
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2026-03-12 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-808280)
Le nerf sciatique de 540 souris est serré par une ligature chronique, ce qui provoque pendant environ six semaines une douleur modérée à sévère accompagnée de troubles anxio-dépressifs. Les procédures impliquent un niveau de souffrance modéré pour 320 d’entre elles et sévère pour 220, et toutes sont tuées pour prélever leur moelle épinière et leurs ganglions rachidiens. L’objet est de déterminer ce que fait, dans cette hypersensibilité au toucher, une protéine des astrocytes appelée Kir4.1. Le porteur annonce que 280 souris seront testées chaque semaine pour évaluer leur comportement, sans dire lesquels de ces tests seront employés, et affirme qu’aucune procédure du projet n’induit de déficit locomoteur sévère.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les causes des douleurs chroniques restent encore mal comprises. L’un des symptômes les plus fréquents est l’allodynie, c’est-à-dire le fait que des contacts normalement indolores deviennent douloureux. Dans ce phénomène, certaines fibres nerveuses qui devraient transmettre des informations tactiles normales envoient finalement des signaux à des neurones responsables de la douleur. Cela entraîne l’activation de différents types de cellules dans la moelle épinière. Parmi elles, on trouve les astrocytes, des cellules qui soutiennent le fonctionnement des neurones. On sait qu’ils jouent un rôle important dans l’apparition de l’allodynie. Notre projet consiste à comprendre plus précisément comment ces astrocytes, et en particulier une protéine qu’ils fabriquent appelée Kir4.1, participent à l’apparition de cette hypersensibilité au toucher chez la souris.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet devrait permettre d’évaluer une nouvelle cible thérapeutique potentielle dans le traitement de douleurs chroniques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Dans ce projet, 540 souris subiront une intervention chirurgicale sous anesthésie générale. Ces interventions sont maîtrisées par le laboratoire et dureront moins d’une heure chacune. Parmis elles, 280 souris seront testées chaque semaine afin d’évaluer leur comportement avant et après induction de la neuropathie, ou après blocage de la protéine Kir4.1. Chaque séance d’analyse comportementale dure moins de 2 heures. À la fin du projet, tous les animaux seront anesthésiés puis euthanasiés après sédation, afin de prélever leurs organes pour analyses histologiques.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le modèle de douleur neuropathique consiste à réaliser une constriction chronique du nerf sciatique et entraine une douleur modérée à sévère et des comorbidités anxiodépressives durant environ 6 semaines. Les injections aigues de substances entrainent une douleur légère à modérée
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
La procédure ne permet pas de réutiliser les animaux. En effet, elle se termine par des études immunohistochimiques qui nécessitent de prélever la moelle épinière et les ganglions rachidiens dorsaux : les animaux seront donc mis à mort à la fin de chaque procédure.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Aucune méthode alternative ne permet de remplacer ce protocole. En effet il est nécessaire de réaliser ces études in vivo, car l’intégration de la douleur implique de nombreuses régions du système nerveux central et périphérique simultanément. De plus, une partie du projet nécessite l’utilisation de souris transgéniques qui n’existent que chez cette espèce animale.
2. Réduction
Le nombre d’animaux par groupe a été défini à partir de test statistiques donnant le nombre nécessaire pour la discrimination des effets avec une différence statistiquement significative entre les groupes). De plus, lorsque cela sera possible, les mêmes animaux seront utilisés pour répondre à différentes questions scientifiques, notamment en réalisant des études comportementales et histologiques au sein d’une même procédure. La répartition des groupes d’animaux est indiquée en annexe. Nous utiliserons un nombre équivalent d’animaux mâles et femelles en respect de la règle des trois « R » et des directives sur la Recherche Animale.
3. Raffinement
Les animaux seront reproduits au sein de notre animalerie selons les conditions d’hébergements règlementaires. De plus, nous utiliserons une pièce réservée pour la stabulation de souris transgéniques avec un cycle de lumière inversé (lumière de 19h à 7h) pour réduire le niveau stress lié à une perturbation du cycle circadien des animaux nocturnes. L’enrichissement pourra être supplémenté par des plateformes ou des roues d’exercice si des comportements agressifs sont observés. Les tests comportementaux à la douleur seront réduits au minimum (fréquence et intensité des tests) et réalisés selon des protocoles expérimentaux établis et acceptés par la communauté scientifique de la Recherche sur la douleur. Les expérimentations seront réalisées au sein du laboratoire ayant une expérience reconnu dans les approches décrites dans ce projet. Aucun des procédures décrites dans ce projet n’induit de déficit locomoteur sévère pouvant influer sur les besoins physiologiques de l’animal. Les animaux seront suivis quotidiennement par les membres utilisateurs du projet.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est l’un des modèles les plus utilisés pour les études comportementales dans le domaine de la douleur et a été choisi pour comparer nos résultats avec les données de la littérature. Les animaux seront âgés de 3-10 semaines pour comparaison avec les autres données de la littérature.