Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Hébergés dans un refuge et placés sous la garde d’une fondation, 18 équidés, ânes, poneys et chevaux, vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Sous tranquillisation, chacun subit une fouille rectale de cinq minutes au plus puis une intubation naso-gastrique de dix minutes, l’objectif étant de comparer la digestion des fibres entre les trois espèces. Le porteur affirme qu’il n’est pas possible de remplacer ces animaux par un modèle in vitro, faute de modélisation du tube digestif des équidés intégrant le temps de rétention. Pour collecter la totalité des crottins, chaque animal est ensuite isolé en box jusqu’à cinquante heures, avant de retourner au refuge.

NTS-FR-906794v1
Types de recherche
· Bien-être animal · Recherche appliquée ·
Mots-clés
temps de transit, digestion des fibres, physiologie digestive des ânes
Équidés : 18

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ?

Réponse du laboratoire :

La nutrition des ânes a été moins étudiée que celle des autres équidés domestiques. Il est même écrit dans le dernier ouvrage de recommandations alimentaires scientifiques qu’il y a un manque d’informations sur les besoins en énergie digestible spécifiques aux ânes. Ce manque de connaissance peut conduire à de l’obésité et des maladies métaboliques ou endocriniennes ainsi qu’à des maladies digestives comme les coliques qui sont très élevées chez les ânes. Les études menées dans les années 1970 à 1990 suggéraient une meilleure digestion des fibres par dans le gros intestin des ânes en comparaison des poneys ou des chevaux. Ainsi, les ânes pourraient mieux utiliser les fourrages que les autres équidés. Avec l’émergence des méthodes pour étudier le microbiote, il a aussi été montré que les ânes posséderaient des communautés bactériennes et fongiques différentes dans leur gros intestin que les poneys ou les chevaux. Les objectifs de ce projet sont donc de : – Produire des données fondamentales sur la physiologie digestive des ânes, en comparaison avec des poneys et des chevaux ; – Evaluer l’effet de l’espèce sur la digestion des fibres.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ?

Réponse du laboratoire :

Ce projet permettra de produire des données fondamentales sur la physiologie digetive des ânes afin d’adapter les pratiques alimentaires et ainsi diminuer la prévalence de l’obésité, des maladies métaboliques ou endocriniennes et des maladies digestives dans cette population d’équidés. Il permettra aussi d’évaluer l’effet de l’espèce sur la digestion des fibres afin de mieux nourrir chaque catégorie d’équidés étudiés.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Cruelty Free International a établi en 2018 que les résumés allemands et britanniques, les seuls examinés à ce jour, décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents

Réponse du laboratoire :

Deux gestes seront pratiqués sur les équidés sous tranquilisation induite par une seule injection de moins d’une minute en intra-veineuse (0,1 mL / 100 kg de poids vif) : un prélèvement de fèces (maximum 5 min) puis immédiatement après une intubation naso-gastrique (maximum 10 min). Les animaux seront ensuite hébergés individuellement pour au plus 50 h.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Cruelty Free Europe a mesuré en 2024 que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Ces deux pays sont les seuls dont les résumés ont été examinés. Les résumés français relèvent du même modèle européen, et leur qualité n'a jamais été mesurée. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024).

Les animaux souffrent-ils ?

Réponse du laboratoire :

La fouille rectale peut entrainer une gêne passagère qui cesse au moment du retrait du bras du manipulateur. Les intubations naso-gastriques sont un geste fréquemment pratiqué sur le terrain qui peut entrainer une gêne légère au moment de l’introduction de la sonde dans le nez du cheval qui ne dure que quelques minutes puisqu’elle cesse une fois la sonde introduite dans l’oesophage.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ?

Réponse du laboratoire :

Il n’est pas attendu de dommage pour les animaux impliqués dans ce projet, ils resteront donc sous la garde de la fondation dont ils dépendent à la fin de celui-ci.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ?

Réponse du laboratoire :

Il n’est pas possible de remplacer les ânes, les poneys et les chevaux par un autre modèle ou par une étude in vitro car le microbiote digestif est spécifique à chaque espèce et il n’existe pas de modélisation du tube digestif des équidés prenant en compte l’ensemble des paramètres abiotiques et biotiques de chaque compartiment, notamment le temps de rétention.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ?

Réponse du laboratoire :

Les chevaux seront conduits en conditions uniformes afin de minimiser les variations liées à l’environnement. Une étude statistique à partir des résultats de la littérature a permis de déterminer le plus petit nombre d’animaux à inclure dans chaque groupe tout en assurant la fiabilité des résultats. Une analyse statistique sera appliquée sur les résultats obtenus.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ?

Réponse du laboratoire :

La conduite mise en place dans le refuge ne sera pas modifiée pour l’étude. Les équidés étant des animaux grégaires et herbivores, ils seront conduits en groupe et nourris exclusivement avec du fourrage, distribué à volonté, pendant minimum 28 jours. Les techniciens animaliers s’occupant des animaux veilleront à relever tout signe de mal-être ou de souffrance et un vétérinaire interviendra si nécessaire. Lors des fouilles rectales, la main du manipulateur sera enduite de gel afin d’éviter les frottements. Les prélèvements de fèces et les intubations seront réalisées par un vétérinaire. De plus, afin de limiter le stress et la gêne lors des prélèvements fécaux et de l’intubation, les animaux seront tranquillisés. L’intubation naso-gastrique sera réalisée à la suite de la fouille rectale afin de ne tranquilliser les animaux qu’une seule fois. En outre, la sonde utilisée pour l’intubation est adaptée au diamètre de l’oesophage des équidés. Pour mesurer le temps de transit, il sera nécessaire de collecter tous les crottins de chaque équidé pendant au plus 50 heures. Pendant cette période les chevaux seront donc hébergés individuellement dans des boxes. Ils pourront se voir et se sentir entre les boxes. Des points limites spécifiques aux procédures ont été définis. En cas d’atteinte de ceux-ci, les manipulations seront arrêtées et si nécessaire les animaux seront pris en charge par le vétérinaire.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale

Réponse du laboratoire :

L’essai doit nécessairement se conduire sur des équidés : ânes, chevaux et poneys, car l’objetif du projet est justement de produire des données fondamentales sur la physiologie digestive des ânes en comparaison des poneys et chevaux et d’évaluer l’effet de l’espèce sur la digestion des fibres. Il est donc nécessaire de travailler sur les espèces cibles des objectifs du projet. Les animaux utilisés seront adultes, âgés de 4 ans au minimum. Le projet porte sur la digestion des animaux adultes, c’est pourquoi il est nécessaire de travailler avec des adultes dans ce projet.