
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-06-10 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-135231)
Les souris courent une heure par jour, cinq jours par semaine pendant quatre semaines, sur un tapis roulant qui les y pousse par un stimulus aversif. 400 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance légers, modérés et sévères, avant qu’on leur instille de la bléomycine dans la trachée pour provoquer une fibrose pulmonaire sur vingt et un jours. Le porteur affirme que cette administration n’entraîne « aucune lésion ni douleur particulière » et que la fibrose est indolore faute d’innervation sensitive dans le poumon, tout en annonçant une insuffisance respiratoire sévère et une mortalité de 20 à 30 %. Les survivantes sont tuées pour prélever les poumons, le sang et le liquide de lavage broncho-alvéolaire.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La fibrose pulmonaire idiopathique (FPI) est une pneumopathie interstitielle fibrosante caractérisée par l’accumulation de tissu conjonctifs dans les poumons conduisant à une insuffisante respiratoire restrictive d’évolution fatale. En l’absence de traitement efficace, la médiane de survie à partir du diagnostique est d’environ 3 ans avec une évolution variable selon les patients. L’hypothèse physiopathologique actuelle suggère une dérégulation du dialogue entre les cellules épithéliales alvéolaires et les fibroblastes sous-jacent. Cette dérégulation jouerait un rôle essentiel dans le processus de développement de la fibrose en conduisant à une cicatrisation aberrante de l’épithélium alvéolaire suite à des micro-lésions alvéolaires répétées, et un dépôt excessif de collagène. L’activité physique a des effets bénéfiques sur la santé tant sur le plan préventif que curatif. En effet la pratique d’une activité physique améliore la condition physique et agit sur la santé et le maintien de l’autonomie. En outre il est maintenant admis que l’activité physique joue un rôle primordiale dans la prévention de pathologies tels que certains cancer, maladie cardio-vasculaire, maladies osteo-articulaires et dégénératives, etc.. Notre hypothèse est que l’entrainement aérobie pourrait prévenir la mise en place et l’évolution de la fibrose pulmonaire.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’activité physique semble améliorer la condition physique et la qualité de vie des patients porteurs de pneumopathies interstitielles diffuses (PID). Notre hypothèse est que l’entrainement aérobie aurait un effet protecteur sur la survenue de la fibrose pulmonaire en modifiant le métabolisme, en limitant l’inflammation et en diminuant les marqueurs pro-fibrosant. Notre projet, conduit en parallèle d’une étude clinique, à pour objet de valider ces théories sur un modèle murin de fibrose pulmonaire induite par la bléomycine et ainsi permettre d’avoir une meilleure compréhension des mécanismes sous jacent. Ce projet permettra de montrer par quels mécanismes l’activité physique contribue à la prévention (ou limite) le développement de la fibrose pulmonaire. In fine la combinaisons des études clinique et in vivo chez l’animal permettront de mieux comprendre les effets de l’activité physique sur cette pathologie et de pouvoir tenir un discours de santé publique et de promotion de l’activité physique dans le cadre de la prévention des pathologies respiratoires fibrosante.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La réalisation de ce projet nécessite la réalisation d’un entrainement sur tapis roulant (1h/jour, 5jours par semaine pendant 4 semaines) et l’induction d’une fibrose pulmonaire (21jours). Pour cela, après les 4 semaines d’entrainement, l’induction de la fibrose pulmonaire sera assurée par l’administration d’un agent pro-fibrosant sous anesthésie générale (durée 10 min). Au sein de chaque groupe la ventilation (inspiration/expiration) sera évaluée sur des souris vigiles (durée 1h). Suite à cela la capacité du poumon à se rétracter et à se distendre sera réalisée après anesthésie (durée 10 min). Enfin les animaux seront euthanasiés selon une méthode réglementaire afin de réaliser les différents prélèvements nécessaires aux analyses.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’administration de bléomycine par la trachée n’entraîne aucune lésion ni douleur particulière au réveil de l’animal. Le développement d’une fibrose pulmonaire est également indolore du fait de l’absence d’innervation sensitive à la douleur dans le tissu fonctionnel pulmonaire. Elle peut néanmoins entraîner une insuffisance respiratoire sévère et une mortalité de 20 à 30 pour cent. Lors de l’anesthésie gazeuse, les niveaux d’anesthésie seront ajustés en temps réels en fonction des réactions de l’animal afin d’éviter les risques anesthésiques. Pour inciter les souris à courir, le tapis est doté d’un système utilisant un stimulus aversif. L’entrainement est stoppé dés lors que la souris refuse de courir. Lentrainement et l’évaluation de la ventilation peuvent occasionner un stress.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A la fin de la période de maintien ou en cas d’atteinte d’un point limite, les animaux seront euthanasié pour prélèvement d’organes, du sang et du liquide de lavage broncho-alvéolaire.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La réalisation de ce projet nécessite l’induction d’une fibrose pulmonaire in vivo. De fait, il n’existe pas de méthode alternative à l’expérimentation animale in vivo à ce jour. D’autre part, l’étude des mécanismes induit par l’activité physique sur la fibrose pulmonaire peut-être plus facilement entreprise chez la souris du fait de l’existence d’outils permettant une approche mécanistique plus poussée.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre d’animaux utilisés sera réduit au maximum afin de permettre des analyses statistiques solides. Le nombre total d’animaux impliqué est de 400. Le modèle murin de fibrose pulmonaire utilisé dans ce projet est à l’heure actuelle le mieux décrit dans la littérature et le plus utilisé. Afin de réduire le nombre d’animaux nécessaire, nous nous sommes donc basé sur la littérature existante ainsi que sur nos résultats précédent afin de prendre en compte les effet du traitement pro-fibrosant et la potentielle variabilité des variables physiologiques entre les différents individus. Ainsi La taille des effectifs a été établie grâce à un calcul de puissance et des tests statistiques seront réalisés pour une interprétation fiable des résultats.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Toutes les procédures seront réalisées dans le respect total des règles du raffinement. Les souris seront maintenues par groupes sociaux de 4 individus dans des conditions réglementaires d’hébergement. L’enrichissement du milieu sera composé de matériel de nidification (bandes de papier naturel compacté) et d’abri en cellulose. Concernant l’instillation intra-trachéale de bléomycine, celle-ci sera réalisée sous anesthésie gazeuse. Ce type d’anesthésie est de courte durée et l’instillation n’entraîne aucune lésion trachéale ni de douleur particulière au réveil de l’animal. Les souris seront ensuite surveillées jusqu’à leur réveil complet. Afin d’améliorer le confort de l’animal suite à l’instillation intra-trachéale de Bléomycine et afin de prévenir une perte de poids trop importante, un gel hydraté enrichi pourra être proposé aux animaux afin de faciliter l’alimentation et leurs récupérations dans les premières heures suivant la procédure. En fin de procédure, lors de l’anesthésie précédent l’euthanasie, la profondeur d’anesthésie sera vérifiées via l’observation des signes suivants: relâchement musculaire, perte du réflexe de retrait sur les deux pattes et la queue, perte du réflexe palpébral et respiration calme. Durant toute la procédure, les conditions de soins et les méthodes utilisées ont été choisies pour réduire le plus possible toute souffrance que pourrait ressentir les animaux. En cas d’atteinte des points limites, les animaux seront euthanaisés.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet nécessite de réaliser un entrainement aérobie, d’induire une fibrose pulmonaire, de réaliser des explorations fonctionelles respiratoires et de prélever des tissus. Il n’existe donc pas d’alternative à l’utilisation d’animaux à des fins scientifiques dans notre contexte. Notre choix c’est porté sur la souris car le modéle murin de fibrose pulmonaire induite par instilation intratrachéale de bléomycine est un modèle validé dans la littérature et courament utilisé. Il est parfaitement décrit et il a permis la description de multiples phénomènes moléculaires et cellulaires impliqués dans la fibrogénèse pulmonaire et a été utilisé pour tester de nombreuses stratégies thérapeutiques. Pour réaliser nottre projet, nous avons besoin que le système respiratoire soit mature et fonctionnel. D’autre part, les souris jeunes sont peu sensibles à la bléomycine comparées aux souris âgées et il est bien décrit dans la littérature que les souris C56Bl/6J âgées développent une fibrose pulmonaire sévère avec un risque de surmortalité important. En tenant compte de ces informations, le compromis qui a été choisi est un âge de 8 semaines.