Les questions parlementaires
Suspension du décret de mars 2020 après la covid-19
Protection des animaux utilisés à des fins scientifiques
Question écrite n° 31050, Assemblée nationale, 14 juillet 2020
Le résumé de l'OXA
Le député demande pourquoi le décret du 17 mars 2020 a été adopté, s'il est lié à la covid-19 et sera suspendu, et quelles mesures pour les méthodes non animales.
3 demandes : réponse à 1, aucune réponse à 2.
Les raisons qui ont poussé le gouvernement à adopter ce décret.
Réponse Selon la réponse, le décret répond à la Commission européenne, qui jugeait erronée la transposition de 2013.
Si le décret est lié à la crise de la covid-19 et, dans ce cas, s'il sera annulé ou suspendu à la fin de la crise sanitaire.
Aucune réponse La réponse ne dit rien de la covid-19 ; la raison qu'elle donne suggère l'absence de lien sans l'écrire.
Les mesures prévues pour développer des méthodes non animales.
Aucune réponse La réponse n'en dit rien.
La fiche
Thèmes : élevages et provenance des animaux, réglementation, méthodes sans animaux
- Auteur
- M. Dimitri Houbron (Agir ensemble, Nord (17e circonscription))
- Ministère interrogé
- Ministère de l’agriculture et de l’alimentation
- Rubrique
- animaux
- Question publiée
- au Journal officiel du 14 juillet 2020
- Réponse publiée
- au Journal officiel du 20 octobre 2020
- Statut
- Réponse publiée
- Sources
La question
(Question écrite n° 31050 de M. Dimitri Houbron, Assemblée nationale, JO du 14 juillet 2020)
M. Dimitri Houbron attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de l'alimentation sur le décret n° 2020-274 du 17 mars 2020 modifiant certaines dispositions relatives à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques. Il rappelle que ce décret modifie l'article R. 214-90 du Code rural dont le dernier alinéa limitait les possibilités de s'approvisionner en animaux chez des éleveurs non agréés à la situation où « la production des éleveurs agréés est insuffisante ou ne convient pas aux besoins spécifiques du projet ». Il constate que ce décret supprime cette restriction de l'article R. 214-90, assouplissant ainsi dangereusement les conditions d'approvisionnement en animaux pour l'expérimentation, constitue un recul pour la protection des animaux. Il illustre son propos par la mise en ligne d'une pétition, initiée par l'association One Voice, qui demande l'annulation de ce décret ; elle a déjà réuni 121 000 signatures en quinze jours. Il rappelle que l'objectif final de la directive 2010/63/UE relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques précises est le remplacement total des procédures appliquées à des animaux vivants à des fins scientifiques et éducatives : « À cette fin, elle cherche à faciliter et à promouvoir les progrès dans la mise au point d'approches alternatives ». Ainsi, il souhaiterait connaître, d'une part, les raisons qui ont poussé le gouvernement à adopter un décret défavorable à la condition animale et, d'autre part, si ce décret est lié à la crise de la Covid-19. Dans ce cas, il souhaiterait savoir s'il sera annulé ou suspendu dès la fin de la crise sanitaire. Enfin, il souhaiterait connaître les mesures que le gouvernement prévoit pour développer des alternatives à l'expérimentation animale.
La réponse
(Réponse du ministère : Ministère de l’agriculture et de l’alimentation, JO du 20 octobre 2020)
En matière d'expérimentation animale, la réglementation française est une transposition de la directive européenne 2010/63 du 22 septembre 2010 relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques. Ce texte a été transposé une première fois dans le droit français en 2013. Cette première transposition prévoyait que « Les animaux utilisés ou destinés à être utilisés dans des procédures expérimentales… doivent avoir été élevés à cette fin et provenir d'éleveurs ou de fournisseurs agréés ». Il était également indiqué que des dérogations pouvaient être accordées « … sur la base d'éléments scientifiques dûment justifiés lorsque la production des éleveurs agréés est insuffisante ou ne convient pas aux besoins spécifiques du projet ». Ces deux dernières conditions n'étaient pas prévues dans la directive européenne. Considérant que ces ajouts étaient susceptibles de faciliter l'attribution de dérogations, en laissant supposer que l'insuffisance de production des éleveurs agréés ou des besoins spécifiques pouvaient à eux seuls justifier une dérogation, la Commission européenne a estimé la transposition française erronée. Pour répondre à la demande de la Commission européenne, le décret n° 2020-274 du 17 mars 2020 a été rédigé en toute transparence, après consultation des parties prenantes de la commission nationale de l'expérimentation animale (CNEA) où sont présentes plusieurs associations de protection animale. La nouvelle formulation ne permet plus aucune ambiguïté. La dérogation étant dorénavant strictement limitée à des impératifs scientifiques, ce texte ne constitue aucunement un affaiblissement des contraintes. La publication de ce texte a en outre été l'occasion de renforcer la représentation des associations de protection animale au sein de la CNEA en nommant 6 représentants de ces associations soit 3 de plus que précédemment.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- La directive européenne 2010/63 du 22 septembre 2010 a été transposée une première fois dans le droit français en 2013.
- La Commission européenne a jugé erronée la transposition française de 2013 de la directive 2010/63, qui ajoutait des dérogations pour production insuffisante des éleveurs agréés ou "besoins spécifiques du projet".
- Depuis le décret n° 2020-274 du 17 mars 2020, la dérogation à l'obligation d'animaux issus d'éleveurs ou de fournisseurs agréés est strictement limitée à des impératifs scientifiques.
- Le décret n° 2020-274 du 17 mars 2020 a été rédigé à la demande de la Commission européenne, après consultation de la CNEA, où siègent plusieurs associations de protection animale.
- La CNEA compte désormais 6 représentants d'associations de protection animale, 3 de plus qu'avant.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
Les organismes cités
Sur le site de l'OXA
Les questions liées
Les questions qui ont reçu la même réponse
- Recours aux éleveurs privés depuis le décret de 2020Question écrite n° 17110, Sénat, 2 juillet 2020
- Précision ou abrogation du décret du 17 mars 2020Question écrite n° 31047, Assemblée nationale, 14 juillet 2020
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
Les méthodes non animales remplacent l'utilisation d'animaux par d'autres moyens. Par contraste avec l'expérimentation in vivo, sur des animaux vivants, elles forment trois familles, qui se combinent ou fonctionnent séparément : in vitro (organes sur puce, organoïdes, cultures de cellules), in silico (algorithmes prédictifs, jumeaux numériques) et in humano (épidémiologie, participation de volontaires consentants à des recherches et à des essais cliniques).
La Commission nationale pour la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques, dite CNEA, réunit des représentants des différents intérêts concernés. Elle discute notamment des autorisations de projets de formation professionnelle et adresse des recommandations thématiques aux ministères.