
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2026-08-20 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-349213)
Anesthésiées pour une ablation de la rate d’environ trente minutes, réveillées, puis suivies pendant quarante jours, une partie des 930 souris subit ensuite la formation provoquée d’un caillot dans une artère ou dans la circulation pulmonaire. D’autres reçoivent deux prélèvements sanguins rétro-orbitaux sous anesthésie puis un prélèvement intracardiaque terminal, et celles qui servent à l’apprentissage d’un geste technique sont opérées sans réveil, prises sur les « surplus » d’élevages couverts par d’autres autorisations. Les niveaux de souffrance déclarés vont de la procédure sans réveil au modéré, l’obstruction aiguë de la circulation sanguine pouvant selon le porteur avoir « des conséquences sévères sur l’état de l’animal », certaines souris pouvant mourir en cours d’expérimentation. Toutes sont mises à mort à l’issue, le volume de sang requis ne permettant pas de les maintenir en vie et les organes étant prélevés pour les analyses.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet s’intéresse à une maladie rare du sang associée à des anomalies des globules rouges. Chez les personnes atteintes, ces anomalies peuvent entraîner des douleurs et des complications. Par le passé, l’ablation de la rate était parfois proposée pour soulager les symptômes, mais cette intervention a été abandonnée car elle peut augmenter le risque de formation de caillots sanguins, dont le délai d’apparition reste imprévisible. Aujourd’hui, il n’existe pas de traitement satisfaisant pour ces patients. Des résultats préliminaires suggèrent que plusieurs types de cellules sanguines pourraient participer à ce phénomène, notamment les globules rouges, qui peuvent favoriser la coagulation dans certaines conditions. La rate jouant normalement un rôle de filtre en éliminant les cellules anormales, son absence pourrait permettre à ces cellules de rester plus longtemps dans la circulation et ainsi favoriser la formation de caillots. L’objectif de ce projet est donc de mieux comprendre comment cette anomalie et l’absence de la rate peuvent, ensemble, augmenter le risque de formation de caillots sanguins. Pour cela, l’étude sera réalisée chez la souris, en comparant des animaux présentant des anomalies du sang à des animaux sans anomalie, avec ou sans ablation de la rate. Ce modèle permet d’étudier l’ensemble des interactions entre les cellules du sang dans un organisme vivant, ce qui n’est pas possible avec d’autres approches. Ce projet permettra d’améliorer les connaissances sur cette maladie et pourrait, à terme, contribuer à une meilleure prise en charge des patients.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra de mieux comprendre pourquoi le risque de formation de caillots sanguins augmente chez certains patients après l’ablation de la rate. Il aidera à identifier le rôle des différentes cellules du sang dans ce phénomène. À terme, ces résultats pourraient améliorer la prise en charge des patients et orienter de nouvelles approches thérapeutiques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Pour cette étude, nous utiliserons un modèle d’ablation de la rate réalisé sous anesthésie générale et analgésie chez la souris. La chirurgie dure environ 30 minutes. Ce modèle sera combiné à trois interventions permettant d’étudier la formation de caillots sanguins : soit par application locale d’un agent chimique sur une artère, soit par injection intraveineuse de substances favorisant la formation de caillots, soit par prélévement sanguin intracardiaque permettant une analyse ex vivo des fonctions cellulaires. Selon la procédure, chaque animal sera soumis à l’une des séquences d’interventions suivantes : • une seule intervention terminale, sans réveil, pour l’apprentissage d’un geste technique ; • une chirurgie avec réveil — ablation de la rate ou chirurgie simulée — suivie, 40 jours plus tard, d’une procédure terminale de formation d’un caillot dans une artère ; • une chirurgie avec réveil — ablation de la rate ou chirurgie simulée — suivie, 40 jours plus tard, d’une procédure terminale de formation de caillots dans la circulation pulmonaire ; • une ablation de la rate avec réveil, associée à deux prélèvements sanguins rétro-orbitaux de faible volume, l’un avant la chirurgie et l’autre à J40, puis à un prélèvement intracardiaque terminal à J40 ; • ou un unique prélèvement intracardiaque terminal, sans chirurgie préalable. Les procédures de formation de caillots et les prélèvements intracardiaques sont réalisés sous anesthésie générale profonde, sans réveil. Les prélèvements rétro-orbitaux sont également réalisés sous anesthésie générale et durent environ deux minutes. Les animaux opérés sont suivis pendant une période maximale de 40 jours avant la procédure terminale. Toutes les interventions invasives sont réalisées sous anesthésie et avec une analgésie adaptée. Les animaux sont mis à mort à la fin de la procédure terminale. Les poumons sont prélevés après la procédure de formation de caillots dans la circulation pulmonaire afin de réaliser les analyses histologiques prévues.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux pourront présenter des effets liés aux différentes interventions réalisées. La chirurgie d’ablation de la rate entraîne une douleur post-opératoire modérée et transitoire, pouvant s’accompagner d’une diminution de l’activité et d’une perte de poids temporaire. Des complications rares, telles qu’un saignement ou une atteinte d’organes proches, peuvent également survenir. Les anesthésies générales peuvent induire un stress physiologique transitoire et une altération temporaire de l’état général. Les injections peuvent provoquer une douleur légère et de courte durée ainsi qu’un stress passager. Les modèles de formation de caillots peuvent entraîner des effets plus marqués : une atteinte locale des vaisseaux sanguins dans le cas d’une induction ciblée, ou une obstruction aiguë de la circulation sanguine dans le cas d’une induction systémique, pouvant avoir des conséquences sévères sur l’état de l’animal.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort à l’issue des procédures. Dans les procédures d’induction de thrombose, certains animaux peuvent décéder au cours de l’expérimentation en raison des effets induits ; les animaux survivants seront ensuite mis à mort afin d’éviter toute souffrance prolongée. Pour les autres procédures, le volume de sang requis pour la caractérisation des différents mécanismes étudiés est important et ne permet pas de maintenir les animaux en vie à l’issue des prélèvements. Les animaux sont donc mis à mort afin de permettre également le recueil d’organes indispensables aux analyses prévues dans le projet.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Des études préalables ont été réalisées sur des cellules humaines du sang en utilisant une molécule chimique qui mime l’anomalie observée chez les patients. Elles ont mis en évidence un état cellulaire qui favorise la formation de caillots sanguins. Toutefois, ces approches ne permettent pas de reproduire la complexité des interactions entre les différentes cellules et organes impliqués dans la formation de ces caillots, notamment après ablation de la rate. À ce jour, aucune méthode alternative ne permet d’étudier ces phénomènes à l’échelle de l’organisme entier. L’utilisation d’un modèle animal reste donc indispensable pour répondre aux objectifs du projet.
2. Réduction
Le nombre d’animaux a été réduit au minimum nécessaire pour obtenir des résultats fiables, en s’appuyant sur notre expérience, les données déjà disponibles et des calculs statistiques adaptés. Les expériences sont organisées de manière séquentielle afin d’éviter les répétitions inutiles et de ne poursuivre les étapes suivantes que lorsqu’elles restent nécessaires. Les analyses sont également concentrées sur un nombre limité de conditions et sur un seul temps d’étude. Lorsque cela est possible, plusieurs analyses sont réalisées à partir des prélèvements et des organes obtenus chez un même animal, afin d’éviter l’utilisation d’animaux supplémentaires. Enfin, les animaux utilisés pour l’acquisition des gestes techniques dans la procédure 1 proviennent des surplus issus des élevages couverts par d’autres autorisations et qui ne peuvent pas être inclus dans les procédures principales.
3. Raffinement
Afin de limiter la douleur et le stress, toutes les interventions seront réalisées sous anesthésie adaptée, associée à un traitement antalgique. Les animaux feront l’objet d’une surveillance attentive après les procédures, avec un suivi régulier de leur état général. Une attention particulière sera portée à la détection de tout signe de souffrance. L’application de points limites stricts et spécifiques au projet permettra d’identifier rapidement les animaux en difficulté, qui seront alors retirés de l’étude sans délai. Les animaux seront hébergés en groupe dans un environnement enrichi, et les procédures seront réalisées par du personnel formé afin de réduire au maximum la durée des interventions et les risques de complications.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est un modèle couramment utilisé pour étudier les maladies du sang et la formation de caillots, car son fonctionnement est proche de celui de l’être humain pour ces mécanismes. Elle permet également d’utiliser des modèles reproduisant certaines caractéristiques de la maladie étudiée, ce qui est indispensable pour répondre aux objectifs du projet. De plus, les phénomènes étudiés nécessitent un organisme vivant intégrant l’ensemble des interactions entre les cellules du sang et la circulation, ce qui ne peut pas être reproduit par d’autres approches. Les souris seront utilisées à l’âge adulte (à partir de 8 semaines), car les fonctions du sang et de la circulation sont alors stabilisées, permettant une étude fiable. Les stades précoces de développement ne seront pas utilisés, car les mécanismes étudiés ne dépendent pas de la croissance ou du développement de l’animal.