
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2026-09-03 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-011952)
Une puce est implantée dans la cavité abdominale de chaque poisson anesthésié, geste de trente secondes au maximum, avec un risque d’hémorragie au moment de l’incision. 11 500 truites fario et ombles chevaliers sont utilisés sur cinq ans dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, pour constituer des stocks de géniteurs destinés à produire des alevins de repeuplement. Le devenir déclaré ne compte aucun poisson tué : les individus restent en pisciculture jusqu’à leur mort naturelle ou jusqu’à 7 ou 8 ans, âge auquel ils cessent d’être utilisés pour la reproduction et sont mis en milieu naturel. Le dimensionnement de l’effectif tient pourtant compte du taux de perte de puce et des « mortalités post-opératoires », et le porteur écrit marquer au maximum 1 500 truites pour obtenir 600 à 800 géniteurs féconds.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le Plan Départemental pour la Protection du milieu aquatique et la Gestion des ressources Piscicoles définit la gestion piscicole à pratiquer sur les cours d’eau du département en fonction des conditions du milieu et de la fonctionnalité des populations en place. Le populations de poissons naturellement fonctionnelles doivent être préservées en l’état et ne nécessitent aucune intervention. Dans certains cours d’eau, les peuplement piscicoles nécessitent un soutien pour assurer leur pérennité. Pour ce faire des alevins sont produits en pisciclture et déversés dans le milieu naturel. Ce projet a donc pour objectif de permettre la production de truites pour trois souches génétiquement différenciées, correspondant aux spécificité locales des rivières et lacs définis. Les géniteurs utilisés pour la production d’alevins seront marqués individuellement par puces afin de réduire la consanguinité dans l’élevage. Ce soutien de populations se fait en parallèle d’actions de restauration du milieu naturel par les organisme compétents.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’identification unique de chaque individu va permettre de ne pas croiser les fratries. Eviter la consanguinité des alevins ainsi produits va permettre de préserver au maximum la perte de variabilité génétique dans l’élevage, dans le but de maintenir la robustesse de l’espèce dans le milieu naturel.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
L’intervention sur le poissons consiste à implanter une puce dans la cavité abdominale sur animaux anesthésiés. La durée de l’intervention est de 30 secondes maximum.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les poissons subiront un stress modéré lié à la contention et à l’anesthésie et une douleur transitoire suite à l’implantation de la puce. Il y a également un risque d’hémorragie durant l’incision au moment de l’implantation de la puce. Ce risque est limité par le protocole mis en oeuvre.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Après l’implantation de la puce, les animaux sont gardés en vie dans la pisciculture, dans l’objectif de constituer le stock de géniteurs produisant les alevins nécessaires aux besoin du plan départemental pour la protection du milieu aquatique et la gestion des ressources piscicoles. Les animaux sortiront de la procédure, soit lors de leur mort naturelle en captivité, soit lorsqu’ils auront attient un âge au delà duquel ils ne seront plus utilisés pour la reproduction, à savoir 7-8 ans. Ils seront alors mis en milieu naturel.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les objectifs de l’étude portent sur l’élevage de deux espèces de poissons dans le but de produire des alevins destinés au repeuplement de certaines rivières et lac du département. Ce qui ne peut être réalisé sans l’utilisation d’animaux.
2. Réduction
Le nombre de poissons marqués pour la constitution de chaque stock dépend des objectifs de production d’alevins inscrits dans le Plan Départemental pour la Protection du milieu aquatique et la Gestion des ressources Piscicoles, des taux de survie de l’espèce considérée dans la pisciculture qui héberge la manipulation, du taux de poissons stériles, du taux de perte de tag dans les semaines après l’opération et des mortalités post-opératoires. Tous ces facteurs peuvent varier d’une année sur l’autre, nécessitant ainsi d’avoir une certaine marge de manoeuvre, cependant le nombre de poisson marqué a été réduit au maximum pour deux raisons. Cela permet d’une part de réduire la densité de poissons dans les bassin, donc d’améliorer les conditions d’élevage. Et d’autre part, dans une logique économique, marquer trop d’individus engendre un investisssement humain et des coût d’élevages inutiles. Pour la truite fario l’objectif est d’avoir 600 à 800 géniteurs féconds afin de produire le nombre d’alevins nécessaires pour la réalisation des plans de repeuplement. Les retours d’expérience de nos pisciculteurs montrent qu’il faut marquer au maximum 1500 poissons pour satisfaire ces objectifs. Pour l’omble chevalier l’objectif est d’avoir au moins 800 à 1000 géniteurs féconds. Les retours d’expérience de nos pisciculteurs montrent qu’il faut marquer au maximum 2000 poissons pour satisfaire ces objectifs, les taux de mortalité lors de l’élevage étant plus importants pour cette espèce.
3. Raffinement
Tous les marquages sont réalisés sous anesthésie générale. Seul les plus petites puces disponibles seront utilisés (12 mm) ; cela permet de réduire la nuisance sur les poissons, notamment en réduisant au maximum la taille de l’incision. Le poids minimal des individus marqués ne pourra être inférieur à 5g. Afin d’éviter le stress, les poissons sont élevés dans des bassins sur lesquels des planches sont disposées afin de permettre aux poissons de se cacher. Les individus sont sortis directement de leur bassin pour effectuer la procédure de marquage et stabulés immédiatement après dans un bassin différencié pour la phase de réveil, cela permet de réduire le nombre de manipulation sur le poisson. Avant opération l’opérateur vérifie que le poisson est dans un état sanitaire visuellement correct. Si l’état de santé du poisson parait douteuse ou médiocre le marquage de l’individu est repoussé à une prochaine campagne. Une grille de score concernant les points limites adaptés aux salmonidés a été mise en place afin que l’opérateur puisse réagir convenablement durant la procédure en cas de dégradation de l’état de santé de l’animal et identifier rapidement les critères d’arrêt de souffrance.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les espèces choisies sont la truite fario et l’omble chevalier correspondant ainsi aux peuplements naturellement présents dans les rivières et lacs ciblés qui bénéficient d’un soutien par du repeuplement pour assurer leur pérennité. Les individus seront marqués au stade alevin (moins d’un an) en fonction des contraintes techniques des différentes piscicultures (place disponible). En effet dans un premier temps les poissons sont stockés par lots (fratries) puis mélangés dans de plus grands bassins ; le marquage sera effectué au moment de transférer les poissons. La collecte des gamète sera réalisé lorsque les poissons auront attient leur maturité sexuelle (à partir de 3 ans), entre novembre et janvier (période de reproduction naturelle de ces espèces).