Les questions parlementaires

Essor européen des méthodes non animales

Protection

Question écrite n° 17511, Assemblée nationale, 18 septembre 1989

Le résumé de l'OXA

Le député demande au ministre de la santé des mesures pour arrêter les expériences douloureuses et favoriser, dans un cadre européen, les méthodes de biosubstitologie.

5 demandes : réponse partielle à 4, aucune réponse à 1.

  1. Les mesures pour arrêter les expériences douloureuses sur les animaux.

    Réponse partielle La réponse écarte toute interdiction des recherches sur les substances et cite le décret de 1987, sans rien dire des expériences douloureuses.

  2. La révision du décret n° 87-848 pour supprimer les dérogations qui autorisent les expériences douloureuses.

    Réponse partielle La réponse défend le décret, présenté comme un renforcement de la réglementation qui limite les expériences, sans parler de ses dérogations ni dire s'il sera revu. Elle défend sans répondre.

  3. L'inscription de l'étude des méthodes substitutives à tous les programmes d'enseignement médicaux et pharmaceutiques.

    Aucune réponse Rien sur l'enseignement.

  4. Une action commune des représentants de l'administration et des associations de protection au sein de la Commission nationale de l'expérimentation animale.

    Réponse partielle La réponse dit que la commission a commencé ses travaux et compte trois représentants des associations, sans parler d'action commune.

  5. Les mesures pour favoriser, dans un esprit européen, l'essor des méthodes de biosubstitologie, dont la participation au programme européen du centre de Luxembourg.

    Réponse partielle La réponse cite l'encouragement du ministère de la recherche et dit que les travaux de la commission pourraient nourrir les réflexions européennes ; rien sur le centre de Luxembourg.

La fiche

Thèmes : méthodes sans animaux, instances nationales, enseignement et formation

Auteur
M. François d'Harcourt (Union pour la démocratie française)
Ministère interrogé
solidarité, de la santé et de la protection sociale
Rubrique
Animaux
Question publiée
au Journal officiel du 18 septembre 1989
Statut
Réponse publiée
Sources

La question

Texte sans accents, tel que le site de l'Assemblée nationale le sert pour les législatures de 1986 à 1997.

(Question écrite n° 17511 de M. François d'Harcourt, Assemblée nationale, JO du 18 septembre 1989)

M Francois d'Harcourt attire l'attention de M le ministre de la solidarite, de la sante et de la protection sociale sur l'opportunite pour la France de participer au programme europeen du developpement de la recherche et de l'ethique medicale et scientifique. En effet, le ministre de la sante du Luxembourg vient d'accueillir dans sa capitale le premier centre europeen de coordination des methodes de biosubstitologie. Il parait souhaitable que l'etude des methodes substitutives soit inscrite a tous les programmes d'enseignement medicaux et pharmaceutiques ; que le decret no 87-848 du 19 octobre 1987 soit revise afin de supprimer les derogations qui autorisent les experiences douloureuses sur les animaux. Il parait enfin souhaitable qu'une action commune puisse s'etablir entre les representants de l'administration et ceux des associations de protection des animaux au sein de la « Commission nationale de l'experimentation animale ». Il lui demande quelles mesures il compte prendre pour arreter les experiences douloureuses sur les animaux d'une part et favoriser, dans un esprit europeen d'autre part, l'essor des methodes de biosubstitologie.

La réponse

(Réponse du ministère : solidarité, de la santé et de la protection sociale)

Les pouvoirs publics ne peuvent envisager d'interdire les recherches destinees a controler l'efficacite et l'innocuite des substances qui seront benefiques pour l'homme. Il est vrai que les moyens disponibles actuellement restent souvent encore l'experimentation sur les animaux vivants. Mais il faut souligner que cette utilisation est en constante diminution. De plus, les pouvoirs publics souhaitent limiter cette pratique a la plus stricte necessite. S'il s'avere actuellement possible de reduire le nombre d'animaux utilises, il convient aussi de veiller a ce que les conditions d'hebergement, d'experimentation et les soins soient les meilleurs possible. Ainsi, le decret no 87-848 du 19 octobre 1987 et ses arretes d'application du 19 avril 1988, renforcent la reglementation sur l'experimentation animale par des mesures visant a ameliorer les conditions d'obtention et d'hebergement des animaux d'experience et a mieux controler les conditions de realisation des experiences. Ce decret limite aussi la pratique des experiences ; il ne peut s'agir, en effet, que d'experiences dans des domaines determines et qui revetent un caractere de necessite sans que puissent y etre substituees d'autres methodes experimentales. La mise en place des bonnes pratiques de laboratoire en toxicologie rejoint particulierement ce souci d'assurance de qualite et d'economie des experiences. Par ailleurs, des reflexions et des etudes sont en cours afin de limiter les repetitions inutiles d'experiences sur animaux vivants, d'entrainer la diminution progressive de l'utilisation de l'animal et de favoriser l'emploi preferentiel de methodes de remplacement de l'animal. Plusieurs methodes experimentales permettant d'eviter l'utilisation d'animaux vivants sont deja en application dans des domaines tels que la fabrication de vaccins ou certains tests de toxicite. La recherche sur les methodes alternatives aux animaux de laboratoire est vivement encouragee par le ministere de la recherche et de la technologie ; les moyens consacres a cette recherche concourent preferentiellement a la mise au point d'autres methodes substitutives. La nouvelle reglementation institue en outre, aupres du ministre charge de la recherche et du ministre de l'agriculture, une commission nationale de l'experimentation animale, chargee de faire toute proposition qu'elle juge utile sur l'ensemble des conditions d'application du decret no 87-848 du 19 octobre 1987 et, en particulier, sur la mise en place de methodes experimentales permettant d'eviter l'utilisation d'animaux vivants. Cette commission qui a deja commence ses travaux comprend notamment trois representants des associations de protection des animaux et de la nature a parite avec les representants de chacune des familles professionnelles concernees par l'experimentation animale. Les conclusions des travaux de la commission pourraient contribuer aux reflexions menees dans le cadre europeen.

Les éléments concrets

Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.

  • Le décret n° 87-848 du 19 octobre 1987 et ses arrêtés d'application du 19 avril 1988 encadrent l'obtention et l'hébergement des animaux et la réalisation des expériences.
  • Le décret n° 87-848 du 19 octobre 1987 limite les expériences à des domaines déterminés et à celles qu'il juge nécessaires, sans que d'autres méthodes expérimentales puissent s'y substituer.
  • Mise en place des bonnes pratiques de laboratoire en toxicologie.
  • Commission nationale de l'expérimentation animale, auprès des ministres de la recherche et de l'agriculture : propositions sur l'application du décret n° 87-848 et sur les méthodes évitant les animaux vivants.
  • La Commission nationale de l'expérimentation animale a commencé ses travaux ; elle comprend notamment trois représentants des associations de protection des animaux et de la nature.

Le détail de l'analyse

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Le site de l'Assemblée nationale sert le nom de l'auteur avec un caractère illisible : il est rétabli d'après pages QANR5L10QE44692 et suivantes du même auteur.

Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.