Les questions parlementaires
Élevage de chiens de Montbeugny, Kucheida
expérimentation animale
Question écrite n° 33362, Assemblée nationale, 26 juillet 1999
Le résumé de l'OXA
Le député demande au ministre de l'agriculture de tout faire pour empêcher le projet d'élevage de 2 000 chiens pour laboratoires à Montbeugny, dans l'Allier.
2 demandes : réponse partielle à 2.
Tout faire pour empêcher le projet d'élevage de 2 000 chiens destinés à l'expérimentation à Montbeugny.
Réponse partielle Pas de décision : la réponse signale la saisine de la CNEA sur les conditions d'hébergement, et avance qu'un élevage spécialisé peut rendre le circuit de fourniture plus transparent.
La légitimité des essais sur des animaux pour autoriser les médicaments, vu le développement des méthodes non animales, sujet sur lequel l'auteur appelle l'attention.
Réponse partielle La réponse dit que le recours peut résulter d'une obligation légale et que le remplacement exige un niveau de sécurité égal, sans dire quels essais sont exigés.
La fiche
Thèmes : élevages et provenance des animaux, médicaments et vaccins, méthodes sans animaux · Espèce : chiens
- Auteur
- M. Jean-Pierre Kucheida (Socialiste, Pas-de-Calais (12e circonscription))
- Ministère interrogé
- agriculture et pêche
- Rubrique
- Animaux
- Question publiée
- au Journal officiel du 26 juillet 1999
- Réponse publiée
- au Journal officiel du 11 octobre 1999
- Statut
- Réponse publiée
- Sources
La question
(Question écrite n° 33362 de M. Jean-Pierre Kucheida, Assemblée nationale, JO du 26 juillet 1999)
M. Jean-Pierre Kucheida appelle l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de la pêche sur la légitimité de l'expérimentation animale en matière d'autorisation de mise sur le marché de nouveaux médicaments, compte tenu du développement de méthodes substitutives de plus en plus fiables. De plus, de récentes enquêtes ont montré qu'un grand nombre de Français estime choquant l'élevage des animaux pour une fin programmée au service de la recherche médicale. Ces mêmes Français ont déclaré préférer des produits non testés sur des animaux. Or, une société américaine, indésirable dans son propre pays pour son non-respect de la législation en vigueur relative aux conditions de soins des animaux, projette de s'installer dans la commune de Montbeugny dans l'Allier afin d'y élever 2 000 chiens destinés à l'expérimentation. Cette nouvelle suscite une grande émotion bien au-delà du département concerné en raison des conditions atroces d'élevage et de captivité dont seront victimes ces animaux. Il lui demande par conséquent de tout faire pour empêcher la réalisation de ce projet contre lequel se sont manifestés des dizaines de milliers de pétitionnaires.
La réponse
(Réponse du ministère : agriculture et pêche, JO du 11 octobre 1999)
Le recours à l'expérimentation animale peut, dans certains cas, résulter d'une obligation légale, pour évaluer par exemple, la toxicité ou l'innocuité d'un produit donné. Conformément à l'article 7 du décret n° 87-848 du 19 octobre 1987 relatif aux expériences pratiquées sur les animaux, les établissements d'expérimentation animale sont tenus de se procurer les animaux dont la liste est fixée par l'arrêté du 19 avril 1988 fixant les conditions de fourniture aux laboratoires agréés d'animaux utilisés à des fins de recherches scientifiques ou expérimentales. Les chiens, qui appartiennent à cette liste, doivent donc provenir d'établissements d'élevage déclarés auprès des services vétérinaires départementaux qui contrôlent la conformité de ces élevages aux règles sanitaires et de protection animale. Les polémiques soulevées par certaines associations de protection animale mettent en doute la nécessité même d'utiliser des chiens en expérimentation. La création d'un nouvel établissement d'élevage spécialisé peut, quant à lui, aller dans le sens d'une transparence plus grande du circuit de fourniture d'animaux de laboratoire. Sur un plan scientifique, l'élevage spécialisé est conduit selon une démarche assurant la qualité sanitaire et la stabilité comportementale des animaux, grâce à la documentation justifiant de leur origine, leur suivi sanitaire par la garantie des méthodes d'élevage. Les conditions d'hébergement des chiens proposées par la société Marshall Farms me semblent nécessiter une expertise approfondie auprès de personnalités compétentes. A ce titre, la Commission nationale de l'expérimentation animale mentionnée au chapitre VI du décret n° 87-848 précité, a été saisie. Par ailleurs, le principal critère permettant de remplacer une expérience effectuée sur des animaux est que la méthode de substitution offre un niveau de sécurité et de protection de la santé de l'homme au moins aussi élevé que la procédure d'expérience précédemment pratiquée sur les animaux. De nombreux efforts sont axés sur les fondements scientifiques des méthodes de substitution. La commission européenne finance des recherches sur le développement des méthodes de substitution, validées ensuite par le centre européen pour la validation des méthodes alternatives, situé à Ispra en Italie. Il appartient au ministre chargé de la recherche de veiller à la coordination et au suivi de ces validations.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- Les laboratoires doivent se procurer les chiens dans des élevages déclarés auprès des services vétérinaires départementaux (décret n° 87-848, article 7 ; arrêté du 19 avril 1988).
- Les services vétérinaires départementaux contrôlent la conformité des élevages de chiens déclarés aux règles sanitaires et de protection animale.
- La Commission nationale de l'expérimentation animale a été saisie des conditions d'hébergement des chiens proposées par la société Marshall Farms.
- Le centre européen pour la validation des méthodes alternatives, situé à Ispra en Italie, valide les méthodes de substitution dont la Commission européenne finance la recherche.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
Les organismes cités
Sur le site de l'OXA
Les questions liées
La même question, posée plusieurs fois
Les questions qui ont reçu la même réponse
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
Les méthodes non animales remplacent l'utilisation d'animaux par d'autres moyens. Par contraste avec l'expérimentation in vivo, sur des animaux vivants, elles forment trois familles, qui se combinent ou fonctionnent séparément : in vitro (organes sur puce, organoïdes, cultures de cellules), in silico (algorithmes prédictifs, jumeaux numériques) et in humano (épidémiologie, participation de volontaires consentants à des recherches et à des essais cliniques).