Les questions parlementaires

Recours aux éleveurs privés depuis le décret de 2020

Bien-être animal et utilisation d'animaux d'éleveurs privés à des fins scientifiques

Question écrite n° 17110, Sénat, 2 juillet 2020

Le résumé de l'OXA

La sénatrice demande au ministre de l'agriculture comment combattre les dérives du décret du 17 mars 2020 et mieux encadrer la provenance des animaux destinés à l'expérimentation.

2 demandes : réponse partielle à 2.

  1. Comment combattre les dérives que le décret du 17 mars 2020 aurait engendrées, dont le risque de trafic d'animaux volés revendus aux laboratoires.

    Réponse partielle La réponse défend le décret, qu'elle dit limiter les dérogations aux seuls impératifs scientifiques, sans répondre sur le trafic ni dire si une mesure sera prise.

  2. Mieux encadrer la provenance des animaux destinés à l'expérimentation en France.

    Réponse partielle La réponse décrit la règle issue du décret et le renfort des associations à la CNEA, sans mesure nouvelle sur la provenance.

La fiche

Thèmes : élevages et provenance des animaux, réglementation, droit européen

Auteur
Mme Brigitte Lherbier (Les Républicains, Nord)
Ministère interrogé
Agriculture et alimentation
Rubrique
Animaux
Question publiée
au Journal officiel du 2 juillet 2020
Réponse publiée
au Journal officiel du 22 octobre 2020
Statut
Réponse reçue
Événements
  • Transmise le 7 juillet 2020 au ministère : Agriculture et alimentation
Sources

La question

(Question écrite n° 17110 de Mme Brigitte Lherbier, Sénat, JO du 2 juillet 2020)

Mme Brigitte Lherbier attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de l'alimentation sur l'utilisation d'animaux d'éleveurs privés à des fins scientifiques. La réglementation européenne et le code rural disposent que les animaux rentrant dans des procédures expérimentales pour la recherche doivent être élevés à cette fin et provenir d'éleveurs ou de fournisseurs agréés. Le décret n° 2020-274 du 17 mars 2020 autorise désormais le recours à des animaux d'éleveurs privés, notamment si la production chez les éleveurs agréés est insuffisante. Cette modification suscite l'incompréhension tant elle ne correspond pas aux valeurs actuelles du bien-être animal. Elle risque d'encourager le trafic d'animaux volés pour être revendus à des laboratoires.

Ces nouvelles dispositions vont d'ailleurs à l'encontre de l'opinion d'une majorité de Français, favorable au renforcement de la protection des animaux. 86 % d'entre eux réclament l'interdiction totale de l'expérimentation animale lorsque des alternatives sont disponibles.

Elle lui demande par conséquent comment il entend combattre les dérives engendrées par ce décret et mieux encadrer la provenance des animaux promis à l'expérimentation en France.

La réponse

(Réponse du ministère : Agriculture et alimentation, JO du 22 octobre 2020)

En matière d'expérimentation animale, la réglementation française est une transposition de la directive européenne 2010/63 du 22 septembre 2010 relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques. Ce texte a été transposé une première fois dans le droit français en 2013. Cette première transposition prévoyait que « Les animaux utilisés ou destinés à être utilisés dans des procédures expérimentales… doivent avoir été élevés à cette fin et provenir d'éleveurs ou de fournisseurs agréés ». Il était également indiqué que des dérogations pouvaient être accordées « … sur la base d'éléments scientifiques dûment justifiés lorsque la production des éleveurs agréés est insuffisante ou ne convient pas aux besoins spécifiques du projet ». Ces deux dernières conditions n'étaient pas prévues dans la directive européenne. Considérant que ces ajouts étaient susceptibles de faciliter l'attribution de dérogations, en laissant supposer que l'insuffisance de production des éleveurs agréés ou des besoins spécifiques pouvaient à eux seuls justifier une dérogation, la Commission européenne a estimé la transposition française erronée. Pour répondre à la demande de la Commission européenne, le décret n° 2020-274 du 17 mars 2020 a été rédigé en toute transparence, après consultation des parties prenantes de la commission nationale de l'expérimentation animale (CNEA) où sont présentes plusieurs associations de protection animale. La nouvelle formulation ne permet plus aucune ambiguïté. La dérogation étant dorénavant strictement limitée à des impératifs scientifiques, ce texte ne constitue aucunement un affaiblissement des contraintes. La publication de ce texte a en outre été l'occasion de renforcer la représentation des associations de protection animale au sein de la CNEA en nommant 6 représentants de ces associations soit 3 de plus que précédemment.

Les éléments concrets

Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.

  • La directive européenne 2010/63 du 22 septembre 2010 a été transposée une première fois dans le droit français en 2013.
  • La Commission européenne a jugé erronée la transposition française de 2013 de la directive 2010/63, qui ajoutait des dérogations pour production insuffisante des éleveurs agréés ou "besoins spécifiques du projet".
  • Depuis le décret n° 2020-274 du 17 mars 2020, la dérogation à l'obligation d'animaux issus d'éleveurs ou de fournisseurs agréés est strictement limitée à des impératifs scientifiques.
  • Le décret n° 2020-274 du 17 mars 2020 a été rédigé à la demande de la Commission européenne, après consultation de la CNEA, où siègent plusieurs associations de protection animale.
  • La CNEA compte désormais 6 représentants d'associations de protection animale, 3 de plus qu'avant.

Le détail de l'analyse

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Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.