Les questions parlementaires

Précision ou abrogation du décret du 17 mars 2020

Décret n° 2020-274 du 17 mars 2020 et protection des animaux domestiques

Question écrite n° 31047, Assemblée nationale, 14 juillet 2020

Le résumé de l'OXA

Le député demande au ministre de l'agriculture si le gouvernement entend préciser le décret du 17 mars 2020, voire abroger ses dispositions contraires à la protection des animaux domestiques.

1 demande : réponse partielle à 1.

  1. Si le gouvernement entend préciser les dispositions du décret, voire abroger celles contraires aux objectifs de "bien-être de nos animaux domestiques".

    Réponse partielle La réponse défend le décret, dont la formulation ne laisserait plus aucune ambiguïté, sans dire s'il sera précisé ou abrogé.

La fiche

Thèmes : élevages et provenance des animaux, réglementation, droit européen

Auteur
M. Fabrice Brun (Les Républicains, Ardèche (3e circonscription))
Ministère interrogé
Ministère de l’agriculture et de l’alimentation
Rubrique
animaux
Question publiée
au Journal officiel du 14 juillet 2020
Réponse publiée
au Journal officiel du 20 octobre 2020
Statut
Réponse publiée
Sources

La question

(Question écrite n° 31047 de M. Fabrice Brun, Assemblée nationale, JO du 14 juillet 2020)

M. Fabrice Brun attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de l'alimentation sur les dispositions du décret n° 2020-274 du 17 mars 2020 modifiant certaines dispositions relatives à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques. Ce décret vient modifier les modalités de transposition de la directive européenne sur la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques de 2013. La réglementation européenne et le code rural disposent que les animaux rentrant dans des procédures expérimentales pour la recherche doivent être élevés à cette fin et provenir d'éleveurs ou de fournisseurs agréés. Le décret n° 2020-274 du 17 mars 2020 autorise désormais le recours à des animaux d'éleveurs privés, notamment si la production chez les éleveurs agréés est insuffisante. Cette modification suscite des interprétations diverses voire une certaine incompréhension. Selon certaines associations de protection des animaux, elle ne correspondrait pas aux valeurs du bien-être animal et risquerait d'encourager le trafic d'animaux volés pour être revendus à des laboratoires. Alors qu'une majorité de Français sont favorables au renforcement de la protection des animaux et que 86 % d'entre eux réclament l'interdiction totale de l'expérimentation animale lorsque des alternatives sont disponibles les dispositions de ce décret sèment un certain trouble. C'est pourquoi il lui demande si le gouvernement entend préciser les dispositions de ce décret, voire abroger celles qui seraient en contradiction avec les objectifs de bien-être de nos animaux domestiques.

La réponse

(Réponse du ministère : Ministère de l’agriculture et de l’alimentation, JO du 20 octobre 2020)

En matière d'expérimentation animale, la réglementation française est une transposition de la directive européenne 2010/63 du 22 septembre 2010 relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques. Ce texte a été transposé une première fois dans le droit français en 2013. Cette première transposition prévoyait que « Les animaux utilisés ou destinés à être utilisés dans des procédures expérimentales… doivent avoir été élevés à cette fin et provenir d'éleveurs ou de fournisseurs agréés ». Il était également indiqué que des dérogations pouvaient être accordées « … sur la base d'éléments scientifiques dûment justifiés lorsque la production des éleveurs agréés est insuffisante ou ne convient pas aux besoins spécifiques du projet ». Ces deux dernières conditions n'étaient pas prévues dans la directive européenne. Considérant que ces ajouts étaient susceptibles de faciliter l'attribution de dérogations, en laissant supposer que l'insuffisance de production des éleveurs agréés ou des besoins spécifiques pouvaient à eux seuls justifier une dérogation, la Commission européenne a estimé la transposition française erronée. Pour répondre à la demande de la Commission européenne, le décret n° 2020-274 du 17 mars 2020 a été rédigé en toute transparence, après consultation des parties prenantes de la commission nationale de l'expérimentation animale (CNEA) où sont présentes plusieurs associations de protection animale. La nouvelle formulation ne permet plus aucune ambiguïté. La dérogation étant dorénavant strictement limitée à des impératifs scientifiques, ce texte ne constitue aucunement un affaiblissement des contraintes. La publication de ce texte a en outre été l'occasion de renforcer la représentation des associations de protection animale au sein de la CNEA en nommant 6 représentants de ces associations soit 3 de plus que précédemment.

Les éléments concrets

Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.

  • La directive européenne 2010/63 du 22 septembre 2010 a été transposée une première fois dans le droit français en 2013.
  • La Commission européenne a jugé erronée la transposition française de 2013 de la directive 2010/63, qui ajoutait des dérogations pour production insuffisante des éleveurs agréés ou "besoins spécifiques du projet".
  • Depuis le décret n° 2020-274 du 17 mars 2020, la dérogation à l'obligation d'animaux issus d'éleveurs ou de fournisseurs agréés est strictement limitée à des impératifs scientifiques.
  • Le décret n° 2020-274 du 17 mars 2020 a été rédigé à la demande de la Commission européenne, après consultation de la CNEA, où siègent plusieurs associations de protection animale.
  • La CNEA compte désormais 6 représentants d'associations de protection animale, 3 de plus qu'avant.

Le détail de l'analyse

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Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.