
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-05-09 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-670775)
390 coqs vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Jusqu’à 210 subissent une ablation chirurgicale des cæca, et tous sont gavés des matières à évaluer, jusqu’à vingt-quatre fois par an, avec des mises à jeun de 24 à 72 heures, pour mesurer la digestibilité d’aliments destinés à l’élevage. Le porteur indique un stress lié au confinement et des douleurs possibles après le gavage ou l’ablation, et précise que les coqs sont tués faute de pouvoir entrer dans le circuit de consommation. Il affirme qu’aucune méthode in vitro ne permet cette mesure.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif de ce projet est la caractérisation nutritionnelle des constituants des aliments (matières premières, minéraux, additifs…) et/ou des aliments eux-mêmes. Cette évaluation nutritionnelle est réalisée d’une part en analysant leur composition chimique, et d’autre part en déterminant leur digestibilité iléale (pour les protéines et acides aminés) et caecale (pour l’énergie et la matière grasse).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le coq adulte est utilisé comme modèle pour l’évaluation des digestibilités iléale et caecale d’un grand nombre d’espèces monogastriques (volailles, porcs, chiens, chats, espèces aquacoles, …). Ce modèle a été choisi il y a plusieurs décennies car il permet de discriminer de manière sensible des matières premières ayant un profil analytique identique. L’utilisation de ce modèle permet donc de renseigner de manière précise les tables de formulation des aliments des monogastriques.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les gestes techniques réalisés sur les animaux seront les suivants : Une opération chirurgicale d’ablation des caeca sera réalisée sous anesthésie générale sur maximum 210 coqs au cours du projet (intervention bien sûr unique dans la vie de l’animal). Cette intervention dure en moyenne 45 minutes. Le gavage des matières à évaluer sera réalisé sur l’ensemble des animaux de ce projet. Cette intervention, qui ne dure que quelques secondes par coq, pourra être mise en œuvre maximum 24 fois par coq et par an. Les animaux pourront être mis à jeun sur des durées de 24h (voire 72h, dans ce cas maximum 3 fois dans la vie d’un même animal).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le confinement des animaux dans des compartiments de surface réduite pendant une période prolongée peut être à l’origine de réactions physiologiques ou comportementales au stress (morbidité, prostration, …). L’ingestion de matières premières par gavage peut, dans de rares cas, provoquer des lésions ou douleurs. Les animaux peuvent subir des périodes de mise à jeun de 24h ou 72h. Les animaux concernés par l’ablation des caeca peuvent ressentir des douleurs post-opératoires ou manifester des signes d’affaiblissement, de prostration.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A l’issue de chaque procédure, tous les animaux seront euthanasiés car ces animaux ne peuvent pas entrer dans le circuit de consommation.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les mesures de digestibilité des matières premières utilisées chez les monogastriques se font in vivo à l’aide d’une méthode standardisée aussi utilisée pour établir les valeurs tables de digestibilité publiées. Cette méthode, très sensible, permet de discriminer des matières ayant un profil analytique identique. Il n’existe pas aujourd’hui de méthode in vitro permettant cette discrimination.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre de 9 coqs intacts et 9 coqs caecectomisés par matière évaluée a été défini comme étant le nombre minimal permettant d’écarter les individus ayant régurgité ou présentant une anomalie, tout en conservant une quantité de fientes minimale nécessaire pour les analyses chimiques. Les fientes des coqs peuvent être poolées, ce qui permet, selon les quantités de fientes, d’obtenir 2 ou 3 échantillons à analyser. Ceci est un minimum requis afin d’assurer la fiabilité des données. L’exploitation des données par un test statistique n’est pas possible car le nombre de données par critère est déjà au minimum, il n’est que de 2. Un coq sera utilisé au maximum dans 24 bilans par an. Le nombre total de coqs par bande (130) permet de respecter le temps de repos entre 2 gavages, ainsi qu’une rotation régulière des lots d’animaux entre cages de gavage et cases de repos au sol.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L‘état de santé des animaux sera vérifié quotidiennement par les techniciens animaliers de l’établissement utilisateur. Si un animal présente des signes de stress ou de douleur, alors il sera écarté de l’étude. Des points limites stricts et définis à l’avance seront appliqués tout au long du projet. Chaque logement est enrichi d’une ficelle ainsi que d’un perchoir. Les coqs ont la possibilité de se voir, de s’entendre et d’émettre des vocalises.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le coq est le modèle de référence pour l’évaluation de la digestibilité iléale et caecale des constituants des aliments. Sa taille ainsi que la morphologie de son tube digestif permettent de réaliser des bilans avec gavage sur un temps court, sans période d’accoutumance au régime, et avec des résultats très répétables. En effet, une mise à jeun de 24h suffit pour une vidange totale du tube digestif. Les animaux de chaque bande arrivent à 1 jour d’âge et sont élevés dans des conditions classiques d’élevage jusqu’à 4 mois environ, âge auquel ils arrivent au stade adulte. Les coqs utilisés pour les bilans digestifs sont adultes, ils n’ont plus de besoins de croissance mais uniquement un besoin d’entretien stable.