
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-03-29 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-680416)
840 poulets de chair vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures classées en gravité modérée. Chaque animal est isolé en cage individuelle pendant neuf jours et soumis à deux mises à jeun de dix-sept heures, puis abattu par électronarcose et saignée pour prélever le contenu digestif. Le porteur évalue de nouvelles matières premières pour l’alimentation des volailles, dans un objectif de valorisation par la filière avicole. Il affirme qu’en l’absence de méthode in vitro, le recours à l’espèce cible est indispensable.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La viande de volaille représente une source de protéine animale importante et en augmentation dans l’alimentation humaine. La production française se fait avec du tourteau de soja importé (3.5 millions de tonnes, majoritairement OGM) et des céréales. L’alimentation animale représente 75% du coût de production et doit faire face à des enjeux sociétaux majeurs : réduction des gaspillages, bien être animal, valorisation de nouvelles ressources, OGM, autonomie protéique, sécurité du consommateur. Dans ce contexte, le projet vise à caractériser 1) De nouvelles ressources alimentaires pour l’alimentation animale, en diversifiant les sources de matières premières tout en limitant la concurrence avec l’alimentation humaine 2) De nouveaux programmes alimentaires réduisant les pertes et les rejets, dont l’objectif est d’optimiser l’efficience des rations et de réduire à la source les rejets d’azote en mettant l’accent sur les stratégies nutritionnelles. Pour cela, des « bilans digestif » seront réalisés, en mesurant de façon précise, les nutriments digérés et/ou métabolisés par le poulet de chair et ceux rejetés dans les fientes. Un bilan permet donc de quantifier le pourcentage de chaque nutriment réellement disponible pour le maintien, la croissance ou la production de l’animal. Le bilan est réalisé selon une méthode de référence standardisée (Bourdillon et al., 1990), afin de fournir à la filière des tables d’alimentation précises et complètes, sur la valeur nutritionnelle des matières premières.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les bénéfices attendus du projet concernent : 1) Les éleveurs et fabricants d’aliments : le projet permettra de leur fournir des données sur de nouvelles matières premières ou des matières premières issus de nouveaux process afin de limiter le gaspillage et les rejets, de choisir des matières premières non importés ou non utilisable directement par l’homme, l’ensemble contribuant à préserver l’environnement. 2 )L’alimentation de l’homme : trouver des alternatives aux solvants issus du pétrole (hexane par exemple) utilisés dans la fabrication d’aliments pour volailles (tourteaux par exemple), améliorer la qualité des produits animaux. 3) L’alimentation et le bien-être des animaux d’élevage : gagner 5 à 15 points de digestibilité apparente de la protéine avec les procédés ou produits testés ; contribuer au développement d’alternatives aux bilans en cage en alimentant des bases de données qui serviront à la modélisation ou à l’évaluation de la valeur d’un aliment par Spectrométrie Proche InfraRouge, méthodes non opérationnelles aujourd’hui ; accompagner l’élevage vers l’alimentation de précision, développer les connaissances sur le microbiote.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux sont soumis à une procédure de bilan digestif en cage individuelle, de 17 à 25 jours d’âge (digestibilités fécale + iléale). Le bilan consiste à mesurer l’ingéré et l’excrété pour chaque animal individuellement, ce qui nécessite l’isolement en cage individuelle (pendant 9 jours), et deux mises à jeun (sans restriction hydrique) de 17h chacune afin de vider le tube digestif.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les aliments distribués permettent de couvrir les besoins des animaux sans carence ni excès (apports équilibrés en vitamines et minéraux). Les effets négatifs sur les animaux sont liés, d’une part à l’isolement en cage individuelle, avec un enrichissement limité pour ne pas interférer avec l’aliment et d’autre part à la mise à jeun (sans restriction hydrique) pendant 17h (la nuit), afin de permettre la vidange du tube digesti
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux sont euthanasiés par électronarcose suivie d’une saignée, pour prélèvement des contenus digestifs à la fin de la procédure.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
En l’absence de méthodes in vitro, il n’est pas possible de se passer de l’animal, d’autant plus pour des recherches appliquées de l’espèce cible. Les processus de digestion sont propres à chaque espèce. S’agissant de nouvelles matières premières pour l’alimentation animale, des mesures sur espèce cible sont indispensables. Les prélèvements de contenus digestifs à la fin de la procédure contribueront à la compréhension plus fine de la digestion chez le poulet. Aussi, l ‘étude du microbiote nécessite le recours à des animaux.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La réduction du nombre d’animaux est basée sur deux principes : 1) Grouper les régimes pour n’avoir qu’un seul régime témoin (régime standard). L’objectif est d’avoir 10 régimes (dont 1 témoin) de 12 animaux par régime. 2) Disposer de 12 animaux par régime est nécessaire et suffisant pour conduire une analyse de variance sur les résultats individuels, avec comparaison de moyennes. Le coefficient de variation des paramètres mesurés sur animaux étant inférieur à 5% (sur la base de 30 ans de mesures), les produits seront considérés comme différents si les valeurs de digestibilité diffèrent au seuil de 5%. Sur la base de la bibliographie disponible, la digestibilité apparente des nutriments se situe entre 40 et 95 %, avec un coefficient de variation de l’ordre de 10 %.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux sont mis en cage à 17 jours d’âge, ce qui correspond à l’âge à partir duquel le tube digestif et son microbiote sont pleinement fonctionnels. La durée du séjour en cage individuelle est réduite au maximum ; les animaux seront en cage uniquement pour les 9 jours de procédure (dont 4 jours consacrés à l’accoutumance à la cage et au régime). Les cages sont disposées de manière à procurer aux poulets une perception visuelle, auditive et olfactive entre congénères. Afin d’éviter d’induire un biais expérimental, il n’est pas possible d’enrichir le milieu avec des matériaux consommables ; les cages sont donc enrichies de chaînettes. Les aliments distribués aux animaux permettent de couvrir les besoins physiologiques sans carence ou excès. L’eau est maintenue à volonté. La température de la salle est augmentée de 2 degrés par rapport à un programme classique d’élevage pour améliorer le confort thermique des animaux. Une grille d’évaluation du bien-être des animaux, basée sur leur comportement et leur état de santé, est complétée quotidiennement par le personnel animalier afin de détecter toute altération de leur état de bien-être. Pour chaque paramètre d’atteinte au bien-être, nous avons défini plusieurs niveaux d’action. De plus, la surveillance des animaux portera particulièrement sur les éléments suivants : – l’alimentation : si un animal ne mange plus, nous vérifierons qu’il ne présente pas d’atteinte à son bien-être (boiterie, blessure…), nous vérifierons l’accès à l’eau de boisson et une distribution manuelle d’aliment lui sera proposée. – l’état des déjections : si nous constatons des fientes très molles (diarrhée), nous vérifierons les paramètres d’ambiance et nous ferons une recherche de parasites dans les fientes (coproscopie) dans le but d’apporter des soins appropriés. – le comportement : si un animal est prostré, des visites supplémentaires permettent de vérifier dans le temps et si l’animal reste prostré il est sorti de la cage pour un diagnostic et des soins appropriés. – les blessures : en cas de présence de sang, l’animal est attrapé, la blessure observée et soignée (bombe cicatrisante) Dans le cas où les symptômes persistent au-delà de 3 jours, l’animal est déclaré « hors expérimentation ». Selon son état, il est remis au sol, en groupe. Si son état ne le permet pas, il sera euthanasié selon une méthode conforme à la règlementation. Dans tous les cas, la décision de mise à mort sera prise par le responsable du projet.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les objectifs du projet portent sur la nutrition des volailles et l’étude du microbiote, avec un objectif de valorisation par les filières avicoles. Le poulet de chair représente l’espèce majeure concernant la production de viande de volailles. Les bilans digestifs (procédure de digestibilité fécale + iléale) sont réalisés entre 17 et 25 jours d’âge, ce qui correspond à l’âge à partir duquel le tube digestif et son microbiote sont pleinement fonctionnels. Aussi, à ce stade, les animaux sont suffisamment développés pour tolérer de légers déséquilibres nutritionnels, s’adapter à une période d’une semaine en cage, et sont en pleine croissance, ce qui permet une réponse physiologique maximale.