Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Tester un ingrédient anti-inflammatoire censé soutenir la production laitière des truies d’élevage : 60 truies vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chacune subit quatre prélèvements sanguins à la jugulaire et quatre prélèvements de fèces, logée seule trente jours en verraterie puis en maternité jusqu’au sevrage des porcelets, un hébergement individuel que le porteur présente comme couramment pratiqué dans les élevages. Aucune truie n’est tuée à l’issue, elles reprennent leurs cycles reproductifs dans l’établissement et pourront réintégrer une procédure expérimentale. Sur le remplacement, le porteur affirme que les régulations métaboliques en jeu ne peuvent ni être modélisées ni étudiées in vitro, et qu’il n’est « pas possible » de remplacer le porc par une autre espèce, celle-ci étant la cible commerciale du projet.

NTS-FR-045209v1
Types de recherche
· Alimentation animale · Recherche appliquée ·
Mots-clés
truie, nutrition, immunité, syndrome de dysgalactie post partum
Cochons : 60

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Une production insuffisante ou une absence de lait chez la truie dans les jours suivant la mise bas peut être d’origine immunitaire, infectieuse et/ou comportementale. Ce problème peut s’évaluer de différentes manières, comme par des évaluations visuelles (état de la mamelle, présence d’écoulements vaginaux, absence d’appétit, constipation), par une température rectale au-dessus de 39,5°C, par des biomarqueurs sanguins de l’inflammation et/ou par la présence de toxines bactériennes dans le sang. Selon les auteurs, plusieurs de ces critères sont considérés pour définir la présence de ce problème chez une truie. Il n’existe pas à ce jour de méthode universelle communément admise par la communauté scientifique pour caractériser ce problème. L’objectif de ce projet est d’évaluer un ingrédient ayant des propriétés anti-inflammatoires sur la prévalence de ce problème chez la truie.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les bénéfices attendus du projet sont l’élaboration d’une stratégie alimentaire pour la truie permettant notamment de soutenir son immunité et ainsi sa production laitière.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Chaque truie subira 4 prélèvements sanguins, chacun durant de 2 à 3 min ainsi que 4 prélèvements de fèces chacun d’environ 2 min. Les truies seront logées individuellement en verraterie (30 jours) et en maternité (d’une semaine avant la mise bas jusqu’au sevrage des porcelets après 21 jours de lactation). Ce type d’hébergement est couramment pratiqué dans les élevages de porcs.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les prélèvements sanguins peuvent induire un stress lors de la manipulation et la contention des animaux, ainsi qu’une douleur transitoire au moment de l’introduction de l’aiguille. Les effets indésirables sont principalement une douleur ou une gêne au point d’insertion de l’aiguille ainsi que l’apparition éventuelle d’un hématome et d’une inflammation locale à la suite du prélèvement. Les prélèvements de fèces peuvent également induire un stress.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les truies seront gardées en vie à l’issue de cette procédure expérimentale. Elles continueront leurs cycles reproductifs dans l’établissement utilisateur et pourront éventuellement retourner dans une procédure expérimentale.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les fonctions de l’ingrédient dans l’organisme étant multiples, ses effets sur la santé et les performances des truies découlent de diverses régulations métaboliques complexes, qui ne peuvent ni être modélisées, ni étudiées in vitro.

2. Réduction

3R / Réduction :

Sur les 60 truies prévues au début de l’étude (30 par groupe), on estime que 48 d’entre elles seront gestantes (en se basant sur un taux de fécondation de 80%). On aura donc en théorie 24 truies par groupe en fin de lactation (sans considérer de potentiels avortements). La méthode de calcul de la puissance statistique du test prenant en compte une valeur seuil de significativité de 5%, une différence de 25% entre les traitements et un coefficient de variation de 24% donne un nombre minimal de 22 truies par traitement pour les paramètres sanguins et fécaux. Ce test est robuste et est utilisé pour déterminer le nombre d’animaux nécessaire à la mise en évidence d’une différence significative entre deux groupes. L’effectif excédentaire permettra d’assurer les effectifs minimaux jusqu’à la fin du cycle de reproduction, même en cas d’avortements ou d’atteinte de certains points limites. En outre, l’étude sera réalisée sur des animaux homogènes et en bonne santé afin de réduire la variabilité individuelle en début d’essai. Les deux groupes expérimentaux seront comparés par des méthodes statistiques.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

L’état de santé des animaux sera vérifié quotidiennement par les techniciens animaliers de l’établissement utilisateur. Des points limites stricts et définis à l’avance seront appliqués tout au long du projet. Les prises de sang s’effectueront en dehors de la salle d’élevage. Le nombre de tentatives de chaque prélèvement sanguin sera limité à 2 par veine jugulaire (gauche et droite) par animal afin de réduire le temps de collecte et de contention. Les prélèvements de fèces seront effectués directement dans la loge où les truies sont hébergées. Du matériel d’enrichissement (jouet cylindrique en bois compressé consommable, chaine, étoiles en plastique…) sera à disposition de toutes les truies afin d’améliorer leur bien-être.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

L’espèce choisie pour la réalisation du projet est uniquement le porc puisqu’il s’agit de l’espèce cible du projet. La finalité du projet est de mettre en place une solution applicable sur le terrain pour les élevages porcins afin d’améliorer la santé des truies et des porcelets. Les phénomènes physiologiques (digestifs, métaboliques, endocrinologiques) mis en jeu et étudiés dans le cadre du projet sont spécifiques de l’espèce porcine ce qui implique qu’il n’est pas possible de remplacer cette espèce par une autre. Les animaux utilisés seront des cochettes et truies reproductrices sur tout le cycle reproductif (attente de saillie, gestation, lactation). La réponse des truies face à des modifications nutritionnelles dépend de leur statut métabolique et hormonal. Ces deux statuts sont fortement affectés par le stade physiologique de la truie (gestante vs. allaitante, début vs. fin de gestation, etc…).