus. Il a été établi grâce à une étude pilote qui a permis de déterminer le nombre de souris nécessaires pour obtenir un pourcentage de tumeurs significatif. Également, des techniques d'imagerie in vivo seront utilisées tout au long de ce projet afin de réduire le nombre d'animaux nécessaires. Grâce à la technique d’abrasion, il est possible de prélever les cellules qui tapissent l’intérieur du côlon (la paroi colique) de manière longitudinale, c’est-à-dire en suivant l’évolution de ces cellules au fil du temps, chez un même animal. Cette méthode permet donc de réaliser plusieurs prélèvements tout au long de la vie de l’animal. Les cellules ainsi récupérées peuvent ensuite être étudiées en laboratoire (in vitro), dans des conditions contrôlées. Elle contribue donc à réduire considérablement le nombre d’animaux utilisés.
Raffinement
Un protocole rigoureux est mis en œuvre afin de minimiser les contraintes et la douleur infligées aux animaux. Le personnel est spécifiquement formé aux gestes techniques requis. L'utilisation d'anesthésiques et d’analgésiques est systématique lors de chaque procédure et des mesures sont prises pour réduire l'hypothermie pendant la chirurgie. L'utilisation de tapis et de lampe chauffante est systématique du début de l'anesthésie jusqu'au réveil des animaux. Pour toutes les procédures,L'analgésie est prolongée systématiquement 48h. Des gels nutritifs sont proposés aux souris après l'opération, et une hydratation supplémentaire est fournie en cas de perte de poids ou de difficulté à se déplacer. Une surveillance étroite des animaux est mise en place le jour de l’intervention et pendant 48h. Par la suite, un suivi clinique rapproché au minimum est assuré par du personnel qualifié afin de garantir le bien-être des animaux tout au long de l’expérience, et rapproché si baisse de l’état général de l’animal. Une grille de score est utilisée pour évaluer objectivement l'état des animaux et déterminer les points-limite. En cas de signes de douleur, des analgésiants sont administrés. L'expérience est interrompue lorsque la tumeur atteint la limite éthique, ou si d'autres points limites décrits dans cette grille sont atteints.
Choix des espèces
Le choix de l’espèce souris a été fait pour plusieurs raisons : - En tant que mammifère, la souris possède une physiologie proche de celle de l’Homme, ce qui en fait un modèle pertinent pour étudier les mécanismes d’inflammations et de développement de cancer. - La disponibilité de souches immunodéficientes chez la souris offre la possibilité de greffer des cellules humaines, sans provoquer de rejet de ces tumeurs. Cette approche est souvent plus complexe avec d’autres espèces (le poisson zèbre, par exemple, se révèle moins immunodéprimé) Les expériences seront réalisés sur des jeunes adultes ou adultes, à partir de 5 semaines, période au cours de laquelle les souris ont terminé leur croissance. Dans certains cas elles pourront être réalisées sur des souris âgées (>12 mois) dans le cas de l’étude de l’inflammation pour étudier les mécanismes d’inflammation liés à l’âge. Pour ce qui est de la greffe de cellules tumorales sur des souris immunodéficientes, le choix d’utiliser des animaux jeunes adultes/adultes est stratégique, car il permet d’augmenter les chances de prise de la tumeur greffée, l’immunodéficience des souris ayant tendance à diminuer avec l’âge. De plus à cet âge, les souris supportent également mieux les interventions telles que l’anesthésie, la chirurgie.
Etude in vivo de l’effet du facteur plaquettaire 4 dans le contexte de l’infarctus du myocarde reperfusé chez la souris
- Recherche fondamentale
- Système cardiaque
Génétiquement modifiées pour être privées de facteur plaquettaire 4, une partie des souris de ce projet est comparée à des souris non modifiées. Elles sont 300, dont 160 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Chacune subit une ouverture du thorax et la ligature temporaire d'une artère coronaire pour provoquer un infarctus, une intervention d'environ une heure, suivie de quatre prises de sang en huit jours et de douleurs intercostales pouvant durer plusieurs jours. Toutes sont tuées pour récupérer leur sang et leur cœur, dont le tissu cicatriciel est ce que le projet cherche à mesurer.
Objectifs
Les maladies cardiovasculaires dont le chef de file est l’infarctus du myocarde constituent à l’heure actuelle la première cause de mortalité aussi bien dans les pays développés que les pays en développement. Malgré une amélioration de la prise en charge de cette pathologie au cours des dernières années, peu de thérapies cible efficacement les lésions d’ischémie/reperfusion (I/R). La situation d’I/R associée à un infarctus du myocarde induit une activation massive des plaquettes (cellules qui aident à la coagulation) et la libération dans la circulation sanguine du contenu des granules qu'elles contiennent. L’hypothèse de notre travail est que la protéine plaquettaire la plus abondante (le facteur plaquettaire 4 ou PF4) contenue dans ces granules favoriserait les lésions post-infarctus entrainant le remodelage cardiaque pathologique avec l’apparition d'une cicatrice au niveau du coeur pouvant à terme conduire à des phénomènes d’insuffisance cardiaque. Des études in vitro préliminaires réalisées au laboratoire ont déjà mis en évidence l’implication du PF4 dans la différenciation ou sur la survie des cellules cardiaques, justifiant ainsi l’exploration de son rôle in vivo. La modulation de cette protéine par l’utilisation d’anticorps pourrait permettre de diminuer l’impact de l'I/R cardiaque en préservant l’intégrité des cellules cardiaques post-infarctus et en diminuant le remodelage. Les objectifs de notre projet sont donc d’évaluer le rôle du PF4 dans les lesions d’I/R myocardiques ainsi que le potentiel thérapeutique d’anticorps ciblant le PF4.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra tout d’abord de mieux comprendre l’implication des plaquettes, et en particulier du facteur plaquettaire 4 (FP4), dans les lésions d’ischémie/reperfusion consécutives à un infarctus du myocarde et représenterait une avancée significative tant sur le plan fondamental que translationnel. Ce projet vise à dépasser la vision classique des plaquettes limitées à leur rôle dans la coagulation, en explorant leur implication dans le remodelage pathologique post-infarctus, notamment via la promotion d’une fibrose cardiaque (tissu cicatriciel) délétère. L’identification du facteur plaquettaire ouvre de nouvelles perspectives en recherche cardiovasculaire. Sur le plan clinique, une meilleure compréhension de l’implication du FP4 dans les complications post-infarctus pourrait conduire, d’une part, à l’identification de nouveaux biomarqueurs précoces permettant d’évaluer la sévérité de l’événement, et, d’autre part, au développement de stratégies thérapeutiques innovantes comme les anticorps anti-PF4 et ciblant spécifiquement un médiateur plaquettaire impliqué dans le processus de fibrose cardiaque. Ainsi, ce projet s’inscrit pleinement dans une dynamique de recherche translationnelle, à l’interface entre physiopathologie, innovation thérapeutique et santé publique.
Procédures
Les animaux seront soumis à la procédure chirurgicale d'infarctus du myocarde. La durée totale de l'intervention est d'environ 60 min entre l'anesthésie, et la fin de a chirurgie. 1 injection intrapéritonéale d'anticorps sera réalisée juste avant la reperfusion pour les groupes de souris concernés. 4 prélèvements de sang seront réalisés à J-1, J1, J3 et J7 . La durée totale de cette intervention est d'environ 2 min.
Impact sur les animaux
Notre objectif est d’offrir aux animaux la meilleure qualité de vie possible et de garantir que toute nuisance ou souffrance due aux procédures soit détectée et réduite le plus rapidement possible. Suite à l'anesthésie et au cours de la procédure chirurgicale, les nuisances ou effets indésirables (qui seront surveillés) sont l'hypotension, le refroidissement corporel et la perte de poids pouvant causer un stress modéré. Une douleur modérée au site de ponction veineuse pourrait être induite par les prélèvements sanguins multiples. Après la chirurgie thoracique (thoracotomie suivie de la ligature transitoire de l’artère coronaire), d’éventuelles douleurs post-opératoires modérées pendant plusieurs jours au niveau des nerfs intercostaux (douleurs thoraciques), une gêne respiratoire, du stress et une diminution temporaire de l’état général (baisse d’activité, réduction de la prise alimentaire pendant les premières heures post-chirurgie) pourront avoir une incidence sur le bien-être des animaux. Dans certains cas, une altération plus marquée de l’état clinique est possible, notamment chez les animaux présentant une atteinte cardiaque sévère. Ces effets indésirables seront surveillés étroitement à l’aide d’une grille de suivi clinique. Les seuils de tolérance seront clairement définis : au-delà de ces limites, les animaux seront mis mort.
Devenir
Tous les animaux compris dans cette étude seront mis à mort à la fin de la procédure expérimentale pour une récupération du volume sanguin ainsi que la récupération du cœur pour réaliser différentes analyses permettant de valider l’implication des plaquettes dans le développement de dommages au cœur associé à un infarctus du myocarde.
Remplacement
Dans le cadre de ce projet, le recours à des modèles animaux est justifié par la nécessité d'étudier les mécanismes complexes de l'ischémie/reperfusion et du remodelage cardiaque post-infarctus, processus qui impliquent des interactions cellulaires et tissulaires difficiles à reproduire par des méthodes alternatives. Actuellement, les modèles in vitro ou in silico ne permettent pas de simuler de manière fiable l'ensemble des phénomènes physiopathologiques observés in vivo, tels que la réponse inflammatoire systémique, la fibrose cardiaque et les interactions entre les plaquettes, les cellules immunitaires et les cellules résidentes cardiaques. Des approches alternatives, telles que les cultures cellulaires primaires de fibroblastes cardiaques ont déjà été réalisées au préalable de ce projet pour étudier certains aspects du remodelage cardiaque in vitro. Des études in vitro préliminaires réalisées au laboratoire ont déjà mis en évidence l’implication du PF4 dans la différenciation des fibroblastes cardiaques ou sur la survie des cardiomyocytes, justifiant ainsi l’exploration de son rôle in vivo. Cependant, ce modèle ne reproduit pas la complexité du microenvironnement cardiaque et les interactions cellulaires dynamiques observées in vivo. Par conséquent, bien que des progrès soient réalisés dans le développement de modèles alternatifs, l'utilisation du modèle animal reste indispensable pour une compréhension approfondie des mécanismes impliquant les plaquettes dans l’infarctus du myocarde.
Réduction
Dans le respect de la règle des 3R, nous réduirons le nombre d'animaux à maximum 20 souris par groupe. Ce nombre est basé sur notre expérience et a aussi été estimé à l'aide d'un logiciel approprié (c’est le nombre minimal qui permet d’assurer la robustesse des résultats pour évaluer au mieux le rôle de protéines dans l'ischémie-reperfusion myocardique, sans qu’il soit excessif en termes d’animaux à inclure. Une analyse statistique des résultats sera ainsi réalisée. Seules les expériences indispensables seront réalisées et il n’y aura pas de répétition inutile d’expérience. Dans le cas où les souris déficientes en facteur plaquetaire ne présenteraient pas de sensibilité accrue à l’ischémie/reperfusion myocardique, les groupes avec administration d'anticorps ne seront pas réalisés. Afin de limiter le nombre d’animaux utilisés, nous réaliserons toute une série de collecte de données sur une même souris: prélèvement sanguin, histologie, expression génique et protéique.
Raffinement
Pour éviter tout stress, nous raffinerons cette étude par un hébergement des animaux selon la réglementation en vigueur : - dans des cages aux normes suivant leur âge et leur poids - en groupe social au sein de l’animalerie - en leur mettant à disposition un enrichissement du milieu pour faciliter le comportement sauvage (cabanes, tunnels pour des zones de repli, papier, coton pour la confection de nids). Les animaux sont élevés avec une attention particulière (passage du personnel minimum 2 fois/jour et observation de l'état général). Les manipulations sont réduites au minimum afin de limiter le stress des animaux. La souffrance de l’animal sera réduite au maximum ou supprimée par l’utilisation systématique d’anesthésiques avant la chirurgie et d’analgésiques à différents temps (15 min avant la chirurgie, au réveil de l'animal soit environ 2h après la chirurgie et si l'animal montre des signes de douleurs). Notre objectif est d’offrir aux animaux la meilleure qualité de vie possible et de garantir que toute nuisance ou souffrance due aux procédures soit détectée et réduite le plus rapidement possible. Une période d’acclimatation d’au moins 7 jours sera respectée après réception des animaux. Durant la chirurgie, l’animal sera placé sur un tapis chauffant afin d’éviter les problèmes d’hypothermie liés à l’anesthésie. Le réveil des animaux sera suivi par les personnels impliqués dans le protocole. Après le reveil, les animaux seront placés en cage individuelle pour observations journalières et maintenus à 37°C dans une chambre de réveil supplémentée en oxygène. L’utilisation de gelose pour faciliter la prise d’alimentation et d’eau par les souris sera mise en place en cas d’apparition de douleur. La gélose pourra être supplementée de buprénorphine. Une grille d’évaluation des points limites sera mise en place pour évaluer l’état de l’animal après la chirurgie et mettre en évidence un éventuel point limite. En cas d’évaluation d’une douleur sévère persistante, la souris sera mise à mort. La décision de garder en vie les souris sera prise par le responsable du projet en concertation avec la structure de bien-être animal (SBEA). La mise à mort sera réalisée par un protocole adapté en vue des prélèvements post-mortem.
Choix des espèces
Sur le plan biologique et physiopathologique, le système cardiovasculaire de la souris se rapproche de celui de l’homme, notamment en ce qui concerne la réponse à l’ischémie/reperfusion myocardique, l’inflammation post-infarctus, l’activation des plaquettes et les mécanismes de fibrose. Des modèles bien établis d’infarctus du myocarde par ligature de l’artère coronaire permettent de reproduire de manière fiable les phénomènes observés chez l’homme. Ces modèles sont largement validés dans la littérature scientifique et permettent une extrapolation pertinente des résultats. Par ailleurs, le projet utilisera des souris génétiquement modifiées, outils précieux pour étudier des mécanismes cellulaires et moléculaires. L’utilisation de modèles existant déjà chez la souris permet également de simplifier la mise en place de ce projet car ne nécessite pas la création d’une lignée. Nous utiliserons des souris de 3-4 mois (jeunes adultes) pour réaliser les interventions chirurgicales de manière optimale chez des animaux matures et pour éviter la sensibilité accrue à l'ischémie-reperfusion liée au vieillissement. Notre étude porte sur une pathologie touchant principalement des individus adultes.
Caractérisation de l’infection par le pteropine orthoreovirus et de la réponse anticorps associée dans un modèle murin
- Recherche appliquée
- Diagnostic des maladies
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
Les souris qui perdent plus de 20 % de leur poids sont tuées, celles qui en perdent plus de 10 % passent sous surveillance renforcée. 160 souris vont être utilisées, dont 40 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, et toutes sont tuées pour prélever et analyser leurs organes. Le virus est déposé dans leurs narines, puis certaines subissent une prise de sang par semaine pendant trois ou six semaines, toujours sous anesthésie, avant une chirurgie terminale. Le porteur attend des difficultés respiratoires sévères et rattache l'étude à l'analyse future de sérums humains prélevés en Asie du Sud-Est, ce pteropine orthoreovirus transmis par les chauves-souris restant peu documenté.
Objectifs
Les virus zoonotiques émergents constituent une menace croissante pour la santé publique, notamment dans les zones où le contact entre les humains et les animaux est de plus en plus fréquent. Les pteropine orthoreovirus (PRV) peuvent être transmis par les chauves-souris, probablement par l’intermédiaire d’aliments contaminés, peuvent infecter l’humain et provoquer des infections respiratoires aiguës, principalement en Asie du Sud-Est. Une particularité de ces virus est leur capacité à provoquer de la fusion entre cellules. Ce phénomène est commun à plusieurs virus émergents reconnus comme prioritaires par l’Organisation mondiale de la santé. Toutefois, l’impact de la formation de ces cellules fusionnées dans la gravité de l’infection chez l’animal reste encore mal compris. Il en est de même pour la réponse immunitaire. Ce projet s’articule autour de deux axes principaux : 1. Etudier l’infection par ce virus, sa pathogénicité, la dose virale, et ses manifestations dans les poumons des souris infectées. 2. Évaluer la réponse anticorps antivirale des souris.
Bénéfices attendus
Le pteropine orthoreovirus (PRV) est un pathogène émergent encore peu étudié. A terme, en utilisant ce modèle de virus, cette étude permettra une meilleure compréhension des infections virales, ainsi que leur impact sur les maladies associées. Elle fournira également des informations importantes sur la réponse anticorps antivirale. Ces études permettront d’optimiser une méthode de détection de la réponse anticorps qui sera utilisée pour analyser des échantillons de sérum provenant de cohortes humaines de personnes infectées par ce virus en Asie du sud-Est. Ces travaux apporteront des données sur ce virus, mais aussi, plus largement, sur tous les virus exploitant des mécanismes analogues. Ces connaissances pourraient ouvrir la voie à de nouvelles stratégies de ciblage de ces virus, permettant ainsi de mieux lutter contre les épidémies futures. Par ailleurs, les données obtenues avec cette étude sur le modèle souris (notamment la dose infectieuses et la pathogénèse) faciliteront les études ultérieures consacrées à de potentielles perspectives thérapeutiques contre ce virus.
Procédures
- Infection des souris par le virus. Procédure courte de quelques minutes par ajout de liquide sur les narines. - Prise de sang (quelques secondes) unique, précédée d’une anesthésie, pour tous les animaux au début de l’étude. - Prise de sang (quelques secondes) 1 fois par semaine pendant 3 semaines (3 fois, 30 souris), ou pendant 6 semaines (6 fois, pour 30 souris), précédée d’une anesthésie, pour les animaux destinés à l’étude de la réponse anticorps antivirale. - 1 procédure terminale chirurgicale de mise à mort précédée d’une anesthésie et d’une analgésie. 1 fois, pour tous les animaux, procédure rapide de quelques minutes, sans réveil.
Impact sur les animaux
- Inconfort et douleur de courte durée liées aux injections et aux prélèvements sanguins. - Perte de poids jusqu’à 20%, problèmes respiratoires, difficultés respiratoires sévères liés à l’infection.
Devenir
L’intégralité des animaux seront mis à mort, nécessaire pour le prélèvement et l’analyse des organes.
Remplacement
Des approches utilisant des cellules en culture sont menées en parallèle et permettent d’orienter les hypothèses expérimentales, d’optimiser les protocoles et ainsi de réduire autant que possible le nombre d’animaux utilisés. Des études in vitro ont été menées, toutefois, ces modèles ne permettent pas de reproduire la complexité d’une infection systémique, ni les interactions tissulaires, ni la réponse immunitaire associée, nécessaires pour répondre aux objectifs du projet. Ainsi, ces études utilisant des animaux permettront de compléter les résultats déjà obtenus.
Réduction
La réduction à 5 animaux par groupe permet de réduire au maximum le nombre d’animaux utilisés tout en assurant un nombre suffisant pour permettre d’émettre des conclusions sur les résultats obtenus en utilisant des tests statistiques. Le nombre d’animaux a été évalué à l’aide d’outils statistiques. Des études menées en parallèle sur des cellules en culture permettent d’orienter l’étude, réduisant ainsi le nombre d’animaux. Les expérimentations seront réalisées sur des souris mâles et femelles afin de détecter un éventuel effet sexe-dépendant sur les paramètres étudiés. Bien que ce choix augmente le nombre d’animaux nécessaires, il est indispensable pour garantir la robustesse scientifique des résultats et assurer leur validité pour les deux sexes. Les résultats impliqueront l’utilisation de tissus provenant des poumons, qui seront traités afin d’être conservés. Sous cette forme, ils seront facilement réutilisables pour des analyses ultérieures, limitant l’utilisation d’animaux supplémentaires.
Raffinement
Afin de réduire le stress lié à l’environnement, 2 semaines d’acclimatation précéderont les premières manipulations des souris, et ces dernières seront ensuite habituées à être manipulées. Les mâles hébergés ensemble proviendront d’une même fratrie afin d’éviter les comportements agressifs, le stress et les blessures. Bien que chacune des procédures de ce projet puisse occasionner des effets néfastes pour les animaux dus aux infections par le virus, chaque animal fera l’objet d’une surveillance attentive et régulière tous les jours via une grille d’observation standardisée, permettant une détection précoce des signes de détresse dans le but de minimiser toute douleur et/ou souffrance et d’optimiser le bien-être animal. Des points limites spécifiques et précoces seront mis en place. Les animaux avec une perte de poids supérieure à 10% feront l’objet d’une surveillance accrue. Si des animaux atteignent une perte de poids supérieure à 20%, ils seront mis à mort. En cas de difficulté à s’alimenter suite à l’infection, un gel nutritif pourra être ajouté à l’alimentation, et une hydratation sous-cutanée pourra être réalisée. Les animaux seront chauffés en cas d’hypothermie lors des procédures impliquant de l’anesthésie, ou causée par l’infection.
Choix des espèces
Le modèle murin a été choisi car il a déjà été montré que celui-ci est sensible aux infections par le virus utilisé pour ces expériences, et sont donc plus susceptibles de fournir des résultats exploitables. D’autre part, celles-ci figurent parmi les modèles les plus couramment utilisés en recherche. Ainsi, les données obtenues dans cette étude pourront être utilisées pour des études ultérieures utilisant ce modèle. Les procédures seront réalisées sur des souris adultes, au moins âgées de 7 semaines. Celles-ci seront commandées à un âge de 5 semaines de manière à intégrer une période d’acclimatation suffisante avant le début de l’étude. D’autre part, les souris adultes ont un système immunitaire mature, essentiel pour étudier la réponse immunitaire et la pathogénicité virale. Enfin, l’utilisation d’animaux adultes limite les variations inter-individuelles des résultats liées au développement.
Étude du renouvellement intestinal au cours du développement et en conditions inflammatoires chez la souris
- Formation professionnelle
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Système gastrointestinal
Des souriceaux de 8 jours, séparés de leur mère, sont nourris de lait artificiel par sonde gastrique quatre fois par jour et exposés à l'hypoxie 10 minutes trois fois par jour, pendant trois jours. Les souris adultes reçoivent un traitement dans leur eau de boisson sucrée pendant trois cycles de 5 jours, ou une injection ou un gavage unique d'un composé chimique après 4 heures de jeûne. 599 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue pour le prélèvement de leur intestin, 328 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré et 271 un niveau sévère. Le but déclaré est d'étudier le renouvellement de l'intestin au cours du développement et en conditions inflammatoires, avec des applications que le porteur dit "potentielles" pour les patients. Aucun des composés administrés n'est nommé, et les effets déclarés, une "légère perte de poids", de "potentielles diarrhées" et du stress, n'expliquent pas le classement de 271 souris en souffrance sévère.
Objectifs
La régénération et le renouvellement tissulaire sont orchestrés par les cellules souches, qui se différencient et s'auto-renouvellent. L'équilibre entre l'auto-renouvellement, la prolifération et la différentiation dépend du microenvironnement des cellules souches. Ici, nous utilisons un tissu à fort renouvellement, l'intestin et ses cellules souches résidentes, comme modèle pour étudier la régénération.
Bénéfices attendus
Les découvertes issues de ce projet de recherche fera progresser significativement notre compréhension de la biologie intestinale et d'offrir des applications translationnelles potentielles pour améliorer les résultats pour les patients dans divers contextes médicaux.
Procédures
Les souris seront soumises à un traitement dans l'eau de boisson sucrée pendant 5 jours sur 3 cycles, une seule courte injection d'un composé chimique pendant 15 secondes ou un seul gavage d'une minute d'un composé chimique après un jeun de 4 heures. Une petite quantité de sang sera prélevée quelques minutes avant la fin de la procédure sous analgésie et anesthésie générale Les jeunes souris seront nourries de lait artificiel par gavage 4 fois par jour (1 minute) pendant 3 jours consécutifs et exposées à de l'hypoxie (10 min) 3 fois par jour pendant 3 jours.
Impact sur les animaux
La séparation de la mère et les épisodes d'hypoxie bien que courts peuvent être source de stress pour les souris. Le gavage par sonde adaptée à la taille de l'animal est considéré comme inconfortable mais non douloureux. Les souris seront soumises à un protocole induisant une légère perte de poids et des potentielles diarrhées. L'injection peut engendrer une douleur modérée mais locale. Le sang sera prélevé sous analgésie et anesthésie générale.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure pour prélèvement d'intestin et analyses dans le cadre de notre étude.
Remplacement
L'intestin est un organe complexe impliquant de nombreux composants : bactéries, circulation sanguine et lymphatique, neurones, muscles et système immunitaire. Le but de ce projet est d'identifier le rôle des cellules souches dans l'homéostasie, le développement et la régénaration de l’intestin. Réduire le projet à un système in vitro pourrait nous priver de découvertes pertinentes liées à la complexité des interactions systémique présentes dans l'intestin et il est donc essentiel d'étudier les cellules dans leurs conditions physiologiques.
Réduction
Nous utilisons autant que possible des animaux de mêmes portées afin de limiter la variabilité. Chaque souris fera l'objet de multiples analyses et les tissus prélevés seront exploités pour plusieurs types d'expériences, maximisant ainsi les données obtenues par animal. Nous utilisons des modèles cellulaire qui permettent de reproduire partiellement l'intestin en culture. Enfin, des outils statistiques seront systématiquement appliqués pour déterminer le nombre minimal de souris nécessaire et assurer la signification statistique de nos résultats.
Raffinement
L'introduction par voie orale de composé chimique ou de lait est fait avec une sonde et un volume adapté à la taille de l'animal. Les injections sont faites avec une aiguille adaptée à la taille de l'animal. Le sang sera prélevé sous analgésie et anesthésie générale. Pour limiter la perte de poids, les souris ont à disposition de la nourriture humidifiées pendant toute la durée du traitement. Les jeunes souris sont gardées dans un incubateur pour maintenir leur température corporelle à 37°C. Les épisodes d'hypoxie sont courts et limités au minimum et se font en présence de poches de gel chaudes. Les animaux sont gardés en groupe dans un environnement enrichi, surveillés et pesés tous les jours et manipulés par des zootechniciens et manipulateurs formés. Une grille de score pour évaluer l'état général des souris est mise en place et en cas d'atteinte de points limites irréversible, l'animal sera immédiatement mis à mort.
Choix des espèces
La souris de laboratoire est un modèle largement reconnu et particulièrement avantageux pour nos recherches car des protocoles mimant la régénération tissulaire et les maladies inflammatoires de l'intestin ont été établis et validés. Enfin, la grande similarité génétique, métabolique et immunitaire de la souris avec l'Homme, notamment au niveau de son système intestinal, en fait un excellent modèle translationnel, promettant des avancées inestimables pour la compréhension des fonctions intestinales en santé comme en maladie. Nous utiliserons des souris adultes de 8 à 14 semaines pour étudier les maladies chroniques intestinales affectant les adultes et des jeunes souris de 8 jours pour étudier les maladies inflammatoires touchant les jeunes enfants.