
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2026-08-19 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-538579)
33 rates subissent une lésion chirurgicale de la moelle épinière et présenteront une paralysie des pattes arrière, parfois des épaules au bas du corps, avec une vessie vidée à la main chaque jour. 88 rates en tout sont utilisées, 25 anesthésiées environ 4 h 30 sans jamais se réveiller, les 30 dernières opérées deux fois puis hébergées seules et sans enrichissement pendant 48 heures, isolées encore cinq jours, et placées chaque semaine sur un tapis roulant pour mesurer la reprise de la marche. Le niveau de souffrance déclaré est sévère, et toutes sont mises à mort pour des analyses histologiques et biochimiques. Le porteur cherche à savoir comment la position de la lésion modifie la pression artérielle dans les heures et le jour qui suivent, et clôt les bénéfices attendus sur une phrase, « Les bénéfices sont à long termes ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les lésions de la moelle épinière représentent un problème majeur de santé publique. Au-delà des paralysies et des pertes sensorielles bien connues, elles entraînent souvent de graves troubles du fonctionnement automatique de l’organisme, en particulier au niveau cardiovasculaire. Les patients peuvent ainsi présenter des anomalies de la pression artérielle et du rythme cardiaque, des difficultés de régulation de la température corporelle ou des troubles urinaires et digestifs. Chez les personnes atteintes d’une lésion à la moelle épinière au-dessus de la 6ᵉ vertèbre thoracique, ces complications cardiovasculaires sont particulièrement sévères et constituent une cause majeure de mortalité. Tout de suite après la lésion, la chute importante de la pression artérielle associée à un ralentissement du cœur, représente un risque vital immédiat. Si les mécanismes d’adaptation qui apparaissent à long terme sont aujourd’hui mieux compris, les premières heures et les premiers jours après la lésion restent encore peu étudiés, alors qu’ils sont déterminants pour la survie et le pronostic des patients. Certaines régions de la moelle épinière jouent un rôle clé dans le contrôle cardiovasculaire. La zone de la moelle épinière lésée joue un rôle prépondérant dans les symptômes observés chez les patients et dans la capacité des traitements pharmacologiques à être efficaces. Ce projet vise à comprendre comment la position d’une lésion de la moelle épinière peut modifier la pression artérielle chez le rat, immédiatement après la blessure et le lendemain, et à identifier les régions de la moelle qui sont importantes pour réguler le cœur et la circulation sanguine.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet de recherche a pour but d’approfondir nos connaissances sur les problèmes cardiovasculaires qui surviennent après une lésion de la moelle épinière, notamment au niveau des vertèbres cervicales ou thoraciques hautes. L’objectif est aussi d’étudier comment des médicaments agissant directement sur la moelle épinière pourraient atténuer ces troubles. Même si cette étude est avant tout fondamentale, les résultats obtenus pourraient, à terme, ouvrir la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques et aider à mieux soigner les patients atteints de lésions médullaires, en améliorant la prise en charge de leurs troubles autonomes. Les bénéfices sont à long termes.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
25 animaux seront anesthésiés par anesthésie gazeuse pendant environ 4h30 sans se réveiller de cette chirurgie (animaux non vigile). 33 animaux subiront une lésion médullaire. La chirurgie de la lésion durera environ 40 minutes. Ces animaux présenteront une paralysie des pattes arrière et pour certains une paralysie allant des épaules au bas du corps. Enfin, leur vessie sera vidangée manuellement et quotidiennement (animaux paralysés vigiles pendant 24h puis enregistrement sur animaux non vigiles). 30 animaux seront soumis à 2 chirurgies successives de maximum 1h chacune. Ils seront soumis ensuite à un hébergement individuel sans enrichissement pendant 48h pour permettre leur traitement post-lésionnel, puis encore 5 jours pour suivre leur reprise de la fonction digestive (reprise spontanée). 15 jours après la 2ème chirurgie, ils seront soumis à un test de score moteur pour évaluer la reprise de la marche (marche sur un tapis roulant afin d’évaluer la récupération locomotrice des pattes arrière grâce à notre molécule test) de 3 à 5 minutes sur un tapis roulant toutes les semaines pendant 4 semaines. Ces mêmes rats seront injectés quotidiennement (moins d’une minute) en sous-cutanée et sous lésionnel (traitement chronique) (animaux paralysés vigiles pendant 28 jours).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Des animaux présenteront une paralysie des pattes arrière et pour certains une paralysie allant des épaules au bas du corps. Cette paralysie entrainera un stress lié à leur condition pendant 3 à 4 jours, le temps de s’adapter à leur environnement. Enfin, leur vessie sera vidangée manuellement et quotidiennement et pourra engendrer un stress transitoire de quelques minutes. Pendant 2 jours post-lésionnel, ils seront placés en hébergement individuel sans enrichissement pouvant induire de l’inconfort. Après la réintroduction de l’enrichissement, ils resteront isolés 5 jours maintenant le stress de la séparation avec un congénère. Toutes les semaines pendant 5 minutes les animaux subiront un stress car ils seront placés sur un tapis roulant pour évaluer leur marche
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront prélevés post-mortem pour analyses histologiques et biochimiques
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Ce projet de recherche vise à étudier les troubles cardiovasculaires qui apparaissent après une lésion de la moelle épinière. La régulation de la pression artérielle et du rythme cardiaque repose sur des interactions complexes qui se désorganisent profondément suite à une lésion médullaire. Sans données expérimentales obtenues directement sur des modèles animaux, il est impossible de créer des modèles informatiques précis ou d’évaluer l’effet de médicaments ciblant ces circuits. Ainsi, l’utilisation de modèles animaux reste essentielle pour atteindre les objectifs de cette étude.
2. Réduction
Le nombre d’animaux a été strictement limité au minimum nécessaire pour permettre des analyses statistiques robustes et se base sur le n des lots enregistrés dans le précédent projet. Par ailleurs, une pré-étude exploratoire sera réalisée sur un nombre restreint d’animaux afin d’évaluer la pertinence du traitement pharmacologique en fonction du niveau de lésion. Cette approche permettra de cibler le niveau lésionnel le plus pertinent et d’éviter l’utilisation inutile d’animaux supplémentaires.
3. Raffinement
Les interventions chirurgicales et les soins réalisés s’appuient sur l’expérience de l’équipe avec ce modèle de lésion de la moelle épinière, ainsi que sur les recommandations publiées par d’autres équipes spécialisées. L’ensemble du protocole a été validé par l’équipe vétérinaire du site, et des ajustements ont été mis en place au fur et à mesure des difficultés rencontrées, toujours en concertation avec le vétérinaire. Les animaux seront opérés sous anesthésie générale par inhalation. Des traitements contre la douleur seront systématiquement administrés pendant et après l’intervention, en combinant plusieurs types d’antalgiques, et seront poursuivis pendant au moins trois jours afin de limiter l’inconfort. Après la lésion, l’environnement des animaux sera spécialement adapté : accès facilité à l’eau et à la nourriture, revêtements antidérapants pour aider aux déplacements, et alimentation liquide pendant les premiers jours afin de prévenir les troubles digestifs. Lorsque les animaux ne peuvent pas uriner seuls, la vessie sera vidée manuellement plusieurs fois par jour, et un traitement antibiotique sera administré pour prévenir les infections. Des critères d’arrêt stricts, définis avec l’équipe vétérinaire, seront appliqués tout au long de l’étude afin d’éviter toute souffrance inutile.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le rongeur est un modèle dont la physiologique reste malgré ses différences, proches de celle de l’humain. Le rat est particulièrement compatible avec notre projet car sa taille supérieure à celle de la souris permet de faciliter les chirurgies. De plus il existe de nombreux points communs entre le rat et l’humain quant à la réparation cellulaire de la moelle épinière suite à une lésion. Enfin nous avons choisi le même modèle que sur l’ensemble des précédents projets, correspondant à des rats femelles âgés de 6 à 7 semaines au moment de l’implantation, et donc de 8 à 9 semaines au moment de la lésion.