
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2026-08-14 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-748798)
Chaque souriceau reçoit une puce électronique sous la peau du cou, puis se fait couper un bout de queue avant le sevrage ou perforer l’oreille après quatorze jours, éveillé, et une seconde biopsie reste possible. 3 030 souris vont être utilisées dans ces procédures que le porteur classe en souffrance légère, pour entretenir par fécondation in vitro une lignée reproduisant une maladie génétique du tissu conjonctif qui fragilise les artères. Il décrit pourtant une mort qui « survient subitement sans aucun symptôme identifié » chez les souris qui développent la maladie, et situe les ruptures artérielles spontanées autour de 50 % à 24 semaines chez les mâles mutés, alors que les mâles produits ici partent en expérimentation à 4 semaines. Le devenir affiché, 3 030 morts, ne recouvre pas ce que dit le texte : une part des souris est expédiée vers d’autres projets « en vue de leur utilisation », la mise à mort frappant celles dont le génotypage n’est pas conforme, celles qui portent une anomalie congénitale, celles produites au-delà de la taille d’élevage voulue et celles dont l’expédition est annulée.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est l’étude de modèles souris reproduisant une maladie génétique rare vasculaire du tissu conjonctif qui provoque une souplesse anormale des articulations, une peau très élastique et des tissus fragilisés dont les vaisseaux sanguins. Chez l’Homme, la majorité des décès est due à des ruptures artérielles. Ce projet et la procédure qu’il comporte seront mis en œuvre sur notre Etablissement utilisateur 1 et sur notre Etablissement utilisateur 2.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le bénéfice attendu est de valider des essais de différents traitements médicamenteux ayant permis d’améliorer la survie des souris développent cette maladie. A terme, les résultats de ce projet permettraient de mieux comprendre les mécanismes conduisant à ces ruptures artérielles afin de proposer des thérapies et d’améliorer le diagnostic, le confort de vie des patients et le traitement.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les naissances auront lieu sur notre Etablissement utilisateur 2. Chaque petit obtenu sera marqué par injection sous cutanée d’une puce électronique pour un suivi individuel et sera génotypés pour identifier les animaux d’intérêt. L’injection de la puce est rapide et se fait par voie sous-cutanée dans la région du cou ; la contention de l’animal dure moins d’une minute. Le prélèvement de bout de queue et/ou d’oreille dure également moins d’une minute. Le prélèvement se fait sur animaux vigiles, avant le sevrage pour le prélèvement d’un bout de queue et après l’âge de 14 jours pour le prélèvement d’oreille. De manière générale, une seule biopsie est réalisée par animal, en cas de nécessité de refaire la caractérisation génétique, une deuxième biopsie par animal pourrait être réalisée en suivant les préconisations liées à l’âge de l’animal. Au niveau de notre Etablissement utilisateur 1 les animaux seront seulement hébergés, il n’y aura pas de naissance attendue. Une biopsie de queue et/ou d’oreille serra cependant prélevée sur les animaux selon les modalités décrites plus haut.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Dans le cas des souris développent la maladie, la mort survient subitement sans aucun symptôme identifié. La biopsie, en particulier le prélèvement d’un bout de queue, peut causer de la douleur et de l’inconfort aux animaux. Même si la procédure est rapide, la coupure d’un bout de queue ou la perforation de l’oreille peut être douloureuse. La manipulation des animaux pour biopsie peut causer du stress et de l’anxiété. Suite à la biopsie, les animaux pourraient être temporairement limités dans leurs activités normales, notamment si la douleur ou l’inconfort les affecte.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux sont soit expédiés en vue de leur utilisation, soit mis à mort lorsque les résultats du génotypage ne sont pas conformes, lorsque la taille de l’élevage souhaitée est atteinte ou lorsqu’ils présentent une anomalie congénitale. Si des animaux d’intérêts ne peuvent pas être expédiés (du fait par exemple d’une annulation de l’expérience), ils seront mis à mort.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’étude sur cellules en culture ne permet que d’explorer des modifications limitées dans des conditions de culture particulière. L’étude des conséquences des mutations sur animal entier est donc indispensable pour la compréhension des mécanismes globales de la maladie.
2. Réduction
Afin de réduite la quantité d’animaux utilisé dans ce projet, nous produirons les lots uniquement par Fécondation In Vitro (FIV). La production d’animaux par FIV permet de réduite au minimum le nombre d’animaux utilisé pour la production des lots (au vu des données que nous avons et de notre expertise nous estimons que le sperme collecté sur 2 mâles permettra de produire environ 350 petits). De plus, aucun stock d’animaux ne sera conservé pour le maintien d’une colonie ; les animaux produits par FIV seront uniquement destinés à l’expérimentation.
3. Raffinement
Les animaux sont maintenus dans des groupes de plusieurs individus dans un environnement enrichi. Des grilles de score de surveillance avec des points limites suffisamment prédictifs seront renseignées. Le transport entre les 2 EU prend moins d’une heure. Au cours de ce voyage, les animaux seront placés dans des colis munis de filtres (afin de maintenir leur statut sanitaire), de litière, d’aliment, d’enrichissement et d’hydrogel. Les animaux seront transportés via des camions ventilés et thermorégulés.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Ce modèle de souris transgéniques a déjà été créé et caractérisé. Nous avons donc besoin de poursuivre les études sur ce dernier. Les mâles utilisés pour les cryoconservations de sperme seront utilisés entre 10 et 20 semaines d’âges. Les mâles produits seront eux envoyés en expérimentation à 4 semaines d’âge. Seuls les mâles seront utilisés pour l’expérimentation car les ruptures artérielles spontanées sont observées essentiellement chez les souris mutées mâles (de l’ordre de 50% à 24 semaines) vs les souris femelles (de l’ordre de 20%), et un effet spécifique de la testostérone a été observé et en cours d’analyse.