Les questions parlementaires

Élevage de chiens de Montbeugny, Nicolin

expérimentation animale

Question écrite n° 34050, Assemblée nationale, 23 août 1999

Le résumé de l'OXA

Le député demande d'empêcher tout élevage d'animaux pour laboratoires, dont celui de Montbeugny, et les mesures prévues pour développer les méthodes non animales.

4 demandes : réponse partielle à 2, aucune réponse à 2.

  1. La légitimité des essais sur des animaux pour autoriser les médicaments, vu le développement des méthodes non animales, sujet sur lequel l'auteur appelle l'attention.

    Réponse partielle La réponse rappelle les conditions du décret de 1987 et dit que l'essai est une étape obligatoire dans certains cas, sans dire lesquels.

  2. Tout faire pour empêcher tout projet d'élevage d'animaux destinés aux laboratoires.

    Aucune réponse Rien sur les élevages en général ; la réponse rappelle au contraire que les laboratoires doivent se fournir en élevages déclarés.

  3. Tout faire pour empêcher le projet de Montbeugny.

    Réponse partielle La réponse rapporte le retrait de la demande par Marshall Farms en décembre 1999, sans dire ce que le Gouvernement a fait.

  4. Les mesures que le ministre entend prendre pour développer les méthodes non animales, comme le prévoient selon l'auteur les lois française et européenne.

    Aucune réponse Aucune mesure : la réponse renvoie aux recherches financées par la Commission et à la validation à Ispra, et dit seulement que les ministères suivent la validation et que le ministère chargé de la recherche la coordonne.

La fiche

Thèmes : élevages et provenance des animaux, méthodes sans animaux, interdiction · Espèce : chiens

Auteur
M. Yves Nicolin (Démocratie libérale et indépendants, Loire (5e circonscription))
Ministère interrogé
agriculture et pêche
Rubrique
Animaux
Question publiée
au Journal officiel du 23 août 1999
Réponse publiée
au Journal officiel du 24 janvier 2000
Statut
Réponse publiée
Sources

La question

(Question écrite n° 34050 de M. Yves Nicolin, Assemblée nationale, JO du 23 août 1999)

M. Yves Nicolin attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de la pêche sur la légitimité de l'expérimentation animale en matière d'autorisation de mise sur le marché de nouveaux médicaments, compte tenu du développement de méthodes substitutives de plus en plus fiables. De plus, de récentes enquêtes ont montré qu'un grand nombre de Français estime choquant l'élevage des animaux pour une fin programmée au service de la recherche médicale et estime préférer des produits non testés sur des animaux. Or, une société américaine, indésirable dans son propre pays pour non-respect de la législation en vigueur relative aux conditions de soins des animaux, projette de s'installer dans la commune de Montbeugny dans l'Allier afin d'y élever 2 000 chiens destinés à l'expérimentation. Cette nouvelle suscite une grande émotion au-delà du département concerné en raison des conditions atroces d'élevage et de captivité dont seront victimes ces animaux. Il lui demande de tout faire pour empêcher la réalisation de tout projet de création d'élevage d'animaux destinés aux laboratoires, notamment celui de Montbeugny contre lequel se sont manifestés des dizaines de milliers de pétitionnaires et de lui indiquer les mesures qu'il entend prendre pour développer les méthodes substitutives à l'expérimentation animale comme le prévoit les législations française et européenne.

La réponse

(Réponse du ministère : agriculture et pêche, JO du 24 janvier 2000)

Le décret n° 87-848 du 19 octobre 1987 relatif aux expériences pratiquées sur les animaux prévoit que les expériences sur les animaux sont licites à condition, notamment, qu'elles revêtent un caractère de nécessité et que ne puissent utilement y être substituées d'autres méthodes expérimentales. Dans certains cas, le recours à l'expérimentation animale peut résulter d'une obligation légale, dans le cadre de l'évaluation, par exemple, de la toxicité ou de l'innocuité d'un produit donné. L'expérimentation animale est alors une étape obligatoire dans le processus qui va conduire à la mise sur le marché de ce produit. Conformément à l'article 7 du décret précité et à l'arrêté du 19 avril 1988 portant sur les conditions de fourniture des animaux aux laboratoires agréés, les établissements où se pratique l'expérimentation animale sont tenus de se procurer les chiens dans des élevages déclarés auprès des services vétérinaires départementaux. Ces services contrôlent la conformité de ces élevages aux règles sanitaires et de protection animale. Concernant le projet de création d'un établissement d'élevage de chiens destinés à l'expérimentation, la société Marshall Farms a fait connaître, en décembre 1999, sa décision de retirer sa demande d'autorisation d'exploiter cet élevage. En outre, le principal critère permettant de remplacer une expérience effectuée sur des animaux est que la méthode de substitution offre un niveau de sécurité et de protection de la santé de l'homme au moins aussi élevé que la procédure d'expérience précédemment pratiquée sur les animaux. De nombreuses demandes sont en cours afin de valider les fondements scientifiques des méthodes de substitution. La Commission européenne finance, par exemple, des recherches pour le développement des méthodes de substitution, validées ensuite par le Centre européen pour la validation des méthodes alternatives, situé à Ispra, en Italie. Cette validation scientifique est un processus long et complexe qui fait néanmoins l'objet d'un suivi attentif par les différents ministères chargés de cette question. Le ministère chargé de la recherche veille à la coordination de ces procédures de validation.

Les éléments concrets

Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.

  • Les laboratoires doivent se procurer les chiens dans des élevages déclarés auprès des services vétérinaires départementaux (décret n° 87-848, article 7 ; arrêté du 19 avril 1988).
  • Le décret n° 87-848 du 19 octobre 1987 subordonne notamment les expériences sur les animaux à leur "caractère de nécessité" et à l'absence d'autre méthode qui puisse utilement y être substituée.
  • Les services vétérinaires départementaux contrôlent la conformité aux règles sanitaires et de protection animale des élevages déclarés où les laboratoires doivent se procurer leurs chiens.
  • Marshall Farms a fait connaître en décembre 1999 sa décision de retirer sa demande d'autorisation d'exploiter un élevage de chiens destinés à l'expérimentation.
  • Le Centre européen pour la validation des méthodes alternatives, situé à Ispra (Italie), valide les méthodes de substitution dont la Commission européenne finance la recherche.

Le détail de l'analyse

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Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.