Poissons
Etude de l’influence du pompage agricole sur les anguilles en Camargue
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Pour estimer combien d'anguilles les stations de pompage agricole aspirent du Rhône vers des canaux fermés à la mer, 7 500 anguilles européennes vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chacune est anesthésiée cinq à dix minutes, reçoit sous la peau une puce RFID de 8 millimètres, puis passe une heure en bac oxygéné avant d'être relâchée près de son lieu de capture. Le porteur liste le stress, la perte de mucus et d'écailles, la dessiccation, l'éblouissement et un saignement léger à l'injection. Les individus marqués mesurent tous plus de 40 centimètres, des anguillettes juvéniles aux femelles matures, dans une espèce en danger critique d'extinction que le porteur dit ne pas pouvoir remplacer puisqu'elle est le seul migrateur amphihalin à se reproduire en mer.
Objectifs
Sur le delta du Rhône, il y a une multitude de stations de pompages qui puisent l'eau du Rhône vers des canaux d'irrgation pour la riziculture. Ce pompage peut aspirer des poissons dont l'Anguille et les introduire dans des canaux qui ne sont pas connectés à la mer. L'étude de l'impact du pompage agricole sur les anguilles en Camargue vise à estimer les densités des Anguilles européennes (Anguilla anguilla, L., 1758) présentes dans ces canaux de drainage et comprendre quel est leur devenir, à savoir si leur migration de reproduction vers la mer est possible ou si les individus se retrouvent bloqués dans des systèmes fonctionnant à huit clos. L'étude utilise la technique de Capture-Marquage-Recapture, au travers de captures via des filets et marquage par puces RFID (Radio Frequency IDentification). L'objectif est d'estimer les densités présentes dans le canal du Barcarin, appartenant à l’Association Syndicale Forcée du canal du Japon et dans le canal de Corrège Major situé plus au Nord de l'Etang du Vaccares. Ces milieux seront échantillonnés au verveux chaque année du projet afin de recapturer les anguilles marquées et estimer la densité d'anguilles. Si ces milieux présentent de fortes abondances, il faudra proposer des mesures de gestion visant à limiter l'introduction d'anguilles ou alors des mesures de gestion visant à capturer ces anguilles et les tranférer dans un milieu connecté à la mer.
Bénéfices attendus
Une meilleure connaissance des densités d'anguilles présentes dans les canaux de drainage de Camargue et du devenir de ces individus permettra d'engager des mesures de gestion afin de faciliter voire améliorer les possibilités de retour en mer pour cette espèce classée en Danger critique d'extinction.
Procédures
Anesthésie profonde (5-10 minutes), puis implantation d'une puce RFID de 8 mm (environ 1 minute) avec un injecteur unique, suivi d'un réveil et de la remise en contact avec les congénères dans un bac de stabulation puis un bac de surveillance (environ 1h en observation).
Impact sur les animaux
Stress et changement de comportement. Nuisance induite par l'anesthésie : répulsion du produit Nuisance induite par la biométrie : stress des individus, perte de mucus, perte d'écailles, dessication, éblouissement Nuisances induites par le marquage : saignement léger lors de l'injection, stress et douleur/gêne post-opératoire de courte durée
Devenir
Toutes les anguilles capturées sont relâchées dans le milieu naturel, à proximité immédiate de leur lieu de capture.
Remplacement
L'étude vise à étudier le comportement d'individus sauvages dans leur milieu naturel. De plus, l'Anguille est le seul migrateur amphihalin à se reproduire en mer. Il n'est donc pas possible de remplacer cette espèce par une autre
Réduction
Le marquage est limité à 1500 individus par an. Cette approche permet d'estimer des densités par capture marquage recapture et nécessite de marquer toutes les anguilles capturées. Les anguilles de moins de 40cm ne sont pas marquées et sont remises à l'eau.
Raffinement
Le projet prévoit de capturer les anguilles aux verveux car c'est la méthode de pêche connue pour être la moins impactante pour ces poissons. Pose des verveux la veille au soir et relève le lendemain matin pour limiter au maximum le stress des individus. Seules les anguilles de plus de 40cm seront marquées afin de limiter le caractère intrusif des pit tags de 8mm en sous cutané. Les anguilles de moins de 40cm sont triées à l'oeil sans anesthésie et relâchées. Les anguilles de plus de 40cm sont transférées dans un bac permettant une anesthésie profonde (Benzocaïne (50-100 mg/L) ou Tricaïne MS222 (100-150 mg/L, tamponnée avec du bicarbonate de soude)). Avant et après le marquage, de l'enrichissement est proposé aux animaux pour limiter leur stress durant la stabulation (blocs pour se cacher, recouvrement des bacs pour un maintien dans l'obscurité nombre d'individus limité à 5 pour chaque bac). Une fois que les anguilles ont récupéré un comportement normal elles sont placées pendant 1h dans des bacs oxygénés et placés dans l'obscurité avec une température optimale pour les animaux (changement de l'eau du bac si augmentation de température de plus de 2°C). La taille des marques est réduite à 8mm car il n'y a pas besoin de détecter les anguilles sur des antennes fixes qui nécessitent des marques de 23mm. Avant le marquage, les anguilles se verront administrer une solution d'analgésique (Lidocaine 1mg/kg dilué au quart dans du chlorure de sodium, 0,05mL/kg) à proximité de la zone d'insertion du pit tag. La méthode de suivi ici est la recapture et détection par scanette RFID. La recapture se fait les années suivant le marquage uniquement.
Choix des espèces
L'Anguille européenne est le seul migrateur amphihalin dont la reproduction se déroule en mer. En Camargue, les densités et modalités de retour en mer pour les individus présents dans les canaux de drainage sont mal connus. Les anguilles marquées sont des individus de plus de 40cm, soit des "anguillettes" (juvéniles de moins de 3 ans), des "anguilles jaunes" (Femelles stade 1 et 2 immatures), des anguilles jaunes en cours de métamorphose (Femelle stade 3) et des anguilles argentées (Femelle stade 4 et 5 ou males dévalant corresponndant à des anguilles suffisamment matures pour rejoindre a mer et se reproduire). Cette classification des individus a été proposée par la chercheuse Caroline Durif en 2009
Estimation du taux d’échappement des géniteurs de la population d’anguilles du Vaccarès
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Capturées au verveux, anesthésiées cinq à dix minutes, incisées au scalpel pour recevoir dans l'abdomen une puce RFID de 23 millimètres, 4 000 anguilles argentées passent ensuite une heure et demie en bac d'observation avant d'être remises à l'eau. Les procédures sont déclarées d'un niveau de souffrance modéré. Le porteur liste parmi les atteintes possibles la perte de mucus et d'écailles, le saignement, la perforation de l'intestin et d'autres organes, puis note que le poisson "retrouve très rapidement un comportement de nage normal". Classée en danger critique d'extinction, l'anguille européenne est ici marquée par milliers pour mesurer ce qui entrave son retour en mer, chaque individu étant relâché à proximité immédiate de son lieu de capture.
Objectifs
Dans le but de mieux connaître et gérer la population d’Anguille du complexe lagunaire Vaccarès, l'étude vise à : (1) Estimer le taux d’échappement des anguilles argentées à l’échelle du delta de Camargue, (2) Caractériser les facteurs influençant l’échappement, (3) Identifier les points de pression pouvant entraver les déplacements migratoires des anguilles et mesurer l’impact des futures mesures de restauration de la continuité écologique sur les ouvrages connectés à la mer. Les anguilles argentées sont des anguilles qui ont atteint un stade de maturité sexuelle qui les conduit à adopter un comportement de migration vers la mer pour se reproduire.
Bénéfices attendus
Une meilleure connaissance du comportement des anguilles qui cherchent à rejoindre la mer. Une meilleure connaissance des pressions pouvant entraver leur migration permettrait d'engager des mesures de gestion afin de faciliter voire améliorer les possibilités de retour en mer pour cette espèce classée en Danger critique d'extinction.
Procédures
Sédation/anesthésie profonde (5-10 minutes), puis implantation d'une puce RFID de 23 mm en intrapéritonéal (environ 1 minute) par incision au scalpel, suivi d'un réveil et de la remise en contact avec les congénères dans un bac de stabulation (environ 1h30 en observation), relâcher dans le milieu naturel
Impact sur les animaux
stress et changement de comportement. Nuisance induite par l'anesthésie: répulsion Nuisance induite par la manipulation et la biométrie : stress des individus, perte de mucus, perte d'écailles, éblouissement, dessication Nuisances induites par le marquage : saignement léger lors de l'injection, perte intégrité cutanée, perforation intestinale et d'autres organes / stress et douleur/gêne post-opératoire de courte durée (le poisson retrouve très rapidement un comportement de nage normal).
Devenir
Toutes les anguilles capturées sont relâchées dans le milieu naturel, à proximité immédiate de leur lieu de capture.
Remplacement
L'étude vise à étudier le comportement d'individus sauvages dans leur milieu naturel. De plus, l'Anguille est le seul migrateur amphihalin à se reproduire en mer. Il n'est donc pas possible de remplacer cette espèce par une autre.
Réduction
Le marquage a été limité à 1000 individus maximum par an. Toutefois les deux premières années sont expérimentales. Le marquage est limité à 500 individus par an sur ces deux années. Cette approche semble être cohérente en lien avec les premiers retours d'expérience d'échantillonnages réalisés en Camargue et permettra d'obtenir des données fiables quant à l'échappement des individus vers la mer. Selon le Retour d'expérience des deux premières années, nous nous autoriserons de porter le marquage à 1000 anguilles par an.
Raffinement
Le projet prévoit de capturer les anguilles au verveux car c'est la technique la plus à même de maintenir les anguilles vivantes et dans un bon état. Les anguilles de moins de 30g seront triées à l'oeil afin d'éviter de les anesthésier. Avant et après le marquage, de l'enrichissement est proposé aux animaux pour limiter leur stress durant la stabulation et l'anesthésie (blocs pour se cacher, recouvrement des bacs pour un maintien dans l'obscurité, nombre d'individus limité à 5 anguilles par bac, contrôle de la température de l'eau, changement de l'eau du bac si la température augmente de plus de 2°C). Le marquage est réalisé uniquement pour les anguilles en stades ultimes de développement. Il est réalisé avec des petites marque pit Tag de 23mm. La taille de la marque est donc réduite au maximum pour pouvoir procéder à un suivi long terme et limiter au maximum l'aspect intrusif de la méthode. Le marquage est réalisé au mois de septembre /octobre pour optimiser les chances de captures d'individus argentés et éviter les fortes températures estivales. Le marquage, comparable à celui effectué pour l'identification des animaux domestiques, n'a pas d'effet néfaste à long terme sur la santé des animaux. Le marquage est réalisé sur une mousse polyuréthane humide en V afin de bien figer l'anguille au moment de l'injection du Pit Tag. Avant le marquage, les anguilles se verront administrer un analgésiant pour limiter la douleur (lidocaine 1mg/kg dans la zone d'incision, diluée au quart dans du chlorure de sodium). Les anguilles sont transportées à l'aide d'une barque puis relâchées dans un endroit suffisamment profond de l'étang pour éviter la prédation aviaire. Le suivi est principalement réalisé avec des antennes fixes pour éviter d'ajouter des campagnes de recaptures au verveux.
Choix des espèces
L'Anguille européenne est le seul migrateur amphihalin dont la reproduction se déroule en mer. Les modalités de retour en mer pour les individus présents dans la lagune du Vaccarès sont mal connues. Les échanges mer/lagunes sont très limités et gérés au travers du Grau de la Fourcade. Une passe à poissons doit y être construite en 2025 2026. Elle ne sera pas tout le temps ouverte pour éviter les entrées d'eau de mer dans la lagune. Les modalités de gestion de cette passe à poissons nécessite de connaitre les périodes clés de migration de l'Anguille qui est l'espèce cible. Les antennes RFID qui seront installées au niveau des Graus dans le cadre de ce projet permettront de détecter les dates de passages et donc les périodes de migration. Les anguilles marquées sont des individus de type "anguilles argentées" (stades FIV = femelles stade 4 et FV = femelles stade 5 / MD (mâles Dévalants)). Ces stades sont des morphotypes plus ou moins agés, qui correspondent aux stades ultimes de migration en lien avec la maturation des gonades. Il s'agit d'individus théoriquement en migration active pour aller se reproduire en mer. Cette classification des individus a été proposée par la chercheuse Caroline Durif en 2009 : DURIF C., GUIBERT A., ELIE P., 2009b. Morphological Discrimination of the Silvering Stages of the European Eel., American Fisheries Society Symposium, 58:103-111.
Santé du juvénile de bar exposé à un scénario de réchauffement climatique d’acidification et de désoxygénation – Etablissement n°2
- Protection de l’environnement
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
- Système immunitaire
3 400 juvéniles de bar vont être utilisés pendant dix-huit mois, chacun pesé tous les mois après implantation d'une puce électronique dans le muscle, dans des procédures allant d'un niveau de souffrance léger à sévère. Le sévère correspond aux épreuves infectieuses de la fin du protocole, deux à six semaines d'exposition à une bactérie et à un virus, avec déformation de l'œil, lésions cutanées, nage anormale, léthargie et une mortalité pouvant atteindre 90 % des poissons d'un bassin. Trois semaines d'hypoxie à 60 % d'oxygénation précèdent cette phase, après quinze mois d'eau réchauffée et acidifiée. Les survivants sont tués pour analyse immunologique, au service de connaissances que le porteur relie, au conditionnel et à moyen terme, à l'élaboration de politiques de gestion des pêches et de l'aquaculture.
Objectifs
Plus de la moitié des espèces connues de poissons vivent en zone côtière ou estuarienne. Les nourriceries en milieu côtier dont dépendent l’accomplissement du cycle de vie et le renouvellement des populations sont, de ce fait, considérées comme des habitats essentiels. De plus, l'élevage des poissons s'effectue également principalement en zone côtière. Or, il est bien établi que les zones côtières et estuariennes sont les plus vulnérables face aux pressions combinées du changement climatique et notamment au réchauffement, à l'acidification et aux épisodes de désoxygénation des océans. Ainsi, la santé des poissons (sauvages ou d'élevage) présents dans ces zones, et notamment leurs capacités à croitre et à se défendre contre les pathologies dépendront de leur capacité à faire face à la combinaison de ces contraintes environnementales en milieu côtier. Les questions abordées dans le projet sont : 1) L’exposition à long terme de juvéniles de bar à des conditions environnementales (température, acidification, oxygénation) prédites à l’horizon 2100 va-t-elle modifier des paramètres physiologiques associés à la santé du poisson ? et 2) ces effets vont-ils modifier leurs performances de croissance, de survie, leur maturation sexuelle et leur résistance à une exposition à des pathogènes ? Ce projet sera mené dans 2 établissements utilisateurs (EU) qui coupleront leurs expertises.
Bénéfices attendus
A court terme, les différentes analyses de performances et les caractérisations physiologiques réalisées au cours des différentes phases d’exposition donneront une vision globale de la capacité des poissons à faire face à une combinaison de facteurs environnementaux. A moyen terme, les données générées contribueront à déterminer des marqueurs d’exposition à ces différents facteurs environnementaux. Plus globalement, ce projet s’inscrit dans la volonté de mieux comprendre et prédire les interactions des poissons pêchés ou élevés avec leur environnement dans l’écosystème côtier et ainsi élaborer des politiques solides en matière de gestion des pêches et de l’aquaculture dans un contexte de changement global.
Procédures
De 3 à 5 mois, 50 poissons par bassin et par mois, aléatoirement pêchés, seront pesés (sous anesthésie, durée de la pesée par poisson: 1 minute). A partir du cinquième mois, tous les poissons (n=3400) seront pesés mensuellement après avoir été marqués individuellement par injection d'une puce électronique intramusculaire (sous anesthésie). Ces interventions nécessiteront la pêche des poissons. Afin de limiter le stress lié à la manipulation, les poissons pêchés seront sédatés dans leur bac puis anesthésiés. L'intervention de micro-injection n'excèdera pas 5 minutes (pêche, anesthésie, et injection comprises). La durée par poisson d'une intervention de pesée n'excèdera pas non plus 5 minutes. Des transferts entre bassins seront également effectués au cours du projet. Ces transferts se feront sous anesthésie en utilisant des bacs de transferts transitoires opaques et oxygénés. Les étapes de transfert n'excèderont pas 15 minutes. Les conditions de température et d'acidification, prises indépendamment les unes des autres ou en interaction représentent une nuisance légère durant les 15 premiers mois. A 16 mois, la moitié des poissons survivants (non mis à mort pour analyse post mortem) seront placés en niveau d'oxygénation de l'eau à 60% pendant 3 semaines. Nous supposons, sur la base d'études précédentes, que cette exposition représente une nuisance légère dans le contexte de l'élevage (absence de prédation; autres facteurs environnementaux contrôlés). Tous les éléments décrits précédemment seront réalisés dans l’EU n°1. Au début du 18ème mois, l'exposition expérimentale à des pathogènes, nécessaire pour évaluer le statut immunitaire des poissons, constitue une nuisance sévère. L'exposition durera entre 2 et 6 semaines. L’EU n°1 aura en charge un pathogène bactérien et l’EU n°2, vers qui sera transférée une partie des animaux, une bactérie et un virus. Les animaux seront alimentés pendant toute la durée du projet avec un aliment commercial d'élevage et seront rationnés au niveau alimentaire à 60% de ce qui est distribué en aquaculture afin de mieux calquer les réalités écologiques. Ce rationnement ne représente pas une nuisance car il permet aux poissons de croitre à un rythme moindre comparé aux conditions aquacoles standards où l'on vise à diminuer les durées d'élevage.
Impact sur les animaux
Un stress léger pourra intervenir lors de la manipulation des poissons pour estimer la prise de poids mensuelle. A raison d'1mn de stress par poisson pour chaque pesée, la durée de ce stress léger est estimée à 16 mn sur l'ensemble du projet ( x 16 mesures biométriques). Un stress léger pourra aussi intervenir lors du transfert des poissons dans les différents bassins ; au début de l’expérimentation et au cours des étapes d’hypoxie et des épreuves infectieuses avec les différents pathogènes. Pour les transferts intra-structure, la durée du transfert sous anesthésie n'excédera pas 5 minutes. Les lots de poissons qui seront exposés aux prétests et challenges avec les pathogènes viraux et de type vibrio seront transférés au sein du site, dans une structure située à 200 mètres. Le transfert durera 15 minutes et se fera sous anesthésie. Du fait de l' anesthésie, le stress associé aux transferts est léger; de plus, les caractéristiques physicochimiques (températures, pH, salinité) de l'eau des bacs avant et après transferts seront identiques. Les poissons seront alimentés 24h après transfert, délai nécessaire pour leur acclimatation à leur nouveau bassin. Les changements des caractéristiques physicochimiques de l'eau des bassins ne pourront s'effectuer que 48h après transfert. Les conditions abiotiques (température, pH, niveau d’oxygénation) prises indépendamment les unes des autres constituent des stress légers (18 mois) pour les facteurs température et pH ou modérés (3 semaines) pour l'hypoxie modérée. La contrainte hypoxique peut se traduire par une diminution de l’activité de nage des poissons traduisant une dépression métabolique. La durée de l’hypoxie (3 semaines) limite toutefois le risque de forte sévérité ; la mortalité devant être évitée lors de cette étape d’hypoxie, dans le cas contraire, le niveau d’hypoxie pourra être adapté. Un stress léger interviendra au moment des prises de sang (1mn par poisson). Les épreuves infectieuses virale et bactérienne constituent des stress très sévères puisqu’ils induisent l’apparition de signes cliniques (déformation de l'oeil, changement de couleur de robe, lésions cutanées, nage anormale, léthargie, déséquilibre, anorexie) et une mortalité sur les poissons (% de mortalité variable dans les bassins en fonction de la résistance des poissons mais pouvant aller jusqu’à 90%).
Devenir
A l'issue des challenges aux pathogènes, tous les poissons survivants seront mis à mort pour prélèvement et analyse de paramètres immunologiques
Remplacement
Cette étude vise à étudier l'effet de facteurs environnementaux (température, pH, oxygénation) sur l’état de santé du poisson. La caractérisation de ces effets se fait à l'échelle de l'organisme entier. Les méthodes de substitution telles que la culture cellulaire par exemple ne permettent pas de répondre à un questionnement physiologique dépendant de réponses complexes de différents tissus. Le maximum d’analyses sera réalisé au niveau de prélèvements sanguins, ce qui permettra dans le futur de trouver des marqueurs de l’état de santé du poisson. Les épreuves infectieuses sont à ce jour la seule possibilité d’évaluer et de prédire les capacités de résistance des poissons face à des agents pathogènes prévalents dans le milieu environnant (contexte écologique et aquacole); cette capacité de résistance dépend de nombreux facteurs, en particulier de différentes composantes du système immunitaire dans divers organes mais également (par exemple) du statut énergétique du poisson ou encore de son microbiote. Les données obtenues au cours du projet pourront permettre de développer dans le futur des marqueurs (au niveau sanguin et tissulaire) prédictifs des capacités de résistance des poissons face aux pathogènes.
Réduction
Le bar européen juvénile est un animal vivant en groupe et le nombre d'animaux par bac répond tout d'abord à cette contrainte. Le nombre de poissons tient donc compte de la densité minimale d’animaux requise pour permettre aux animaux d’exprimer les meilleurs répertoires physiologiques et comportementaux possibles, et permet donc de répondre à leur bien-être. De plus, le nombre de poissons a été réduit à son minimum et défini en fonction du nombre nécessaire pour réaliser la cinétique de prélèvements (à 6, 9 et 18 mois post-éclosion) ainsi que les épreuves infectieuses expérimentales. Ce nombre tient également compte des taux de mortalités communément observés au cours des 18 premiers mois de vie juvénile. Le nombre de prélèvements prévus a été déterminé en fonction du seuil de la pertinence scientifique et statistique. De même, le nombre de poissons prévus pour les épreuves infectieuses permet de réaliser une analyse statistique de résistance.
Raffinement
Pour la phase 2, les mesures de raffinement viseront à assurer des conditions optimales d’hébergement, à savoir, un volume d'eau adapté en circuit ouvert avec une oxygénation suffisante en fonction de la biomasse, un rythme jour/nuit naturel, la présence de suffisamment de congénères pour exprimer un répertoire comportemental riche, une distribution d’aliment adaptée. Une importance particulière sera donnée à l’observation des animaux, 1 fois/jour minimum (plus pour suivre l'évolution de poissons présentant des signes de stress). Les infections expérimentales bactériennes ou virales peuvent provoquer une mort rapide sans qu'il soit possible d'observer des symptômes cliniques. Toutefois, pour éviter toute souffrance, les animaux présentant un comportement de nage anormal marqué avec des périodes sur le flanc / sur le ventre et/ou des signes de détresse respiratoire avancée et/ou des hémorragies faciales / au niveau des flancs et/ou des signes nerveux seront mis à mort de manière compassionnelle avec une surdose d’anesthésique.
Choix des espèces
Le bar est une espèce de poisson marin d'intérêts halieutique, aquacole et écologique. La communauté scientifique s'intéresse à mieux prédire l'impact du changement global sur cette espèce. Les poissons sont des juvéniles (non matures sexuellement). Agés d’environ 3 mois, ils pèseront en moyenne 3 grammes au début de l’expérimentation. Ce stade de développement est particulièrement pertinent pour notre étude puisque c'est à ce stade de vie que les poissons regagnent les nourriceries côtières dans la nature et qu’ils sont donc plus exposés aux contraintes environnementales associées au changement global.
Comprendre l’écologie des populations de grands requins pélagiques dans les eaux françaises de l’Atlantique Nord-est
- Conservation des espèces
- Protection de l’environnement
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
350 grands requins pélagiques vont être capturés dans les eaux françaises de l'Atlantique Nord-est et soumis à des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, avant d'être relâchés un par un. Chaque animal lutte vingt à trente minutes au bout d'une ligne, reste ensuite vingt minutes hors de l'eau sur une plateforme hydraulique, subit deux prises de sang, une biopsie musculaire et la pose d'un maximum de trois balises. Requin blanc, taupe commun, peau bleue, mako, renard, griset et hâ sont visés sans distinction, la pêche ne permettant pas de choisir l'espèce capturée. Le porteur écrit qu'"un seul individu est suffisant" au regard des lacunes de connaissance, retient tout de même 50 individus par espèce, et présente ces captures comme "valorisées" par l'application systématique du protocole.
Objectifs
Le projet présenté a pour objectifs une meilleure compréhension des mouvements et des histoires de vie des espèces de grands requins pélagiques présentes dans les eaux françaises de l'Atlantique Nord. Ce projet cible différentes espèces de requins et vise à raffiner l'expérimentation par la mutualisation des procédures expérimentales. En effet, le nombre de gestes techniques réalisés sur un animal est optimisé afin de contribuer à la collecte d’un maximum de données tout en tenant compte de la condition des animaux capturés. Ces données seront exploitées au sein de plusieurs projets de recherche et limitent le nombre total d’animaux qui serait nécessaire à la réalisation de ces projets indépendamment les uns des autres. De plus, la pêche ne permet pas de sélectionner les espèces de grands requins pélagiques capturées pour lesquelles les lacunes de connaissance sont identifiées au niveau national et international. Ainsi, les captures sont valorisées par l’application de la procédure expérimentale de façon systématique quelles que soient les espèces. Les espèces d’intérêt présentes dans la zone de pêche sont : le grand requin blanc, le requin taupe commun, le requin peau bleue, le requin mako, le requin renard commun, le requin griset et le requin hâ. Ces espèces seront capturées afin de répondre à deux objectifs principaux : (1) avoir des informations moléculaires sur l'écologie trophique des individus à travers les biomarqueurs naturels de l'alimentation et sur les contaminations associées grâce à des prélèvements de tissus, et (2) d'identifier les mouvements des individus grâce à la pose de balises. Ces données contribueront à une meilleure prise en compte de l'écologie des requins pélagiques dans les mesures de gestions des activités humaines en mer.
Bénéfices attendus
Il s'agit d'un projet relié à un effort de recherche international afin de contribuer à des avancées significatives dans l'évaluation des populations des espèces de grands requins pélagiques, leur physiologie, leur écologie trophique ainsi que les menaces environnementales auxquelles elles sont confrontées. Ces données seront exploitées au sein de plusieurs projets de recherche et limitent le nombre total d’animaux qui serait nécessaire à la réalisation de ces projets indépendamment les uns des autres. Les espèces ciblées dans ce projet sont identifiées comme des espèces à enjeu pour lesquelles les lacunes de connaissances limitent la mise en place de mesures de gestion pertinentes et efficaces par les organisations régionales des pêches ainsi que les conventions de mer régionales et l'Union Européenne. A court terme, ce projet apportera des bases de connaissance sur les requins pélagiques dans les eaux de l'Atlantique Nord-est sous juridiction française. A long terme, ce projet s'inscrit dans une démarche collaborative internationale qui vise à appréhender les enjeux liés aux requins pélagiques dans l'ensemble des eaux de l'Atlantique Nord.
Procédures
Les animaux seront soumis à un stress lié à la capture par des engins de pêche. Puis, les animaux vigiles seront soumis à 2 prélèvements de sang d'une durée de 2 minutes maximum, 1 biopsie d'une durée max de 2 minutes et la pose de, au maximum, 3 balises d'une durée de 10 minutes.
Impact sur les animaux
Les animaux subiront un stress lié à la pêche permettant leur capture en milieu naturel pendant 20 à 30 minutes, puis lors de leur maintien sur la plateforme, durant 20 minutes, hors de l'eau. Une douleur légère voir négligeable sera généré par la présence de l’hameçon à la commissure des mâchoires. Une douleur légère d’une durée de 20 minutes maximum pourra être générée par l’ensemble des prélèvements qui seront réalisés : prises de sang (légère/2 fois 2 minutes maximum) et biopsie musculaire (légère/2 minutes maximum) ; ainsi que lors de la pose des balises pour l’identification et le suivi télémétrique de l’animal (légère/10 minutes maximum au total).
Devenir
L'ensemble des individus seront relâchés individuellement à l'issu de la procédure.
Remplacement
Ce projet a pour objectif d'étudier l'écologie et la biologie du grand requin blanc, du requin taupe commun, du requin peau bleue, du requin taupe commun, du requin mako, du requin renard commun, du requin griset et du requin hâ en milieu naturel, de ce fait il n'est pas possible de remplacer les animaux dans les procédures.
Réduction
Dans un objectif de réduction, le nombre maximum d'individus impactés par les procédures a été limité à 50 par espèce. Les enjeux de connaissance sur ces espèces sont tels qu’un seul individu est suffisant et l’on considère qu’à partir de 10 individus la variabilité interindividuelle peut être explorée et à partir de 50 une extrapolation peut être faite sur les individus issus d’une même zone de pêche. Ainsi le choix de 50 représente le nombre maximum d’animaux suffisants par espèce pour les analyses Par ailleurs, la mutualisation de la procédure expérimentale sur les animaux permet de réduire le nombre total d'animaux qui seraient impactés par une réalisation de projets de recherche indépendamment les uns des autres dans divers champs de l’écologie : écologie trophique, écotoxicologie, génétique et dynamiques spatio-temporelles. Cette collecte simultanée d'échantillons sur des animaux issus du milieu naturel est un point central de cette expérimentation, de même la collaboration internationale associée à ce projet garantit la minimisation de l'impact de cette recherche sur la faune sauvage.
Raffinement
Les détresses associées à la procédure expérimentales sont essentiellement liées à la pêche en elle-même puis au contentionnement des individus et enfin à l'exécution des gestes techniques. Afin de minimiser la souffrance liée à la pêche les individus sont pêchés un à un afin de diminuer le temps de capture. De plus, les hameçons et le montage des lignes de pêche minimisent les risques de blessures des animaux en favorisant l'ancrage des hameçons au niveau de la mâchoire de l'animal tout en réduisant les risques d'ingestion. Le contentionnement des individus est assuré sur une plateforme hydraulique le long du bateau. Cette plateforme permet à l'équipe technique d'opérer en sécurité pendant une période limitée à 20 minutes sur un animal. Par ailleurs, une manche à eau qui pompe en continue de l’eau de mer est insérée dans la gueule du requin afin de maintenir les échanges respiratoires durant la procédure et diminuer le stress ventilatoire. De même, une serviette humide est déployée sur la tête de l'animal afin de maintenir les branchies et les yeux en milieux humide car ces derniers ne sont pas équipés de paupières et cela diminue le stress visuel. Additionnellement, l'ensemble du corps est maintenu en conditions humides par arrosage à l'eau de mer afin de prévenir l'augmentation de la température corporelle, la dessiccation du derme et le risque de lésions associé. Lors de la remise en liberté l’hameçon est retiré à l’aide d’une pince à poisson dédiée qui assure la sécurité du manipulateur et permet d’éviter de blesser l’animal. L’ensemble de la procédure est conditionné par l’application d’une grille de points limites présentée dans la procédure. Aucune anesthésie ou analgésie générale n’est prévue. En effet cela représente un risque de ralentissement de la récupération suite à la pêche voir de décès des individus. Ces méthodes risquent d’impacter leur nage qui est un mouvement critique assurant la ventilation, le maintien de leur température corporelle optimale et le fonctionnement métabolique général.
Choix des espèces
Le requin blanc, le requin taupe commun, le requin peau bleue, le requin mako, le requin renard commun, le requin griset et le requin hâ ont été choisis du fait des lacunes de connaissances sur la biologie et l'écologie de ces espèces. Les espèces ciblées sont susceptibles d’être capturées par les mêmes engins de pêche, il n’est pas possible de faire une sélection par espèce lors des opérations. Les stades de développement des animaux utilisés seront des juvéniles, subadultes et adultes de plus de 150 cm. A titre d’information, les individus à la naissance sont autonomes, seule leur taille, leur maturité et leur régime alimentaire varie au cours de la croissance. Pour chaque espèce, les ordres de grandeur des tailles à la naissance et maximale observée sont indiquées en centimètres, dans l'ordre, ci-dessous : Grand requin blanc : 135-600 cm Requin taupe commun : 90-350 cm Requin mako : 80-450 cm Requin peau bleue : 50-400 cm Requin renard commun : 100-580 cm Requin griset : 70-550 cm Requin hâ : 30-155 cm
Création et maintien de lignées de poissons zèbres génétiquement altérées pour l’étude du cytosquelette des neurones.
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Système nerveux
Tués dès qu'ils ne portent pas la modification génétique attendue, pour ne pas garder d'animaux jugés "non nécessaires" au projet, la grande majorité des 4 040 poissons zèbres déclarés ne passent pas l'étape de la sélection. Ils vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, sans qu'aucune intervention ne soit déclarée sur eux, la protéine fluorescente s'observant sur l'animal vivant. Les lignées sont créées pour rendre visibles des protéines du cytosquelette des neurones, et le porteur annonce que ces poissons se comporteront comme des animaux sauvages, tout en reconnaissant que la modification touche une protéine du système nerveux et pourrait entraîner une nage anormale ou une prostration. Une vingtaine de mâles et de femelles reproducteurs par an, gardés jusqu'à dix-huit mois, suffit à maintenir ces lignées, sans que l'écart avec l'effectif déclaré soit expliqué.
Objectifs
Le cytosquelette, une structure fibreuse présente dans nos cellules, joue un rôle crucial en agissant comme des piliers de soutien. Son bon fonctionnement est essentiel pour les neurones, mais des anomalies dans ces structures sont associées à diverses maladies neurologiques. Pour mieux comprendre ces structures et leurs rôles, nous utilisons des poissons-zèbres, un modèle particulièrement adapté à la recherche neurologique, car ils ont un système nerveux similaire au nôtre et sont transparents à un stade précoce de leur développement. Dans notre projet, nous allons introduire des modifications génétiques chez ces poissons pour qu'ils produisent une protéine fluorescente. Cela nous permet d’observer précisément où se trouvent les protéines du cytosquelette à l'intérieur du poisson et des suivre leur comportement alors que le poisson grandit et dans un contexte de maladie. L'objectif principal est de comprendre comment ces structures fonctionnent normalement lors du développement des cellules nerveuses, sans perturber le processus naturel. Cette compréhension pourrait éclairer les mécanismes sous-jacents aux maladies neurologiques associées au cytosquelette.
Bénéfices attendus
Ce projet nous permettra d'acquérir des connaissances fondamentales sur les fonctions des protéines du cytosquelette au cours du développement. Ces connaissances permettront la compréhension des mécanismes physiologiques impliquant les protéines du cytosquelette dans un contexte pathologique, avec l'objectif à long terme (>5 ans) de développer des stratégies thérapeutiques ciblant ces mécanismes.
Procédures
Aucun
Impact sur les animaux
D'après les connaissances, la modification de notre protéine d’intérêt avec une protéine fluorescente n'affecte pas la fonction de cette protéine. Par conséquent, nous nous attendons à ce que les poissons se comportent comme des animaux sauvages et nous ne prévoyons pas de nuisances indésirables pour les poissons génétiquement modifiés. Cependant, un suivi régulier des poissons-zèbres sera effectué pour garantir l’absence de développement d’effets indésirables Comme nous apportons une modification d'une protéine du système nerveux, les effets indésirables pourraient être liées à un système nerveux défectueux, avec des anomalies de comportement (prostration, comportement de fuite) ou une nage anormale dans l’aquarium (attitude de nage anormale, défaut de flottabilité).
Devenir
Les animaux d’intérêts (géniteurs et génitrices en nombre nécessaires) seront conservés jusqu’à leur 18 mois. Les autres seront mis à mort afin de ne pas garder d’animaux non nécessaires à la conduite de ce projet.
Remplacement
Le projet vise à mieux comprendre comment les protéines du cytosquelette fonctionnent dans les cellules nerveuses. Ces fonctions dépendent de processus comme la présence de certaines cellules qui protègent les nerfs. Les méthodes actuelles pour étudier cela en laboratoire ont des limites, car elles ne reproduisent pas fidèlement l'environnement complexe des tissus. Pour surmonter ces limitations, nous nous tournons vers des modèles de laboratoire appelés organoïdes, qui sont des petites structures cellulaires qui imitent certaines caractéristiques des tissus réels. Cependant, ces organoïdes sont difficiles à imaginer en direct, ce qui est important pour notre recherche. Ainsi, nous nous tournons vers les embryons de poisson-zèbre comme alternative. Ils possèdent un système nerveux similaire à l’homme, avec toutes les cellules nécessaires, et ils sont déjà fonctionnels dès leur stade larvaire. De plus, nous pouvons les rendre transparents sans les endommager, ce qui facilite l'imagerie des processus biologiques en direct. En bref, le poisson-zèbre est un modèle approprié pour répondre à nos questions biologiques car il combine la complexité nécessaire avec la capacité d'observer les processus en direct.
Réduction
Nous avons utilisé une technique qui nous permet de sélectionner et d’élever uniquement les poissons dont la modification génétique a réussi, et éviter d'élever ceux qui n'ont pas le modification de notre intérêt. Le nombre d'animaux nécessaires est strictement déterminé en fonction de la fréquence à laquelle la modification génétique est transmise à la prochaine génération, ainsi que du nombre de couples de poissons reproducteurs requis. Pour maintenir ces lignées génétiquement modifiées, nous conservons seulement un nombre limité de poissons, environ une vingtaine de mâles et de femelles reproducteurs par an.
Raffinement
Étant donné que la protéine fluorescente est observée sur l’animal vivant, cela nous permet d’éviter d'avoir à effectuer des prélèvements invasifs sur le poisson. Comme la modification génétique ne devrait pas altérer la manière dont les gènes sont exprimés ni les fonctions de la protéine, nous prévoyons que ces animaux se comporteront de la même manière que les animaux sauvages et qu'ils ne présenteront aucun changement dans leur apparence ou leur comportement. Cependant, une surveillance hebdomadaire sera effectuée. De plus, une évaluation sera réalisée lorsque les poissons seront autonomes pour se nourrir (après 5-6 jours) et lorsqu'ils atteindront la maturité sexuelle (environ 12 semaines), en utilisant une grille de score pour détecter toute anomalie éventuelle. Nous avons mis en place des points limites prédictifs et précoces pour identifier les signes de mal être chez le poisson. Les poissons atteignant l’un de ces points limites seront immédiatement mis à mort pour abréger toute souffrance.
Choix des espèces
Le poisson zèbre est un modèle privilégié pour l’étude des gènes et les protéines liés à la physiologie et aux maladies humaines en raison de la similitude fonctionnelle de ses gènes avec ceux de l'homme. Les embryons de poisson-zèbre partagent un système neuromusculaire similaire à celui de l'homme, incluant toutes les cellules pertinentes pour nos recherches. De plus, la transparence optique des embryons permet de suivre les processus biologiques dynamiques dans l'ensemble de l'organisme de manière non invasive. Les poissons présentant le bon génotype seront utilisés pour la reproduction lorsqu'ils atteindront la maturité sexuelle, généralement à l'âge de 3 ou 4 mois.
Evaluation des effets combinés des stress thermique et radiologique chez les stades précoces de poissons sauvages
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Évaluer comment des embryons et alevins de poissons encaissent une hausse de température doublée d'une irradiation gamma : 1 475 truites communes et ombles chevaliers vont être utilisés dans des procédures classées d'un niveau de souffrance léger. Les actes déclarés se limitent à des photographies pour la morphologie et à des vidéos pour le comportement, avec un changement de bac. Le porteur attend pourtant une mortalité de 30 % due au stress thermique, et retient des débits de dose allant jusqu'à la valeur maximale mesurée à proximité de Tchernobyl. Les survivants, qui mesurent au plus un centimètre et demi, sont tués par surdose d'anesthésiant pour prélever foie et reins, un seuil de 30 % de perte de poids, estimé à l'œil, déclenchant une mise à mort anticipée.
Objectifs
Le réchauffement climatique à l’échelle de la planète sera compris entre 1,5 et 4,5°C avec des valeurs extrêmes allant jusqu’à 6°C d’ici 2100. Par conséquent, l’écotoxicité de substances chimiques classiques retrouvées dans les écosystèmes aquatiques doit être réévaluée en prenant en compte les effets du stress thermique. Peu de données concernent l’étude combinée des effets de l’augmentation de la T°C et de l’irradiation gamma. Ce type d’irradiation se rencontre suite à un défaut de central nucléaire et pénètre davantage dans l'organisme que les rayonnements alpha et bêta, mais il modifie moins les particules qu'il rencontre. Un précédent projet dans les même conditions d’irradiation et sur les mêmes espèces de poisson avait montré seulement une préciosité de la date d’éclosion. Ce projet permettra d’évaluer le stress lié à une irradiation gamma couplé d’une hausse de température à travers des expérimentations menées en conditions contrôlées de laboratoire, la réponse phénotypique (mortalité/développement/comportement/croissance) et moléculaire de plusieurs espèces de poisson sauvage exposées à différents stress de température (aigue pour mimer les rejets thermiques des centrales nucléaires et chronique pour mimer l’augmentation des températures en amont des centrales nucléaires en lien avec le réchauffement climatique) et à différents niveaux de débits de dose (valeur seuil de protection des écosystèmes aquatiques, valeur maximale mesurée à proximité de Tchernobyl.
Bénéfices attendus
Ce projet devrait servir à terme à mieux évaluer les capacités de résilience des stades précoces de poissons sauvages face au stress thermique couplé à des effets de rayons ionisants.
Procédures
Les procédures de ce projet (prise de photo pour mesurer la morphologie, vidéo pour le comportement ) n'impliquent qu'un leger stress dû à la manipulation des animaux. Nous nous attendons à ce que ce stress se dissipe rapidement après avoir remis les individus dans leur aquarium.
Impact sur les animaux
Compte tenu des connaissances acquises lors d’études précédentes sur les radiations ionisantes sur l’omble chevalier au stade embryo-larvaires nous nous attendons à ne pas avoir impact sur leur survie. Pour les variations de températures, nous prévoyons une mortalité au cours de l’expérimentation de 30% en raison du stress induit par la température pour les alevins . En outre, les procédures de ce projet (vidéo pour le comportement) n’impliquent qu'un léger stress du au changement de bac. Les animaux seront ensuite mis à mort par surdose d’anesthésie pour les mesures morphologiques et les prélèvements d’organes.
Devenir
A la fin de l'expérimentation les animaux seront mis à mort pour le prélévément des organes (fois et reins) pour le dosages des biomarqueurs de stress (stress oxydatif: catalase, super oxyde dismutase ). La mise à mort sera réalisée par surdose d’anesthésiant (balnéation > 250 ppm de benzocaine ou > 400 ppm de tricaine). L’objectif est d’atteindre une anesthésie de stade 4 (paralysie médulllaire) , caractérisée par une perte totale d’équilibre, une réactivité nulle, un arrêt de la fréquence operculaire et une perte totale de tonus. La mort sera confirmée par une vérification à la loupe binoculaire de l'arrêt permanent de la circulation. Les animaux en fin d’expérimentation mesurant au maximum 1.5 cm.
Remplacement
Le modèle animal n'est pas remplaçable par un modèle in vitro car il nécessite une étude dans un système intégré ( différents tissus fondamentaux, différents organes et notamment système inflammatoire...), de plus les stades embryo-larvaire sont pollu-sensibles. De plus, l’omble chevalier est une espèce patrimoniale et sentinelle des lacs alpins. Ainsi, aucune expérience in vitro ne permettrait de répondre à cette question scientifique qui nécessite l’utilisation d’un organisme entier.
Réduction
L’effectif totale est de 30 individus parconditions thermique et par traitements afin de s’assurer un minimum pour avoir la quantité de matière nécessaire à nos analyses mais également pour prendre en compte la variabilité interindividuelle, tout en limitant au maximum le nombre d’individus mis à mort (Règle des 3 R : Réduction). L’effectif totale est de 30 individus afin de s’assurer un minimum pour avoir la quantité de matière nécessaire à nos analyses mais également pour prendre en compte la variabilité interindividuelle, tout en limitant au maximum le nombre d’individus mis à mort (Règle des 3 R : Réduction).
Raffinement
L’eau sera renouvelée au 2/5 (soit 16 L) tous les 2 jours pour éviter une accumulation de déchets métaboliques, favorable aux pics azotés et à la survenue de pathogènes. Les animaux seront visités au minimum 1 fois par jour durant la semaine et une fois durant les weekends, une surveillance rapprochée sera mise en place en cas de perturbation (hausse de la mortalité, sous- alimentation). De plus, dans chaque bassin, des tubes cérémiques seront installées pour permettre aux truites de se cacher (règle des 3 R : Raffinement). Un couvercle sera également mis sur les bacs afin d’éviter tout stress dû à la lumière. Les animaux seront nourris ad libitum pendant toute la durée de l’expérience. On considère qu'il y a un effet grave lorsque l'organisme perd 30 % de son poids. On considère qu'il y a un effet grave lorsque l'organisme qu’une perte de poids est estimé par contrôle visuel journalier des individus. Dans ce cas, l'individu sera immédiatement euthanasié par surdose d'anesthésie afin d'éviter toute souffrance à l'animal.
Choix des espèces
La truite commune (Salmo trutta) apparait comme un bon candidat modèle pour plusieurs raisons : i) est une espèce de relevance grâce à sa présence a niveaux mondial, ii) possède un fort attrait économique grâce à l’activité de pêche de loisir et iii) a un intérêt économique avec une production aquacole de 700 tonnes en France et de 19432 tonnes au niveau mondial . L’omble chevalier est une espèce patrimoniale et sentinelle des lacs alpins. Ainsi, aucune expérience in vitro ne permettrait de répondre à cette question scientifique qui nécessite l’utilisation d’un organisme entier. Enfin, ces deux espèces présentent des thermo tolérance faible ce qui en font un bon modèle pour cette étude. Les stades embryo-larvaires ont été ciblés pour cette étude car le test sur les embryons de poisson a été validé compte tenu de son excellente corrélation avec le test de sensibilité aiguë sur les poissons basé sur des poissons juvéniles et adopté comme méthode d'essai standard pour les tests de libération sur les poissons.
Stimuler le potentiel neurogénique des cellules gliales de Müller afin de régénérer les photorécepteurs et offrir de nouvelles pistes thérapeutiques aux maladies dégénératives de la rétine : ETUDE PRELIMINAIRE.
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Organes sensoriels
- Système nerveux
Poissons zèbres : 260
Le xénope et le poisson zèbre sont retenus parce qu'ils régénèrent naturellement leur rétine, capacité que les mammifères ont perdue. 600 xénopes et 260 poissons zèbres vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Les poissons reçoivent une injection dans l'œil sous anesthésie générale, 560 têtards sont maintenus dans le noir de sept à trente-cinq jours dans des bains de solution, dont 240 pendant vingt-cinq jours de plus dans une seconde solution, et 40 xénopes adultes reçoivent une injection d'hormones pour déclencher la ponte. Tous les poissons et tous les têtards sont tués pour examiner leur rétine, les 40 adultes restant en élevage et recevant de nouvelles injections hormonales tous les quatre mois, sur une période reproductive que le porteur évalue à quinze ans au moins.
Objectifs
Les maladies dégénératives de la rétine sont dues à la perte progressive et irréversible des cellules de la rétine. Dans le cas de la rétinite pigmentaire ou de la DMLA (Dégénérescence Maculaire Liée à l'Age), ce sont les photorécepteurs, les cellules photosensibles de la rétine qui sont affectées, et leur disparition entraine une perte de la vision. Comme ces maladies restent pour la majorité incurable, il est essentiel d’approfondir nos connaissances en recherche fondamentale afin de trouver de nouvelles pistes thérapeutiques. Le xénope et le poisson-zèbre, contrairement aux mammifères, ont la capacité de régénérer leur rétine grâce à leurs cellules gliales de Müller qui se comportent comme des cellules souches en cas de dégénérescence. Chez l’homme, ces cellules ont perdu la capacité de réparer la rétine suite à une lésion. De récents travaux ont néanmoins montré, via l’ajout de facteurs de croissance ou la surexpression de facteurs de transcription, que ces cellules de Müller chez les mammifères ont gardé un potentiel régénératif. Cependant, ce potentiel reste très limité et les cellules de Müller réactivées régénèrent très peu, voire pas du tout, les photorécepteurs, le sous-type même de cellules rétiniennes qui doivent être remplacées chez les patients. Il est donc essentiel de trouver des molécules capables de stimuler la régénération des photorécepteurs, et en particulier des cônes, responsables de notre vision diurne. Nous avons développé récemment un modèle de dégénérescence des cônes chez le xénope) et avons montré que bien que cet amphibien possède la capacité de régénérer les photorécepteurs à bâtonnets, il ne régénère que très peu les cônes dans ce modèle lésionnel, contrairement au poisson-zèbre. Bien que ne représentant que 5% des photorécepteurs chez l’homme, les cônes sont essentiels pour la vision des couleurs. L’objectif du projet est d’étudier les mécanismes responsables de cette différence entre xénope et poisson zèbre afin d'identifier des facteurs capables de promouvoir la régénération des cônes chez les mammifères.
Bénéfices attendus
Ce travail préliminaire a pour but de tester la pertinence du projet visant à comparer les caractéristiques distinctes des cellules de Müller à régénérer les cônes, entre le poisson-zèbre et le xénope. Selon les résultats obtenus, il permettra de décider ou non de poursuivre l’étude. Celle-ci a pour objectif d’identifier les voies de signalisation contrôlant les processus régénératifs à partir des cellules de Müller et ainsi fournir des informations essentielles qui permettraient de stimuler la régénération des photorécepteurs chez les personnes atteintes de pathologies dégénératives de la rétine.
Procédures
- 260 poissons zèbre adultes recevront, sous anesthésie générale, une injection intra vitréenne. La procédure s’effectuera en 30 secondes environ le temps de placer correctement l’animal pour réaliser l’injection. L’injection en elle même ne prendra que quelques secondes. - 560 xénopes au stade têtard seront placés en bain dans une solution dans le noir entre 7 et 35 jours. - 240 d’entre eux seront ensuite placés dans une autre solution pendant 25 jours. Les solutions seront changées tous les 2 à 3 jours. - 40 xénopes adultes recevront une injection sous cutanée. La procédure s’effectuera en 30 secondes environ le temps de placer correctement l’animal pour réaliser l’injection. L’injection en elle-même ne prendra que quelques secondes.
Impact sur les animaux
L’injection intra vitréenne est un acte de chirurgie légère. Chez l’homme, les effets indésirables décrits sont une irritation de l’œil (ce qui peut se traduire par une sensation de brulure, de grains de sable ou de picotements), un saignement de la conjonctive, la sensation d’un corps étranger ou l’apparition de tâches dans le champ visuel. Cela reste des symptômes bénins qui se résorbent en quelques jours. Afin de maintenir les poissons immobiles pendant la procédure, les animaux seront placés sous anesthésie générale. Les effets indésirables potentiels sont la désorientation passagère lors du réveil et le risque d’asphyxie entrainant la mort de l’animal si l’anesthésie est trop longue en raison de l’arrêt de l’irrigation des branchies. À la dose utilisée, les traitements sont considérés comme étant non toxiques. Les effets indésirables possibles restent l’apparition d’œdèmes. De plus, le fait que les animaux seront conservés dans le noir pendant la durée de certains traitements est susceptible de leur causer du stress (de 7 à 35 jours) ou de la dépigmentation. L’administration d’hormones par injection sous cutanée chez le xénope adulte pour déclencher les pontes n’est pas connue comme entrainant des effets secondaires indésirables. Un court stress est généré le temps de la contention.
Devenir
Tous les poissons seront euthanasiés afin d’étudier la régénération de la rétine. Tous les xénopes adultes utilisés seront maintenus en élevage. Tous les têtards de xénopes seront euthanasiés afin d’étudier la régénération de la rétine.
Remplacement
La nécessité d’avoir recours à des animaux se justifie par le fait que les cellules de Müller n’ont pas le même comportement in vivo au sein de la rétine et en culture cellulaire. Elles sont en effet fortement influencées par le micro-environnement et en particulier le contexte inflammatoire, qui ne peut être reproduit en culture cellulaire. Ainsi, il n’est pas possible de se passer de l’utilisation d’animaux et d’utiliser des méthodes alternatives au vu de la finalité de ce projet. L’induction de la ponte chez le xénope constitue la seule façon d’obtenir des ovocytes matures de manière non-invasive (sans chirurgie).
Réduction
L’objet de cette demande d'autorisation de projet est de réaliser des expériences préliminaires à un projet plus large afin de tester la pertinence du projet et minimiser le nombre d’animaux utilisés. - Le nombre d’animaux prévu pour cette DAP correspond au minimum nécessaire pour une démonstration convaincante des principes scientifiques étudiés sur la base d’arguments statistiques valides. En prenant en compte les variabilités biologiques individuelles et techniques, nous avons déterminé que chaque lot comprendra 10 animaux pour les lignées sauvgaes et 20 animaux pour les lignées transgéniques et nos expériences seront réalisées en tripliqua. - Nous utiliserons des poissons réformés (poisson de lignée sauvage trop âgés pour continuer à faire de l’élevage) et non utilisable pour d’autres projets. - Nous limiterons le nombre d’animaux adultes transgéniques au minimum requis afin de maintenir une lignée transgénique stable. - Le développement d’une lignée rapportrice fluorescente permettra l’observation des phénotypes de dégénérescence puis de régénération sur animaux vivants en continu et par conséquent permettra de réduire le nombre d’animaux nécessaires. - Les femelles xénopes adultes utilisées pour générer des embryons sont réutilisés tous les 4 mois. Ces animaux ayant une période reproductive longue (au moins 15 ans), ils peuvent être induits de nombreuses fois, ce qui permet de réduire le nombre d’individus utilisés. - Pour les animaux transgéniques, nous avons prévu de ne faire que des fécondations naturelles afin d’éviter de devoir sacrifier des mâles. Les mâles peuvent donc être utilisés plusieurs fois pour la reproduction donc là aussi cela permet de réduire le nombre d’animaux utilisés.
Raffinement
Le projet repose sur l’étude de processus de dégénérescence et régénération spécifiques à un organe non-vital et la dégénérescence cellulaire au niveau de la rétine, comme dans la DMLA, est un processus indolore. Les injections intravitréennes chez le poisson se font sous anesthésie générale. Les animaux sont ensuite surveillés jusqu’au réveil puis quotidiennement jusqu’à la fin de l’expérience. L’utilisation des xénopes adultes par roulement (possiblement tous les 4 mois pour les femelles, et tous les mois pour les mâles) permet le renforcement positif lors des manipulations ce qui réduit leur stress. Tout au long des procédures, nous évaluerons en continue l’état des animaux à l’aide de fiches d’évaluation de points limites adaptés à l’espèce et à l’âge des animaux et procéderons à des soins ou à l’euthanasie des animaux si cela s’avère nécessaire. Le développement d’une lignée inductible et réversible permettra de cibler la dégénérescence à une sous population de cellules, et de limiter le traitement dans le temps.
Choix des espèces
L’objet de cette étude vise à étudier et comparer les mécanismes de régénération dans des espèces qui sont naturellement capables de régénérer leur rétine. A ce jour, cela n’a été décrit que chez le poisson, les amphibiens et l’embryon de poulet. Le poisson-zèbre et le xénope constituent des espèces faciles à manipuler et à maintenir en laboratoire et pour lesquels sont établis des protocoles d’élevage et d’utilisation à des fins scientifiques. Par ailleurs, nous disposons des génomes pour les deux espèces et leur analyse montre d’importantes similitudes avec le génome humain (plus de 70% des gènes identifiés dans des maladies humaines ont leurs équivalents chez le xénope et le poisson-zèbre). Les poissons-zèbre seront utilisés soit à l’âge adulte (4-6 mois, taille 3cm), soit au stade juvénile (1 mois, taille 1cm) afin de comparer les capacités de régénération de la rétine à ces deux stades. Les xénopes des lignées transgéniques seront utilisés au stade têtards car l’article de référence sur cette lignée indique qu’à ce stade le phénotype obtenu est plus homogène d’un individu à l’autre. Les xénopes adultes utilisés afin d’établir une nouvelle lignée transgénique seront utilisés à un stade mature sexuellement. Du fait de la longue durée de vie du xénope et de sa longue période de maturité sexuelle, les animaux peuvent avoir entre 2 et 20 ans.
Étude de la fonction de gènes impliqués dans le développement et responsables de pathologies humaines chez le poisson zèbre (Danio rerio)
- Recherche appliquée
- Cancers
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
Certaines lignées de poissons zèbres utilisées portent des mutations qui les tuent vers dix à douze jours après la fécondation, et 28 % des poissons déficients pour certains gènes développent des tumeurs abdominales ou oculaires vers l'âge de huit mois. 1 560 poissons zèbres vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger pour 1 080 d'entre eux et modéré pour 480. Le seul acte pratiqué sur animal vivant est le génotypage : anesthésie, amputation d'un morceau de nageoire caudale, puis 24 à 48 heures d'isolement en attendant le résultat, avec des douleurs post-amputation que le porteur situe à quelques heures. Tous les poissons finissent mis à mort pour prélever organes et échantillons, y compris les adultes d'élevage, remplacés tous les dix-huit à vingt-quatre mois.
Objectifs
Le projet a pour objectif l'étude de gènes connus pour leur implication dans des pathologies humaines comme les anomalies du développement et le cancer. Pour cela, le modèle poisson zèbre est utilisé comme modèle expérimental afin de replacer la fonction des gènes in vivo dans un organisme entier au cours du développement. Des poissons zèbres porteurs de mutations trouvées dans des maladies humaines seront générés afin de mieux comprendre la physiologie de ces pathologies et identifier des voies de traitement. Le poisson zèbre est un modèle qui possède de nombreuses caractéristiques intéressantes pour la modélisation des pathologies humaines. En particulier, (i) le poisson zèbre possède une large descendance, environ 200 œufs par femelle et par semaine qui offre une grande confiance dans les analyses statistiques ; (ii) l’homme et le poisson zèbre partagent de grandes similarités puisque 70% des protéines humaines et 82% des protéines impliquées dans des pathologies humaines ont un orthologue chez le poisson zèbre ; (iii) de nombreux processus cellulaires peuvent être observés chez le poisson zèbre en raison de la transparence des embryons ou chez des poissons adultes dépourvus de pigmentation ; (iv) les techniques de génétique inverse telles que la transgénèse ou l’édition du génome sont facilement applicables au poisson zèbre ; (v) le poisson zèbre absorbe les molécules qui sont dissoutes dans l’eau ; (vi) les pontes et le développement de l’embryon se font dans l’eau rendant les études du développement précoce non invasives.
Bénéfices attendus
Le projet à pour objectif la modélisation de pathologies humaines chez le poisson zèbre. À court terme, le projet permettra d’identifier certains mécanismes moléculaires et cellulaires impliqués dans ces pathologies pour à plus long terme identifier de nouvelles cibles thérapeutiques et tester des molécules pharmaceutiques. Les pathologies étudiées sont essentiellement des anomalies du développement, des maladies métaboliques et le cancer.
Procédures
Seul le génotypage des poissons lors de croisements d'individus hétérozygotes sera réalisé sur animaux vivants. Pour cela, l’ensemble des animaux issus de ce type de croisements (1080 poissons) seront placés un par un dans un bac contenant un anesthésique permettant de les endormir (pendant 2 à 3 minutes). Une fois anesthésiés, une biopsie de leur nageoire caudale sera réalisée (10 secondes). Les animaux seront ensuite placés dans un bac de réveil contenant un anti-douleur et observés pendant 24 à 48h. La durée totale de l’intervention est de 4 minutes suivies de 24 à 48h de surveillance. Durant la durée du génotypage, les poissons sont maintenus isolés et afin de réduire le stress lié à l’isolement, ils sont maintenus préférentiellement par couple un mâle/une femelle, ou si seuls, en présence d'objets en plastique afin de compenser l'absence de congénères. Les bacs qui contiennent les poissons isolés sont placés au voisinage les uns des autres afin que le contact visuel avec d’autres congénères soit toujours possible. La nageoire caudale se régénère totalement après 10 à 15 jours.
Impact sur les animaux
La procédure de génotypage sur des biopsies de la nageoire caudale peut induire des effets indésirables sur les poissons adultes. Le stress lié à la capture peut durer quelques secondes jusqu’à l’anesthésie ; les douleurs post-amputation peuvent durer quelques heures ; le stress lié au maintien des poissons isolés le temps d’obtenir les résultats du prélèvement peut s’étendre sur 48 heures. Le phénotype dommageable de certaines lignées génétiquement modifiées est responsable d’effets indésirables sur les animaux. Ces effets peuvent être une mort précoce avec une mort survenant vers 10-12 jours après la fécondation. Ces effets peuvent être le développement tumoral : 28% des poissons déficients pour certains gènes développent des tumeurs abdominales ou occulaires vers l’âge de 8 mois.
Devenir
Le projet nécessitant l’analyse des échantillons / organes issus des poissons, l’ensemble des animaux sera mis à mort.
Remplacement
L'étude de l'expression de gènes impliqués dans les anomalies du développement peut difficilement être modélisée in vitro ou in silico. De même, la tumorigenèse repose sur des mécanismes complexes ; prolifération, interactions cellules-cellules, interactions cellules-matrice extracellulaire, vascularisation, stimulation hormonale, action de cytokines, facteurs de croissance,... À ce jour, un tel degré de complexité ne peut être modélisé in vitro. Particulièrement, la capacité des tumeurs à attirer des vaisseaux sanguins ou à former des métastases ne peut être étudiée qu’en organisme complet. Le modèle poisson zèbre qui possède une fécondation et un développement externe permet l’étude des processus de manière non invasive et contribue à la réduction de l’utilisation des rongeurs en expériementation animale.
Réduction
Les connaissances de notre modèle et l’expérience acquise au sein de notre laboratoire nous a permis de réduire le nombre d’animaux nécessaires au minimum afin de maintenir notre élevage. Ce qui représente un total de 20 poissons (10 mâles et 10 femelles) par lignée sur une durée maximum de deux ans avant production d’une nouvelle génération. Un nombre inférieur altèrerait la cohésion sociale des individus de cette espèce conduisant à une augmentation de l’aggressivité et du mal-être des animaux. Ce nombre d’animaux permettra de maintenir l’élevage d’une lignée et de fournir les embryons et larves précoces nécessaires au projet. Les poissons sont maintenus entre un an et demi et deux ans avant la production d’une nouvelle génération. Pendant la transition entre l’ancienne et la nouvelle génération, qui dure approximativement 4 mois, une quarantaine d’individus sont maintenus en élevage (20 jeunes et 20 âgés) jusqu’à ce que nous soyons sûrs que la nouvelle génération produise une ponte de bonne qualité pour la suite de l’élevage (les animaux de l’ancienne génération sont alors mis à mort). Cette durée est un bon compromis qui laisse un temps suffisamment long entre les générations et réduit le nombre d’animaux d’élevage mais suffisamment court pour que la majorité des poissons ne présentent pas d’altérations liées au vieillissement. Une procédure de génotypage des lignées à partir d’embryons de 3 jours est progressivement mise en place afin de limiter le nombre d’animaux du génotype non désiré dans l’élevage.
Raffinement
Afin de limiter au maximum toute souffrance, stress ou angoisse des animaux, les poissons zèbres sont hébergés en animalerie conventionnelle, maintenus dans un environnement social adéquat et dans des conditions d’hébergement appropriées. L'enrichissement est assuré par : (i) L’utilisation d’un flux d’eau dynamique qui stimule la rhéotaxie, les appareils sensoriels et moteurs. (ii) L’apport journalier de nourriture vivante fournissant un enrichissement à court-terme en stimulant le comportement prédateur naturel des poissons zèbres. (iii) L’hébergement des poissons en groupe de 5 poissons / L. L’enrichissement social contribue à réduire l’anxiété et permet une meilleure récupération suite au stress. Pour des raisons expérimentales ou suspicion de maladie, des poissons peuvent être amenés à être maintenus isolés. Dans ces cas exceptionnels, les poissons seuls sont systématiquement maintenus en présence d’enrichissement de type plante en plastique et les aquariums placés au voisinage d’aquariums contenant d’autres poissons afin qu’un contact visuel avec d’autres congénères soit maintenu. Afin de protéger les animaux de toute forme de souffrance, une observation rigoureuse est réalisée deux fois par jour au moment des nourrissages selon des critères établis dans une feuille de score. L’atteinte d’un point limite ou d’un score établi entraînera la mise à mort de l’animal. Les points observés sont les suivants : - la charge pondérale des poissons - la perte d'appétit - l'amplitude respiratoire anormale (faible, forte ou incomplète) - la locomotion (nage chaotique, saccadée, en cercle), la flottabilité (changement d'occupation dans la colonne d'eau) et la position statique (déséquilibré) - l'aspect général des poissons (perte des couleurs, malformation, présence d'œdèmes, altération des nageoires) Dès l'apparition d'un de ces signes, les poissons sont observés plus particulièrement (et éventuellement isolés). En cas de persistance ou d'aggravation des signes, les poissons sont mis à mort.
Choix des espèces
Actuellement, de nombreux laboratoires à travers le monde utilisent le modèle poisson zèbre. En effet, de nombreux mécanismes de maladies humaines peuvent être élucidés rapidement grâce au poisson zèbre et la recherche menée avec ce modèle a aussi bien aidé à identifier des gènes causant des maladies humaines qu’à donner des informations précieuses du point de vue clinique. De plus, ce modèle répond particulièrement au principe des 3R permettant la réduction de l’utilisation des mammifères au laboratoire et l’expérimentation sur ses embryons n’est pas invasive, contrairement à celle menée sur les mammifères. La grande majorité des expérimentations se feront sur des embryons (0 à 72 heures après fécondation) ou sur des larves précoces (72 heures après fécondation à 12 jours après fécondation ; larves de moins de 6 mm). À ces stades, tous les organes sont mis en place. Les poissons adultes (plus de 3 mois après fécondation) seront utilisés pour maintenir les lignées et fournir les embryons et larves sur lesquels les analyses phénotypiques seront effectuées. Dans de rares cas, des prélèvements d’organes seront effectués sur des adultes préalablement mis à mort.
Etude de la connectivité de 2 espèces de poisson entre aire d’alimentation et site de reproduction
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Autres poissons : 100
Capturés à l'hameçon, anesthésiés, incisés pour l'implantation d'une marque acoustique dans l'abdomen puis suturés et marqués à l'extérieur, 150 loups et 100 daurades royales sont remis à l'eau sur leur lieu de capture. La procédure entière dure moins de dix minutes et relève d'un niveau de souffrance modéré. Le porteur attend un stress de capture et d'éventuelles blessures dues à l'engin de pêche ou à la manipulation, sans autre effet indésirable après l'incision. Le choix de ces deux espèces tient à leur valeur commerciale et à l'importance de leur exploitation par les pêcheries, l'étude visant à mieux caler les mesures de gestion de la ressource.
Objectifs
De nombreux aspects du cycle de vie de la daurade royale (Sparus aurata) et du loup (Dicentrarchus labrax) sont aujourd'hui inconnus, limitant la capacité des scientifiques à fournir un appui aux gestionnaires de ces ressources halieutiques. Il est donc nécessaire de mieux connaitre les éléments relatifs à la reproduction de ces deux espèces sauvages dans leur zone de gestion respective, espèces fortement exploitées par les pêcheries artisanales locales et dont le niveau d’exploitation actuel est inconnu du fait, entre autres, du manque de données sur leur écologie spatiale et le mélange des populations. L'objectif du projet est de mieux comprendre les relations entre zones d'alimentation et sites de reproduction, par une approche de marquage par télémétrie acoustique, et ainsi de mieux comprendre la dynamique spatio-temporelle reproductive des daurades royales (Sparus aurata) et des loups (Dicentrarchus Labrax) dans leur milieu naturel.
Bénéfices attendus
Grâce à l’important réseau d’écoute régional en place, l’analyse spatiale des déplacements des indivdius marqués sur la durée de vie de la balises (>2.5 ans) ou jusqu’à la capture de l’individu permettra de confirmer les zones et périodes de reproduction et d'alimentation de ces espèces, leur niveau de fidélité d'une année sur l'autre et la dynamique spatiale qu'il existe entre aires marines sous gestion, et zones hors gestion. Les résultats seront directement exploités par les gestionnaires pour adapter leurs mesures de gestion afin d'optimiser la préservation de ces ressources aujourd'hui fortement exploitées.
Procédures
L'ensemble des individus sera soumis à une phase de capture par un hameçon, puis anesthésié avant une phase d'implantation par chirurgie d'une marque acoustique et d'une marque externe pour son identification ultérieure. L'ensemble de la procédure dure moins de 10 mn.
Impact sur les animaux
Les nuisances attendues lors de la capture sont essentiellement du stress lié à la capture, et des blessures éventuelles liées à l’engin de pêche ou à la manipulation entre l’engin et les bacs de confinements. Des mesures préventives de raffinement sont prises pour limiter le stress et le risque de blessure La nuisance attendue lors du marquage externe est équivalente à la piqûre d’une aiguille. Le marquage intracorporel implique une incision suturée suite à laquelle il n’est pas attendu d’effets indésirables compte tenu du protocole mis en place.
Devenir
L'ensemble des animaux seront relachés dans leur milieu naturel, sur leur lieu de capture initial
Remplacement
L'intérêt du projet étant d’étudier le comportement spatial de ces deux espèces dans leur milieu naturel, il n’est pas possible de les remplacer.
Réduction
Il est toujours difficile dans ces études en écologie spatiale de déterminer le nombre d’individus nécessaire pour capturer la variabilité de l’utilisation de l’espace pour une population. Ce nombre est variable en fonction des objectifs, des caractéristiques écologiques de l’espèce concernée et des modèles utilisés. Sur la base d’études sur l’effet de l’échantillonnage sur la qualité des résultats, le nombre d'individus testés dans les différents lots et procédures est minimal compte tenu de la dispersion de ces espèces, leur nombre en milieu naturel et la nécessité de capturer la majorité de la variabilité du comportement de cette espèce dans cette phase migratoire. Pour le loup (Dicentrarchus labrax), 50 individus seront ciblés sur 3 sites distincts (2 sites de reproduction, 1 site d’alimentation) soit un total de 150 individus. Pour la daurade (Sparus aurata), 50 individus seront ciblés sur 2 sites distincts (1 site de reproduction, 1 site d’alimentation) soit un total de 100 individus.
Raffinement
L’ensemble des étapes du projet est mis en œuvre de sorte à limiter les nuisances : la capture est réalisée avec des hameçons ou des leurres de forme ou de taille à limiter les blessures et éviter l’ingestion par le poisson, des épuisettes en silicone limitent l’abrasion du poisson à sa sortie de l’eau associée à une manipulation minimale des individus; le marquage est réalisé sous anesthésie générale, un bullage dans le bac de réveil permet une bonne récupération du poisson avant d’être relâché en douceur sans exondation. L'ensemble du protocole, de l'endormissement au réveil dure moins de 10 minutes.
Choix des espèces
Ces 2 espèces sont des espèces côtières de premier plan, tant pour l'importance de leur exploitation, leur valeur commerciale et leur aquaculture, que pour ses aspects d'espèces emblématiques. Elles sont aujourd'hui concernées par des plans de gestion des petits métiers de pêche en mer, mais de nombreux aspects de leur cycle de vie restent pourtant inconnus, limitant la capacité des scientifiques à fournir un appui aux gestionnaires de cette ressource. L’acquisition de connaissance sur leur dynamique spatiale est une première étape primordiale pour améliorer les mesures de gestion de ces ressources. L'objectif étant de comprendre les liens existants entre site d'alimentation et zone de reproduction, les animaux capturés seront des individius adultes.
Etude des effets sur l’Omble Chevalier de l’exposition à un cocktail de polluant issus des particules d’usure de pneus et de chaussées
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Pour mesurer les effets d'un mélange de polluants issus de l'usure des pneus et des chaussées, 1 664 ombles chevaliers aux premiers stades de vie vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Les larves sont exposées vingt-quatre heures par bain à du benzo[a]pyrène et à une molécule issue des pneus, à des doses relevées dans les bassins versants alpins, puis filmées dix minutes par groupes de cinq pour mesurer leur activité et leur vitesse de nage. Le porteur attend jusqu'à 10 % de mortalité liée à la hausse de température, et rappelle qu'une étude antérieure avait relevé 14 % de malformations de la colonne vertébrale et du sac vitellin. Les individus malformés sont tués par surdose d'anesthésiant, les autres à la fin de l'expérience, poursuivre au-delà des stades étudiés étant jugé "inutile".
Objectifs
Les grands lacs de la région alpine, comme de nombreux écosystèmes aquatiques, sont impactés par des micro-plastiques dont la majorité serait issue de l’usure des pneus et des chaussées . L’impact sur les organismes aquatiques de ces micro-plastiques spécifiques est encore mal connu même si des études ont récemment révélé la toxicité de certains constituants chimiques sur des espèces piscicoles . Cette molécule a récemment été identifiée comme responsable du « syndrome de mortalité par ruissellement urbain » chez le saumon coho. Néanmoins, le mode d'action précis de cette molécule est toutefois encore inconnu, même s’il semble être lié à une entrainer des modifications de comportement. Ainsi, avec notre étude actuelle, menée sur les premiers stades de vie de l’omble chevalier contaminés à des doses environnementales a mis en évidence une augmentation du nombre de malformations. Pour aller plus loin dans la compréhension des atteintes de cette molécule nous proposons d’explorer les effets d’un mélange de molécules issues de l’usure des pneus et des chaussées. Ainsi, nous allons combinées cette molécule avec une molécule d’hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAPs). Ces dernières proviennent essentiellement des revêtements de chaussée et des fumées d’échappement des moteurs thermiques. En raison de leur structure chimique, les HAP sont des composés hydrophobes, ce qui explique sa distribution dans les sols et les sédiments. Ces polluants sont fortement présents dans le bassin Rhône Alpes Méditerranée Corse. Ainsi, le projet se propose d’étudier un cocktail issu de deux molécules, l’une émergente et l’une connue comme toxique et marqueur d’anthropisation.
Bénéfices attendus
Ce projet vise à amener des connaissances sur les effets à doses environnementales d’un polluant historique marquer d’anthropisation : le BaP et d’une molécule émergente dans un contexte de réchauffement climatique.
Procédures
Les animaux feront l’objet de prise vidéos pour l’observation de leur comportement lors des stades d’alimentation exogène et juvénile . Ainsi, les animaux seront testés par groupe de 5, ils seront acclimatés durant 1h dans le système expérimental et seront filmés à l’aide d’une webcam connectée à un ordinateur placé hors de la salle de test (afin de ne pas déranger les poissons durant le test) durant 10 minutes. Ces tests permettent d’évaluer différents comportements, tels que l’activité, la vitesse de nage, grâce à un logiciel de suivi vidéo. Ainsi, la prise de vidéo ne devrait impliquer qu’un léger stress du au changement de bac du au transfert de animaux entre les aquariums. Les animaux seront soumis par balnéation durant 24h a une contamination au BenzoApyrene (BaP) qui est un hydrocarbure à une dose de 0.1ng/l ainsi qu'à la molécule 2-((4-Methylpentan-2-yl)amino)-5-(phenylamino)cyclohexa-2,5-diene-1,4-dione qui est une molécule récement découvete (6 PPD-Q) soit à 1.5 µg/L ou à 3µg/L. Ces doses correspondent à des doses environemantales retrouvées dans nos bassins versants.
Impact sur les animaux
Nous pouvons prévoir une mortalité maximum au cours de l’expérimentation d’environ 10% dû à la hausse de température durant le développement embryo-larvaire . Si nous nous basons sur notre précédent projet testant la toxicité de la molécule 2-((4-Methylpentan-2-yl)amino)-5-(phenylamino)cyclohexa-2,5-diene-1,4-dione (6 PPD-Q) réalisée au stade embryo- larvaire sur les larves d’omble chevalier , nous pouvons nous attendre à avoir de faible hausse de mortalité, par sécurité nous pouvons nous attendre à une hausse de 5% en raison du couplage de cette molécule au BaP. La précédente étude menée sur des ombles chevalier de même age contaminés avec une solution de (6PPD-Q) à 3µg/L et incubés à 8.5°c montre une augmentations des malformations de la colonne vertébrale et du sac vitellin de 14%. Si de tels malformations se produisent les individus seront mis à mort par surdose d'anesthésiant.
Devenir
Les animaux seront mis à mort à la fin de l’expérimentation car d’après la littérature, les premiers stades de vie sont les plus sensibles aux molécules toxiques ainsi il sera inutile de poursuivre les expérimentations au-delà des stades de développements cruciaux choisis
Remplacement
Le modèle animal n'est pas remplaçable par un modèle in vitro car il nécessite une étude dans un système intégré (différents tissus fondamentaux, différents organes et notamment système inflammatoire...).
Réduction
L’effectif de 60 individus par temps de prélèvement est un minimum pour avoir la quantité de matière nécessaire à nos analyses mais également pour prendre en compte la variabilité interindividuelle, tout en limitant au maximum le nombre d’individus mis à mort (Règle des 3 R : Réduction). Ainsi, 1664 (1584+1584*0,05) individus seront utilisés au cours de l’étude.
Raffinement
L’eau sera renouvelée au 2/5 (soit 16 L) tous les 2 jours à partir du commencement du nourrissage pour éviter une accumulation de déchets métaboliques, favorable aux pics azotés et à la survenue de pathogènes. Les animaux seront visités au minimum 1 fois par jour durant la semaine et une fois durant les weekends. De plus, dans chaque bassin, des galets seront installées pour permettre aux alevins de se cacher (règle des 3 R : Raffinement). Un couvercle sera également mis sur les bacs afin d’éviter tout stress dû à la lumière, les stades embryo-larvaire vivant dans des gravières à 50m de fond. Les animaux seront nourris ad libitum pendant toute la durée de l’expérience . Des points limites assez prédictifs seront établis afin de palier à toutes souffrances, mal être et stress des animaux.
Choix des espèces
Ce projet vise donc à produire des connaissances et un seuil de toxicité des effets de la contamination à la 6PPD- Q couplé au BaP durant premiers stades de vie de l’Omble Chevalier, salmonidé vivant dans les lacs peri-alpins dans un contexte de réchauffement climatique. Les premiers stades de vie sont ciblés pour cette étude en raisons de : -Leur immaturité homéostatique , ainsi leur systéme de détoxification n'est pas mature et ils n'auraient pas la capacité de se défendre ou de facon optimale contre le stress. -Les premiers stades de vie sont un maillon clé pour le recrutement de la population
Influence de l’alimentation sur le remplacement des dents chez le cichlidé Astatoreochromis alluaudi
- Recherche fondamentale
- Autre recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Système musculosquelettique
Pour mesurer la durée du cycle de remplacement des dents pharyngiennes lors d'un passage à une alimentation dure, 65 cichlidés Astatoreochromis alluaudi vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chaque poisson est anesthésié par balnéation puis reçoit une injection de marqueur dans l'abdomen, l'ensemble durant une dizaine de minutes, avant d'être tué en fin de projet pour que ses mâchoires soient prélevées et coupées. Les individus qui développent ensuite une hydropisie, des écailles hérissées ou un trouble de la vessie natatoire sont mis à mort par surdose d'anesthésique. Le porteur justifie le choix de cette espèce du lac Victoria par le fait qu'elle est la seule à avoir déjà fait l'objet d'études documentant cette plasticité dentaire, ce qui la rend selon lui "absolument unique" pour le projet.
Objectifs
Le but du projet est de déterminer la durée du cyle de remplacement des dents pharyngiennes chez une espèce de poissons de la famille des Cichlidés mangeur d'escargots non obligatoire afin de mieux comprendre la plasticité dentaire et élaborer des modèles de plasticité dentaire. Cette espèce possède un profil alimentaire varié. Comme beaucoup d'espèce elle possède une machoire pharygienne abritant des dents de différentes formes. En fonction de son alimentation, les dents sont remplacées et la forme des nouvelles dents change. Une alimentation constitué d'aliments durs entraine l'apparition de plus de dents en forme de molaire par exemple. Cette espèce est la seule à avoir fait l'objet de plusieurs études expérimentales qui ont permis de documenter ce phénomène. Au cours d'un précédent projet, nous avons pu évaluer avec succès la durée du cycle de remplacement lors d'une prise alimentaire standard. Dans la présente demande, nous souhaitons afiner les résultats obtenus en réalisant une étude pour étudier le cycle de remplacement dentaire lors d'une transition alimentaire vers une alimentation dure contenant des escargots.
Bénéfices attendus
Afin d'explorer les mécanismes sous-jacents à la plasticité des modèles numériques de la réponse d’un bourgeon dentaire aux forces mécaniques liées à l’alimentation. Ce projet permettra en particulier de déterminer si le cycle de remplacement des bourgeons dentaires est modifié lors d'une transition d'une alimentation constituée essentiellement d'aliments mous vers une alimentation contenant des aliments durs. Ce projet aura des implications importantes pour notre compréhension du rôle de l'alimentation dans la mise en place des dents. Il permettra l'établissement de modèles numériques permettant d'étudier le développement dentaire.
Procédures
Les animaux seront anesthésiés individuellement par balnéation et recevront une unique injection dans l'abdomen afin d'injecter un produit qui marquera les dents et permettra de suivre les dents qui n'ont pas été remplacées et de déterminer la longueur du cycle de remplacement des dents. L'intervention durera une dizaine de minutes en incluant l'anesthésie, l'injection et le reveil.
Impact sur les animaux
Faibles. Le projet implique de réaliser, en début de protocole, des injections dans l'abdomen qui peuvent présenter dans de rares cas des séquelles. Une vigilance particulière sera donc apportée lors de la récupération des animaux après ces injections. Après ces injections, les animaux seront placés dans des bacs d'observation durant 24h pour détecter tout signe d'inflammation (hydropisie, écailles hérissées). Les animaux présentant des signes d'inflammation ou de détresse seront mis à mort par surdose d'anesthésique. Pour le reste du projet, les animaux sont conservés en groupe sociaux et nourris suivant des régimes alimentaires différenciés mais équivalents à ceux qu'ils adoptent dans le milieu naturel. Les animaux présentant des signes de stress seront isolés. Un intérêt particulier sera porté sur les animaux présentant des signes de refus alimentaires ou d'amaigrissement. Ces animaux seront sortis de l'expérimentation.
Devenir
L'analyse de la forme des dents nécessite de prélever les mâchoires des animaux et de réaliser des coupes qui seront analysées au microscope. Ceci nécessite donc la mise à mort de l'ensemble des animaux utilisés dans le projet.
Remplacement
Des approches numériques existent pour l'étude du développement dentaire malheureusement elles ne sont adaptées qu'aux mammifères. Nous souhaitons développer des modèles numériques équivalents mais qui soient adaptés aux espèces que nous étudions. Pour développer ces modèles, il est nécessaire de poursuivre des études in vivo pour fournir les données nécessaires à leur élaboration. Une fois établis, ces modèles pourront être utiliser pour étudier le développement dentaire d'autres espèces de vertébrés.
Réduction
Le nombre d'animaux a été calculé pour fournir analyse statistique satisfaisante Un approche statisitique sera utilisée pour mettre en évidence d'éventuelles différences de longueur de cycle entre les dents positionnées au centre et celles positionnées en périphérie de la machoire en fonction du régime alimentaire suivi. Tous les tests du projet seront initiés en même temps ce qui permet de mutualiser les contrôles d'injections et de réduire le nombre total d'animaux nécessaires de 10 animaux.
Raffinement
L'injection dans l'abdomen en début de protocole sera réalisée sous anesthésie et les poissons seront placés dans des bacs de réveil et surveillés lors de leur sortie d'anesthésie. Par ailleurs, les Astatoreochromis sont maintenus en groupes sociaux dans des bacs qui leur permettent d'exprimer leurs comportements naturels. Afin de favoriser le bien-être des animaux, les aquariums disposent d'un substrat (sable) qui permettent aux animaux d'exprimer leur comportement fouisseur. De même, afin de limiter les possibilités d'agression par les individus dominants, de nombreuses cachettes (gouttières renversées, pots en terre) sont mises à disposition des animaux. Les animaux disposent d'une alimentation variée proche de celle de leur milieu naturel. Autant les régimes alimentaires à base de nourriture molle que ceux à base d'escargots correspondent à des régimes alimentaires que les animaux adoptent dans leurs biotopes d'origine. Les animaux nourris d'escargots reçoivent en plus au minimum un repas constitué d'aliments variés pour éviter tout risque de dénutrition ou de carence. Les animaux sont observés quotidiennement en semaine et les animaux malades ou stressés sont isolés et placés dans un environnement différent. Après l'injection dans l'abdomen, les animaux seront placés dans des bacs d'observation durant 24h pour détecter tout signe d'inflammation au site de l'injection. Les signes de déséquilibres seront observés après l'injection (gonflement, écailles hérissées), ainsi que les signes pouvant indiquer une atteinte de la vessie natatoire (flottabilité positive ou négative). Les animaux présentant des signes d'inflammation ou d'atteinte à la vessie natatoire seront mis à mort par une surdose d'anesthésique en balnéation.
Choix des espèces
En moins de 200 000 ans, une grande variété de morphologies dentaires s’est mise en place chez les espèces cichlidés des grands lacs africains à la suite de radiations adaptatives parallèles. L’Astatoreochromis alluaudi est une espèce de cichlidé du lac Victoria et des cours d’eau environnant ; chasseur d'escargot non obligatoire il possède un profil alimentaire varié. Sa mâchoire pharyngienne inférieure est particulièrement plastique et change en fonction de son alimentation. En particulier, une modification du régime alimentaire incorporant des escargots entiers provoque des changements morphologiques au niveau des dents pharyngiennes. Cette espèce est la seule à avoir fait l'objet de plusieurs études expérimentales qui ont permis de documenter ce phénomène. De ce fait, Astatoreochromis alluaudi est une espèce absolument unique pour la réalisation de ce projet. 65 animaux seront utilisés d'une longueur standard de 6 à 8 cm (soit agés environ d'un an). A cet âge, l'injection dans l'abdomen est devient simple à réaliser et les machoires restent de taille raisonnable pour réaliser l'acquisition des données d'imagerie.
Prélèvements planctoniques – un inventaire de larves de poissons côtier (façade atlantique française)
- Recherche fondamentale
- Autre recherche fondamentale
- Oncologie
Autres poissons : 2995
Capturées au filet à plancton par des plaisanciers puis comprimées au fond de la poche pendant la remontée, la plupart des larves de poissons meurent avant même d'arriver sur le pont. Les 5 % encore vivantes sont plongées dans un flacon d'eau de mer posé sur de la glace, pour un choc hypothermique létal. 3 000 larves, dont 5 loups de mer et 2 995 individus d'autres espèces, sont tuées de cette façon sur cinq ans sans jamais reprendre conscience, pour dresser un inventaire des espèces côtières de la façade atlantique. Le porteur écrit ne définir aucun point limite puisque tous les individus sont mis à mort dès la capture, et présente la collection de référence ainsi constituée comme un "remplacement" futur qui évitera de recapturer des animaux.
Objectifs
Le projet de recherche participatif écocitoyen « Objectif Plancton » vise à étudier le plancton des côtes de la Bretagne. Ce projet à dimension régionale réunit scientifiques, plaisanciers, médiateurs scientifiques et grand public pour contribuer à la connaissance de la biodiversité marine, notamment les larves de poissons. L’objectif est d’identifier et d’impliquer les citoyens dans la collecte des données, en analysant leurs pêches. Les dernières recherches sur les larves de poissons dans cette zone datent de la fin des années 1960 et il apparaissait donc nécessaire d’actualiser ces données bien anciennes. L’objectif est de connaître la diversité des espèces des larves de poissons présentes dans cette zone marine aujourd'hui pour pouvoir détecter des changements potentiels dans le futur. Les espèces sont inventoriées et caractérisées, d’une part d’un point de vue morphologique, et d’autre part d’un point de vue génétique. Objectif Plancton permet ainsi d’élaborer un suivi spatio-temporel de ces larves de poissons et d’analyser à terme les fluctuations de ce zooplancton en lien avec le changement global en milieu côtier.
Bénéfices attendus
Nous organisons la collecte de plancton par des plaisanciers, afin d’impliquer le grand public dans la démonstration de l’importance du plancton dans le fonctionnement écologique et la diversité de l’océan. Par ailleurs, cette initiative citoyenne représente une opportunité unique d’échantillonner simultanément différents points d’un même écosystème (les scientifiques en mission ne peuvent échantillonner qu'une seule station à la fois). Après l’echantillonage deux types d’identification sont réalisés : à partir d’observations réalisées à la loupe binoculaire et avec une analyse génétique. Les larves et œufs de poissons sont déterminés, autant que possible, à l’espèce sur la base de critères morphologiques. Les spécimens sont également analysés à partir d’une identification génétique. Ainsi, une larve non-identifiée morphologiquement peut être reconnue grâce à son ADN. Une fois identifiés, les spécimens sont inventoriés et vont alimenter la collection patrimoniale. C’est la première collection d’ampleur de larves de poissons osseux marins de la façade atlantique nord-est pour cette collection. Entre 2015 et 2022 ce sont environ 1300 larves qui ont été récoltées. Ces larves correspondent à 34 espèces appartenant à 20 familles différentes. Ce projet doit se poursuivre pour permettre de documenter objectivement (protocole standardisé) les changements en cours de la composition en espèces, et identifier les effets des changements environnementaux du milieu. Les poissons marins ont une fécondité élevée (de l'ordre de 10 000 à 10 000 000 œufs par femelle) et pondent des œufs en pleine mer. Des cohortes d'œufs fécondés éclosent et passent par différents stades de durée variable. Les agents de mortalité (prédation, famine, changements environnementaux) agissent à chaque étape. Ces facteurs naturels sont les principaux facteurs qui réduisent le nombre d’individus atteignant le stade juvénile voire adulte.
Procédures
sans objet
Impact sur les animaux
Les larves de poissons prélevées meurent majoritairement sous l’effet de la pression de l'eau qui les compriment au fond du filet. Environ 5% des larves sont encore vivantes au moment de la remontée du filet, elles sont immédiatement soumises à un choc hypothermique létal (~ 3 – 5°C) en les plaçant dans un flacon d’eau de mer sur de la glace.
Devenir
L'objectif du projet est de dénombrer les poissons de chaque espèce selon leurs stades de développement. Seules les identifications basées sur des analyses morphologiques et/ou génétiques des larves de poissons sont précises, ce qui nécessite leur mise à mort. En effet, les méthodes d'analyses indirectes et non létales (ADN environnemental, photographie d'échantillons) n'offrent pas une précision suffisante pour identifier aussi précisément les larves de poissons.
Remplacement
Le projet vise à réaliser l’inventaire des larves de poissons à différents points de prélèvements sous différentes conditions. Les mesures d’analyses indirectes (ADN environnemental, photographie d’échantillons) ne permettent pas de dénombrer les individus par espèce et leur stade de développement – données essentielles pour caractériser les animaux planctoniques à suivre dans le temps. Ces spécimens collectés et sélectionnés alimentent par ailleurs des collections de références stockées pour le long terme qui sont et pourront étre étudiées sans nécessiter de recapturer des animaux (« Remplacement » futur).
Réduction
Les campagnes d’inventaire sont calibrées et programmées de manière à répondre aux besoins de l'étude. Il s’agit d’une date de prélèvement à différentes saisons (avril, juin et septembre) avec quinze prélevements par campagne, ce qui nous permet d’évaluer la qualité et la quantité de larves de poissons à différents moments de l’année. Ces trois dates de collecte sont choisies en fonction de la représentativité des larves de poissons dans le plancton selon les saisons. En général, une forte activité planctonique est observée du printemps à la fin de l’été. Pour ce projet, plusieurs zones et périodes de forte activité planctonique (avril, juin et septembre) ont été sélectionnées afin de ne pas manquer le « pic » annuel. Moins de collectes entraveraient la réalisation des objectifs définis, tandis que davantage ne serait pas utile pour atteindre les objectifs fixés. Il est important d'avoir un certain nombre de larves (ca. 600) par an pour obtenir des résultats fiables et des statistiques solides. Normalement, pour un suivi sur les larves de poissons, un filet double est utilisé pour obtenir un échantillon à des fins d’analyse, tandis qu’un deuxième sert de contrôle (et est très souvent même non analysé). Nous avons choisi de réduire notre prélèvement à un seul filet avec un seul collecteur (avec une ouverture de filet plus petite - 50 cm de diamètre - que celle qui est normalement utilisée dans les études sur les larves de poissons ≥ 60 cm). Ces filets à plancton ne prélèvent qu’une fraction pendant un temps donné (15 min à 2 nœuds). Un tel échantillon représente une quantité négligeable par rapport à l'ensemble. Le protocole est réduit dans le temps en été. En raison d'une forte densité planctonique en été, la durée d'échantillonnage est réduite à 10 minutes. C'est déjà un échantillon représentatif et cela évite que les filets soient surchargés. Sur la base des prélèvements passés, j’estime que 600 larves autonomes de poissons sont prélevées par an. Soit une estimation de 3000 larves de poissons sur 5 ans.
Raffinement
De la capture à la mort, les larves sont maintenues dans la même eau de mer (celle du lieu de capture), assurant ainsi le maintien des animaux dans des conditions physico-chimiques constantes. Après la capture, l’échantillon est immédiatement maintenu à 4 °C pour induire une hypothermie, qui représente un choc thermique létal efficace pour l’ensemble des larves de poissons. Nous ne définissons pas de point limite de souffrance/douleur, puisque dans tous les cas, la totalité des individus est mise à mort dès la capture.
Choix des espèces
L’objectif de ce projet est de connaître la biodiversité des larves de poissons présentes dans des habitats côtiers et étudier ses changements à long terme. Seule l'étude des espèces sauvages vivant dans leur habitat naturel permet d’atteindre les objectifs scientifiques fixés. Le projet vise à étudier les larves de poissons. Après le stade sac vitellin les larves de poissons deviennent autonomes. Dans les échantillons, nous observons différents stades de larves de poissons, et environ 80% d’entre elles sont autonomes. Il est plus pertinent et étique, avec moins d’impact sur la population de faire un suivi sur les larves plutôt que directmenet sur les adults. En plus de l’objectif principal qui est d’identifier la biodiversité, un suivi sur l’ichtyoplancton a été démontré comme étant un bon indicateur de la taille d’une population, mais aussi d’un écosystème sain ou stressé.