
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-03-15 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-008059)
1408 poulets de chair vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ils sont élevés trente-six jours avec différents régimes, subissent une prise de sang à la jugulaire en fin d’étude, puis sont tués, une partie pour prélever le contenu intestinal, l’autre écartée de la chaîne alimentaire et destinée à nourrir des animaux non-humains de zoo. L’objet du projet est d’affiner la valeur nutritionnelle d’un additif, une muramidase déjà autorisée à la vente dans l’Union européenne depuis 2019, pour améliorer l’efficacité alimentaire et réduire les coûts des éleveurs. Le porteur affirme que l’efficacité de cet additif ne peut être évaluée qu’en utilisant l’espèce à laquelle il est destiné et juge la procédure « nécessaire ».
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif de ce projet est de réaliser des études pour évaluer une nouvelle solution nutritionnelle afin d’améliorer l’efficacité des aliments et d’optimiser les coûts d’alimentation. L’efficacité avec laquelle l’animal absorbe les nutriments de son alimentation est un facteur important à prendre en compte lorsque l’on tente d’optimiser l’utilisation des aliments. Les aviculteurs reconnaissent que l’optimisation de la fonction intestinale peut permettre une meilleure utilisation des nutriments et une meilleure efficacité alimentaire, car la digestion et l’absorption des composés alimentaires sont plus efficaces. La fonction gastro intestinale est influencée par de nombreux facteurs comme l’alimentation, le bien-être des animaux, ainsi que l’intégrité de la barrière gastro intestinale. Cependant, la division cellulaire bactérienne normale et la mort cellulaire naturelle libèrent des fragments de paroi cellulaire (débris cellulaires), dont l’accumulation dans l’intestin peut interférer avec la capacité du tractus gastro-intestinal à absorber les nutriments dans la circulation sanguine, réduisant la digestibilité des nutriments et altérant l’efficacité alimentaire. Une solution visant à améliorer la fonctionnalité intestinale est d’ajouter à la ration alimentaire une enzyme pour dégrader les débris cellulaires. L’enzyme par son action de dégradation contribue à l’amélioration de la fonctionnalité gastro-intestinale considérée comme un élément clé dans l’efficacité alimentaire, le bien-être animal et le développement durable . En effet, lorsque la fonction intestinale et la santé sont altérées, la digestion et l’absorption des nutriments sont affectées entrainant la compromission des performances de croissance. Une des stratégies d’optimisation de la ration alimentaire consiste aussi à déterminer pour toute enzyme ajoutée à l’aliment la quantité de nutriment (protéines) et d’énergie pouvant être libérée. La connaissance précise des valeurs nutritionnelles permet une formulation plus juste des régimes alimentaires supplémentés en enzyme contribuant ainsi à l’amélioration de la croissance des animaux.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les résultats de ce projet permettront de maximiser les valeurs nutritionnelles calculées spécifiquement pour une muramidase déjà autorisée à la vente pour les poulets de chair dans tous les pays de l’Union Européenne depuis 2019 ,et de générer des données spécifiques supplémentaires de performance de croissance, en termes d’indice de consommation, choisi comme critère de la réponse bénéfique de l’addition de l’enzyme. Ces données permettront aussi d’améliorer les rations alimentaires établies en Europe en prenant en compte l’efficacité de l’enzyme testée dans des aliments qui se différencient par leur densité nutritionnelle. Ce projet permettra aussi de répondre aux mieux aux difficultés rencontrées par les éleveurs de poulets de chairs en termes d’apports nutritifs de la ration alimentaire et de couts d’alimentation.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront élevés avec différents régimes alimentaires répondant à leurs besoins nutritionnels pendant une durée de 36 jours. En fin d’étude, des prises de sang unitaires au niveau de la veine jugulaire seront réalisées sur un animal par cage. Pour chaque prise de sang, le temps de prélèvement ne dépassera pas 1 minute
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Perte de poids, ralentissement de la croissance en cas de réduction de l’ingestion alimentaire Inconfort et le stress dus à la sortie des cages pour la pesée en groupe des animaux et la prise de sang
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A la fin de la procédure expérimentale, une partie des animaux seront mis à mort pour le prélèvement d’échantillons biologiques (contenus intestinaux). L’autre partie des animaux seront mis à mort avant de rentrer dans la chaine alimentaire animale. Les animaux de cette procédure ayant été nourris avec un aliment supplementé par un additif ayant une autorisation de mise sur le marché seront utilisés à des fins spécifiques d’alimentation des animaux du zoo.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La procédure expérimentale est nécessaire et ne peut pas être remplacée par une autre stratégie n’impliquant pas l’utilisation d’animaux vivants. L’additif alimentaire testé au cours de la procédure expérimentale est spécifiquement destinés aux volailles. Il entre dans la composition des aliments destinés aux volailles afin de répondre aux mieux aux difficultés rencontrées par les éleveurs de poulets de chairs en termes d’apports nutritifs de la ration alimentaire et de couts d’alimentation. L’efficacité de cet additif dans les conditions spécifiques du projet, ne peut être évaluée qu’en utilisant l’animal auquel il est destiné.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Une approche statistique a permis d’évaluer la taille de l’échantillon nécessaire afin de montrer un effet attendu de 2,4 % d’amélioration de l’indice de consommation (FCR), paramètre de décision choisi dans ce projet pour montrer l’effet bénéfique de la supplémentation de l’additif. La taille de l’échantillon a été calculé sur la base de données d’études antérieures. Le calcul a montré que 11 cages de 16 poulets étaient nécessaires par lot pour détecter une différence significative de 2.4% entre les lots pour le FCR. De ce fait, deux études successives réalisées dans les mêmes conditions expérimentales (même salle) seront réalisées afin d’atteindre l’effectif de 11 cages de 16 aninaux (Etude 1 avec 6 cages par lot, Etude 2 avec 5 cages par lot).
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’inconfort et le stress dus à la sortie des cages pour la pesée en groupe des animaux sont réduits en réalisant les opérations de capture le plus silencieusement possible, par une manipulation délicate des animaux saisis au niveau du tarse juste au-dessus des doigts pour être transférés dans des contenants suffisamment grands pour éviter l’empilement et donc l’étouffement. L’inconfort et le stress dus à la sortie des cages pour les prises de sang sont réduits par une manipulation délicate des animaux , un prélèvement de faibles volumes de sang en fonction de la volémie et par l’application d’un point de pression sur le site de prélèvement comme décrit dans le procédure interne « Geste technique sur animaux vivants : prises de sang » qui définit le volume limite de prélèvement sanguin et les périodes de récupération nécessaires. Seul un nombre limité d’animaux, soit un animal par cage subira le prélèvement sanguin. L’animal est isolé du groupe pas plus d’une minute. L’état de santé des animaux est suivi quotidiennement. Le raffinement des conditions d’hébergement consiste à étaler de la litière sous forme de copeaux ou de sciure afin d’assurer le confort des animaux par l’isolation thermique, l’absorption de l’humidité et la prévention des pathologies, de rajouter régulièrement de la litière au cours de l’étude pour maintenir une litière sèche. L’accès à l’eau est facilité par la mise en place de godets récupérateur d’eau en plus des pipettes et en adaptant régulièrement la hauteur des lignes d’eau en fonction de l’âge des animaux. L’accès à la nourriture est facilité en adaptant la hauteur des mangeoires en fonction de l’âge des animaux afin que le bord de la mangeoire se trouve au niveau de la poitrine de l’animal. Il consiste aussi à limiter les manipulations des animaux en les pesant uniquement à la mise en place, au changement d’aliment et en fin d’étude afin de déterminer la prise de poids et de suivre l’ingestion alimentaire. Les conditions d’hébergement des animaux sont définies de telle sorte que l’enrichissement des cages (clochette), la densité des animaux par cage, ou encore les paramètres environnementaux (température et hygrométrie…) procurent le maximum de confort aux animaux, et restent supérieurs ou égaux à la législation en vigueur (Arrêté du 01/02/2013). Aucun animal ne reste isolé, en cage individuelle sans contact visuel ou tactile avec ses congénères, ceci afin de réduire au minimum l’angoisse et le stress des animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’additif alimentaire testé est destiné à être incorporé dans les aliments distribués aux volailles (poulet de chair) Poussins de 1 jour (poids moyen 40 g) : pour une mise en stabulation en cages au sol d’animaux de poids homogène et répondant à des conditions d’élevage commercial Les animaux sont utilisés au stade de démarrage afin de suivre les différentes étapes de croissance des poulets de chair (démarrage-croissance-finition)