Poissons
Etude chez le poisson zèbre des effets des polluants sur les stades précoces du développement des leucémies
- Recherche appliquée
- Toxicologie (hors obligations réglementaires)
1 215 poissons zèbres vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Exposés à des polluants entre deux et cinq jours après la fécondation, ils sont ensuite élevés jusqu'à trois ou six mois, puis tués pour prélever les cellules de leur moelle et y chercher une multiplication de clones sanguins, stade très précoce d'une leucémie. Le porteur affirme ne pas pouvoir dire à l'avance s'il y aura des nuisances ni lesquelles, et dépose sa demande par précaution, tout en soutenant que cette multiplication clonale est indolore. Il juge le recours à l'expérimentation animale "indispensable" et écrit qu'il est "généralement admis" que l'utilisation de poissons soulève moins de préoccupations éthiques que celle de mammifères.
Objectifs
Des clusters de leucémies pédiatriques font suspecter que des polluants environnementaux pourraient jouer un rôle dans la transformation oncogénique de cellules hématopoïétiques. L’objectif de notre projet est de déterminer si certains polluants environnementaux contribuent à la genèse de leucémies dans un modèle expérimental utilisant le poisson zèbre (Danio rerio). L’utilisation de la lignée de poissons zèbres (PZ) Zebrabow permet de détecter une amplification clonale de cellules du sang, ce qui correspond à un stade très précoce de la transformation leucémique.
Bénéfices attendus
La mise en évidence d’effet pro-leucémique de polluants chez le poisson zèbre fournira un argument important pour limiter l’exposition des populations humaines. Nos données scientifiques pourront ainsi être utilisées par les instances de régulation pour limiter l'exposition des populations à certains polluants afin de prévenir la survenue de cancers.
Procédures
Les larves seront exposées aux polluants environnementaux de 2 à 5 jours après fertilisation. Les animaux seront surveillés quotidiennement pour veiller à leur bien-être. Ils seront euthanasiés à 3 ou à 6 mois.
Impact sur les animaux
Nous cherchons à mesurer une amplification clonale des cellules sanguines chez les PZ exposés aux polluants, ce phénomène n’entraîne pas d’effet nuisible pour l’animal. En effet l’amplification clonale des cellules du sang est un phénomène indolore qui survient naturellement au cours du vieillissement. Les tests de toxicité seront réalisés sur les formes larvaires (2-5 jpf). Ceux-ci seront nécessaires pour déterminer les concentrations non-toxiques ; seules les doses sub-toxiques (n'entrainant ni mortalité, ni malformation des larves évaluées à 5 jpf), seront utilisées pour déterminer leur effet sur l’expansion des clones chez les animaux plus âgés. Les animaux seront exposés aux substances toxiques entre 2 et 5 jpf, puis élevés en conditions normales jusqu'à 3 ou 6 mois. La raison de cette DAP repose sur la possibilité que des effets néfastes sur la santé des poissons se développent au delà de 5 jpf. Nous ne pouvons pas indiquer à priori s'il y aura des nuisances et quelle sera leur nature et c'est par précaution que nous déposons cette DAP. L'euthanasie des animaux sera réalisée, après anesthésie, par exposition à des doses létales d’anesthésique.
Devenir
A l'issue de la procédure, tous les animaux seront euthanasiés afin de prélever les cellules de moelle hématopoïétique pour réaliser les analyses des populations de cellules sanguines en cause dans le développement de leucémies.
Remplacement
Le recours à l'expérimentation animale est indispensable pour évaluer l'effet de substances chimiques sur le développement des stades précoces des leucémies. Toutefois l'utilisation de modèle poisson zèbre reste une alternative préférable à l'usage de modèles rongeurs pour étudier l'effet des polluants sur l'incidence des leucémies. Bien que cela puisse être discuté, il est généralement admis que l'utilisation de poissons dans la recherche soulève moins de préoccupations éthiques que celles associées à l'utilisation de mammifères.
Réduction
Les plans expérimentaux ont été conçus de manière à réduire au maximum le nombre d'animaux utilisés en vue de l'obtention de résultats significatifs et d'éviter les réplicats inutiles. La détermination du nombre d'animaux nécessaires par groupe se base sur des études antérieures.
Raffinement
Les études seront conduites en respectant scrupuleusement les normes en matière de soins des animaux et d'évaluation de la souffrance animale (qui ne devrait pas être causée par nos expérimentations). Les animaux seront maintenus dans des installations récentes et agréées pour assurer leur confort (qualité de l'eau, accès à la nourriture, température, cycle jour/nuit, nombre de poissons par bac...). Nous utiliserons la grille de points limites chez le poisson, présentée en annexe I, pour identifier les animaux à retirer de l'expérimentation et à euthanasier.
Choix des espèces
Bien qu'ayant un degré d'évolution moindre que celui des mammifères, le PZ possède néanmoins un fort degré de conservation avec l'humain, partageant avec lui 70% de son génome et une grande similitude physiopathologique. Le PZ est particulièrement pertinent pour modéliser les phénomènes de leucémogenèse. En effet le système hématopoïétique, ses étapes de développement au cours de l'embryogenèse et les mécanismes moléculaires qui le régulent, sont extrêmement bien conservés entre l'humain et le PZ. On retrouve ainsi chez le PZ toutes les lignées cellulaires du sang : érythroïde, myéloïde (macrophage, monocyte, granulocytes), lymphoïde (B et T), et thrombocytaire (équivalent des plaquettes). Le PZ a de ce fait été utilisé pour modéliser de multiples leucémies myéloïdes ou lymphoïdes humaines ainsi que des myélodysplasies ou syndromes myéloprolifératifs. Les animaux seront utilisés dès les premiers jours après fertilisation des œufs, ce qui correspond au début du développement du système sanguin chez le poisson. Nous exposerons les poissons aux polluants aux stades embryonnaires (entre 2 et 5 jours post fertilisation) afin de mimer l'exposition humaine pendant la grossesse. Nous analyserons ensuite les poissons adultes (à 3 et 6 mois d'âge) lorsqu'il est possible de prélever les cellules de moelle sanguine, et afin de laisser le temps à l'effet inducteur de leucémies des polluants de se manifester
Evaluation de gènes candidats dans des modèles de mélanome dans le poisson zèbre
- Recherche fondamentale
- Oncologie
Les poissons qui montrent une nage modifiée, une respiration accélérée ou une apathie sont retirés et tués avant le terme prévu. 10 380 poissons zèbres vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Chacun subit un prélèvement de nageoire caudale sous anesthésie pour le génotypage, puis, dès l'apparition de la première tumeur, un suivi hebdomadaire pouvant inclure des photographies sous anesthésie, sur six à douze mois. Le porteur affirme que le poisson zèbre est une bonne alternative à la souris parce qu'il offre de meilleures possibilités de manipulation génétique, et tous les poissons sont tués au terme du suivi, qu'ils aient ou non développé une tumeur.
Objectifs
Le cancer est la première cause de mortalité en France et dans de nombreux pays. Malgré des progrès thérapeutiques importants au cours des 20 dernières années, le taux de survie à 5 ans des patients atteints de tumeurs solides demeure faible. Une compréhension approfondie des mécanismes d’initiation et de progression des cancers est nécessaire pour concevoir de nouvelles stratégies thérapeutiques. Une approche de ces mécanismes consiste à décrypter les anomalies génétiques dont l’accumulation est à l’origine des cancers. Leur description s’est beaucoup améliorée, notamment grâce à l’essor de technologies de séquençage appliquées aux tumeurs humaines. Cependant, certains cancers comme le mélanome, une tumeur agressive de la peau qui touche près de 10000 personnes par an en France, présentent un très grand nombre d’altérations génétiques. De plus, leur description ne peut se traduire par une meilleure compréhension des mécanismes tumoraux qu’à travers l’étude approfondie de la fonction biologique des gènes altérés. L'étude de l’influence de ces gènes sur le développement des tumeurs nécessite le recours à des modèles in vivo qui reflètent l'évolution du cancer au cours du temps. L’objectif de ce projet est de tester dans des modèles de mélanome dans le poisson zèbre le rôle de 5 gènes candidats fréquemment altérés dans les mélanomes humains et pour lesquels des indications in vitro suggèrent qu’ils pourraient réguler l’initiation et la progression des tumeurs. Le poisson zèbre est un vertébré particulièrement utile pour l’étude de la génétique du cancer et plusieurs modèles très fiables de mélanome sont disponibles. Ces modèles seront utilisés pour évaluer les conséquences de l’expression ou de l’inactivation des gènes candidats sur la survenue des tumeurs et sur leurs caractéristiques. L’expression et l’inactivation de gènes proposées ici sont restreintes à certaines cellules de la peau et ne sont donc pas censées induire de pathologies autres que la formation de mélanomes à l’âge adulte. Les études présentées ici devraient permettre de découvrir la fonction de nouveaux gènes impliqués dans le développement du mélanome humain et pourraient révéler de nouvelles vulnérabilités des cellules cancéreuses permettant d’ouvrir des perspectives thérapeutiques innovantes.
Bénéfices attendus
Ce projet doit permettre de découvrir de nouveaux gènes impliqués dans l’initiation et la progression du mélanome. La compréhension de leur mécanisme d’action pourrait ouvrir de nouvelles perspectives thérapeutiques contre ces tumeurs.
Procédures
Le génotypage des poissons implique un prélèvement unique sous anesthésie d’une petite partie de la nageoire caudale qui repousse dès la première semaine. La procédure ne dépasse pas 2 minutes. A partir de l’apparition de la première tumeur, les poissons sujets au développement de tumeurs seront soumis à une observation hebdomadaire et individuelle. Pour suivre l’évolution des tumeurs, une documentation photographique pourra être réalisée sous anesthésie au plus une fois par semaine. Le suivi des poissons sera réalisé sur une durée de 6 à 12 mois en fonction du génotype des tumeurs, après quoi tous les poissons seront mis à mort, qu’ils aient ou non développé une tumeur.
Impact sur les animaux
La procédure de génotypage peut induire un stress passager ainsi qu’une modification temporaire de la nage due au prélèvement d’un fragment de nageoire. Certains animaux peuvent présenter des signes de stress ou de mal-être dus au développement de tumeurs primaires. Les signes les plus précoces et les plus légers comprennent des modifications de la nage, une respiration accélérée ou une apathie passagère. Pour éviter toute souffrance, les animaux seront observés au moins 2 fois par semaine et des points limites précoces ont été mis en place. La manipulation des poissons pour le comptage des tumeurs et pour la prise de photos introduit un stress supplémentaire.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à l'issue de chaque procédure.
Remplacement
Des modèles de croissance et de prolifération cellulaires in vitro sont utilisés à chaque fois que cela est possible, notamment pour les analyses du mécanistique d’action des gènes d’intérêt. Cependant, les lignées cellulaires de cancers humains modélisent mal les étapes précoces de l’initiation tumorale et d’évolution temporelle des tumeurs. La plupart des lignées cellulaires de mélanome humain proviennent de métastases, donc de stades tumoraux avancés, et se sont adaptées à leurs conditions de culture in vitro. Les méthodes alternatives telles que la culture en 3D ont aussi été envisagées mais ne peuvent à l’heure actuelle reproduire la complexité chimique, biologique et physique d’un organisme vivant pour étudier le comportement des cellules dans un environnement physiologique.
Réduction
Dans un but de réduction, l’analyse des caractéristiques biologiques des tumeurs sera réalisée sur le même groupe d’animaux que la mesure de leur vitesse d’apparition. Dans la mesure du possible, les manipulations génétiques seront en outre regroupées au maximum de manière à mettre en commun les groupes témoins et réduire ainsi le nombre total d’animaux utilisés. Des analyses statistiques a priori basées sur notre expérience du type de manipulations proposées ont permis d’établir les nombres minimums d’animaux nécessaires pour observer des différences significatives.
Raffinement
La souffrance éventuelle associée au développement de tumeurs peut être prévenue par une surveillance attentive des animaux et l’application de points limites définis, facilités par notre connaissance du modèle. Les poissons sujets au développement de tumeurs seront observés au moins deux fois par semaine à la recherche de signes ou de changements de comportement précoces et prédictifs de la maladie. Le stress éventuel pourra être réduit par le recours à l’anesthésie lors des manipulations de génotypage et de documentation photographique. Dans un souci de raffinement, les poissons seront également nourris une fois par jour avec des artémias pour préserver leurs instincts prédateurs et enrichir leur milieu.
Choix des espèces
Le poisson zèbre représente un organisme modèle particulièrement adapté à l'étude de la génétique du cancer. Les gènes impliqués dans le développement des cancers sont conservés à 80% entre l'homme et le poisson et nous disposons de très bons outils pour reproduire les altérations génétiques trouvées dans les tumeurs humaines spécifiquement dans certains types de cellules dans les poissons adultes. C’est ainsi qu’ont été générés des modèles très fiables de mélanome dans le poisson zèbre. Des espèces d'animaux invertébrés pourraient être envisagées mais leurs organes diffèrent considérablement de ceux de l’homme, ce qui limite leur utilité pour l’étude du cancer. Le poisson représente une bonne alternative à la souris parce qu'il offre d'excellentes possibilités de manipulation génétique pour tester l'influence de gènes particuliers sur le développement tumoral.
Suivi à long terme de l’expansion de poissons salmonidés en milieu post-glaciaire.
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Suivre sur le long terme la colonisation de rivières auparavant vierges de poissons par cinq espèces de salmonidés conduit à capturer 5 500 individus, dans des procédures d'un niveau de souffrance léger. Saumons atlantiques, truites communes, ombles de fontaine, ombles chevaliers et saumons coho sont pêchés sur une cinquantaine de rivières, gardés une trentaine de minutes dans des viviers immergés, anesthésiés quelques minutes, mesurés, pesés, privés de quelques écailles, puis remis à l'eau sur leur site de capture après cinq minutes de récupération. Tous sont relâchés, le porteur indiquant vouloir peser le moins possible sur le fonctionnement des populations qu'il étudie. L'effectif tient à deux sites d'échantillonnage par rivière, une cinquantaine de poissons par site et dix poissons par estuaire, un calcul de densité qu'il juge impossible à mener sur moins d'individus.
Objectifs
Ce suivi à long terme des populations de poissons salmonidés permet d'étudier l'adaptation des animaux à des environnements nouveaux, et l'effet du changement climatique sur cette adaptation. Les données et échantillons issus de ce suivi servent à repondre à des questions de recherche en écologie et en résilience de la biodiversité.
Bénéfices attendus
Ce projet contribue à la comprehension des mécanismes d'adaptation mis en jeu lors de l'expansion rapide d'espèces, avec une attention particulière pour la colonisation de milieux post-glaciaires. Les nouvelles données produites permettront de mieux comprendre l'impact des salmonidés sur ces milieux trophiquement pauvres, et de mieux prédire l'adaptation des espèces au changement environnemental.
Procédures
Les animaux seront soumis à des mesures biométriques (taille et poids) et à un prélèvement d'écailles avant d'être rélachés sur leur lieu de capture.
Impact sur les animaux
La manipulation pour les mesures biométriques et le prélèvement d'écailles peuvent générer un stress ponctuel.
Devenir
Notre projet visant à étudier l'évolution des populations dans des environnements naturels, nous remettons tous les animaux en liberté à l'issue de chaque procédure, de façon à générer le moins d'impact possible sur le fonctionnement des populations.
Remplacement
L’objectif de ce suivi à long terme est d’étudier l’évolution de ces vertébrés dans un environnement post-glaciaire, et il n'existe aucune exemple comparable dans la littérature sur la colonisation naturelle de rivières préalablement vierges de poissons par ces espèces de salmonidés. Il est donc impossible de remplacer cette étude par une approche simulatoire in silico, par exemple.
Réduction
Le suivi à long terme de l'expansion des salmonidés impose des captures proportionnelles à cette expansion, en termes de nombre de rivières échantillonnées : nous estimons à 50 ce nombre de rivières, d’après nos données précédentes. Par ailleurs, pour pouvoir estimer les densités locales dans chaque rivière, ainsi que pour pouvoir étudier la variation et l'évolution des structures phénotypiques et génétiques avec des approches statistiquement acceptables, des effectifs minimums par rivière sont aussi requis : nous effectuons deux sites d’échantillonnage par rivière, et en moyenne, une cinquantaine de poissons sont capturés par site. Par ailleurs, nous échantillonnons aussi 10 poissons par rivière dans les estuaires. Cela amène à un nombre approximatif de 5500 individus capturés sur la durée du projet. Réduire ce nombre de capture rendrait impossible les estimations de densité ainsi que les analyses de variation des traits.
Raffinement
Toutes les précautions sont prises afin de limiter au maximum le stress de ces animaux. Suite à la capture, les animaux sont placés dans des viviers placés directement dans la rivière pour éviter les chocs thermiques, enrichis de pierres et ombragés par des couvercles pour protéger les animaux de la lumière et de la vue des expérimentateurs. Leur temps de séjour est réduit au minimum (souvent 30 minutes le temps de finir la pêche du site), il est suivi d’une anesthésie légère pendant quelques minutes, avant la manipulation (mesure de la taille et du poids, prélèvement d’écailles), qui elle dure 1 à 2 minutes. Les poissons sont ensuite placés dans un vivier identique au premier décrit, dans lequel ils auront le temps de récupérer de leur anesthésie (environ 5 minutes), et seront ensuite immédiatement relâchés sur leur site de prélèvement.
Choix des espèces
Le projet s'intéresse à l'adaptation des salmonidés à des environnements nouveaux. Les espèces de salmonidés étudiées sont celles qui ont survécu dans ces environnements post-glaciaires : le saumon Atlantique, la truite commune, l'omble de fontaine, l'omble chevalier, le saumon Coho. Les stades de développement étudiés concernent quasiment la totalité du cycle de vie car il s'agit d'une étude d'écologie ét évolution, il est donc nécessaire de prendre en compte toutes les étapes de la vie des animaux. Seul le stade embryo-larvaire n'est pas pris en compte car nos méthodes et période d'échantillonnage ne nous permettent pas de capturer des oeufs ou des alevins vésiculés.
Mise au point du challenge infectieux à Lactococcus garvieae chez la Truite Arc en Ciel
- Recherche appliquée
- Maladies animales
309 truites arc-en-ciel d'environ 100 g vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles sont infectées par la bactérie Lactococcus garvieae, soit par injection intramusculaire sous anesthésie, soit en restant seize heures dans une suspension bactérienne, et deux prises de sang sont réalisées sous anesthésie. L'objet du projet est de mettre au point cette infection expérimentale, étape préalable à l'évaluation de vaccins, le protocole s'arrêtant à l'observation de poissons moribonds reconnaissables au mélanisme, à la nage erratique sur le dos ou à l'exophtalmie. Le porteur écrit que la maîtrise de ce "challenge infectieux" est "obligatoire" et la vaccination "nécessaire" pour réduire l'usage d'antibiotiques face à une lactococcose que le réchauffement des eaux bretonnes favorise.
Objectifs
Afin de limiter l’usage des antimicrobiens, la vaccination est considérée comme la meilleure option pour contrôler les maladies infectieuses en aquaculture. Cette demande d'autorisation de projet est une partie d'une étude plus globale sur l'efficacité des protocoles vaccinaux utilisant des voies d'administration non invasives telles que la balnéation ou la voie orale plutôt que l'injection, pour faciliter l'administration et réduire le stress des animaux. La demande d'autorisation de projet présenté vise à mettre au point un essai d'infection contrôlée de la truite Arc en Ciel avec la bactérie Lactococcus garvieae pour permettre d'étudier l'efficacité de vaccin et ultérieurement, d'autres méthodes de contrôle.
Bénéfices attendus
La lactococcose est une maladie bactérienne dont l'impact augmente actuellement en Bretagne en lien avec le réchauffement des eaux de surface. La maîtrise par vaccination est nécessaire pour contrôler cette maladie et réduire l'usage d'antibiotiques. La maîtrise du challenge infectieux par Lactococcus garvieae est obligatoire pour tester des solutions innovantes de contrôle, notamment la vaccination, facilitant leur mise en oeuvre dans les élevages et limitant le stress des animaux.
Procédures
Prises de sang sur animaux anesthésiés : prélèvement de sang deux fois (T0 et Tinal). La durée d'intervention est d'environ 15 à 20 minutes au total, comprenant l'induction de l'anesthésie, la prise de sang et le réveil des animaux. Exposition à une infection bactérienne contrôlée : Pour l'essai d'infection contrôlée par voie intramusculaire, la durée d'intervention sera de 15 à 20 minutes au total (induction de l'anesthésie, injection, réveil). Pour l'essai d'infection contrôlée par balnéation, les animaux seront placés durant 16 heures dans une suspension bactérienne.
Impact sur les animaux
L'évaluation de l'efficacité vaccinale nécessite d'infecter des truites par L. garvieae. Les manifestations cliniques de l'infection expérimentale peuvent entraîner de la douleur chez les poissons. Le protocole sera arrêté dès l'observation de poissons moribonds (mélanisme, nage erratique sur le dos, arrêt d'alimentation) ou de signes caractéristiques de la lactococcose (exophtalmie).
Devenir
L'euthanasie des poissons est prévue en fin de protocole, pour des raisons sanitaires (impossibilité de relâcher ou réutiliser des poissons potentiellement infectés par L. garvieae)
Remplacement
L'objectif du projet étant d'évaluer l'efficacité vaccinale contre la furonculose et la lactococcose, cela ne peut se faire que sur animaux vivants. La présente demande est une étape initiale de ce projet
Réduction
Le nombre de poisson par lot a été déterminé par une approche statistique. Pour vérifier la répétabilité de notre protocole, chaque condition sera réalisée en duplicat. Un total de 309 poissons est nécessaire.
Raffinement
Les animaux seront observés 2 fois par jour durant toute la durée du protocole. Les points limites sont d'une part les paramètres d'ambiance de l'élevage (température, oxygène). Si les paramètres critiques sont atteints (température > 20°C, oxygène < 80 %) et ne peuvent pas être rectifiés, l'expérimentation sera arrêtée. Les points limites concernent d'autre part la santé des poissons. Les poissons moribonds (nage erratique sur le dos, apathie, anorexie, mélanisme, exophtalmie) seront retirés de l'expérimentation et euthanasiés par surdosage d'anesthésique. La densité animale en condition expérimentale est bien en deçà de ce qui est réalisé en élevage et les bacs seront enrichis de tubes permettants aux poissons de se cacher.
Choix des espèces
La truite arc en Ciel est l'hôte naturel de Lactococcus garvieae. C'est de plus l'espèce de poisson la plus élevée en France. Les truites utilisées pèseront environ 100g. La lactococcose est une maladie que l'on observe à différents stades d'élevage. L'étude sur des poissons de poids de 100 g est un bon compromis entre le poids et le nombre de poissons pouvant entrer dans l'étude. De plus, les protocoles vaccinaux par balnéation seront effectués sur des alevins de 4 à 5 g et leur efficacité sera testée après quelques mois d'élevage. Ainsi, les essais d'infection contrôlée des poissons vaccinés par balnéation seront effectuées lorsque les truites atteindront 100 g environ.
Etude des effets du changement climatique sur des larves et des juvéniles de poisson.
- Recherche fondamentale
- Autre recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Nage erratique, spasmes, perte d'équilibre le ventre en l'air : dès l'apparition d'un de ces signes l'expérience s'arrête, et l'animal passe vingt-quatre heures dans un bassin de récupération avant d'être tué. 3 200 larves et juvéniles de poissons capturés dans l'estuaire de Cayenne vont être utilisés dans des procédures d'un niveau de souffrance léger, aucun ne retournant à l'eau. Ils sont exposés à des hausses de température et de salinité poussées jusqu'à des limites sublétales, pour estimer les seuils de tolérance d'une dizaine de groupes taxonomiques et alimenter des modèles de gestion halieutique. Le porteur justifie la mise à mort par le risque que le retour en milieu tidal soit fatal, et juge le nombre d'individus "négligeable" au regard d'une seule ponte, alors qu'il annonce par ailleurs des lots de dix puis cinq individus par espèce.
Objectifs
Le succès du recrutement des populations des poissons à l’état sauvage et l’état des stocks pêchés dépendent principalement des premiers stades de vie et de leur survie car les larves et juvéniles sont les stades les plus sensibles aux variations environnementales et avec les plus hauts taux de mortalité naturelle. Ce projet vise donc à étudier les effets du réchauffement climatique sur les larves et juvéniles des poissons vivants dans les zones nourricières estuarienne et côtières de Guyane. Ce projet combinera des expérimentations en laboratoire avec des mesures in situ pour : i) caractériser la variabilité naturelle des conditions environnementales actuelles, ii) estimer les limites de tolérances salines et de température des principales larves et juvéniles présentes dans le système.
Bénéfices attendus
Dans le cadre de ce projet, les résultats obtenus concernant la variabilité des paramètres environnementaux de l’estuaire et les limites thermiques et de salinité des principales espèces considérées seront utilisés pour simuler les effets du changement climatique sur le fonctionnement des réseaux trophiques de l’estuaire de la rivière de Cayenne. Grâce aux connaissances acquises en laboratoire sur les limites de tolérance thermique et de salinité des espèces principales, l’impact de différents scenarios à court terme (5-10 ans) de changement climatique sur les réseaux trophiques pourra être étudié en utilisant les scenarios prévus par le GIEC (Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat). Ce projet fournira aussi les outils nécessaires pour le développent des futurs modèles couplant les dynamiques de recrutements des juvéniles des espèces à intérêt commercial avec les modèles de populations focalisés sur les adultes pêchés plus au large. Ce type d’outils permettra de mettre en place des mesures de gestion durable pour le maintien des ressources halieutiques et des pêcheries qui les exploitent.
Procédures
sans objet
Impact sur les animaux
Les nuisances attendues sont le stress lié à la capture en milieu naturel, le transport, et lors des manipulations. Pendant les expérimentations, la hausse des températures et/ou salinité jusqu’à des limites sublétales va perturber l’animal et changer son comportement (nage erratique, mouvement operculaire réduit, spasme, perte d’équilibre – ventre en l’air). Dès l’apparition d’un symptôme, l’expérimentation sera interrompue et le spécimen placé dans un bassin de « récupération » (à T°C et salinité normales, viables). La mise à mort sera effectuée après 24h dans le bassin de récupération.
Devenir
Après chaque expérimentation, les animaux seront surveillés dans un bassin de récupération pendant 24h et mis à mort. Les animaux ne seront pas relâchés car le transport et le choc environnementale (milieu tidale avec des très forts changement des paramètres de l’eau au cours de la journée) pourra lui être fatal et causer des stress ultérieurs. La quantité d’animaux sacrifié sur 5 ans peut être considérée négligeable par rapport à une ponte d’un seul géniteur et à la mortalité naturelle de ces animaux dans le milieu naturel (>90% la semaine suivant la ponte). Ces détails ont été expliqués dans le document.
Remplacement
Les seuils de tolérance aux variations de température et salinité étant dépendants des espèces, nous ne pouvons pas substituer les espèces et devons faire les expérimentations sur les espèces sauvages locales. Par contre, nous limiterons au maximum le nombre d’individus.
Réduction
Pour chaque espèce, un premier test sera effectué sur 10 individus témoins et 10 individus soumis au réchauffement/changement de salinité. Si les différences inter individuelles ne sont pas significatives, le nombre d’individus sera réduit à 5 pour les expérimentations suivantes. Il ne sera pas possible de réduire davantage le nombre d'individus testés pour des raisons de puissance statistique. Par ailleurs, pour certaine espèce, le nombre d’individus sera probablement tout simplement limité par le nombre d’individus capturés dans la nature. Si moins de 5 individus sont prélevés dans la journée, les animaux seront relâchés directement in situ.
Raffinement
Les individus capturés (larves, post-larves et juvéniles) seront placés dans des conteneurs équipés de bulleurs, par famille (afin d’éviter les attaques de certaines espèces et donc éviter ce stress, voire mortalité), puis rapidement transportés vers la plateforme expérimentale pour être mis dans des aquariums préalablement préparés quelques jours avant leur capture. Afin d’être au plus proche des conditions environnementales naturelles, l’eau des aquariums sera prélevée quelques jours avant sur le site de capture. Les installations et les filtres auront été mis en route avant le démarrage de l’expérimentation et tous les paramètres physiques (T°C, salinité…) contrôlés et stabilisés. L’ensemble des installations sera placé dans une pièce climatisée afin de pouvoir contrôler plus facilement la température des aquariums. Une surveillance accrue sera portée aux animaux à leur arrivée afin de savoir s'ils s'acclimatent et s’alimentent. En cas de comportement anormal, d’absence de prise alimentaire correcte (traduisant d'un état de stress), les animaux seront mis à mort.
Choix des espèces
L’objectif de l’étude est d’étudier les effets du réchauffement climatique sur les larves et juvéniles des poissons vivants dans les zones de nurseries estuariennes et côtières de Guyane. Les seuils de tolérance aux variations de température et salinité étant dépendante des espèces, nous ne pouvons pas substituer les espèces et devons faire les expérimentations sur les espèces sauvages locales. L’identification de certaines espèces de larves n’étant pas possible vivantes, à l’œil nu, les expérimentations se feront uniquement sur environ 10 groupes taxonomiques principaux, au niveau soit de l’espèce, du genre ou de la famille. L’étude portant sur la sensibilité des espèces aux variations de température lors de leurs premiers stades de vie, les individus utilisés seront au stade de larve- juvénile selon ce qui sera capturé le jour de l’échantillonnage (filet de mailles entre 500µm et 3mm). Les adultes ne seront ni capturés ni étudiés. Pour certaines espèces seulement, un seul stade de vie sera présent dans l’estuaire car les autres stades se développent dans d’autres types d’habitat.
Prélèvement de tissus pour sélection génétique et identification de lignées Poisson-zèbre
- Maintien des lignées génétiquement modifiées
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Organes sensoriels
- Système musculosquelettique
- Système nerveux
Pêchés à l'épuisette, anesthésiés par balnéation, amputés d'un morceau de nageoire caudale en cinq minutes, 3 750 poissons zèbres vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Le prélèvement sert à génotyper des lignées génétiquement modifiées et à repérer celles qui portent la combinaison de gènes attendue. Le porteur affirme que la nageoire se régénère complètement en vingt jours et que la douleur au réveil reste légère, et il pratique aussi ce prélèvement sur des larves de trois jours. 2 812 poissons au bon génotype sont gardés comme géniteurs, les 938 autres sont mis à mort.
Objectifs
Ce projet a pour objectif de garantir la sélection et l’identification par génotypage de lignées de "poisson-zébre" génétiquement modifiées, à phénotype non dommageable.
Bénéfices attendus
Le bénéfice attendu est l’optimisation des effectifs des animaux et la gestion des élevages d’animaux génétiquement modifiés nécessaires aux expérimentations des chercheurs. L'élevage de ces modèles permettra de valider de nouveaux traitements contre des maladies neurologiques.
Procédures
Après anesthésie par balnéation, un prélèvement de la nageoire caudale sera réalisé, ce prélèvement est limité au minimum de tissus nécessaire, la nageoire caudale est capable de régénération complète en 20 jours. Temps de la biopsie (anesthésie incluse): 5 minutes.
Impact sur les animaux
Les effets indésirables suite au prélèvement de tissus de la nageoire caudale sont un stress léger au moment de la pêche par épuisette, de l’anesthésie et une douleur légère suite au réveil associée à la coupure. Ce projet a pour but de minimiser au maximum tout signe de nuisances.
Devenir
Les poissons présentant le génotype d'intérêt sont gardés et utilisés comme géniteurs, les animaux ne présentant pas la bonne combinaison de gènes seront mis à mort.
Remplacement
Le développement du modèle animal poisson-zèbre est pour nous un choix incontournable car l'étude des maladies humaines comme les maladies neurodégénératives nécessite de considérer l'organisme entier. Il n'existe pas de méthode de remplacement pour le génotypage des animaux.
Réduction
Les animaux produits, issus de ce projet, et utilisés en expérimentation font tous l’objet d’une analyse statistique pour permettre la détermination des lots expérimentaux et l’analyse des résultats. Chaque chercheur a défini ses outils et échantillons pour ses expérimentations qui sont évalués indépendamment. L’enjeu et l’objectif majeur d’une réduction consistent à optimiser les élevages et à limiter la surproduction d’animaux non utilisés dans les projets scientifiques. Pour cela, les chercheurs définissent et mettent en place les accouplements avec les zootechniciens pour des objectifs de production adaptés aux projets scientifiques. La production est suivie avec des rapports trimestriels avec des indicateurs de productivité adaptés. Chaque trimestre, la production peut donc être revue et réajustée. Elle sera réduite au strict besoin, limitant le nombre de prélèvements de tissus pour génotypage. Les effectifs pour chaque lignée sont discutés avec les utilisateurs, qui ont estimé leurs besoins par des méthodes statistiques. Nous nous appuyons également sur l’expérience zootechnique d’élevage, c’est-à-dire la variabilité individuelle des performances de reproduction. Afin d’améliorer nos pratiques, nous avons également mis au point un protocole de génotypage pour les larves de 3 jours, ce qui permet de sélectionner les animaux portant le génotype correct avant le stade de larve autonom. La croissance de la larve n’est pas altérée du fait des capacités de régénération de la queue en quelques jours. Le nombre d’animaux en élevage est donc réduit. Ce protocole à un stade précoce est limité au génotypage simple, sans séquençage des mutations, soit 1/4 des lignées.
Raffinement
Chez le poisson-zèbre, bien que la cicatrisation et la régénération des tissus de la queue soient rapides, les conditions d’isolement seront maintenues au strict minimum et les capacités de nage et de prise alimentaire seront contrôlées dès les premières heures après la biopsie. Une surveillance accrue au cours des 24h suivantes se fera en surveillant les points limites définis et validés avec la Structure du Bien Etre Animal: la prise alimentaire , le comportement de nage et l'activité globale .
Choix des espèces
Le poisson-zèbre est un modèle incontournable pour la création de modèle de pathologie humaine. Son développement embryonnaire rapide et externe, permet de modifier facilement son génome qui présente plus de 70% d’homologie avec celui de l’homme. La possibilité d’étudier les mécanismes biologiques dès les stades larvaires permet de suivre en microscopie à fluorescence et en comportement sensori-moteur, le développement des maladies modèlisées. Ce modèle permet de tester et valider de nouvelles stratégies thérapeutiques, qui pourront être appliquées chez l’Homme. La procédure s'applique aux animaux adultes.
Caractérisation des conséquences physiologiques et comportementales de la stochasticité thermique chez des espèces de poissons présentes en Saône
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
- Système endocrinien
Pêchés dans la Saône, 1680 poissons de quatre espèces, chevesnes, spirlins, gobies à tache noire et chabots communs, vont être utilisés sur cinq ans dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chacun est anesthésié pour recevoir une marque d'élastomère, puis de nouveau à chaque transfert entre aquariums, avant un préconditionnement thermique de une à six semaines et deux séries de tests comportementaux d'une heure, certains subissant en plus un test de performance de nage. Le porteur attend un stress accru par la pêche et le changement de milieu, avec un risque d'infection plus élevé du fait de l'origine sauvage des animaux, dont il dit ignorer l'histoire. 1280 poissons sont tués pour des mesures de bioénergétique cellulaire, 400 sont remis à l'eau, et les gobies à tache noire, classés invasifs, ne peuvent en aucun cas être relâchés.
Objectifs
Le changement climatique est souvent caractérisé par une augmentation de la température moyenne, mais rarement par les variations de températures non prédictibles de plus en plus fréquentes qui l’accompagne. Cette variabilité thermique imprévisible, ou « stochasticité thermique » reste à ce jour encore peu étudiée mais peut entrainer des effets délétères sur les organismes vivants, et plus particulièrement sur les ectothermes, comme les poissons, dont la température interne dépend fortement de la température environnementale. Pour faire face à ces variations thermiques aléatoires, seuls les organismes possédant une large gamme de réponses comportementales et/ou physiologiques (= plasticité phénotypique) pourront se maintenir à moindre coût. En reproduisant cette stochasticité thermique en conditions contrôlées de laboratoire, ce projet a donc pour but de caractériser les réponses physiologiques et comportementales des poissons mises en place lors de ce stress thermique aigu. On s’attend donc à une augmentation de la dépense énergétique des poissons soumis à un régime thermique stochastique (aléatoire), en comparaison avec un régime thermique variable prévisible (saisonnier ou journalier) ou un régime thermique stable. On s’attend également à des répercussions au niveau comportemental, notamment à travers une diminution de l’activité physique et une augmentation de la quête alimentaire en fonction du potentiel adaptatif des espèces étudiées. Pour décrire les différentes composantes physiologiques et comportementales de la plasticité phénotypique, 4 espèces de poissons couramment rencontrées en Saône seront utilisées : le chevesne et le spirlin (2 espèces pélagiques eurythermes), le gobie à tache noire (espèce benthique invasive) et le chabot commun (espèce benthique native). Ces quatre espèces communes et représentatives des différentes niches écologiques permettront de généraliser au maximum les informations obtenues au cours de cette étude. Au total, 1680 poissons seront utilisés au cours des 5 prochaines années, dont une partie pourra être replacée dans le milieu naturel. En concertation avec les gestionnaires de biodiversité, nous nous assurerons de l’effet négligeable de ces prélèvements sur les populations naturelles.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra de documenter et de mieux prédire l’impact du changement climatique sur les populations de poissons d’eau douce, en se focalisant plus particulièrement sur des variations rapides et stochastiques de la température encore très mal prises en compte dans la littérature scientifique. A l’aide d’une approche interdisciplinaire, entre écologie comportementale et physiologie, cette étude va permettre à court terme i) d’apporter des connaissances fondamentales pour définir les limites thermiques de certaines espèces en Saône et ii) de caractériser les effets d’une stochasticité thermique accrue sur le comportement et la physiologie des poissons. Ces données participeront par exemple à la compréhension des conséquences des changements environnementaux rapides souvent liées à l’activité humaine. A plus long terme, ces données pourront servir concrètement pour réfléchir à des directives de conservations des écosystèmes basées sur des données physiologiques et comportementales individuelles, en support aux données populationnelles. Les conclusions de ce projet d’envergure réalisé sur plusieurs espèces de poissons seront susceptibles d’être généralisables aux écosystèmes similaires à la Saône, dans un but de conservation des écosystèmes aquatiques, qui reste au centre des préoccupations du grand public, des instances gouvernementales et des chercheurs.
Procédures
À la suite de leur prélèvement en milieu naturel, tous les poissons seront acclimatés à l’animalerie et stabulés dans des conditions adaptées à leur espèce. Les poissons seront soumis à une anesthésie / analgésie afin de les implanter avec des marques pour les individualiser. Cette intervention dure au maximum 15 minutes par poisson. Les poissons seront ensuite soumis à une période de pré-conditionnement thermique (entre 1 et 6 semaines selon la procédure). A chaque manipulation (lors des transferts entre les aquariums de stabulation et les enceintes expérimentales), les poissons seront légèrement anesthésiés afin de limiter le stress du déplacement. Cette anesthésie ne fera pas effet pendant plus d’une minute sur le poisson. Tous les poissons en pré-conditionnement subiront deux séries de tests comportementaux (2 fois 1h) espacés de 2 jours de repos en conditions expérimentales. Certains d’entre eux subiront par la suite un test de performance de nage (
Impact sur les animaux
Un des effets indésirables de ces protocoles pourrait être un niveau de stress accru faisant suite à la pêche, à la stabulation dans un nouveau milieu, et/ou aux expérimentations. Cette augmentation du stress peut s’exprimer via l’apparition d’infections chez les poissons. En effet, les risques d’infections sont plus hauts que la normale car comme les poissons viennent de milieux naturels, on ne connaît pas leur histoire et ce qu’ils auraient pu rencontrer dans leur habitat. Un autre point de surveillance sera lié à la période d’isolement des poissons (entre 2h et
Devenir
80 poissons (chevesnes) seront euthanasiés à la suite du protocole permettant de construire une courbe de performances thermiques pour réaliser une étude de performance thermique au niveau cellulaire. Sur les 1600 poissons prévus pour caractériser les conséquences physiologiques et comportementales des périodes de pré-conditionnements aux différents régimes thermiques, 1200 individus seront euthanasiés pour réaliser des mesures de bioénergétique cellulaire, et 400 poissons (100 de chaque espèce) seront replacés dans leur milieu naturel. De plus, les gobies à tache noire, étant considérés comme invasifs, ne peuvent pas être relâchés dans le milieu naturel.
Remplacement
A ce jour, seule l’expérimentation sur animaux permet de réaliser une étude intégrative qui prend en compte l’ensemble des réponses physiologiques et comportementales des organismes soumis à des contraintes environnementales. Dans le contexte de l’intensification du changement climatique, ce projet cherche à décrire les conséquences des variations de température sur des poissons issus du milieu sauvage (la Saône), afin d’apporter un éclairage pertinent et des prédictions des effets de ce stress thermique sur les écosystèmes aquatiques. De plus, l’utilisation d’espèces variées s’avère indispensable pour apporter des conclusions pertinentes, robustes et généralisables sur les conséquences d’une augmentation de la stochasticité thermique sur la biodiversité des rivières.
Réduction
Compte tenu de l’étendue de la variabilité interindividuelle des processus étudiés dans ce projet, le nombre de poissons a été réduit au minimum et défini au seuil de la pertinence scientifique et statistique, notamment grâce au marquage individuel permettant l’utilisation de tests à mesure répétées, prenant l’individu comme facteur aléatoire. Outre les 80 chevesnes nécessaires pour l’étude des courbes de performances thermiques, c’est surtout le protocole de comportement alimentaire (réponse fonctionnelle), qui selon la littérature implique pour établir une courbe robuste 5 individus au minimum par densité de proies (au nombre de 7), qui conditionne l’effectif choisi. Ainsi, 5 poissons x 7 densités de proies x 2 durées d’acclimatation x 5 profils thermiques x 4 espèces = 1400 poissons seront expérimentés au maximum. Afin de palier une mortalité possible liée à l’origine « sauvage » des poissons, 50 poissons supplémentaires par espèces seront pris en compte dans les calculs, soit au total 1680 poissons pêchés au cours des 5 ans du projet. Tout aménagement de protocole permettant de réduire encore le nombre de poissons utilisés au cours des expériences sera favorisé et certains poissons pourront également être relâchés après expérimentation.
Raffinement
Lors des protocoles in vivo (mesure de la consommation d’oxygène associée aux performances de nage et tests comportementaux), un des principaux objectifs est de limiter au maximum le stress et la douleur des animaux. Chaque geste contraignant (mesures et changement de milieu – tunnel, chambre ou nouvel aquarium) sera réalisé sous anesthésie légère, suivi par un temps d’acclimatation de 12h dans le tunnel de nage ou la chambre métabolique, avant les protocoles de respirométrie ou de 15 à 30 min avant les protocoles de comportement. Après chaque expérience, les poissons seront replacés dans leur aquarium de stabulation et toutes les précautions seront prises pour leur éviter toutes nuisances visuelles et sonores. Les poissons sont maintenus dans des aquariums de 60L ou 90L en densité adaptée à leur espèce. Les spirlins et les chevesnes juvéniles sont des poissons vivant en banc. Ils seront donc maintenus à plusieurs dans les aquariums (environ 15 par bac) afin d’optimiser les conditions de stabulation. Des cachettes adaptées (tubes de gros diamètres leur permettant de se cacher en banc), des plantes artificielles et du gravier sont disposés dans chaque aquarium. Un système de pompe filtrante assurera également une circulation d’eau bullée continue dans les aquariums. Les poissons seront nourris une fois par jour, avec des cubes de moules hachées avec du mix (différentes larves de moustiques, daphnies et de la verdure (épinards, spiruline)) et lors du nourrissage, leur comportement sera particulièrement observé. En effet, si un poisson ne se nourrit pas, des mesures seront prises à son égard. Une observation biquotidienne sera réalisée par le personnel animalier et les expérimentateurs afin de veiller au bien-être des animaux depuis leur arrivée à l’animalerie jusqu’à l’euthanasie. Les états de santé et de bien-être des animaux seront ainsi évalués en prenant en compte les signes cliniques et comportementaux selon des grilles d’évaluation afin de définir des points limites adaptés. Dès l’apparition de signes cliniques de mal-être, les animaux seront sortis du protocole et remis en conditions standard d’élevage. Dans le cas où des signes de douleur ou de mal-être devaient persister au-delà de 24 heures après la mise en stabulation, les animaux seront euthanasiés selon la réglementation en vigueur.
Choix des espèces
Les 4 espèces de poissons sont couramment rencontrées dans la Saône et représentent plusieurs stratégies de vie au sein des poissons d’eau douce. Elles ont été identifiées en concertation avec les partenaires à l’origine de ce projet et le nombre d’individus prélevés n’aura aucun impact sur les populations naturelles. Le chevesne est une espèce très répandue dans la Saône, avec une tolérance thermique très large. Le spirlin est également une espèce ubiquiste, plutôt thermophile, de plus petite taille, permettant une stabulation optimale en condition expérimentale. Ce sont toutes les deux des espèces pélagiques. Le gobie à tache noire est une espèce benthique extrêmement invasive, qui se trouve actuellement en Haute-Saône, suspectée d’être plus tolérante face aux variations thermiques que l’espèce native qui occupe la même niche écologique que lui, le chabot commun. Du fait de leur diversité, ces 4 espèces permettront d’obtenir des résultats généralisables à la biodiversité des rivières. Les poissons utilisés seront soit des juvéniles, soit de jeunes adultes, soit des adultes, dont la taille sera adaptée à l’utilisation des tunnels de nage à disposition au laboratoire (entre 8 et 15 cm). Les spirlins, les gobies à tache noire et les chabots communs utilisés seront des adultes. Leur taille (entre 8 et 15 cm) permet des mesures en tunnel de nage. La taille des chevesnes adultes (>30 cm) étant incompatible pour une telle étude, seuls des chevesnes juvéniles seront employés.
Maintien de lignées de poissons-zèbres génétiquement modifiées pour l’étude d’une maladie génétique affectant la coordination des mouvements.
- Recherche appliquée
- Troubles nerveux
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Attrapés à partir de l'âge de deux mois, anesthésiés, amputés d'un fragment de nageoire caudale pour être génotypés, puis isolés jusqu'à 72 heures en attendant le résultat : 2 250 poissons zèbres vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Le projet porte sur l'entretien de lignées génétiquement modifiées pour l'étude d'une maladie humaine de la coordination des mouvements, dont les retombées thérapeutiques annoncées sont renvoyées à plus de cinq ans. Une quarantaine de reproducteurs et de reproductrices par lignée et par an sont gardés en vie jusqu'à 18 mois, puis remplacés tous les huit mois. Les autres sont tués pour ne pas garder d'animaux "non nécessaires" à la conduite du projet.
Objectifs
La maladie sur laquelle nous travaillons est une maladie génétique caractérisée par une dégradation progressive des fonctions sensorielles et motrices qui conduit à une perte des mouvements volontaires. Celle maladie est due à une diminution d’une protéine essentielle pour le bon fonctionnement des neurones. Plusieurs mutations ont été identifiées à ce jour, qui mènent à des symptômes différents d’un patient à l’autre. L'objectif de notre projet est de comprendre comment différentes altérations dans un même gène présentent des pathologies différentes. Nous utilisons des poissons-zèbres, un modèle particulièrement adapté à la recherche neurologique, car ils ont un système nerveux similaire à l’Humain et sont transparents au stade où nous allons les étudier. Dans notre projet, nous allons étudier des modifications génétiques chez ces poissons pour qu'ils produisent une protéine défectueuse équivalente à celle retrouvée chez les patients. De plus, nous utiliserons des poissons présentant une absence du gène en question, entraînant l'absence de la protéine. En comparant ces deux mutations chez le poisson zèbre, nous voulons mieux comprendre comment les altérations du gène associé à la maladie conduisent à la pathologie, dans le but ultime de découvrir de nouvelles cibles thérapeutiques.
Bénéfices attendus
Ce projet nous permettra d'acquérir des connaissances fondamentales sur la protéine associée avec cette maladie. Ces connaissances permettront la compréhension des mécanismes pathologiques, avec l'objectif à long terme (>5 ans) de développer des stratégies thérapeutiques ciblant ces mécanismes.
Procédures
Le maintien de lignées de poissons-zèbres implique de pouvoir identifier les animaux porteurs des modifications génétiques d’intérêt. Ainsi, l’identification génétique (génotypage) des individus par prélèvement d’un morceau de nageoire caudale (
Impact sur les animaux
L’ensemble des progéniteurs de nos lignées seront des poissons porteurs sains. Cependant, un suivi régulier des poissons-zèbres sera effectué pour garantir l’absence de développement de phénotypes dommageables au fil du temps. Nous nous concentrons principalement sur les anomalies qui pourraient être liées à un système nerveux défectueux, comme d’anomalies de comportement (prostration, comportement de fuite) et d’une nage anormale dans l’aquarium (attitude de nage anormale, défaut de flottabilité). Lors du maintien de ces lignées, certains poissons zèbres seront amenés à subir un prélèvement d’un morceau de la nageoire caudale (
Devenir
Les animaux d’intérêts (géniteurs et génitrices en nombre nécessaires) seront conservés jusqu’à leur 18 mois. Les autres seront mis à mort afin de ne pas garder d’animaux non nécessaires à la conduite de ce projet.
Remplacement
Le projet vise à mieux comprendre comment les altérations dans notre gène d'intérêt retrouvées chez l’Homme entraînent différentes pathologies. Bien que la maladie affecte les neurones, on s'attend à ce que d'autres types de cellules entourant le neurone malade jouent un rôle important dans la pathologie. Les méthodes de culture cellulaire actuelles pour étudier cela en laboratoire ont des limites, car elles ne reproduisent pas fidèlement l'environnement complexe des tissus. Ainsi, nous nous tournons vers les embryons de poisson-zèbre comme alternative. Ils possèdent un système nerveux similaire à l’homme, avec tous les types de cellules, et ils sont déjà fonctionnels dès leur stade larvaire. De plus, nous pouvons les rendre transparents sans les endommager, ce qui facilite l'imagerie des processus biologiques en direct. En bref, le poisson-zèbre est un modèle approprié pour répondre à nos questions biologiques car il combine la complexité nécessaire avec la capacité d'observer les processus en direct.
Réduction
Le nombre de poissons zèbres ayant à subir un prélèvement de la nageoire caudale sera limité au minimum, en réalisant des prélèvements par groupe de 16 poissons zèbres, afin de ne sélectionner que le nombre minimum de poissons zèbres porteurs sains nécessaires. Dès lors que le nombre de poissons d’intérêt sera atteint, les prélèvements seront interrompus. Pour le maintien des lignées, seuls les poissons zèbres porteurs sains nécessaires au maintien de chaque lignée seront conservés, ce qui correspond à une quarantaine de géniteurs mâles et de génitrices femelles par an et par lignée. Les renouvellement des géniteurs/génitrices ne se feront tous les 8 mois afin de réduire le nombre d’animaux. Dès lors que le nombre d’animaux d’intérêt sera obtenu, les prélèvements de nageoire caudale pour génotypage seront interrompus.
Raffinement
Seul le strict minimum d’animaux nécessaires au maintien des lignées subira le prélèvement d’un morceau de nageoire caudale. Le prélèvement d’un morceau de nageoire caudale se fera uniquement sur des animaux anesthésiés et le temps d’isolement des poissons-zèbres pendant cette phase de caractérisation sera limitée au minimum en maintenant les animaux dans des bacs avec des séparateurs transparents afin qu’ils soient au minimum en couple le temps de la procédure. Les individus d’intérêt seront ensuite regroupés en fonction de leur génotype. Les poissons-zèbres conservés seront tous porteurs sains et ne présenteront pas de phénotype. Toutefois, une surveillance hebdomadaire pour détecter tout éventuelle anomalie du comportement des animaux sera réalisée. Des points limites précis et prédictifs ont été définis, et l’observation qu’un de ces points limites est atteint telles que blessures sur l’animal, anomalies de comportement (nage anormale, prostration au fond du bac...) conduira à la mise à mort de l’animal afin d’éviter toute souffrance inutile.
Choix des espèces
Le poisson zèbre est un modèle privilégié pour l’étude des gènes et les protéines liés à la physiologie et aux maladies humaines en raison de la similitude fonctionnelle de ses gènes avec ceux de l'homme. Les embryons de poisson-zèbre partagent un système neuromusculaire similaire à celui de l'homme, incluant toutes les cellules pertinentes pour nos recherches. De plus, la transparence optique des embryons permet de suivre les processus biologiques dynamiques dans l'ensemble de l'organisme de manière non invasive. Les poissons présentant le bon génotype seront utilisés pour la reproduction lorsqu'ils atteindront la maturité sexuelle, généralement à l'âge de 3 ou 4 mois.
Comparaison des performances de polycultures en étang basées sur différents mélanges d’espèces de poisson
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Tous les poissons manipulés sont remis à l'eau et réutilisés, transférés en étangs de stockage à la fin de l'expérience. 426 carpes, tanches, gardons et sandres vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, sur sept mois d'élevage en étangs de 500 m². Ils subissent trois séries de mesures de poids et de longueur, et cinq individus par espèce et par étang perdent un fragment de nageoire caudale de 0,5 cm² sous anesthésie. Les juvéniles nés spontanément dans les étangs et jugés trop petits pour ce prélèvement sont tués pour que leurs tissus soient analysés, sans que leur nombre soit indiqué.
Objectifs
L’expérience prévue s’inscrit dans le cadre d'une thèse qui porte sur la modélisation des relations trophiques dans les systèmes de polyculture. Durant le travail de thèse, une démarche de conception de mélanges d’espèces piscicoles basée sur la modélisation des relations trophiques entre les différentes espèces empoissonnées et les autres compartiments trophiques de l’étang a été élaborée. L’expérience prévue est la validation expérimentale de cette démarche en étangs expérimentaux de 500 m2, par la mesure des performances zootechniques de deux scenarios de mélanges d’espèces piscicoles optimisés obtenus par modélisation, l’une comprenant des carpes Amour, l’autre ne comprenant pas de carpe Amour. Les principaux paramètres mesurés porteront sur la productivité totale en poisson, la croissance de chaque espèce, le recrutement en juvéniles, les paramètres physico-chimiques du milieu et la biodiversité en invertébrés (macro-invertébrés et zooplancton) et en macrophytes. Une modélisation des liens trophiques entre les différents compartiments de l’étang sera menée en analysant les isotopes stables de carbone et de l’azote des différentes espèces présentes dans l’étang. Cette expérience a pour objectif final de valider des outils pour une amélioration de l’empoissonnement des étangs extensifs, pour les rendre à la fois productifs et respectueux de la biodiversité.
Bénéfices attendus
L’expérience prévue doit contribuer à la validation d’une démarche opérationnelle pour la proposition de polycultures de poissons d’étangs, à la fois productive et respectueuse de la biodiversité et de l’environnement. Ce travail doit aussi contribuer à faire avancer les connaissances sur les interactions entre espèces dans le cadre de polycultures de poissons en étang, et la connaissance des réseaux trophiques dans les milieux aquatiques. De façon plus générale, ce travail doit contribuer aux réflexions en cours sur le rôle de la diversité sur la robustesse et la résilience des systèmes d’élevage piscicoles.
Procédures
Mesures biométriques non invasives réalisées trois fois au cours des 7mois d'élevage et prélèvement d'un fragment de nageoire caudale pour analyse de la composition des tissus en isotopes stables de l'azote et de carbone, sur 5 individus par espèce et par étang.
Impact sur les animaux
Les principales nuisances pour les animaux consistent en trois points : (1) la manipulation en début et fin d’expérience, afin de réaliser des mesures (poids, longueurs) individuelles et les répartir dans leurs structures d’accueil (étangs expérimentaux en début d’expérience, étangs de stockage en fin d’expérience) ; (2) le prélèvement d’un morceau de nageoire caudale (0,5 cm2) après anesthésie, pouvant induire des douleurs et du stress durant quelques heures ; (3) le prélèvement de tissus après mise à mort si l’individu est trop petit pour le prélèvement de nageoire (cas des juvéniles issus des reproductions spontannées).
Devenir
Les poissons utilisés dans les procédures de contention et biométrie et prélèvement d'un fragment de nageoire sont tous réutilisés.
Remplacement
Cette expérience est principalement à vocation zootechnique. Elle nécessite le recours aux espèces utilisées en élevage classique. Le manque de recul et de modèles sur les interactions entre les espèces aquatiques d’élevage, ne permet pas de réaliser ce type d’expérience in silico. Néanmoins, les données récoltées dans le cadre de l’expérience, ont vocation à alimenter des démarches de modélisation qui vont dans le sens de la limitation au recours aux animaux à l’avenir.
Réduction
Les proportions des différentes espèces et leurs effectifs ont été déterminées pour représenter les pratiques d’empoissonnement en polyculture d’étang courrantes. Il est n’est pas possible de les diminuer sans perdre le caractère représentatif des pratiques. Le nombre de trois répliquats est le minimum que nous pouvons admettre pour obtenir des résultats statistiquement exploitables.
Raffinement
Afin de limiter les nuisances envers les poissons, les conditions de contention sont surveillées, notamment en maintenant un renouvellement d’eau lors des tockages temporaires et le contrôle des comportements. Avant chaque manipulation, les poissons sont anesthésiés, afin de limiter le stress, les risques de chute, limiter la durée hors d’eau en augmentant la rapidité des mesures de biométrie. La phase de réveil est contrôlée dans des bassins séparés par espèce, avec renouvellement d’eau.
Choix des espèces
Les espèces choisies : carpe Amour (Ctenopharyngodon idella), carpe commune (Cyprinus carpio), tanche (Tinca tinca), gardons (Rutilus rutilus) et sandre (Sander lucioperca), sont représentatives des polycultures de poissons d'étangs extensifs ou semi-intensifs en France. Ce sont par ailleurs, des espèces particulièrement tolérantes aux bas niveaux de qualité d’eau ce qui les rend tolérantes aux manipulations. Les carpes communes, les carpes Amour et les sandres sont de petites tailles (un an de croissance), afin d’optimiser leur croissance dans le dispositif. Les tanches et les gardons sont des géniteurs afin d’optimiser leur reproduction.
Création et maintien de lignées de poissons-zèbres génétiquement modifiés pour l’étude d’une maladie génétique affectant la coordination des mouvements.
- Recherche appliquée
- Troubles nerveux
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
5 300 poissons zèbres vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, chacun subissant sous anesthésie le prélèvement d'un morceau de nageoire caudale, puis jusqu'à 72 heures d'isolement en attendant le résultat de son génotypage. L'objet est de créer et d'entretenir des lignées porteuses de mutations reproduisant une maladie humaine de la coordination des mouvements. Une quarantaine de géniteurs et génitrices par lignée sont gardés jusqu'à 18 mois, puis renouvelés tous les huit mois. Tous les autres sont tués, le porteur expliquant qu'il s'agit "de ne pas garder d'animaux non nécessaires à la conduite de ce projet".
Objectifs
La maladie sur laquelle nous travaillons est une maladie génétique caractérisée par une dégradation progressive des fonctions sensorielles et motrices qui conduit à une perte des mouvements volontaires. Celle maladie est due à une diminution d’une protéine essentielle pour le bon fonctionnement des neurones. Plusieurs mutations ont été identifiées à ce jour, qui mènent à des symptômes différents d’un patient à l’autre. L'objectif de notre projet est de comprendre comment différentes altérations dans un même gène présentent des pathologies différentes. Nous utilisons des poissons-zèbres, un modèle particulièrement adapté à la recherche neurologique, car ils ont un système nerveux similaire à l’Humain et sont transparents au stade où nous allons les étudier. Dans notre projet, nous allons introduire des modifications génétiques chez ces poissons pour qu'ils produisent une protéine défectueuse équivalente à celle retrouvée chez les patients. De plus, nous utiliserons des poissons présentant une absence du gène en question, entraînant l'absence de la protéine. En comparant ces deux mutations chez le poisson zèbre, nous voulons mieux comprendre comment les altérations du gène associé à la maladie conduisent à la pathologie, dans le but ultime de découvrir de nouvelles cibles thérapeutiques.
Bénéfices attendus
Ce projet nous permettra d'acquérir des connaissances fondamentales sur la protéine associée avec cette maladie. Ces connaissances permettront la compréhension des mécanismes pathologiques, avec l'objectif à long terme (>5 ans) de développer des stratégies thérapeutiques ciblant ces mécanismes.
Procédures
La création de lignées de poissons-zèbre implique de pouvoir identifier les animaux porteurs des modifications génétiques d’intérêt. Ainsi, l’identification génétique (génotypage) des individus par prélèvement d’un morceau de nageoire caudale (
Impact sur les animaux
L’ensemble des progéniteurs de nos lignées seront des poissons porteurs sains. Cependant, un suivi régulier des poissons-zèbres sera effectué pour garantir l’absence de développement de phénotypes dommageables au fil du temps. Nous nous concentrons principalement sur les anomalies qui pourraient être liées à un système nerveux défectueux, comme d’anomalies de comportement (prostration, comportement de fuite) et d’une nage anormale dans l’aquarium (attitude de nage anormale, défaut de flottabilité). Lors de la création de ces lignées, certains poissons zèbres seront amenés à subir un prélèvement d’un morceau de la nageoire caudale (
Devenir
Les animaux d’intérêts (géniteurs et génitrices en nombre nécessaires) seront conservés jusqu’à leur 18 mois. Les autres seront mis à mort afin de ne pas garder d’animaux non nécessaires à la conduite de ce projet.
Remplacement
Le projet vise à mieux comprendre comment les altérations dans notre gène d'intérêt retrouvées chez l’Homme entraînent différentes pathologies. Bien que la maladie affecte les neurones, on s'attend à ce que d'autres types de cellules entourant le neurone malade jouent un rôle important dans la pathologie. Les méthodes de culture cellulaire actuelles pour étudier cela en laboratoire ont des limites, car elles ne reproduisent pas fidèlement l'environnement complexe des tissus. Ainsi, nous nous tournons vers les embryons de poisson-zèbre comme alternative. Ils possèdent un système nerveux similaire à l’homme, avec tous les types de cellules, et ils sont déjà fonctionnels dès leur stade larvaire. De plus, nous pouvons les rendre transparents sans les endommager, ce qui facilite l'imagerie des processus biologiques en direct. En bref, le poisson-zèbre est un modèle approprié pour répondre à nos questions biologiques car il combine la complexité nécessaire avec la capacité d'observer les processus en direct.
Réduction
Afin de réduire au minimum le nombre de poissons de la génération fondatrice, une estimation préalable de l’efficacité des systèmes de modification génétique sera réalisée en amont sur des œufs de poisson zèbre de type sauvage à 24-48h heures post fécondation. Le nombre de poissons zèbres ayant à subir un prélèvement de la nageoire caudale sera limité au minimum, en réalisant des prélèvements par groupe de 16 poissons zèbres, afin de ne sélectionner que le nombre minimum de poissons zèbres porteurs sains nécessaires. Dès lors que le nombre de poissons d’intérêt sera atteint, les prélèvements seront interrompus. Pour le maintien des lignées, seuls les poissons zèbres porteurs sains nécessaires au maintien de chaque lignée seront conservés, ce qui correspond à une quarantaine de géniteurs mâles et de génitrices femelles par an et par lignée. Les renouvellement des géniteurs/génitrices ne se feront tous les 8 mois afin de réduire le nombre d’animaux. Dès lors que le nombre d’animaux d’intérêt sera obtenu, les prélèvements de nageoire caudale pour génotypage seront interrompus.
Raffinement
Seul le strict minimum d’animaux nécessaires à la génération et au maintien des lignées subira le prélèvement d’un morceau de nageoire caudale. Le prélèvement d’un morceau de nageoire caudale se fera uniquement sur des animaux anesthésiés et le temps d’isolement des poissons-zèbres pendant cette phase de caractérisation sera limitée au minimum en maintenant les animaux dans des bacs avec des séparateurs transparents afin qu’ils soient au minimum en couple le temps de la procédure. Les individus d’intérêt seront ensuite regroupés en fonction de leur génotype. Les poissons-zèbres conservés seront tous porteurs sains et ne présenteront pas de phénotype. Toutefois, une surveillance hebdomadaire pour détecter tout éventuelle anomalie du comportement des animaux sera réalisée. Des points limites précis et prédictifs ont été définis, et l’observation qu’un de ces points limites est atteint telles que blessures sur l’animal, anomalies de comportement (nage anormale, prostration au fond du bac...) conduira à la mise à mort de l’animal afin d’éviter toute souffrance inutile.
Choix des espèces
Le poisson zèbre est un modèle privilégié pour l’étude des gènes et les protéines liés à la physiologie et aux maladies humaines en raison de la similitude fonctionnelle de ses gènes avec ceux de l'homme. Les embryons de poisson-zèbre partagent un système neuromusculaire similaire à celui de l'homme, incluant toutes les cellules pertinentes pour nos recherches. De plus, la transparence optique des embryons permet de suivre les processus biologiques dynamiques dans l'ensemble de l'organisme de manière non invasive. Les poissons présentant le bon génotype seront utilisés pour la reproduction lorsqu'ils atteindront la maturité sexuelle, généralement à l'âge de 3 ou 4 mois.
Raffinement de la chirurgie cardiaque chez le poisson-zèbre
- Recherche appliquée
- Bien-être animal
- Recherche fondamentale
- Système cardiaque
Mettre au point un protocole de chirurgie cardiaque que la communauté scientifique pourra réutiliser suppose d'abord de blesser des cœurs. 610 poissons-zèbres vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chacun subit sous anesthésie l'ablation ou la brûlure par le froid d'environ 20 % de l'extrémité du muscle cardiaque, reste deux minutes hors de l'eau, puis récupère six heures en isolement, une partie passant cinq séances d'échographie sous anesthésie jusqu'à soixante jours. Le porteur affirme qu'aucune alternative au poisson-zèbre n'existe pour ce travail, dont le produit final est un protocole standardisé mis à disposition des laboratoires.
Objectifs
Depuis la première démonstration de la capacité de régénération complète du cœur du poisson-zèbre suite à une lésion en 2002, bien que largement utilisé par la communauté scientifique s’intéressant à ce phénomène, le protocole de lésion mis-en œuvre sur le poisson-zèbre n’a que très peu évolué. En parallèle, durant ces 20 dernières années, les connaissances sur la perception de la douleur chez les téléostéens, poissons dits « évolués », ainsi que la prise de conscience éthique de la nécessité de prise en charge de la souffrance animale ont grandement avancé. Il apparaît aujourd’hui impératif d’apporter un protocole robuste, éthiquement compatible avec les obligations réglementaires, apportant une réelle prise en charge de la douleur lors des interventions chirurgicales via l’utilisation systématique d’analgésiques, mais également en apportant un environnement et un contrôle des paramètres post-opératoires efficaces, favorisant une récupération optimale des poissons-zèbres. Il est également essentiel de démontrer que la mise en œuvre de ce protocole amélioré ne rentre pas en interaction avec les mécanismes de la régénération cardiaque déjà démontrés. Enfin, il existe une variabilité potentiellement importante entre les individus d’un même lot expérimental, et également lors de la réalisation des chirurgies, dépendantes du manipulateur. L’utilisation de l’échographie/photo-acoustique à haute résolution, une technique non-invasive de caractérisation de la fonction cardiaque, permettra d’évaluer cette variabilité et d’identifier des individus non-compatibles avec la procédure (par exemple avec un défaut cardiaque), tout en évaluant l’étendue du dommage cardiaque initial. Afin d’avoir accès à un équipement de haute technologie, le projet sera réalisé sur 2 établissements utilisateurs différents.
Bénéfices attendus
Bien que largement utilisé par la communauté scientifique dans le cadre des recherches sur la régénération cardiaque depuis plus de 20 ans, il n’existe pas aujourd’hui de protocole standardisé de chirurgie prenant en compte la gestion de la douleur chez le poisson-zèbre. Notre projet aboutira à la mise à disposition de la communauté d’un protocole standardisé de chirurgie cardiaque, proposant une prise en charge efficace de la douleur via l’utilisation d’un cocktail analgésique / anesthésique, et la mise en place de mesures de raffinement (environnement per- et post-opératoire) adaptée à une récupération optimale des animaux après la chirurgie. En complément, la mise au point du suivi de la régénération cardiaque par échographie permettra de diminuer le nombre de poissons nécessaires dans les protocoles de lésion du myocarde. Chaque poisson pourra être suivi individuellement au cours du temps nécessaire à la régénération et être son propre contrôle, améliorant également la robustesse des résultats.
Procédures
Les interventions chirurgicales seront réalisées dans l'EU1 : une simulation d’infarctus cardiaque sera réalisée chirurgicalement sur les poissons, en effectuant une lésion mécanique ou par le froid d'une petite partie de l'extrémité du muscle cardiaque.; une chirurgie sous anesthésie générale de 2 minutes sera réalisée. Au sein de l'EU2, une partie des poissons-zèbres passera en échographie cardiaque sous anesthésie générale : 5 séances de 5 à 10 minutes maximum maintenus immobiles dans un bain d’anesthésique.
Impact sur les animaux
La chirurgie sera réalisée sous anesthésie, le poissons seront maintenus hors de l’eau pour une durée de 2 minutes. Une ablation de l’extrémité du muscle du cœur de l’ordre de 20% ou bien une lésion par le froid de cette même zone sera réalisée. La zone d’incision présentant une implantation musculaire faible chez le poisson et une absence de plexus osseux, la douleur perçue pendant et après la procédure chirurgicale est estimée modérée. La faible hémorragie consécutive à la résection peut entrainer une légère hypoxie durant les quelques minutes suivant le réveil. Les animaux seront socialement isolés durant la période de récupération (6 heures). Les animaux suivis par échographie seront anesthésiés 5 fois à J-1, J7, J15, J30 et J60 afin suivre la régénération du cœur.
Devenir
L'ensemble des animaux sera mis à mort en fin de procédure afin de réaliser des histologies et evaluer la régénaration cardiaque.
Remplacement
Les mécanismes de régénération du myocarde sont très complexes, impliquant la participation de nombreux types cellulaires différents. Le développement des techniques alternatives d’organoïdes actuelles s’attache aux modèles mammifères qui ne présentent malheureusement pas cette capacité régénérative. Il n’y a pas aujourd’hui à notre connaissance d’alternative à l’utilisation de poisson-zèbre pour la mise en œuvre de ce projet.
Réduction
L’évaluation du nombre d’animaux s’appuie sur nos précédents travaux publiés qui nous ont permis de réduire efficacement le nombre d’animaux nécessaires. La procédure « échographie » au cours de laquelle chaque individu sera son propre contrôle permet d’autant plus la réduction du nombre d’animaux nécessaires au projet. Les études longitudinales en échographie vont permettre de s'assurer de la qualité des interventions chirurgicales, la dynamique de régénération de chaque poisson pouvant être évaluée avec des tests paramétriques aux différents étapes des procédures.
Raffinement
L’objectif principal de notre projet est d’apporter des éléments majeurs de raffinement au protocole de chirurgie cardiaque communément mis-en-œuvre chez le poisson-zèbre, et au suivi post-opératoire. Une attention maximale sera portée aux conditions environnementales (maitrise de l’asepsie, des paramètres physico-chimique), à la prise en charge efficace de la douleur post-opératoire, et l’observation des animaux avec la mise en place d’une grille de score étudiée spécifiquement pour ce projet, nous permettant d’estimer l’atteinte d’un point limite de manière précoce, et nous permettant de mettre en œuvre les mesures adaptées à la prise en charge de la souffrance des animaux. Afin de limiter le stress au maximum, le transport des animaux entre les 2 sites sera réalisé dans une boite en polystyrène afin de maintenir une température optimale pendant les 450m séparant les 2 établissements. Les poissons seront placés individuellement dans des contenants hermétiques et adaptés au transport. Le transport n’excédera pas 10min.
Choix des espèces
Le poisson-zèbre est devenu au cours des dernières décennies l’espèce-modèle aquatique de prédilection en recherche scientifique, représentant désormais plus 5% des animaux utilisés à des fins scientifique en Europe. Le génome du poisson-zèbre présente 70% d’homologie avec le génome humain (estimé à 85% pour les gènes impliqué dans des pathologies), le poisson-zèbre dispose également d’une capacité originale de régénération cardiaque, ces éléments en font un modèle idéal pour la compréhension des mécanismes à l’œuvre dans la régénération cardiaque, pouvant aboutir à l’identification de pistes thérapeutiques majeures transposables chez l’homme. Les poissons utilisés seront tous des adultes matures sexuellement, âgés de 6 à 18 mois. Les mécanismes de régénération ne peuvent être étudiés que sur des animaux ayant terminé leur développement.
Etude de l’effet d’un mélange d’acides aminés inclus dans l’alimentation de la truite arc-en-ciel, sur sa croissance et sa résistance à des conditions environnementales stressantes
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
- Bien-être animal
Tester si un mélange d'acides aminés vendu par une entreprise améliore la croissance des truites d'élevage : 1 600 truites arc-en-ciel juvéniles vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Elles sont pêchées à l'épuisette six fois puis anesthésiées pour la pesée, et 384 d'entre elles subissent une prise de sang avant d'être tuées dans la foulée. Pendant les 28 derniers jours, les 1 344 poissons restants passent quatre heures par jour dans une eau chauffée de 19 à 21 °C et appauvrie en oxygène, un stress d'élevage estival reproduit à dessein. Le porteur indique que ce mélange est déjà commercialisé pour l'alimentation animale et que son usage en salmoniculture pourrait augmenter avec les chaleurs estivales.
Objectifs
Les acides aminés sont des molécules organiques aux multiples rôles, constituants des protéines et polypeptides, indispensables au bon fonctionnement du vivant. Certains de ces acides aminés ne sont pas synthétisés par les organismes vivants et doivent donc être apportés par l’alimentation. Ces dernières années, en élevage, il est devenu courant d’enrichir l’aliment des animaux avec différentes sources d’acides aminés (issus de fermentation bactérienne, d’extraction chimique ou de synthèse de novo), afin d’obtenir un profil nutritionnel optimal. Cette pratique s’est également développée dans les élevages aquacoles, mettant souvent en évidence une amélioration des performances de croissance et de l’état de santé globale des animaux. Cependant, les différents essais sur le sujet ont mis en évidence que l’effet d’une supplémentation en acides aminés pouvait varier d’une espèce de poissons à l’autre. L’entreprise souhaitant mener cette étude, spécialiste de l’extraction d’acides aminés libres, mène depuis plusieurs années des essais sur le sujet qui ont déjà permis de mettre en évidence des améliorations notables pour l’élevage de plusieurs espèces tropicales d’importance comme le tilapia, le barramundi et la crevette à pattes blanches. Elle souhaite à présent étudier l’effet de son mélange d’acides aminés sur une espèce de poisson d’eau froide importante en aquaculture, la truite arc-en-ciel. Cet essai vise 1) à étudier les effets d’une supplémentation en acides aminés sur les performances de croissance de la truite arc-en-ciel et certains de ses paramètres sanguins, et 2) à voir si les effets d’une supplémentation permettent à la truite de mieux résister à des conditions d’élevage stressantes rencontrées en période estivale (température élevée associée à une baisse de l’oxygène dissous).
Bénéfices attendus
Le premier bénéfice attendu de ce projet est qu’au moins une des doses d’acides aminés incorporées à l’aliment améliore la croissance et/ou la résistance au stress thermique et hypoxique, mettant ainsi en évidence un intérêt pour l’élevage de la truite en conditions stressantes ou non. Ces bénéfices pour l’alimentation piscicole seraient à court ou moyen terme (quelques années), car ce mélange d’acides aminés est déjà commercialisé pour l’alimentation animale. Et si une meilleure résistance des truites à des conditions d’élevage parfois rencontrées l’été était avérée, l’utilisation de ce produit en salmoniculture pourrait rapidement augmenter avec l’augmentation des chaleurs estivales de plus en plus intenses et prolongées.
Procédures
Les animaux seront soumis à 2 types d'interventions : la pêche à l'épuisette et la prise de sang. La pêche à l’épuisette, d’une durée inférieure à la minute, sera réalisée 6 fois sur l'ensemble des poissons présents dans les bassins (transfert dans bac d'anesthésiant avant poids moyens), soit 1600 poissons après 2 semaines, 1536 poissons après 4 semaines, 1472 poissons après 6 semaines, 1408 poissons après 8 semaines, 1344 poissons après 10 semaines, et 1280 poissons après 12 semaines. La prise de sang, d'une durée inférieure à la minute, sera réalisée 1 fois sur 16 poissons par lot (4 par bassin) à la suite du poids moyen, toutes les 2 semaines. Les poissons dont le sang aura été prélevé seront immédiatement mis à mort ensuite.
Impact sur les animaux
Un stress leger d’1 minute sera engendré sur l’ensemble des 1600 poissons de ce projet lors des pêches nécessaires à la réalisation des poids moyens et des prises de sang, réalisées toutes les 2 semaines. Les poissons utilisés pour la réalisation des prises de sang (4 poissons par bac et par prélèvement, soit 384 poissons) subiront une fois chacun, un stress léger supplémentaire d’1 minute. A l’issu des 56 jours (8 semaines) d’alimentation expérimentale, les 1344 poissons encore en essai seront soumis quotidiennement et pendant 28 jours à un stress modéré. Il consistera en une augmentation de la température (19 à 21°C) associée à une baisse en dioxygène dissous (7 à 5 mg/L), pendant 4h chaque jour. Ce stress pourra se traduire par une diminution de l’activité de nage des poissons. L’ensemble de ces nuisances est considéré comme modéré en raison de la courte durée des manipulations et de la durée quotidienne du stress thermique et hypoxique (4h).
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure pour la réalisation de différentes mesures et analyses (taille-poids individuel, prélèvement de tissus).
Remplacement
Il n’existe pas à notre connaissance d’expérimentations déjà décrites dont le but est de montrer l’intérêt de ce mélange d’acides aminés sur une espèce de salmonidés. L’objectif de ce projet étant de démontrer que ce produit amène des atouts supérieurs en termes de nutrition et de résistance à un stress thermique et hypoxique en comparaison d’un aliment non supplémenté en acides aminés, il n’est pas possible d’en faire abstraction. Pour ce type d’approche, il n’existe pas aujourd’hui de méthodes alternatives à l’expérimentation animale.
Réduction
Il a été choisi en amont de ce test de réaliser 4 réplicas de bac par régime alimentaire. Ce nombre de répétitions est un bon compromis entre le travail à fournir pour la réalisation de l’étude (en termes de prélèvements, de matériel, de maintiens des animaux) et la puissance statistique permettant de mettre en évidence des différences significatives. Il a également été décidé de n’intégrer à cette étude, que 100 poissons par bac, permettant d’assurer un comportement normal de truites en élevage et la croissance associée, et un nombre d’animaux suffisant aux analyses post-mortem (24 par bac). Ce nombre d’animaux a été réduit au maximum, en tenant compte de la densité d’élevage des poissons (entre 10 et 15 kg/m3 en fin d’essai) pour obtenir un optimum pour le bien-être des animaux, sans nuire aux besoins analytiques. Les données issues de cette étude seront étudiées paramètre par paramètre et feront l'objet d'analyses statistiques.
Raffinement
La procédure expérimentale a été conçue pour minimiser les dommages causés aux animaux. Les pêches de poissons seront réalisées avec des équipements adaptés ne risquant pas de blesser les poissons, et les pêches de l’ensemble des poissons de chaque bac se fera par groupe de 15-20 poissons afin de minimiser autant que possible la compression au sein de l’épuisette, tout en limitant le nombre de pêches au sein d’un même bassin. Des tables de suivi de soins et de bien-être des animaux ont été mises en place lors de la réalisation des procédures.
Choix des espèces
L’espèce truite arc-en-ciel a été choisie comme modèle d’étude car il s’agit d’un poisson d’élevage carnivore d’importance économique en France et dans le monde. De plus, les résultats d’essais obtenus sur cette espèce pourrait être transposés au saumon Atlantique, qui appartient à la même famille et est l’un des poissons d’élevage les plus produits au monde, avec 2,7 millions de tonnes produites en 2020. Les animaux utilisés seront des juvéniles de truites arc-en-ciel de 10 g en début d’essai. La croissance et le métabolisme très rapides de poissons de cette taille permettent d’optimiser le temps nécessaire au suivi, et ainsi mettre en évidence un éventuel effet de la dose d’acides aminés testés. Cette taille initiale permet également de réaliser des prélèvements sanguins d’un volume suffisant pour la réalisation des analyses prévues dans cette étude.